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Le « Féminisme intersectionnel » : Antiracisme & Anticapitalisme au service de la domination masculine
posté le 12/02/17 par Francine Sporenda Mots-clés  féminisme 

En ce moment, on entend beaucoup l’expression « féministe blanche bourgeoise » dans les débats féministes. L’expression « féministe bourgeoise » n’est pas nouvelle puisqu’elle a été inventée par la gauche marxiste historique mais plus récemment, des « féministes intersectionnelles » l’ont reprise à leur compte sous la forme doublement péjorante de « féministe blanche bourgeoise ».

- Le « féminisme intersectionnel » dont elles se réclament est un concept qui a été développé aux Etats-Unis à la fin des années 1980 par la juriste Kimberlé Crenshaw (spécialiste du droit antidiscrimination) dans la foulée du « black feminism » et exposé dans son article de 1991 sur les violences subies par les femmes de couleur pauvres aux Etats-Unis. La sociologue Patricia Hill Collins l’a repris un peu plus tard et a analysé « l’interlocking oppression » (les oppressions imbriquées) dont sont victimes ces femmes. Ces théories n’ont fait leur apparition en France qu’au cours des années 2000, mais depuis quelques années, elles ont suscité un véritable engouement et le mot « intersectionnalité » est devenu un buzzword faisant l’objet de débats clivants dans le mouvement féministe. Différents groupes féministes s’en inspirent, explicitement ou implicitement, mais une fraction de ce mouvement (entre autres les militantes « féministes » proches du Parti des Indigènes de la République) semble avoir perdu de vue ses objectifs originels et concentre l’essentiel de ses analyses sur une attaque en règle des « féministes blanches bourgeoises ».

  • Au départ, ce concept d’intersectionnalité est parfaitement valide et nécessaire : que certaines femmes subissent des discriminations multiples qui se combinent synergiquement pour les placer en situation d’extrême vulnérabilité est une évidence. L’impact sur les femmes de ces discriminations interactives n’a pas été appréhendé pendant longtemps dans les mouvements féministes, de même que les problèmes spécifiques concrets qu’elles impliquent-parce que ces mouvements ont été construits par défaut autour du prototype de la « femme blanche » de la classe moyenne.

- Il est cependant inexact d’affirmer que ces situations de « double peine » n’y ont pas du tout été reconnues : les féministes « lutte de classe » de la deuxième vague par exemple ont été solidaires des femmes immigrées au moment où l’immigration devenait numériquement importante en France ; des intellectuelles comme Simone de Beauvoir ont soutenu par principe le combat des « black feminists » (Beauvoir, enthousiasmée par les lettres d’Angela Davis, les a fait connaître en France en les publiant dans Les Temps modernes). Et de nos jours, on peut considérer que le lien indissociable entre féminisme, antiracisme et justice sociale est maintenant intégré dans le mouvement-au moins théoriquement. Ceci posé, ce recyclage des accusations de « féministe bourgeoise/féministe blanche » par certaines « intersectionnelles » est véritablement stupéfiant, étant donné que le féminisme européen (au moins pour ce qui est de l’élaboration théorique) a été souvent une affaire de femmes de la classe moyenne/moyenne supérieure. Et de femmes « blanches » bien entendu, puisque la présence de femmes de couleur dans la France métropolitaine au moment du féminisme première vague (fin XIXème siècle) était infime.

- C’est un fait : les femmes issues des milieux populaires ont joué un rôle moins visible dans le féminisme-et la raison en est évidente : sans instruction, sans capital culturel, sans sécurité financière, sans temps libre, l’accès à la réflexion théorique vous est à peu près fermé. Des conditions de survie et de précarité permanentes requièrent toutes vos énergies et ne laissent aucune disponibilité pour des activités spéculatives ou militantes sans utilité immédiate (1).

- On reproche au film « Suffragette » de ne pas avoir montré les militantes de couleur qui ont soutenu ce mouvement ; il y a eu par exemple des militantes indiennes qui se sont très investies dans le combat pour le vote des femmes en Grande-Bretagne. Mais à ma connaissance, la plupart de ces femmes étaient aussi issues des milieux privilégiés de leur culture d’origine (2). Et il faut rappeler aussi, comme explication de cette moindre participation des femmes des couches populaires au féminisme historique, que le Parti communiste les a constamment mises en garde contre ce mouvement qui, d’après certains de ses leaders, n’était qu’une exportation culturelle de l’impérialisme américain et divisait la classe ouvrière. Une majorité de féministes de toutes les vagues appartiennent donc à ces catégories de population moyenne/moyenne supérieure, avec une importante proportion de femmes ayant fait des études et/ou exerçant la profession d’enseignante. Les suffragettes étaient souvent des bourgeoises aisées, les féministes françaises connues de l’entre-deux guerres et de la Seconde vague sont presque toutes des universitaires issues de familles financièrement confortables ou au moins secures : Simone de Beauvoir, Luce Irigaray, Christine Delphy, Colette Guillemin, Antoinette Fouque, Geneviève Fraisse, Benoite Groult, Nicole Claude Mathieu, Florence Montreynaud etc.-aucune de ces femmes ne vient d’un milieu populaire. On a le droit de le déplorer mais c’est un fait : la théorie féministe occidentale a été largement une invention bourgeoise.

- Mais c’est aussi le cas du socialisme : presque tous les grands créateurs conceptuels ayant contribué à l’élaboration de cette idéologie sont des bourgeois. On sait que Marx en était un, Engels de même. On sait moins que c’était le cas de Vladimir Oulianov dit Lénine, qui comptait dans sa famille médecins, mathématiciens, nobles et divers notables locaux. Idem pour Trotski, issu (comme Mao Tsé Tung) de gros propriétaires terriens, pour Liebknecht (universitaire, petit fils d’un parlementaire), Boukharine, Rosa Luxemburg, Bebel, Fidel Castro, Che Guevara etc. Et pourtant, je n’ai jamais entendu personne traiter Marx ou Lénine de « socialistes bourgeois ».

- Pourquoi les hommes de la gauche de la gauche qui, il y a peu, ne manquaient pas une occasion de fustiger le « féminisme bourgeois », n’ont-ils jamais été gênés par les origines identiquement bourgeoises des pères fondateurs du socialisme ? Pourquoi le fait d’avoir des origines bourgeoises n’est-il reproché qu’aux féministes ? On a la réponse à cette question si on comprend à quoi sert cette accusation de « féministe bourgeoise ». Clairement, elle sert d’abord à discréditer la parole des féministes et à empêcher qu’elle soit prise en compte. Vous êtes contre le voile, contre la prostitution, contre la pornographie-atteintes graves aux Droits des femmes qui concernent en majorité des femmes pauvres et/ou « racisées » ? Votre opinion est invalide parce que vous êtes une « féministe bourgeoise » : par définition, puisque vous êtes leur « ennemie de classe », vous ne connaissez rien à la situation de ces femmes et vous n’avez aucune légitimité à en débattre. De plus, vous manifestez un comportement paternaliste/néo-colonialiste car vous prétendez savoir mieux qu’elles ce qu’elles veulent et cherchez à les libérer de force du joug d’une domination masculine dont elles ne souhaiteraient pas s’émanciper. Mais si vous ne vous intéressez pas à leurs problèmes, vous êtes taxée de les invisibiliser par racisme : pile tu perds et face tu ne gagnes pas. Il s’agit donc de rendre inaudible le discours féministe.

- Mais une autre implication encore plus dérangeante de cette expression est qu’elle nie l’existence d’une oppression spécifique subie par toutes les femmes-quelle que soit leur classe sociale. Traiter une femme de « féministe bourgeoise blanche », c’est récuser qu’elle puisse être opprimée-discriminée, victime de violences et même tuée- sur la seule base de son appartenance de sexe ; c’est donc nier la légitimité politique du féminisme et ne valider comme catégories d’oppression que le classisme et le racisme. Les hommes de gauche ont pendant longtemps ignoré ou nié cette oppression spécifique des femmes, oppression exercée activement et/ou passivement par TOUS les hommes-qu’ils soient prolétaires, bourgeois ou « racisés »-sur toutes les femmes-qu’elles soient bourgeoises, « racisées » ou prolétaires (rappelons en passant que le statut de bourgeoise peut être précaire, puisque c’est surtout le fait d’avoir un mari bourgeois qui fait d’une femme une bourgeoise).

- Aux yeux de ces hommes, cette affirmation d’une oppression féminine spécifique n’était qu’une fiction mensongère, une théorie fumeuse élaborée par des bourgeoises oisives, privilégiées et pourtant perpétuellement mécontentes de leur sort propageant le mythe d’une aliénation féminine imaginaire pour défendre leurs intérêts de classe et détourner les autres femmes de la seule véritable lutte d’émancipation qui vaille- la leur. Les femmes du peuple, celles qui « travaillaient dur tout en s’occupant de leur famille », étant présentées comme n’ayant évidemment pas de temps à perdre avec ces balivernes.

- Cette indignation sélective des hommes de gauche envers le « féminisme bourgeois » est directement liée au fait que le socialisme a défini l’oppression sur un schéma essentiellement masculin : l’exploitation économique du salarié. En conséquence, la figure de l’opprimé a été identifiée par défaut à celle du travailleur mâle rémunéré-puisqu’une grande partie du travail féminin est non rémunérée ; de ce fait, toute revendication des femmes à faire reconnaître leur oppression comme classe de sexe a été reçue par les hommes de gauche comme une imposture, voire une concurrence déloyale : car identifier l’oppression au travail rémunéré masculin revient quasiment à réserver aux hommes le monopole du statut d’opprimé. De même, lorsque le processus d’immigration a commencé, l’immigré a été stéréotypé comme de sexe masculin. Vous êtes une bourgeoise, vous avez été harcelée, violée, battue, porno-torturée ? Cela ne compte pas comme situation d’oppression, ce qui compte, c’est si le préjudice subi relève des types d’oppression qui affectent les individus de sexe masculin : racisme, classisme- (d’où par exemple le fait que la torture politique est reconnue comme crime mais que les tortures infligées aux femmes dans le porno hard sont dénommées « adult entertainment »). Et dans les textes marxistes classiques, les femmes ne sont généralement reconnues comme opprimées qu’en tant que travailleuses ou femmes de travailleurs, la même définition « par procuration masculine » de l’oppression fonctionnant initialement pour les femmes immigrées.

- Sur la situation de ces femmes, les seules censées revendiquer à bon droit le statut d’opprimée, le « féminisme bourgeois » n’aurait par définition rien à dire, puisque le postulat est qu’il existerait un fossé de classe infranchissable entre femmes des classes moyennes/supérieures et femmes prolétaires et « racisées », les problèmes, préoccupations et intérêts de celles-ci différant radicalement de ceux de leurs consœurs privilégiées. Ce qui est faux : à côté de la « double charge » d’oppressions interactives subie par certaines catégories, les femmes de toutes les classes et de toutes les cultures partagent bel et bien un socle d’expériences d’oppression communes : viols, violences physiques, inceste, pédophilie, harcèlement sexuel, mutilations corporelles, discriminations multiples, exclusion des postes décisionnels et de la vie publique, confinement à des emplois sous-payés, hétérosexualité et maternité plus ou moins obligatoires etc. Toutes conséquences résultant du fait fondamental qu’elles sont sous domination masculine du haut en bas de l’échelle sociale et partout dans le monde-même si cette domination masculine revêt selon les cultures et les classes des formes variables.

- Adrienne Rich a écrit que « le sujet politique porté par le mouvement (féministe) a été construit sur une identification à ses catégories les plus privilégiées ». Le problème avec cette analyse est qu’elle semble impliquer que le « white privilege »/privilège de classe protègerait les femmes « blanches bourgeoises » des abus de pouvoir patriarcaux -ce qui n’est malheureusement pas le cas : les études et sondages portant sur les violences masculines font apparaître que le viol, les violences physiques et psychologiques, le harcèlement sexuel, l’inceste, la pédophilie etc concernent toutes les femmes pratiquement au même degré, quelles que soient la classe sociale et l’appartenance ethnique : comme le note Mona Chollet : « la violence touche les femmes des beaux quartiers tout autant que celles des banlieues. »

- Et contrairement à une autre implication de la citation d’Adrienne Rich, le fait d’être l’épouse/fille/mère d’un dominant ne vous confère en rien la qualité de dominant : il ne faut pas confondre les quelques avantages que concèdent les hommes aux femmes qui les servent avec la détention effective du pouvoir. En fait, même si elles bénéficient de bonnes conditions matérielles, la famille bourgeoise traditionnelle place davantage ses femmes sous la domination du père ou mari parce qu’elles ne sont pas supposées travailler (voir à ce sujet les études sur le statut réel des « plantation mistresses » dans la société esclavagiste du Sud des Etats-Unis).

- Pourtant, en aucun cas, et même encore de nos jours, cette domination masculine n’est pleinement reconnue comme système d’oppression majeur à gauche et dans les mouvements antiracistes-car alors il faudrait que les hommes appartenant à ces mouvements s’identifient comme oppresseurs. Ce qui fait que vous ne trouverez jamais chez la plupart des théoriciens de ces mouvements une reconnaissance intégrale des multiples violations de leurs Droits humains dont les femmes sont encore victimes-parce qu’il faudrait alors reconnaître que des courageux militants, des héros de la lutte anticapitaliste/antiraciste battent leurs femmes ou incestuent leurs filles tout comme les dominants. Certes, certains leaders anticapitalistes commencent maintenant à se dire féministes-mais est-ce que l’on peut croire au féminisme de ces « rebelles » style Jeremy Corbyn (généralement en couple avec des femmes ayant en moyenne 20 à 30 ans de moins qu’eux) qui soutiennent la « liberté d’expression » pornographique et la décriminalisation de la prostitution ?

- Il y a toujours eu une tache aveugle dans les analyses marxistes et antiracistes-le refus de reconnaître cette ambiguïté fondamentale : qu’un homme exploité et écrasé par son patron ou victime de discrimination raciale pouvait aussi exploiter, discriminer et écraser les femmes. Dans ces analyses, la face sombre du militant exemplaire a été totalement occultée-car pour l’homme de gauche, l’oppresseur ne peut être que l’Autre, il lui est ontologiquement impossible de se reconnaître comme agent et bénéficiaire d’une situation d’oppression-sauf à détruire la supériorité morale qu’il dérive de penser sa cause comme absolument juste. Et c’est ainsi qu’on retrouve, à gauche comme à droite, la même omerta sur le tabou patriarcal suprême : ne jamais nommer les hommes comme agents des multiples violences et discriminations qu’ils infligent aux femmes.

- Au final, l’accusation de « féministe bourgeoise » est une stratégie objectivement masculiniste parce qu’elle permet de légitimer les pires violences patriarcales en discréditant celles qui les dénoncent. Par exemple, le combat abolitionniste n’étant soi-disant mené que par des « féministes blanches bourgeoises »-(ce qui est faux), il irait nécessairement à l’encontre des intérêts des femmes pauvres et/ou « racisées » qui constituent les gros bataillons de la prostitution. Un tel discours a pour conséquence de cautionner le droit des hommes de violer ces femmes hyper-vulnérables sans états d’âme, puisque la parole de celles qui désignent cet achat comme une violence est par définition sans valeur. Et le même argument fonctionne à l’identique dans le contexte intersectionnel pour le port du voile et de la burqa, pour la GPA, l’excision etc.

- De plus, en affirmant qu’il n’y aucune communauté d’expériences entre bourgeoises et femmes de milieux populaires, cette expression annule toute possibilité d’universalisme féministe. Les Droits des femmes sont alors présentés comme des privilèges de classe plus ou moins exorbitants ne concernant que la catégorie des bourgeoises/occidentales et inapplicables aux autres-un peu de la même façon dont l’athéisme est vu comme une invention européenne qui ne saurait concerner les individus « d’origine musulmane ». Par contre, les luttes de gauche et anti-raciste sont posées comme authentiquement universalistes, et la solidarité entre membres de ces groupes (et celle des femmes avec les hommes) est constamment invoquée. Tandis que, la notion de classe de sexe étant niée, les femmes sont renvoyées aux catégories masculines de classe sociale et de communauté et sommées de définir leur identité par rapport à elles.

- L’universalisme féministe est récusé parce qu’il a été défini autour du cas particulier des femmes bourgeoises privilégiées. Qu’il ait été défini à partir de ces femmes est un fait-mais le mouvement anticapitaliste a pareillement été construit autour du cas particulier du prolétaire « blanc » de sexe masculin-tout aussi privilégié par rapport aux prolétaires mâles « racisés » et aux femmes prolétaires. Qui eux aussi ne vivent pas l’exploitation capitaliste de la même façon que les hommes « blancs » du fait de leur appartenance ethnique et de sexe. Mais cette situation d’oppression « multicartes » qui est vue comme posant problème dans le cas du mouvement féministe au point de justifier sa division en fractions, curieusement n’en pose aucun lorsqu’il s’agit de mouvements défendant des intérêts masculins. On ne parle pas d’intersectionnalité pour ces mouvements, il n’y a pas de partis anticapitalistes spéciaux pour les femmes prolétaires ou les prolétaires « racisés »-et ce double standard devrait interroger : si la question de l’intersectionnalité se pose pour le mouvement défendant les droits des femmes et ne se pose pas pour les mouvements « unitaires » centrés sur les intérêts masculins-c’est justement parce que -même prolétaires ou « racisés »-les individus de sexe masculin restent néanmoins des dominants solidaires entre eux. Et s’il y a une chose qui prouve que les femmes -même privilégiées-ne le sont pas, c’est ce double standard dont elles sont victimes.

L’accusation de « féministe bourgeoise blanche » est une tactique de division.

- Par ce dispositif d’enfumage, on empêche les femmes de voir qu’elles ont réellement des intérêts communs, on occulte ce qui les unit et on dirige leur attention sur ce qui les divise, ce saucissonnage de leurs luttes en fractions multiples et séparées, voire concurentielles ayant pour conséquence de les rendre impuissantes-car incapables d’actions communes. Et en désignant à ces multiples sous-sections féministes des « ennemis principaux » aussi divers que fictifs (bourgeoises, femmes « blanches ») pour détourner l’attention des vrais, ce discours anti-féministe « progressiste » permet d’occulter le fait que toutes les oppressions subies par les femmes ont une seule et même cause, les hommes patriarcaux : l’accusation de « féministe bourgeoise blanche » est une tactique de diversion.

    • Empêcher ainsi les femmes d’identifier les hommes patriarcaux comme agents uniques de leur oppression permet de les désinvestir de leurs luttes ou de rendre ces luttes inopérantes parce que ciblées sur de faux adversaires. Elle permet en outre de stigmatiser comme étant divisives, de droite, voire réactionnaires (ou « occidentalisées ») celles qui ne voudraient pas renoncer à leur cause pour s’enrôler dans celles des hommes anticapitalistes/antiracistes et refuseraient de militer dans des mouvements dirigés par eux sur des objectifs fixés par eux

- Au final, mettre l’accent sur le devoir impératif de solidarité de classe/communautaire pour les femmes et exclure par définition qu’elles puissent être opprimées par des hommes de leur groupe rend la domination des hommes non-occidentaux inexpugnable. C’est exactement le but de la manoeuvre et c’est ce que font des militantes féministes autour du PIR quand elles dénoncent les « féministes blanches bourgeoises » qui voudraient les séparer de « leurs frères, leurs fils, leurs maris ». Pour ces militantes, la loyauté envers « leurs » hommes et la défense de leur groupe passe avant la solidarité avec les autres femmes, et on se heurte chez elles un refus absolu et explicite de mettre en cause leur propre patriarcat. Houria Bouteldja le dit elle-même : « je suis obligée d’être solidaire des hommes », et elle propose un « féminisme paradoxal de solidarité avec les hommes »-concept véritablement ubuesque. Position d’autant plus incompréhensible que la figure de proue du PIR reconnait qu’« il n’y a pas de réciprocité » et que les femmes de couleur n’ont rien à attendre en retour des hommes qu’elles soutiennent. Self sacrifice, abnégation, dévouement à sens unique aux hommes de son groupe : Houria Bouteldja nous présente l’image l’image parfaite de l’aliénation féminine la plus archétypique. En fait, le « féminisme décolonial » qu’elle propose est intégralement colonisé par l’idéologie patriarcale la plus archaïque et sa version de l’intersectionnalité n’est qu’un dispositif visant à ramener sous contrôle masculin des femmes qui seraient en train de s’en libérer : l’accusation de « féministe bourgeoise blanche » est une tactique de reprise en main des femmes de couleur par leur patriarcat.

Cette priorité donnée à la solidarité avec les hommes va jusqu’à faire dire à Houria Bouteldja qu’il ne faut pas stigmatiser les individus « racisés » qui violentent des femmes-ils le feraient parce qu’ils sont opprimés et subissent une « castration virile, conséquence du racisme culturel ». Et selon elle, le port du voile serait un acte de sédition contre le système néo-colonialiste et les femmes palestiniennes ne devraient pas avoir accès à l’IVG, parce que leur devoir serait de mettre au monde de nombreux enfants pour défendre leur communauté ; dans ce schéma orwellien d’inversion de réalité où la soumission aux prescriptions patriarcales est présentée comme une insoumission, il est inacceptable que les femmes voilées se dévoilent parce que ça serait obéir aux « féministes blanches » mais il est parfaitement ok qu’elles se voilent pour obéir aux hommes « racisés ». Logique spécieuse qui garantit la perpétuation des traditions patriarcales les plus misogynes : non, contrairement à l’approche que proposent les féministes autour du PIR, il n’y a pas un bon patriarcat et un mauvais patriarcat-et la responsabilité première des féministes est de dénoncer ce système d’oppression partout où il existe.

- Mais pourquoi tant de haine contre la « féministe bourgeoise » ? C’est parce qu’elle est assignée au rôle de sorcière moderne dotée du pouvoir maléfique de « dévoyer » les autres femmes et de les soustraire au contrôle masculin. Si on lui rajoute le qualificatif de « blanche », elle incarne l’influence pernicieuse censée entraîner les femmes de couleur sur la voie de « l’occidentalisation », d’où s’ensuivrait immanquablement leur insoumission aux hommes de leur groupe-perspective suscitant la panique morale dans les milieux communautaires et ultra-religieux. Et pour boucler la boucle, l’argument marxiste du « féminisme bourgeois invention de l’impérialisme américain » est repris sous la forme à peine différente du « féminisme blanc pur produit de l’histoire coloniale » (de même que le mariage pour tous). On imagine très bien les généraux Massu et Salan, adeptes du dévoilement, en ardents propagandistes des droits des femmes auprès des Algériennes.

- Vu le rôle joué dans le féminisme par les « féministes blanches bourgeoises », il est évident que les attaquer revient à priver le féminisme d’une part de ses ressources théoriques et militantes. C’est donc bien au féminisme en soi que l’on s’en prend, c’est à lui que l’on porte atteinte quand on utilise à tort et à travers cette expression. Et vu l’insistance avec laquelle ce lynchage symbolique des « féministes bourgeoises » est pratiqué actuellement, il est clair qu’il est crucial pour la régression patriarcale en cours (via les mouvements masculinistes, religieux fondamentalistes, etc) de les déconsidérer et de limiter ainsi l’impact « subvertisseur » qu’elles pourraient avoir sur les femmes non-occidentales. Et le fin du fin est bien sûr d’amener des féministes manipulées par ce discours crypto-masculiniste à se charger elles-mêmes de ce travail de destruction du féminisme

  • C’est que font actuellement DES « féministes intersectionnelles » dont l’objectif prioritaire paraît être de porter les coups les plus destructeurs au féminisme et qui y consacrent plus d’énergie qu’à dénoncer les violences masculines Ce qui amène à conclure que ce mouvement -comme d’autres mouvances féministes-a été en partie détourné de sa finalité initiale et récupéré par ses adversaires. Et que ce féminisme qui se dit « intersectionnel » avance masqué et ne se réclame du féminisme que pour mieux le détruire : c’est une tactique de récupération / instrumentalisation.

- Ça n’a jamais vraiment gêné les militant-e-s d’extrême gauche que leurs intellectuels soient des bourgeois. Et cette gauche qui a toujours prôné qu’il existait une communauté de situation et d’intérêts entre les prolétaires ou « racisés » de tous les pays et qui refuse encore obstinément d’admettre qu’une telle communauté existe également entre les femmes, a l’audace d’accuser les mouvements féministes de manquer d’inclusivité envers les Women of Color. Pourtant leurs propres mouvements n’ont pas été davantage inclusifs envers les hommes de couleur. De même, il n’a jamais été reproché aux leaders masculins des Black Panthers ou autres mouvements antiracistes de parler au nom des femmes de couleur et de ne pas prendre en considération leurs formes spécifiques d’oppression en tant que femmes. Pourquoi la question clivante de l’intersectionnalité n’est-elle posée qu’aux féministes-et pas aux mouvements de gauche dominés par des hommes ?

    • Les féministes cohérentes -et conscientes des ruses infinies du patriarcat- n’ont aucune raison de jeter sous le bus les « féministes blanches bourgeoises », ce qui revient à saisir stupidement les « bâtons pour se faire battre » que leur tendent les masculinistes « progressistes » alliés aux communautaristes et aux fondamentalistes religieux. Ces femmes ont joué un rôle utile dans le mouvement en mettant à profit leur situation relativement privilégiée pour forger les armes théoriques qui ont impulsé les luttes féministes. Parce que oui, comme le dit Mary Daly, si les féministes « privilégiées », ont une responsabilité particulière dans le mouvement féministe, et c’est de mettre leur privilège-leur temps, leurs moyens matériels, leurs capacités- au service de toutes les femmes, en particulier au service d’une solidarité sans faille avec leurs sœurs moins favorisées.

- Les hommes progressistes ne se tirent pas dans le pied, ils savent très bien que la contribution des socialistes bourgeois au socialisme a été et est encore séminale- il est donc hors de question pour eux de jeter Marx, Yannis Varoufakis ou Jeremy Corbyn à la poubelle à cause de leurs origines de classe. Mais ils n’ont aucun scrupule à utiliser cet argument à géométrie variable pour décrédibiliser le féminisme. Argument que certaines féministes intersectionelles-qui sont parfois des « féministes bourgeoises » -s’empressent de reprendre à leur compte.

- Il est profondément navrant de voir une idée juste, l’intersectionnalité, ainsi kidnappée par la réaction patriarcale en cours. Car il existe une intersectionnalité défendant vraiment les droits des femmes « non blanches », portée par des associations respectées qui prennent des positions sans ambiguité sur des violences majeures envers les femmes, comme la prostitution, le porno, la GAP, et même le voile. Tandis que d’autres « féministes intersectionnelles » - celles qui répètent l’accusation de « féministe blanche bourgeoise » comme un mantra-se retrouvent aux côtés de ceux qui légitiment ces violences : le STRASS et les pro-industrie du sexe, les fanatiques religieux misogynes, les homophobes et les antisémites. Sur la base de ces critères, il n’est pas difficile de discerner de quel côté se trouve l’imposture.

Notes

(1) Des suffragettes « féministes bourgeoises » étaient proches des ouvrières et soutenaient leur cause, par exemple Sylvia Pankhurst, issue d’une famille socialiste et féministe, co-fondatrice du Parti Communiste de Grande-Bretagne (CPGB), directrice de « Worker’s Dreadnought », un hebdomadaire pour les femmes de la classe ouvrière, et avocate enthousiaste de la Révolution russe.

(2) Par exemple Sophia Duleep Singh (princesse indienne)

Sources etc :

http://indigenes-republique.fr/feministes-ou-pas-penser-la-possibilite-dun-feminisme-decolonial-avec-james-baldwin-et-audre-lorde/

http://indigenes-republique.fr/pierre-djemila-dominique-et-mohamed/

https://www.erudit.org/revue/rf/2012/v25/n1/1011119ar.html

https://cedref.revues.org/731

http://sebastienchauvin.org/wp-content/uploads/Chauvin-Jaunait-Intersectionalit%C3%A9-contre-intersection-RP2015-PUB.pdf


posté le 12 février 2017  par Francine Sporenda   Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • Hommage au groupe féministe les TumulTueuses

    Après environ 7 ans d’existence, les Tumultueuses se mettent en veille pour une durée indéterminée. L’expérience fut riche et pleine de choses fortes, mais toute bonne chose a une fin. Merci à tou.tes de nous avoir accompagné.es. Nos chemins continueront surement à se croiser dans la lutte, qui ne s’arrête jamais. En guise d’hommage aux combats menés par les TumulTueuses, notamment pour construire un féminisme inclusif, anti-raciste et anti-sécuritaire, engagé dans la réflexion comme dans la lutte, nous republions un de leurs communiqués. Celui-ci revient sur les ressorts de la loi sur le voile intégral de septembre de 2010, et propose, en réponse aux députés, quelques mesures très simples, et véritablement féministes. Quatre ans plus tard, il reste d’actualité...

    Nous sommes féministes, et nos revendications sont nombreuses. En aucune manière, toutefois, l’égalité réelle entre les hommes et les femmes pour laquelle nous nous battons ne saurait passer par des mesures :

    - punissant les femmes en les excluant de l’espace public ;

    - réduisant le sexisme au monde musulman ;

    - et laissant se perpétuer, notamment dans cet espace public, le lot de violences subies par des millions de femmes, quotidiennement, et dans toutes les couches de la société française.

    C’est pourquoi nous sommes résolument hostiles à une loi qui interdirait le port du voile intégral en public sous peine d’une amende et/ou d’un stage dit de citoyenneté.

    Nous dénonçons la malhonnêteté de ses initiateurs. Le gouvernement ne cherche qu’à poursuivre par des moyens détournés le débat nauséabond sur l’identité nationale. Nous refusons qu’il aille puiser dans les principes féministes la légitimité qui lui a toujours manqué pour exclure de la citoyenneté tous les individus considérés comme trop « différents ».

    Nous ne croyons pas un instant que le gouvernement cherche ainsi à faire avancer la cause des femmes. Et nous refusons qu’on nous brandisse, sans aucune évaluation sérieuse, la menace de l’ « islamisme » dans nos « quartiers » pour nous faire taire, et nous rallier à des manœuvres racistes et liberticides. Que le gouvernement soit prêt à passer outre toutes les mises en garde du Conseil d’Etat sur le caractère anticonstitutionnel de la loi en dit long sur son respect du droit, et rend bien peu crédible sa défense d’une République prétendument assiégée par les « fanatiques ».

    Voilà ce que nous avons à dire, nous, féministes, sur le voile intégral. Qu’il s’agisse du niqab, de la mini-jupe ou des talons aiguilles, quels que soient les conditionnements sociaux qui poussent des femmes à les porter, nous estimons que ce n’est pas par l’interdiction qu’on y met fin. Nous ne condamnons, ni ne défendons aucune tenue vestimentaire en soi : nous nous battons pour le droit élémentaire, en démocratie, des individu-e-s à évoluer et à s’habiller comme ils/elles le veulent dans l’espace public. Nous refusons que des hommes, qu’ils soient musulmans, catholiques ou athées, parlementaires ou simples citoyens, intellectuels ou ouvriers, contrôlent nos corps et notre liberté de mouvement, nous obligent à le montrer ou le cacher, nous dictent la juste mesure de ce que nous devrions rendre visible.

    Nous invitons les initiateurs de cette loi à s’intéresser aux milliers de licenciements en cette période de crise économique, aux dizaines de suicides à Orange, aux millions de précaires que génère l’impitoyable système financier qui gouverne nos vies. Sans parler, alors qu’on se focalise sur les 367 femmes portant, selon les Renseignements généraux, le voile intégral, des 48 000 viols par an, des 156 femmes décédées sous les coups de leur conjoint en 2008 etc…

    Plutôt que d’assigner des femmes à résidence en prétendant les « libérer », nous suggérons à nos parlementaires de prendre quelques mesures immédiates :

    - la création d’une commission parlementaire sur la diffusion de valeurs anti-féministes par les magazines, la publicité et l’industrie des produits de beauté ;

    - l’obligation pour chaque candidat-e aux élections de fournir un certificat de féminisme ;

    - la mise en place de cours de citoyenneté à destination des personnes condamnées pour des actes ou propos racistes, sexistes et homophobes, et non pas des femmes qui les subissent.

    http://lmsi.net/Feministes-contre-l-islamophobie

  • Pas étonnant que Simone De Beauvoir ait fait connaitre Angela Davis puisque toute les deux étaient staliniennes. De Beauvoir a défendu l’Empire Soviétique et la Révolution Culturelle, soit des régimes tyranniques ayant causé des millions de morts. Bref : Mamamouchi De Beauvoir ou la Chiotte de l’Histoire.

  • Ce texte révèle des points de vues intéressants bien qu’il dénonce des féministes "pro-choix" et par là même joue au même jeu de désolidarisation entre personnes subissant les mêmes oppressions.
    c’est sa grande contradiction !
    Ainsi on ne parle pas non plus de la contradiction du point de vue féministe qui se félicite d’avoir permis l’émancipation de l’enfermement des femmes des cuisines et de la corvée du ménage, mais il n’est jamais relevé que les femmes des classes populaires se retrouvent par nécessité économique à malgré tout travailler dans le domaine de l’agro-alimentaire et donc à continuer de préparer la bouffe d ’homme prolétaire et classe moyenne ou encore à continuer à faire leur ménage notamment des espaces publiques qu’ils utilisent pourtant en nombres plus important que celles-ci. Le travail de l’éducation des enfant-e-s est de nos jours très majoritairement féminin mais les programmes restent à domination masculine et ne contribuent visiblement pas à empêcher une propagation de la culture de la domination masculine comme nous pouvons le constater chaque jours.
    Certes elles ont une autonomie financière mais leur domaine d’action reste le même et est toujours vu comme très subalterne. quel est la différence avec les époques de la servitude au foyer obligatoire... La question reste posée !
    Se désolidariser les prostitué-e-s est également contre-productif et pointer du doigt un groupe comme le STRASS qui est un groupe qui s’approche de l’autogestion et donc s’organise entre personnes concernées me semble une erreur tout aussi incompréhensible. Militer pour une reconnaissance de la prostitution comme un travail, c’est arrêter de nier l’obligation que porte encore notre société à l’activité au sexe hétérosexuel pour exister dans notre société que ce soit en pratiquant du sexe "gratuitement" et avoir une place dans l’espace publique (il suffit de discuter avec des gouines ou des meufs qui pratiquent l’abstinence politique pour comprendre qu’elles sont reléguer à l’oubli que se soit dans le domaine politique ou la vie sociale "ordinaire"...En gros on reste toujours la meuf de, éternelle enfant-e qui participe à la propagation de la culture de l’inceste et de la pédophilie même si elle n’est pas consommé directement, elle reste au mieux symbolique !)

    Bref il reste encore beaucoup de chose à dire !!!

    Ah oui une dernière qu’en à la place des intellectuelles féministes dans nos luttes sociales et donc dites bourgeoises et qui seraient donc moins crédible. c’est pourtant nos compagnons qui leur donnent une importance de paroles plus grandes que la notre. En effet on pourra constater facilement tellement c’est répandu que ce sont pourtant les seules paroles qui peuvent être entendues par ceux-ci puisqu’ils s’estiment à égalité avec ces femmes pour discuter et prendre des leçons de luttes, alors que ce n’est pas le cas avec leurs homologues de classe et niveau d’études.

  • 13 février 23:36, par Ndella Paye

    C’est le mois de mars, un mois pendant lequel, en tant que femme, noire, musulmane, je dois célébrer certaines journées : d’abord le 8, qui est la journée internationale du droit des femmes, puis le 15, c’est le triste anniversaire du vote de la loi du 15 mars 2004 excluant de l’école publique les filles qui portent le foulard et enfin le 21 qui est la journée internationale contre le racisme

    Nous sommes le 14 mars 2015, une semaine après le 8 mars, journée internationale du droit des femmes et la veille du onzième anniversaire du vote de la loi du 15 mars 2004. Je décide d’aller, avec une amie, au festival du film de femmes de Créteil voir Je ne suis pas féministe, mais..., un film de Florence et Sylvie Tissot sur le parcours de la féministe Christine Delphy

    Me voilà projetée à nouveau dix ans en arrière pendant les manifestations du 8 mars. Des « féministes » nous demandaient, à nous qui portions le foulard, si nous étions pour ou contre l’avortement, pour ou contre l’égalité des hommes et des femmes, nos positions sur l’homosexualité et j’en passe. Nous devions prouver que nous étions féministes, mais quelle que soit la réponse que nous leur apportions, le fichu sur notre tête nous disqualifiait d’office. On ne peut pas être féministe et porter le foulard. Une féministe doit exhiber son corps, elle doit renoncer à sa foi

    En quoi ce bout de tissu que j’ai sur ma tête remet en cause des années de luttes de femmes ?

    Parlons de ces luttes justement, que des femmes ont menées pour s’émanciper de la domination masculine. Elles les ont menées contre les diktats des hommes qui définissaient la longueur de leurs cheveux et de leurs vêtements. L’ironie du sort, c’est que ces mêmes femmes, qui ont tant lutté pour obtenir la liberté de choix, veulent interdire à d’autres femmes d’avoir des choix différents des leurs. Elles reproduisent sur d’autres femmes qui ont seulement décidé d’adopter d’autres règles vestimentaires que les leurs les mêmes violences qu’elles ont subies

    Pour nous féministes, musulmanes portant le foulard, nous devons tenir sur plusieurs fronts. Accusées par la communauté féministe mainstream de trahir leurs luttes, nous ne sommes pas comprises à l’intérieur de notre communauté de foi qui réduit le féminisme à cette lutte acharnée pour exhiber le corps des femmes. Et puisque nous sommes des femmes, la lutte pour l’égalité se fait à plusieurs niveaux aussi, nous devons lutter pour l’égalité avec les hommes mais aussi pour l’égalité avec les « féministes » qui combattent la religion et le foulard

    Pour nous, ni la lutte de classe, ni celle de race ne doivent être mises au-dessus des autres luttes, c’est contre toutes nos oppressions que nous luttons en parallèle, nous sommes multiples, nous sommes à des croisements. Enfin une vraie bouffée d’oxygène

    http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-613.html

  • Patlotch est déjà au courant mais il continue de soutenir :

    des articles issus du site racialiste LMSI signés "Ndella Paye" sont publié sur indymédia BXL, ce qui pose problème ...

    Qui est Ndella Paye (Mamans toutes Egales), qui a été reçue au Ministère de l’Education Nationale ?

    Formée dans les réseaux d’ écoles islamistes-intégristes de L’UOIF / frères musulmans, elle explique ainsi, qu’elle a choisit d’intégrer l’association "Participation et Spiritualité musulmane" (PSM - dite aussi "participation & spiritualité" ou P&S).

    Qu’est ce que "Participation et Spiritualité" ?

    http://tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=12006

    Cependant, tout comme l’UOIF, PSM n’est pas une organisation à vocation purement religieuse et n’hésite pas à s’impliquer activement dans les débats de société, défendant des positions tout à fait réactionnaires. Elle a ainsi appelé à manifester le 24 mars et le 26 mai 2013 aux côtés de la droite et l’extrême droite lors de « La Manif Pour Tous »3 et affiche sans vergogne sa sympathie pour l’Alliance Vita, l’un des principaux lobbys français anti-IVG. PSM a d’ailleurs participé à son université d’été 2013.

    Ce mouvement réactionnaire et obscurantiste, comme tous les mouvements de l’islam politique, ne cesse de répéter le slogan creux « l’islam est la solution » comme réponse aux questions concrètes dans le domaine social et politique, et d’exiger un retour pur et simple au passé pour appliquer la « Charia » et les lois du « véritable islam », celui de l’époque du prophète ! Ce courant politique, ayant profité antérieurement de la faiblesse de la gauche et de la montée des mouvements de même filiation idéologico-politique depuis que les Ayatollah se sont emparés du pouvoir en Iran, est devenu la plus grande force organisée au Maroc. De toute évidence, tous les mouvements islamistes réactionnaires comme celui de « Justice et bienfaisance » rejettent la laïcité et la séparation entre religion et politique et s’opposent à l’égalité des droits et à la liberté d’expression. Les membres de PSM n’ont aucun intérêt à dévoiler leur projet politique, et ont la capacité de cacher leurs vraies idées en pratiquant une certaine dissimulation reposant sur la « taqiya ».

    http://confusionnisme.info/2015/03/03/assez-de-participation-et-spiritualite-musulmanes-dans-nos-luttes/

    Réactionnaires d’extrême droite et assassinats : P.S.M un ennemi politique avec du sang sur les mains ! ! ! ! !

    Participation et Spiritualité Musulmanes (p&sm), groupe qui a appelé à la « Manif pour tous » et qui a partie liée avec l’assassinat de militants étudiant d’extrême gauche au Maroc dans les années 90

    http://www.non-fides.fr/?Lettre-ouverte-a-ceux-qui-pensent

  • alors que pour tenter de défendre des islamistes, les communautaristes imaginaires, militant-e-s virtuel-le-s nous insultent de "racistes" ou "d’islamophobes" en tirant des plans sur la comète, nous restons factuel (et antifa ) :

    *Ndella Paye (Mamans toutes Egales) déclare faire partie de PSM

    *PSM est un mouvement réactionnaire (en fRance et au Maroc )

    *PSM est allié des homophobes, des catholiques conservateurs, des ultra-royalistes

    — donc est ce que des liens signés de Ndella Paye sont acceptable ici ? La lecture de la charte nous oriente vers le non.

  • Il faut être vachement gonflé pour se servir des autres et se défausser sur eux pour faire passer des positions racistes inacceptables sur n’importe quel média anti-système, à plus forte raison Indymedia.

    Par exemple se servir d’une rubrique genre « courrier des lecteurs » du blog d’une tendance du NPA pour condamner des appels et des manifestations où le NPA est largement participant. Voir les signataires :

    http://lmsi.net/Laicite-oui-Islamophobie-non

    Il aurait été plus honnête (et plus courageux) pour les suprématistes de dire carrément pourquoi ils sont fondamentalement contre toute critique de l’islamophobie et de l’idéologie dominante, qui se manifeste notamment avec l’acharnement contre les femmes musulmanes, au lieu de trouver des prétextes qui ne trompent plus personne.

    Certains vont encore plus loin : Claude Guillon, l’ex-nouveau disciple de l’inénarrable Yves Coleman, trouve judicieux, pour bien démontrer son attachement aux valeurs de « Charlie », de célébrer une « Journée mondiale des femmes sans voiles » !

    https://lignesdeforce.wordpress.com/2015/07/08/vendredi-10-juillet-journee-mondiale-des-femmes-sans-voiles/

    Où ça ? en Iran, en Arabie Saoudite ? Pas du tout, en France ! Ce n’est pas assez que l’Etat français mène une campagne islamophobe contre les femmes musulmanes, il faut encore que des supplétifs de « l’ultragauche » viennent leur prêter main-forte. Les LOIS discriminatoires pour l’interdiction du foulard ne seraient pas assez efficaces sans la caution d’autoproclamés révolutionnaires pour les soutenir et pourchasser dans les moindres recoins les déviants, jusque dans les médias alter. On aboutit à de telles aberrations :

    https://lignesdeforce.wordpress.com/2015/08/23/et-dieu-crea-lislamophobie/

    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article8546

  • Ornella Guyet : L’archétype de la désinformation

    Ornella Guyet se déclare “journaliste spécialiste des réseaux d’extrême droite”. Sous le pseudonyme de Marie-Anne Boutoleau et par l’intermédiaire du site Indymedia Paris, elle s’est fait connaître par des campagnes de diffamation et d’injures à l’encontre de nombreuses personnalités de gauche qu’elle associe aux « fascistes ». Parmi la longue liste des offensés, nous retrouvons François Ruffin, Pierre Carles, Michel Collon, Frédéric Lordon, Hervé Kempf, Alain Gresh, ou encore Noam Chomsky.

    L’expression « confusionnisme” fait désormais partie de la novlangue d’Ornella Guyet et de nombreux groupuscules qui se réclament de la lutte antifasciste. Afin d’amalgamer la lutte contre néolibéralisme et impérialisme à l’extrême droite, ces “activistes” n’ont jamais eu le moindre scrupule pour employer des arguments fallacieux habituellement utilisés par les propagandistes du néocolonialisme qui se doivent de justifier une guerre tout les six mois.

    Via son site Confusionnisme.info, Ornella Guyet nous signale ici très succinctement pour ne pas dire de manière simpliste, que “le confusionnisme politique peut relever d’une stratégie mûrement réfléchie (c’est notamment souvent le cas à l’extrême droite) comme il peut aussi être le fruit de l’ignorance ou de la naïveté de certains militants (notamment à gauche).” Sans plus de précisions Ornella Guyet rajoute : “Historiquement, on peut situer les débuts de ce phénomène en France à la fin du 19ème siècle”.

    Mais plusieurs questions se posent : Qui est vraiment Ornella Guyet ? Quelles sont ses motivations ? Pourquoi reprend-elle à son compte la rhétorique et les méthodes habituellement utilisées par les néo-conservateurs ? Comment expliquer qu’elle fustige une très grande partie de la gauche alors qu’elle ne dit mot sur une certaine extrême droite ? Quelles sont les sources de cette « journaliste antifa » ? Pour répondre à ces interrogations il nous a semblé important de revenir attentivement sur la sémantique des diatribes diffusées par Ornella Guyet.

    Afin d’échapper à la confusion, ouvrons le dictionnaire :

    Pour le petit Larousse, le mot confusionnisme se traduit par le fait d’entretenir la confusion dans les esprits et d’empêcher l’analyse objective des faits. Cependant, il est vrai que cette expression a une existence antérieure dans les discours politiques… une antériorité qu’Ornella Guyet, toujours dans le flou, ignore ou omet simplement de préciser. Ainsi au début des années 30, Léon Trotsky qualifiait la ligne politique de la Fédération communiste catalane-baléare (FCCB) dirigée par Joaquín Maurín de « mélange de préjugés petits-bourgeois, d’ignorance, de “science” provinciale et de coquinerie politique ». Voilà selon Trotsky « Le confusionnisme de Maurín et de la Fédération catalane ».

    La revue “Monde” et les trotskystes furent eux aussi qualifiés de “confusionnistes”. En novembre 1930 à l’occasion du deuxième congrès des écrivains révolutionnaires qui se tient à Kharkov, “Monde”, créée et animée par l’écrivain Henri Barbusse, est accusé d’être « un journal sans principes directeurs, qui dès le départ avait pris une position anti-marxiste », de se caractériser par « le confusionnisme », d’avoir pour collaborateurs « des agents du trotskisme, des social-fascistes, des radicaux bourgeois, des pacifistes », bref d’être hostile à l’idéologie prolétarienne. Voir un éditeur pour le socialisme libertaire

    1. Décryptage de la “méthode Guyet”

    Au printemps 2011, Ornella Guyet sous le pseudonyme de Marie-Anne Boutoleau » entame une campagne d’injures et de calomnies contre plusieurs sites internet. Le journal d’information alternative de gauche « Le Grand Soir » est l’une des première cibles de Guyet qui se réclame d’ACRIMED. Or voici ce que dit Acrimed à propos d’Ornella Guyet (alias Marie-Anne Boutoleau) qui produit quasiment tous ses articles avec les mêmes méthodes fallacieuses :

    « nous récusons les accusations de complaisances négationnistes ou antisémites portées contre Le Grand Soir dans l’article signé Marie-Anne Boutoleau (ainsi que dans ses réponses sur le forum d’Article 11), notamment et précisément parce qu’elles sont fondées sur des pratiques journalistiques que nous critiquons régulièrement (et que vous avez relevées à votre façon) : erreurs factuelles et amalgames confusionnistes, extrapolations et généralisations abusives, etc. »

    Non contente de ne pas tenir compte du cinglant mais juste rappel à l’ordre d’Acrimed, Ornella Guyet préfère la fuite en avant. La suite nous la connaissons : elle crée le site confusionnisme.info qui porte le nom de la méthode qu’elle utilise. « Semer la confusion par l’amalgame et l’extrapolation abusive », tel pourrait être le résumé du site d’Ornella Guyet suivant les mots d’ACRIMED.

    Manipuler ne lui cause aucun souci

    Ornella Guyet s’est également fait une spécialité de l’amalgame par l’utilisation d’anciennes photos. Pour Ornella Guyet, la chronologie n’a pas la moindre importance du moment que X ou Y peut être relié à son « grand méchant loup favori » Dieudonné, qui dans sa longue carrière a côtoyé quasiment la France entière, ce qui équivaut à dire que potentiellement pour cette faussaire… tout le monde est coupable, surtout si le besoin peut servir sa “cause”. Car son travail d’amalgame toujours ciblé ne mentionne jamais des personnalités comme par exemple Yann Moix qui a lui aussi côtoyé Dieudonné et même Faurisson. Nous y reviendrons.

    Cette « logique » n’est pas plus honnête que si nous reprochions au NPA la trajectoire de certains de ses anciens cadres. (sur Europe1 ici : La plume du FN à Paris était membre fondateur du NPA, et dans Le Monde ici : Du NPA au FN, le parcours d’un jeune délégué CGT). Par ailleurs le NPA, sûrement mal informé sur Ornella Guyet, a publié une de ses diatribes volontairement confuse qui associe la lutte contre l’impérialisme à un acte d’allégeance à Milosevic, Assad, Kadhafi, etc.

    […]https://anticons.wordpress.com/2015/10/09/ornella-guyet-archetype-de-la-desinformation/

  • À chaque fois qu’une attaque terroriste a lieu en France, c’est le cauchemar pour moi, mais également je crois pour tou-te-s les personnes visiblement musulmanes ou supposées l’être dans ce pays...

    Je n’ai réellement pas dormi la nuit du 13 novembre 2015. La première question que se pose toute personne ou presque vivant sur un territoire attaqué, ou du moins le souhait qu’elle formule en premier, est en général « j’espère que je n’ai pas de proches touchés ». Mais moi, la première chose qui me vient à l’esprit, ma première hantise est « Pourvu que ça ne soit pas des musulmans qui ont fait ça ». Pourquoi ? Et bien parce que si c’est le cas, c’est ma vie mais aussi celle de tou-t-es musulman-e-s de ce pays qui va, une fois de plus, basculer comme elle l’a fait tellement de fois, après Mohamed Merah mais également après les attaques de Charlie Hebdo début janvier.

    Pour moi, c’est le ventre noué que je sors de chez moi, c’est le cœur serré que je regarde la télévision ou lis les journaux. Car l’islamalgame (l’amalgame avec l’islam) se lit en filigrane à travers tant de paroles – quand elle n’est pas, le plus souvent, clairement exprimée. Je me dis que nous allons encore avoir droit à des agressions verbales voire physiques dans la rue, des regards désobligeants dans les transports en commun, et qu’on va encore se donner le droit de me demander de "rentrer chez moi". Il me sera demandé, ainsi qu’à tou-te-s mes concitoyen-ne-s musulman-e-s, de nous désolidariser des personnes responsables de ces attaques, parce qu’on suppose que nos sommes forcément solidaires de supposés coréligionnaires.

    Mais dans cette logique, puisque je suis noire, je devrais être responsable et solidaire de tout ce que les Noirs font dans le monde, surtout quand c’est blâmable, car la solidarité n’est en général envisagée que lorsque les actes sont horribles.

    Je devrais également être responsable et solidaire de tout ce que des femmes font de mauvais dans le monde puisque je suis une femme.

    Pourquoi devrais-je être solidaire et/ou responsable ? Tous les hommes sont-ils présumés responsables et solidaires des violeurs ?

    Tous les ministres sont-ils présumés solidaires et responsables de Cahuzac ?

    Tous les blancs sont-ils présumés solidaires de Breivik ?

    De Dylann Roof, le tueur de l’église de Charleston ?

    J’aimerais interroger d’autres responsabilités, celles de nos différents présidents de la République dans les différentes guerres qu’ils ont initiées, ralliées ou entretenues, en Afghanistan, en Irak, au Libye, au Mali, au Congo… et la liste n’est pas exhaustive. Deux attentats ont eu lieu à Beyrouth au Liban la veille des attentats français. Combien de morts innocents dans ces pays sont à déplorer ? Qu’en est-il des familles des victimes ?

    Je suis fatiguée d’être interrogée, rendue responsable de choses qui me sont complètement étrangères, alors que les vrais responsables ne le sont presque jamais. Pire, ils peuvent même s’en sortir le blason redoré, comme François Hollande après les interventions au Mali, ou encore après le 7 janvier 2015, alors qu’il était au plus bas des sondages. Nous devrions d’ailleurs nous sentir davantage responsables des décisions politiques de ce président de la République puisque nous sommes supposés lui avoir donné son mandat et qu’il déclare des guerres en notre nom – alors que les tireurs de ce vendredi 13 novembre n’ont été désignés par aucun collège électoral musulman.

    Comment est né l’État Islamique ?

    Qui leur fournit leurs armes ?

    Pourquoi des Français s’engagent dans cette armée ? Cette guerre ?

    Telles sont les vraies questions que nous devons nous poser, et poser à nos responsables politiques et exiger de vraies réponses pour espérer arriver à bout des ces violences et tueries.

    En tant que musulmane, quand un attentat a lieu, c’est une double angoisse qui me traverse : comme tout le monde, je me demande si un membre de ma famille, un-e ami-e, une sœur ou un frère de lutte, un-e voisin-e, est touché-e, mais cette question est systématiquement précédée d’un profond souhait que l’auteur ne soit pas de ma communauté religieuse. Car les conséquences pour moi et pour tou-te-s les musulman-e-s de France seront lourdes sur nos vies, des vies de plus en plus insupportables à mener dans ce pays où l’on ne rate aucune occasion de nourrir l’islamophobie ambiante.

    C’est une narration des événements qui me met, qui nous met, à chaque fois, au ban d’une société où nous vivons sans jamais vraiment pouvoir en faire partie. Ce sont des frustrations, des violences intérieures et extérieures qui sont nourries à chaque événement, à chaque occasion, sans qu’on en voie le bout. Car les premières victimes de ces attentats, après évidemment les défunt-e-s et leurs proches (qui sont d’ailleurs musulman-e-s pour une part), ce sont tou-te-s les musulman-e-s ou présumé-e-s tel-le-s, qui vont dans les temps à venir se retrouver, une fois de plus, dans le viseur de la stigmatisation, du soupçon, des représailles aveugles, bref : de la violence raciste.

    http://lmsi.net/Pourvu-que-ce-ne-soient-pas-des

      • des articles issus du site racialiste LMSI signés "Ndella Paye" sont publié sur indymédia BXL, ce qui pose problème ...

    Participation et Spiritualité Musulmanes (p&sm), groupe qui a appelé à la « Manif pour tous » et qui a partie liée avec l’assassinat de militants étudiant d’extrême gauche au Maroc dans les années 90

    http://www.non-fides.fr/?Lettre-ouverte-a-ceux-qui-pensent

  • non fides site "anarchiste" qui relaie dialectical delinquants site pro punition

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