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troll
L’islamophobie n’est pas une opinion, la confusion qui vient
posté le 14/06/17 Mots-clés  antifa  Peuples indigènes  répression / contrôle social 

Des suites politiques de la vague d’attentats de janvier 2015 à Paris. Il ne sera pas tant question ici de la vague d’attentats meurtriers qui ont frappé la France en ce mois de janvier 2015 que de leurs conséquences probables en terme de confusion et d’instrumentalisation politique. L’actualité nous aura quelque peu précipité à rentrer dans le vif d’un certain nombre de sujets qui devenaient de toute façon de plus en plus urgents à aborder.

Il ne sera pas question ici non plus de notre « émotion » ou de « notre indignation », de « barbarie » ou encore « d’obscurantisme ». Il est très facile de s’indigner moralement ou de produire des manifestations d’émotion lorsque celles- ci n’engagent à rien parce qu’il s’agit d’un événement auquel on n’est absolument pas relié directement par sa position sociale. L’émotion est tout sauf spontanée, elle est au contraire révélatrice des préjugés sociaux, comme l’indignation sélective a une signification politique et sociale, elle est révélatrice des rapports de force et des positions occupées par ceux qui l’expriment. Elles ont également une fonction objective dans les formes d’instrumentalisation et de mobilisation qu’elles permettent de mettre en place. C’est le seul avantage des grands drames spectaculaires que de faire apparaître les lignes de fractures sociales sous les proximités idéologiques apparentes. A ceux qui pensent que les différences dans les réactions à propos des événements meurtriers de janvier 2015 auraient pour origine une question de morale personnelle nous disons tout net, au risque de les froisser, qu’elles ont une explication sociologique.

Chaque drame médiatique sert d’exercice d’alerte pour tester les capacités de mobilisation des classes dominantes en cas d’urgence. En l’occurrence, l’exercice est plus que réussi. Personnellement, notre première réaction après les événements a été de faire de l’humour sur la tuerie, notamment en publiant, via notre page Facebook, un détournement d’image, comme l’auraient fait, et l’avaient déjà fait en des occasions similaires, la rédaction de Charlie Hebdo. Nous nous moquons éperdument de nous situer dans un quelconque héritage vis-à-vis de ce journal, mais il ne nous apparaît pourtant pas inutile de le souligner au vu des réactions que cela a suscité de la part de soit- disant « Charlie » qui nous ont immédiatement sauté au cou : se démarquer des instrumentalisations fonctionnant au chantage affectif et revendiquer son indépendance et son esprit critique par la satire était tout de même une des marques de fabrique de Charlie Hebdo. Ce journal se revendiquait « bête et méchant », et ne manquait jamais de faire sa Une en ironisant sur des tragédies meurtrières, comme, encore récemment, l’assassinat de plus de 500 frères musulmans en Egypte, ou le crash d’un avion de ligne ayant fait 238 morts.
Il est intéressant de noter que toute tentative de recul un tant soit peu critique autour du contexte général dans lequel cet événement s’inscrit s’est vu opposer la réaction instinctive et systématique :

« Oui mais quand même c’est une tragédie et personne ne mérite de mourir comme ça… »

Personne n’a jamais prétendue le contraire mais l’on voit bien que la gravité de certains événements fonctionne comme une chape de plomb empêchant toute réflexion. Et c’est précisément dans ces moments-là que la distanciation, via l’humour, l’irrévérence et la satire ont une fonction critique indispensable.

Il peut être de bon ton de montrer son « émotion », son « indignation » ou sa « stupéfaction » à tous les passants, voir sa « pensée- à- l’égard- des- familles- tout- ça », dans le plus pur style académique de l’éditorialisme journalistique, si l’on a quelque chose à vendre, ou si l’on souhaite faire l’économie facile de la réflexion de fond pour noircir du papier. Ce n’est pourtant pas ce à quoi la gravité des événements devrait inciter, parce que ce genre de démonstration, outre son aspect souvent ridicule et indécent, n’a pas le moindre intérêt critique. Au contraire, comme nous venons de le dire, et comme nous l’avons encore une fois vérifié, l’émotion met une chape de plomb sur l’événement et empêche le recul. Ironie du sort : tout- ce à quoi les différentes manifestations d’émotion de ces derniers jours ont finalement abouti est d’avoir transformé un journal soit- disant irrévérencieux en emblème de la bien-pensance.

Le rôle que nous nous sommes assigné en tant que webzine satirique est de provoquer une réflexion, via l’humour et la satire, et parfois aussi le sérieux, sur des faits sociaux dont la signification nous paraît politique, nous touche directement en ce sens qu’elle met en jeu notre position sociale, qu’elle implique des conséquences pour nos vies et nos luttes. En l’occurrence, mis à part la teneur antisémite de la prise d’otage de l’hyper- casher de Vincennes, la seule signification politique que nous voyons dans les évènements de ce début janvier, et beaucoup l’ont compris eux aussi, c’est leur potentielle instrumentalisation islamophobe, antisémite et sécuritaire, instrumentalisation qui a déjà commencé un peu partout en France à partir de ces multiples tueries. La tuerie de Charlie Hebdo elle- même, en dehors de la tragédie humaine et de son éventuel contenu moral, n’a pas une grande signification politique intrinsèque, mis à part ses conséquences.

Cependant, la façon dont on a pleuré spécifiquement la mort des journalistes et des policiers, au milieu des autres victimes, et la façon dont le journal Charlie Hebdo a été érigé en symbole, traduit bien le fait que la solidarité qui s’est exprimée à cette occasion est une solidarité de classe et nous en voulons pour preuve, outre la composition sociale des manifestations, la façon dont le flicage a aussitôt été resserré dans les quartiers populaires autour de « l’apologie du terrorisme » et notamment dans les écoles autour du non- respect des minutes de silence imposées, et qui s’est traduite par une mise en collaboration étroite des institutions scolaires et policières. Les classes populaires ont massivement boudé les manifestations « Je suis Charlie », et les réactions d’indifférence, d’agacement, voire de satisfaction vis-à-vis des attentats, si elles ont été montées en épingle dans la presse pour stigmatiser les classes populaires, n’en sont pas moins une réalité. Les rédacteurs du journal Article 11 ont beau jeu de déclarer « cracher à la gueule » de ceux qui se sont réjoui des attentats, mais encore une fois il ne s’agit pas de l’expression d’une somme de divergences de « moralité personnelle » chez des individus épars mais de l’éruption d’une ligne de fracture sociale. Si la haute bourgeoisie et les classes- populaires ont leurs formes de sociabilité et de solidarité, le sentiment de « communauté » est ce qui manque le plus aux classes- moyennes, elles sont donc extrêmement sensibles aux appels à la « communion de masse », et il est très facile d’instrumentaliser cette nostalgie diffuse de la « communauté » par un discours patriotique et moraliste. Les manifestations de masse (plus de 4 millions de personnes dans toute la France) témoignent aussi bien du pouvoir de mobilisation détenue par les classes dominantes que de la matière première qu’elles utilisent : le désir de tout en chacun de se sentir exister et de manifester une appartenance commune à « quelque chose ».
Comme nous refusons catégoriquement de porter un jugement moral sur ceux qui se sont instinctivement réjouis des attentats, pour tenter plutôt de mettre en relief ce discours avec la position sociale de ceux qui l’expriment, nous en ferons de même en refusant de cracher sur ceux qui ont éprouvé le besoin de manifester « Je suis Charlie ». Certains des manifestants exprimaient quelque chose de réel et de positif, à notre sens, au milieu cependant de toute la potentielle confusion de préjugés islamophobes et d’impensés politiques qui allaient avec.

Mais tout le pouvoir d’instrumentalisation des médias et du champ politique réside dans ce minuscule glissement entre ce que les manifestants exprimaient, et voulaient exprimer, et ce qu’on leur faisait dire.

Au-delà de cet aspect idéologique et psychologique vient, en dernière analyse, l’aspect social : les classes- moyennes intellectuelles et les travailleurs de la fonction publique tirent leur position sociale, leur légitimité et leur valorisation de l’Etat ; défendre l’Etat c’est défendre leurs propres intérêts, on ne doit donc pas s’étonner du fait que cette catégorie de population se range facilement derrière lui à son appel. Faire des victimes de Charlie Hebdo les emblèmes particulières de cette mobilisation d’Etat c’était, outre le fait de jouer sur la solidarité de classe, choisir le meilleur emblème pour en faire l’arbre destiné à cacher la forêt. Celle- là même que nous nous proposons ici de commencer à défricher.

« L’intolérance religieuse » que tout le monde s’est accordé à fustiger à la faveur de ces attentats n’a, en France, historiquement rien à voir avec l’Islam. Au contraire, elle a pris depuis bien longtemps, dans notre pays, le visage de l’athéisme et de la laïcité, et elle réside déjà dans le fait de ne pas laisser les individus vivre leurs croyances dans la paix et dans le respect. Au-delà, elle sert plus concrètement à stigmatiser les classes populaires et, parmi elles, les immigrés des anciennes colonies françaises et, encore plus spécifiquement parmi eux, les femmes. En France l’islamophobie constitue le cheval de Troie du racisme colonial, en maniant le discours culturel et religieux à la place du vieux discours biologiste désuet. Les médias déshumanisent une partie de la population, celle- là même qui est déjà la cible de toute la violence du racisme post- colonial, du mépris de classe, du contrôle social (scolaire ou policier), en plus de l’exploitation économique … violence diffuse et invisible pour les classes dominantes et leur indignation sélective qui révèle leur position privilégiée. Les stigmatisations répétées et infâmante de ceux qui confondent « critiquer les institutions sociales qui oppriment sous couvert du discours religieux » et « critiquer les discours religieux tout court » ont contribué à de graves amalgames. Elles se sont inscrites dans le prolongement des acharnements policiers à l’encontre des populations musulmanes, ou apparentées, en France ; soit la matraque et la moquerie sous couvert de laïcité et de liberté d’expression, liberté qui ne concerne évidemment que les bourgeois blancs des centres- ville. Malheureusement cette « liberté d’expression » n’existe pas dans l’absolu, il n’y a que le « pouvoir » de s’exprimer, et celui- ci est à la fois le moyen et l’enjeu d’un rapport de force social.

Il est faux de dire qu’on « ne peut plus rire de tout en France », par contre nous espérons que ceux qui se permettent de rire de n’importe quoi sans réfléchir aient un peu à en assumer les conséquences politiques et acceptent de s’exposer à la critique et à la contradiction. Il n’y a pas « impossibilité de rire », mais il est normal, si l’on a la prétention de faire de la provocation, que celle- ci suscite un débat systématique, et tout défenseur de la « liberté d’expression » devrait s’en réjouir. Faire un journal ce n’est pas juste « faire des dessins » mais posséder des moyens de production symbolique, donc des responsabilités quant à la violence et aux formes d’oppressions qui peuvent en découler lorsqu’on a un public. Et la violence symbolique est bel et bien une des multiples formes de violence sociale, et la capacité de son exercice est une forme de pouvoir. Ceux qui opposent le crayon de la « liberté d’expression » à la kalachnikov ont oublié que les mots aussi sont des armes, et que le rire peut être aussi l’arme des puissants : l’humour n’est pas intrinsèquement subversif, la plupart du temps même, comme toute expression culturelle, il sert à véhiculer les normes sociales dominantes. Petit rappel : les cibles habituelles des « blagues » en France sont les femmes, les juifs, les gens issus de l’immigration coloniale et les homosexuels, c’est-à-dire les principales cibles de la violence sociale structurelle et quotidienne.

Charlie Hebdo, de « libertaire », a fini par s’enliser dans ce tournant réactionnaire symptomatique d’un enlisement général de la gauche, y compris « libertaire », dans le repli identitaire beauf, sexiste, raciste, homophobe, antisémite, frustré de ne plus pouvoir « rire de tout comme avant », c’est-à-dire des femmes, des juifs, des immigrés et des homosexuels. Or, être de « gauche », au sens d’avoir une lecture de classe de la société, n’a jamais empêché personne d’être antisémite, raciste, sexiste ou homophobe. On rappellera, au besoin, l’obsession d’un Wolinski pour les « femmes », représentées de façon systématique comme des objets sexuels, y compris pour illustrer des affiches de parti de « gauche » comme le PCF, ou pour soutenir des mobilisations sociales comme le mouvement des retraites. Il ne s’agit pas de rajouter de la confusion à la confusion en taxant Charlie Hebdo d’être devenu un journal d’extrême- droite, ou en le comparant à « Minute », mais il était symptomatique d’un virage réactionnaire de la gauche qui traduit, au-delà d’une lecture purement idéologique, la crispation de la classe- moyenne intellectuelle en période de crise économique et sa tendance à se rabattre sur les boucs- émissaire habituels.

Les temps sont à la confusion et, au-delà de la gauche institutionnelle, le milieu militant radical, qui a la prétention de livrer des analyses politiques, ne doit pas faire l’économie d’une autocritique quant au rôle qu’il peut jouer dans cette confusion. La première de ces confusions sur laquelle il nous semble impératif de revenir est l’utilisation, totalement déplacée, du terme de « fascisme » pour qualifier les attentats, et qui révèle le contenu essentiellement moraliste et la fonction fourre- tout de ce mot, qui a entre autres pour fonction de subsumer toutes les luttes d’émancipations spécifiques, censées se fondre en lui comme autant de ses nombreux sous- produits. Le « terrorisme islamique » n’est pas une menace politique en France, et n’a rien à voir avec le « fascisme », quoiqu’en pensent le Ministère de l’Intérieur et les pseudo- libertaires / vrais islamophobes qui n’ont pas peur de dire n’importe quoi en dénonçant le « fascisme religieux ». A ceux- là nous conseillons d’ailleurs de relire un peu Daniel Guérin pour une analyse du « fascisme » qui ne se résume pas à « fascisme = être méchant et tuer des gens ».
On rappellera que le fascisme est un mode de mobilisation de masse, antisocial et nationaliste, fonctionnant avec l’appui de la bourgeoisie en période de gestion de crise du capitalisme, dont il est également un mode de gouvernement historiquement spécifique. Il ne se confond pas, et ne peut pas être confondu, en France, avec les actes isolés de quelques illuminés groupusculaires, si meurtriers que soient leurs agissements, et il n’est, historiquement, pas religieux, il n’a même rien à voir avec la religion. Même si le nazisme, le franquisme et le fascisme italien ont entretenu des accointances plus ou moins étroites avec les institutions religieuses, dans la mesure où elles étaient en même temps des institutions politiques (comme le Vatican), le fascisme ne se confond pas avec ce que l’on peut appeler le « fanatisme religieux » (terme lui-même très idéaliste). Ce qui définit le « fascisme » ce n’est ni le nombre de morts ni un contenu moral à donner à des actes mais une forme de rationalité politique spécifique. Ça ne veut pas dire que tel ou tel événement meurtrier serait plus ou moins « grave » qu’un autre sur le plan humain ou moral, ça ne signifie pas qu’il faudrait les hiérarchiser mais cela signifie qu’il faut savoir être capable de prendre du recul émotionnel et se défaire du moralisme pour interroger la signification politique dont les événements sont porteurs, analyser leurs spécificités pour pouvoir être éventuellement en mesure de les combattre efficacement, à supposer qu’ils aient à l’être par les militants.

Le confusionnisme antifasciste ne cible d’ailleurs pas uniquement les musulmans : il ne nous paraît pas inutile de mettre en parallèle la dérive de l’utilisation du terme de « fascisme » par certains libertaires pour qualifier les attentats de ces derniers jours, avec une autre dérive récente, qui révèle le côté très « français » de ce prétendu « antifascisme ». L’an dernier le CAPAB organisait une conférence « Sionisme et fascisme », proprement scandaleuse rien que dans son intitulé : scandaleuse parce qu’en France, c’est exactement l’inverse, à savoir l’antisémitisme qui a toujours constitué une passerelle vers l’extrême- droite. Peu de temps après, une banderole du même tonneau « Contre le sionisme et le fascisme » était brandi par l’AFA-PB en manifestation. Alors que l’antisémitisme constitue encore et toujours, en France, le fer de lance de la mobilisation fasciste dans les classes populaire, notamment via le complotisme, et alors que les mouvements menés par des personnalités comme Dieudonné et Soral connaissent une popularité croissante, on ne peut pas en dire autant de la critique de l’antisémitisme dans les milieux antifascistes. Cette question demeure totalement ignorée ou traitée avec un souverain mépris, quand les « antifascistes » n’en rajoutent pas encore à la confusion en mettant de « l’antisionisme » à toutes les sauces sans aucune réflexion de fond. Se prétendre antifascistes en France, à l’heure actuelle en délaissant le combat contre l’antisémitisme, et en contribuant à la confusion qui règne autour de « l’antisionisme » ne peut plus être considéré seulement comme une erreur politique : il s’agit malheureusement d’une manifestation de cet antisémitisme structurel qui caractérise la société française, y compris à gauche et à l’extrême- gauche. S’il peut- être de bon ton, en milieu militant, d’accepter (au moins publiquement, et simplement en parole) l’idée que tout en chacun demeure structurellement raciste, sexiste et homophobe à moins d’un long travail de déconstruction, accepter également l’idée que nous serions antisémites nous paraît intolérable. L’antisémitisme en milieu militant est une espèce de nuage de Tchernobyl : on nous dit qu’il se serait arrêté comme par magie à la frontière ; c’est faux, bien évidemment, et ce dernier tabou du milieu militant doit tomber : nous allons devoir également analyser et déconstruire notre antisémitisme.

Il va aussi falloir dire une vérité qui fâche : si la politique colonialiste, raciste et meurtrière de l’Etat d’Israël doit évidemment être dénoncée en France, l’obsession avec laquelle le conflit israélo-palestinien est investi, de façon très personnelle et affective, par le milieu militant français ne s’explique pas uniquement par l’argument misérabiliste (et raciste de surcroît), qu’il serait « importé en France par les gens issus de l’immigration maghrébine ». Le soutien, légitime, à la résistance palestinienne est instrumentalisé facilement par les antisémites du fait d’une obsession française sur ce conflit en particulier, obsession qui occulte les autres conflits et donc empêche une mise en relief plus général avec les différentes politiques impérialistes des états capitalistes ; or, en devenant « emblématique », cette cause tend à être essentialisée, et finalement à s’ethniciser. Vidée de sa signification politique rigoureuse elle peut alors être instrumentalisée, de façon affective, par les réactionnaires. Au final, le mot « antisionisme » finit par ne plus rien vouloir dire du tout, donc devient ce que celui qui parlera le plus fort voudra bien qu’il soit : un cache sexe de l’antisémitisme. La lutte pro- palestinienne est l’affaire des palestiniens, en tant que « soutiens » anticapitalistes notre rôle, en France, consiste déjà à lutter contre notre propre impérialisme. Ou, comme le faisait remarquer le slogan ironique « Boycottez les agrumes d’Israël, achetez les bananes de la Côte d’Ivoire à la place. Support your local imperialism ! » Alors qu’un génocide au Congo fait plus de 6 millions de morts dans l’indifférence générale depuis plus de 20 ans, aucun antifasciste n’éprouve le besoin particulier de sortir un bel autocollant « antifa pro- congolais », il en va de même pour le génocide au Rwanda ou pour n’importe quel autre massacre.

Puisque certains militants parlent « d’indignation sélective » à propos de la tuerie de Charlie hebdo, il va peut- être falloir assumer cette critique jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’au point où elle devient une autocritique de notre propre tendance à l’indignation à deux vitesses, et en chercher les causes. Quant à la lecture de la politique colonialiste de l’état d’Israël, il ne nous paraît pas non plus inopportun de rappeler à tous ceux pour qui les mots sont censés avoir un sens, que « colonialisme » et « fascisme » sont des formes différentes de rationalité politique, répondant à des nécessités différentes des contextes de l’économie capitaliste dans lequel elles s’inscrivent. Même si l’on ne peut qu’être d’accord, encore une fois, sur l’équivalence de la signification humaine et morale des massacres, leur lecture politique n’est pas la même, et la confusion nous dessert parce qu’elle facilite la récupération.

Pour ce qui est de la France, le « fascisme » ici n’est ni « sioniste » ni « islamique », notre pays a, au contraire, une histoire coloniale et pétainiste, et une tradition antisémite et raciste ; toute analyse du « sionisme » et de « l’islamisme » en France doit partir de l’analyse de ce contexte historique particulier.

De même, toute critique de la religion juive, ou de la religion musulmane, en France, lorsqu’elle n’émane pas des concernés eux même, c’est-à-dire des croyants ou des personnes socialement apparentés à cette croyance et à la culture à laquelle elle est associée, doit aussi prendre en compte cette dimension. Faire des caricatures de rabbin dans l’Allemagne nazie n’avait rien à voir avec de « l’anticléricalisme » mais tout à voir avec de l’antisémitisme. Inviter un négationniste sur une scène de spectacle ce n’est pas défendre la « liberté d’expression », c’est faire de la propagande antisémite. S’en prendre gratuitement aux symboles de la religion musulmane, lorsqu’on y est étranger, et alors que cette religion est une des religions majoritaires au sein d’une frange de la population visée aussi bien par l’exploitation économique que par le racisme colonial, c’est contribuer à ce même racisme colonial sous le prétexte culturaliste anticlérical et, au final, contribuer à une des formes spécifique que prend l’exploitation capitaliste en France, et à sa façon locale de gérer le prolétariat.

Les mots et les discours sont des créations humaines, ils ne sont donc porteurs du sens que nous leur assignons, en fonction du contexte historique et social. Aucun discours n’a d’existence objective en dehors de sa fonction sociale, aucun mot ne peut parler de lui- même et imposer sa signification tout seul, envers et contre ses récupérations, aucune signification étymologique ne peut se porter toute seule à travers l’histoire : l’islamophobie n’est pas de l’anticléricalisme mais un cache- sexe pur et simple du racisme colonial de la même façon que l’antisémitisme ne signifie plus, et ce depuis longtemps, le racisme à l’égard des « sémites » mais l’obsession à l’égard des juifs, vus comme détenteurs d’un pouvoir abstrait et dominant le monde par le complot.

La critique de la religion est une critique aussi idéaliste que le discours religieux lui- même, qu’elle fétichise comme étant intrinsèquement porteur de formes d’oppressions spécifiques. Cette fausse critique provient d’une totale inculture du phénomène religieux et se traduit déjà le plus souvent par la confusion entre « croyance en Dieu » et « religion ». La religion, au sens de l’ensemble des formes de médiations entre les dimensions sacré et profanes, qui sont des dimensions du social remplissant des fonctions symboliques, est un sujet vaste et complexe qui n’est absolument pas maîtrisé par les libertaires, qui n’arrivent déjà pas à déconstruire et critiquer leur propre idéalisme, leurs propres croyances et leur propre sacralisme, ce qui le conduit à l’ethnocentrisme et au racisme. Il serait bon que les « camarades » anarchistes en finissent un peu avec la métaphysique et la bigoterie anticléricale : nous ne connaissons pas un seul anarchiste, si « antireligieux » soit- il, qui ne rende pas hommage aux morts, nous ne connaissons pas un seul matérialiste, si irrévérencieux soit- il, qui utiliserait le cadavre d’un de ses compagnons pour faire de l’engrais ou pour fabriquer des abats- jour avec sa peau. Pour le dire de façon savante : le sacré et le symbolisme sont des dimensions du social qu’on ne peut pas supprimer, et qu’il n’est pas souhaitable de supprimer parce qu’elles occupent des fonctions clefs, vouloir supprimer le sacré est aussi absurde que de vouloir supprimer le symbolisme, le langage ou l’esthétique.

Quant à ceux qui parlent « d’antifascisme » à tort et à travers, en France, il serait bon qu’ils laissent un peu de côté le « sionisme » ainsi que les prises de positions géopolitiques foireuses et à deux vitesses, ou les bagarres de rue. Si la lutte antifasciste a un sens à l’heure actuelle, en France, elle devrait plutôt se concentrer sur le travail de déconstruire ce qui reste d’antisémitisme et d’islamophobie structurelle dans le milieu militant radical comme dans la société française, et analyser comment les deux vont de pair, car les évènements de ces derniers jours risquent de provoquer un déferlement de confusionnisme islamophobe et antisémite, en paroles ou en actes, et nous avons l’impératif d’être prêts à y répondre. Outre ce travail de clarification intellectuelle, un immense travail de militantisme de terrain reste à fournir, dans les syndicats ou les collectifs, pour éviter que le prolétariat ne cède aux tentations de l’extrême- droite française, antisémite et raciste, comme aux groupuscules de tous bords qui vont tenter d’instrumentaliser les tensions identitaires présentes au sein de la population. Nous sommes prêts à participer et à contribuer au débat qui doit avoir lieu sur ces sujets, débat dont nous espérons qu’il se déroulera autant que possible dans le calme, même si sa teneur fortement identitaire et affective ne nous laisse guère entretenir d’illusions à ce sujet. Nous serons donc probablement « islamo- gauchistes » pour certains, « sionistes » pour d’autres, « insensibles au drame » pour une immense majorité ; l’invective est facile, la réflexion de fond et l’autocritique sont plus difficiles.

Au motif qu’à la violence sociale diffuse que les composantes de la population subissent au quotidien fait écho une violence concentrée et spectaculaire nous devrions subitement avoir une prise de conscience, qui n’intervient évidemment que pour nous rallier derrière la classe dominante et l’Etat, mais l’arnaque est un peu trop grosse, et ceux qui refusent d’adhérer à cette mascarade l’ont instinctivement bien compris. « Vous êtes avec nous ou contre nous », l’unité nationale après tout, n’est que l’autre nom de « l’union sacrée », et « l’union sacrée », comme on le sait, signifie l’état de guerre. Ceux qui refusent cette guerre, ceux qui refusent de jouer le jeu, se verront traiter au mieux « d’insensibles », voire de traîtres, ou seront soupçonnés d’intelligence avec l’ennemi, ennemi qui n’est qu’une figure de propagande censée justifier la mise en place d’un arsenal sécuritaire et raciste. La « barbarie » contre laquelle on cherche à « mobiliser » à l’heure actuelle ce n’est visiblement ni l’exploitation, ni les différentes formes d’oppressions sociales que nous subissons chaque jour. Les pires atrocités de l’histoire ont pourtant toujours été commises par les différents états, tout au long des développements de la société marchande : l’exploitation de masse et le contrôle social, la colonisation, les camps de concentration et d’extermination, les guerres impérialistes sont des violences capitalistes, des violences d’état, des violences industrielles. C’est donc contre le capitalisme, contre l’état et les différentes oppressions sociales que nous nous mobilisons, au quotidien, dans les luttes. Et à l’heure actuelle ce sont l’antisémitisme et l’islamophobie que nous identifions comme les principaux facteurs de division dans le camp de la lutte que nous menons, ainsi que les passerelles vers le fascisme à la française, et certainement pas le « sionisme » ou « l’islamisme ». Ce à quoi la gravité des événements récents doit nous inciter, nous militants qui avons la prétention de produire de l’analyse politique, c’est à la responsabilité qui nous incombe à ce titre : la confusion intellectuelle est un péril mortel pour nos luttes. Les événements qui viennent de se produire vont amener à des instrumentalisation islamophobes, antisémites et sécuritaires : on le voit à la plus- d’une- centaine d’attaques islamophobes en France en quelques jours, on le voit également au contenu antisémite de l’attaque contre l’hyper- casher de Vincennes ou aux récentes sorties de Dieudonné dans la presse, ainsi qu’aux théories du complot antisémites qui fleurissent à la faveur de ces événements, on le voit encore à la multiplication de procès délirants pour « apologie du terrorisme » s’étant soldés par des peines de prison ferme.

Si nous avons éprouvé le besoin d’écrire ce texte c’est, fondamentalement, parce que la fascisation croissante de la société, que ce soit sous la forme du complotisme antisémite ou de cette islamophobie qui masque le racisme colonial et qui constitue un mode de gouvernement des classes populaires par la violence, nous effraie de plus en plus. Nous avons pris le parti de nous attaquer au confusionnisme politique avec humour en prenant le nom d’Al Qaida au Nanterre Illuminati, c’est-à-dire en jouant sur ces deux figures complémentaires de « l’ennemi », ennemi d’en haut et ennemi d’en bas que sont le « juif comploteur » et « l’immigré terroriste ». Ces deux épouvantails sont censés nous détourner de la lutte contre le capitalisme et l’état, c’est-à-dire contre des modes d’organisation des rapports sociaux, et non pas contre des groupes de personnes ou des catégories de population.

En cette heure, l’humour nous semble pourtant bien dérisoire, et surtout un terrain trop glissant pour lutter efficacement contre la confusion politique, aussi avons-nous prit la peine d’écrire ce texte, modeste invitation à ouvrir les débats sur les sujets qui fâchent. Au final, la mode de la polémique et de l’indignation sur Internet passera sur cet événement comme sur tous les effets de mode, et nous craignons de nous retrouver seuls, comme toujours, dans nos collectifs, nos syndicats et nos luttes, encore et toujours le même noyau dur de pauvres idiots à se lever à cinq heures du matin pour aller distribuer des tracts sur un quelconque piquet de grève ou dans une quelconque manifestation, à charbonner dans des permanences et à se manger la répression policières que le « Patriot Act à la Française » que l’on voit se profiler à l’horizon aura laissé comme séquelle des tragédies de ces derniers jours.

Encore une fois, la ligne de fracture ici est sociologique et pas morale : militer suppose d’occuper une position aussi bien subjective qu’objective. C’est-à-dire que cela ne demande pas qu’une « prise de conscience » mais des moyens matériels, du temps ainsi qu’une sociabilité, toutes choses qui font cruellement défaut à bon nombre de gens. La lutte pour l’autonomie, au sens où nous entendons celle- ci, est la plus difficile de toute, parce qu’elle suppose un travail de réappropriation de tout ce dont nous avons été dépossédés, à commencer par les moyens de la lutte elle- même, à commencer par les liens de sociabilité et de solidarité qui la rendent possible. Mais la solidarité, pour nous, n’est pas un vain mot, elle implique d’avantage que de produire des manifestations d’émotion abstraite sur les réseaux sociaux, manifestations qui ne sont bien souvent qu’une posture, une forme sublimée de narcissisme. Si la classe- moyenne intellectuelle se sent subitement pousser des envies de manifester sa grandeur d’âme nous lui rappelons que les causes ne manquent pas où elle pourrait se servir de sa position sociale privilégiée et de ses ressources pour les mettre au service de la lutte, pour les partager avec ceux à qui elles font défaut. Cela implique bien évidemment de se mettre en jeu et de prendre des risques, et d’abord le risque de se découvrir différent de l’image idéalisée que l’on peut se faire de soi- même lorsqu’on ne prend jamais la peine de faire ses preuves au pied du mur. Les luttes sont un bon révélateur de ce que nous sommes, au sens de : ce que nous pouvons être dans des situations d’enjeu.

En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas « Charlie », nous ne sommes rien d’autre de plus que ce que nous étions déjà le 6 janvier 2015, à savoir d’humbles petits militants qui, en dehors de notre webzine, sommes membres d’un obscur collectif d’éducation populaire de la région parisienne. Rien de très insurrectionnel, ni qui permette de prendre de jolies photos avec des fumigènes, rien qui nous mette souvent en relation avec le « milieu militant » autoproclamé, c’est-à-dire cette espèce de médiocre contre-culture qui s’auto-sublime et avec laquelle nous avons rompu depuis longtemps, sans aucun regrets. Ce texte s’adresse cependant à toutes ses composantes qui sauront nourrir le débat que nous exposons ici, et en traduire les conclusions qui s’imposent dans les luttes, car nous savons que cet entre- soi possède encore, malgré tout, le pouvoir de polariser des énergies et des individualités intéressantes, même si il les détourne massivement dans des structures idéologico- affinitaires, comme les partis, les groupuscules ou les « milieux » pour s’auto- alimenter et alimenter les carrières de ses petits leaders.

Nous en terminons donc avec ce texte et nous nous en retournons à notre militantisme diurne et à nos blagues virtuelles nocturnes avec le léger sentiment d’avoir fait notre part en donnant ici notre position politique, que nous jetons comme une bouteille dans l’océan de confusion à venir.

A bientôt dans les luttes, pour ceux qui y participent !

A.Q.N.I - Al Qaida au Nanterre Illuminati
Journal Islamo- Sioniste
Terroriste de l’humour à la noix depuis 2009
Obscurs militants dans la vraie vie
AQNI@riseup.net


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Commentaires
  • Quand les toulousains D’iaata islamo-gauchistes reprennent le futur mignon chaton islamo-gauchiste ...

    Le confusionnisme en action ...

      • « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique. A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.
        En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical. Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages. La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains. La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

    Jordi Vidal -Résistance au chaos - 2002

      • « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique. A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.
      • En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical. Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages. La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains. La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

    Jordi Vidal -Résistance au chaos - 2002

  • Interdiction des étals à Arnaud Bernard pendant le Ramadan : quand Moudenc fait rimer gentrification avec islamophobie

    Interdiction des étals à Arnaud Bernard pendant le Ramadan : quand Moudenc fait rimer gentrification avec islamophobie

    Chaque année, à l’occasion du Ramadan, les terrasses d’Arnaud Bernard se remplissent d’étals de gâteaux traditionnels consommés la nuit tombée par les familles du quartier. Insupportable, pour le mairie LR, qui a envoyé sa municipale faire régner l’ordre blanc et bourgeois qu’il entend imposer dans ce quartier populaire.

    Même La Dépêche s’en émeut !

    "À Arnaud Bernard, où vit une importante population musulmane, la période de Ramadan est un temps fort de la vie du quartier. Depuis des décennies, les commerçants de la place, exposent devant leurs magasins ou leurs restaurants les plateaux de gâteaux. Et jusqu’ici personne n’y trouvait à redire."

    Mais ça, c’était avant ! Le 26 mai 2017, veille du Ramadan, la police municipale menaçait les commerçant-es du quartier d’une amende de 1500€ s’ils ne dégageaient pas les étals de leur propre terrasse. L’explication de Jean-Jacques Bolzan, l’adjoint au maire en charge du commerce ?

    "Les terrasses sont faites pour y mettre des parasols, des tables, des chaises. Mais pas pour y mettre des gâteaux. Il faut faire respecter des arrêtés d’occupation du domaine public [1]. Et ce n’est pas parce que c’est Ramadan que ça change quelque chose. Ceux qui continueront à vendre des gâteaux prendront l’amende. Je n’ai pas d’état d’âme."

    L., propriétaire du kébab « Miam-Miam », a donc rentré les étals à l’intérieur de son minuscule restaurant. Dégoûté, il ne comprend pas que la mairie ne l’ait pas au moins prévenu des nouvelles règles en vigueur. Ca lui aurait évité de commander 2 500 euros de marchandises pour rien. Selon lui, l’intention est claire : « La mairie cherche à nous démoraliser. Ils veulent qu’on vende nos biens pour refaire le quartier. Pour que ce soit comme avant, quand il n’y avait que des français. Pas des blédards. »

    Ce que L. ne dit pas, c’est qu’il faut remonter à bien longtemps pour trouver trace d’un Arnaud Bernard franco-français. Sur Wikipédia on peut lire :

    "La place occupe un terrain possédé par le noble Arnaud Bernat au Moyen Âge, à l’intérieur des anciennes fortifications romaines de la ville. Elle communiquait alors avec l’extérieur par la porte Royale, détruite en 1825. Cette position à la limite entre le Bourg et les faubourgs l’a destinée, depuis ses origines, à l’accueil des étrangers. Au XXe siècle, ce sont tour à tour les Italiens, les Espagnols fuyant le franquisme après 1939, puis les Maghrébins à partir des années 1970, qui ont occupé le site et l’ont façonné."

    Voilà à quel passé la Ville de Toulouse veut tourner le dos. Par petites touches, islamophobie et gentrification se combinent pour chasser les habitant-es de leur quartier et faire de la place aux requins de la Métropole."

    De l’islamophobie comme politique de la ville

    En 2013, l’actuel adjoint au maire Olivier Arsac (président local du parti d’extrême droite de Nicolas Dupont-Aignan) partageait sa hauteur de vue sur sa page Facebook :

    En 2014, le rez-de-chaussée du 5 rue de l’Hirondelle qui servait de salle de prière aux habitant-es du quartier était fermé par arrêté municipal. Raisons invoquées ? La sécurité incendie et l’isolation phonique. En 2013, la BAC y avait fait irruption en pleine prière : « Ils ont essayé de rentrer en bloquant la porte avec leur pied, un fidèle, handicapé qui plus est, a voulu s’interposer pour leur demander d’enlever leurs chaussures. Ils l’ont tabassé. [2] »

    Fin 2015, le Carrefour City de la place Arnaud Bernard affiche sans que personne ne s’en émeuve une pancarte « Attention, graisse de porc » sur sa devanture dans l’espoir d’en faire fuir les jeunes du quartier.

    Une rénovation urbaine à marche forcée

    Ce racisme ambiant se combine à un volontarisme politique marqué en termes de gentrification. Dernier quartier populaire à squatter l’intérieur des boulevards, Arnaud Bernard subit les assauts répétés des architectes de l’embourgeoisement, qui ont de grands projets pour Toulouse : hisser la Métropole à la hauteur de Barcelone, Lyon ou Milan.

    La municipalité a ainsi procédé à de nombreuses opérations de rénovation censées attirer les investisseurs et les classes moyennes supérieures. Atelier vélo, salon de tatouage, épicerie bio, bars associatifs, conciergerie solidaire... Autant de nouveaux venus qui contribuent à changer en douceur le visage d’Arnaud Bernard.

    Fin 2014, le marché de l’Inquet, qui permettait aux personnes les plus précaires de vendre et d’acheter des objets d’occasion, est fermé par la municipalité qui n’y voit qu’un « marché de voleurs » et de « voyous » (dixit Jean-Luc Moudenc).

    En 2015, le Breughel donne un coup de main salutaire à la mairie pour faire de l’ordre dans le quartier. En envahissant la place des Tiercerettes de ses multiples tables, le bar signe l’arrêt de mort de ce cet espace de gratuité apprécié de tou-tes les toulousain-es qui n’ont pas 3 euros à mettre dans un demi. Un peu moins de la police, qui avait régulièrement recours à la lacrymo et aux matraques pour vider la place des dernier-es récalcitrant-es.

    Dans un style plus frontal, les autorités installent en 2016 des croix en fer sur certains plots de la place Arnaud Bernard afin d’empêcher les indésirables de s’y asseoir. Ces bornes sont judicieusement placées devant le fameux Carrefour City, dont les méthodes ont donc été récompensées par la mairie.

    Côté sécurité, la mairie a voulu frapper fort avec l’installation en à peine trois ans d’une dizaine de caméras de vidéosurveillance dans le modeste périmètre que recouvre le quartier Arnaud Bernard.

    Parallèlement, un fourgon de police nationale trône régulièrement au milieu de la place.

    Racisme d’Etat

    En 2016, la Ville organisait la grande braderie de Toulouse sur le modèle de celle de Lille : trois jours pendant lesquels un millier de boutiques de l’hypercentre avaient tout loisir de vomir leurs marchandises sur les trottoirs aseptysés de la Métropole. Il est intéressant de relever aujourd’hui que l’opération s’arrêtait... aux portes d’Arnaud Bernard.

    Notes

    [1] C’est marrant, cette manie qu’on a en France de se sentir « occupé » dès qu’un musulman fait autre chose que de raser les murs. En 2010, Marine Le Pen comparait les prières de rue à l’occupation nazie.

    [2] Afsaruddin Bepari, responsable de l’Association Culturelle des Musulmans d’Arnaud Bernard, cité par Le journal Toulousain.

    https://www.infolibertaire.net/interdiction-des-etals-a-arnaud-bernard-pendant-le-ramadan-quand-moudenc-fait-rimer-gentrification-avec-islamophobie/

  • Depuis 10 ans et la première loi anti-voile, se propagent sur les plateaux télévisés et dans plusieurs organes de presse des propos qui heurtent les militant-e-s libertaires que nous sommes. Nous, libertaires contre l’islamophobie, sommes souvent aussi engagé-e-s sur le terrain des luttes antiracistes, des luttes des quartiers populaires, contre les crimes et violences policières, dans la solidarité avec la Palestine, ou encore dans le combat féministe radical…

    En effet, les luttes concernant directement certaines populations, les « damnés de l’intérieur » selon l’expression du sociologue Mathieu Rigouste, sont trop souvent sous-estimées. La peur de l’islam, les discours sur les échecs de l’intégration, la mobilisation de la rhétorique islamophobe est devenue l’arme ultime permettant de justifier la politique xénophobe, répressive, inégalitaire ainsi que les discriminations ou encore les guerres impérialistes. A​ cette offensive, nous devons​ opposer une résistance totale​ et ne pas nous couper des premier-e-s visé-e-s.

    C’est pourquoi des militant-e-s libertaires, détaché-e-s des préjugés qui parasitent les milieux de gauche et conscient-e-s de l’enjeu central que représente la lutte contre l’islamophobie, ont décidé à l’automne 2012, suite à la Une islamophobe de Charlie Hebdo et aux débats internes au sein de l’anarchosphère après le chahutage de Caroline Fourest à la Fête de l’Humanité, de rédiger un appel : "​Libertaire et sans concession contre l’islamophobie" (1). C’est également dans cet esprit que nous avons décidé d’apparaître le 15 mars dernier au rassemblement initié par le Collectif Féministe Pour l’Égalité. Au-delà de l’impératif d’une opposition large à ces offensives racistes ciblant spécifiquement les musulman-e-s, la motivation de cette apparition était de porter clairement deux messages :

    Une parole politique libertaire forte contre l’islamophobie et pour la construction d’une riposte antiraciste large, afin d’unir toutes les victimes du racisme d’état (sans-papiers, immigré-e-s, français-e-s issue-s de la colonisation, roms, noir-e-s, arabes, musulman-e-s, asiatiques…) sans en laisser sur le bord de la route !
    Un refus de l’utilisation de nos arguments libertaires pour légitimer l’islamophobie, une façon de dire : Pas en notre nom !
    Lire le texte en entier sur Quartiers Libres

    https://paris-luttes.info/pas-d-islamophobie-au-nom-des

  • Abdellali Hajjat, maître de conférence à l’université de Nanterre, a publié avec Marwann Mohammed, chargé de recherche en sociologie au CNRS, un ouvrage fort bien documenté sur la construction historique par les élites politiques, médiatiques et intellectuelles d’un « problème » musulman.

    Il revient pour La Brique sur les tenants et aboutissants des discriminations islamophobes.

    Quelle est la réalité des comportements islamophobes en France aujourd’hui ? La France est-elle particulièrement islamophobe en comparaison d’autres pays européens ?

    On ne compte plus les romans, essais, tribunes, émissions de radio (même sur France Culture), de télévision, discours politiques qui, d’une manière brutale ou subtile, participent à la racialisation des présumé.e.s musulman.e.s. La première réalité de l’islamophobie renvoie aux comportements des professionnels de la parole publique [1]. Des paroles aux actes, le chemin est complexe mais les données statistiques disponibles – enquêtes de victimation, statistiques du ministère de l’Intérieur et celles du CCIF [2] – rendent compte de la prégnance des actes discriminatoires islamophobes (à l’école, au travail, dans l’espace public, etc.) pouvant aller jusqu’à ce que le ministère de l’Intérieur appelle les « actions » ou « menaces » racistes. Ces actes visent non seulement les individus, essentiellement des femmes, mais aussi des institutions (mosquées, cimetières, commerces musulmans). Cependant, chaque outil de mesure comporte des biais qui peuvent sous-estimer ou surestimer la réalité de l’islamophobie. Mais malgré les biais des uns et des autres, on peut affirmer que tous ces outils sont en dessous de la réalité et que l’appartenance réelle ou supposée à la religion musulmane constitue bel et bien une pénalité sociale dans beaucoup de situations. Ce processus est aggravé à chaque attentat commis par des groupes violents à référence islamique, ce pourquoi l’année 2015 a atteint tous les « records ».

    Il est difficile de comparer la France avec d’autres pays dans la mesure où il existe des grandes différences de critères de mesure, de législations pénales, de degré de reconnaissance institutionnelle, etc. S’il existe une spécificité française, c’est dans la légitimité de l’islamophobie dans le champ médiatique et politique qu’il faut la chercher. En ce sens, la France est le véritable laboratoire de l’islamophobie européenne.

    Pourquoi défendez-vous le terme d’« islamophobie » comme vecteur de lutte contre la stigmatisation de l’islam alors que beaucoup le critiquent ?

    Comme beaucoup de chercheurs anglophones, je ne considère pas que le terme « islamophobie » soit parfait, notamment à cause de la dimension phobique. Mais il se trouve que c’est ce terme qui s’est imposé dans l’espace public et l’important n’est pas, selon moi, de tomber dans le piège du nominalisme, mais plutôt de proposer une définition de l’islamophobie qui fasse sens. Autrement dit, l’enjeu porte avant tout sur la définition et non sur les usages politiques du terme. C’est le même problème qui s’est posé pour le terme d’antisémitisme, et c’est même pire dans la mesure où il a été inventé par les antisémites pour théoriser leur racisme biologique anti-juif.

    Le questionnement sur le terme a pris des proportions inimaginables en France. Alors que des milliers de personnes sont touchées par des actes racistes, je trouve indécent que certains personnages publics reviennent systématiquement à la charge contre l’usage du mot plutôt que de condamner le racisme. Ainsi, la discussion autour du mot, de son étymologie, de son origine, a pris une tournure particulière en France parce que le terme a été quasiment banni pendant dix ans dans l’espace public (2003-2013), sous prétexte que cela faisait le jeu des « islamistes » et empêchait la « critique » de l’islam, avant d’être reconnu par les médias et les institutions telles que la CNCDH [3]. Aujourd’hui, la plupart des professionnels de la parole publique qui refusent d’utiliser ce terme ne cherchent qu’à nier la réalité du phénomène et leur propre participation à l’élévation du niveau de violence symbolique et physique dans la société française. […]

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2016/06/13/la-france-est-le-laboratoire-de-lislamophobie-europeenne/

  • - « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique. A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.
    - En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical. Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages. La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains. La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

    Jordi Vidal -Résistance au chaos - 2002

  • 15 juin 14:32

    You won’t Gettaway with this !

    À Paris, Toulouse, Marseille, ou ailleurs, les autoritaires on n’en veut pas !

    Suite à un énième écho ( qui fait suite à celui-ci, et la liste est probablement longue) d’attitudes autoritaires et violentes envers des camarades de la part d’individus qui essaient de naviguer en milieu anti-autoritaire, utilisant menaces et cassages de gueules dès qu’ils sont à court d’arguments politiques et n’obtiennent pas le consensus de leurs interlocuteurs, nous sommes plusieurs à avoir eu envie d’exprimer notre raz-le-bol face à des personnes dont le seul but et la seule raison d’exister dans le milieu c’est de s’imposer à coup d’attitudes virilistes, d’exister en pourrissant le milieu, en empêchant des débats nécessaires, en sermonant leurs camarades, lançant des injonctions à choisir un camps dans leur guerre virtuelle contre des chimères, quitte à s’associer à des gens qui portent des idées qu’ils n’ont jamais tolérées.

    On s’étonne de voir ces nervis ne diriger leur violence que sur des camarades, alors que la liste de ceux qui auraient une bonne raison de se prendre un coup de tête dans ce monde de merde est longue ... à commencer par des juges, des procureurs, puisque nos gros bras sont candidats au prix du Plus-radical-que-moi-face-à-la-justice-tu-meurs ...

    Des personnes dans le milieu qui ont eu à faire à la justice ça ne manque pas ... pourtant on n’a jamais vu personne venir imposer à coup de boule des stratégies face à la répression.

    Ces gens là l’ont fait ! Tu n’es pas d’accord avec ces professionnels de la défense, tu te prends un coup de boule. Tu ne trouves pas que des tags soient particulièrement négationnistes, tu te fais tabasser devant les locaux d’Actup. Tu oses émettre un avis différent lors d’une assemblée, tu te fais insulter en public ... le mieux étant que ces choses se déroulent en public, et que ces nervis continuent de pouvoir naviguer tranquillement dans le milieu, menaçant et tabassant ceux qui se trouvent sur leur chemin, se faisant publier sur les divers mutus, qui envoient ainsi des camarades igorants de la situation se faire taper dessus s’ils ont l’aplomb de dire qu’ils ne sont pas d’accord avec ces "docteurs en radicalité".

    Est-ce qu’on va les laisser intimider, menacer et taper d’autres camarades dans chaque endroit où ils viennent faire leur propagande ? Qu’est-ce qui attend les camarades marseillais qui ont la malchance d’accueilllir ces autoritaires dans quelques jours ?

    Et surtout, comment des personnes avec de telles attitudes autoritaires peuvent encore être reçues dans des lieux militants, dans des endroits où l’on débat pour faire avancer les idées, et où le concept de la violence utilisée contre des camarades pour imposer ses idées (en somme la loi du plus fort) n’est pas le bienvenue ?

    Il y a suffisament de violence et de répression de la part de l’état et ses sbires, on n’a pas besoin de ce genre de comportements dignes de mafiosos qui pensent pouvoir terroriser le milieu en s’imposant par une force viriliste qu’on voudrait bien voir loin, très loin, de nous, de nos luttes et de nos lieux militants.

    You won’t get away with this !

    Vous ne vous en tirerez pas comme ça !

    https://www.infolibertaire.net/you-wont-gettaway-with-this/

  • L’islamisme n’est pas une Religion

    Nous sommes ces Arabes et ces Berbères progressistes du monde musulman. Ces hommes et ces femmes, assassiné-es et menacé-es pour avoir défié les islamistes dans leurs pays.

    Mais notre chance, notre force à nous c’est de vivre dans des pays laïcs où la loi religieuse ne s’impose pas comme une évidence. Pourtant, pas à pas, les islamistes se servent des libertés pour tou-te-s nous en priver comme ils le font toujours lorsqu’ils règnent sur un mètre carré de la surface de la terre.

    • Burkini, burka, nikab, voile, avec constance et patience ces stratèges politico-religieux ont avant tout imposé leur vision de la pudeur supposée des femmes en dictant leur norme et leurs nouveaux uniformes.

    "Juifs, sionisme, impérialismes", les islamistes refaçonnent aussi l’antisémitisme. Nous ne faisons aucun tri dans les victimes de l’islamisme radical. Nous sommes toutes et tous frères et sœurs dans la douleur.

    Nous ne lançons pas un énième Appel de principe, nous nous engageons à ne jamais nous taire sur le corpus idéologique qui nourrit les terroristes, dont nombreux d’entre eux font partie de notre communauté.

    Nous nous élevons pour les combattre idéologiquement, au cœur même des organisations politiques, associatives et syndicales qui relativisent la responsabilité de l’islamisme dans les crimes commis dans notre pays et à travers le monde.

    Les islamistes s’y infiltrent pour y infuser le doute et les divisions.

    Plus les réponses aux relégations sociales des formations politiques sont faibles et plus les tentations de connivences communautaristes et racialistes sont puissantes.

    Plus la violence est barbare aussi, et plus ils trouvent audience dans les grands médias pour distiller leurs justifications, ces nouveaux inquisiteurs et leurs complices.

    Les terroristes de Toulouse, de l’hyper cacher, de Charlie Hebdo, du Bataclan, de Saint-Denis, de Magnanville, de Nice, de Saint-Etienne du Rouvray n’ont pas attendu les arrêtés anti-burkini pour commettre leurs crimes, et quand ils se rendent en Syrie c’est pour opprimer le peuple et non pour le défendre contre une dictature sanguinaire.

    Les islamistes s’amusent avec la France. Ce pays qu’ils convoquent même aux Nations Unies pour avoir voté démocratiquement des lois contre les signes religieux ostentatoires à l’école, et contre la possibilité de circuler le visage caché.

      • Ces visages de femmes qu’ils considèrent par essence comme impudiques. Quiconque est en désaccord avec eux est aussitôt accusé d’être « islamophobe ». Cette accusation est érigée tel un « procès de Moscou » contre laquelle ni un Etat, ni un simple citoyen ne peut se défendre.

    Mais les surenchères musulmanophobes commises pour flatter les peurs et conforter les ignorances ne renforcent que les intégrismes et le lepénisme. Nous ne nous laisserons pas broyer ni par le racisme, ni par l’islamisme. En tout état de cause vous n’aurez pas nos silences complices.

    Ne rien faire serait vous laisser dire, à vous militant-e-s, journalistes et responsables politiques, que nous n’avons ni présent, ni avenir.

    *****
    Que tou-te-s nos semblables qui au quotidien œuvrent pour les libertés et tou-te-s nos concitoyen-ne-s se lèvent et se rejoignent, afin que nulle part dorénavant, ne s’exprime ce fascisme sans notre riposte démocratique et fraternelle

  • Libertaires contre l’islamophobie

    Depuis le début des fortes mobilisations contre le projet de loi travail Valls-El Khomri, voilà que le voile réapparait subitement dans le débat médiatique et politique, (propos de Rossignol sur la mode islamique, propos de Valls proposant l’interdiction du voile à l’université). Une nouvelle fois, les sorties islamophobes des responsables politiques, systématiquement relayées par les grands médias, font offices d’écrans de fumée permettant d’occulter les questions réellement importantes (casse du code du travail et hypothèque de notre avenir, affaire Panama Papers, violences policières,…). Tous ces sujets deviennent inaudibles, le problème devient le méchant voile ! On constate donc que le racisme n’est pas une question indépendante qui n’aurait pas de rapport avec la mobilisation actuelle, au contraire, il nous concerne tous plus que jamais.

    L’islamophobie s’est installée en France, comme instrument de pouvoir visant à stigmatiser les musulman-e-s, souvent à travers la figure de l’arabe et du noir issus des quartiers populaires. L’islamophobie est le racisme qui vise le rejet des personnes de confession musulmane ou perçues comme telles. Ce racisme joue sur la peur d’une fantasmée « islamisation de la France », et pour ces raisons, son expression peut aller de la xénophobie classique jusqu’à un rejet qui se cache, consciemment ou inconsciemment, derrière la défense de la laïcité et la critique de la religion. L’islamophobie s’est matérialisée en France, sur les plans juridique et institutionnel autour des affaires de voile (débat et de la loi de 2004 visant le foulard à l’école, 299 et lois visant le nikab, circulaire Châtel visant les mères voilées accompagnatrices de sortie scolaire).

    Nous, militant-e-s libertaires, anticapitalistes, décoloniaux, internationalistes, luttons contre toutes formes de dominations d’Etat, contre le sexisme, pour une société autogérée, solidaire et égalitaire et considérons que la lutte radicale contre l’islamophobie d’Etat constitue dans la période actuelle un enjeu majeur :

    – car il s’agit de la construction d’un racisme respectable, qui depuis 30 ans vise à remettre à la place d’ »invisible » et de « subalternes » celles et ceux qui parmi nous, français-e-s issu-e-s de la colonisation, immigré-e-s et plus généralement les habitant-e-s des quartiers populaires racisé-e-s, chaque fois qu’il nous vient l’idée de nous révolter, de réclamer l’égalité et la justice. Pour ces raisons nous combattons également les injonctions à l’intégration-assimilation qui accompagnent l’islamophobie et toute autre forme de racisme.

    – car l’islamophobie justifie la xénophobie, la chasse aux sans-papiers et aux réfugié-e-s (avec l’argument selon lequel il faudrait stopper l’immigration qui « islamiserait la France »). Au nom de la lutte contre le terrorisme on justifie la répression, le recul des libertés (Etat d’urgence actuel) on justifie les violences policières et on justifie également les guerres impérialistes (depuis 15 ans : Afghanistan, Irak, Mali, Syrie, Libye etc.), dont les vrais motifs, nous le savons, sont économiques et stratégiques (pétrole, gaz, uranium). On justifie également le soutient à l’apartheid israélien (Israël perçu comme rempart du monde libre face aux « barbares musulman-e-s »), à l’instar de la pensée du projet sioniste.

    – car l’islamophobie crée et justifie des discriminations (légales, comme les lois visant les femmes voilées, et illégales, comme le délit de faciès en direction des musulman-e-s) qui soumettent toujours davantage à la précarité les travailleurs et travailleuses des quartiers populaires, contraint-e-s au déclassement professionnel par peur du chômage, et ceci pour le plus grand plaisir du patronat.

    – car l’islamophobie touche avant tout les femmes en termes de violences et d’agressions. Les lois anti-voile répriment et excluent des femmes, stigmatisent et infériorisent les femmes voilées en les présentant à la fois comme victimes et coupables.On leur refuse ainsi toute parole politique, l’islamophobie a donc une très forte dimension sexiste.

    – car l’islamophobie favorise la montée de l’extrême droite et de tous les courants réactionnaires, tandis que le « deux poids deux mesures » entretenu par Valls entre islamophobie et antisémitisme favorise la montée de ce dernier notamment en suscitant une forme d’hostilité intercommunautaire, qui nourrie les courants réactionnaires et complotistes divers qui n’hésitent pas à exploiter ce vieux fond de commerce qu’est l’antisémitisme.

    – enfin, car comme tous les racismes, l’islamophobie divise les travailleurs et travailleuses que l’on oppose à celle et ceux des classes populaires au profit du patronat (diviser les travailleurs et travailleuses en fonction de l’origine, la couleur ou la religion et unir le patron et le travailleur blanc ou la travailleuse blanche contre l’autre, l’immigré-e, les non blanc-he-s, musulman-e-s désigné-e-s comme bouc-émissaires). Elle divise aussi les immigré-e-s, les habitant-e-s des quartiers et même les musulman-e-s entre elles/eux, mais divise également et oppose les femmes entre elles. Or pour combattre toutes les dominations, pour réclamer la justice, il faut s’unir !

    Nous, militant-e-s libertaires, constatons que l’ensemble de la classe politique est traversée par l’islamophobie (au nom d’une soi-disant laïcité), y compris dans le mouvement social, l’extrême gauche et le mouvement libertaire (au nom d’un athéisme fourvoyé), et pour ces raisons nous décidons de nous engager radicalement contre l’islamophobie, de favoriser et d’accompagner l’engagement des premier(ère)s concerné-e-s et visé-e-s par ce racisme, et nous unir quelque soit nos origines sociales, raciales ou de genre , croyant-e-s et non croyant-e-s, voilées et non voilées, afin de construire la solidarité populaire dont nous avons besoin en ces temps de régression sociale et de durcissement sécuritaire, mais également afin de porter haut et fort nos aspirations communes en vu de l’émergence d’une société solidaire, égalitaire et libertaire.

    Qui sommes-nous ?

    Le collectif « libertaires contre l’islamophobie » regroupe des militant-e-s libertaires de tendances et d’horizons diverses, engagé-e-s dans la lutte contre le racisme sous toutes ses formes dont la lutte contre l’islamophobie. Encore insuffisamment reconnue par notre camp voire même contestée par certain-e-s, nous avons lancé en 2012 un premier appel « libertaire et sans concessions contre l’islamophobie » afin de provoquer une prise de conscience collective. Suite aux attentats de 2015 et de leurs conséquences, nous avons décidé de continuer à investir cette lutte plus que jamais d’actualité. Conscient qu’il est désormais temps de passer à l’offensive, le collectif « libertaires contre l’islamophobie » se donne les objectifs suivants :

    - Susciter une prise de conscience collective sur cette forme de racisme qui touche l’ensemble des musulman-e-s à travers le monde et plus particulièrement les femmes.

    – Se mobiliser dans les initiatives de luttes contre l’islamophobie aux côtés des premier-e-s concerné-e-s

    – Participer à la construction d’un rapport de force afin de relancer un mouvement et un élan de solidarité antiraciste radicale unissant toutes les victimes du racisme d’État, sans laisser de catégorie sur le bord de la route.

    – Ancrer la lutte contre l’islamophobie dans la lutte globale contre la société de classes et le système capitaliste qui la génère, de même que toutes les formes de dominations, d’oppression et d’exploitation.

    – Combattre toute légitimation argumentaire islamophobe au nom des idées libertaires et ainsi opposer un message fort : « Pas d’islamophobie au nom des idées libertaires ! »

    Lorsque un folklore faussement libertaire est utilisé pour justifier l’islamophobie, ou lorsque cela gangrène notre camp politique tout comme l’ensemble du camp progressiste, nous disons clairement non, et seront là pour nous y opposer.

    Nous tenons également à réfléchir aux causes de la « radicalisation » nihiliste et autres dérives et adhésions aux courants réactionnaires, et donc à nous engager à lutter contre ces idéologies mortifères, les bases matérielles sur lesquelles elles prospèrent.

    Ajoutons à cela notre volonté de combattre les logiques d’exclusions qui apparaissent parfois au sein du milieu militant et libertaire à l’encontre des personnes croyant-e-s en générale, et musulmane en particulier. Il n’y a pas d’incompatibilité pour nous à être croyant-e ou non, pratiquant-e ou non, voilée ou non ET libertaire, même si nos points de vue peuvent diverger sur ces questions. Pas d’injonction à l’athéisme, à l’invisibilité religieuse ou à l’uniformisation pour être libertaire.

    Contact : libertairescontrelislamophobie@hotmail.com

    http://www.bboykonsian.com/Libertaires-contre-l-islamophobie-Tract-du-17-avril-2016_a3452.html

  • L’islamisme n’est pas une Religion

    Nous sommes ces Arabes et ces Berbères progressistes du monde musulman. Ces hommes et ces femmes, assassiné-es et menacé-es pour avoir défié les islamistes dans leurs pays.

    Mais notre chance, notre force à nous c’est de vivre dans des pays laïcs où la loi religieuse ne s’impose pas comme une évidence. Pourtant, pas à pas, les islamistes se servent des libertés pour tou-te-s nous en priver comme ils le font toujours lorsqu’ils règnent sur un mètre carré de la surface de la terre.

    Burkini, burka, nikab, voile, avec constance et patience ces stratèges politico-religieux ont avant tout imposé leur vision de la pudeur supposée des femmes en dictant leur norme et leurs nouveaux uniformes.

    "Juifs, sionisme, impérialismes", les islamistes refaçonnent aussi l’antisémitisme. Nous ne faisons aucun tri dans les victimes de l’islamisme radical. Nous sommes toutes et tous frères et sœurs dans la douleur.

    Nous ne lançons pas un énième Appel de principe, nous nous engageons à ne jamais nous taire sur le corpus idéologique qui nourrit les terroristes, dont nombreux d’entre eux font partie de notre communauté.

    Nous nous élevons pour les combattre idéologiquement, au cœur même des organisations politiques, associatives et syndicales qui relativisent la responsabilité de l’islamisme dans les crimes commis dans notre pays et à travers le monde.

    Les islamistes s’y infiltrent pour y infuser le doute et les divisions.

    Plus les réponses aux relégations sociales des formations politiques sont faibles et plus les tentations de connivences communautaristes et racialistes sont puissantes.

    Plus la violence est barbare aussi, et plus ils trouvent audience dans les grands médias pour distiller leurs justifications, ces nouveaux inquisiteurs et leurs complices.

    Les terroristes de Toulouse, de l’hyper cacher, de Charlie Hebdo, du Bataclan, de Saint-Denis, de Magnanville, de Nice, de Saint-Etienne du Rouvray n’ont pas attendu les arrêtés anti-burkini pour commettre leurs crimes, et quand ils se rendent en Syrie c’est pour opprimer le peuple et non pour le défendre contre une dictature sanguinaire.

    Les islamistes s’amusent avec la France. Ce pays qu’ils convoquent même aux Nations Unies pour avoir voté démocratiquement des lois contre les signes religieux ostentatoires à l’école, et contre la possibilité de circuler le visage caché.

    Ces visages de femmes qu’ils considèrent par essence comme impudiques. Quiconque est en désaccord avec eux est aussitôt accusé d’être « islamophobe ». Cette accusation est érigée tel un « procès de Moscou » contre laquelle ni un Etat, ni un simple citoyen ne peut se défendre.

    Mais les surenchères musulmanophobes commises pour flatter les peurs et conforter les ignorances ne renforcent que les intégrismes et le lepénisme. Nous ne nous laisserons pas broyer ni par le racisme, ni par l’islamisme. En tout état de cause vous n’aurez pas nos silences complices.

    Ne rien faire serait vous laisser dire, à vous militant-e-s, journalistes et responsables politiques, que nous n’avons ni présent, ni avenir.

    *****
    Que tou-te-s nos semblables qui au quotidien œuvrent pour les libertés et tou-te-s nos concitoyen-ne-s se lèvent et se rejoignent, afin que nulle part dorénavant, ne s’exprime ce fascisme sans notre riposte démocratique et fraternelle

  • L’image annonce comme slogan

    raciste, sexiste, fasciste, homophobe, flic ...nous ne laisserons plus faire

    notons que les principales assos de lutte contre l’islamophobie cumulent plusieurs de ces qualificatifs ...

    et que même des femmes voilées peuvent être tout cela (une pensée contre celles qui étaient dans les manif’ pour tous au coté de Boutin et autres débris réac’ )

  • 17 juin 14:48

    Le sionisme n’est pas une opinion

    « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs du sionisme évoqueront sans doute un racisme antisémite. A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : le sionisme est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, le fascisme ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi. »

  • La mairie, l’Etat et la police ne sont jamais dénoncés par leurs idiots utiles gauchistes quand ils se mettent au service de la répression UNIQUEMENT contre la population musulmane. Les fachos d’extrême droite, eux, peuvent tout se permettre sans le moindre commentaire :

    Rassemblement contre l’islamophobie

    Le samedi 18 Juillet, des fascistes toulousains organisent une manifestation islamophobe a 14h place du capitole.

    Officiellement « contre le terrorisme islamique et l’islam », ce rassemblement raciste est autorisé par la préfecture et la mairie de Toulouse.

    Ces derniers ne voient aucun problème à laisser se dérouler un nouveau Jour de Colère bis à Toulouse, malgré leurs déclarations de l’époque.

    Tout en sachant que serons présent des cadres fascistes comme Ivan Benedetti, président de l’œuvre francaise, organisation dissoute suite à l’assassinat de Clément Méric. On ne peut que constater le rapprochement entre l’Etat et l’extrême droite, surtout lorsqu’il s’agit de stigmatiser les musulmans.

    L’amalgame entre violences religieuses et Islam est une stratégie classique pour les fachos. Elle vise a faire croire a un « ennemi intérieur » (les musulmans) pour instaurer une politique nationaliste, raciste et sécuritaire. Elle a également pour but de diviser les opprimés et d’éviter toute remise en cause du système.

    Tout ça dans l’intérêt de la classe dominante.

    Ce ne sont pas les quelques mort (ultra-médiatisés) dans des attentats qui nous ferons oublier les centaines de mort de la répressions policière et du fascisme. Le danger actuel en France et en Europe réside dans la montée des idées racistes et réactionnaires dans la rue comme dans les urnes. Certainement pas dans la montée d’un prétendu islam radical qui est marginal mais qui focalise pourtant l’attention de tous les médias.

    Face a cela il est plus qu’urgent de s’unir, s’organiser et lutter contre le racisme et l’extrême droite. Ensemble faisons comprendre a ces fachos que Toulouse est une ville métisse et populaire où l’islamophobie n’a pas sa place.

    https://iaata.info/Rassemblement-contre-l-islamophobie-778.html

  • ni sionisme , ni islamisme , ni islamo-gauchisme !

  • nik La mairie, l’Etat et la police ainsi que les petit-e-s commerçant-e-s de toutes religions

  • Quand il ne s’agit pas de "petit-e-s commerçant-e-s" bougnoules, les trolls racistes ne se manifestent pas !

  • L’image annonce comme slogan

    raciste, sexiste, fasciste, homophobe, flic ...nous ne laisserons plus faire

    • notons que les principales associations de lutte contre l’islamophobie cumulent plusieurs de ces qualificatifs ...
      • et que même des femmes voilées peuvent être tout cela (une pensée contre celles qui étaient dans les manif’ pour tous au coté de Boutin et autres débris réac’ )
  • Votre gourou Guillon nous avait déjà fait le coup :

    VENDREDI 10 JUILLET : JOURNÉE MONDIALE DES FEMMES SANS VOILES

    Aux néo-communautaristes [sic]

    « Marre de votre indifférence, de votre connivence, de votre condescendance !!! » [sic]

    « Au nom de la tolérance, vous nous condamnez à être des citoyennes de seconde zone, alors que nous sommes en droit d’être égales dans une France dont les valeurs universelles — faut-il le rappeler ? — sont combattues par les islamistes. » [sic]

    « Vous nous confinez dans un communautarisme réducteur qui a été importé et dans lequel nous ne nous reconnaissons pas. Nous le vivons comme une forme de racisme. » [sic]

    https://lignesdeforce.wordpress.com/2015/07/08/vendredi-10-juillet-journee-mondiale-des-femmes-sans-voiles/

    Claude Guillon au secours des femmes musulmanes ! Non pas au secours des femmes voilées en Iran ou en Arabie Saoudite, où elles se révoltent contre LEUR société aliénante et où elles auraient bien besoin d’un soutien, mais en France, où de toute façon l’Etat OBLIGE les femmes musulmanes à ENLEVER leur foulard. Une preuve de plus de l’allégeance de Guillon à l’idéologie dominante et de son grand courage mis non pas au service des minorités persécutées, mais à celui de l’Etat et de la majorité nationale.

    Ainsi, d’après les délires colportés par Guillon, les femmes musulmanes, au nom de la « tolérance » prônée par les antiracistes, seraient OBLIGÉES de subir ce que l’Etat français leur INTERDIT. Magnifique exercice de langue de bois. Qu’est-ce qu’on attend pour arrêter les anti-islamophobes qui empêchent l’Etat de faire son boulot ?

    Après avoir essayé un créneau impertinent et contestataire pour accéder à la notoriété, Claude Guillon, avec l’âge, se rabat prudemment sur le conformisme de la FA et de Radio libertaire, bien plus utiles pour vendre ses livres. On a évidemment beaucoup plus de chances de survivre quand on est du côté du plus fort, même s’il faut le payer par le mépris des révolutionnaires et des personnes ayant un minimum d’honnêteté intellectuelle.

    Le populisme anarchiste dépasse en cynisme le populisme beauf auquel on était habitués jusque-là.

  • L’image annonce comme slogan

    raciste, sexiste, fasciste, homophobe, flic ...nous ne laisserons plus faire

    - notons que les principales associations de lutte contre l’islamophobie en Europe (Belgique inclus) cumulent plusieurs de ces qualificatifs fascistes et réactionnaires ...

    - se pose et s’expose, en place publique, les douteuses alliances que vous nouez

      • Notons aussi que des femmes voilées peuvent être tout cela (une pensée contre celles qui étaient dans les "manif’ pour tous" au coté des intégristes comme Christine Boutin et autres débris homophobes et réacs’ )
  • 20 juin 08:22

    Constat :

    • ce vieux texte est reposté comme une "réponse" trollante" après un vieux texte dénonçant l’islamisme
  • 20 juin 10:34, par Anti Soral Action

    On reconnait bien la les spams du copié collé humain 2.0 le troll antisémite toulousain en voie de décomposition Soralienne avancée, l’ex anar Elysée Georgev qui adore aller puiser ses sources sur des sites staliniens et complotiste tels que le grand soir ou encore investig’action de Michel Collon.

    Elysée Georgev alias Hyma Gribouilledingue qui de part sa politique de campagne d’insultes et de spams à largement contribué à la fermeture d’Indymedia Toulouse. Dont il a littéralement épuisé l’équipe de modération, dommage que les listes indymedia n’existent plus il y avait des interventions de ce taré pas piquée des hannetons.

    Grosse risée du monde militant Toulousain depuis des années, ce gros bolosse correcteur de presse de son état. (Pour la presse bien bourgoise il va sans dire) sévit aussi dans un groupuscule de cinq clampins nommé Collectif Palestine Volvreste basé dans le village de Montbrun Bocage un patelin bien gentrifié de la Haute-Garonne 31

    On peut le voir a l’œuvre ici dans cette vidéo a partir de la minute 5,40 c’est le gros bollose binoclard avec le bonnet noir surnommé le Cra Cra de Montbrun Bocage.

    https://lejournaldemontbrun.wordpress.com/2011/02/18/soiree-de-solidarite-palestine-volvestre/

    https://www.youtube.com/watch?v=lhQgYa8aGXE

    Pas étonnant donc que ce bollosse viennent spammer des articles pro et anti racialistes ici, puisqu’il faisait déjà ça à l’époque de feu indymedia Toulouse ou il s’envoyait ses propres commentaires sionistes pour se faire passer pour une victime de sa propre connerie.

  • « Votre gourou Guillon nous avait déjà fait le coup »

    Ben tiens Élisée Georgev tu veut qu’on parle de l’époque ou toi et ta bande d’ananars en carton le fréquentiez assidûment Guillon, tu veut qu’on évoque l’époque ou tu était un aficionado et un client régulier de la librairie « d’ultra gauche » passée au négationnisme La Vieille taupe.

    Tiens a l’époque avant 68 a Nanterre il nous semble que tu étais « Anar » mais ton vieux fond antisémite semble t’avoir rattrapé quand t’est descendu sur Toulouse, hein la grosse cloche.

    http://bianco.ficedl.info/mot4292.html

    https://www.indymedia.org/it/2009/03/922541.shtml

    Tu veut aussi pauvre ordure qu’on évoque ton pote l’ex « Autonome » Christian Hivert qui adore écrire des articles « Anti Antifas » sur son blog merdeux

    http://www.mouvementautonome.com/search/antifas

    http://www.mouvementautonome.com/2014/09/les-antifas-collabos-du-nazisme-mondial.html

    https://www.facebook.com/christianhivert07/?hc_ref=PAGES_TIMELINE

    Tes dents ou ce qu’il en reste Georgev vont pas tarder a voler grosse cloche, et la grosse fraise qui te sert de pif va pas tarder à bleuir

  • Sans Guillon, la vie serait triste

    Claude Guillon, un cadavre

    Claude Guillon a découvert sur le tard qu’il valait mieux être du côté de la majorité silencieuse que rester un marginal scandaleux. Il nous a donc pondu ce texte pour défendre l’islamophobie, qu’il écrit avec des guillemets pour bien montrer que ce racisme n’en est pas un et qu’il convient donc de le considérer comme une réaction salutaire à l’obscurantisme religieux.

    https://lignesdeforce.wordpress.com/2015/08/23/et-dieu-crea-lislamophobie/

    Avant même ce pamphlet raciste et démagogique, Guillon s’était fait épingler pour son opportunisme et ses prétentions révolutionnaires.

    « Parlons peu parlons bien. Depuis trois ou quatre décennies dans les revues "radicales" et depuis deux ou trois sur Internet, l’étiquette radicale se porte bien, de blog anar en libertaire, qui anti-autoritaire qui antifa, qui garantissant sa pureté issue de l’ultragauche ou de l’autonomie ouvrière (qu’ils n’ont jamais vécue), qui reconverti en abolitionniste d’un prolétariat ayant perdu son identité de classe mais pas sa destinée, à leurs yeux en dernière instance, de s’auto-abolir.

    Ces gens-là, que j’ai tous peu ou prou épinglés ad nominem, sont vieux ou jeunes - les jeunes gauchistes font les vieux cons - ils ont plus ou moins de thunes, mais la plupart ne sont ni de souches ouvrières ni d’origines ethniques ou raciales leur ayant donné une expérience de la chose, de la misère ou du racisme, ou des deux. Des trois, puisque ce sont généralement des mecs, et les nanas de ces milieux itou, question origines sociales ou raciales

    Ce sont pour la plupart des gens instruits, qui s’expriment avec facilité, à l’écrit sinon à l’oral : dans une réunion publique, beaucoup sont moins bavards qu’en ligne, pseudonyme ou pas (Guillon parle à Radio Libertaire avec les mêmes effets de langage qui vous distingue, à France Culture). Il leur est donc facile de résister à l’insulte commune : "intellos". Mais, dans le sens que ce terme a pris dans les écoles des quartiers, ils sont bien, de fait, comme ces "intellos", c’est-à-dire des jeunes issus de milieux leur ayant offert, ou leur offrant, les moyens d’études longues et de meilleurs débouchés dans la société. Qu’ils fassent le choix de la refuser n’y change rien : ils seront toujours avantagés sur les prolos français en surplus.

    Claude Guillon, un cadavre

    Quand on voit un Claude Guillon, anarchiste de plume, et l’éloge de son dernier bouquin dans "Le Monde libertaire" : Une écriture mordante et radicale, la modestie avec laquelle il affiche ça sur son blog "généraliste", quand on sait le peu d’expérience et de feeling prolétaire qu’il y a dans son "communisme libertaire" , quand on a vu des années le relai complaisant à son texte creux au niveau théorique « Communisation, l’impensable projet », quand on sait d’où il vient : un privilégié de la race et de l’argent - issu de la petite bourgeoisie parisienne, deux parents chirurgiens-dentistes...- on comprend tout l’anarchisme de ses textes, tout son égo-narcissisme d’écrivain avec un brin de talent (pas difficile, élevé au milieu des livres, comme Dauvé...), quand on sait qu’il préfère ses relations dans le milieu du journalisme parisien, à mettre en lien de son blog des références de classes, qui feraient tache sur sa réputation mérité d’anarcho à plume du troisième âge, en mal de laisser une trace dans la littérature radicale, ils l’ad-maîtron...

    Ton cinoche, Guillon, profites-en avant de passer. Il est en train de s’effondrer, le tien et celui d’autres, qui ne peuvent plus montrer leur petite culotte d’écrivain licencieux sur les marches du festival radical en ligne, bien de plus grande valeur intellectuelle pour leurs apports théoriques, et par conséquent moins célèbres que toi médiatiquement (les luttes suicidaires de prolos brûlant leur boîte, ça rapporte moins que tes recettes aux petits oignons de "Suicide mode d’emploi", et itou pour tes conceptions de l’amour, qui ne sont pas prêtes de faire un tabac dans les banlieues : très fier, il y a quelques années, de boycotter ta boulangère kabyle : Oh secours ! Ma baguette parisienne ! Ni dieu ni maître ! Ni boulangère arabe !

    Bobo-Guillon si courageux pour te faire mousser, Peux-tu te dire anarchiste ? Sans problème, vu ce que c’est devenu aujourd’hui, c’est pas difficile. Et ta dernière ineptie - si j’en crois Le Monde Libertaire -, concernant le net qui va permettre une révolution pacifiste* (mais c’est d’génial !), c’est d’une naïveté confondante et d’une ignorance crasse du fonctionnement des tuyaux : à part peut-être les vieux papiers de la révolution française, tu n’étudies rien sérieusement.

    Ajoutons-y les ronds de jambe au sergent major obsédé par l’antisémitisme et muet sur le racisme de classe anti-arabe : Yves Coleman, et à votre pote Floréal du même genre flirtant avec l’idéologie française sur les terres de Manuel Valls, en bon demi-négros du côté des maîtres.

    Alors, Guillon Claude, anar de papier qui t’offusques du mauvais service de la SNCF (que font les cheminots ? merde !), t’es beaucoup plus Charlie que tu ne veux bien le dire, y compris dans ta recherche, un peu vaine, de l’anarchie fondamentale dans la Révolution française, bien de chez nous (t’iras pas voir aussi loin que Baudelaire, c’est sûr, aucune fleur des îles ne te fera du mal).

    En vrai, t’as pas un mot sérieux contre le capital, l’exploitation capitaliste pour toi, c’est la domination, les flics, les sans-papiers ça fait partie de ton folklore, un passeport pour ta bonne conscience et chez le bobos anars de base... Pas un mot contre le racisme d’aujourd’hui particulièrement contre les femmes ’indigènes’, t’es pas foutu de mettre les pieds dans les quartiers dont tu ne parles jamais, ou pas mieux que Le Figaro et Libération : t’es juste un petit-bourge blanc, 20 ans post-68, devenu vieil anarchiste ayant acheté ton charisme dans l’édition, si peu "parallèle" et sans aucun risque que de récupérer plus tard ton pognon, un vieux con mais qui impressionne encore moyennement les jeunes idiot.e.s de ton milieu social, et racial.

    Tu peux crever, salope, avec l’assurance qu’ils te feront, en face, de belles obsèques. Je ne m’y rendrai pas. Mais n’aies crainte, je n’irai pas cracher sur ta tombe. »

    http://communism-decolonial.forumactif.org/t139-l-anarchisme-identitaire-inde-passable-claude-guillon-un-cadavre-yves-coleman-patlotch-raciste-le-surf-des-bobos-anars-dans-l-ideologie-francaise-universelle-de-cheval-blanc

  • Pour en finir avec l’islamalgame

    Ces nouveaux croisés de l’athéisme laïcard font mine de croire que les marxistes se seraient ramollis, face aux religions. Que nenni. Cette tricherie tire d’un Marx lu à l’envers une religio-phobie, à priorité anti-« musulmans », c’est-à-dire alimentant la chasse aux mauvais arabes d’en-bas, dans une paranoïa prétendant combattre l’antisémitisme. Le cercle vicieux s’alimente en boucle dans la sphère médiatico-militante, faisant écran à la question sociale, parfois de part et d’autre, jusqu’à considérer comme raciste et antisémite le Parti des Indigènes mis dans le même sac que Dieudonné.

    Cette radicalité anti-religieuse ne prend pas les choses à la racine, les rapports sociaux, qui est le sens du texte de Marx « la religion opium du peuple ». Le concept d’islamo-gauchisme sert ainsi de paravent aux questions sociales et à la lutte des classes dans ses déterminations racialisées. Ils en rajoutent à l’idéologie, aux politiques et aux mesures liberticides du capital telles qu’elles produisent concrètement la segmentation racialisée du prolétariat.

    Comment Marx est revu pour fonder l’islamophobie, Quentin Vanbaelen, Interview de Pierre Tevanian (« La haine de la religion ») suivie d’une discussion. On y trouve démontée l’argumentation du « marxiste » Germinal Pinalie, dont Yves Coleman recommande le blog. En mai 2013, dans un texte vidé de toute critique sociale, le soldat Coleman lumineux écrit : « Pierre Tevanian se trompe totalement de cible en attaquant et calomniant l’athéisme et les Lumières ». La boucle est bouclée : Coleman Charlie avant Charlie. Je les invite à une discussion-débat dans un « quartier sensible », je veux bien m’occuper de la sono mais pas du service d’ordre…
    .
    http://patlotch.com/text/488b2cdb(Patlotch2013)-663.html

  • 21 juin 01:08

    Yves Coleman et Claude Guillon dans le même microcosme, c’est comme deux reines dans la même ruche ou deux renards dans le même poulailler. Ils finiront comme les situationnistes, à s’étriper entre eux jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un.

    https://www.non-fides.fr/?Et-Claude-Guillon-crea-l-excommunication-et-oublia-le-negationnisme

    http://mondialisme.org/spip.php?article2518

    http://mondialisme.org/spip.php?article2519

    https://lignesdeforce.wordpress.com/2016/07/29/les-dieux-la-mort-lhumour-le-mauvais-gout-et-les-fascismes/

    https://lignesdeforce.wordpress.com/2016/08/14/lettre-ouverte-a-un-jeune-homme-hors-de-lui/

    https://lignesdeforce.wordpress.com/2016/08/08/reponse-a-yves-coleman-sur-divers-sujets-dimportance/

    Après avoir été copains comme cochons contre les antiracistes et les antisionistes, ils s’aperçoivent qu’ils se font de l’ombre entre eux. Pour le moment, c’est Guillon qui est éliminé, mais on attend avec impatience la finale entre Coleman et Non Fides, en espérant qu’il n’y aura pas de survivant.

     :-)))))

  • « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique. A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.

    En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical. Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages. La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains. La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

    Jordi Vidal -Résistance au chaos - 2002

  • Au vu de l’ensemble de ces données, il apparaît indubitable que vous pouvez faire votre deuil de toute tentative de communication idéale avec un néotroll. Par conséquent évitez de perdre trop de temps dans vos explications. Cet adepte de la pensée unique n’a pas l’intention d’écouter autre chose que les idées conformément admises même si vos réponses sont parfaitement argumentées.

    Rappel : Selon wikipedia, en argot Internet, un troll caractérise ce qui vise à générer des polémiques. Il peut s’agir d’un message (par exemple sur un forum), d’un débat conflictuel dans son ensemble, ou de la personne qui en est à l’origine. Ainsi, « troller », c’est créer artificiellement une controverse qui focalise l’attention aux dépens des échanges et de l’équilibre habituel de la communauté”.

    Le NéoTroll : un parasite néo-con qui tente de brouiller toute remise en question de la doctrine ultra-libérale et coloniale.

    Cependant, un nombre de critères supplémentaires tels que ses sources, son réseau, sa narration bien distinctive et surtout ses thèmes de prédilection et sa vision géopolitique, permettent de distinguer une variante particulière de troll sur les réseaux sociaux, forums et fils de commentaires d’articles d’actualité.

    Quand la zizanie s’empare d’un forum…

    Si vous êtes féru de débats contradictoires en lien direct avec l’actualité politique, il vous est probablement arrivé de participer à quelques discussions sur les réseaux sociaux et les forums. Alors vous avez pu mesurer à quel point il était devenu difficile de pouvoir dialoguer cordialement. Vous vous êtes peut-être rappelé qu’initialement, dans les années 2000, les forums avaient été conçus pour échanger des idées sur des thèmes déterminés au préalable sous la forme de listes de “topics” administrés par des “modérateurs”… mais qu’aujourd’hui ces mêmes forums étaient devenus le plus souvent des zones de railleries où se diffusent de manière péremptoire des accusations infondées contre une personne ou un groupe de personnes. Et une fois injuriés, les individus ciblés n’ont que très peu de pouvoir de rétorsion à opposer à leurs détracteurs car il se trouve qu’ils sont déjà fustigés dans de nombreux médias, toujours lorsque leurs idées sont plus ou moins éloignées des préjugés officiels.

    Puis cet état de fait vous a le cas échéant amené à vous poser les questions suivantes : “Qui sont ces militants qui s’expriment avec autant de véhémence sans jamais daigner répondre à une question précise ?” “Sont-ils vraiment de bonne foi ?” “Pourquoi usent-ils de sophismes qui peuvent se résumer à ces quelques mots : “le bien c’est nous, le mal c’est vous » ? Et si vous observez les sujets abordés, ”Quel intérêt ont-ils à relayer sur internet les campagnes de diabolisation instrumentalisées de toutes pièces par les gardiens du néo-libéralisme ?” ou encore “Comment se fait-il qu’ils développent autant d’arguments en adoptant des comportements qui manquent totalement de logique ?”

    Pour essayer d’apporter quelques réponses à ces questions, nous avons tenté de décrypter et lister les différentes attitudes qui indiquent dans un fil de discussion la présence d’un ou plusieurs trolls de cette espèce particulière, dont nous allons montrer qu’en fait, elle appartient à la nébuleuse néo-cons. Pour la commodité de la démonstration, nous les appellerons tout simplement les “néotrolls”.

    Les caractéristiques du “néotroll”

    Manipulateur sans vergogne : Dans son système, la mauvaise foi est une prérogative, aussi pour parvenir à ses fins le néotroll a recours à de multiples stratégies. Par exemple, il fixe l’attention sur un mot dérisoire afin d’éviter de répondre à une question embarrassante. Ou encore, quand ils lui sont défavorables, il n’hésite pas à banaliser les sujets sensibles. Ayant pour objectif de pervertir le débat, chacun de ses commentaires est une nouvelle occasion de vociférer.

    Harceleur impénitent : Sa technique bien choisie de type trolling est délibérément narquoise. Son but ? Provoquer chez l’interlocuteur une réaction émotionnelle et ainsi le disqualifier en isolant un mot ou une petite phrase que ce truqueur arrive toujours à caricaturer.

    Adversaire déloyal : En géopolitique, bien qu’il s’en défende, le néotroll est constamment aligné sur le positionnement “atlantiste”. Il approuve la totalité des guerres impérialistes dont l’agenda récent fut défini par les faucons de l’administration de George Bush, cette stratégie belliqueuse qui sera par la suite totalement entérinée par la grande majorité des libéraux occidentaux.

    Ainsi, même à l’issue d’une opération militaire israélienne de grande envergure telle que l’Opération Plomb Durci (“Cast Lead”) entre Noël 2008 et l’investiture d’Obama le 20 janvier 2009, le néotroll fini toujours par vous dire que les torts sont partagés dans le conflit israélo-palestinien. Le HAMAS est alors le grand méchant loup de service que le néotroll utilise pour appuyer son raisonnement biaisé. Nous retrouvons cette méthode ( “on ne négocie pas avec …” ) qui bien sûr a pour but de maintenir le statu quo, dans les discours de George Bush et de Benjamin Netanyahu. Du reste, cette rhétorique est utilisée par la totalité des théoriciens néoconservateurs :

    “Pourquoi Israël ne doit jamais négocier avec le Hamas” (Mohamed Sifaoui).

    « On ne peut pas reconnaître un Etat palestinien avec le Hamas aux commandes« (BHL).

    “Propalestinisme, endoctrinement islamiste et judéophobie en France” (Pierre-André Taguieff).

    Bluffeur invétéré : A l’instar de ses illustres modèles que sont BHL, Fourest, Taguieff, Sifaoui, Finkielkraut, Kouchner etc., et même quand il n’a pas une seule carte majeure dans les mains, le néotroll ne se démonte pas. Pour l’essentiel, son bluff s’appuie sur l’utilisation d’arguments – épouvantails. Par exemple “confusionnistes”, “rouges bruns”, “conspirationnistes”. Ces petits mots bien connotés lui permettent de jeter l’anathème sans jamais avoir à s’expliquer, provoquant ainsi la clôture définitive des échanges.

    Néocon/néocorbeau : Il recherche constamment le contrôle du débat par la culpabilité.

    Aussi, afin de multiplier les coups bas, le néotroll a souvent recours à des documents anonymes et non sourcés. Polémique, médisance, pures rumeurs et accusations violentes sont les ingrédients redondants de sa propagande. Sa rhétorique bien rodée finit toujours par atteindre le point Godwin. [Le point Godwin est le principe tiré de la règle qui porte le même nom dite “loi de Godwin ». Cette idée fut conceptualisée en 1990 par l’avocat Mike Godwin. Selon lui « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler est probable ». Godwin pense que l’omniprésence de ces comparaisons a pour conséquence de banaliser l’Holocauste]. Dès lors la diabolisation atteint son point culminant et l’offensé se voit reprocher par une méthode d’extrapolation généralisée des sympathies pour le fascisme. Un martelage en boucle qui se traduit par des affirmations du style : » Il emploie les mêmes mots que l’extrême droite”. Ou encore : “Savez vous qu’il était présent à une manifestation où nous avons pu également dénombrer quelques membre du FN ? C’est bien la preuve qu’il en fait partie !” Cette emphase usée et abusée ne varie jamais d’un iota.

    Indigné sélectif : Le néotroll comme nous venons de le voir s’est donc spécialisé dans le commérage, les amalgames et les procès d’intention. Ceci étant, il est moins loquace voir même carrément muet quand il s’agit d’aborder certains sujets sensibles qui pourtant si l’on en croit ses prétentions devraient concentrer toute son énergie. Par exemple, il ne dit jamais un mot sur les liens entre les gouvernements occidentaux et le nouveau pouvoir d’Ukraine qui utilise des groupe para-militaires ouvertement néonazis. De plus si notre néotroll se montre toujours très généreux en affirmations quand il s’agit d’associer la lutte contre l’impérialisme à un acte d’allégeance à Milosevic, Kadhafi ou à présent Assad, il reste très avare en informations sur les partenariats économiques et militaires qui unissent les différents pays membres de l’OTAN aux pétromonarchies héréditaires du Golfe qui comme nous le savons sont des « modèles démocratiques ». Arabie saoudite : un jeune de 21 ans risque la décapitation

    Tolérant seulement pour lui même : Le néotroll a la fâcheuse habitude d’amalgamer ses contradicteurs avec des personnalités stigmatisées au préalable par les grands médias. Entre autres nous retrouvons Poutine, Arafat, Chavez, Ahmadinejad que le néotroll fusionne, point Godwin oblige, à Hitler, puis suivent dans ses déclinaisons, dans cet ordre ou un autre, Le Pen, Staline, Hamas, Hezbollah, PCF, Bricmont, CGT, Chouard, Mélenchon, Lordon, Dieudonné, Meyssan, Todd, Sapir et Onfray depuis quelques temps, etc.

    Voici par exemple un “message de néotroll type” posté sur le forum d’un site ordurier « Les morbacks véners » , prétendument à gauche mais formellement spécialisé dans l’insulte, la menace et les amalgames. Un militant néocon se fait appeler « nomore ». Le 27 mars 2014 à 10:52, en réponse au message d’un autre participant à ce forum, « nomore » écrit :

    “Vu la réaction de « Red Star » nous avons probablement affaire là, à un de ces débris stalinoïdes genre PRCF-Mpep-Cgt bas du front du nord-CNR 2.0-Comite Valmy qui sont aussi de grands admirateurs de démagogue-Natio-productiviste Mélenchon et de son « Front de Gauche » et de temps à autres des grands amis des « constituants » regroupés autour du duo de « Gauche Alter » des Chouard-Lordon . Un « Front de gauche » un PCF et un « Mouvement pour la paix » que ça n’a pas gêné le 29 août 2014 dernier de « Manifester contre l’intervention militaire en Syrie » place des innocents à paris aux coté des pires chabihas Bacharistes de l’ambassade de Syrie en France, des fachos de la « dissidence », de la négationniste Ginette Skandrani , du « Cercle des Volontaires » et de divers autres soraliens et fracassés du bulbe conspirationnistes. (…)”

    Nous vous épargnons le reste du message, qui n’apporte vraiment rien de plus.

    Bref, « nomore » nous propose une “ratatouille façon Maître Taguieff” qui consiste à salir un maximum de gens qui n’ont rien à voir les uns avec les autres en les réunissant dans un minimum d’espace. Dès lors, « exigeant pour les autres, indulgent pour moi-même » pourrait être la devise du néotroll, qui lui n’est jamais très regardant sur la qualité de ses propres sources. Rappelons que Conspiracywatch et Confusionnisme.info sont les deux sites principaux auxquels s’abreuve l’ensemble de la nébuleuse néocon/néotroll. La source principale Conspiracywatch, est animée par Rudy Reichstadt, ce dernier fait la jonction entre la droite néocon islamophobe et la pensée ultra-libérale. En bref, Monsieur Reichstadt est toujours “du côté du fric et des bombes”. La source secondaire Confusionnisme.info est animée par Ornella Guyet qui en complément de ses annonces putrides, distille jusqu’à plus soif les rapports douteux de Monsieur Reichstadt. Au final, les deux sites, sous couvert de lutte contre le « conspirationnisme », relaient de façon permanente la propagande guerrière occidentale sur internet et dans les médias. A cela se rajoute une multitude de sites aussi primaires qu’anecdotiques qui pour obtenir un semblant de véracité rééditent les pseudo-analyses des deux sites pilotes.

    Néocon /néomanichéen : En 2001 George Bush dans un discours post 11-Septembre empreint de religiosité promettait une vengeance « du bien contre le mal ». De la doctrine Bush, le néotroll a surtout conservé la violence et le manichéisme. Dans la narration néotroll le diable qui était constamment sous-entendu dans les sermons de Bush, est remplacé par les termes « fachos” , “conspi”, ou encore “rouge brun « . Et nous avons vu plus haut dans le billet comment ces labels étaient attribués. Cependant la toxicité de ces expressions vient du fait que répétées en boucle elles ont fini par déboucher sur des formules toutes faites qui se suffisent à elles-mêmes. Pour exemple : « Pas de quartiers pour les fachos« – “Conspis hors de nos villes » s’écriait l’égérie de la nébuleuse néotroll Ornella Guyet. Ces deux exemples d’affirmations péremptoires, qui de surcroît encouragent le lynchage, illustrent parfaitement le manichéisme néotroll.

    Résumons ! Semblable à une toxine hautement pathogène, le neotroll diffuse sa malveillance principalement sur les forums consacrés aux questions de macroéconomie et de politique internationale. Le néotroll est dépourvu de sens moral. La calomnie est son principal attribut. Il est au service d’une stratégie perverse qui justifie la guerre au nom des droits de l’homme. Il martèle sans cesse les mêmes inepties tirées de sources plus que douteuses. Son indignation est paradoxale. Convaincu de son bon droit, il peut aller jusqu’à préconiser la violence.

    Se défendre en connaissance de cause

    A présent que nous avons repéré le “militant néocon catégorie troll”, la question est de savoir comment lutter efficacement contre lui ?

    1. Pour éviter qu’il ne dévore toute votre énergie, ne prenez pas plus de cinq minutes à lui répondre.

    2. Pour aller plus vite utilisez la presse de masse qui bien que l’information y soit diluée, représente quand on prend le temps de varier les sources une très bonne base de données. Exemple : Un jour dans Haaretz un autre dans le Telegraph le surlendemain avec le New York Times, et ainsi de suite… vous pouvez même de cette façon descendre jusqu’àL’Express c’est vous dire !

    3. Très succinctement vous pouvez aussi rappeler à notre néotroll qu’inconsciemment ou pas il est constamment dans la roue des “chiens de garde” du néocolonialisme qui, sous couvert de bons sentiments, nous ont vendu les campagnes militaires (entreprises de spoliation )d’Afghanistan, d’Irak, de Libye, de Syrie et toutes celles d’Afrique, dont aujourd’hui nous mesurons pleinement les conséquences sur les peuples .

    4. Quand il s’agit de faire la promotion d’une guerre, les néocons français n’hésitent pas pour les culpabiliser, à amalgamer les militants pacifistes à l’épouvantail FN. En 2002, Pascal Bruckner, André Glucksmann et Romain Goupil écrivaient : « Force est de constater que l’antiaméricanisme n’est pas un accident de l’actualité ou la simple réticence face à l’administration de Washington, mais le credo d’une politique qui soude les uns avec les autres, en dépit de leurs divergences, le Front national et les Verts, les socialistes et les conservateurs, les communistes, les souverainistes… A droite comme à gauche, ils sont rares ceux qui n’ont pas cédé à ce « nationalisme des imbéciles » qui est toujours un symptôme de ressentiment et de déclin. » Bien entendu, le néotroll n’a rien oublié de cette méthode. Pour lui comme pour Bruckner et ses camarades, le FN est un monstre utile qui leur permet de faire oublier leur propre monstruosité. Dès lors, pour éviter les discutions sans fin, vous pouvez simplement signifier au néotroll que Marine Le Pen est contre le cannibalisme, et que ce n’est pas pour autant que vous n’allez pas devenir anthropophage…

    5. Inutile de spéculer sur les raisons de ses agissements. Peu importe de savoir si le néotroll défend des intérêts camouflés, ou si son implication est seulement intéressée, ou bien encore si il s’agit d’un psychorigide verrouillé ad vitam æternam sur des idées reçues … si vous abordez ce type de questions avec lui vous le conforterez dans son rôle de merle moqueur. Retenons simplement que le néotroll n’a pas son pareil pour semer la discorde dans les milieux du cybermilitantisme.

    Conclusion

    Au vu de l’ensemble de ces données, il apparaît indubitable que vous pouvez faire votre deuil de toute tentative de communication idéale avec un néotroll. Par conséquent évitez de perdre trop de temps dans vos explications. Cet adepte de la pensée unique n’a pas l’intention d’écouter autre chose que les idées conformément admises même si vos réponses sont parfaitement argumentées. Ne perdez jamais de vue que le néotroll est un destructeur qui se moque éperdument du sens et du non-sens. Avec lui le vivre ensemble est tout simplement impossible à envisager. Son “jusqu’au-boutisme” ne tolère rien d’autre qu’une lutte sans règle de conduite dont il doit sortir gagnant coûte que coûte et cela par n’importe quel moyen. En somme, nous pouvons résumer la situation en quelques mots : le néotroll se situe toujours au niveau le plus archaïque des échanges, l’avant dernier palier, celui qui précède de très peu les crachats, les jets de pierre et le lynchage.

    https://blogs.mediapart.fr/pizzicalaluna/blog/190116/comment-dejouer-les-manipulations-d-un-cyberactiviste-neo-con

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