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LE BUND UN SYNDICAT REVOLUTIONNAIRE JUIF
posté le 07/01/17 par cnt - ait Mots-clés  luttes sociales 

Crée en 1897 en Russie le BUND (Union générale des travailleurs juifs) réunit immédiatement 3500 travailleurs juifs. Alors qu’il a été évincé de toute mémoire collective le BUND eût une influence considérable en Europe de l’Est et dans le monde entier.

- Si sa principale influence fut marxiste en Russie, de nombreux anarchistes s’y greffèrent ou militèrent à coté. L’influence des anarcho-syndicalistes juifs fut importante en Angleterre ou aux Etats-Unis où pendant le jeûne de Yom Kippour les militants se promenaient dans les quartiers juifs avec des charrettes remplies de porcs ou organisaient des banquets ouverts à tous. Dénonçant les rabbins alliés des patrons qui au nom de l’unité juive combattaient violemment les mouvements de grève, le BUND s’efforçait aussi de favoriser le yiddish (la langue des ouvriers juifs) au détriment de l’hébreu la langue religieuse.

- Le BUND regroupait les ouvriers juifs combatifs qui militaient pour les droits civiques, sociaux ou politiques. Contre les nombreux pogroms antisémite des groupes d’autodéfense étaient organisés. De nombreux marxistes voyant d’un mauvais oeil la liberté et l’indépendance du BUND s’efforcèrent de le combattre sans cesse et d’essayer de le discréditer. Dés 1917 Lénine envoya les principaux leaders du mouvement vers les goulags de Sibérie ou les fit assassiner. A noter que le BUND ne participa pas au coup d’état de 1917, considérant que c’étaient les ouvriers et les paysans qui devaient faire la révolution et non une minorité militaire. Le BUND continua jusque dans les années 30 en Pologne puis fut liquidé définitivement par le parti communiste.

- La sale propagande actuelle fait de chaque juif un sioniste en puissance, et nous fait croire que cela est ainsi depuis la nuit des temps. Les partisans de tous bords de la division occultent la vérité et réécrivent l’histoire à leur compte. La vérité c’est qu’au début du siècle les pogroms, la privation de tout droit, la condition d’esclavage, les exactions contre les juifs étaient légion. En ces temps troubles le BUND rassemblant des dizaines de milliers de travailleurs en Europe de l’Est s’élevaient d’une voix forte contre le sionisme de droite ou de gauche (mouvement qui donna ensuite les kibboutz).

- Lors de son quatrième congrès en 1901 le BUND déclarait : "Le congrès considère le sionisme comme une réaction de la classe bourgeoise contre l’antisémitisme et la situation anormale du peuple juif [.]. Le sionisme politique érigeant pour but la création d’un territoire pour le peuple juif ne peut prétendre résoudre la question juive, [.] ni satisfaire le peuple dans son ensemble [.] et demeure une utopie irréalisable. Le congrès estime que l’agitation des sionistes est un frein au développement de la conscience de classe. Que ce soit dans les organisations économiques (caisses) ou politiques (section Bundistes), il ne faut pas admettre les sionistes". Le BUND, au contraire des sionistes, prônaient le combat sur place luttant avec les ouvriers immigrés (polonais, ukrainiens.) ou russes, affirmant que c’est là où on se trouve qu’il faut lutter pour la révolution sociale.

- Le BUND par sa réflexion, sa maturité était visionnaire sur ce que donnerait la création d’un état juif ; aussi dès 1905 ses militants mettaient en garde les juifs tentés par le sionisme : "ceux qui devraient être expropriés ne se laisseront sans doute pas faire les bras croisés. Le capitalisme en Eretz (Israël) ne préférerait-il pas la force de travail arabe, bon marché ? Est-ce que les sionistes socialistes penseraient établir une zone d’implantation spéciale pour les bédouins et promulguer des lois d’exceptions contre les travailleurs migrants non juifs ?".

Transposer l’exploitation d’un pays à un autre, voilà à quoi été voué le sionisme ! Et aujourd’hui en Israël ? Tout doucement, des opposants à l’état commencent à ressortir l’histoire du prolétariat juif des oubliettes, à ne pas oublier qu’il y a des pauvres et des exploité-e-s en Israël. A ne pas oublier non plus que, face à ces derniers, les exploiteurs, que ce soit en Palestine ou en Israël, travaillent, eux, main dans la main !


posté le 7 janvier 2017  par cnt - ait  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • 8 janvier 00:58

    Pour en finir avec le mythe du Bund

    On n’a jamais tant parlé du Bund que depuis ces dernières années depuis la seconde Intifada, comme si, après avoir été obligé de parler de l’écrasement sanglant de la révolte palestinienne et de la politique génocidaire des sionistes, les libertaires avaient besoin de se trouver une compensation : un mouvement juif, mais antisioniste, car, comme le dit l’auteur de l’article sur le Bund du dernier CS, « la sale propagande actuelle fait de chaque juif un sioniste en puissance ».

    Mais qu’a-t-on besoin de prouver ? Tout le monde sait que le mouvement libertaire a toujours compté un grand nombre de juifs qui ne se sont jamais référer au sionisme. La liste est longue des Erich Mühsam, Gustav Landauer, Emma Goldman, Voline, etc. Mais apparemment ce n’est pas suffisant. Ce qui manque pour certains, c’est une ORGANISATION spécifiquement juive. D’où l’intérêt pour le Bund. Mais qu’était donc ce fameux Bund ? Plus un parti politique qu’un syndicat, construit sur les principes marxistes autoritaires adoptés par la Ier internationale, quand Bakounine et ses amis en furent exclus. Un parti plus révolutionnaire que les bolcheviks par certains côtés, mais par d’autres plus sectaire, car basé sur une appartenance ethnique, ce qui explique que de nombreux juifs (tant marxistes qu’anarchistes) aient préféré lutter dans des organisations plus internationalistes. Et si les bundistes ont été exterminés par les bolcheviks, puis les quelques survivants par les nazis, n’oublions pas que ce fut le cas aussi des trotskistes, pourtant peu sympathiques. Si les vaincus n’ont pas forcément tort, ils n’ont pas non plus forcément raison. Alors, pourquoi donner tant d’importance à ce mouvement tragiquement disparu ?

    Il est triste de voir qu’il y a encore des juifs libertaires qui pensent qu’on peut être juif autrement que par hasard, rejoignant ainsi les théories fumeuses sur « l’exception juive » qu’on s’attendrait plutôt à retrouver chez les théoriciens de l’antisémitisme. Il semble loin le temps où Georges Brassens parlait des « imbéciles heureux qui sont nés quelque part ».

    L’antisémitisme s’est manifesté de bien des façons, mais ce n’est pas de l’antisémitisme que de condamner le sionisme, qui ne fait que perpétuer le mythe des races « supérieures » et « inférieures ». aucun libertaire, à plus forte raison juif, ne devrait se sentir visé. Ma sympathie va à tous mes frères anarchistes, juifs et non-juifs mélangés, qui ont lutté dans la Makhnovtchina, dans les milices révolutionnaires en Espagne, dans les mouvements ouvriers à travers le monde, contre tous les fascismes et toutes les formes de racisme, mais aussi contre la démocratie bourgeoise, ses guerres, son colonialisme et sa destruction des peuples. Des juifs ont été de tous ces combats, non pas en tant que juifs, mais en tant que révolutionnaires, et nous nous reconnaissons en eux. Par contre, d’autres ont mené des combats qui n’étaient pas les nôtres, et le fait qu’ils étaient juifs ne doit pas nous égarer. J’ai été époustouflé en lisant un article d’Alternative libertaire où on reprochait aux anarchistes de l’époque de ne pas s’être suffisamment investis lors de l’affaire Dreyfus. En quoi le sort du CAPITAINE Dreyfus, fût-il juif, devrait-il intéresser les antimilitaristes ? Détail cocasse, le seul anarchiste de l’époque qui trouve grâce aux yeux d’AL, c’est Kropotkine, qui aurait volé au secours de Dreyfus alors que la majorité des anarchistes se voilaient pudiquement la face. Le même Kropotkine qui fut l’un des seuls libertaires à se prononcer pour la guerre contre l’Allemagne. Pas étonnant qu’il ait tenu à démontrer que Dreyfus n’était pas un espion ! Si les anarchistes veulent dénoncer l’antisémitisme, il peuvent trouver des exemples plus intéressants que l’affaire Dreyfus, dont la révolutionnaire Rosa Luxemburg, disait que c’était un conflit interne à la bourgeoisie qui ne concernait en aucune façon les révolutionnaires. Autre exemple de cette dérive identitaire : pour fêter dignement le deuxième millénaire de la naissance du Christ, la CNT Vignoles avait organisé une semaine militante avec moult débats autour du 1er mai 2000. En bonne place au menu, les libertaires et le Yiddishland et le Bund. Par contre, pas un mot sur le drame palestinien, ni même sur le sionisme. Pas intéressant, ou trop gênant pour en parler ? Et maintenant, avec l’insoutenable au quotidien, est-ce qu’on va en parler ?

    Le Combat Syndicaliste (CNT-AIT, Toulouse) N° 73

    http://kropot.free.fr/Bund2.htm

  • et les insultes habituelles des trolls

    contre la cnt - ait

    cessent lorsque leur article

    servent leur intérêt ?

  • De la fin du XIXe siècle au génocide, les bourgades juives d’Europe orientale sont frappées de plein fouet par la modernisation industrielle, l’explosion de l’antisémitisme et l’émigration (4 millions de Juifs fuient vers l’Europe de l’Ouest et l’Amérique). C’est dans ce contexte qu’est fondé à Vilnius, en 1897, le BUND, Union générale juive des travailleurs de Lituanie, de Pologne et de Russie. Social-démocrate, le Bund est combattu par les communistes bolcheviques et ses cadres seront éliminés sous Staline. Partisan de la doïkeyt (en yiddish l’« icitude », c’est-à-dire le refus de fuir) et d’une autonomie culturelle en Russie et en Pologne, le Bund s’oppose à l’émigration et à l’implantation juives en Palestine prônées par les militants sionistes. Ce puissant mouvement politique n’a pas survécu à l’extermination de sa base sociale par l’Allemagne nazie et ses alliés.

    http://www.ujfp.org/spip.php?article4826

  • Limites de l’antisionisme n° 15 : Les « antisionistes » sont eux aussi sujets au « mal de mer »...

    Comme chacun sait, le marxiste russe Plekhanov a déclaré un jour à propos du Bund que les militants de cette organisation de masse ouvrière juive en Russie (qui fut réprimée par les bolcheviks avant d’être obligée de se dissoudre en 1920) et en Pologne n’étaient que des « sionistes » qui avaient « le mal de mer ». Apparemment ce mal de mer semble être contagieux puisque Pierre Stambul, en quelques lignes dans un article sur le dernier livre de Jean-Marc Izrine ( « Les libertaires du Yiddishland », éditions Alternative Libertaire, 150 p., 16 euros), nous donne le tournis (http://www.ainfos.ca/ainfos336/ainfos58344.html). […]

    Cette récupération cynique du Bund, soixante-dix ans après le judéocide, nous donne donc la nausée, le « mal de mer ».

    Venons-en maintenant aux quelques lignes de Pierre Stambul (militant de l’UJFP, cette curieuse organisation qui se dit « juive » tout en n’expliquant pas vraiment en quoi elle tient à cette étiquette si infamante dans le camp « antisioniste »....) dans un petit article sur le livre de Jean-Marx Izrine.

    « (...) À l’heure où sionistes comme antisémites propagent l’image des
    Juifs banquiers ou du côté des dominants, on découvre un monde de prolétaires essayant de fuir la misère. Ils et elles exercent des « métiers juifs ». Comment cette population au départ très religieuse et à peine sortie des shtetls (littéralement bourgades, villages) a-t-elle pu jouer un rôle aussi essentiel dans le mouvement révolutionnaire et en particulier dans le mouvement libertaire Jean-Marc Izrine parle de messianisme libertaire. On voit des militants et des militantes manifestant devant les synagogues (les rabbins étaient souvent considérés comme des collaborateurs avec les puissants) et blasphémant gaiement.La lutte des classes traverse le monde juif aussi bien dans les pays d’origine que là où ils émigrent. »

    Je ne commenterai que le tout début de la première phrase, souligné en gras par mes soins, tant il est en contradiction TOTALE avec le reste du texte et typique des contradictions de l’antisionisme de gauche actuel. Encore un effet du « mal de mer » antisioniste, sans doute ?

    N’en déplaise à Pierre Stambul, qui n’est pas un ignorant, LES « sionistes » cela n’existe pas, il y a plusieurs types de « sionistes », en clair de nationalistes israéliens ou de partisans de l’existence de l’Etat d’Israël. Et en général le terme « sionistes » est un mot codé pour dire « Juifs ».

    De plus LES « sionistes », pour reprendre les approximations stambuliesques, ne font pas tous l’apologie des « Juifs banquiers » (des noms ! des noms !) ou des individus « du côté des dominants » (des noms ! des noms !).

    On remarquera le glissement dangereux d’un terme à l’autre : « banquiers » est un statut social spécifique, précis (on croyait cette mythologie des banquiers juifs réservée à l’extrême droite...). Quant à l’expression « du côté des dominants », elle ne veut rien dire si on ne précise pas son sens exact (cf. la citation de Lénine reproduite ci-dessus). C’est une accusation que l’on peut lancer à la tête de n’importe qui, n’importe quand, sans apporter la moindre preuve.

    Tracer un trait d’égalité entre tous LES « sionistes » et tous LES antisémites, comme le fait Stambul, c’est exactement ce que font l’extrême droite, Dieudonné, Soral and Co tous les jours. Et ce que l’on lit à longueur de journée sur Internet dans toutes les listes de discussions ou posts sur ces questions.

    Autant d’approximations et de contre-vérités en seize mots de la part d’un homme intelligent et cultivé comme Pierre Stambul, cela fait froid dans le dos. Que retiendront tous ceux qui ne connaissent rien ni à l’histoire du judaïsme, ni à l’histoire des populations juives (pas simplement composées de banquiers...) ni à l’histoire du sionisme ? Ces seize premiers mots ou la suite ? Pas compliqué de connaître la réponse, hélas.

    Et de toute façon la seconde partie, la plus intéressante et la plus juste, n’A AUCUN INTERET pour les antisionistes de gauche car ce prolétariat a été massacré par les nazis et les fascistes il y a 70 ans et que LES ANTISIONISTES DE GAUCHE SE FOUTENT DU PROLÉTARIAT actuel, juif ou pas, israélien ou pas. Par contre les « Juifs banquiers » ou ceux qui se placent « du côté des dominants », eux, ils existent bien pour les antisionistes de gauche : il suffit de lire leurs innombrables communiqués et articles.

    Tous les arguments ne sont pas bons à utiliser même pour une bonne cause (la critique justifiée des crimes de guerre de l’Etat d’Israël) et même si l’on met en avant sa judéité pour les faire passer....

    Y.C., Ni patrie ni frontières, 11/03/2014

    2. C’est ainsi qu’en février 2014 l’éditorial de Courant Alternatif, mensuel de l’Organisation communiste libertaire, commence par une citation de l’hymne du Bund : « Nous jurons de garder notre haine intacte. Envers les assassins et les voleurs de la classe ouvrière. Le tsar, les maîtres, les capitalistes. Nous jurons de les anéantir et de les détruire » et que le site de l’OCL comprend deux articles de Pierre Stambul de l’UJFP présentant sous un jour favorable le Bund pour mieux dénoncer LE "sionisme"...

    http://www.mondialisme.org/spip.php?article2044

  • Benjamin Netanyahu, maître à penser de Monsieur Yves Coleman : Mondialisme.org réussit son examen d’entrée dans l’extrême-droite sioniste

    On aurait pu croire, ingénument, que le philosémitisme, entendu comme "forme sournoise d’antisémitisme" [1], épargnerait la gauche radicale pour ne frapper que la droite prétendument "socialiste", de même que toutes les variétés de droite "forte" ou non, qui communient dans la même célébration inconditionnelle de l’Etat d’Israël.

    Las ! Dans son article "Antisémitisme DE gauche : définition et fonctions politiques" [2], daté du mercredi 3 juin 2015, Monsieur Coleman, qui exerce un magistère depuis son site Mondialisme.org, présente désormais tous les symptômes d’un philosémitisme galopant à tendance hallucinatoire. Avec un sens de l’à-propos qui n’appartient qu’à lui, il a concentré sa petite artillerie sur notre camarade Pierre Stambul, 6 jours avant que Pierre ne "bénéficie" des services d’une des unités dites d’élite de l’appareil d’Etat, en l’occurrence le RAID, après une opération d’intoxication menée semble-t-il par un pirate informatique franco-israélien. [3]

    Il serait quelque peu injuste de reprocher à Monsieur Coleman de ne pas disposer de talents divinatoires, qui lui auraient épargné ce timing "malencontreux". Il existe toutefois une règle d’Or entre révolutionnaires, ce qu’il prétend être : la solidarité inconditionnelle face à la répression. Les camarades "Juives et Juifs révolutionnaires", qui animent le site du même nom, ne s’y sont pas trompé-e-s. Le jour même de l’agression de Pierre Stambul, leur site proclamait : "Nous dénonçons l’interpellation de Pierre Stambul par le RAID durant la nuit. Quels que soient nos désaccords..." [4]. Qu’elles et ils en soient publiquement remercié-e-s.

    Nous sommes le vendredi 17 juillet 2015 : à moins de n’avoir fait que de la spéléologie depuis le 9 juin ou d’être coupé d’Internet, ce qui n’est pas le cas - son site étant régulièrement mis à jour, Monsieur Coleman a difficilement pu manquer l’attaque dont Pierre Stambul a été victime. Nous allons tenter de comprendre les raisons très politiques pour lesquelles il a "omis" d’assurer notre camarade de sa solidarité.

    "L’antisionisme est une absurdité politique et conceptuelle" (sic) [2]

    Je cite monsieur Coleman : "L’antisionisme est une absurdité politique et conceptuelle : autant la critique féroce du sionisme avait un sens AVANT la création de l’Etat d’Israël, autant aujourd’hui être « antisioniste » signifie soit que l’on veut retourner dans les années 30 à bord d’une machine à remonter le temps et faire comme si le judéocide n’allait pas avoir lieu (...) ; soit que l’on est pour l’expulsion des Israéliens de Palestine... et dans ce cas mieux vaudrait avoir un bon plan B à disposition. (...)" [2]

    Pour ce qui est de "l’expulsion des Israéliens de Palestine", la lecture de la Charte de l’UJFP aurait évité à Monsieur Coleman une telle ineptie : "Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu’en mettant un terme à la domination d’un peuple par un autre, et en mettant en oeuvre le droit à l’autodétermination pour le peuple palestinien, (...). Le droit à l’autodétermination est déjà, bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien." [5]

    Quant à l’inanité de l’antisionisme de nos jours, il pourrait être instructif de savoir ce que pensent les dirigeants de l’Etat d’Israël de l’actualité ou du caractère obsolète de la référence au sionisme.

    Florilège :

    Benjamin Netanyahu : "C’est le véritable camp sioniste qui sera au pouvoir, et Jérusalem ne sera pas divisée" [6].

    Avigdor Liberman : "J’exhorte tous les citoyens d’Israël à aller voter pour un parti sioniste - peu importe si c’est Meretz, Yisrael Beiteinu, ou Bayit Yehudi - ce qui est plus important, c’est d’aller voter pour un parti sioniste parce qu’il est important de préserver le caractère juif et sioniste de l’État d’Israël" [7]. (Monsieur Liberman semble légèrement douter des capacités de compréhension de ses auditeurs...)

    Naftali Bennett : "Il fonce à toute allure en direction des [électeurs] sionistes religieux, ceux qui disent que pour des raisons idéologiques, ils renoncent à leur propre parti pour le Likoud, afin de ne perdre la chance d’avoir un gouvernement de droite" [8].

    Moshé Bougy Yaalon : "J’ai dirigé des opérations contre les forces paramilitaires de l’Autorité palestinienne, les milices du Fatah et les forces du Hamas à Gaza et en Cisjordanie. Depuis le début du conflit, avant la création de l’Etat, et durant les années qui ont suivi les Accords d’Oslo, la volonté des dirigeants sionistes était d’aboutir à un compromis historique en convainquant les Palestiniens de renoncer à “la lutte armée” et à toute forme d’opposition (...)" [9].

    Ayelet Shaked : "Il faut arrêter de s’excuser, il faut redevenir sioniste !" [10].

    De toute évidence, les dirigeants d’Israël n’ont pas lu les profondes considérations de monsieur Coleman et ne savent pas que l’antisionisme, et donc le sionisme, sont des notions totalement désuètes. Cette regrettable ignorance les conduit à des "écarts de langage", que nous allons maintenant examiner.

    De la comparaison des gouvernements israéliens au IIIe Reich
    Précisons d’emblée que cet intertitre ne saurait être compris comme une incitation à ce type de parallèle. De la même façon que le terme "fasciste" est trop souvent employé inconsidérément, lui faisant perdre la caractérisation précise d’un régime politique et de son idéologie, de la même façon, la qualification de "nazi" ne peut être banalisée. Hélas, les dirigeants sionistes (le paragraphe précédent nous autorise à les nommer ainsi) ne "facilitent" toutefois pas les choses, comme nous allons le voir.

    Commençons par les amalgames de Monsieur Coleman, qui le conduisent à qualifier Pierre Stambul d’irresponsable : "l’antisionisme (...) peut parfois conduire à des conclusions antisémites (...) lorsque la politique des gouvernements israéliens est systématiquement comparée à celle des nazis ou lorsque « certains dirigeants sionistes » sont accusés d’avoir été complices des nazis (...) Comme le fait, de manière totalement irresponsable, Pierre Stambul de l’UJFP car il sait que ce type d’arguments sont employés par les négationnistes : « Nous savons que l’instrumentalisation du génocide nazi par les sionistes est une escroquerie. Les sionistes n’ont joué qu’un très faible rôle dans la résistance juive au nazisme. Certains de leurs dirigeants se sont fortement compromis avec le nazisme. »" [2]

    Joli tour de passe-passe, qui fait dire à Pierre ce qu’il n’a pas dit, à savoir que les sionistes sont des nazis. Quant à savoir pourquoi certain-e-s ont fait cette comparaison, se reporter à leurs propos exacts pourrait nous éclairer.

    A propos de "l’armée la plus morale du monde", qui affirma, "pendant l’invasion du Liban en 1982 (que) les excès des soldats israéliens au Liban démontraient (...) « l’existence d’une mentalité judéo-nazie »" [11] ? Réponse : Yeshayahou Leibowitz, sioniste engagé, "rédacteur en chef de l’Encyclopédie hébraïque", attaché à la pratique des Mitsvots (commandements requis par la Torah) et grand admirateur de Maïmonide [12].

    Quel est le raisonnement de Yeshayahou Leibowitz ? "Voilà le problème clef : la désobéissance à un ordre légal. Mais cette conception selon laquelle il est interdit de désobéir à un ordre légal, c’est une conception fasciste, nazie. Maintenant, vous comprenez ce que je veux dire quand j’utilise le terme « judéo-nazi » ? Pourquoi Israël a-t-il condamné Adolf Eichmann à la potence et l’a-t-il pendu ? Eichmann n’a fait qu’accomplir les ordres légaux donnés par ses supérieurs. Voilà pourquoi, quand j’entends des gens affirmer que l’ordre légal donné constitue le critère suprême de la conduite d’un soldat, je leur lance : « Vous êtes des judéo-nazis ! »" [13].

    D’auteurs dont les noms seront précisés plus loin : "Parmi les phénomènes politiques les plus perturbateurs de notre époque, on peut compter l’émergence, à l’intérieur de l’Etat d’Israël (...) du "Parti de la Liberté" (...) apparenté, dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et ses prétentions sociales, aux partis politiques nazis et fascistes. (...)" [14].

    Quel fait a bien pu inspirer un tel emportement chez ces auteurs ?

    Celui-ci : "C’est dans ses actions que (ce) parti terroriste trahit ses réelles aspirations (...) Un exemple choquant a été donné par leur comportement au sein du village arabe de Deir Yassin. (...) Le 9 avril, selon le New York Times, des groupes terroristes ont attaqué ce paisible village, qui n’était en rien un objectif militaire dans ce conflit, et ont tué la plupart de ses habitants (240 personnes : hommes, femmes, enfants )." [14].

    Qu’est-ce qui motive leur lettre d’alerte ? "La visite imminente, aux Etats Unis, de Menachem Begin, chef de ce parti (...) calculée afin de donner l’impression d’obtenir un soutien américain" [14].

    Qui sont donc les "irresponsables", probablement antisémites, qui ont commis cette lettre ? Entre autres : Hannah Arendt et Albert Einstein.

    Pour des raisons qui m’échappent, cet appel a échappé à l’immense érudition de Monsieur Coleman.

    Cette controverse est-elle dépassée ? Malheureusement, il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher aux Netanyahu, Liberman et consorts, c’est la cohérence entre leurs paroles et leurs actes.

    Second florilège :

    Naftali Bennett, actuel ministre israélien de l’Education : "J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie. Et il n’y a aucun problème avec ça". [15].

    Avigdor Liberman, ex-ministre israélien des Affaires étrangères : "Ceux qui sont de notre côté (NB : les Arabes israéliens) méritent beaucoup, mais ceux qui sont contre nous méritent de se faire décapiter à la hache" [16].

    Moshe Feiglin (candidat doté de 24% des suffrages, face à Netanyahou, lors des primaires du Likoud de 2007), au quotidien Haaretz, en 1995 : "Hitler était un génie militaire inégalé. Le nazisme a fait passer l’Allemagne d’un bas niveau à un niveau physique et idéologique fantastique. Les jeunes loqueteux ont été transformés en une catégorie propre et ordonnée de la société et l’Allemagne a disposé d’un régime exemplaire (...)" [17].

    Faisons un détour parmi les autorités religieuses de "l’État juif et sioniste d’Israël" [7]. Ovadia Yosef (élu grand-rabbin séfarade d’Israël en 1973) : "Les six millions de malheureux juifs qu’ont tués les nazis ne l’ont pas été gratuitement. Ils étaient la réincarnation des âmes qui ont péché" [18] ...

    Je laisse chaque Juive, chaque Juif ayant perdu des proches dans l’enfer nazi et/ou lors des pogroms en Europe méditer ces deux dernières citations et en prendre la pleine mesure : l’Etat d’Israël n’est pas notre refuge, mais un vecteur majeur de l’antisémitisme dans le monde. La compassion dont nous, Juives et Juifs, avons bénéficié après les révélations des crimes nazis est détruite et souillée jour après jour par les agissements et les propos criminels des dirigeants sionistes.

    […]

    http://www.ujfp.org/spip.php?article4304

  • Netanyahu, Monsieur Coleman et le droit au retour des Palestiniens
    Le titre de cet article, quelque peu provocateur, semblera sans doute excessif.

    Excessif, il ne l’est guère plus que : "Edouard Drumont, maître à penser de Mme Houria Bouteldja : les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise" [19]. Monsieur Coleman aurait peut-être (?) pu s’épargner la rédaction d’un article aussi outrancier que malhonnête en lisant la "Lettre ouverte de Rudolf Bkouche au premier ministre : « Votre déclaration "philosémite" n’est qu’une forme sournoise d’antisémitisme »" [1] ou, de Yitzhak Laor, "Le nouveau philosémitisme européen et le « camp de la paix » en Israël" (La Fabrique, Paris, 2007).

    Mais "quid" du rapprochement entre Benjamin Netanyahu et Monsieur Coleman ? Ceci : "Benyamin Netanyahu campe sur les positions qu’il avait fixées lors de son discours prononcé à l’université Bar Ilan en 2009. Il refuse de négocier sur la base des frontières de 1967, il refuse le gel des colonies, le droit au retour des Palestiniens expulsés en 1948 et 1967" [20].

    Et voici le point de vue de Monsieur Coleman sur la résolution 194 de l’ONU "Autant le versement d’une indemnisation semble raisonnable, autant le « droit au retour » est une aberration pour les Palestiniens - mais aussi pour les Juifs du monde entier." [21].

    Notons, pour la forme, qu’une confusion est ici faite entre le "droit au retour" des réfugié-e-s palestinien-ne-s, visé par la résolution 194 du 11 décembre 1948 de l’ONU [22], et la "loi du retour", votée par la Knesset le 5 juillet 1950, qui "octroie automatiquement à tout individu juif la nationalité israélienne lors de sa demande d’immigration." [23]. Quant au fond, s’il y a bien ici une "aberration", c’est de ne pas proclamer avec force l’injustice qu’Eyal Sivan a si parfaitement résumée : "Comment faire accepter à un Palestinien né à Jaffa qu’il n’a pas le droit d’y revenir, alors qu’un juif né à Paris peut, lui, s’y installer ?" [24].

    Il est vrai que le concept d’autodétermination semble un peu abscons pour notre docte pourfendeur des antisionistes : que les conditions d’établissement de deux Etats, d’un Etat binational (ou du refus d’un Etat-Nation) appartiennent aux peuples concernés ne semble pas l’effleurer. Il est désormais en bonne compagnie, entre Netanyahu et François Hollande, lequel abonde dans son sens : "Demander à Israël d’accepter le droit au retour des réfugiés palestiniens n’aurait pas de sens..." [25].

    Le(s) sionisme(s), exégèse selon Coleman
    "N’en déplaise à Pierre Stambul, qui n’est pas un ignorant, LES « sionistes » cela n’existe pas, il y a plusieurs types de « sionistes », en clair de nationalistes israéliens ou de partisans de l’existence de l’Etat d’Israël. Et en général le terme « sionistes » est un mot codé pour dire « Juifs »." [26].

    Monsieur Coleman est intarissable sur la question de l’antisémistisme et de l’histoire du sionisme dans toute sa diversité. La documentation disponible sur son site serait un pur bonheur, pour son abondance et sa qualité, si elle n’était mitée, à intervalles réguliers, par les imprécations gorgées de mépris qui sont sa marque de fabrique. La quasi-totalité des marxistes et anarchistes de toutes obédiences ont eu droit, à un moment ou à un autre, à ses excommunications boursouflées.

    Toutefois, depuis les cimes de son savoir, ce "petit marquis" [27] (sic) de l’excellence radicale daigne révéler à des Juifs communistes libertaires (Pierre Stambul et Jean-Marc Izrine) qu’il existait et existe des versions différentes du sionisme.

    Mais, comme la science se mérite, nous ne saurons pas dans le même article que les conceptions d’un Vladimir Jabotinsky n’étaient pas exactement concordantes avec celles d’un Bernard Lazare ni que, de nos jours, le point de vue d’un Shlomo Sand n’est pas "tout à fait" celui d’un Yehuda Glick, partisan de la destruction de la mosquée Al Aqsa comme prélude à la reconstruction du Troisième temple de Jérusalem.

    A titre personnel, je ne verrais aucun inconvénient à deviser sur l’histoire de l’anarcho-sionisme, sauf peut-être la contrainte où je me trouverais d’emprunter la "machine à remonter le temps" [2] en compagnie de Monsieur Coleman.

    Au niveau théorique, il est évidemment fondé de distinguer, autant sur le plan historique que dans l’analyse de la situation actuelle, la variété des conceptions sionistes ou post-sionistes. Mais, sauf à nous traiter de Juifs antisémites (les sionistes ne s’en privent pas), notre dénonciation du sionisme est constamment explicitée comme la condamnation des politiques criminelles des dirigeants d’Israël vis-à-vis des Palestinien-ne-s et suicidaires pour les Juives et Juifs d’Israël et de la diaspora et non (c’est effarant de devoir l’écrire) comme une volonté d’expulsion des Israéliens de Palestine, ce que suggère Coleman [2] !

    Shlomo Sand a dramatiquement résumé ce dilemme : "(...) même un enfant né d’un acte de viol a le droit de vivre. La création d’Israël par des juifs dont beaucoup étaient des rescapés des camps d’extermination a été un acte de viol contre les populations arabes de Palestine. Il a fait naître la société israélienne qui vit déjà depuis soixante-dix ans, et qui a développé sa culture. On ne règle pas une tragédie en en créant une autre." [28].

    "Obsédés par Israël et la Palestine du matin au soir" (sic) [29]

    L’article [29] de Monsieur Coleman qui comporte cette expression commence par la citation suivante : "Et puis, on peut être contre la politique internationale d’Israël sans être antisémite." (David Rachline, maire Front national de Fréjus)

    Ne pouvant soupçonner Monsieur Coleman de sympathie pour le Front national, cette citation ne peut être utilisée que comme un repoussoir. Dès lors qu’il n’en partage pas l’idée, il nous place donc devant une double négation : la citation, la réfutation implicite de celle-ci du fait de l’appartenance de son émetteur, ce qui, comme toute double négation, produit donc une affirmation. En clair, la conclusion suggérée par Coleman est donc celle-ci : "Toute critique de la politique internationale d’Israël est antisémite".

    C’est très intéressant. Autant sa critique radicale du terme antisioniste, signifiant nécessairement selon lui "qui souhaite l’anéantissement d’Israël et des Israélien-ne-s" aurait pu donner lieu à débat, autant là, c’est toute critique d’Israël qu’il réfute. C’est d’autant plus curieux qu’il parsème ses textes d’une telle critique : "La politique criminelle de l’Etat israélien et la haine qu’elle suscite chez les peuples des Etats limitrophes et chez les Palestiniens" [29] mais c’est pour la contrebalancer aussitôt d’une fureur croissante au fil des ans envers les antisionistes ou tous critiques d’Israël.

    S’il y a une chose certaine, c’est que monsieur Coleman n’est ni "obsédé par (...) la Palestine du matin au soir", ni par le sort des Palestinien-ne-s. Sur 2017 articles au 17 juillet 2015, 2 articles (oui, deux, pas trois) mentionnent le terme de "Nakba" sur le site "Mondialisme.org", soit 0,1 % des articles et 291 articles mentionnent le terme "antisémitisme", soit 14,43 %. Dit autrement, quand il évoque 1 fois la "Nakba", il parle 145 fois d’"antisémitisme". Pour prendre la mesure du sort du peuple palestinien chassé de ses terres, c’est une proportion qui lui semble sans doute équilibrée.

    Une fois n’est pas coutume, c’est auprès du "Shin Bet", ou "Shabak" (Service de sécurité intérieure israélien) que l’on peut trouver des informations qui nous démontrent de façon inquiétante pourquoi même une Juive ou un Juif vivant loin d’Israël, en France, aux USA, a des raisons très précises pour sa sécurité d’être "obsédé par Israël et la Palestine du matin au soir".

    Dans le documentaire "Gatekeepers", réalisé par Dror Moreh en 2012, six anciens responsables du "Shin Bet" témoignent de l’évolution de la situation en Israël et délivrent un avis accablant sur l’ensemble des premiers ministres israéliens, à l’exception de Yitzhak Rabin, assassiné en 1995 par Ygal Amir, admirateur de Baruch Goldstein, responsable du massacre d’Hébron.

    Impéritie, indifférence ou complicité avec les plus extrémistes des colons, voilà le fil conducteur de la politique israélienne. Avraham Shalom, chef du "Shin Bet" de 1981 à 1986 : "Aucun premier ministre ne s’est jamais intéressé aux Palestiniens", "Quelle différence entre Golda Meir et Begin ? Aucune".

    En 1980, Carmi Gillon et Yaakov Peri, qui deviendront plus tard chefs du "Shin Bet", enquêtent sur des colons qui préparent un attentat sur des bus palestiniens à Jérusalem avec un objectif de 250 morts. Ils parviennent à les arrêter, de nuit, au moment où les colons placent les explosifs dans les bus. Après enquête, il apparaît que ce groupe projetait depuis 1978 la destruction à l’explosif du Dôme du Rocher. Les condamnations tombent, dont 3 à perpétuité. Le "Shin Bet" est encensé par les autorités israéliennes. Yitzhak Shamir déclare le "Shin Bet" "joyau de la Couronne".

    Oui, mais... Cette "bande", comme l’appelle Yaakov Peri, avait ses entrées de longue date au Parlement et chez le Premier Ministre. En peu de temps, tout ce petit monde rejoint sa colonie, comme si de rien n’était. Que se serait-il passé si ces fanatiques avaient détruit le Dôme du Rocher ?

    Carmi Gillon : "Cela aurait déclenché la guerre totale du monde musulman contre Israël. Pas seulement les pays arabes, mais aussi l’Iran, l’Indonésie et la mise en danger de l’ensemble des communautés juives de par le monde." Le même raisonnement vaut, sans exception, pour tous les crimes impunis commis depuis des décennies par l’Etat d’Israël.

    Méditons sur le diagnostic de Zeev Sternhell, dans le reportage de Charles Enderlin de 2015, "Au nom du temple", à propos de Baruch Goldstein, auteur du massacre de la mosquée d’Ibraham, et de l’assassinat de Yitzhak Rabin par Ygal Amir : "La gauche (israélienne), par poltronnerie, parce que c’était commode de se voiler la face, a préféré croire que nous avions la fièvre à cause d’une grippe alors que nous avions un cancer."

    Monsieur Coleman prépare ses étoiles jaunes pour l’UJFP
    Citations de notre implacable censeur : "Rappelons que l’Union juive française pour la paix n’organise pas seulement des Juifs, comme le précisent d’ailleurs ses statuts. Il aurait été cependant plus honnête de choisir, par exemple, une appellation comme l’Union française pour la paix en Palestine. Cette ambiguïté délibérée permet aux militants non juifs de l’UJFP de se faire passer (ce qui est très rémunérateur symboliquement) pour des descendants des victimes du judéocide ou, encore mieux, des militants du Bund assassinés par les nazis." [2].

    "... l’UJFP (...) prétend regrouper des juifs partisans de la paix (d’après son sigle) alors qu’une partie de ses membres ne sont ni Juifs ni juifs !" [30].

    "... l’UJFP, cette curieuse organisation qui se dit « juive » tout en n’expliquant pas vraiment en quoi elle tient à cette étiquette si infamante dans le camp « antisioniste »...." [26].

    C’est sûrement une coïncidence, mais cette exigence de pureté ethnique nous a déjà été adressée régulièrement par des sionistes. Monsieur Coleman semble très préoccupé par ce sujet et sait sûrement que nous ne sommes pas précisément des "haredim" (juifs ultra-orthodoxes). En tant que tout nouvel expert ès-"Halakha" (la Loi juive), a-t-il prévu des tests de sélection en manifestation pour trier les Juives et Juifs certifié-e-s par ses soins des "goyim" (non-juifs) infiltré-e-s parmi nous ?

    Quant à la notion d’"étiquette si infamante" d’une "organisation qui se dit « juive »", elle a un fumet, comment dire ? Pas précisément "philosémite", même au sens de "forme sournoise d’antisémitisme" [1]. Ces trois phrases mises bout à bout donnent la nausée.

    Est-ce que Monsieur Coleman a la moindre idée de l’abjection de ses propos, lancés à la face de militant-e-s de l’UJFP dont l’histoire familiale regorge de l’attention toute particulière que l’Europe chrétienne a réservée à leurs parents et ancêtres ? L’autodérision, l’humour noir et féroce dont certain-e-s d’entre nous sont heureusement doté-e-s nous procurent une catharsis permanente d’un passé trop lourd qui en a fait sombrer plus d’un-e parmi nous.

    Nous accusons donc réception de l’assurance complète de son absence de solidarité.

    Jean-Marc Capellero-Rabinovitz

    Le vendredi 17 juillet 2015

    [1] "Lettre ouverte de Rudolf Bkouche au premier ministre : « Votre déclaration "philosémite" n’est qu’une forme sournoise d’antisémitisme »", Rudolf Bkouche, 21 septembre 2014, ainsi que "Du philosémitisme d’Etat", Rudolf Bkouche, 27 avril 2015

    [2] "Antisémitisme DE gauche : définition et fonctions politiques", Yves Coleman, mercredi 3 juin 2015

    [3] "Pierre Stambul notre co-président arrêté par le RAID cette nuit et gardé à vue pendant 7 heures", Bureau national de l’UJFP le 09-06-2015 à 18h40.

    [4] "Soutien à Pierre Stambul", Juives et Juifs révolutionnaires, le 9 juin 2015

    [5] "Charte de l’UJFP", adoptée à la fondation de l’UJFP à Paris, lors de la fête de Pessah en 5754 (avril 1994)

    [6] Europe Israël news, 15 mars 2015

    [7] Coolamnews 17 mars 2015

    [8] "Bennett reproche à Netanyahou de courtiser son électorat religieux", IsraPresse, 16 mars 2015

    [9] CAPE - Centre des Affaires publiques et de l’Etat, 22 janvier 2015

    [10] Koide9enisrael, dimanche 19 janvier 2014

    [11] "Yeshayahou Leibowitz, le prophète incompris", CCLJ - Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind, mardi 22 mars 2011, Ouri Wesoly

    [12] Yeshayahou Leibowitz, site du judaïsme Massorti Francophone, par Yeshaya Dalsace

    [13] "La mauvaise conscience d’Israël" (3), Defeatist Diary, 28/6/2010

    [14] "New Palestine Party. Visit of Menachen Begin and Aims of Political Movement Discussed", A letter to The New York Times. Saturday December 4, 1948 by Albert Einstein, Hannah Arendt, Sidney Hook, et.al. Traduction française : Archives LePost.fr – HuffingtonPost, mis à jour le 20/06/2010

    [15] L’Express, 30/07/2013

    [16] Libération, 10 mars 2015

    [17] Cité par Alain Gresh, Nouvelles d’Orient, lundi 30 janvier 2012

    [18] "Le rabbin Yossef dérape sur la Shoah", Libération, 7 août 2000

    [19] "Edouard Drumont, maître à penser (...)", mondialisme.org, samedi 14 mars 2015

    [20] "Israël-Palestine : Il n’y a pas de volonté politique d’aller vers la paix", L’Express, 02/04/2014

    [21] "Limites de l’ « antisionisme » (2)", mondialisme.org, vendredi 23 janvier 2004

    [22] "La question de Palestine - Réfugiés", site francophone des Nations Unies

    [23] "Loi du Retour", Akadem

    [24] "La dangereuse confusion des juifs de France", Eyal Sivan, 7 Décembre 2001

    [25] "Retour des Palestiniens : Hollande soutient Israël", Le Figaro, 19/11/2013

    [26] "Les « antisionistes » sont eux aussi sujets au « mal de mer »...", mondialisme.org, mardi 11 mars 2014 (Nota bene : l’article cité porte sur une préface de Pierre Stambul à un livre de Jean-Marc Izrine, « Les libertaires du Yiddishland », éditions Alternative Libertaire)

    [27] "Bref commentaire sur les procédés d’un plumitif « libertaire »", R.A. Forum. De la banalité du mépris chez Monsieur Coleman.

    [28] "Israël a-t-il perdu la guerre ? Entretien avec l’historien israélien Shlomo Sand", Télérama, 31/01/2009

    [29] "Sur les sources de l’antisémitisme de gauche, anticapitaliste et/ou anti-impérialiste", mondialisme.org, 25 avril 2014

    [30] "Ni Joffrin, ni Val, ni Siné, la clarté politique d’abord !", mondialisme.org, lundi 28 juillet 2008

    http://www.ujfp.org/spip.php?article4304

  • les copiés collés donnent le mal de mer

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