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Quand des féministes soutiennent des lois racistes
posté le 12/02/17 Mots-clés  antifa  solidarité 

Retour sur dix ans de dérives idéologiques

L’attitude française majoritaire à l’égard du « hijab », c’est-à-dire du foulard porté par certaines femmes musulmanes, est incompréhensible pour le reste de la planète. Pas seulement incompréhensible : elle est répréhensible. C’est ce qu’explique Christine Delphy dans une tribune publiée dans The Guardian. Nous publions ici la traduction en français du texte original.

La première mesure ouvertement anti-musulmane a été le passage d’une loi en 2004 qui interdit aux jeunes filles d’aller à l’école en portant un « foulard islamique » – ce qu’il était appelé alors, avant de devenir, dans le patois journalistique, un « voile ».

Cependant, l’islamophobie, la peur et la haine de l’Islam et des Musulmans, n’est pas spécifiquement française : elle est répandue en Europe, en Amérique du Nord, bref dans tout le monde occidental. Bush Jr a décrété l’Islam ennemi du monde occidental, et c’est ainsi que ce monde en est venu à justifier l’invasion et la destruction d’une grande partie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale depuis les années 2000.

En France, cependant, en sus des raisons géopolitiques (l’alliance avec les Etats-Unis), l’islamophobie a des racines proprement françaises. La campagne idéologique contre l’Islam a commencé il y a plus de quarante ans. Thomas Deltombe a montré qu’entre les années 1980 et le milieu des années 2000, pas une semaine ne s’est écoulée sans que l’un ou l’autre des principaux hebdomadaires ne publie un numéro ayant un titre comme : « Devrions-nous avoir peur de l’Islam ? » ou « L’Islam est-il compatible avec la démocratie ? ». Les quotidiens, les radios et les télés faisaient preuve de la même obsession. Cela n’a fait qu’empirer au cours des années, au fur et à mesure que le public est devenu convaincu que la « civilisation occidentale » était menacée par l’Islam, et que ce danger était incarné en France par les cinq millions de descendants d’immigrés d’Afrique du Nord vivant en France – des Musulmans potentiels.

La loi de 2004 interdisant le port du foulard dans les écoles publiques se base sur la croyance que les signes religieux sont contraires à la laïcité, c’est-à-dire au sécularisme politique. Celui-ci repose sur une loi – la loi de 1905. Cette loi abroge la loi précédente (datant de Napoléon) qui établissait des liens forts entre l’Eglise (surtout catholique) et l’Etat, qui rémunérait les prêtres, les pasteurs et les rabbins. La loi de 1905 mit en place une nouvelle règle, qui est de fait celle de tous les Etats modernes : pas de religion d’Etat, toutes les opinions et croyances – religieuses ou non – étant mises sur un pied d’égalité. Pas d’interférence du clergé dans les affaires de l’Etat, ni de l’Etat dans les affaires religieuses. La liberté de conscience implique la liberté d’expression, et cette liberté signifie que les opinions – sur n’importe quel sujet – peuvent être exprimées en public comme en privé.

Aujourd’hui pourtant, cette loi est utilisée contre les Musulmans, car elle a subi une réinterprétation radicale de la part des politiciens, des journalistes et des lobbies ; elle a été, comme le dit Jean Baubérot, falsifiée. Elle est présentée comme disant le contraire exact de ce que la loi française et les Conventions internationales disent. Le président actuel, dans son dernier discours de campagne en 2012, a utilisé les mots des polémistes anti-musulmans : « la religion, a-t-il dit, est du ressort du privé, et même de l’intime ». Mais ni la loi française, ni les Conventions internationales ne font de distinction entre les opinions religieuses et les autres opinions : toutes ont le droit à l’expression publique. Or aujourd’hui, la réinterprétation de la loi de 1905 implique qu’on ne pourrait avoir d’expression religieuse que dans le secret de sa salle de bains.

Même avant la loi de 2004 excluant les adolescente portant foulard de l’école publique – violant ainsi leur droit fondamental à l’instruction – les groupes féministes établis n’acceptaient pas les femmes portant foulard dans leurs réunions. Elles avaient décidé, assez tôt, que ces femmes ne pouvaient pas être féministes, et même, qu’elles étaient contre tout ce que le féminisme représente. L’une des ironies de leur posture est qu’elle les a menées à essayer physiquement de sortir des femmes portant foulard d’une manifestation… pour le droit à l’avortement (2005) ! En 2003, les féministes blanches décidèrent que le foulard est un « symbole d’oppression », et seulement cela – et pour elles il va sans dire que porter un symbole d’oppression ne peut signifier qu’une chose : que vous êtes pour l’oppression.

Ces féministes blanches n’ont jamais mis en question ce qu’elles portent elles-mêmes. Seules les quelques féministes opposées à cette loi discriminatoire ont commencé à demander si les talons hauts, le rouge à lèvres et des centaines d’autres « signes de féminité » peuvent tout aussi bien être appelés des signes d’oppression. Les premières – les pro-loi – n’ont jamais non plus discuté des différents sens que l’on peut donner au même vêtement, ni demandé aux femmes portant le foulard quel sens elles donnent à celui-ci.

Ce mépris est contradictoire avec l’une de leurs positions principales : celui que ces femmes portent un foulard parce qu’elles y sont forcées par leurs hommes (maris, pères, frères), une position que l’on retrouve dans la loi elle-même : cette position est contradictoire en ce que, prétendant que les adolescentes sont forcées par leur famille, elles soutiennent une loi qui les renvoie dans ces familles jugées oppressives, justement en les excluant de l’école.

Si les féministes blanches voyaient vraiment les femmes portant le foulard comme des femmes opprimées, loin d’être une excuse pour les renvoyer de l’école et des mouvements féministes, ce devrait être une raison de les « prendre dans leurs bras ». L’attitude de ces féministes blanches pose une question : se voient-elles comme opprimées, ou estiment-elles qu’elles ont déjà surmonté leur oppression, et l’ont jetée sur le sol comme les serpents abandonnent leur vieille peau ? Voient-elles l’oppression comme quelque chose qui n’affecte que les « autres » femmes ? Se conçoivent-elles comme agissant non pour elles-mêmes mais pour d’autres femmes qui ne peuvent pas agir parce qu’elles sont « aliénées » ?

Le fait est qu’elles voient ces femmes portant le foulard comme des victimes consentantes de leurs hommes, et même comme des collaboratrices de ces derniers : en d’autres termes, comme des traîtres. Ou plutôt, comme des idiotes.

Les femmes qui portent le foulard sont pour la plupart les filles ou les petites filles de gens qui ont émigré d’Afrique du Nord, d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, c’est-à-dire de territoires qui ont été conquis et colonisés par les Français. Ceux-ci leur ont attribué le statut d’ « Indigènes ». Durant toute la colonisation, qui a duré 130 ans pour l’Algérie, si les « Indigènes » étaient français, ils n’étaient pas des citoyens, mais des « sujets » de l’Empire français. C’est ainsi que les Français les connaissaient, et c’est ainsi qu’ils continuent de les voir : comme « pas vraiment » Français. C’est aussi ainsi qu’ils veulent les garder. Les femmes autant que les hommes subissent les manifestations de ce racisme. Les Blancs, quand on les interroge, expriment des sentiments extrêmement négatifs envers les Noirs et les Arabes. Ils adoptent aussi une posture de déni total vis-à-vis de la discrimination que notre société inflige aux Arabes et aux Noirs. Les femmes sont aussi discriminées que les hommes, et ont une conscience vive de cette communauté de destin.

Dans ces conditions, porter un signe religieux ostensible peut avoir plusieurs sens différents, et tous à la fois : cela peut signifier leur solidarité avec les autres membre du groupe racisé ; cela peut signifier la tentative d’échapper mentalement à leur condition objective en s’échappant dans la spiritualité que la religion leur offre ; ou revendiquer des racines que les Blancs jugent infamantes ; ou encore une protestation muette contre la façon dont les traitent les Blancs. Et bien d’autres sens encore.

Mais les Blancs, et parmi eux, un grand nombre de féministes, refusent de comprendre leur situation, et continuent de demander qu’elles agissent comme si elles n’étaient pas discriminées et humiliées tous les jours de leur vie ; comme si elles étaient « comme tout le monde », c’est-à-dire comme les Blancs ; or elles ne le sont pas. Au contraire elles font partie d’un groupe opprimé et défavorisé dans la société. Les fils et les filles d’immigrés africains, né.e.s en France, sont citoyen.ne.s aujourd’hui. Et cependant elles et ils sont deux fois plus au chômage que la population globale, sont persécutés par la police, et insultés par les Blancs.

Ainsi un sécularisme politique – la laïcité dévoyée de son sens – est utilisé pour priver les Musulmans de leurs droits fondamentaux – car en France les Musulmans sont majoritairement des Arabes. Ceci atteint d’abord les femmes. Les femmes musulmanes portant le foulard sont progressivement privées – loi d’exception après loi d’exception – de la plupart des possibilités d’emplois rémunérés.

Comme Saïd Bouamama l’a écrit en 2004, la version française de l’islamophobie n’est ni plus ni moins qu’une façon de rendre un racisme classique respectable. Que des féministes aident et encouragent une telle série de mesures racistes qui sont à la fois ouvertes et illégales, c’est plus qu’inquiétant. Les féministes devraient comprendre que les femmes portant le foulard partagent avec les autres l’oppression patriarcale, avec en plus le handicap de la discrimination raciste. Elles devraient comprendre que ces femmes, portant le foulard ou non, aient envie de développer leur propre féminisme, en partant de leur propre situation, et que ce féminisme prendra forcément en compte leur culture islamique d’origine. Les féministes blanches contribuent à aggraver l’une des pires coupures de la société française, alors qu’il est urgent de la réparer.

p.-s.
Ce texte est la version originale et intégrale d’une tribune publiée en anglais dans The Guardian. Nous la publions avec l’amicale autorisation de l’auteure.

Lire également, de la même auteure, « Antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme ».

http://lmsi.net/Quand-des-feministes-soutiennent


posté le 12 février 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • LMSI = site puant

  • Nous, féministes, dénonçons l’utilisation des luttes féministes et LGBT à des fins racistes notamment islamophobes.

    Marine le Pen a utilisé récemment la défense des homos pour mieux propager son racisme [1].

    C’est aussi au nom des femmes que nos dirigeants et grands médias ont jusqu’au bout soutenu un tyran comme Ben Ali, présenté comme le protecteur des Tunisiennes contre un patriarcat nécessairement islamiste.

    Il y a enfin l’infâme débat sur le port du niqab, à l’occasion duquel des parlementaires hommes, jusque là totalement indifférents à la cause féministe, se sont soudainement érigés en défenseurs de l’égalité hommes/femmes.

    Ça suffit !

    Nous condamnons le racisme et refusons qu’il frappe en notre nom. Construisons des outils, des ripostes féministes pour désamorcer ces « évidences » insupportables – musulman = islamiste = extrémiste = menace pour les femmes et les minorités sexuelles – qui s’annoncent déjà comme des vedettes des prochaines échéances électorales.

    Il est plus que jamais nécessaire de rappeler que de nombreuses femmes étrangères ou françaises vivent le racisme, le sexisme et un sexisme raciste. Pire, les femmes musulmanes voilées sont réprimées.

    Décolonisons les luttes féministes et LGBT !

    Ne laissons pas des féministes blanc-he-s donner des leçons aux autres !

    Stoppons celles et ceux qui s’allient à des initiatives politiques et des discours racistes, y compris sous des bannières (pseudo) féministes ou « gay friendly » !

    Retrouvons-nous pour échanger et organiser la riposte !

    Plusieurs invité-e-s présenteront leurs analyses et expériences : Nacira Guénif, sociologue ; Jessica Dorrance de l’association LesMigraS (de migrant-es lesbien-nes/bisexuel-les et personnes trans Noires de Berlin) ; Djamila Sonzogni, Porte-parole de Europe Ecologie-Les Verts et d’autres militant-e-s.

    http://lmsi.net/Islamophobie-au-nom-du-feminisme

  • LMSI.net = site puant

  • Lettre ouverte à la ministre des familles blanches, de l’enfance catho-laïque et des droits des islamophobes, par Ndella Paye

    Interrogée par Jean-Jacques Bourdin, ce mercredi 30 mars sur RMC, la "ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes" Laurence Rossignol a fait savoir que les enseignes de mode vendant des "vêtements islamiques" (voiles ou foulards) étaient ‘"irresponsables" car elles faisaient "d’un certain point de vue la promotion de l’enfermement du corps des femmes". Et alors que l’animateur lui objectait qu’il y a des femmes qui portent des foulards et des voiles par choix, elle a osé cette réponse : "Il y a des femmes qui choisissent, il y avait aussi des nègres américains qui étaient pour l’esclavage."

    Madame la ministre,

    Dire que vous êtes la ministre des droits des femmes... Pardon : "Ministre des Familles (ça se veut inclusif), de l’Enfance et des Droits des femmes". Mais que pouvait-on attendre d’une membre d’un gouvernement qui vient, en 2016, confirmer les stéréotypes que nous femmes, nous coltinons depuis des siècles en donnant la charge des Droits des femmes au ministère en charge des Familles et de l’Enfance ? Ainsi, nous avons la trilogie femme épouse mère. L’égalité femme-homme se porte très bien au pays des droits de l’Homme (les femmes sont paraît-il incluses dedans). A votre place je m’indignerais d’abord pour ce retour en arrière.

    Donc, Madame la ministre, vous vous octroyez le droit de faire référence, de manière très négative et assumée, à l’histoire de l’esclavage. Dois-je vous rappeler que cette histoire n’est pas la vôtre et qu’en tant que ministre de la République, en dehors de faire en sorte que l’histoire de l’esclavage soit enseignée correctement, vous n’avez nullement le droit de l’instrumentaliser à des fins politiciennes, et moins encore à des fins racistes, en opposant des minorités visibles. Sachez qu’en tant que Noire musulmane et voilée, je trouve indécente votre comparaison des femmes voilées à ces "nègres" dont vous parlez qui auraient été "pour l’esclavage". A vous entendre il y a donc eu des nègres qui étaient pour cette négation absolue de leur être, cette sur-exploitation, cette extermination par le travail et les sévices, légitimée par une stigmatisation de leur couleur de peau...

    Laissez-moi vous apprendre qu’aucun-e Noir-e ne pouvait être pour ces crimes contre l’humanité. Il est vrai qu’il y a eu des "nègres de maison" qui, pour moi, ont fait ce qu’ils ont pu pour survivre à l’horreur, ont négocié comme le font souvent les dominé-e-s face aux violences qu’ils et elles subissent, des petits droits pour respirer un peu et rendre un peu moins atroces leurs conditions de vie. Des femmes l’ont fait et le font encore parce qu’il n’est pas simple de consacrer sa vie à la résistance, et que subir de constantes violences peut donner envie de caresser son bourreau dans le sens du poil – ou pousser du moins à s’y résigner.

    Sachez que tou-te-s les esclaves ont résisté, à leur manière, comme ils et elles le pouvaient, souvent au prix de leur vie. Oui, mourir a pu être vu comme préférable, pour elles et eux, au supplice que certains de vos semblables (politiciens blancs) – leur avaient infligés. Quand vous subirez ce qu’ils et elles ont subi, nous pourrons juger de votre réaction, et là seulement vous aurez le droit d’émettre un avis sur la question. Vous comprendrez bien, madame Rossignol, que la négresse musulmane et voilée que je suis vous emmerde.

    Mais si vous avez pu dire en toute tranquillité vos horreurs et les assumer sans honte le lendemain, c’est bien parce que vous êtes sûre qu’insulter les musulmanes et les Noir-e-s de France ne coûte absolument rien. Vous êtes sûre de pouvoir continuer d’occuper votre poste de ministre malgré des injures racistes d’une violence inouïe, qui heurtent une partie non négligeable de la population française. Manque de bol, je ne tends pas mon autre joue, et je suis loin d’être seule dans ce cas. J’aurais même tendance à chercher des gants de boxe pour me défendre car j’en ai marre de recevoir des coups sans que jamais celles et ceux qui les donnent soient puni-e-s. Sachez-le donc, madame la ministre : la négresse musulmane et voilée que je suis vous emmerde.

    Cela dit, j’emmerde également notre Président de la République – et s’il veut me déchoir de ma nationalité française pour outrage à sa fonction, je l’emmerde doublement. J’emmerde ce président qui laisse faire et dire de pareilles immondices, qui laisse une ministre de la République blesser, heurter, choquer, provoquer les musulmanes voilées et les Noir-e-s de ce pays. Une ministre censée défendre les droits des femmes, et qui vient taper sur des femmes parce qu’elles sont musulmanes, et parce qu’elle sait qu’il n’y aura certainement aucune conséquence, ni politique ni judiciaire... Comment respecter un monarque qui prétend diriger une grande démocratie et qui, même dans la condamnation, fait dans le deux poids deux mesures ?

    Plus largement, mes cher-e-s responsables politiques, vous qui avez tout privatisé, vous qui avez économiquement tout déréglementé au nom de la sacro-sainte loi du libre marché, et qui là tout à coup devenez interventionnistes pour vous mêler (et vous indigner) de ce que des boutiques (libres de leurs stratégies commerciales) décident (librement) de proposer comme vêtements à leurs clientes (libres de les acheter ou pas), vous aussi, je vous emmerde. Et vous aussi, Pierre Bergé, patron d’Yves Saint Laurent, qui soutenez cette croisade contre la "mode islamique", je vous emmerde. Je crois savoir d’ailleurs qu’en 1976, au sommet de sa gloire, Yves Saint Laurent n’avait eu aucun problème à sortir, pour ses clientes du Golfe, des modèles avec voile – et que cela avait dû vous rapporter quelques sous, monsieur l’ingrat. Alors que se passe-t-il aujourd’hui ? Vous reniez votre ami le grand créateur de vêtements ? Ou bien vous faites de subtiles distinctions ? Vendre de la "mode islamique" discrètement et à la haute société, soit, mais au grand jour et pour la piétaille cela devient antilaïque et antiféministe ? Quoi qu’il en soit, monsieur Bergé, je vous emmerde.

    Je vous emmerde car vous ne faites pas de la politique noble. Et quand pour une fois pendant ce quinquennat le gouvernement parle des vrais problèmes des habitant-e-s de ce pays, par exemple l’emploi, qu’est ce qu’on gagne ? La loi El Khomri, qui, comme jadis le CPE, est combattue par tout le monde, y compris les étudiant-e-s. Têtus et bornés, vous ne savez pas écouter celles et ceux qui vous ont élus, celles et ceux que vous êtes censés servir. Vous n’en faites qu’à vos têtes, et votre orgueil aura raison de vous. Faut-il rappeler à monsieur Hollande que la courbe du chômage n’a guère été renversée ? Que la promesse des "récépissés" contre le contrôle au faciès a été jetée à la poubelle, et que le ministère de l’Intérieur va même jusqu’à contester l’existence même de ces contrôles au faciès ? Qu’il va jusqu’à faire appel contre une condamnation judiciaire de contrôles discriminatoires avérés ? Que la promesse du droit de vote des étranger-e-s elle aussi a été enterrée, et qu’à la place nous avons eu droit à des projets de "déchéance de nationalité" ?

    Quant à ce premier ministre qui entretient et attise la haine contre les musulman-e-s, et qui n’a aucune gêne à se déclarer "lié de manière éternelle" à un Etat colonial (Israël), il va de soi aussi que je l’emmerde.

    J’emmerde par ailleurs tous les responsables politiques et toutes les féministes qui gardent le silence parce que c’est sur des musulmanes qu’on tape. Par leur silence ils sont aussi responsables que vous, madame Rossignol, qui tentez de vous faire un nom sur notre dos. J’ai une pensée aussi pour Jean-Jacques Bourdin : lui qui aime se montrer bourru, batailleur, inquisiteur, sans concessions face aux hommes politiques, et qui a laissé passer sans un mot vos propos orduriers, je l’emmerde.

    Je pense pour finir aux paroles si justes de Kery James : "C’est vous qui avez décidé de mêler votre histoire à la nôtre"... "Nous devons vivre ou mourir ensemble"... Madame Laurence Rossignol, vous sortez les musulman-e-s du « nous », et en faisant cela vous ne respectez même pas vos propres initiatives : la campagne nationale appelant à s’unir contre le racisme ne signifie donc rien pour vous ? Cela ne vous pose-t-il pas problème que la devise de la France ne soit qu’un slogan creux sans aucune substance mais que vous continuez de vider ?

    Soyez assurée, madame la ministre, que la négresse musulmane voilée que je suis vous emmerde.

    http://lmsi.net/Laurence-Rossignol-la-negresse

  • LMSI = non merci !

  • Hommage au groupe féministe les TumulTueuses

    Après environ 7 ans d’existence, les Tumultueuses se mettent en veille pour une durée indéterminée. L’expérience fut riche et pleine de choses fortes, mais toute bonne chose a une fin. Merci à tou.tes de nous avoir accompagné.es. Nos chemins continueront surement à se croiser dans la lutte, qui ne s’arrête jamais. En guise d’hommage aux combats menés par les TumulTueuses, notamment pour construire un féminisme inclusif, anti-raciste et anti-sécuritaire, engagé dans la réflexion comme dans la lutte, nous republions un de leurs communiqués. Celui-ci revient sur les ressorts de la loi sur le voile intégral de septembre de 2010, et propose, en réponse aux députés, quelques mesures très simples, et véritablement féministes. Quatre ans plus tard, il reste d’actualité...

    Nous sommes féministes, et nos revendications sont nombreuses. En aucune manière, toutefois, l’égalité réelle entre les hommes et les femmes pour laquelle nous nous battons ne saurait passer par des mesures :

    - punissant les femmes en les excluant de l’espace public ;

    - réduisant le sexisme au monde musulman ;

    - et laissant se perpétuer, notamment dans cet espace public, le lot de violences subies par des millions de femmes, quotidiennement, et dans toutes les couches de la société française.

    C’est pourquoi nous sommes résolument hostiles à une loi qui interdirait le port du voile intégral en public sous peine d’une amende et/ou d’un stage dit de citoyenneté.

    Nous dénonçons la malhonnêteté de ses initiateurs. Le gouvernement ne cherche qu’à poursuivre par des moyens détournés le débat nauséabond sur l’identité nationale. Nous refusons qu’il aille puiser dans les principes féministes la légitimité qui lui a toujours manqué pour exclure de la citoyenneté tous les individus considérés comme trop « différents ».

    Nous ne croyons pas un instant que le gouvernement cherche ainsi à faire avancer la cause des femmes. Et nous refusons qu’on nous brandisse, sans aucune évaluation sérieuse, la menace de l’ « islamisme » dans nos « quartiers » pour nous faire taire, et nous rallier à des manœuvres racistes et liberticides. Que le gouvernement soit prêt à passer outre toutes les mises en garde du Conseil d’Etat sur le caractère anticonstitutionnel de la loi en dit long sur son respect du droit, et rend bien peu crédible sa défense d’une République prétendument assiégée par les « fanatiques ».

    Voilà ce que nous avons à dire, nous, féministes, sur le voile intégral. Qu’il s’agisse du niqab, de la mini-jupe ou des talons aiguilles, quels que soient les conditionnements sociaux qui poussent des femmes à les porter, nous estimons que ce n’est pas par l’interdiction qu’on y met fin. Nous ne condamnons, ni ne défendons aucune tenue vestimentaire en soi : nous nous battons pour le droit élémentaire, en démocratie, des individu-e-s à évoluer et à s’habiller comme ils/elles le veulent dans l’espace public. Nous refusons que des hommes, qu’ils soient musulmans, catholiques ou athées, parlementaires ou simples citoyens, intellectuels ou ouvriers, contrôlent nos corps et notre liberté de mouvement, nous obligent à le montrer ou le cacher, nous dictent la juste mesure de ce que nous devrions rendre visible.

    Nous invitons les initiateurs de cette loi à s’intéresser aux milliers de licenciements en cette période de crise économique, aux dizaines de suicides à Orange, aux millions de précaires que génère l’impitoyable système financier qui gouverne nos vies. Sans parler, alors qu’on se focalise sur les 367 femmes portant, selon les Renseignements généraux, le voile intégral, des 48 000 viols par an, des 156 femmes décédées sous les coups de leur conjoint en 2008 etc…

    Plutôt que d’assigner des femmes à résidence en prétendant les « libérer », nous suggérons à nos parlementaires de prendre quelques mesures immédiates :

    - la création d’une commission parlementaire sur la diffusion de valeurs anti-féministes par les magazines, la publicité et l’industrie des produits de beauté ;

    - l’obligation pour chaque candidat-e aux élections de fournir un certificat de féminisme ;

    - la mise en place de cours de citoyenneté à destination des personnes condamnées pour des actes ou propos racistes, sexistes et homophobes, et non pas des femmes qui les subissent.

    http://lmsi.net/Feministes-contre-l-islamophobie

  • 26 février 09:25, par https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_politique#France

    LMSI = non merci !

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