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Lutte contre l’ « islamophobie » ou consignes de vote ?
posté le 12/02/17 par Carla Parisi Mots-clés  antifa  féminisme 
  • Le 18 décembre 2016 a eu lieu à la Bourse du Travail de Saint Denis la « Conférence Internationale contre l’islamophobie ».

Le discours général concernait la stratégie d’alliance entre associations, syndicats et partis politiques à l’approche des présidentielles en 2017, ainsi que des consignes de vote plus ou moins déguisées.

Philippe Marlière, militant du mouvement Ensemble ! du Front de Gauche participait à la table ronde animée par Houria Bouteldja du Parti des Indigènes de la République : « l’islamophobie au cœur de la campagne présidentielle ». Il a affirmé que « s’il y a un communautarisme en France, il s’agit du néo-républicanisme laïciste, au cœur du champ politique actuel ». Un vocabulaire tout droit sorti de la droite cléricale du début du 20ème siècle. Pour lui, « l’islamophobie est un écran de fumée politique utilisé pour masquer l’échec patent [de nos politiques] sur les questions politiques et sociales ». Cette rhétorique complotiste, partagée par le CCIF, consistant à faire croire que le gouvernement français fomente et met en place des polémiques autour de l’Islam est contredite par les faits. S’il est indéniable qu’une certaine partie de la droite ou l’extrême-droite veut centrer leur campagne de 2017 autour de questions « identitaires » et souhaiteraient un retour des « valeurs chrétiennes », les récentes polémiques autour de l’Islam n’ont rien à voir et sont pas le fruit d’un complot du gouvernement. L’affaire du burkini d’août 2016, citée lors de la conférence, a d’abord explosé sur les réseaux sociaux, avant que quelques maires de droite ne souhaitent légiférer et que le gouvernement ne s’exprime. Philippe Marlière a ensuite directement plaidé pour « la mise en place d’accommodements » à la laïcité, qui différeraient en fonction des personnes, « comme pour les prestations sociales ».

Stéphane Lavignotte, pasteur protestant de Saint Denis, est intervenu lors d’une table ronde au nom du « christianisme social ». Il s’est dit militant au sein d’ « un mouvement du Front de Gauche » (qui est en réalité Ensemble ! comme Philippe Marlière) et espère également que Philippe Poutou et Yannick Jadot auront assez de signatures pour se présenter en 2017. Il se plaint de ne pas assez entendre Tariq Ramadan s’exprimer en France et ajoute :

« il y en a assez de la diabolisation des intellectuels qui font du bien à la France comme Ramadan ! ».

Un lobbying en faveur du prédicateur intégriste controversé qu’il poursuit depuis plusieurs années. Stéphane Lavignotte, s’est aussi se dit « fier d’avoir témoigné en faveur d’Houria Bouteldja » lors de son dernier procès.

Ismahane Chouder a été la troisième intervenante. Représentante de l’association Participation et Spiritualité Musulmane (PSM), déjà épinglée pour ses liens avec le parti islamiste marocain Al Adl Wal Ihsane et le Cheikh Abdessalam Yassine, elle est également présidente du Collectif Féministe Pour l’Egalité. Fait étonnant, il se trouve dans la salle quelques porte-parole ou militantes d’associations LGBT visiblement fascinées qui n’hésitent pas à applaudir Ismahane Chouder, alors que Participation et Spiritualité Musulmane avait rejoint La Manif Pour Tous dès ses debuts... Ismahane Chouder a listé lors de la conférence « quatre figures emblématiques de l’Islam lorsque l’on parle des musulmans » qui seraient : les terroristes, les radicalisés, les réfugiés et les controverses (voile, halal, prières de rue). Evoquer ces sujets de société, qui peuvent interpeller chaque français en tant que citoyen serait donc... islamophobe. Ismahane Chouder a notamment affirmé que lorsque l’on dit « il faut lutter contre les djihadistes », cela veut dire lutter contre... les « musulmans ». Elle charge alors Manuel Valls, François Hollande ou encore Laurence Rossignol.

Olivier Besancenot a envoyé un message qu’Omar Slaouti (membre du Collectif Ali Ziri et tête de liste du NPA) a lu au public. Il a dit « regretter de ne pas être présent à cette initiative essentielle » et parle d’un « imprévu personnel ». Olivier Besancenot affirme également de façon conspirationniste qu’ « avec l’islamophobie, la classe dirigeante a trouvé comment diviser la classe ouvrière, en instrumentalisant de manière sordide les attentats, et une situation internationale dont elle est largement responsable ». Pour Omar Slaouti, il est légitime de s’opposer aux institutions comme les « institutions européennes » : les jeunes « se méfient de manière rationnelle aux institutions, ce qui explique le Brexit ». Pour lui, cela « se traduit sous le gouvernement Valls (…) par l’utilisation de leviers pour centrer le discours autour de l’islamophobie, de la haine de l’autre (…) et pour pouvoir mener des guerres à l’extérieur ». L’état d’urgence est présenté comme « une arme de destruction massive pour les musulmans ».

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La dernière table ronde s’intitulait « face à la répression de l’antiracisme politique et du mouvement social, quelles perspectives ? ». Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac, a félicité Houria Bouteldja pour son « excellent bouquin » à propos de son dernier ouvrage Les Blancs, les Juifs et Nous. Ce livre a pourtant été largement critiqué pour ses injonctions sexistes envers les femmes ou les sœurs d’ « indigènes » : « Il faudra deviner dans la virilité testostéronée du mâle indigène, la part qui résiste à la domination blanche » , pour l’essentialisation « virile et macho » des « indigènes », pour ses propos anti-féministes et identitaires : « j’appartiens à ma famille, à mon clan, à ma race, à mon quartier, à l’islam, à l’Algérie » ou pour ses éloges à l’homophobie de l’ancien président iranien : « Ahmadinejad, mon héros ».

Verveine Angeli (syndicaliste) et Pierre Tartakowski (président de la Ligue des Droits de l’Homme) ont appellé à un rapprochement et à une convergence des luttes entre le syndicat Solidaire, les associations LDH, Attac, CCIF et les autres associations présentes au meeting (PIR, PSM, ALCIR, camp décolonial...). Marwan Muhammad du CCIF a appellé le public et les organisations à venir « remplir » les tribunaux pour faire pression sur la justice lorsque le CCIF y est présent.

Sihame Assbague a affirmé elle-aussi que l’état d’urgence cible « les musulmans et les quartiers populaires ». Elle a appelé le public à « refuser le barrage républicain » lors des élections en 2017. Selon elle, l’élection de Donald Trump est due à « la suprématie blanche qui craint le déclin blanc », ce qui expliquerait également le succès de François Fillon à la primaire des Républicains, ou encore le fait que « Manuel Valls puisse vouloir se présenter avec tant d’entrain »... La preuve : ses combats sont « criminalisés », comme la marche de la dignité ou le camp décolonial qui ont été « attaqués de toutes parts », ou la page Facebook du Parti des Indigènes de la République qui est parfois « bloquée par le pouvoir et les organisations antiracistes traditionnelles ».

Elle a appelé les organisations de gauche à la rejoindre en donnant les conditions pour une alliance : « arrêter de critiquer le terme d’islamophobie », d’ « espérer le dévoilement des musulmanes grâce à l’éducation », d’ « incriminer les mecs des quartiers populaires », de « refuser le terme de racisme d’état », et de parler de « division et à la racialisation des luttes ».

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Finalement, les conférenciers de salle de conférence de la Bourse du Travail de Saint Denis auront certainement réussi en une journée à faire passer à un public d’à peine 300 personnes leurs appels à ne pas voter pour certains candidats. Il paraît que c’est cela, la « lutte contre l’islamophobie » et l’ « antiracisme politique ».


posté le 12 février 2017  par Carla Parisi  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • L’islamophobie affichée de Lutte ouvrière

    De tous les trucs islamophobes, puants, en plus d’être stupides, que j’ai déjà lus de la part de l’extrême gauche, je crois que le texte de Lutte Ouvrière (LO) intitulé « le piège de la lutte contre l’islamophobie » se place très largement dans le cortège de tête (et pourtant il y a du niveau à l’extrême gauche). Ce n’est pas une surprise, surtout avec LO, et ça montre bien que ça ne s’arrange pas : http://donotlinkfb.com/78o6

    En plus des raccourcis, des mensonges, des raisonnements bidons, ainsi que les sempiternelles polémiques sur l’usage du mot « race » (syndrome gauchiste du disque rayé), voici les deux passages qui selon moi valent de l’or :

    « Mais nous estimons que c’est notre rôle, en tant que communistes, de dénoncer l’emprise de la religion musulmane sur la jeunesse d’origine immigrée ; de nous battre, de militer pour essayer d’arracher celle-ci au « brouillard de la religion », comme écrivait Marx, pour lui ouvrir les yeux, lui faire comprendre que son émancipation ne se fera pas par la soumission à des principes religieux d’un autre âge, mais dans l’union de classe avec le reste du prolétariat. »

    « Dans ce combat, il est indispensable de gagner au communisme des jeunes travailleurs issus de l’immigration, non pas en encourageant leurs préjugés religieux mais en en faisant des révolutionnaires, c’est-à-dire des athées, capables de contrebalancer dans leur propre milieu les idées propagées par les ennemis du mouvement ouvrier. »

    Merci, Lutte Ouvrière, d’assumer ce que vous êtes avec ce passage que je viens de citer : des assimilationnistes (de gauche), des civilisateurs (de gauche) sûrs d’avoir pour mission de « transformer » les travailleurs issus de l’immigration en « révolutionnaires », c’est-à-dire en « athées ». Les uns veulent christianiser (droite), les autres, ici communistes, veulent séculariser et rendre athées. Je suis presque heureux que cette version assimilationniste et colonialiste de gauche soit poussée à s’assumer avec une telle décomplexion face à la structuration toujours plus grande du mouvement antiraciste autonome. Et sur ce point, ça ne se limite pas à LO, et c’est justement ça le problème. Car LO, encore, on pourrait ignorer… Mais c’est toute une extrême gauche aux abois qui est forcée de prendre position et de publier (de la merde, certes) sur un sujet dont elle voudrait pourtant qu’on reconnaisse le caractère secondaire. Et rien que pour ça on a gagné : le sujet devient incontournable, tout le monde doit se positionner, plus souvent, ou de façon plus affirmée (et donc plus raciste).

    Ici, dans cet exemple, ils écrivent sans aucune honte qu’ils doivent transformer et rendre athées des populations. Le « nous » ici est évidemment implicitement communiste, blanc, européen. C’est ce « nous » blanc qui a la mission de « transformer » ces « eux » trop réactionnaires, remplis de préjugés religieux, incapables de révolution et qu’il faut « arracher » à sa barbarie culturelle et religieuse « d’un autre âge ». (Comment pensent-ils pouvoir recruter politiquement des gens en balançant ça, au fait ?!) Prenons la mesure de la violence symbolique du propos. Il symbolise le rapport de pouvoir entre gauches et immigration, à l’avantage des premiers. Mais bon, ça prouve à quel point ils sont aux abois, incapables qu’ils sont de mobiliser le prolétariat post-colonial, c’est-à-dire le plus fragilisé, le plus vulnérable. Et, plutôt que d’être poussés à l’introspection face à cet échec, ils préfèrent enrager et se trouver des excuses (racistes) que l’on peut résumer comme suit : les racisés sont réactionnaires, parce que particulièrement religieux, raison pour laquelle ils ne nous rejoignent pas (alors qu’on possède la Vérité, et les seules voies possibles d’émancipation, of course). Il faut donc s’atteler à les libérer de ces religion et culture qui entravent leur marche vers le progrès.

    LOL

    João Gabriell

  • Plus c’est gros, plus ça passe. À la question d’un journaliste de 20 minutes qui lui demande : « Pourquoi êtes-vous contre le terme d’islamophobe ? », Boutih va répondre en trois mensonges et une caution à l’extrême-droite.

    **Mensonge n°1

    « Ce mot est imposé par des forces islamistes, et a été importé en France par Tariq Ramadan. »

    Ce mot était utilisé au début du XXème siècle dans l’administration coloniale française. Il a depuis été repris et est utilisé par nombre de sociologues, journalistes, institutionnels et associations antiracistes. Malek Boutih vise très certainement le Collectif Contre l’Islamophobie en France quand il évoque les « forces islamistes ». Jusqu’à preuve du contraire (donc jusqu’au bout), la seule force du CCIF est de mobiliser et d’accompagner juridiquement des personnes victimes de racisme.

    **Mensonge n°2

    « Quelle est la technique de ces gens-là ? Transformer toute réalité politique en réalité identitaire. Il faut voir sur les réseaux sociaux, tous les réseaux crypto-islamistes qui sont mobilisés contre Manuel Valls. »

    Celles et ceux qui luttent contre l’islamophobie luttent contre les discriminations, pour des droits, contre la honte, pour une visibilité. C’est bien Manuel Valls qui présente une vision identitaire de la laïcité en la dévoyant pour en faire un alibi à son racisme et justifier la disparition de signes religieux, ou de tenues, qui signeraient une appartenance à l’islam. C’est bien cette vision identitaire de la laïcité qui est antilaïque. On appréciera au passage la tonalité complotiste des reproches de Boutih et on lui rappellera que les identitaires et les racistes de tous bords, de leur côté, applaudissent ses interviews. Là encore, il serait intéressant d’avoir les noms des personnes visées mais le flou nourrit les mensonges.

    **Mensonge n°3

    « Valls est sur un terrain républicain. Benoît Hamon et ses amis sont dans une dérive identitaire lorsqu’ils justifient des comportements non-républicains. Ils sont absorbés par des termes et des concepts importés par des islamistes. Bien sûr, il peut y avoir un racisme anti-musulman qui existe. Mais il y a une deuxième question, qui est très grave aussi : Hamon et ses amis considèrent qu’on peut critiquer l’Église catholique mais pas les musulmans. »

    La lutte contre l’islamophobie n’exclut pas la critique de la religion, puisqu’il s’agit de combattre les discriminations ou les violences à raison de l’appartenance supposée à la religion musulmane. Il ne s’agit donc pas de combattre le blasphème. C’est en ce sens que le CCIF, l’ODSE, le Conseil de l’Europe ou encore l’ONU utilisent le terme « islamophobie ». Par ailleurs, il convient de noter que contrairement à ce qu’essaye de nous faire croire le clan Valls, Hamon est loin d’être un partisan acharné de la lutte contre l’islamophobie. Ce sont des sujets sur lesquels ses positionnements n’ont absolument rien de révolutionnaire. Ce qu’on lui reproche finalement, un peu comme à Alain Juppé et Emmanuel Macron, c’est de ne pas être obnubilé par l’islam et les musulman-e-s.

    **Et une conclusion en caution à l’extrême-droite

    « Vous ne les verrez jamais utiliser le terme christiannophobe (sic) par exemple. »

    Ce terme a été forgé par les réactionnaires chrétiens (comme celui de cathophobe), précisément pour faire passer comme des messages de haine les critiques contre les religions chrétiennes issues des mouvements féministes, des militant-e-s LGBTI ou ceux de la lutte contre le sida. Protester contre les positions de chefs religieux chrétiens condamnant le préservatif ne serait ainsi plus défendre une vision de la santé, mais un discours « christianophobe ». Et comme si, en France, les chrétien-ne-s étaient discriminé-es au même titre que les musulman-es. En voulant discréditer le terme « islamophobie », Malek Boutih, qui avait déjà légitimé la Manif pour tous en auditionnant Frigide Barjot pour son « rapport » sur la radicalisation, valide un peu plus le discours de l’extrême-droite chrétienne, au mépris d’autres combats progressistes.

    Député absentéiste, en plein conflit d’intérêt (il est en même temps salarié de Skyrock), Malek Boutih consacre le temps pour lequel il est payé à se répandre en mensonges sur l’islamophobie, et à cautionner les discours les plus abjects.

    L’intense activité de Malek Boutih au cours des douze derniers mois :

    http://contre-attaques.org/magazine/article/malek-boutih

  • Ce qui est plus surprenant, ce sont certaines similitudes entre le discours de Soral ou de de Benoist et le discours d’une partie de la gauche influencée par les post-colonial studies, et proche en France d’un parti comme le PIR [Note post-interview : on pense ici à la remise en cause de l’universalisme, la prépondérance d’une sorte de déterminisme culturel, la mise en avant d’identités culturelles ou religieuses... ] Y a t-il similitude entre ces deux discours ? Qu’est-ce qui les différencie ?

    La critique de l’universalisme est un thème en vogue. Les mouvements anti-racistes et féministes contestent depuis longtemps – à raison – à l’Occident sa tendance à se croire le centre du monde, et à se confondre avec l’Universel (au nom duquel il doit donc apporter au reste du monde la démocratie, ses droits de l’homme et ses droits des femmes, éventuellement les armes à la main). Cette critique de l’universalisme républicain est pertinente, car tous ces beaux discours ont servi à enrober le colonialisme et une réaction d’autodéfense intellectuelle est évidemment salutaire. Mais elle débouche parfois sur des discours qui prétendent que l’universalisme est nécessairement un faux nez de la domination occidentale ou de la domination masculine. Je crois que si on pousse la logique au bout, si on refuse toute idée d’universalité des conditions ou des valeurs, alors on se prive de toute possibilité de penser l’idée même d’égalité – qui est pourtant le but affiché et explicite des mouvements anti-racistes et féministes. On ne peut être égaux qu’avec des individus avec lesquels on se reconnaît une nature commune : penser l’égalité entre une pomme et une chaise n’a pas de sens, entre deux pommes cela en a un. C’est en cela que l’idée d’humanité commune est précieuse.
    C’est cette idée de nature humaine que les idéologues d’extrême-droite ont décidé de détruire, en insistant sur les différences et les particularités. En arrimant chacun à son « identité » (réelle ou fantasmée), qui est censée être plus réelle, plus fondamentale que l’humanité. C’est une de leurs obsessions : découper l’humanité en blocs étanches. Les hommes et les femmes, les européens et les africains... D’ailleurs, quand les arguments culturalistes ne suffisent plus, ils se rabattent sur les vieux arguments « scientifiques ». Voir par exemple le numéro 159 de la revue Eléments qui se fait l’écho de théories scientifiques en faveur d’une origine multirégionale de l’humanité (postulant « l’existence de foyers d’homnisation indépendants, mais non totalement séparés »). En un mot : l’espèce humaine n’en est pas une, mais une collection de différentes espèces hybridables – et remise en cause du « dogme de l’unité du genre humain ». Chassez le racisme biologique, il revient par la fenêtre.
    Je pense que l’universalisme, l’idée que les êtres humains partagent une condition commune, c’est l’appui nécessaire pour toute politique qui se veut émancipatrice et égalitaire. À condition de ne pas oublier leur extrême diversité, et sans confondre l’universalisme avec le fait de tout mesurer à l’étalon monétaire.
    Je défends simplement l’idée que ce qui réunit les êtres humains, au delà de leurs différences biologiques ou culturelles, est plus fort que ce qui les différencie, mais que ces singularités existent. Pour penser l’égalité, il faut se savoir doté d’une même nature. Penser cette nature commune ne doit pas nous faire croire que nous sommes tous identiques.

  • Face à l’émergence politique de la question raciale en France, on peut voir se dégager plusieurs types de réponses de gauche, qui ont toutes en communs d’être des d’avatars « respectables » d’un même discours raciste. Un même discours raciste qui fait des immigrés et des fils d’immigrés des facteurs de division et qui justifie leur invisibilisation, donc leur exclusion de la sphère politique.

    Mais c’est encore le raciste Alain Soral qui synthétise le mieux ce discours, citons le donc ici :

    « Le regroupement familial ne fut pas une naïveté humaniste de grand bourgeois qui plane, mais un projet pervers, dégueulasse : transformer les banlieues rouges à très forte conscience et solidarité de classe (avec un PCF à 30 %) en banlieues beurs.

    Car on ne dira jamais assez à quel point la maghrébisation, l’africanisation, la tiers-mondisation de la France ont fait baisser vertigineusement le niveau de civisme et de civilité de la population française. » [1]

    Alain Soral, peu soucieux de parler d’exploitation et de restructuration du capitalisme et de l’organisation du travail, met sur les dos de l’immigration la détérioration de la conscience de classe. Discours raciste- populiste classique dira t- on, mais pourtant ce discours n’est pas cantonné à l’extrême- droite si l’on y regarde de plus près. Nous allons voir comment cet argument de la division, au cœur de ce discours, est repris à gauche, et même à l’extrême- gauche sous des formes respectables.

    Le discours humaniste social- démocrate [2] fait du racisme une cause morale abstraite, soluble dans un grand fourre- tout qui regrouperait indistinctement toutes les formes de dominations, réduites à de simples discriminations [3] et les dépolitise ainsi en empêchant de les analyser dans leurs spécificités respectives.

    Il est assez proche, finalement, du discours anarchiste- individualiste à ce sujet, dans la mesure où l’anarchisme individualiste ne s’est ouvert ni à la critique de l’économie politique (comme les communistes- libertaires), ni aux sciences- sociales : dépourvue de méthode et de critique de la méthode, ce courant est donc resté bloqué au paradigme de la philosophie des Lumières et sa réflexion est essentiellement moraliste.

    De façon assez parlante, l’anarchisme-individualiste et la sociale- démocratie ont également en commun le fait d’être les courants idéologiques les plus virulents contre la non-mixité politique, allant jusqu’à la comparer au fascisme [4].
    De son côté, le discours marxiste- orthodoxe [5], s’il n’essaie évidemment pas d’évacuer en douce la question de classe, essaye d’y inféoder la question raciale en faisant du racisme un simple faux discours dont le seul effet néfaste serait de briser la solidarité au sein du prolétariat. Le racisme n’est donc pas traité pour lui- même, comme rapport de domination particulier, mais comme simple idéologie, qui ne serait problématique que du point de vue de la classe.

    Bien que ces discours soient de gauche, l’accusation de division, typique de l’argumentaire raciste, n’est jamais bien loin. Pour la gauche, le racisme reste au mieux une lutte secondaire, et sa mise sous tutelle paternaliste est obligatoire. Les racisés doivent accepter de rester de simples victimes du Racisme, dont on prend généreusement soin comme les petits- enfants de l’aide humanitaire, et ne doivent surtout pas tenter de se constituer en sujets politiques autonomes. Dès que les racisés n’acceptent plus de dissoudre la spécificité de leur oppression et de la rendre invisible ou secondaire voila que les potes d’hier auxquels il ne fallait pas toucher deviennent soudain ni plus ni moins que les nazis d’aujourd’hui pour avoir commis le crime de prétendre s’organiser en non- mixité.

    Cette nostalgie de l’unité et de la conscience de classes perdues que déplore Alain Soral est partagée par de nombreux gauchistes qui, au lieu d’en rendre l’immigration responsable comme le fait l’extrême- droite, adoptent le discours, plus respectable, d’en rendre les mouvements antiracistes responsables. Ce sont donc les luttes spécifiques qui feraient barrage à l’unité du prolétariat. […]

    https://mignonchatonblog.wordpress.com/2016/08/29/pour-en-finir-avec-le-mot-racialisateur/

  • le ccif pas islamiste ! = blague

  • 15 février 23:33

    Fiammetta Venner, en plus d’être la compagne de Caroline Fourest, dirige le site Ikhwan Info, qui se présente comme un "observatoire de l’Islam politique et des Frères musulmans". Parmi les éditorialistes du site, on trouve notamment Antoine Sfeir, ex-fervent partisan du régime dictatorial de Ben Ali, et bien sûr Caroline Fourest, multi-condamnée et sanctionnée par le CSA pour manque de rigueur journalistique.

    Comme on pouvait s’y attendre, Fiammetta Venner et son équipe d’Ikhwan info n’ont pas du tout apprécié le succès de la Marche de la Dignité qui a réuni plusieurs milliers de personnes le 31 octobre. Ikhwan a donc publié un article très agressif, où notamment l’une des initiatrices de cette marche, Amal Bentounsi, soeur d’un jeune homme tué par la police, est décrite comme une complotiste.

    L’article évoque ensuite d’autres participantes à la Marche, et Venner use de tous les moyens pour leur trouver des liens avec des personnalités qu’elle considère infréquentables, en particulier Tariq Ramadan, l’éternel épouvantail qui apparemment dirigerait secrètement toute initiative menée par des associations musulmanes. Rappelons que Caroline Fourest et sa bande ont manifesté le 11 janvier dernier derrière des criminels de guerre et des dictateurs qui ont du sang sur les mains jusqu’aux épaules, des personnalités infiniment plus violentes et criminelles que les participant(e)s à cette marche.

    Puis pour prouver l’aspect soit-disant extrémiste de cette marche, Venner publie la photo d’une pancarte "N***e la France et son présent colonialiste" présentée comme prise durant la Marche :

    Le seul problème, c’est que cette photo n’a pas du tout été prise à la Marche de la Dignité le 31 octobre, puisqu’on la trouvait sur twitter dès le mois de mars dernier (voir ici). Fiammetta Venner et Ikhwan Info ont donc tenté de pousser encore plus loin la diabolisation par le biais d’un bidonnage, un procédé dont elles sont des habituées (voir cette petite sélection de mensonges proférés par Fiammetta Venner).

    MAJ :

    Peu après la révélation de cette manipulation, le site Ikhwan info a supprimé la photo bidonnée. Mais j’avais effectué une capture d’écran (postée ci-dessus), où l’on voit que l’adresse du lien (http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/9247) est bien la même que l’article actuel sans la photo. Cette photo supprimée était juste au dessus de la citation de Saïd Bouamama :

    Notons enfin qu’Ahmed Meguini, un proche de Caroline Fourest et Fiammetta Venner, a publié la même photo sur les réseaux sociaux en la présentant lui aussi comme prise lors de la Marche de la Dignité.

    http://cinquiemecolonne.canalblog.com/archives/2015/11/01/32867385.html

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