RSS articles
Français  | 
24/07 : Empêchons une expulsion !, Een uitzetting beletten ! posté le 22/07/17 - Local - 1 commentaire
Construction de trois nouveaux centres fermés en Belgique posté le 19/07/17 - Local - 2 commentaires
Autour de la pensée de Vanzetti posté le 17/07/17 - Local
Notes sur Sacco et Vanzetti posté le 17/07/17 - Local - 1 commentaire
Alerte Calais posté le 16/07/17 - Local
Solidarité avec Nalan Oral ! posté le 16/07/17 - Local

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10

Une Française qui défend l’islam remise en place posté le 25/07/17 - Global - 3 commentaires
Jérusalem : Israël responsable de l’embrasement posté le 24/07/17 - Global - 2 commentaires
« Cher Bibi » posté le 23/07/17 - Global - 2 commentaires
Une leçon de journalisme, par Jean-Luc Godard posté le 17/07/17 - Global - 8 commentaires

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | ... | 15

Le travail et la prison posté le 25/07/17 - On the web
Psychologie de masse du fascisme et du capitalisme posté le 24/07/17 - On the web
Attentat à Manchester : le terrorisme montre la putréfaction du capitalisme posté le 24/07/17 - On the web - 3 commentaires
Non, l’antisionisme n’est pas un antisémitisme réinventé posté le 23/07/17 - On the web - 11 commentaires

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | ... | 184

Une leçon de journalisme, par Jean-Luc Godard
posté le 17/07/17 Mots-clés  antifa  médias  répression / contrôle social 

Antenne 2, 22 mai 1982, « Jean-Luc Godard est l’invité du journal télévisé Midi 2 en direct du Festival de Cannes » [1].

Le présentateur du journal, Philippe Labro, alors âgé de quarante-six ans, est déjà un vieux routier des médias de grande diffusion (Europe 1, Marie-France, France-Soir, le JDD, Paris-Match, RTL, TF1). Il a publié deux romans, a réalisé cinq films (dont deux avec Jean-Paul Belmondo et un avec Yves Montand) et a écrit des chansons pour Johnny Halliday et Jane Birkin.

Ce n’est pas la première fois que les deux hommes se rencontrent puisque Philippe Labro a joué le rôle d’un journaliste prénommé Philippe (apparaissant dans une voiture siglée Europe 1, station de radio où débuta Labro Philippe) dans les quatre dernières minutes de Made in USA (1966) de Jean-Luc Godard. Cela explique sans doute en partie pourquoi au cours de l’interview ils s’appellent par leurs prénoms.

Le contexte de cet entretien n’est pas indifférent. Depuis le 2 avril 1982 l’Argentine et le Royaume Uni sont en guerre dans les îles Malouines, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud. Cette guerre sera nommée en France « guerre des Malouines ». Elle se terminera le 14 juin 1982 par la reddition de l’armée argentine qui avait contesté au Royaume Uni la souveraineté sur ces îles. Plusieurs semaines après le déclenchement de cette guerre, le journaliste entreprend d’interroger le cinéaste à son propos.

La vidéo

- Philippe Labro : « Mais dans trois semaines, qui peut vous dire et que pouvez-vous dire sur ce qui se passera dans le monde dans trois semaines Jean-Luc ? Hein ? »

- Jean-Luc Godard : « Mais là pour l’instant ce que je peux dire : je peux rien vous dire sur les Malouines parce que je ne [Philippe Labro parle en même temps que Jean-Luc Godard : « Si, vous vous êtes exprimé. »] sais pas ce qui se passe. »

- Philippe Labro : « Si si, vous vous êtes exprimé. Mais nous ne savons pas non plus ce qui se passe, mais c’est peut-être déjà une information. »

- Jean-Luc Godard : « Alors pourquoi vous ne le dites pas Philippe ? Et vous ne commencez pas votre journal en disant je ne sais pas ce qui se passe ? »

- Philippe Labro : « J’ai commencé mon journal, Jean-Luc, en disant" informations contradictoires et confuses, [Jean-Luc Godard parle en même temps que Philippe Labro : « Non, mais" Je ne sais pas ce qui se passe. " »] l’Argentine dit une chose, Londres autre chose. " »

- Jean-Luc Godard : « " informations contradictoires ", vous avez l’air de savoir que c’est" informations contradictoires ". Dites :" Moi, chef d’Antenne 2, je ne sais pas ce qui se passe. " Moi, chef d’Antenne 2, je ne sais pas ce qui se passe. " »

- Philippe Labro : « D’abord je ne suis pas" chef d’Antenne 2 ", première information, deuxièmement »

- Jean-Luc Godard : « Non, mais, " Moi, speaker, je ne sais pas ce qui se passe. " Vous ne voulez pas dire " Je ne sais pas ce qui se passe. " pour faire plaisir ? »

- Philippe Labro : « Je ne suis pas " speaker " non plus, je ne suis pas " speaker " non plus, ça n’est pas une défini, ça n’est pas une bonne définition " speaker "Jean-Luc Godard. »

- Jean-Luc Godard : « Ou du moins " Je ne vois pas ce qui s’est passé. " Vous pouvez dire ça ? »

- Philippe Labro : « Je n’ai pas vu ce qui s’est passé aux Malouines. [Labro, énervé, prononce cette phrase en haussant la voix.] Ça vous convient, ça vous satisfait ? »

- Jean-Luc Godard : « Oui, voilà. »

- Philippe Labro : « Très bien, merci Jean-Luc. Mais restez avec nous parce que le dialogue est intéressant. »

La séquence est plus significative qu’il n’y paraît de prime abord.

Philippe Labro selon Philippe Labro ne serait ni « chef » ni « speaker ». Il n’est pas alors « chef d’Antenne 2 », il ne deviendra vraiment « chef » que quelques années plus tard (voir « Annexe »). Mais en sa qualité de présentateur du Journal Télévisé il en est… le chef d’orchestre ! Philippe Labro ne serait pas non plus « speaker ». Piqué au vif, il proteste : « Je ne suis pas " speaker " non plus, […] ça n’est pas une bonne définition " speaker " ». Ce serait, croit-il, minimiser son rôle. Pourtant, il parle l’information et l’information parle par sa bouche. Mais quelle information ? Quelle information quand le « speaker » qui n’en serait pas un ne dispose d’aucune information vérifiée ?

C’est à cette question que Jean-Luc Godard consacre un « droit de suite » : ce « droit de suite » que les journalistes sont supposés exercer quand ils obtiennent des réponses évasives ou dilatoires à leurs questions. À six reprises, il insiste pour que Philippe Labro dise qu’il ne sait pas ce qui se passe, jusqu’au moment où, excédé, le journaliste finisse par dire : « « Je n’ai pas vu ce qui s’est passé aux Malouines. »

Jean-Luc Godard, mine de rien, vient d’administrer une leçon de journalisme. Mieux vaudrait informer (car ce serait informer…) que l’on ne dispose pas d’informations effectives, c’est-à-dire dûment vérifiées auprès de sources croisées et concordantes, plutôt que de faire comme s’il en allait autrement et comme si le journaliste savait de quoi il parle. A quoi l’on pourrait ajouter : plutôt que de mentionner l’existence d’informations contradictoires qui n’en sont pas ou d’abuser du conditionnel qui protège de l’inexistence d’informations vérifiées.

Denis Souchon

Annexe - Post-scriptum : 35 ans plus tard...

Depuis cette interview, Philippe Labro est devenu un véritable « chef » : il a été directeur des programmes de RTL de 1985 à 2000 et aujourd’hui il fait partie de la garde rapprochée de l’oligarque des médias Vincent Bolloré comme l’atteste son portrait en ligne sur le site de C8 [2] : « D’abord consultant pour Bolloré Média, Philippe Labro est à l’origine, avec Vincent Bolloré, de la création de Direct 8, dont il est vice-président [chef]. Il est également vice-président [chef] du quotidien gratuit "Direct Matin". (…) Philippe Labro anime [chef et speaker] depuis septembre 2008 l’émission hebdomadaire Langue de bois s’abstenir. Tous les samedis à 11h, un décryptage de l’info en 40 minutes autour d’éditorialistes renommés ! »

http://www.acrimed.org/Une-lecon-de-journalisme-par-Jean-Luc-Godard


posté le 17 juillet 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • godard l’antisémite préféré des maos

  • on comprend ce qui les dérange

    Danièle Obono et les malaises du contorsionniste Jean-Michel Aphatie

    Invitée dans l’émission « Les grandes gueules » sur RMC le mercredi 21 juin, la nouvelle députée de la France insoumise, Danièle Obono, a le tort aux yeux des journalistes-patriotes de RMC d’avoir en 2012 signé une pétition défendant la liberté d’expression de rappeurs mis en cause pour avoir chanté « Nique la France », et surtout, d’être née au Gabon. Deux raisons suffisantes pour que les deux animateurs tricolores de la station jumelle de BFM se permettent cette question : « Vous êtes l’un des nombreux nouveaux visages de l’AN, vous êtes née au Gabon, avec votre parcours, d’être devenue député, vous dites vive la France ? », avant de s’étonner du manque d’enthousiasme et de sincérité de la proclamation d’une Danièle Obono abasourdie et protestant contre cette demande incongrue. La meute des indignés contre un crime imaginaire de lèse-patriotisme se déchaîna et Jean-Michel Aphatie ne tarda pas à la rejoindre sur Twitter.
    « L’affaire » ne prête pas à rire. Mais l’avantage avec Jean-Michel Aphatie, c’est que quel que soit le sujet, on peut toujours trouver matière à sourire dans son intense activité éditocratique – notamment sur Twitter [1].
    Avant de sourire, il convient de rappeler que ce furent d’abord toute la fachosphère ainsi que les cadres du Front national qui, ne demandant pas tant de zèle journalistique, réagirent au quart de tour sur les réseaux sociaux. Puis ce furent au moins deux jours d’une polémique politico-médiatique indigne au cours desquels nombre de journalistes appartenant à des médias réputés « respectables » se firent les relais et les porte-parole, zélés ou simplement assoiffés de sensationnalisme, des obsessions chauvines et racistes de l’extrême-droite.

    Puis il y eut Jean-Michel Aphatie. Plus exactement un premier Jean-Michel Aphatie suiviste et méchant sur Twitter, qui vocifère avec la meute dès le 21 juin :

    Enfin, il y eut un second Jean-Michel Aphatie, mi-ingénu, mi-bravache, invité sur France Culture le 24 juin, dans l’émission « La Fabrique médiatique », pour s’expliquer sur son tweet.

    Après avoir rappelé rapidement les tenants et les aboutissants de la polémique, la présentatrice de l’émission, Caroline Broué, lit le tweet de Jean-Michel Aphatie pour l’inviter à réagir. Celui-ci se lance alors dans un long, très long monologue – si long (et indigeste) que nous avons été contraints de le reléguer en annexe et de résumer son « raisonnement ».

    C’est un sentiment de « malaise » et de « surprise » qui a inspiré à Jean-Michel Aphatie son tweet vengeur. Sentiment si puissant qu’il ne pouvait le garder par devers lui, mais qu’il se devait, comme tant d’autres « grands » journalistes, de le rendre public… Sentiment fondé, nous dit-il, sur deux impressions :

    1. Danièle Obono manquerait de « sensibilité » et d’« émotion » – contrairement à Jean-Michel Aphatie, donc –, et même de « réflexe » en tant que femme politique. Pourquoi une telle sentence ? Parce qu’elle n’a pas su faire le lien entre les djihadistes ayant « concrètement voulu niquer la France » en 2015 et les artistes dont elle a soutenu, dans une pétition signée en 2012, le droit de chanter « nique la France ». Le perspicace Jean-Michel Aphatie, lui, a fait, ou plutôt imaginé, le lien, et tout en affirmant soutenir la liberté d’expression, il en tire une conclusion (très provisoire, comme on le verra plus loin) limpide : après les attentats de 2015, on doit « interroger différemment » les artistes qui s’aviseraient de s’en prendre à « la France » ! Jean-Michel Aphatie est un journaliste sensible, mais aussi très cocardier, comme nombre de ses confrères.

    2. Jean-Michel Aphatie a « senti » Danièle Obono « bloquée » lorsqu’il s’est agi pour elle de dire « quelque chose de positif », ou « d’assez enthousiaste sur le pays qu’elle représente ». Décidément Jean-Michel Aphatie aime laisser libre cours, dans ses analyses, à sa sensibilité et ses sensations. On passera sur l’interprétation psychologisante de l’attitude de Danièle Obono, sur la mesure de l’intensité de son enthousiasme, et on en déduira que Jean-Michel Aphatie fera passer à tout député qu’il rencontrera à l’avenir un petit test d’enthousiasme patriotique !

    Pas nécessairement convaincue par les arguties de son invité vedette, Caroline Broué demande son avis à son autre interlocuteur du jour, Cédric Mathiot, journaliste à Libération qui, sous le titre éloquent « De quel droit somme-t-on Danièle Obono de crier “Vive la France” ? », a publié un « billet » très critique sur le procès fait à la députée. Cédric Mathiot termine son intervention par un constat qui va à peine désarçonner Jean-Michel Aphatie :

    - Cédric Mathiot : « (…) ce procès il est fait à Danièle Obono, et pas à d’autres députés qui sont exactement dans la même situation [2]. »
    - Caroline Broué : « Jean-Michel Aphatie ? »
    - Jean-Michel Aphatie (dubitatif) : « Oui, mais ça, euh… Moi, par rapport aux sentiments qui ont été les miens en voyant cette vidéo, c’est un débat important, hein, celui que vous soumettez, mais de mon point de vue parallèle (sic), c’est-à-dire que vous prêtez des intentions, et peut-être avez-vous raison de le faire, je n’en sais rien, aux deux journalistes qui animaient cette émission, donc là c’est plutôt à eux qu’à moi de répondre . Moi, je regarde Danièle Obono, comme une Française qui est devenue députée, je la regarde comme ça. Son origine, moi, ça m’est complètement égal, ce qui m’intéresse c’est elle, c’est le regard qu’elle a sur la société d’aujourd’hui, et, euh, son dogmatisme, sa sécheresse humaine m’ont frappé ! »

    Courageusement et confraternellement, Jean-Michel Aphatie, depuis son « point de vue parallèle », préfère ne pas se prononcer sur les sommations invraisemblables et l’indignation très sélective – qui est aussi la sienne – des deux animateurs de RMC. Il peut bien dire et répéter que l’origine de Danièle Obono lui est complètement égale, en refusant de condamner ou même de constater l’impudence mâtinée de xénophobie de ses confrères, il ôte toute crédibilité à ses « arguments » – qui n’avaient vraiment pas besoin de cela.

    Ce qui ne l’empêche pas de poursuivre ses jugements à l’emporte-pièce sur la personne de Danièle Obono, pour dénoncer, cette fois-ci et toujours sur la foi d’une vidéo de quelques minutes, sa « sécheresse humaine ». Après cette nouvelle incursion sur le terrain de la psychologie, Aphatie en revient – pour le pire – au journalisme politique : Danièle Obono serait dogmatique. Pourtant, Jean-Michel Aphatie l’a dit quelques minutes plus tôt [3] : il ne connaît pas Danièle Obono. Mais puisqu’elle appartient à une formation politique qu’il qualifie de dogmatique – comme on le verra plus loin –, il décrète que la députée souffre de la même tare.

    Caroline Broué, soufflée par ces embardées argumentaires incontrôlées relance Jean-Michel Aphatie qui poursuit sur sa lancée et continue à dérailler – mais tout en sensibilité :

    - Caroline Broué : « Là, là vous y allez un peu fort, elle n’était pas dans une sécheresse humaine, vous pouvez dire ce que vous ressentez, bien sûr… »
    - Jean-Michel Aphatie : « Bien sûr, voilà, je l’ai ressenti comme ça . C’est-à-dire que je n’ai pas senti chez cette femme qui est devenue députée quelque chose qui serait… Je suis très surpris quand même que… Quand on fait de la politique, on a une sensibilité . Je suis très surpris que confrontée aux… Je vous le redis, je ne peux pas répéter autre chose, mais nique… Je suis très surpris que la notion des attentats, de ce que nous vivons depuis deux ans qui sont des meurtrissures profondes dans la société ne viennent pas dans le débat, ni de la part des journalistes d’ailleurs, mais ni d’elle-même, voilà, j’ai été surpris. Je trouve que cette séquence est éclairante sur des formes de dogmatisme dont les sociétés démocratiques souffrent. Nous avons vu lors de cette campagne électorale deux courants de pensée totaliser 14 millions et demi de voix, qui sont animés par de formes de dogmatisme qui révèlent des évolutions dans la démocratie qui sont problématiques . Et moi, de mon point de vue, que Danièle Obono soit née à Montreuil, à Perpignan, à Trifouillis-les-Oies, ou ailleurs dans le monde, ça m’est totalement égal, totalement égal. »

    Ainsi donc, Danièle Obono serait insensible aux « meurtrissures profondes dans la société » causées par les attentats, du fait d’un « dogmatisme » dont « les sociétés démocratiques souffrent » ; dogmatisme que partageraient les « 14 millions et demi de voix » s’étant portées sur la France insoumise et le Front national à l’élection présidentielle ! Jean-Michel Aphatie reprend ici à son compte le parallèle FI / FN devenu, sans reposer sur quelque fondement politique sérieux, une antienne éditocratique depuis le premier tour de la présidentielle. Parallèle qui est en l’occurrence particulièrement savoureux : comme si le « dogmatisme » allégué de Danièle Obono défendant malgré les attentats le droit de « niquer la France » en paroles pouvait rejoindre en quoi que ce soit les positions du FN…

    D’ailleurs, la conversation se poursuit précisément sur le rôle du FN, et plus largement de l’extrême droite, dans la polémique autour de Danièle Obono :

    - Caroline Broué : « (…) le maire de Fréjus, Davis Rachline a été un des premiers à réagir, suivi dans la foulée de Valeurs Actuelles, puis de Gilbert Collard, tout en disant « députée de la nation elle ne peut pas dire vive la France, mais elle défend Nique la France », et ça part de là, Jean-Michel Aphatie, donc ça, ça dit aussi quelque chose sur la façon dont aujourd’hui les, certains journalistes travaillent… et dont les médias d’extrême-droite peuvent relayer ensuite, dont une parole peut être instrumentalisée. »
    - Jean-Michel Aphatie (très dubitatif) : « Oui, oui, sans doute, enfin pff… pour le coup, euh… La première responsable de tout cela c’est quand même Danièle Obono , je suis désolé, c’est-à-dire que… »

    Il faut bien avouer que Jean-Michel Aphatie marque un (demi) point : ce n’est définitivement pas de la responsabilité des journalistes de RMC, ni celle de Jean-Michel Aphatie, si Danièle Obono est née au Gabon, si elle a signé une pétition en faveur de la liberté d’expression en 2012 et si elle a été élue députée il y a quelques semaines. Inversement, on objectera à Jean-Michel Aphatie que ce n’est pas de la faute de Danièle Obono si certains journalistes considèrent que ces trois caractéristiques sont peu compatibles entre elles, ou qu’elles nécessitent de s’assurer de la loyauté envers le drapeau de celle qui les incarne…

    En équilibre très instable, Jean-Michel Aphatie ne résiste pas aux interpellations suivantes de Cédric Mathiot et Caroline Broué : il trébuche, se contredit et dans un final carnavalesque, décrit l’inverse de ce qu’il fait pour définir sa ligne de conduite face aux polémiques et sur les réseaux sociaux.

    Sur la liberté d’expression en période post-attentats, d’abord :

    - Cédric Mathiot : « Enfin, je note, je constate que la question n’a été posée à personne d’autre et que je n’ai jamais entendu, moi, un intervieweur demander à un responsable politique « dites vive la France ».
    - Jean-Michel Aphatie : « Et vous avez raison de le constater, j’en conviens tout à fait. Dans ce débat qui nous préoccupe, il y a plusieurs débats, vous savez. Sur la liberté d’expression , nous sommes dans des débats là, sur cette scène, dans des débats qui sont très contradictoires parce que quand survient Charlie Hebdo, nous sommes tous des farouches défenseurs de la liberté d’expression quoi que disent les gens, ce que nous disons en janvier 2015 en France, il ne manquait que l’extrême droite le 11 janvier dans les rues de Paris, de manière pratiquement unanime, nous disons il faut défendre la liberté d’expression. Donc en 2017, on ne va pas reprocher à Danièle Obono d’avoir défendu en 2012 la liberté d’expression, et d’y être encore fidèle aujourd’hui . »

    Jean-Michel Aphatie semble se souvenir subitement des déclarations enflammées en faveur de la liberté d’expression de janvier 2015. Il ne va pas jusqu’à abandonner son idée d’« interroger différemment » les artistes qui s’aviseraient de prétendre « niquer la France », mais il dédouane totalement Danièle Obono, dans un rétropédalage spectaculaire – qui devrait faire tomber du même coup les accusations d’insensibilité et de sécheresse humaine proférées quelques minutes avant sur ces bases.

    Sur ses usages de twitter qui l’ont amené à se retrouver en fâcheuse compagnie au cours de cette « affaire », ensuite :

    - Jean-Michel Aphatie : « Français de souche [4], moi, je n’en fais pas partie, vous comprenez… »
    - Caroline Broué : « C’est vrai, mais votre tweet, était beaucoup plus ambigu… C’est très bien que vous vous expliquiez… »
    - Jean-Michel Aphatie : « Alors, mon tweet, il n’était pas ambigu, mon tweet il est modéré (rires de Caroline Broué), vous savez, certains disent que sur Twitter on tape avant de réfléchir, moi j’essaie, j’y arrive pas toujours hein, (sic) de faire l’inverse, c’est-à-dire de pas être débordé par mes sentiments . J’ai dit « elle est pas mal l’Insoumise », parce qu’elle me semble assez emblématique du dogmatisme de ce courant de pensée, un courant de pensée d’ailleurs qui ne cherche pas lui-même à épuiser ses propres contradictions. J’ai vu moi, et vous l’avez vu peut-être, Jean-Luc Mélenchon qui rentre dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale et qui dit : « Qu’est-ce que c’est ça, mais enfin ça c’est insupportable », ça c’est le drapeau européen. Savez-vous que Marine Le Pen met comme condition pendant la campagne électorale pour participer à une émission de TF1 qu’on enlève le drapeau européen qu’il y a dans le décor. Moi c’est ça qui m’intéresse, c’est ce dogmatisme-là dans ce courant de pensée avec lequel par ailleurs, souvent, les médias sont complaisants. On reproche des choses à l’extrême droite qu’on ne reproche pas toujours à France Insoumise, et moi ce qui me fascine, c’est la fabrication dogmatique d’un courant politique . Et Danièle Obono est l’expression dans ce passage que nous voyons de cela, et c’est pour ça que j’ai mis « elle est pas mal l’Insoumise », parce que celle-là je l’ai trouvée bien fabriquée pour ce courant de pensée . »

    Après avoir fait longuement part de ses « sentiments » à l’endroit de Danièle Obono, qui auraient justifié son tweet, Jean-Michel Aphatie nous explique qu’il essaie de faire fi de ses sentiments lorsqu’il se répand sur Twitter ! Comprenne qui pourra… Puis, en sautant du coq à l’âne, il en revient à sa véritable obsession : le dogmatisme de la France insoumise, d’abord, et sa parenté fantasmée avec le FN, ensuite. Ce qui permet à Jean-Michel Aphatie de revenir encore une fois sur sa trouvaille, aussi incongrue dans le contexte que peu ou pas étayée : le dogmatisme de Danièle Obono.

    Et pour finir, une belle leçon de journalisme, qu’un jour, on l’espère, Jean-Michel Aphatie parviendra à mettre en œuvre :

    Jean-Michel Aphatie : « Nous sommes tous d’accord. Moi comme journaliste je n’ai jamais aimé ni cherché à susciter des polémiques quelconques, je trouve qu’on perd beaucoup de temps dans des émotions qui ne permettent pas d’y voir clair . Elles existent, ce n’est pas nous qui les fabriquons, de mon point de vue, et elles doivent nous permettre de réfléchir à ce que nous sommes et à la manière dont nous vivons ensemble . »

    ***

    Le statut d’éditocrate présente un énorme avantage : il permet de tweeter, de dire, ou d’écrire tout et n’importe quoi, puis de disposer de colonnes accueillantes ou d’un micro ouvert pour s’en expliquer, en racontant toujours… tout et n’importe quoi ! Ce sont manifestement ses a priori politiques et sa volonté systématique de dénigrer la France insoumise qui ont inspiré à Jean-Michel Aphatie son tweet sur Danièle Obono. Toujours est-il que même si là n’était vraisemblablement pas son intention, s’il s’en défend et qu’il ne l’assume pas, il a contribué, par son usage inconsidéré et irresponsable de Twitter, à une polémique inepte initiée par la droite extrême, sur un terrain et dans des termes qui sont ceux de la droite extrême.

    Que pour s’en défendre, celui qui officie depuis septembre 2016 sur le service public (France Info), invente des arguments oiseux, se contorsionne pour esquiver les questions qui le gênent – et le mettent indirectement en cause – sur le comportement inacceptable des journalistes de RMC, fasse étalage de sa détestation toute éditocratique pour tout ce qui provient de la France insoumise, et finisse par se contredire à plusieurs reprises n’arrange évidemment rien. Mais par chance, le ridicule éditocratique ne tue pas – il y a même tout lieu de penser qu’il rend plus fort…

    Blaise Magnin

    http://www.acrimed.org/Daniele-Obono-et-les-malaises-du-contorsionniste

  • Encore du manichéisme !

    ni marianne ; ni acrimed ! foutre dieux, coupe les patrons propriétaires et curés en deux !

  • 18 juillet 22:56

    Jean-Michel Aphatie s’étonne pour rien. Étonnant, non ?

    À quoi reconnaît-on un éditocrate ? Parfois quelques tweets de l’un d’entre eux valent mieux que ses longues tirades.
    Une stupéfiante stupéfaction

    Mercredi 5 juillet 2017. Deux heures avant que Jean-Jacques Bourdin reçoive Jean-Luc Mélenchon, dans l’émission « Bourdin Direct » sur BFMTV et RMC, Jean-Michel Aphatie fait mine de s’étonner.

    Rigoureux comme un expert-comptable, Jean-Michel Aphatie l’a vérifié : Mélenchon intervient « toujours » et exclusivement dans les médias privés. L’information est évidemment fausse, mais qu’importe pour peu qu’on puisse tweeter !

    « C’est son choix », susurre le twitto. Comme si Mélenchon et tant d’autres, de « La France insoumise » ou d’ailleurs, qui contestent l’emprise de l’oligarchie médiatique avaient vraiment le choix… même s’ils ont le choix de ne pas intervenir n’importe comment, dans n’importe quelle émission.

    Comme s’ils avaient le choix d’appeler les tenanciers de l’oligarchie autrement que des « oligarques ». Faut-il dire les mécènes ? Jean-Michel Aphatie, précis comme un journaliste rigoureux, n’ose quand même pas. Mais, sans doute fier de son stupéfiant sarcasme, il invite de facto Mélenchon et tant d’autres, de « La France insoumise » et d’ailleurs, à renoncer à toute intervention sur une quelconque chaine de télévision ou station de radio privée. Resterait, pour s’adresser au plus grand nombre, l’audiovisuel public. Mais ce dernier est-il, à tous égards, préférable ?

    Une stupéfiante obsession

    Fin de la stupéfaction stupéfiante ? Le croire, ce serait oublier que lorsqu’une « idée » s’empare de Jean-Michel Aphatie, il ne la lâche plus. Souvenez-vous de ses quelque 80 tweets dubitatifs en quête de preuves, comme nous l’avions relevé, dans « l’affaire » de la fraude fiscale de Jérôme Cahuzac. Cette fois, Jean-Michel Aphatie s’emploie à ressasser une prétendue contradiction dont il décline plusieurs versions [1]. Radotage ?

    Qu’importe si féliciter Le Parisien pour l’un de ses articles n’équivaut pas à féliciter son propriétaire. Qu’importe si pour parler de la lutte contre la misère aux misérables, il peut valoir la peine de le faire sur une chaîne que nombre de ces misérables, parmi ceux qui ne le sont pas trop, regardent. Qu’importe si…

    Mais inutile de poursuivre, il suffit de traduire :
    - « Si tu contestes, peu ou prou, l’industrie nucléaire, éclaire-toi à la bougie ! »
    - « Si tu combats le capitalisme ou certains de ses effets, une seule solution : le boycott total ! »

    À ces stupéfiantes maximes, à peine imaginaires, on peut se risquer à opposer une autre : « Si tu veux savoir ce qu’est un toutou de garde de l’ordre médiatique et social existant, écoute les jappements Jean-Michel Aphatie ou leur transcription en 140 signes sur Twitter. »

    Henri Maler

    http://www.acrimed.org/Jean-Michel-Aphatie-s-etonne-pour-rien-Etonnant

  • une fausse critique et une fausse radicalité sur et à propos des médias = ACRIMED (à la remorque du ou infiltré et controlé par NPA et de la CGT )

  • Jean-Michel Aphatie s’étonne pour rien. Étonnant, non ?

    À quoi reconnaît-on un éditocrate ? Parfois quelques tweets de l’un d’entre eux valent mieux que ses longues tirades.

    Une stupéfiante stupéfaction
    Mercredi 5 juillet 2017. Deux heures avant que Jean-Jacques Bourdin reçoive Jean-Luc Mélenchon, dans l’émission « Bourdin Direct » sur BFMTV et RMC, Jean-Michel Aphatie fait mine de s’étonner.

    Rigoureux comme un expert-comptable, Jean-Michel Aphatie l’a vérifié : Mélenchon intervient « toujours » et exclusivement dans les médias privés. L’information est évidemment fausse, mais qu’importe pour peu qu’on puisse tweeter !

    « C’est son choix », susurre le twitto. Comme si Mélenchon et tant d’autres, de « La France insoumise » ou d’ailleurs, qui contestent l’emprise de l’oligarchie médiatique avaient vraiment le choix… même s’ils ont le choix de ne pas intervenir n’importe comment, dans n’importe quelle émission.

    Comme s’ils avaient le choix d’appeler les tenanciers de l’oligarchie autrement que des « oligarques ». Faut-il dire les mécènes ? Jean-Michel Aphatie, précis comme un journaliste rigoureux, n’ose quand même pas. Mais, sans doute fier de son stupéfiant sarcasme, il invite de facto Mélenchon et tant d’autres, de « La France insoumise » et d’ailleurs, à renoncer à toute intervention sur une quelconque chaine de télévision ou station de radio privée. Resterait, pour s’adresser au plus grand nombre, l’audiovisuel public. Mais ce dernier est-il, à tous égards, préférable ?

    Une stupéfiante obsession

    Fin de la stupéfaction stupéfiante ? Le croire, ce serait oublier que lorsqu’une « idée » s’empare de Jean-Michel Aphatie, il ne la lâche plus. Souvenez-vous de ses quelque 80 tweets dubitatifs en quête de preuves, comme nous l’avions relevé, dans « l’affaire » de la fraude fiscale de Jérôme Cahuzac. Cette fois, Jean-Michel Aphatie s’emploie à ressasser une prétendue contradiction dont il décline plusieurs versions [1]. Radotage ?

    Qu’importe si féliciter Le Parisien pour l’un de ses articles n’équivaut pas à féliciter son propriétaire. Qu’importe si pour parler de la lutte contre la misère aux misérables, il peut valoir la peine de le faire sur une chaîne que nombre de ces misérables, parmi ceux qui ne le sont pas trop, regardent. Qu’importe si…

    Mais inutile de poursuivre, il suffit de traduire :
    - « Si tu contestes, peu ou prou, l’industrie nucléaire, éclaire-toi à la bougie ! »
    - « Si tu combats le capitalisme ou certains de ses effets, une seule solution : le boycott total ! »

    À ces stupéfiantes maximes, à peine imaginaires, on peut se risquer à opposer une autre : « Si tu veux savoir ce qu’est un toutou de garde de l’ordre médiatique et social existant, écoute les jappements Jean-Michel Aphatie ou leur transcription en 140 signes sur Twitter. »

    Henri Maler

    http://www.acrimed.org/Jean-Michel-Aphatie-s-etonne-pour-rien-Etonnant

  • la "vraie" radicalité au service de l’Etat est pathétique

    nique les états (y compris les micro-nationalismes)

    • La fausse radicalité au profit des autoritaires nationalistes de goooooche, fuck you !
  • Le lynchage médiatique de Bernard-Henri Lévy : c’est assez !

    L’adulation médiatique de BHL, ce n’est jamais assez !

    Scandalisés par la publication par Le Monde diplomatique d’un dossier dépréciatif consacré [1] à « L’imposture Bernard-Henri Lévy », nous avons pris le parti de lui répliquer en rééditant un article publié le 1er mars 2010 dans notre abondante rubrique : « Les aventures de Bernard Henri-Lévy » (Acrimed).

    Alors qu’il vient de sortir deux ouvrages, Bernard-Henri Lévy s’est fait plutôt rare dans les médias : on ne l’a pas vu dans « Télé Foot » sur TF1, ni lu dans Le Journal de Mickey, et même pas entendu sur Fun Radio. Un scandale. Mais, plus grave, il a fait l’objet d’un acharnement qui s’apparente à un véritable lynchage. Qu’on en juge par cet inventaire (suivi de « l’article auquel vous avez échappé »)

    « Pourquoi BHL a-t-il autant de détracteurs ? »

    Dans L’Express du 4 février 2010, le directeur du journal, Christophe Barbier, assassine « l’intellectuel engagé du début du XXIe siècle » dont l’un des deux livres publiés ne serait que « poli et tranchant ». Il ne parle même pas de chef-d’œuvre. Puis il s’emballe : « De ces deux travaux très différents se dégage le portrait d’un homme affairé, presque dispersé, mais apte à ramasser soudain sa pensée, autour d’une lutte majeure ou d’un concept neuf. » Irrévérence ultime : Barbier n’interviewera le philosophe que sur quatre pages…

    Dans Le Point (hebdomadaire dans lequel BHL tient pourtant un bloc-notes…) du 4 février, l’écrivain Christine Angot a fait du philosophe un portrait épouvantable. Extraits : « Il cherche la vérité. C’est un philosophe. Ça existe. Il y en a. Mais pas dans son coin, il aime bien parler, il aime bien aller leur dire. En tout cas il aimait bien. (…) Il pense à toutes les parties de flipper qu’il a jouées. Il était le meilleur. »

    Le comportement du Figaro n’est pas plus glorieux (6 février). Un portrait à charge en dernière page du journal, signé Renaud Girard : « Dans son dernier essai, De la guerre en philosophie (Grasset), BHL parvient superbement – car sa prose a, dans ce livre, la respiration de celle d’un Péguy – à théoriser le destin qu’il s’est fixé jeune homme, celui d’être un "intellectuel engagé". » Et le journaliste, de poser la bonne question : « Pourquoi Bernard-Henri Lévy a-t-il autant de détracteurs à Paris ? » C’est vrai, pourquoi ?

    Pourquoi l’hebdomadaire Paris Match (4 février) n’a-t-il consacré que trois pages à BHL en le couvrant d’insultes ? Un « cerveau brillant » peut-on lire ici, un « flamboyant virtuose » peut-on lire par là. En somme, « un type comme lui est un exemplaire unique. »

    Pourquoi ne lui offrir que huit pages dans Marianne (6 février) pour qu’il s’explique face à des contradicteurs, alors qu’il en aurait fallu seize ? [2]

    Pourquoi l’interviewer dans le Journal du Dimanche (7 février) et ne pas lui consacrer un numéro entier ? Pourquoi Le Figaro Magazine (11 février) se rabaisse-t-il à consacrer un article à ses débuts en philosophie et non pas à toute sa vie ? Et pourquoi, dans le Libération du 11 février, le massacrer, et massacrer l’un de ses ouvrages ?

    Cette campagne de promotion en demi-teinte, économe en louanges et en papier, a de quoi surprendre ! Un vrai lynchage !

    « Vous n’êtes pas épargné »

    Alors que BHL est de passage, le 8 février, dans « Le Grand Journal » sur Canal Plus, le journaliste Ali Baddou l’interroge : « C’est assez hallucinant la violence des textes qui ont été publiés là ces derniers jours à l’occasion de la sortie de ces deux livres. » C’est vrai, avec ce que l’on vient de lire, c’est ha-llu-ci-nant ! D’ailleurs - signe d’une violence extrême - BHL est privé des railleries et des interruptions qui sont la marque de fabrique de l’émission et il doit s’exprimer sans bénéficier de la moindre coupure intempestive. « Pourquoi est-ce que vous énervez autant ? » enchaîne Ali Baddou. Oui, pourquoi tant de haine ?

    Sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach a tout compris. Il prévient son invité inattendu – Bernard-Henri Lévy – que « la tornade pro et surtout anti-BHL va continuer de souffler ce matin sur Internet. » (10 février). De passage dans le « Soir 3 » sur France 3, Bernard-Henri Lévy est interrogé – avec violence – sur différents sujets d’actualité. Et le journaliste commet cette judicieuse remarque : « La philosophie, vous le dites, c’est un combat avec des haines, des rancœurs, des engueulades aussi, et de ce point de vue, vous n’êtes pas épargné . » (14 février).

    Personne ne l’épargne : un point de vue partagé par Le Monde qui consacre son entière page 3 à Bernard-Henri Lévy et qui, sous la plume de Josyane Savigneau, souligne – sans les nommer ( !) – que « radios, journaux, sites divers se sont déchaînés pour discréditer l’ensemble du travail de Bernard-Henri Lévy » (16 février).

    C’est indéniable : les journaux se sont « déchaînés » contre l’œuvre de BHL. Libération, par exemple (dont Lévy est actionnaire), dans un entretien fleuve (13 février), pose une série de questions d’une rare impertinence au grand penseur : « Quelle est la place de la philosophie dans votre vie ? » ; « La philosophie est une arme de guerre, mais contre qui ? » ; « Dans « Pièces d’identité », à la question : “Qu’aimez-vous le moins en vous”, vous avez cette réponse étonnante : “Ma part d’enfance” ». Etc.

    Invité sur TV5 (22 février), il doit affronter les salves d’un journaliste qui s’étonne : « Vous n’avez pas l’impression que parfois vous déclenchez des réactions incroyables ? » À quoi BHL répond modestement : « Je me suis si peu trompé en 32 ans qu’il a fallu qu’on trouve cette sympathique histoire Botul. » Si peu, en effet.

    Des réactions incroyables. Presque un boycott. France Culture ne l’invite que trois fois : dans « Questions d’éthique » (22 février) [3], dans « Les Matins » (16 février) et dans « La Rumeur du Monde » (le 13 février) animée par Jean-Marie Colombani. Ce même Jean-Marie Colombani ne le convie qu’une seule fois dans son émission sur Public Sénat (19 février). Et excepté quelques courageux médias, c’est le black-out complet : un clin d’œil sur TF1 (8 février), une apparition sur RMC (16 février). Et entre temps, une journée d’oisiveté complète : le 13 février, un passage sur RTL, un autre sur Paris Première, puis comme premier invité de « On n’est pas couché » sur France 2 (une émission enregistrée, il est vrai). Mais à part ça, pas grand chose. [4]

    Face à un tel déferlement de haine et à l’intolérable censure de sa victime, la résistance s’est organisée et Nicolas Demorand a rejoint la première ligne, en déclarant dans sa chronique « Tous azimuts » du 18 février 2010, sur France Inter : « Il y a dans tout cela quelque chose qui pue ». De quoi parlait-t-il ? Manifestement, ce n’était pas de la « meute » des hagiographes et des complaisants.

    L’adulation médiatique de BHL, en effet, ce n’est jamais assez. C’est pourquoi…

    … Voici l’article auquel vous avez échappé

    Nous ne parlerons pas de « l’affaire Botul ». On en a beaucoup parlé. Pas Acrimed. Sans doute est-elle révélatrice. Mais de quoi ? De la désinvolture de BHL. Mais quand celle-ci est traitée en galéjade, y compris par le principal intéressé qui la présente comme un canular, elle masque l’essentiel : les innombrables approximations et impostures dont BHL a jalonné sa « carrière » : depuis les livres qu’il a lui-même homologué comme les fruits d’une « nouvelle philosophie », jusqu’à ses reportages et enquêtes les plus récents. Son reportage « people » et partisan à Gaza, son enquête approximative en Georgie mise en cause par Rue89, son tourisme de propagande en Israël n’ont fait l’objet d’aucune critique dans les grands médias. Pour ne rien dire de ses voyages en Afghanistan et des douteux bricolages dans son livre sur Daniel Pearl [5] revisités par Le Monde diplomatique, mais jamais abordés par les grands médias. Que dire, si ce n’est que rien de tout cela n’est évoqué par les intervieweurs de BHL [6].

    Certes « l’affaire Botul » a suscité de salutaires éclats de rire. Mais, précisément parce qu’il s’agissait là d’une « bourde », la mobilisation des idolâtres a permis une fois de plus de faire diversion et de taire les impostures les plus graves de leur idole. Alors…

    Alors… nous ne reviendrons pas sur les palinodies de Nicolas Demorand (analysées dans un récent article). Rappelons simplement que ce dernier, après avoir pris la défense de BHL, annonçait : « Et pour le reste sachez que Bernard-Henri Lévy sera demain l’invité du 7-10 ». Oubliant d’ajouter que ce ne serait que la septième fois depuis septembre 2006… La suite, on la connaît. Un « coup monté », destiné à faire passer BHL pour une victime et à lui donner l’occasion de se défendre, parfaitement lisible dans le sketch mis en scène par des duettistes. Une interview faussement agressive, suivie, deux jours plus tard, le dimanche 21 février, sur France 5, d’un entretien réellement complaisant. Stratagème malin qui peut se résumer ainsi : taquinerie matinale et courtoisie dominicale.

    Nous ne dirons rien non plus des quelques articles qui, du moins dans les grands médias, ont moqué la « victime ». Ils furent finalement si peu nombreux que le tintamarre d’indignation qu’ils ont suscité devrait suffire à disqualifier ceux qui l’ont entretenu. Mais il n’en sera rien…

    Nous ne dirons rien du talent consommé avec lequel BHL se rend insubmersible, grâce à des médiacrates qui le sont autant que lui. La plupart des journalistes ont complaisamment interrogé l’omniprésent sur « l’affaire Botul » : après avoir salué l’élégance avec laquelle il a reconnu s’être fait piéger (en réalité, s’être piégé lui-même…), ils ont entonné à sa suite la complainte selon laquelle il serait pourchassé par une « meute » enragée.

    Nous ne dirons rien de cette rhétorique victimaire et mensongère, servie par BHL et ressassée par ses défenseurs face à la moindre critique, et qui fut relancée notamment, lors de la sortie du précédent opus qui dénonçait précisément la « meute ». Il suffit de lire ici même « BHL-Houellebecq et la meute des complaisants »…

    Nous ne dirons rien du procès en antisémitisme, intenté contre les critiques de BHL sur la base d’un faux (relevé par « Arrêt sur Images ») : la prétendue fermeture du forum de Libération pour cause de propos insultants et antisémites, alors que le forum fut fermé préventivement afin de les éviter.

    Enfin, nous ne dirons rien, par charité, du point de vue de Ségolène Royal (paru dans Le Monde du 28 février) qui recycle le mensonge sur l’antisémitisme, avant de déclarer sa flamme à celui qui s’est enflammé pour elle et d’enrôler François Mitterrand au service de BHL et à son propre service.

    http://www.acrimed.org/Le-lynchage-mediatique-de-Bernard-Henri-Levy-c

Avertissement commentaires

Les commentaires ont pour objectif de compléter l’information donnée dans l’article, argumenter, apporter une interrogation ou un questionnement par rapport au sujet de la contribution. Les avis personnels qui n’apportent rien de plus à l’article pourront être considérés comme discussion de forum ne répondant pas aux objectifs pré-cités.Tout commentaire ne répondant pas à ces objectifs, ou étant contraire aux règles éditoriales sera supprimé définitivement du site.

Lien vers la politique éditoriale du collectif


Saisissez votre commentaire

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

www.indymedia.org
africa
Ambazonia Canarias estrecho / madiaq Kenya Nigeria South Africa
canada
London, Ontario Maritimes Montreal Ontario Ottawa Quebec Thunder Bay Vancouver Victoria Windsor
east asia
burma Jakarta Japan Korea Manila QC Saint-Petersburg
europe
Abruzzo Alacant Andorra Antwerpen Armenia Athens Austria Barcelona Belarus Belgium belgrade Bristol Brussels Bulgaria Calabria Croatia Cyprus emilia-romagna estrecho / madiaq Euskal Herria Galiza Germany grenoble Hungary Ireland Istanbul Italy La Plana Liege liguria Lille linksunten lombardia London Madrid Malta Marseille Nantes Napoli Netherlands Nice Northern England Norway Nottingham Oost-Vlaanderen Paris/Île-de-France Patras Piemonte Poland Portugal Roma Romania Russia Sardegna Scotland Sverige Switzerland Torun Toscana Toulouse Ukraine United Kingdom Valencia
latin america
Argentina Bolivia Chiapas Chile Chile Sur CMI Brasil CMI Sucre Colombia Ecuador Mexico Peru Puerto Rico Qollasuyu Rosario santiago Tijuana Uruguay Valparaiso Venezuela
oceania
Aotearoa Brisbane burma darwin Jakarta Manila Melbourne Perth QC Sydney
south asia
India Mumbai
united states
Arizona Arkansas Asheville Atlanta Austin Austin Indymedia Baltimore Big Muddy Binghamton Boston Buffalo Charlottesville Chicago Cleveland Colorado Columbus DC Hawaii Houston Hudson Mohawk Kansas City LA Madison Maine Miami Michigan Milwaukee Minneapolis/St. Paul New Hampshire New Jersey New Mexico New Orleans North Carolina North Texas NYC Oklahoma Philadelphia Pittsburgh Portland Richmond Rochester Rogue Valley Saint Louis San Diego San Francisco San Francisco Bay Area Santa Barbara Santa Cruz, CA Sarasota Seattle Tampa Bay Tennessee Urbana-Champaign Vermont Western Mass Worcester
west asia
Armenia Beirut Israel Palestine
process
FBI/Legal Updates Mailing Lists Process & IMC Docs Tech Volunteer
projects
Print Radio Satellite TV Video
regions
United States
topics
Biotech

copyleft Copyleft Indymédia (Independent Média Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.

RSS articlesRSS articles |  Site réalisé avec spip 3.1.3 [23214]
Top