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Contribution à la critique des doctrines raciales en France Des origines à nos jours
posté le 06/06/17 par André Dréan Mots-clés  antifa  réflexion / analyse 

Contribution à la critique des doctrines raciales
en France
Des origines à nos jours

    • « Eugénisme : science de l’amélioration de la race, qui ne se borne nullement aux questions d’unions judicieuses, mais qui, particulièrement dans le cas de l’homme, s’occupe de toutes les influences susceptibles de donner aux races les mieux douées un plus grand nombre de chances de prévaloir sur les races les moins bonnes. »

    • Francis Galton, fondateur de l’eugénisme scientifique, 1883.

Les paragraphes qui suivent n’ont rien d’original, ni d’exhaustif. Ils rappellent des banalités de base
de la critique, concernant les origines des doctrines racistes modernes, y compris celle qui est
portée aujourd’hui par les idéologues du Parti des indigènes de la République (PIR) sous drapeau « décolonial ».

En règle générale, les individus et les cercles, même radicaux, hostiles à juste titre aux prises de position du PIR, y voient des résurgences des doctrines raciales de Gobineau, voire de celles d’Hitler, ce qui est pour le moins restrictif. Car, comme le soulignait déjà Léon Poliakov, en 1971, dans
Le Mythe aryen, à la suite du « cataclysme hitlérien » des notions aussi répandues
depuis l’époque des Lumières que « la supériorité civilisatrice occidentale », « le pl
us souvent conçue comme congénitale, voire aryenne », furent en partie mises à l’index. Dès les lendemains de la
Seconde Guerre mondiale, elles furent presque exclusivement attribuées à des idéologues nazis, ou proto-nazis.

Par suite, l’histoire du racisme en Europe, y compris celle du racisme justifié par la
science, et même intégré et développé par celle-ci,
fut presque totalement refoulée et refondue :
« 
Sans doute par honte ou par peur d’avoir été racistes, les Occidentaux ne veulent plus l’avoir été
et délèguent à des figures mineures, telles que Gobineau et Houston Chamberlain, la fonction de
boucs émissaires »,
remarquait Poliakov. J’ajouterai aussi, concernant
la France, par désir de
défendre mordicus ce qui constitue l’une des bases
de l’État nation hexagonal, à savoir le prétendu
universalisme issu des Lumières et le scientisme qu
i en est partie intégrante.
L
Cette négation de l’histoire du racisme républicain
, y compris sous couverture marxiste, fut, dès la
Libération, particulièrement assumée et propagée par le parti communiste français, installé jusqu’au
sein de l’université, sous la houlette de Maurice T
horez, « 
premier stalinien de France »
et ministre
d’État, puis sous celle de ses successeurs. Ce qui
était en phase avec l’apologie générale de la
démocratie au sortir de la boucherie mondiale, prés
entée comme la meilleure forme possible d’État
ou, du moins, comme le moindre mal face au fascisme
. En France, la réécriture de l’histoire profane
du racisme est, en quelque sorte, devenue la doxa o
fficielle depuis des décennies, ventilée et
rabâchée jusqu’aux bancs de l’école primaire au point qu’elle intoxique, à leur insu, bon nombre de
révoltés, adversaires de l’État républicain. Le degré d’intoxication est tel que, parfois, ils nient
l’importance prise aujourd’hui par les doctrines raciales recyclées qui, en règle générale,
n’apparaissent pas comme telles, mais sous de multi
ples costumes plus présentables, y compris
sous les blouses blanches de chercheurs, qui brisent des lances contre les remontées du racisme
d’antan, représenté par des cercles néo-fascistes tels que le Club de l’horloge. En la matière, l’absence de lois raciales, et même la condamnation
par la loi républicaine des propos racistes
relatifs, entre autres choses, à la hiérarchie à établir entre races – mais pas du terme de race lui-
même toujours inscrit dans la Constitution –, joue
le rôle de feuille de vigne couvrant l’extension du
racisme démocratisé à tous les étages de la pyramide sociale et étatique. C’est pourquoi il me
semble nécessaire de revenir sur la généalogie des
doctrines raciales en France pour en saisir le
sens, l’ampleur et ne pas les limiter aujourd’hui à
des avatars d’idéologies rétrogrades, fascistes,
voire religieuses. Bien que celles-ci n’aient pas disparu par magie et réapparaissent au grand jour,
1
parfois amalgamées aux doctrines progressistes, voire modernistes et post-modernistes. Ce qui est
le cas en France, en particulier du côté du PIR de façon caricaturale.
L’État, l’universalisme et le racisme
Aujourd’hui encore, le préjugé selon lequel les Lumières françaises auraient été étrangères, voire
hostiles, aux doctrines raciales de leur époque reste très répandu, y compris du côté des héritiers
marxistes et post-marxistes de l’universalisme républicain. Bien sûr, les plus conservatrices d’entre
elles sont nées, dès l’aube du XVIIIe siècle, au sein même de l’aristocratie, en réaction aux
prétentions croissantes du tiers-état, et même à ce
lles de l’absolutisme, chose signalée par
Montesquieu dans L’Esprit des lois
dès 1748. En 1734, c’est Boulainvilliers, dans
L’Essai sur la noblesse de France,
qui formalisa le mieux l’idée que la lutte de castes était aussi lutte de races, idée
reprise presque à l’identique par Gobineau, bien plus tard, en 1853, dans L’Essai sur l’inégalité des
races humaines.
Dans l’optique aristocratique, pour ne pas dire féodale, de Boulainvilliers, la caste
dominante en France était l’héritière de la race fr
anque qui, par la conquête, avait assis sa
domination sur les diverses castes autochtones composant la mosaïque des peuplades du futur
royaume de France, assimilables pour l’essentiel à
la race gauloise. Pour lui, le tiers-état était l’héritier
des Gaulois asservis, à juste titre, par les Francs
.
Les Encyclopédistes, puis, après la prise de la Bas
tille, les doctrinaires républicains comme
Sieyès, reprirent en partie à leur compte l’interprétation racialo-sociale de l’histoire de France, mais
en la retournant contre l’aristocratie et en la com
binant aux conceptions universalistes et étatistes
propres aux idéologues bourgeois, en gestation depuis la fin du XVII
e
siècle. Dans la tête de Sieyès,
la prise du pouvoir par la Convention, fondatrice d
e l’État nation républicain, et la liquidation du
pouvoir royal étaient justifiées non seulement par
le mythe de la souveraineté du peuple et aussi par
celui des origines gauloises du même État. Dans
Qu’est-ce que le tiers-état ?,
il appelle même le
« 
peuple souverain »
à renvoyer « 
dans les forêts de Franconie toutes ces familles qui
conservent la
folle prétention d’être issues de la race des conqué
rants et d’avoir succédé à des droits de
conquête ».
Il suffit de lire les discours de Saint-Just justif
iant le régicide – « 
Louis, étranger parmi
nous »
–, pour saisir l’importance de cette généalogie ima
ginaire de l’État hexagonal. Elle conduisait
déjà la Convention à distinguer, derrière les appel
s à la citoyenneté universelle contre les « 
tyrans »,
les « 
véritables citoyens »
de souche française des autres, considérés comme d
es pièces
rapportées. Au cours du XIX
e
siècle, des historiens libéraux, comme Augustin Th
ierry, voire
républicains, comme Jules Michelet, reprirent sans
la moindre distance les mêmes mythes relatifs à
l’origine de la lutte pour le pouvoir mené par le p
euple français, l’archétype, à leurs yeux, du peupl
e
révolutionnaire, contre l’aristocratie et la monarc
hie, lutte présentée comme modèle de portée
universelle et indépassable.
L’État, l’utopisme et le racisme
Il est donc absurde, voire dangereux, de prendre en
core aujourd’hui comme fil directeur la
prétendue opposition entre l’universalisme issu des
Lumières françaises, même sous pavillon
révolutionnaire, et les diverses doctrines raciales
de l’époque qui en furent, à des degrés divers,
partie intégrante, y compris parfois celles d’origi
ne aristocratique réinterprétées au goût du jour pa
r
les apôtres du jacobinisme. De même, il est absurde
et dangereux d’opposer la notion considérée
comme universelle d’espèce humaine, à titre d’ultim
e valeur refuge indiscutable, aux multiples
notions particulières qu’elle peut parfois inclure,
telles que celle de races humaines. C’est l’ensemb
le
de la taxonomie moderne créée à l’époque par Carl L
inné, présentée dans
Le Système de la nature
en 1758, taxonomie recyclée et adaptée aux nécessit
és de l’heure jusqu’à aujourd’hui, y compris par
les généticiens, qui est critiquable. Pas seulement
la catégorie de « 
variétés »,
pour reprendre les
termes de Linné concernant les races. En effet, loi
n de représenter quelque présumé ordre naturel, la
taxonomie, fixiste à l’époque, était calquée sur l’
ordre social effectif, comme le sont toutes les
représentations propres à la science. Ce qui reste
le cas des avatars évolutionnistes qui en découlent
encore, amalgamés aux axiomes de la génétique moléc
ulaire attribuant à l’ADN nucléaire – la
2
macromolécule contenue dans le noyau des cellules –
le rôle de porteur du « 
programme »
nécessaire à la constitution de la vie. Du moins se
lon l’interprétation cybernéticienne du génome qui
a encore cours en biologie moléculaire.
En France, au lendemain de la chute de l’ancien rég
ime, la taxonomie ne faisait que sanctifier la
hiérarchie spécifique à la société bourgeoise alors
en gestation, présentée, dans l’optique de ses
idéologues, comme le meilleur des mondes naturels p
ossibles. Ainsi, la consolidation de l’État nation
incluait celle du système colonial hérité de la mon
archie, secoué, dans les Antilles françaises, par d
es
révoltes d’esclaves. A l’exception notable de Condo
rcet et de membres de la Commune
insurrectionnelle, comme Chaumette qui, à la tête d
e sections de sans-culottes, comprenant des
esclaves affranchis, exigea de la Convention la fin
de l’esclavage dans les colonies, l’immense
majorité des conventionnels en demandait le maintie
n. Même des hébertistes comme Cloots,
« 
l’orateur du genre humain »,
alors même que, d’origine prussienne, il était cit
oyen d’honneur et
éligible à la Convention, partageait l’opinion de c
elle-ci au nom de la défense de la révolution
nationale contre « 
les despotes »
qui, en Europe, voulaient l’anéantir et sous le pr
étexte que les
« 
races d’esclaves n’étaient pas encore mûres pour la
liberté et l’égalité ».
C’est le même
universalisme aux connotations gauloises, associé a
u culte du progrès, qui fut repris par des
socialistes héritiers de la révolution française. C
ontrairement aux idées propagées encore aujourd’hui
dans des cercles marxistes, à l’époque, la concepti
on socialiste, et même communiste, de la lutte de
classe n’excluait pas en principe celle de la lutte
des races, pas plus que celle de lutte entre natio
ns.
L’universalisme avait donc lui-même des frontières,
celles de l’Europe. De même que la prétendue
classe universelle, celle des prolétaires industrie
ls, portée aux nues par les communistes autoritaire
s.
En particulier en France dans les sectes communiste
s adeptes de Saint-Simon.
Marx, et Engels à sa suite, a toujours prétendu qu’
il était l’exécuteur testamentaire, certes
critique, de Saint-Simon, « 
fils de la Révolution française ».
En 1880, Engels va même, dans
Socialisme utopique et socialisme scientifique,
l’une des pires brochures qu’il a rédigées, jusqu’
à
cirer les pompes de « 
l’utopiste »
de façon odieuse, qu’il présente comme l’une des p
rincipales
sources d’inspiration du marxisme. Je cite : « 
Concevoir la Révolution française comme une lutte de
classe entre la noblesse, la bourgeoisie et les non
- possédants était, en 1802, une découverte des
plus géniale. En 1816, il proclame la politique sci
ence de la production et il prédit la résorption
entière de la politique dans l’économie. Si l’idée
que la situation économique est la base des
institutions politiques n’apparaît ici qu’en germe,
le passage du gouvernement politique des
hommes à une administration des choses et à une dir
ection des opérations de production, donc
l’abolition de l’État, se trouve déjà clairement én
oncée ici. C’est avec la même supériorité sur ses
contemporains qu’il proclame, en 1814, immédiatemen
t après l’entrée des Alliés à Paris, et encore
en 1815, pendant la guerre des Cent-Jours, l’allian
ce de la France avec l’Angleterre et, en deuxième
ligne, celle de ces deux pays avec l’Allemagne comm
e la seule garantie du développement prospère
et de la paix pour l’Europe. Prêcher aux Français d
e 1815 l’alliance avec les vainqueurs de Waterloo
exigeait certes autant de courage que de sens de la
perspective historique. »
Je passe ici sur la conception de la disparition de
l’État comme passage du gouvernement des
hommes à l’administration des choses, déjà analysée
par de multiples auteurs critiques comme
Polanyi, utopie propre au capital et à l’État moder
nes, épaulés par le rôle accru que joue la techno-
science dans tous les domaines de la vie en société
. En la matière, dans l’optique civilisatrice et
scientiste de Saint-Simon, le progrès vers la paix
universelle consistait essentiellement à imposer au
monde la domination de l’Europe, à partir de la Fra
nce, y compris par la guerre universelle menée
par les « 
races européennes »
coalisées, « 
supérieures »
à l’ensemble des « 
races inférieures »
parce
que « 
porteuses du progrès ».
Car, pour lui, comme pour nombre de ses prédécesse
urs jacobins, les
Français étaient les héritiers des vertus industrie
uses attribuées aux Gaulois qui devaient priver du
moindre pouvoir les aristocrates parasites, issus d
es Francs. Par suite, les mêmes
Lettres de
Genève
dont Engels fait le panégyrique, après la reprise p
ar Saint-Simon de la conception de la lutte
des classes mâtinée lutte des races façon Sieyès, s
tigmatisent « 
les révolutionnaires français qui,
3
faute d’avoir pris en compte les phénomènes raciaux
enregistrés par les physiologistes, ont cru
pouvoir établir que les Nègres étaient égaux aux Eu
ropéens, ou le deviendraient grâce à l’éducation,
et, de ce fait, ont préconisé d’abolir l’esclavage »
.
D’où la proposition, portée par Saint-Simon et
Thierry quelques années plus tard, de faire la paix
en Europe pour pouvoir la déclencher ailleurs
contre les esclaves révoltés : « 
Plutôt que de se faire la guerre, les Français et le
s Anglais devraient
organiser des expéditions communes à Saint-Domingue
pour exterminer jusqu’au dernier des
Nègres qui ose porter la main sur des Européens. »
Comme le disait, avec humour, Poliakov dans
Le
Mythe aryen,
Saint-Simon fut le créateur du « 
socialisme à double détente » !
L’État, le marxisme et le racisme
Concernant Thierry, Marx a toujours prétendu qu’il
était « 
le père de la conception de l’histoire
comme lutte des classes »,
affirmation qui laisse pour le moins rêveur dans l
a mesure où, même
en 1840, dans
Les Lettres sur l’histoire de France,
donc après la révolution de 1830, Thierry
l’interprète dans l’esprit des historiens libéraux,
héritiers de Sieyès. Le mythe sur les origines rac
io-
sociales du peuple français y occupe la place de ch
oix. La position de Marx envers Thierry paraît
inexplicable. Mais elle ne l’est pas plus que celle
qu’il adopte envers Adam Smith, par exemple, le
principal père fondateur de l’économie considérée c
omme science. Car la conception matérialiste de
l’histoire est issue du progressisme, placé sous le
sceau de l’hégélianisme et du scientisme. Ce qui
signifie que le marxisme, même originel, reprenait
en partie à son compte les conceptions raciales
qui en étaient partie intégrante, avec des hésitati
ons lorsque leur origine aristocratique était évide
nte.
Bien sûr, Marx n’a jamais été partisan du racisme à
la Gobineau, pas plus que Tocqueville ne l’était
d’ailleurs, déjà parce que Gobineau le conservateur
faisait l’apologie du système des castes, y
compris des castes indiennes, et qu’il était donc h
ostile au progressisme et au démocratisme, bases
de l’État moderne. Mais les doctrines raciales liée
s à l’évolutionnisme, en particulier celles liées a
u
sélectionnisme de type darwinien, Marx et les marxi
stes n’avaient presque rien à leur reprocher.
D’autant plus que, en France, les évolutionnistes l
es plus en pointe comme Gustave Le Bon
penchaient vers l’athéisme, faisaient bien plus réf
érence à Malthus, à Lamarck, à Darwin et à
Spencer qu’à Gobineau, et que, loin d’appréhender l
es races dans les limites des « 
sciences de la
vie »,
telle la biologie, ils y mêlaient des considératio
ns tirées des « 
sciences de l’homme »,
telles
l’anthropologie, l’ethnographie, la philologie, la
psychologie et même l’histoire, comme l’affirmait L
e
Bon. Ces disciplines étaient marquées, à des degrés
divers, par le racisme d’obédience scientiste.
En France, Le Bon fut d’ailleurs l’inventeur du term
e de « 
races historiques »,
créées à partir des
« 
races originelles »
qu’il présentait lui-même comme « 
hypothétiques »,
après l’apparition du « 
genre
humain »,
vu les migrations et les échanges multiples réalis
és au fil du temps. Thèses raciales
particulièrement développées, en 1897, dans
Les Lois psychologiques de l’évolution des peuples.
Le
Bon était donc monogéniste, comme Gobineau d’ailleu
rs. Il n’empêche que, pour lui, la sélection, à
la fois naturelle et sociale, à partir du tronc com
mun originel, avait fini par favoriser la constitut
ion de
« 
races supérieures »,
porteuses du « 
progrès humain »
et donc habilitées à l’imposer au monde, par
la violence si nécessaire. Le mythe de l’hérédité d
es caractères acquis, y compris dans le domaine
de l’intelligence, était partie intégrante de la pe
nsée scientiste de l’époque et apportait évidemment
de l’eau au moulin du racisme évolutionniste.
De telles idées sur l’origine et l’évolution des ra
ces étaient très répandues en Europe, y compris
dans les cercles socialistes et communistes, en règ
le générale hostiles au conservatisme religieux,
favorables à l’athéisme et souvent même à la coloni
sation planétaire entreprise à partir de l’Europe
au nom du progrès et de la constitution, ou de la r
econstitution, du même genre humain dans
l’avenir. C’est pourquoi, toujours dans
Le Mythe aryen,
Poliakov, la bête noire des négationnistes
sous pavillon marxiste dans les années 1970, rappel
le que « 
les fondateurs du socialisme
scientifique ne pouvaient pas faire autrement que sit
uer les “civilisés” moralement et
intellectuellement au-dessus des “sauvages” précisé
ment parce qu’ils se pliaient au verdict de la
science de leur époque ».
4
En effet, du côté du marxisme originel, les prises
de position racistes, derrière le vernis
universaliste et progressiste à la mode prolétarien
ne, ne manquèrent pas, à commencer par celles de
Marx relatives aux Juifs. La liste des citations po
urrait être longue. Mais je me contenterais ici d’e
n
relever les plus caractéristiques, concernant l’acc
eptation, par les deux pères fondateurs du
marxisme, de la doctrine de l’évolution propre au d
arwinisme, avec ce qu’elle implique de
sélectionnisme dans le domaine de la détermination
des particularités attribuées aux races et de la
place à leur attribuer dans la classification linn
éenne. Dans le genre, les positions d’Engels,
partagées pour l’essentiel par Marx, relevaient pre
sque de la caricature du darwinisme social. Voir,
entre mille perles,
L’Origine de la famille, de la propriété et de l’Ét
at,
édité en 1884, dans lequel il
affirme que « 
c’est sans doute l’abondance de viande et de lait d
ans l’alimentation des Aryens et
des Sémites, particulièrement ses effets favorables s
ur le développement des enfants, qui explique
le développement supérieur de ces deux races par ra
pport aux autres. »
Ce qui expliquerait aussi
que « 
le cerveau des Indiens des pueblos du Nouveau-Mexiq
ue, presque entièrement nourri par des
végétaux, est plus petit que celui d’autres peuplad
es ».
Ou encore
La Dialectique de la nature,
daté
de 1892, dans lequel il prétend que, « 
en reconnaissant l’hérédité des caractères acquis »
,
la science
« 
montre que l’objet de l’expérience peut être étendu
de l’individu au genre »,
de telle façon que les
individus concernés peuvent, à des degrés divers, h
ériter, au sens de la biologie de l’époque, des
« 
capacités de leurs ancêtres ».
En conséquence de quoi, les « 
axiomes mathématiques »
sont
« 
évidents »
pour des bambins européens, mais pas pour des « 
Bushman africains ou des
Aborigènes australiens ».
Jusqu’à la fin de sa vie, en pleine période d’ascen
sion du darwinisme social, Engels proféra les
mêmes insanités, du genre « 
les races sont des données économiques »
dans sa lettre à Borgius,
de 1894, justifiant à l’avance les Lyssenko, Muller
et autres généticiens communistes, adeptes de la
transmission des prétendus caractères acquis, y com
pris par la sélection, le stockage et l’incubation
des cellules germinales d’individus présumés supéri
eurs au reste de l’humanité, telles que les
spermatozoïdes des prix Nobel ! Dans l’optique évol
utionniste propre au marxisme, Engels, à la suite
de Marx, annonça ensuite que les races seraient sus
ceptibles de disparaître lors de l’avènement de
la société communiste, grâce au brassage continuel
des populations et à l’extension de
l’industrialisation au monde entier. Car, selon la
célèbre formule de Marx, tirée de la
Préface à
l’introduction à la critique de l’économie politiqu
e,
datée de 1858 : « 
Les rapports de production
bourgeois sont la dernière forme antagonique du proc
essus social de la production. [...] Les forces
productives qui se développent au sein de la sociét
é bourgeoise créent dans le même temps les
conditions matérielles propres à résoudre cet antag
onisme. Avec ce système social, c’est donc la
préhistoire de la société humaine qui se clôt. »
Mais en attendant que « 
l’humanité entre dans le
monde de l’histoire enfin consciente d’elle-même »,
il fallait bien composer avec les doctrines
évolutionnistes, même racistes, qui représentaient
encore des facteurs de progrès, nécessaires bien
que limités, face à l’obscurantisme millénaire. Rema
rquables sophismes de la conception matérialiste
de l’histoire !
Par la suite, les maîtres à penser de la social-dém
ocratie, tels que Karl Kautsky, ne firent que
reprendre pour l’essentiel les mêmes thèses, adapté
es aux avancées de la science et amputées,
mais sans le dire, des conceptions les plus insoute
nables du marxisme originel. Ainsi, avec
l’apparition de la génétique mendélienne, à l’aube
du XX
e
siècle, et celle, concomitante, de la notion
de mutation, depuis lors combinée à celle de sélect
ion, les délires évolutionnistes sur la transmissio
n
des caractères acquis commencèrent à régresser, en
partie du moins. Pour le reste, dans la mesure
où le marxisme renouvelé avait toujours l’ambition
de prendre appui sur la science, y compris sur la
sociologie social-darwiniste alors à la mode, telle
s que celle de Ludwig Gumplowitz, Kautsky
n’hésitait pas à affirmer, dans
Les juifs constituent-ils une race ?,
publié en 1914 : « 
Des classes
différentes peuvent acquérir un caractère racial spéc
ifique. D’autre part, la rencontre de races
différentes, dont chacune s’est spécialisée dans une
occupation déterminée, peut avoir comme
résultat que chacune de ces races occupe une positi
on sociale différente au sein de la même
communauté. Il peut se faire que la race devienne cl
asse. »
Au plus, à la différence de Gumplowitz,
5
Kautsky reconnaissait que de telles races pouvaient
être mises sur le même pied, à la mode de la
démocratie en somme, là où l’auteur de
La Lutte des races
parlait de concurrence et de hiérarchie
entre elles au nom de « 
la survie des plus aptes »,
dans l’optique darwinienne, d’origine
malthusienne.
Kautsky était par excellence le mentor de l’immense
majorité des leaders de la social-démocratie
dite révolutionnaire et, à ma connaissance, aucun d
’entre eux n’éleva la moindre critique contre ses
thèses relatives aux races, Lénine compris. Lesquel
les thèses perdurèrent dans le Komintern, en
particulier dans celles relatives à la question nat
ionale et coloniale, dès le II
e
congrès mondial.
Komintern créé, aux dires de Lénine, pour rompre av
ec les « 
sociaux-traîtres »
comme Kautsky. Dans
l’optique de Lénine, les prolétaires industriels de
s pays « 
avancés »,
reprenant des « 
mains débiles
de la bourgeoisie le flambeau du progrès universel »
,
devaient « 
guider l’ensemble des races et des
peuples »
des pays « 
arriérés »
sur « 
la voie de la révolution prolétarienne »,
sans hésiter à tenir
compte de leurs préjugés, y compris religieux et, p
arfois, à les utiliser. Ainsi, les membres du
Komintern en Asie centrale pouvaient être musulmans
. Ce qui fut, en fonction des aléas de la raison
d’État, parfois reconduit par Staline. Il est à pei
ne besoin de démontrer le côté paternaliste et raci
ste
que renferment de telles thèses. Par la suite, les
théoriciens du communisme des conseils,
Pannekoek en tête, n’abordèrent jamais de front la
question du racisme, même à l’époque de la
prise du pouvoir par les nazis. Bordiga, en bon lén
iniste, rédigea, dans les années 1950,
Facteurs de
race et de nation dans la théorie marxiste,
dans l’esprit du maître, réédité en France, deux d
écennies
plus tard, par ses adeptes, en parallèle à l’éditio
n de
Auschwitz ou le grand alibi,
au grand dam des
individus les plus lucides de l’époque. Par suite,
il n’est guère étrange que des transfuges du
marxisme aux couleurs palestiniennes, tels que Éric
Hazan, fassent désormais l’apologie du PIR.
Les généticiens et le racisme
Avec l’acceptation, plus ou moins assumée, de l’uni
versalisme issu des Lumières, va celle du
scientisme, censé désormais apporter des preuves su
pplémentaires pour contrer le racisme. En
particulier, pour pas mal d’individus et de cercles
opposés au PIR, la notion de races stricto sensu
relèverait de la biologie d’antan, que la biologie
moléculaire, née à la fin des années 1940, aurait
permis de balayer. Idée qui relève de la forfaiture
pure et simple. Car, loin de dépasser les catégori
es
raciales antérieures, la génétique moléculaire a ju
ste permis de les refouler, de les digérer et de le
s
régurgiter sous des formes plus présentables, intég
rées à l’idéologie républicaine. C’est le cas, par
exemple, dans les ouvrages de vulgarisation relatif
s à la génétique des populations. Concessions à
l’air du temps, dans les préfaces, des généticiens
connus protestent contre le racisme. Puis, dans
les chapitres suivants, les vulgarisateurs utilisen
t sans complexe des catégories aussi suspectes que
celle de Caucasiens, datant de l’époque où fut, à l
a fin du XVIII
e
siècle, inventé le mythe aryen par
Blumenbach. Enfin, l’analyse de l’ADN humain, qui e
st d’ailleurs partielle, aléatoire et sujette à de
multiples interprétations successives, voire contra
dictoires, au sein même du cénacle des
généticiens, n’apporte aucune preuve de l’inexisten
ce des races. Pas plus, par exemple, que
l’analyse moléculaire de l’eau bénite est susceptib
le d’apporter la moindre preuve de l’inexistence de
Dieu. Croire à de pareilles fadaises, c’est déjà ac
cepter, au moins en partie, la conception
essentialiste, déterministe et réductionniste de la
vie humaine propre aux adorateurs de l’ADN, la
nouvelle entité immanente censée gouverner nos vies
. C’est, de façon plus générale, reconduire les
illusions scientistes issues des Lumières selon les
quelles les prétendues valeurs objectives de la
science permettent d’anéantir les préjugés subjecti
fs. Comme si la science était a priori imperméable
aux préjugés, préjugés racistes inclus, et n’en gén
érait pas par elle-même.
En réalité, jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mon
diale, l’immense majorité des biologistes et des
généticiens étaient eugénistes et même racistes san
s le moindre complexe. C’est à partir de telles
bases que les nazis purent pousser les délires scie
ntistes à leur paroxysme et effectuer en gros et en
détails leurs multiples expériences exterminatrices
in vivo, dans l’indifférence quasi générale des
chercheurs de l’époque. C’est seulement après la co
ndamnation officielle d’Auschwitz par l’Unesco,
à partir de la fin des années 1940, que les biologi
stes et les généticiens commencèrent à châtier leur
6
langage, en remplaçant, par exemple, le terme suspe
ct de race par celui, plus neutre, de population,
voire par celui d’ethnie emprunté à l’anthropologie
. Depuis lors, en Europe, seules quelques
poignées d’entre eux, considérés comme des nostalgi
ques du nazisme, défendent des positions
ouvertement racistes. La plupart de leurs collègues
sont des démocrates qui affirment que les races
sont sociales, qu’il n’y a pas de hiérarchie à étab
lir entre elles et que leurs extrapolations actuell
es
sur la relative homogénéité de l’ADN humain fournir
aient enfin la preuve de l’inanité de la stricte
séparation de l’humanité en races. Mais, à y regard
er de plus près, leur ligne de défense commune
consiste surtout à affirmer que la science, grâce à
la cartographie d’échantillons de quelques
dizaines de milliers de génomes individuels effectu
ée depuis à peine dix ans, repousse désormais
l’idée de races pures. Comme si les doctrines racia
les à la mode étaient réductibles à de telles
caricatures antédiluviennes. Gobineau lui-même ne c
royait pas vraiment à l’existence de telles races,
sinon dans quelque passé lointain remontant au Délu
ge, races depuis lors « 
corrompues »
par des
millénaires de « 
métissages »
cause de leur « 
dégénérescence ».
Concernant l’ADN, rien n’exclut
d’ailleurs que, dans le proche avenir, des analyses
plus poussées et plus larges, en termes
d’individus et de populations concernés, révèlent q
ue leurs génomes respectifs sont bien plus
hétérogènes qu’on ne le prétendait jusqu’alors. Ce
qui commence déjà à pointer dans les dernières
tentatives de modélisation du génome en cours. Voil
à qui anéantirait d’emblée l’argumentaire
scientiste sur lequel prennent appui les adeptes du
progressisme hostiles au racisme.
Aujourd’hui, l’immense majorité des généticiens son
t partisans de l’eugénisme préventif et
contrôlé par l’État, par exemple via la prétendue m
édecine prédictive et individualisée destinée, à
leurs dires, à « 
améliorer le génome humain ».
Voire partisans du contrôle étatisé des migrations
planétaires, auquel leurs recherches probabilistes
sur l’ADN fournissent du grain à moudre. Comme
l’affirma en 1996, dans
Qui sommes-nous ?,
le malthusien Cavalli-Sforza, chantre de la généti
que
des populations la plus sophistiquée, officiellemen
t hostile aux doctrines raciales d’antan et
organisateur, la même année, de la réunion au musée
de l’Homme du gratin des généticiens
stigmatisant la déclaration de Jean-Marie Le Pen su
r l’inégalité des races humaines. Le même
Cavalli-Sforza félicita l’État chinois post-maoïste
, comme nombre de ses confrères, pour les mesures
dictatoriales destinées à « 
contrôler la qualité et la quantité des naissances
 »
et à « 
contenir la
démographie explosive des Chinois qui risquent de c
hasser le reste de l’humanité de son espace
vital » !
Le péril jaune, en quelque sorte. En réalité, ces
beaux parleurs sont partisans, à des degrés
divers, du racisme à visage humain qui, sous l’appa
rence d’études inoffensives sur « 
les origines
ancestrales des groupes humains »
et « 
leurs répartitions géographiques en fonction des zon
es
continentales »
– pour citer encore Cavalli-Sforza –, est le corol
laire de l’eugénisme démocratisé et
individualisé qui a le vent en poupe aujourd’hui. D
e plus, les plus connus et les plus médiatisés
d’entre eux jouent le rôle de conseillers d’État, v
oire des rôles analogues auprès d’institutions
mondiales comme l’ONU. Par suite, il n’est pas diff
icile de comprendre à quoi servent les comités de
bioéthique auxquels ils participent, véritables écr
ans de fumée destinés à rendre acceptables toutes
les mesures coercitives de l’État visant à contrôle
r et à punir les individus, à commencer par la
constitution de fichiers de police.
En guise de conclusion
Telles sont les raisons essentielles pour lesquelle
s je trouve indéfendable la position, adoptée dans
des milieux marxistes ou post-marxistes, ou encore
par tel ou tel cercle anarchiste qui en accepte les
prémisses, pour stigmatiser le racisme décomplexé d
u PIR. En résumé, donc, elle consiste, pour
l’essentiel, à opposer l’universalisme présumé révo
lutionnaire, épaulé par la science, à titre de lign
e
de défense ultime, au particularisme, y compris à c
elui marqué par le racisme, sponsorisé par les
idéologues du PIR et leurs supporters, ceux-ci parf
ois traités en bloc de post-modernistes.
Elle est indéfendable aussi pour deux raisons suppl
émentaires. Premièrement, les idéologues du
PIR ne sont pas, hélas, des imbéciles. Ils savent à
l’occasion faire référence aux thèses léninistes s
ur
l’importance des « 
facteurs nationaux, religieux et raciaux »
dans « 
la lutte contre le colonialisme »
pour racoler des gauchistes et post-gauchistes hexa
gonaux à la recherche de sujets radicaux
7
« 
indigènes ».
Deuxièmement, Michel Foucault lui-même commença à
critiquer au cours des
années 1970, dans les interventions au collège de F
rance nommées
Il faut défendre la société,
l’idée
de « 
races sociales »
comme propre au « 
biopouvoir »
et comme l’une des conséquences du
« 
racisme d’État »,
né à l’époque de la prise du pouvoir par la bourge
oisie, puis repris et développé
par le social-darwinisme. Je reproche beaucoup de c
hoses à Foucault, mais sûrement pas ça !
Lorsque le PIR et ses aficionados, y compris tels o
u tels adeptes tardifs du post-modernisme,
reprennent à leur compte la notion de races sociale
s, ils révèlent au contraire dans quelle mesure ils
restent subordonnés au corps de doctrine qui justif
ie l’existence de l’État nation. A l’image des
doctrinaires comme Sieyès, ils retournent comme des
gants les idéologies qu’ils sont censés
combattre. Comme elles, ils assignent les individus
à des catégories propres au monde de la
domination du capital et de l’État, ici celle de ra
ces sociales.
Par suite, en prônant la lutte des races sociales e
t en soutenant à l’occasion telles ou telles
études savantes sur les origines ancestrales, le PI
R, en guise de rupture avec l’idéologie « 
blanche »,
en est revenu à quelque chose qui ressemble à la lu
tte des races de Gumplowicz, épaulée par le
biologisme ! Récemment, j’ai cité, à l’occasion de p
olémiques menées contre le PIR, le passage
suivant : « 
Certaines classes diffèrent entre elles par la natur
e des éléments ethniques qui se sont
rencontrés pour former chacune d’elles. La différence
entre ces classes se maintient facilement
parce que, étant à la fois anthropologique et morale
, elle permet aux classes et castes de se fermer
sur elles-mêmes et de s’isoler les unes par rapport
aux autres. »
Les contradicteurs, futurs
sociologues adeptes de la « 
déconstruction »
à la mode de Paris VIII, trouvèrent la citation ex
cellente
et tentèrent de justifier le séparatisme qui règne
dans des colloques récemment tenus à l’université
et ailleurs. Or, la citation était tirée du
Précis de sociologie
de Gumplowicz, reprise par Kautsky, sans
le moindre commentaire défavorable, dans
Évolution dans la nature et dans la société
en 1906.
Gumplowicz, l’idéologue de la domination européenne
sur le reste du monde et l’un des pères de ce
que l’on appelle aujourd’hui l’ethno-différencialis
me ! Beau progrès que celui réalisé par le PIR !
Lequel ne représente aucune menace pour l’État et j
oue seulement le rôle de contre-feu. C’est donc
à ce titre qu’il est nécessaire de le combattre. Pa
s comme exception à la prétendue règle d’or de
l’idéologie républicaine qui, nous venons de le voi
r, lui procure en partie non négligeable le stock d
es
préjugés qu’il adapte à ses fins, haine des Juifs c
omprise. Dans le cas contraire, la critique du PIR
et
de ses acolytes, réduite comme peau de chagrin, ris
que d’apporter de l’eau au moulin des apôtres
de l’État laïque et républicain. •

André Dréan
POUR CORRESPONDRE : NUEE93 (a) FREE.FR

BRÈVE BIBLIOGRAPHIE
« Le Bréviaire de la haine, le III
e
Reich et les Juifs », Léon Poliakov, 1951.
« Le Mythe aryen, essai sur les sources du racisme
et des nationalismes », Léon Poliakov,
1971.
« Critique de la sociobiologie, aspects anthropolog
iques », Marshall Sahlins. 1978.
« Raison utilitaire et raison culturelle, au cœur d
es sociétés », Marshall Sahlins, 1980.
« Nous ne sommes pas programmés », Richard Lewontin
, Steven Rose, Leon Kamin, 1985.
« Biology as Ideology, The Doctrine of DNA », Richa
rd Lewontin, 1991.
« Histoire de la notion de gène », André Pichot, 19
98.
« La société pure, de Darwin à Hitler », André Pich
ot, 2000.
8


posté le 6 juin 2017  par André Dréan  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
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Commentaires
  • le PIR ne représente aucune menace pour l’État et joue seulement le rôle de contre-feu. C’est donc à ce titre qu’il est nécessaire de le combattre.

  • Non, ce terme : « race », cette idée n’est pas une banalité, une désignation anodine entre d’autres. Ce n’est pas une « évidence » qui serait en soi neutre et dont l’usage social pourrait être selon les circonstances « bon » ou « mauvais », selon les occurrences, pernicieux ou indifférent. L’idée de catégoriser le genre humain en entités anatomo-physiologiques closes est une étrange chose dont on s’étonne qu’en se créant, puis en acquérant une complexité croissante, elle n’ait pas soulevé une grande méfiance. [...]

    Le succès actuel de la notion de différence est si ambigu qu’on la trouve soutenue aussi bien des racistes classiques que d’anti-racistes. Et que, parfois, les racisés et dominés eux-mêmes s’en réclament et prétendent la cultiver. C’est que la différence est en position d’hériter de tout ce qui autrefois était porté par la notion de race elle-même : la spécificité de chaque groupe humain. Sans doute l’idée de différence tente-t-elle de briser avec l’impératif de naturalité physique qu’avait imposé la notion de race. Elle est certainement, en ce sens, un essai de briser la rigidité du système de pensée raciste. Mais elle est également accueillante à tous ceux qui persistent à penser en termes raciaux sans plus oser prononcer le terme de race. Par censure, par prudence politique ou tout simplement par cynisme, ils savent bien que, « différence » ou « race », il reste entendu quelque chose sur la spécificité « naturelle » des groupes humains. Car on ne détruit pas les couches antérieures d’un système de pensée en retranchant quelque élément, mais plutôt en modifiant la configuration et en introduisant quelque nouveau trait. [...]

    Nos processus inconscients ne connaissent pas la négation. Un fait affirmé ou un fait nié ont, de ce point de vue, exactement le même degré d’existence, nos systèmes perceptifs inconscients ne font pas la différence, et le nié comme l’affirmé sont présents de la même façon dans notre réseau affectivo-intellectuel. Parlez de race, il en restera toujours quelque chose... La « race » est une notion aussi peu conceptuelle, abstraite et froide que possible, elle est donc concernée au premier point par la part inconsciente de nos mécanismes de connaissance et de relation avec les autres êtres humains. Les idéologues racistes l’ont toujours parfaitement su, et c’est pourquoi aujourd’hui ils réitèrent leur propos. [...]

    L’idée de race, cette notion, est un engin de meurtre, un engin technique de meurtre. Et son efficacité est prouvée. Elle est un moyen de rationaliser et d’organiser la violence meurtrière et la domination de groupes sociaux puissants sur d’autres groupes sociaux réduits à l’impuissance. [...]

    COLETTE GUILLAUMIN
    « Je sais bien mais quand même » ou les avatars de la notion « race »
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14412

    Les idéologues racistes(*) l’ont toujours parfaitement su, et c’est pourquoi aujourd’hui ils réitèrent leur propos.

    (*) ceux du PIR, de la BAN, de Juifs et Juives Révolutionnaires etc etc

    + 1 !

  • Une fois pour toutes, arrêtez de pleurnicher !

    Les « anarchistes(TM) » demandent du débat ! En gros : « Casser, c’est pas bien, surtout sans expliquer, il faut débattre. » Ça rappelle quelque chose...

    Toute cette bande de radicalistes qui en appelle maintenant à la solidarité, voire au « cordon sanitaire » : parce que débattre et discuter, même discordialement, c’est ce qu’on doit faire, dans « nos milieux », en bons révolutionnaires(TM+R) ; mais, là, attention, c’est allé trop loin, on pourrait presque dire que c’est... violent !
    Alors, ces vrais révolutionnaires (ça chôme ferme, là, depuis quelques siècles, non ?), sans concessions et tellement « subversifs(c) », veulent une union sacrée — proférant presque des menaces à l’encontre des « lâches (sic) » qui les entourent :

    « Ce qu’on aura laissé faire aujourd’hui à la Discordia, on le paiera très cher plus tard. »
    « D’ailleurs, à supposer que la lâcheté cesse de servir de boussole, chacun le sait très bien, en particulier tous ceux qui ne cessent d’affirmer comme une évidence, mais dans les couloirs, un refus intransigeant du racialisme, sans pour autant le faire exister, en parole ou en actes, d’une manière ou d’une autre, ouvertement. »

    Et ça cause comme un démocrate :

    « Manifestement les débats que ces attaques veulent empêcher doivent avoir lieu (...) »

    Comme un premier ministre ! :

    « Quelques ignorants, sans doute. Qui peut sérieusement assumer cette attaque, à part de quelconques hooligans perdus dans l’aire contestataire, la tête bourrée de la confusion en cours ? Soubresaut mécanique d’un muscle crispé par un réflexe pavlovien à la vue du verre ? »

    « Ces coups de marteaux, qui ne sont en eux-mêmes, qu’un geste à l’allure radicale (...) »

    On était habitué à un haut degré de contradiction et d’absence de pertinence mais, là, c’en est consternant.

    Soit. Malgré les quelques manifestations un peu poussives, voire forcées, de solidarité (« Ce n’est pas bien et ça ne doit plus arriver. »), et le véritable racket opéré sur les termes « anarchistes » et « révolutionnaires » à longueur de temps, chacun aura constaté l’inoffensivité de cette petite entreprise, aussi radicale que névrosée, et aura peut-être pensé passer, un jour, dans ce haut lieu (temple ?) de la subversion, pour voir s’il était possible d’y trouver, dans une brochure ou l’autre, un truc un peu vif sur l’époque. Ou pas.

    Pour se détendre, rions un peu :

    « Récit du premier mai 2016 à Paris : Des anarchistes profanent le cortège libertaire.
    1er mai 2016. Comme chaque dimanche c’est le marché de la Place des Fêtes. Comme chaque 1er mai c’est le super-marché des organisations libertaires. Toujours la même routine, les mêmes mines résignées, les mêmes slogans tristes, les mêmes banderoles mythomanes ("Kill capitalisme", "Grêve, pillage, sabotage") »

    Alors, ça riposte avec des slogans qui déchirent et pas-du-tout-toujours-les-mêmes et très-pas-mythomanes :

    "Ni Dieu ni maître", "A bas toutes les religions", "L’argent pourrit nos vies, mort au capitalisme", "Tant qu’il y aura de l’argent il n’y en aura jamais assez pour tout le monde"..., "Travaillons à détruire le monde du travail".

    « nous, anarchistes, sommes et resterons contre toute autorité. »
    Suivi d’un petit guide du bon « casseur ».

    Si vous voulez vraiment vous infliger tout le bazar :
    http://www.non-fides.fr/?Recit-du-premier-mai-2016-a-Paris-Des-anarchistes-profanent-le-cortege

    Sinon, d’autres étaient déjà passés par ici :

    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article10895&lang=fr#forum4676
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article10895&lang=fr#forum4686
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article11003&lang=fr#forum5005
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article11010&lang=fr#forum5117

    Sincères condoléances.

      • le PIR ne représente aucune menace pour l’État...il est nécessaire de le combattre.
  • Beau progrès que celui réalisé par le PIR !

    Lequel ne représente aucune menace pour l’État et joue seulement le rôle de contre-feu. C’est donc à ce titre qu’il est nécessaire de le combattre. Pas comme exception à la prétendue règle d’or de l’idéologie républicaine qui, nous venons de le voir, lui procure en partie non négligeable le stock des préjugés qu’il adapte à ses fins, haine des Juifs comprise. Dans le cas contraire, la critique du PIR
    et de ses acolytes, réduite comme peau de chagrin, risque d’apporter de l’eau au moulin des apôtres de l’État laïque et républicain

  • En 1734, c’est Boulainvilliers, dans - L’Essai sur la noblesse de France- ,
    qui formalisa le mieux l’idée que la lutte de castes était aussi lutte de races, idée
    reprise presque à l’identique par Gobineau, bien plus tard, en 1853, dans L’Essai sur l’inégalité des races humaines.

    Dans l’optique aristocratique, pour ne pas dire féodale, de Boulainvilliers, la caste
    dominante en France était l’héritière de la race franque qui, par la conquête, avait assis sa domination sur les diverses castes autochtones composant la mosaïque des peuplades du futur royaume de France, assimilables pour l’essentiel à la race gauloise. Pour lui, le tiers-état était l’héritier des Gaulois asservis, à juste titre, par les Francs

    • En règle générale, les individus et les cercles, même radicaux, hostiles à juste titre aux prises de position du PIR, y voient des résurgences des doctrines raciales de Gobineau, voire de celles d’Hitler, ce qui est pour le moins restrictif.

    Car, comme le soulignait déjà Léon Poliakov, en 1971, dans Le Mythe aryen, à la suite du « cataclysme hitlérien » des notions aussi répandues depuis l’époque des Lumières que « la supériorité civilisatrice occidentale », « le plus souvent conçue comme congénitale, voire aryenne », furent en partie mises à l’index.

    Dès les lendemains de la Seconde Guerre mondiale, elles furent presque exclusivement attribuées à des idéologues nazis, ou proto-nazis.

  • Quelques analyses autour des "anti-racialisateurs", de la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords (cf.1) à Marseille et des responsabilités politiques des sites d’infos marseillais (MIA (cf.2) et Mille Bâbords).

    Depuis plus d’un an une campagne politique acharnée et réactionnaire est menée par les « anti-racialisateurs ». Diffusion de textes, brochures, émission de radio, collage, perturbations.
    Ielles ont la prétention (et le culot) de se présenter en fins connaisseurs des mouvements politiques qui luttent contre le racisme et comme si ces questions politiques leurs tenaient vraiment à cœur.
    S’autoproclamant comme les vrais révolutionnaires et les vrais anti-racistes, ielles sont parties en croisade pour défendre la pureté de l’idée révolutionnaire contre l’ « idéologie racialiste » (qu’ielles ont inventé de toute pièce), qui serait en train de s’infiltrer dans « les organisations et milieux politiques qui vont de l’extrême gauche jusqu’aux libertaires ».
    Cette prétendue « idéologie » n’apporterait que du confusionnisme et serait le symptôme de la perte de perspectives révolutionnaires. Elle ferait infiltrer dans ces milieux des idées racistes (camouflées en progressistes), à travers l’utilisation de mots et catégories qui viennent du pouvoir (« race ») ou de leurs dérivés (comme « racisé-e », etc), et qu’on devrait donc rejeter en bloc si on est des vrais.
    Ielles essaient de nous faire croire que toutes les personnes qui utilisent ces mots sont pareilles et défendent le même discours. Elles sont toutes racistes. Des ennemies à combattre et à éliminer des milieux qui se veulent révolutionnaires.
    Mais tout n’est pas perdu, vu qu’ielles sont arrivées pour sauver et pour défendre ces milieux !
    Alors vite, il faut faire comprendre à tout le monde qu’à cet endroit-là se situerait le point de rupture, autour duquel il y a urgence à se positionner, pour se donner la possibilité de rouvrir des vraies perspectives révolutionnaires.

    Sans blague ?! Merci de nous protéger de ce grand danger, tout en essayant de nous apprendre la vie et la révolution. Bien essayé, mais raté.

    S’ielles connaissaient vraiment les mouvements anti-racistes et décoloniaux et s’ielles s’intéressaient vraiment aux différents systèmes d’oppression, ielles sauraient sans doute que des débats et des questionnements existent déjà autour de l’utilisation de mots créés par le pouvoir pour parler du racisme structurel et pour analyser l’oppression qui va avec. Ielles sauraient aussi que des débats existent depuis des années dans certains milieux féministes sur l’équilibre à trouver entre la volonté de mettre fin aux oppressions et la volonté de nommer et d’analyser ces mêmes oppressions ; sur comment dépasser les catégories créés par le pouvoir (qui participent à entretenir les oppressions), tout en prenant en compte le fait que ces mêmes catégories permettent aussi de nommer et d’analyser ces oppressions. Parce que ça ne suffit pas de ne plus en vouloir et de ne plus les utiliser pour que ça fasse disparaître les effets et les conséquences concrètes qu’elles produisent dans la réalité.
    Alors pas la peine de faire les messies qui apporteraient la bonne parole pour éclairer les pensées.
    Personne vous a attendu-es pour réfléchir à ces questions. Et surtout, personne n’a besoin de votre avis ni de votre validation.
    Ceci dit, je crois qu’il y a une différence fondamentale entre complexifier ou critiquer certaines applications des grilles d’analyse des oppressions et dominations, tout en voyant et en comprenant l’importance et la valeur de leurs apports, et le faire, à l’inverse, avec l’objectif de s’attaquer à ces grilles d’analyse dans leur totalité, pour les rejeter en bloc. Et c’est justement là qui se trouve le cœur du problème.

    En effet, le problème politique le plus important par rapport aux « anti-racialisateurs » n’est pas leur ignorance autour de toutes ces questions, mais leurs intentions politiques.
    C’est certes très désagréable et malvenu quand, en connaissant très mal ce dont elles parlent, ces personnes se sentent légitime non seulement de pondre des pages et de pages, faire des émissions de radio, des affiches, ect. Et, en plus, de le faire d’une manière super arrogante et méprisante.
    Mais, qui plus est, ielles vont jusqu’à traiter de « racistes » toutes les personnes qui, pour lutter contre le racisme structurel, essaient d’analyser et de critiquer la « race » comme une construction sociale utilisée pour hiérarchiser les individues sur la base de marqueurs physiques/biologiques et/ou ethno-culturels.
    À grands coups d’amalgames absurdes, de déformations des discours des autres, de raccourcis réducteurs, les « anti-racialisateurs » mettent dans le même sac toutes les personnes qui utilisent le mot « race ». De l’extrême droite au PIR, de la gauche anti-raciste aux mouvements dé-coloniaux, c’est toutes les mêmes. Aucune différence dans les idées, les analyses, les discours portés, les perspectives. Face à autant de confusionnisme, de manipulations et de mauvaise fois, on ne peut pas ne pas comprendre que leurs intérêts et intentions politiques sont toutes autres que celles qu’ielles affichent.
    Il ne faut pas être dupes. Leurs crachats confusionnistes ne visent pas à s’attaquer au racisme, qu’ielles n’utilisent, en bon politicien, que pour redorer leur pilule. Ielles sont, en réalité, en train de s’attaquer à certaines visions politiques auxquelles ielles font parfois allusion mais qu’ielles ne nomment jamais explicitement.

    Ce que les « anti-racialisateurs » sont en train de faire, c’est s’attaquer aux visions et analyses politiques qui, depuis des décennies, essaient de politiser toutes les sphères de la vie et du quotidien pour montrer que les rapports d’oppression et de domination ne se réduisent pas au seul champ économique, ni sont seulement véhiculés par l’État. Ielles sont en train de s’attaquer aux analyses qui considèrent ces rapports d’oppression et de domination comme quelque chose qui traverse tout le monde, que certaines personnes subissent en même temps que d’autre en bénéficient.
    Par la même occasion, ils s’attaquent donc aussi aux implications politiques de ces analyses : comme le fait que les « ennemis » ne sont pas seulement les bourgeois, ni seulement « les autres », les caricatures du raciste ou du macho ; comme le fait que les milieux soi-disant révolutionnaires ne sont pas en dehors de la société mais qu’ils sont aussi traversés par tout ça ; comme l’idée que c’est aux opprimé-es, en tant que groupe social, de définir l’oppression qu’ielles subissent (et donc aussi décider de comment en parler) ; comme le fait que la non-mixité soit pensée comme un outil politique d’émancipation (sans oublier que ça relève tout simplement d’une logique autoritaire de se permettre de dire à d’autres comment ielles devraient s’organiser pour lutter).

    Ces analyses sont des apports des luttes de libération et d’émancipation menées par des opprimé-es, qui ont dû se battre depuis des décennies (et ça continue encore) au sein des milieux révolutionnaires pour que leurs réalités et leurs vécus d’oppressions soient pris en compte comme quelque chose qui existe, qui est politique et qui a autant d’importance que les effets du capitalisme et de l’État. Comme une condition pour pouvoir exister entièrement dans ces mouvements révolutionnaires.
    Ces luttes ont permis de prendre conscience et de mettre en lumière l’existence de ces oppressions, c’est à dire de voir l’oppression là où on ne la voyait pas avant, parce qu’on considérait l’état des choses comme normale, comme relevant de l’ordre naturel.
    L’offensive des « anti-racialisateurs » n’est dans le fond rien de nouveau ni de très original, vu qu’elle n’est rien d’autre qu’un mouvement de « réaction », dans le sens de conservateur et réactionnaire, à l’émergence, à l’existence et au renforcement de ces visions politiques et de leurs implications. Pour ne pas devoir voir ni prendre ses responsabilités dans ces autres systèmes de dominations. Ou, pour certain-es, pour pouvoir continuer à bénéficier de ses privilèges sans avoir à se remettre en question et sans qu’on les fasse chier.
    Alors non, ce qui est en train de se jouer n’est pas un débat, tout comme ce n’est pas une guerre de chapelle ou une bataille pour l’hégémonie. C’est insultant de voir les choses de cette manière.
    Parce que vouloir nier ces oppressions, leurs effets et leurs implications, ou remettre à nouveau en question leur portée politique, n’est pas juste une opinion, mais participe pleinement de l’oppression elle-même.

    C’est pour tout cela que je considère qu’il faut réagir à leur offensive et ne pas laisser de place aux idées réactionnaires qu’ielles essaient de diffuser.
    Depuis quand, pour les révolutionnaires, tout serait discutable et entendable ?
    Non, la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords n’était pas un débat, mais la dernière étape de leur campagne politique nauséabonde.
    Face à ces crachats insultants et méprisants qui véhiculent des idées à vomir et qui puent le moisi, ça me paraît donc tout à fait compréhensible et souhaitable que des gentes décident de ne pas laisser passer cet énième affront.

    C’est pour tout cela que je comprends très bien la colère des personnes racisé-es qui sont venues à Mille Bâbords pour empêcher que la soirée ait lieu. Comme celle des autres personnes (dont je fais partie) venues pour s’opposer à ce pseudo-débat ou qui essaient de différentes manières de leur barrer le chemin.

    C’est pour tout cela que je ne soutiendrai jamais les lieux et les espaces, physiques ou virtuels, qui permettent une existence et une visibilité à ces discours gerbants.
    Parce qu’en faisant cela, ielles cautionnent ces discours. Parce qu’en faisant cela, ielles deviennent une partie du problème et non de la solution.

    Plutôt que de jouer les victimes de violences incompréhensibles et de vous étonner naïvement que des conséquences vous tombent dessus, plutôt que jouer les défenseurs de la liberté d’expression et du débat démocratique et vous poser au dessus de tout le monde, plutôt que de vous cacher derrière vos chartes remplies de mots que vous videz de leur sens et de leur profondeur politique, prenez vos responsabilités et assumez les conséquences de vos choix.
    Plutôt que de pointer la violence visible des personnes qui ripostent à une oppression, regardez déjà la violence « invisible » que vous véhiculez et dont vous ne vous rendez même pas compte tellement elle fait partie de la normalité.
    Ce n’est pas possible de limiter les analyses de la conflictualité politique et de la violence au seul champ économique. Ni de les arrêter devant votre porte.

    On ne vous laissera pas nous renvoyer dans le placard ou parmi les oublié-es de la révolution !

    une personne blanche – novembre 2016

    ps : Je ne me suis pas attardé dans ce texte sur les faits qui se sont déroulés dans la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords. Le communiqué concernant l’action menée contre la discussion prévue ce soir-là décrit déjà assez bien ce qu’il s’y est passé, contrairement aux autres textes remplis de victimisme, de mensonges et de mauvaise fois.

    Notes :

    1 - Mille Bâbords est une « Médiathèque Alternative, un lieu dédié à la promotion et à la connaissance des différents mouvements de luttes sociales », ainsi qu’un site d’infos et luttes à Marseille

    2 - Marseille infos autonomes : « site collaboratif d’infos et luttes à Marseille »

    https://nantes.indymedia.org/articles/36245

  • - En règle générale, les individus et les cercles, même radicaux, hostiles à juste titre aux prises de position du PIR, y voient des résurgences des doctrines raciales de Gobineau, voire de celles d’Hitler, ce qui est pour le moins restrictif.

  • 9 juin 23:19

    « Sionisme et judaïsme ne sont pas la même chose, mais deux idées différentes et sûrement contradictoires. La Terre d’Israël a besoin d’une immigration sélective : le sionisme n’est pas une œuvre de bienfaisance. Nous avons besoin de juifs de « qualité supérieure ». Cependant, je crois que l’antisémitisme, qui représente parmi les masses un courant puissant et inconscient, ne portera pas tort aux juifs. Je le tiens même pour un mouvement utile du point de vue de la formation du caractère des juifs. Il constitue l’éducation d’un groupe par les masses et conduira peut-être à son absorption. C’est à force de se durcir qu’on est éduqué. » « Les antisémites seront nos amis les plus dévoués et les pays antisémites nos alliés. »

    Théodore Herzl, cité par Hannah Arendt

    "Il est devenu difficile par les temps qui courent de nommer les choses par leur nom de peur de se prendre une « fetwa » des bien- pensants pour qui toute critique d’Israël c’est de l’antisémitisme et à ce titre beaucoup de pays européens en ont fait un délit passible d’amende, voire de prison avec au minimum pour ceux qui veulent avoir une visibilité, une extinction sociale. Comment alors nommer les choses sans s’attirer les foudres ? Comment passer à travers les gouttes de pluie du conformisme ambiant qui veut qu’Israël c’est la modernité et la liberté et c’est le dernier rempart de l’Occident en terre orientale baignant dans le chaos. Les paroles de Theodor Herzl, fondateur de l’Etat juif en puissance, sont pour nous une révélation car on peut comprendre que le moteur de la politique israélienne a comme carburant l’antisémitisme des autres, cela rend les Israéliens plus forts tout en faisant condamner les contrevenants par la police de la pensée occidentale…"

    http://www.afrique-asie.fr/une-verite-a-marteler-l-antisionisme-n-est-pas-de-l-antisemitisme/

  • Cette négation de l’histoire du racisme républicain, y compris sous couverture marxiste, fut, dès la Libération, particulièrement assumée et propagée par le parti communiste français, installé jusqu’au sein de l’université, sous la houlette de Maurice Thorez, « premier stalinien de France » et ministre d’État, puis sous celle de ses successeurs. Ce qui était en phase avec l’apologie générale de la démocratie au sortir de la boucherie mondiale, présentée comme la meilleure forme possible d’État ou, du moins, comme le moindre mal face au fascisme. En France, la réécriture de l’histoire profane du racisme est, en quelque sorte, devenue la doxa officielle depuis des décennies, ventilée et rabâchée jusqu’aux bancs de l’école primaire au point qu’elle intoxique, à leur insu, bon nombre de révoltés, adversaires de l’État républicain. Le degré d’intoxication est tel que, parfois, ils nient l’importance prise aujourd’hui par les doctrines raciales recyclées qui, en règle générale, n’apparaissent pas comme telles, mais sous de multiples costumes plus présentables, y compris sous les blouses blanches de chercheurs, qui brisent des lances contre les remontées du racisme d’antan, représenté par des cercles néo-fascistes tels que le Club de l’horloge.

    En la matière, l’absence de lois raciales, et même la condamnation par la loi républicaine des propos racistes relatifs, entre autres choses, à la hiérarchie à établir entre races – mais pas du terme de race lui-même toujours inscrit dans la Constitution –, joue le rôle de feuille de vigne couvrant l’extension du
    racisme démocratisé à tous les étages de la pyramide sociale et étatique. C’est pourquoi il semble nécessaire de revenir sur la généalogie des doctrines raciales en France pour en saisir le sens, l’ampleur et ne pas les limiter aujourd’hui à
    des avatars d’idéologies rétrogrades, fascistes, voire religieuses. Bien que celles-ci n’aient pas disparu par magie et réapparaissent au grand jour, parfois amalgamées aux doctrines progressistes, voire modernistes et post-modernistes. Ce qui est le cas en France, en particulier du côté du PIR de façon caricaturale.

    L’État, l’universalisme et le racisme

    Aujourd’hui encore, le préjugé selon lequel les Lumières françaises auraient été étrangères, voire hostiles, aux doctrines raciales de leur époque reste très répandu, y compris du côté des héritiers marxistes et post-marxistes de l’universalisme républicain. Bien sûr, les plus conservatrices d’entre elles sont nées, dès l’aube du XVIIIe siècle, au sein même de l’aristocratie, en réaction aux prétentions croissantes du tiers-état, et même à celles de l’absolutisme, chose signalée par
    Montesquieu dans L’Esprit des lois dès 1748.

    En 1734, c’est Boulainvilliers, dans L’Essai sur la noblesse de France,
    qui formalisa le mieux l’idée que la lutte de castes était aussi lutte de races, idée
    reprise presque à l’identique par Gobineau, bien plus tard, en 1853, dans L’Essai sur l’inégalité des races humaines.
    Dans l’optique aristocratique, pour ne pas dire féodale, de Boulainvilliers, la caste
    dominante en France était l’héritière de la race franque qui, par la conquête, avait assis sa domination sur les diverses castes autochtones composant la mosaïque des peuplades du futur royaume de France, assimilables pour l’essentiel à la race gauloise. Pour lui, le tiers-état était l’héritier des Gaulois asservis, à juste titre, par les Francs

  • Depuis les attentats, on voit déferler un « retour » de la haine raciale la plus décomplexé caché sous les apparats de la beauferie et de la bonne morale : liberté d’expression, défense de la culture moderne, rejet de la barbarie. Depuis des années un virage intellectuel s’opérait. Riposte laïque incarne un paroxysme de cette nouvelle manière d’être un raciste respectable, un raciste qui rejette l’obscurantisme et le communautarisme des autres. PS, LR et FN défendent en effet la laïcité et les valeurs universelles contre les ténèbres. Mélenchon se déclare ouvertement « islamophobe ». Bref la mode est au racisme et on n’hésite plus à se mettre au goût du jour même dans des milieux ou jusque là c’était plutôt mal vu… Rien d’étonnant à ce que cette vague pénètre l’extrême-gauche et les milieux anarchistes et autonomes. Bien heureusement, cette vague reste presque anecdotique, même si le peu de surfers quel charrie restent tous assez affligeant

    Racisme anarcho gauchiste : panorama d’un micro-monde burlesque

    Au départ curiosité presque risible ce courant aussi étonnant que marginal tente aujourd’hui d’exister. Déjà des intellectuels de supermarché pseudo libertaires comme Onfray ou Michéa ont servi de caution nanar au racisme mainstream. Il y a bien sûr des franchouillards à la FA qui dès le « bal tragique cher Charlie » s’étaient mis du coté des tirailleurs xénophobes armés de crayon, au garde-à-vous, en vociférant à qui voulait l’entendre leur soutien sans faille. On voit aussi des groupes paillards de la CGA (le groupe Albert Camu, ca ne s’invente pas) qui prennent le même revers. Ils ont décidé de créer l’Organisation Anarchiste sans doute en référence à une organisation homonyme d’antan connu pour son antisémitisme et son rejet de la franc-maçonnerie. Autre époque, autre mœurs l’OA est désormais l’organisation officielle des nanarchistes islamophobes et qui s’assument comme tel. C’est donc dans cette atmosphère d’apéro saucisson pinard que nos explorateurs des théories farfelues entendent se lancer dans l’ultime croisade. Mais, bien que moins nombreux, les plus braillards et de loin les plus amusants, se sont les fantaisistes qui prétende émerger de « l’autonomie radicale » : non fides et discordia pour les anarcho identitaire et vostanite, garap et racialisateur go home (scission pro colonial du rca) pour les ultra rouge brun. Ravage édition, qui avait déjà affligé pour sa xénophobie, s’est fait virer d’infokiosque et leur sert de maison d’édition. Des ruines est leur journal. Même si ils multiplient les publications et les coquille vide pour se donner les apparats d’être autre chose qu’un microcosme groupusculaire, personne n’est dupe… ils sont 4 pelés à se ronger l’os nerveusement. Personne ne pourra nous accuser de jouer les « journaflic » pour avoir ouvertement dépeint ce micro monde tant leur inactivité (hors obsession raciste) désabuse jusque aux policiers les plus zélés.

    On pourrait évoquer les cautions intellectuel de la démarche tel que les dépouilles du situationnisme tendance réactionnaire chiant, le florilège de blog culturalo-libertaire ou autres « écrivains libertaire » à la réputation sulfureuse (pro pédophile et négationniste repentit), tous aime à se rouler dans la haine ethnocentriste dés qu’ils peuvent en avoir l’occasion.

    Il existe bien sur certaines divergences entre les micros sectes, et les gourous ne sont pas unanimes. Certains condamnent l’islam au nom de la défense du féminisme (comme il est convenu de le faire a la télé) certains, plus populistes encore, condamnent le féminisme. Il en est de même avec l’antisémitisme : les plus avisés feront ce qu’il est d’usage cher les colons bien pensant : utiliser la lutte contre l’antisémitisme pour développer l’islamophobie, les plus archaïques (mais plus conséquent dans leur logique) considéreront la notion d’antisémitisme comme « racialiste » (ils sont heureusement peu nombreux). Ces deux factions ont d’ailleurs déjà commencé à se taper entre eux (tant mieux !).

    Mais qu’est ce qu’il leur a pris ? Comment ces micro-sectes qui jusque la n’avait que la réputation d’apathiques asociaux ont pu dériver vers le populisme ? C est que l’anti anti-islamophobie, l’anti anti-fachisme, l’anti anti-impérialisme voir pour les plus illuminés l’anti-féminisme est devenu pour eux les ultimes apparats d’une posture propre aux errements d’une radicalité imaginaire et sans cause. La posture et la radicalité verbale leur servent de démarcation presque aristocratique. La misanthropie constituait le minimum de la panoplie des anarcho-tristes et autres gaucho-chiants (bien au delà de ce petit groupe malheureusement). Ce nouveau style verse maintenant dans le populisme crasse. On espère que la mode va tourner et qu’on verra les singes savants et leurs perroquets adopter de nouveau déguisements moins nauséabonds.

    Des arguments Massu : les arguments d Aussares ?

    Comment peuvent t’ils distorsionner une pensée anarchiste ou communiste plutôt connu pour son ouverture aux autres en une arme de xénophobie ? Il fallait en effets des argumentaire solide à leur saillis littéraire abondante.

    - Être contre l’islamophobie c’est soutenir l’Islam des ayatollahs des frères musulmans et du CCIF, la culturalisassions du débat politique, c’est faire le jeu du « retour du religieux » et de son obscurantisme, c’est encourager Daesh. C’est se faire l’ennemi des communistes et anarchistes ou autres critiques vis-à-vis de l’islam dans des pays de culture musulmane. C’est une hérésie a l’orthodoxie athéiste a la quelle il faut croire…
    - Entre contre le racisme c’est reconnaitre l’existence des races, c’est être « racialiste » c est soutenir le PIR, c’est abandonner la lutte de classe au profit d’une posture victimaire et acritique qui n’existe pas en vrai car les races n’existe pas… C’est être l’idiot utile de SOS racisme. C’est abandonner la critique de l’exploitation au profit de la critique intégrationniste de la discrimination, c’est sombrer dans l’essentialisme des heures les plus sombres.
    - Être contre l’impérialisme c’est soutenir les Khmer Rouge, Poutine et Bokassa c’est abandonner la lutte de classe au profit d’une posture victimaire et a critique du « colonisé » qui n’existe pas en vrai car l’impérialisme n’existe pas… la division internationale du travail non plus… C’est soutenir les états, les partis et les chefs de guerre du tiers monde.

    C’est donc fort de ces trois argument que nos identitaires se lance à l’assaut de leur ennemi imaginaire les « racialistes » et autres « religieux ».

    Que dire ? Il est évidant que ce qui est profondément nié, ce qui leur est impossible à accepter c’est de se voir comme des bouches nourries de l’impérialisme (comme nous tous ici, les migrants ne viennent ils pas ici pour prendre leur part du gâteaux que « nous » consommateurs moyens, nos états et son RSA, son SMIC, ses lois sociales et son armée, pillons chez eux ?), des privilégiés, des xénophobes ras du front (ca c’est pas tout le monde ici , c’est un choix qu’ ils ont fait), des évangélisateurs laiquards, des modernistes conquérants. Ce qui est étonnant c’est que la nature des fantasmes qu’ils projettent sur le milieu est similaire à celle que les pires théoriciens du grand remplacement ou de la menace djihadiste projettent sur les classes populaires. Leur source d’inspiration est somme toute assez vulgaire.

    Pour ce qui est de leur littérature abondante, souvent caustique, il faut le reconnaître. Ce qui est peut-être le plus tumultueux c est l’esthétique populo clouscardienne face à la « post modernité universitaire ». L’anti intellectualisme est toujours salutaire, nous savons pourtant qu’il faut le manier avec précaution. Enfin alors que le milieu radical a su éviter les illusions d une « post » modernité culturaliste et libéral à la sauce « cultural studdy » ou « Foucault markéting », leur velléité à toute attaque de la modernité ne reflète en réalité que leur propre « ethnocentrisme qui s’ignore » sous les apparats de « l’universalisme abstrait ». Ils défendent, en somme, l’identité européenne et universelle du progrès conquérant. Rien de bien nouveau sous le soleil de fRance, il suffit d allumer la télé pour regarder Luc Férry , Soral ou Zémour porté ce genre de sous analyse. Leur seule « critique », leur unique différence d’avec la pensée dominante ce serait que les frontières et catégories des états, cultures ou religions divisent la sacro-sainte humanité universelle. Des modernistes de gauche en somme. Ce qui est surprenant c’est que leur peur de « l’identité comme essentialisation » les rattache a cette post modernité qu’ils détestent tant… le paradoxe n’effraie pas les con.

    Nous autres, somme du coté du négatif, pas besoin d’idéologie du progrès pour attaquer l’ennemi. La haine qu’expriment les opprimé-e-s à l’encontre des profiteurs, des complices et des tièdes ne nous fait pas peur, elle nous stimule. Voila ce qui nous différencie à coup sûr de ces citoyennetés qui s’ignorent, comme qui dirait « Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux. »

    Les hauts faits d’arme des « chasseurs de racisé·e·s »

    Il faut rendre justice au courage de nos explorateurs de la radicalité fictive, ils pratiquent l’action directe.

    Ils ont osé se dissocier de la marche de la dignité. Ils ont eu le courage de dire « tout haut ce que tout le mode pence toux bas ». Ceux qui marchaient contre le racisme et les violences d’Etat serait du coté de la « lutte des races contre la lutte des classes ». Les chiens de garde insultent à grand renfort d’affiche a la con en papier glacé, heureusement arraché ou recouverte par des hommages à Zied et Bouna. Ils auraient pu aller au fond de leur propos et affirmer que la marche de la dignité était une marche de « raciste anti blanc » comme il est de bon ton de la définir un peu partout …

    Ils ont osé en plein mouvement (chacun ses priorités) s’attaquer (tags, intimidation, « blague » raciste) au groupe non-mixte de l’université P8 Saint Denis déjà décrié par la Licra, l’assemblée nationale et l’extrême-droite.

    WOUAW !!!

    Que peut-on dire de leur acte dans le concret ? On ne peut que constater leur rejet de l’auto organisation / autonomie des prolétaires immigrés qui devraient être, selon eux, encadré par des civilisateurs anarcho-gauchiste sans origine ni identité car universels.

    Pour beaucoup, il est très difficile de ne pas voir leur fait de guerre comme de simples « agressions » soft, d’analyser leur geste comme l’appendice libertaire d’un racisme larvé et somme toute banal.

    Paranoïa, calomnie et victimisation

    Le milieu « autonome » serait selon ses détracteurs identitaires, remplis de religieux, de post modernes et de racialistes. Il est évident que la nature obsessionnelle de l’accusation les pousse à combattre des fantômes qui n’existe que dans leur tète. Ils sont inquiets, font des scandales dans des squats, des réunions ou des fêtes, obséder par le moyen de provoquer un conflit, de dépister et de condamner… Ils font des procès en sorcellerie a toutes et tous. C est une inquisition sans les moyens de l’être…

    Pourtant, personne dans nos milieux ne prétend abandonner la lutte de classe au profil de la race, personne ne défend l’obscurantisme religieux… Ils se marginalisent donc tout seul en calomniant à tour de texte long ou se ridiculisent à coup de tractation malhabile.

    En s’attaquant à tout le milieu autonome, ils ne s’y sont pas fait des amis. Le fait est que tout le monde déteste ces anarcho-identitaires. Tout le milieu a mis, spontanément, un peu partout, comme un cordon sanitaire autour d’eux, ils sont ostracisé, ou essuient les railleries, les moqueries. On les voit se séparer peu à peu d’amis de longue date. Leurs coups d’éclats et leur comportement ne les ont pas aidés. Bien sur il y a eu quelque soutien en province, mais ceux qui ont fait allégeance, peut être par chantage affectif, souvent ne connaissent pas l’embrouille et beaucoup se repentent déjà de s’être mis à défendre des racistes.

    Personne ne sait qui a attaquer leur librairie a la con où personne ne va jamais, a part visiblement pour casser soit des vitrines, soit du sucre sur le dos des musulmans. Ce non lieu est une sorte de nouvelle Vielle Taupe (on retrouve dans ce micro monde pas mal d’ancien plus ou moins repentit) qui a troqué l’antisémitisme pour l’islamophobie. ils sont cramé et le resteront pour longtemps

    On comprendra toutefois que les réactions officielles doivent laisser place à une certaine solidarité de façade (sans mauvais jeux de mots) « on ne peut pas casser comme ca des vitrines d’une libraire anarcho-identitaire ». On remerciera toutefois les « mutus » de nous avoir épargné le flot de bassesses qui accompagne chacune de leur déclaration pour ne publier, discrètement, que ce que « la neutralité » impose : le strict minimum. Toutefois, s’il y a une critique à faire de ce cocasse bris de vitrine c’est qu’il a servis à faire un coup de pub. L’audience des ces zigotos a été démultiplié depuis qu’ils ont su s’adonner au racisme le plus immonde… il suffit de versé dans le populisme pour faire du buzz mais la posture de victime en plus … ca c’est tip top… Bien sur personne ne participe a leurs débats « ouvert », a leur tentative de « médiation » par peur d être assimilé a eux voir même d’apparaitre comme trop complaisant. En somme ils se brouillent tout les jours un peu plus avec le peu de gens qui les considèrent autrement que comme de simple raciste a éviter.

    Le plus amusant est aujourd’hui de les voir se diviser : même un des fondateur de la Discordia a quitter le groupe de quatre personne qui l’animaient, tant l’obsession de ses camarades lui semblait insupportable.

    Mais qu’est ce que on va faire avec ces vieux coqs et jeunes oies édifiantes ?

    L’heure n’est pas à une escalade de violence, ni à essayer de tuer les cadavres. A quoi servirais de renforcer un ostracisme déjà presque unanime ? On ne pourrait que les renvoyer à leurs propres obsessions. Non, il faut les aider !

    Oui, on a tous dans notre famille ou au travail des personnes qui dérivent, qui croient au illuminatis ou aux reptiliens. Et bien non, on ne pourra pas abandonner ces personnes à la merci de la haine raciste et du confusionnisme abscons. Comme qui dirait : « On vous aidera avec bienveillance, on ne vous laissera pas tout seul face à votre bêtise ». Avec le temps de l’eau passera sous les ponts peut être nous oublierons, peu être même nous pardonnerons…

    Des personnes sans couleurs car universelles, universitaires bourgeoises, hooliganisés, qui fantasment sur les banlieues et veulent se convertir a l’islam, car victimes de « la haine de soi » propre au post moderne illusionnés par une fausse critique compatible avec les idéologies de l’état du capital.

    PS : Nous somme des lâches anonymes, des loups solitaires en plein processus de radicalisation (appeler tout de suite Stop Djihadisme au 0 800 00 56 96 )

    https://grenoble.indymedia.org/2016-09-19-Surfer-sur-les-vaguelettes-de-la

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