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La paille, la poutre et la lutte contre " l’islamophobie "
posté le 13/02/17 par  Jean-François Cabral Mots-clés  antifa  réflexion / analyse 

A propos du texte publié par Lutte ouvrière dans la LDC datée de février 2017 et ses contempteurs

Le texte publié par Lutte ouvrière dans sa revue mensuelle mérite à l’évidence notre attention parce qu’il pose des problèmes réels. On peut certes être en désaccord avec tel ou tel détail de l’argumentation, mais l’ensemble vise juste et il doit être examiné avec sérieux. Qu’il ait immédiatement provoqué dans certains milieux d’extrême-gauche, et parmi certains camarades du NPA, des réactions pour le moins caricaturales et épidermiques, ne peut être compris que comme le symptôme qu’il y a précisément de ce côté un choix - et pour tout dire une dérive - qu’il faut prendre le temps d’élucider.

    • Mais au préalable, il est aussi important de hiérarchiser correctement les enjeux de cette discussion. Le premier problème dans le contexte actuel est la situation objective, politique, dans laquelle nous sommes plongés : l’impact des politiques désastreuses menées par l’impérialisme, et celui des politiques menées par certains courants islamistes/djihadistes au nom de l’islam. Le résultat est une montée grave et inquiétante du racisme envers les musulmans ou désignés comme tels, notamment au travers de coups politiques particulièrement démagogiques mais qui finissent par contribuer à changer fortement le climat politique, et mettre en danger directement une partie de notre classe.

La prise de position de Lutte ouvrière de ce point de vue ne souffre pas d’ambiguïté, tant sur la question du racisme envers les musulmans, l’usage à géométrie variable de la laïcité, que l’existence d’une oppression spécifique qui n’a rien à envier à l’antisémitisme : « Cette récupération de la question du voile, de la burqa ou du burkini par des politiciens qui se moquent de l’oppression des femmes et ne sont laïcs que lorsqu’ils parlent de l’islam, est choquante. C’est une campagne raciste ». Avant d’ajouter un peu plus loin : « il est compréhensible que nombre de jeunes se sentent victimes d’une oppression spécifique, qui existe bel et bien. Comment admettre que les politiciens de droite, qui hurlent à la laïcité et veulent interdire les menus de substitution dans les cantines, soient les mêmes qui combattent pour permettre l’installation de crèches de Noël dans le hall de leur mairie ? La laïcité des politiciens bourgeois d’aujourd’hui est à géométrie variable, et elle est tournée contre la religion musulmane, comme elle l’a été en d’autres temps contre les Juifs ».

Cela étant dit, les questions posées par l’article parlent d’autre chose, et c’est aussi légitime. Des questions qui sont loin d’opposer d’un côté LO et de l’autre le NPA, puisque c’est aussi un débat au sein du NPA.

Une discussion qui traverse les organisations

Le texte de LO s’articule essentiellement autour de deux propositions.

La première est de savoir s’il est « possible de lutter à la fois contre les discriminations racistes et contre la religion »… S’il est possible et s’il est nécessaire, faudrait-il rajouter, ce qui renvoie à un vieux débat sur la place que doit occuper ou non la lutte anti-religieuse pour une organisation marxiste révolutionnaire, problème déjà abordé au sein du NPA mais jamais de manière satisfaisante, alors même qu’il a pris une dimension particulière dans le contexte actuel.

Un débat qui a également des incidences très pratiques comme l’usage du mot « islamophobie ». Or l’usage des mots a une importance toute particulière ici, et nous sommes nombreux au sein du NPA à refuser d’utiliser ce terme et à partager avec les camarades de Lutte ouvrière le souci de ne pas nous incliner devant ce qu’on peut appeler une « escroquerie » lorsqu’elle joue sciemment avec une ambiguïté : « Nous rejetons et combattons les discriminations qui peuvent s’exercer à l’encontre des musulmans, parce que nous sommes pour la liberté de culte. Mais nous sommes athées, opposés à toutes les religions. Et l’équation, imposée par les islamistes et leurs amis, selon laquelle lutter contre la religion musulmane signifierait être raciste, est une escroquerie ».

La deuxième question est de savoir auprès de qui, et de quelle manière, on doit lutter contre le racisme, y compris lorsqu’il prend cette forme particulière de discrimination et de haine envers les musulmans, en tant que tels, ou supposés tels. Cela rejoint en partie la question de savoir si on peut « combattre l’oppression en défendant une autre forme d’oppression ».

De manière plutôt positive, le texte rappelle qu’un certain nombre d’initiatives ont été prises depuis janvier 2015 dans le contexte des attentats puis de l’état d’urgence, et qu’en la matière, sur le fait d’y participer ou pas, il n’y a pas de règle absolue : « Ces différentes initiatives ne prêtent pas forcément à la critique (…) La question est de savoir qui organise ces initiatives, quelles idées s’y expriment, et ce que des militants qui se disent d’extrême-gauche y font et y disent ». Or nous avons été également un certain nombre à discuter de cette manière au sein du NPA en rappelant que le problème n’est pas en soi de savoir si on va partager une liste de signataires ou une tribune avec Tariq Ramadan, mais bien ce qu’on va dire au nom du NPA alors que nous avons de graves désaccords entre nous, et c’est tout le problème.

Le propos de Lutte ouvrière est aussi de souligner jusqu’où peuvent aller les dérives de certaines organisations, de leurs animateurs et animatrices : UOIF, CCIF, PSM, PIR… Egalement lorsqu’on en est à vanter les mérites et les vertus du « camp d’été décolonial » tenu à Reims en août 2016, ou les propos d’Houria Bouteldja maintes fois répétés, qui ne sont ni anecdotiques ni des dérapages[1]. Il y a effectivement des lignes rouges qu’il n’est pas possible de franchir parce certains propos appellent explicitement à la haine en divisant notre propre camp social, et de ce point de vue, tout ne se vaut pas entre courants plus ou moins fréquentables, ou non.

On peut certes rappeler qu’une politique unitaire regroupe par définition des organisations et des gens qui n’ont pas les mêmes idées que nous. Mais elle devient fausse lorsqu’on se retrouve ensemble avec des organisations dont les idées entrent directement en contradiction avec les nôtres, lorsqu’on est confronté à « des propos qui devraient suffire, lorsqu’on est communiste révolutionnaire, à s’interdire de faire tribune commune avec ceux qui les profèrent et qui sont pour nous ni plus ni moins que des ennemis politiques ». C’est un autre point d’accord que nous sommes un certain nombrer au sein du NPA à partager avec les camarades de Lutte ouvrière.

Une bien étrange manière de polémiquer

Le texte que vient de publier quatre camarades du NPA (Julien salingue, Christine Poupin, Ugo Palheta et Selma Oumari) sous le titre « Combat contre l’islamophobie : quand Lutte ouvrière inverse la hiérarchie des normes » se veut sans doute une réponse approprié aux « attaques » de LO. Mais le parti pris est pour le moins étonnant lorsqu’ils en arrivent à accuser LO de vouloir « délégitimer par avance ceux qui mènent ces combats » (contre « l’islamophobie »), ce qui revient à dire que le débat sur le fond ne serait finalement qu’un « prétexte ».

Or les mêmes camarades vont ensuite beaucoup plus loin : après avoir rappelé que certains propos de LO n’auraient « rien à envier à ceux tenus par tant d’idéologues – de Fourest à Valls en passant par Finkielkraut, Zemmour et Badinter – qui travaillent depuis le milieu des années 1990 à transformer la laïcité et/ou le féminisme en instruments de stigmatisation et d’exclusion des musulmans, et singulièrement des musulmanes », les auteurEs n’hésitent pas en effet à expliquer que LO aurait aussi sa part de responsabilité dans le développement de « l’islamophobie » : « Toute une partie de la gauche et de l’extrême gauche – dont LO – a bel et bien été impliquée dans la mise en avant de thématiques identitaires et dans le développement de l’islamophobie au cours des 15 dernières années, passant notamment par l’exclusion et le mépris de la parole des personnes concernées (en premier lieu les musulmanes) ».

On ne saurait guère aller plus loin dans une telle « inversion » des normes ou plutôt des pôles, en démontrant jusqu’à l’absurde que nos meilleurs ennemis seraient à l’extrême gauche.

C’est d’autant plus insupportable que la « parole » dont il s’agit est celle de certaine responsables associatives, bien identifiées mais malheureusement trop rapidement considérées ou auto-proclamées comme les représentantes légitimes des femmes musulmanes (et partant des femmes d’origine immigrée, par réductions successives de cette immigration autour d’une « identité » religieuse).

Faut-il dans ce cas renoncer à toute polémique sous prétexte d’avoir peur d’être récupérés par les réactionnaires ? Ou être accusés à son tour de racisme ? Le procédé est détestable, et il ne vise pas que Lutte ouvrière, car c’est aussi une certaine façon de discuter au sein du NPA en abusant de ce genre d’amalgames.

Cela étant, il y a bien sûr un débat sur le fond

Religion, parti révolutionnaire et marxisme

La citation de texte, généralement emprunté pour son autorité supposée, fait partie des incontournables. Nous commencerons donc par là.

Le texte publié par Lénine en 1909 et cité par les camarades[2], mérite cependant d’être relu attentivement, mais dans son ensemble et non par petits bouts, en prenant soin également de le situer dans son contexte : avec qui Lénine est-il en train de polémiquer exactement ? Pour résoudre quel problème, à ce moment précis ?

En apparence, le texte est équilibré entre deux pôles contraires : d’un côté les sectaires et de l’autre les opportunistes. Mais ce que cherche à discuter à ce moment-là Lénine n’est pas en priorité la propagande abstraite des anarchistes et des blanquistes contre la religion, ou les opérations de diversion de certains courants républicains bourgeois, en France notamment. C’est pour le coup « clairement l’indifférence, si l’on peut dire, excessive, des social-démocrates européens envers la question de la religion ».

Lénine ne se contente pas de rappeler que le parti révolutionnaire n’est nullement laïc à la différence de l’Etat, et qu’il est aussi un parti ouvertement athée : « la social-démocratie considère la religion comme une affaire privée en face de l’Etat, mais non envers elle-même, non envers le marxisme, non envers le parti ouvrier (…) Le marxisme est un matérialisme. A ce titre il est aussi implacablement hostile à la religion que le matérialisme des encyclopédistes du XVIII° siècle ou le matérialisme de Feuerbach ». Il ne dénonce pas seulement la religion en tant que telle (et pas uniquement l’attitude de telle ou telle église). Il propose aussi une méthode dont il vaut mieux ne pas en oublier une partie en cours de route.

Certes comme aiment à le rappeler les camarades, la lutte contre la religion est une lutte pratique et pas seulement théorique ou abstraite, « la propagande athée » du parti doit même être « subordonnée à sa tâche fondamentale, à savoir : au développement de la lutte des masses exploitées contre les exploiteurs ».

Mais subordonnée ne veut pas dire absente de l’activité politique quotidienne. Et ce n’est pas un petit problème lorsqu’on finit par rabattre l’une sur l’autre en abandonnant toute lutte politique, y compris contre des courants politico-religieux organisés au sein de notre classe, qui y défendent des idées conservatrices et réactionnaires sur le plan social et politique, mais que des organisations comme le CCIF et le PIR entre autre ne veulent surtout pas voir, sinon comme un fantasme des « islamophobes ».

Un déni accompagné et justifié par certains à l’extrême-gauche. Et un opportunisme que Lénine décrivait à son époque en ces termes, en dénonçant (toujours dans le même texte de 1909) « le philistinisme et l’opportunisme du petit bourgeois ou de l’intellectuel libéral qui redoute la lutte contre la religion, oublie la mission qui lui incombe dans ce domaine, s’accommode de la foi en Dieu, s’inspire non pas des intérêts de la lutte de classe mais d’un mesquin et misérable calcul : ne pas heurter, ne pas repousser, ne pas effaroucher, d’une maxime sage entre toutes : vivre et laisser vivre ».

On ne saurait mieux dire. Car cela évoque tout aussi bien des expériences plus récentes que celles du passé, par exemple lorsqu’on a fini par confondre au NPA la lutte contre le racisme avec des meetings communs avec les organisations précitées qui ne nous tolèrent que parce que nous n’allons jamais les critiquer ouvertement. Ou encore le travail d’implantation dans les quartiers populaires, mené parfois avec une démagogie sans limite, comme on l’a vu notamment à Avignon en 2009 envers quelques militants associatifs, lesquels se donnaient pour but explicite de vérifier s’il était possible au sein du NPA, et en son nom, de parler et d’agir « en tant que musulmanEs »[3].

Bref des choix où l’on retrouve cette idée qui n’a pas grand-chose à voir avec le marxisme, qu’il ne faudrait pas trop polémiquer pour ne pas faire fuir, tout en confondant quelques représentants autoproclamés avec les masses elles-mêmes, et des groupuscules avec ce que devrait être - ou ce que l’on croit être - « l’auto-organisation » des oppriméEs…

Car il y a bien un deuxième problème parfaitement arrimé au précédent, et toujours en référence avec notre bon vieux Lénine. Une vieille polémique en réalité, complètement défraichie et usée jusqu’à la corde, avec toujours la même incompréhension du « Que faire ? » paru en 1901, et ses quelques citations censées expliquer que LO ne ferait pas de politique et serait tombée (déjà toute petite ?) dans le piège du « trade-unionisme ». Entendez par là, le choix de ne pas faire de la lutte contre « l’islamophobie » (et donc contre le racisme, puisqu’un trait d’égalité est pratiquement tiré entre les deux selon nos auteurEs) le combat politique prioritaire de l’heure.

Pourtant ce qui frappe, c’est le raisonnement à géométrie variable que l’on trouve chez certainEs camarades du NPA et dans ce texte. Une partie de la classe ouvrière est influencée par les idées du Front national ? Il ne faudrait surtout pas croire que les luttes en tant que telles pourraient faire reculer les idées racistes, c’est aussi et surtout un combat politique et idéologique spécifique que LO ne mène pas en restant dans les usines (sans qu’on voit d’ailleurs très bien le rapport entre les deux).

Mais une autre faction de la classe ouvrière d’origine immigrée se retrouverait à des degrés divers sous la coupe de militants religieux ? Il ne faudrait surtout pas contester leur influence politique (quand il ne s’agit pas tout simplement de nier cette réalité).

Ainsi selon ces camarades du NPA, peu importe de qui dirige les luttes, notamment lorsqu’il s’agit de lutter contre l’oppression spécifique des musulmans (celles des Asiatiques ou des Juifs n’existant pas dans leur raisonnement). Entrer en concurrence politique ouvertement serait agir en « donneur de leçons ». Le bon militant marxiste, en bon dialecticien, devrait tout faire au contraire pour laisser s’enclencher une telle dynamique (qui n’est rien d’autre en réalité qu’une préemption de courant politiques hostiles sur notre classe !). Car une telle dynamique serait censée accroître les capacités de lutte, et donc la possibilité de dépasser miraculeusement toutes les contradictions, parce que ce soi-disant moment « d’auto-organisation » serait essentiel, « stratégique pour mettre en confiance les éléments les plus opprimés, mais aussi souvent les plus combattifs du prolétariat ».

Le renoncement politique devient ainsi une forme de pensée magique accrochées aux luttes qui devraient permettre de surmonter –du fait de leur seule dynamique - les contradictions, à rebours du raisonnement de Lénine dans « Que faire ? » évoqué plus haut : « Tout mouvement contre l’oppression, et ce quand bien même ses animateurs/trices ne prétendraient pas poursuivre cet objectif, favorise donc un plus haut niveau d’unité de la classe des exploité-e-s, même lorsqu’il paraît au premier abord la diviser ».

Qu’importe donc si les luttes en question sont animées par des adversaires politiques qui ont de tout autres objectifs. Et qu’importe si dans ce raisonnement, il manque juste un détail : le parti révolutionnaire et sa politique indépendante, sa capacité à défendre et à convaincre de sa politique. C’est « l’action » qui pourvoira. Alléluia !

Le raisonnement ne fait pas que tourner le dos aux idées que défendait Lénine en son temps (ce qui au demeurant n’est pas grave en soi, si on pense que Lénine raconte des bêtises). Mais c’est aussi une négation pour le moins paradoxale de certains raisonnements chez Marx, lorsque la dialectique se révèle une fois de plus un outil à temps partiel que l’on use (ou pas) selon les besoins du moment.

C’est ainsi qu’il faudrait selon certainEs camarades du NPA considérer de manière radicalement différente l’islam lorsque elle est une religion « opprimée par l’Etat » (comme en France), ou lorsque elle est « une religion qui est un outil de l’oppression de l’Etat » (comme en Arabie Saoudite… mais pourquoi aller aussi loin ? Pourquoi pas en Algérie ou au Maroc ?).

Dans ce raisonnement qui ressemble surtout à une forme assez classique de campisme (en guise de dialectique), il faudrait donc au passage se fiche comme d’une guigne des conséquences et de l’impact de certains de nos choix, et abandonner tout souci de cohérence dans la politique que l’on mène en direction de la classe ouvrière, qu’elle soit d’origine française ou immigrée ici en France, ou de part et d’autre de la méditerranée. Peu importe si notre affichage aux côtés du PIR ou de quelques autres organisations du même genre, sans l’ombre d’une discussion, ne peut que faciliter le travail du Front national et agir comme un repoussoir. Et peu importe les dégâts que cela peut faire au sud de la méditerranée alors que les informations, les populations, et les militants circulent en permanence. Ce n’est malheureusement qu’une conséquence inévitable de choix qui auront été faits au nom du NPA lorsqu’on n’a ni politique indépendante, ni politique cohérente pour la classe ouvrière prise dans son ensemble.

Pourtant, et d’un autre côté, il faudrait abandonner tout raisonnement dialectique lorsque on parle de la religion dans son rapport avec la question sociale. Il faudrait alors considérer la religion de manière parfaitement unilatérale et mécaniste, comme un simple « véhicule », ou un « langage », une sorte d’enveloppe neutre qui porterait, exprimerait à certaines occasions, la révolte sociale. Alors pourquoi s’embarrasser avec si peu ? On comprend dans ce cas que les camarades aient si peu d’intérêt pour cette question. Comme le voile islamique lui-même, ou le burkini : ce serait juste un vêtement parmi d’autres, qu’il ne faudrait pas « essentialiser », et donc sans significations ni contenu à priori pour celles et ceux qui les portent [4].

Il suffit pourtant de relire le « 18 Brumaire » pour comprendre à quel point les idéologies ou les symboles portés par des courants politiques ne sont pas de simples enveloppes évanescentes, ni des valises sans contenu, ni non plus de simples décalques des intérêts de classes. Ils influent toujours de manière significative sur le contenu et les objectifs d’un combat, ils le transforment en profondeur lorsque ce dernier exprime des aspirations sociales. Nous obligeant par là-même à mener la lutte politique sans relâche, à toutes les étapes, pour nos idées, nos conceptions, notre vision du monde, nous obligeant de cette façon à discuter de tout, nécessairement, parce que tout le monde discute de tout, évidemment. On ne pourra pas jouer éternellement les autruches.

Il faut donc le redire une nouvelle fois : il n’y aura pas de décantation miraculeuse du fait de la seule dynamique des luttes, ni non plus par « transcroissance » pour reprendre une expression chère au courant dont est issu la LCR : ni avec les religieux qui ont leur propre agenda, ni avec les réformistes qui n’attendent pas non plus la veille de la révolution pour cadenasser les luttes sur des terrains et dans un cadre bien précis. Pas plus qu’il n’y avait à se fier à une quelconque dynamique miraculeuse pour transformer en révolution socialiste le combat des nationalistes bourgeois du FLN (ou dans bien d’autres situations coloniales où le combat pour une politique indépendante du prolétariat aurait été crucial dès le début). Quelles que soient les circonstances rapidement évoquées ici dans leur diversité, c’est un même raisonnement et une même dérive qui ont traversé les âges et toutes sortes de situations variées dans un passé proche ou lointain, mais toujours avec la même méthode, et un bilan toujours aussi catastrophique, bien avant que ne se pose la question de l’état d’urgence, les attentats, et les guerres impérialistes actuelles : celui de donner une apparence de couleur démocratique à ce qui n’est rien d’autre qu’un renoncement politique.

On peut toujours essayer de le cacher avec de belles formules, en réalités assez mensongères. Mais la vérité est toute autre lorsque le prétendu internationalisme finit par se réduire à l’expression d’une solidarité avec la politique des autres, et donc à une forme d’alignement, ou lorsqu’on parle d’une prétendue auto-organisation des opprimés par eux-mêmes que d’autres savent en fait très bien organiser, mais pour mener une politique qui n’a rien à voir avec la nôtre et qui est antagonique.

Un renoncement reste un renoncement.


[1] Des propos notés par LO parmi bien d’autres citations possibles, mais qui ne semblent pas intéresser ses contempteurs. Il est vrai qu’au NPA, certains camarades ont un humour pour le moins étrange. Ainsi l’InfosCE du 23 décembre 2015 invitait les militantEs du NPA à assister à la rencontre nationale migrations-antiracisme fin janvier, avec au programme de 17h30 à 19h la précision suivante : « AG des non-blanc-he-s (les autres préparent le buffet !) ».

[2] Lénine : De l’attitude du parti ouvrier à l’égard de la religion. Ouvres tome XV (mars 1908-août 1909).

[3] Il est d’ailleurs intéressant de constater qu’au final, le bilan de LO en matière de recrutement de jeunes d’origine maghrébine dans les milieux ouvriers et populaires semble être nettement plus convaincant au travers de son travail opiniâtre d’implantation sur les lieux de travail à PSA ou ailleurs. Ce qui n’empêche pas d’avoir ensuite des relais efficaces dans les quartiers, bien au contraire, sans avoir besoin d’utiliser des raccourcis qui se sont révélés désastreux à tous égards.

[4] Ce qui permet ensuite de se cantonner à cette symétrie bien mensongère : « Nous sommes tout aussi opposé-e-s à ceux qui veulent imposer à une femme de porter tel ou tel vêtement qu’à ceux qui veulent lui imposer de le retirer ». Renvoyer dos à dos ceux qui veulent imposer leur vue aux femmes est une chose, un point de vue d’ailleurs partagé par tout le monde au NPA. Mais mettre un trait d’égalité entre le fait d’adopter ou d’enlever un habit qui est évidemment un signe d’oppression pour les femmes jamais vraiment à leur place dans l’espace publique, et tout cela sous couvert de religion, est un autre problème. Lequel finit par en poser rapidement d’autres, car les mêmes qui militent activement pour que ces « bonnes pratiques » se répandent le plus possible au nom de l’islam, généralement ne s’arrêtent pas en si bon chemin, même si c’est pour l’instant avec moins de succès : non-mixité dans les piscines, ou dispense de cours en EPS ou en SVT (en particulier lorsque les séances sont consacrées à l’évolution ou à l’éducation sexuelle). On n’a pas encore entendu les camarades dire avec précision si pour eux, cela pouvait être ou non un problème, et donc un combat politique à mener, même lorsque c’est un « choix » librement consenti des personnes concernées.


posté le 13 février 2017  par  Jean-François Cabral  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • L’islamophobie affichée de Lutte ouvrière

    De tous les trucs islamophobes, puants, en plus d’être stupides, que j’ai déjà lus de la part de l’extrême gauche, je crois que le texte de Lutte Ouvrière (LO) intitulé « le piège de la lutte contre l’islamophobie » se place très largement dans le cortège de tête (et pourtant il y a du niveau à l’extrême gauche). Ce n’est pas une surprise, surtout avec LO, et ça montre bien que ça ne s’arrange pas : http://donotlinkfb.com/78o6

    En plus des raccourcis, des mensonges, des raisonnements bidons, ainsi que les sempiternelles polémiques sur l’usage du mot « race » (syndrome gauchiste du disque rayé), voici les deux passages qui selon moi valent de l’or :

    « Mais nous estimons que c’est notre rôle, en tant que communistes, de dénoncer l’emprise de la religion musulmane sur la jeunesse d’origine immigrée ; de nous battre, de militer pour essayer d’arracher celle-ci au « brouillard de la religion », comme écrivait Marx, pour lui ouvrir les yeux, lui faire comprendre que son émancipation ne se fera pas par la soumission à des principes religieux d’un autre âge, mais dans l’union de classe avec le reste du prolétariat. »

    « Dans ce combat, il est indispensable de gagner au communisme des jeunes travailleurs issus de l’immigration, non pas en encourageant leurs préjugés religieux mais en en faisant des révolutionnaires, c’est-à-dire des athées, capables de contrebalancer dans leur propre milieu les idées propagées par les ennemis du mouvement ouvrier. »

    Merci, Lutte Ouvrière, d’assumer ce que vous êtes avec ce passage que je viens de citer : des assimilationnistes (de gauche), des civilisateurs (de gauche) sûrs d’avoir pour mission de « transformer » les travailleurs issus de l’immigration en « révolutionnaires », c’est-à-dire en « athées ». Les uns veulent christianiser (droite), les autres, ici communistes, veulent séculariser et rendre athées. Je suis presque heureux que cette version assimilationniste et colonialiste de gauche soit poussée à s’assumer avec une telle décomplexion face à la structuration toujours plus grande du mouvement antiraciste autonome. Et sur ce point, ça ne se limite pas à LO, et c’est justement ça le problème. Car LO, encore, on pourrait ignorer… Mais c’est toute une extrême gauche aux abois qui est forcée de prendre position et de publier (de la merde, certes) sur un sujet dont elle voudrait pourtant qu’on reconnaisse le caractère secondaire. Et rien que pour ça on a gagné : le sujet devient incontournable, tout le monde doit se positionner, plus souvent, ou de façon plus affirmée (et donc plus raciste).

    Ici, dans cet exemple, ils écrivent sans aucune honte qu’ils doivent transformer et rendre athées des populations. Le « nous » ici est évidemment implicitement communiste, blanc, européen. C’est ce « nous » blanc qui a la mission de « transformer » ces « eux » trop réactionnaires, remplis de préjugés religieux, incapables de révolution et qu’il faut « arracher » à sa barbarie culturelle et religieuse « d’un autre âge ». (Comment pensent-ils pouvoir recruter politiquement des gens en balançant ça, au fait ?!) Prenons la mesure de la violence symbolique du propos. Il symbolise le rapport de pouvoir entre gauches et immigration, à l’avantage des premiers. Mais bon, ça prouve à quel point ils sont aux abois, incapables qu’ils sont de mobiliser le prolétariat post-colonial, c’est-à-dire le plus fragilisé, le plus vulnérable. Et, plutôt que d’être poussés à l’introspection face à cet échec, ils préfèrent enrager et se trouver des excuses (racistes) que l’on peut résumer comme suit : les racisés sont réactionnaires, parce que particulièrement religieux, raison pour laquelle ils ne nous rejoignent pas (alors qu’on possède la Vérité, et les seules voies possibles d’émancipation, of course). Il faut donc s’atteler à les libérer de ces religion et culture qui entravent leur marche vers le progrès.

    LOL

    João Gabriell

  • Plus c’est gros, plus ça passe. À la question d’un journaliste de 20 minutes qui lui demande : « Pourquoi êtes-vous contre le terme d’islamophobe ? », Boutih va répondre en trois mensonges et une caution à l’extrême-droite.

    **Mensonge n°1

    « Ce mot est imposé par des forces islamistes, et a été importé en France par Tariq Ramadan. »

    Ce mot était utilisé au début du XXème siècle dans l’administration coloniale française. Il a depuis été repris et est utilisé par nombre de sociologues, journalistes, institutionnels et associations antiracistes. Malek Boutih vise très certainement le Collectif Contre l’Islamophobie en France quand il évoque les « forces islamistes ». Jusqu’à preuve du contraire (donc jusqu’au bout), la seule force du CCIF est de mobiliser et d’accompagner juridiquement des personnes victimes de racisme.

    **Mensonge n°2

    « Quelle est la technique de ces gens-là ? Transformer toute réalité politique en réalité identitaire. Il faut voir sur les réseaux sociaux, tous les réseaux crypto-islamistes qui sont mobilisés contre Manuel Valls. »

    Celles et ceux qui luttent contre l’islamophobie luttent contre les discriminations, pour des droits, contre la honte, pour une visibilité. C’est bien Manuel Valls qui présente une vision identitaire de la laïcité en la dévoyant pour en faire un alibi à son racisme et justifier la disparition de signes religieux, ou de tenues, qui signeraient une appartenance à l’islam. C’est bien cette vision identitaire de la laïcité qui est antilaïque. On appréciera au passage la tonalité complotiste des reproches de Boutih et on lui rappellera que les identitaires et les racistes de tous bords, de leur côté, applaudissent ses interviews. Là encore, il serait intéressant d’avoir les noms des personnes visées mais le flou nourrit les mensonges.

    **Mensonge n°3

    « Valls est sur un terrain républicain. Benoît Hamon et ses amis sont dans une dérive identitaire lorsqu’ils justifient des comportements non-républicains. Ils sont absorbés par des termes et des concepts importés par des islamistes. Bien sûr, il peut y avoir un racisme anti-musulman qui existe. Mais il y a une deuxième question, qui est très grave aussi : Hamon et ses amis considèrent qu’on peut critiquer l’Église catholique mais pas les musulmans. »

    La lutte contre l’islamophobie n’exclut pas la critique de la religion, puisqu’il s’agit de combattre les discriminations ou les violences à raison de l’appartenance supposée à la religion musulmane. Il ne s’agit donc pas de combattre le blasphème. C’est en ce sens que le CCIF, l’ODSE, le Conseil de l’Europe ou encore l’ONU utilisent le terme « islamophobie ». Par ailleurs, il convient de noter que contrairement à ce qu’essaye de nous faire croire le clan Valls, Hamon est loin d’être un partisan acharné de la lutte contre l’islamophobie. Ce sont des sujets sur lesquels ses positionnements n’ont absolument rien de révolutionnaire. Ce qu’on lui reproche finalement, un peu comme à Alain Juppé et Emmanuel Macron, c’est de ne pas être obnubilé par l’islam et les musulman-e-s.

    **Et une conclusion en caution à l’extrême-droite

    « Vous ne les verrez jamais utiliser le terme christiannophobe (sic) par exemple. »

    Ce terme a été forgé par les réactionnaires chrétiens (comme celui de cathophobe), précisément pour faire passer comme des messages de haine les critiques contre les religions chrétiennes issues des mouvements féministes, des militant-e-s LGBTI ou ceux de la lutte contre le sida. Protester contre les positions de chefs religieux chrétiens condamnant le préservatif ne serait ainsi plus défendre une vision de la santé, mais un discours « christianophobe ». Et comme si, en France, les chrétien-ne-s étaient discriminé-es au même titre que les musulman-es. En voulant discréditer le terme « islamophobie », Malek Boutih, qui avait déjà légitimé la Manif pour tous en auditionnant Frigide Barjot pour son « rapport » sur la radicalisation, valide un peu plus le discours de l’extrême-droite chrétienne, au mépris d’autres combats progressistes.

    Député absentéiste, en plein conflit d’intérêt (il est en même temps salarié de Skyrock), Malek Boutih consacre le temps pour lequel il est payé à se répandre en mensonges sur l’islamophobie, et à cautionner les discours les plus abjects.

    L’intense activité de Malek Boutih au cours des douze derniers mois :

    http://contre-attaques.org/magazine/article/malek-boutih

  • question :

      • il s’agit de copié/collé n’importe quoi en commentaire ?
  • Ce mercredi 25 janvier à la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris, Georges Bensoussan était jugé pour avoir affirmé sur France Culture le 15 octobre 2015 (émission Répliques) :

    « C’est une honte que de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme, on le tète avec le lait de la mère ».

    Ces propos racistes, qui laissent entendre que l’antisémitisme serait transmis à la naissance dans les familles arabes, ont été condamnés par la plupart des organisations antiracistes, mais ils ont toutefois été soutenus par toute une série de personnalités. Voici un récapitulatif des pros- et anti-Bensoussan :

    Ils ont soutenu les propos de Georges Bensoussan :

    Pierre-André Taguieff

    Elisabeth Badinter

    Georges-William Goldnadel

    Frédéric Encel

    Bernard-Henri Lévy

    Pascal Bruckner

    Haïm Korsia (peut-être le plus surprenant de tous)

    Barbara Lefebvre (co-auteure du livre La France Soumise)

    Richard Prasquier

    Marc Knobel

    Isabelle Kersimon

    Liliane Kandel

    Jean-Paul Enthoven

    Guylain Chevrier

    Richard Rossin

    David Isaac Haziza

    Meir Weintrater

    Eliette Abecassis

    La LDJ

    Martine Gozlan (dans le dernier Marianne- d’ailleurs est-ce que cela engage toute la rédaction ?)

    http://cinquiemecolonne.canalblog.com/archives/2017/01/25/34849274.html

  • réponse :

      • il s’agit de copié/collé n’importe quoi en commentaire (des plus mauvaises sources )
  • Mohamed Louizi soutient le grand allié des islamistes wahhabites

    Auteur d’un livre intitulé Pourquoi j’ai quitté les Frères musulmans, Mohamed Louizi écrit aujourd’hui pour le site de Fiammetta Venner (compagne de Caroline Fourest) Ikhwan Infos, où il traque partout les "islamistes", les "complices des islamistes" ou les personnalités "liées aux islamistes". Promu par plusieurs sites d’extrême-droite (Résistance Républicaine, site de la LDJ...), son obsession à voir partout des "Frères Musulmans" et des "islamistes" tourne de plus en plus au complotisme et à la paranoïa.

    Je ne vais pas faire la liste de toutes les personnes que Mohamed Louizi a décrit comme "islamistes", ou "liées aux islamistes" ou "liées aux Frères Musulmans", mais ça va du CCIF à Benoit Hamon, de l’association Lallab à Clémentine Autain...etc,etc.

    Par exemple, dans un message facebook daté du 26 novembre, Mohamed Louizi (qui se prétend "laïc") a affirmé qu’il votait François Fillon à la primaire de la droite. Louizi se justifie par le fait qu’Alain Juppé serait lié aux "islamistes"... pourtant, difficile de faire moins laïc que Fillon, candidat soutenu par Frigide Barjot et les réseaux intégristes catholiques.

    Plus paradoxal encore, ce même Mohamed Louizi a publiquement soutenu Manuel Valls lors de la primaire de la gauche... oui, on parle du même Valls qui a passé les dernières années à ramper devant le régime saoudien wahhabite pour lui vendre des armes. Le même Valls dont le gouvernement a décoré en 2016 Mohammed Ben Nayef, le prince héritier du régime saoudien wahhabite. Valls avait alors appelé à "assumer" cette légion d’honneur remise à Ben Nayef.

    http://cinquiemecolonne.canalblog.com/archives/2017/02/08/34912855.html

  • réponse :

    il s’agit de copié/collé n’importe quoi en commentaire (des plus mauvaises sources )

  • Elisabeth Badinter : « L’élection de Marine Le Pen peut être une victoire du féminisme »

    Poursuite de la dérive Elisabeth Badinter ce matin sur France Inter. Entre deux invectives islamophobes (notamment sur le ramadan, pourtant passé depuis plus de 6 mois), et une défense de la femme de Pénélope Fillon ("Ce qui arrive à Mme Fillon suscite chez moi quelque compassion ; c’est terrible ce qui lui arrive"), Elisabeth Badinter a affirmé :

    « L’élection de Marine Le Pen peut être une victoire du féminisme, pas de la démocratie »... Vous avez bien lu, une "victoire du féminisme"...

    Rappel sur de précédentes déclarations d’Elisabeth Badinter :

    "En dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité" (septembre 2011)

    "Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe" (janvier 2016)

    (Reprenant une proposition de Marine Le Pen qui veut interdire les "signes religieux" dans les lieux publics) : "Dans les lieux publics et en particulier dans les écoles, on doit observer une neutralité" (janvier 2016)

    http://cinquiemecolonne.canalblog.com/archives/2017/02/07/34906685.html

  • cinquiemecolonne.canalblog.com est un blog complotiste islamiste lié à un compte twitter plus que douteux

  • Mathieu Bock-Côté s’offusquait qu’on parle des mouvements d’extrême-droite et de l’islamophobie... après Québec, la fin du déni ?

    Depuis des mois, le chroniqueur Mathieu Bock-Côté tentait, tribune après tribune (comme celle en capture d’écran ci-dessus), de minimiser le racisme d’extrême-droite et l’islamophobie (mot qu’il passe son temps à critiquer). Exaspéré lorsqu’on évoquait la dangerosité des mouvements d’extrême-droite, voici ce que Bock-Coté écrivait le 13 septembre 2016 :

    "[un des chercheurs du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence] disait avoir « autant d’intérêt » pour la mouvance d’extrême droite que pour la mouvance islamiste.

    Ah bon ? « Autant d’intérêt » ?

    L’extrême-droite québécoise devrait nous inquiéter autant que l’islamisme.

    On nous prend pour des idiots. Mais on comprend ce qui est derrière cette ruse. L’islamisme est le grand péril qu’affrontent nos démocraties."

    (Source de l’article : http://www.journaldemontreal.com/2016/09/13/radicalisme-on-nous-prend-pour-des-idiots )

    Avec l’attentat à la mosquée de Québec commis par un terroriste d’extrême-droite, Alexandre Bissonnette, on a vu que le Centre de Prévention de la radicalisation ne nous "prenait pas pour des idiots" quand il s’inquiétait de cette mouvance. On a vu que c’était Mathieu Bock-Côté qui était en fait dans le déni. Si le terrorisme islamiste existe et doit être combattu, celui qui a fait le plus de morts au Québec est le terrorisme islamophobe et raciste d’extrême-droite. Il faut donc bien combattre et étudier les deux mouvances.

    Depuis l’attentat, Mathieu Bock-Côté a écrit plusieurs tribunes pour Le Journal de Montréal (sans jamais mentionner que parmi les personnes "likées" sur Facebook par Alexandre Bissonnet, on trouvait Donald Trump, Marine Le Pen et Mathieu Bock-Côté).

    Si Bock-Côté condamne bien sûr l’attentat, il ne fait aucun mea culpa pour avoir pendant des mois minimisé le racisme anti-musulman et la dangerosité de la mouvance d’extrême-droite, celle qui a tué 6 innocents à Québec le dimanche 29 janvier 2017.

    http://cinquiemecolonne.canalblog.com/archives/2017/02/03/34886235.html

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  • Le 17 février 2017, Le Monde a publié un article signé Louise Couvelaire intitulé Ces Musulmans des quartiers sous pression de l’islam radical. Sa lecture laisse à penser que les quartiers seraient sous le contrôle des "islamistes"(sic), ou des tenants de "l’islam radical"(sic). Quand on lit l’article, on voit que tous les témoignages vont dans le même sens, celui qui arrange Louise Couvelaire. Pourtant, plusieurs musulmans ont affirmé sur twitter avoir été longuement interrogés par Louise Couvelaire. Mais apparemment Louise Couvelaire n’a pas cru bon de retenir leur témoignage dans l’article... Parce qu’ils n’allaient pas dans le sens qu’elle souhaitait ?

    Dans son article, Louise Couvelaire énumère ceux qui sont selon elle des bons musulmans (pas "islamistes") : Soheib Bencheikh, Abdelali Mamoun, Rachid Benzine, Nadia Benmissi, Mohammed Arkoun, Nadia Remadna.... Puis elle désigne les mauvais musulmans, notamment Tariq Ramadan et le CCIF.

    Louise Couvelaire cite aussi en référence le livre de Georges Bensoussan La France Soumise, mais sans préciser que Bensoussan est actuellement poursuivi en justice par le CCIF, SOS Racisme et la LICRA pour des propos racistes anti-arabes.

    Louise Couvelaire s’offusque enfin qu’une librairie musulmane ne vende pas de livres d’Abdelwahab Meddeb... le même Meddeb qui insultait ouvertement les musulmans, affirmant notamment que "90% des musulmans actuels sont bêtes".

    Pour ne pas être perçus comme intégristes aux yeux de Louise Couvelaire, les musulmans devraient donc promouvoir un auteur qui les insulte...

    http://cinquiemecolonne.canalblog.com/archives/2017/02/18/34953361.html

  • 26 février 09:21, par https://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_politique#France

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  • Barbara Lefebvre soumise à ses fantasmes sur "l’islam politique"

    TV5 Monde vient de diffuser une interview délirante de Barbara Lefebvre, l’une des auteures de Une France Soumise, le fameux livre dirigé par Georges Bensoussan (qui fait en revanche un flop au niveau des ventes).

    Barbara Lefebvre y accumule les fantasmes sur "l’islam politique" (catégorie fourre-tout dans laquelle elle semble inclure un peu tout et n’importe quoi). On sent que ses excès embarrassent son intervieweur Patrick Simonin, qui essaie de la ramener un peu à la raison, mais en vain.

    Aucun mot sur le procès de Georges Bensoussan pour ses propos racistes anti-arabes... en revanche, encore un mensonge sur l’origine du mot islamophobie : Barbara Lefebvre affirme (à 6’34) que le mot a été inventé par l’OCI (Organisation de la Coopération Islamique), ce qui est complètement faux. L’OCI a été créée en 1969, alors que le mot islamophobie se trouvait dans des ouvrages français dès 1910, soit plus d’un demi-siècle plus tôt.

    Le lien de l’interview :

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=6kZsptjUK3c

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