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La raison du plus fort

"La raison du plus fort" : quand l’occupant tente de faire taire les Palestiniens qui luttent pour leurs droits

La situation d’Issa Amro est emblématique : responsable de l’organisation « Youth against settlements » - la jeunesse contre les colonies - à Hébron, il est une des figures de la résistance populaire palestinienne à l’occupation et à la colonisation particulièrement violente de sa ville. Il est poursuivi pour 18 chefs d’accusation parmi lesquelles l’incitation à la violence, un comble quand on sait que toute son action vise au contraire à la résistance pacifique et à la défense des droits de l’Homme. Il encourt dix ans de prison. Son procès a repris dimanche 9 juillet devant le tribunal militaire d’Ofer en Cisjordanie. Parmi ce qui lui est reproché : avoir scandé le slogan « 1, 2, 3, 4, l’occupation doit cesser » ce qui aurait d’après l’armée israélienne, contribué à un climat d’incitation à la violence ! Il est clair que le seul objet de ce procès est d’affirmer le pouvoir de l’armée d’occupation sur la population palestinienne et de tenter de museler tous ceux qui lui résistent par quelque moyen que ce soit.À l’issue de l’audience, Issa - qui ne reconnait aucune légitimité à ce tribunal ne répondant à aucun des standards de droit ou de justice - a déclaré que les charges retenues contre lui sont une tentative de l’empêcher de combattre pour la défense des droits humains et de s’adresser à son peuple.C’est bien de cela qu’il s’agit : l’administration militaire qui impose sa domination aux Palestiniens voudrait priver de leur liberté d’expression et de leur liberté de manifester ceux qui résistent et se battent pour le respect des droits de l’Homme. Emprisonnements arbitraires, assassinats, comparutions hors de propos, provocations en tout genre, punitions collectives, violence des colons ne viendront pas à bout de leur détermination : “One, two, three, four, occupation no more !” continuera de résonner en Palestine occupée malgré des tentatives vouées à l’échec de criminaliser la résistance populaire palestinienne.L’AFPS tient à adresser à Issa Amro et à ses compagnons son soutien indéfectible dans cette épreuve comme dans celles qu’ils ont déjà traversées. Une première victoire a été remportée à Hébron avec la reconnaissance par l’UNESCO de la ville comme patrimoine palestinien en péril. D’autres victoires viendront : la rue Shuhada doit être ouverte, la ville d’Hébron doit être libérée de l’occupation et de la colonisation."One, two, three, four, occupation no more !" - "1, 2, 3, 4, l’occupation doit cesser !"


posté le 19 juillet 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • 19 juillet 11:49

    encore de la propagande nationaliste palestinienne

  • En 1967, le rêve sioniste d’une « société juive » régnant exclusivement sur une terre qui n’appartient qu’à elle s’est évanoui, avec la conquête de nouveaux territoires qui bouleversent le rapport démographique entre juifs et Palestiniens. En cinquante ans d’occupation, la culpabilité qui fondait autrefois le déni israélien de la Nakba a peu à peu cédé la place à une mentalité coloniale et à une indifférence quasi générale aux souffrances infligées aux Palestiniens, au plus grand bénéfice des partis d’extrême droite.

    La réalisatrice israélienne Anat Even vient de terminer un documentaire sur un quartier de la ville de Jaffa nommé Manshiyah. Une scène montre un urbaniste expliquant à un groupe d’étudiants l’histoire du lieu, dont les résidents, pour beaucoup des juifs orientaux, ont été expulsés à la charnière des années 1960-1970 pour faire place à un complexe commercial. Le professeur qui accompagne les étudiants lui demande alors pourquoi il ne rappelle pas qu’auparavant, ce quartier avait été habité par des Palestiniens expulsés de force en 1948. « Ce sont des faits historiques », dit-il. Réponse de l’urbaniste, rigolard : « Fuck history » — j’emmerde l’histoire... Et d’ajouter que, de tout temps, ce sont les vainqueurs qui font l’histoire. L’anecdote peut servir de métaphore à une évolution essentielle qu’a connue la société juive israélienne en cinquante ans. Car l’urbaniste ne cherche pas à nier la réalité de ce qui est advenu en 1948 à Jaffa, dont 90 % des habitants furent expulsés ou s’enfuirent durant l’offensive des forces juives dans les semaines précédant la création d’Israël. Au contraire, il assume. Au diable l’histoire.

    Son attitude est emblématique parce qu’elle est contemporaine et s’oppose à celle longtemps entretenue dans le discours public. Après l’établissement d’Israël, en effet, le déni de l’expulsion des Palestiniens était constitutif de l’argumentaire sioniste. Comme l’a martelé David Ben Gourion, le fondateur de l’État : « nous n’avons pas expulsé un seul Arabe ». Le récit national israélien voulait que les Palestiniens soient tous partis volontairement. Mais aujourd’hui, même si le déni reste très vivace, reconnaître leur expulsion est communément beaucoup plus accepté. Pour une raison simple : expulser à nouveau les Palestiniens vivant sous autorité israélienne est une idée devenue plus légitime. Pour une grande part de l’opinion publique, c’est « la solution ». On sait la chose irréaliste actuellement, pourtant le souhait reste ardent. Et depuis maintenant deux décennies, l’opinion est régulièrement interrogée par les sondeurs pour connaître son rapport au « transfert », version politiquement correcte du mot « expulsion ». Être pour le transfert signifie vouloir se débarrasser de la population arabe. Que dirait-on, en France, si un institut décidait de sonder l’opinion quant à son désir de voir expulser les Arabes, les musulmans, les noirs, les juifs ou les bossus du territoire national ? En Israël, très peu jugent illégitime le principe même de poser la question.

    Ce qui fondait le déni de l’expulsion des Arabes de Palestine, c’était la conscience que cet acte n’était pas conforme à l’éthique dont le sionisme entendait se parer. Le sujet du « transfert » de la population palestinienne hors du futur État juif avait été longuement débattu au Congrès sioniste de Zurich en 19371, or ces débats furent maintenus secrets (ils le sont restés jusqu’aux années 1990). Et lorsque l’épuration ethnique fut mise en œuvre en 1948-1950, elle apparut suffisamment déshonorante aux yeux des dirigeants sionistes pour qu’ils la nient (en accusant les victimes d’être la cause de leur propre malheur). C’est une culpabilité inavouable qui fondait ce déni ; c’est elle qui a progressivement disparu en Israël avec la légitimation croissante de l’idée du « transfert ». Expulser les Arabes pour s’approprier exclusivement la terre d’Israël parce qu’on ne veut vivre qu’entre soi, on savait depuis toujours que c’était ardemment souhaitable. On avait toutefois aussi conscience que l’acte était moralement indéfendable. D’où son déni. C’est cette barrière-là qui s’est effondrée en cinquante ans d’occupation : ce sens de commettre à l’égard de l’autre un crime impardonnable.

    Cela a été rendu possible dès lors que les mentalités moyennes des juifs israéliens, en cinquante ans, ont progressivement dérivé dans un sens où l’esprit colonial et la déshumanisation de l’adversaire sont devenus ultra-dominants. L’évolution du parti sioniste-religieux (appelé Mizrahi puis Mafdal) symbolise ce bouleversement. Historiquement, ses élus faisaient figure de « colombes ». Ce fut encore vrai en juin 1967 et jusqu’en juin 1982, où ses ministres furent les plus réticents à l’invasion du Liban. Aujourd’hui, leurs héritiers regroupés dans le parti Le Foyer juif réunissent la frange la plus mystico-nationaliste du pays, la plus colonialiste aussi.

    Ce basculement, avec le discours et la modification des repères qui l’accompagnent, s’est diffusé très au-delà du Foyer juif. S’il ne s’est pas réalisé d’un coup, le processus a été relativement rapide.

    LE RETOUR DE LA « QUESTION PALESTINIENNE »

    Cinq jours avant le déclenchement de la guerre de juin 1967, le chef du Herout (la fraction ultranationaliste du sionisme), Menahem Begin, jusque là paria absolu de la politique israélienne, entre dans un gouvernement travailliste d’union nationale. Après la victoire, il participera amplement à l’atmosphère de poussée mystique due à la réémergence de l’idée du « Grand Israël ». La décision de préserver les territoires conquis, même si peu d’Israéliens en ont alors conscience, modifie radicalement le rapport entre eux et le peuple qu’ils soumettent désormais. Avant 1967, les Israéliens pouvaient se leurrer et croire que la « question palestinienne » n’existait plus. Le rêve sioniste d’une « société juive » intrinsèque régnant exclusivement sur une terre qui n’appartient qu’à elle avait presque été accompli en totalité en 1948. Les Arabes restés en Israël ne constituaient pas plus de 10 % de la population. Mais en 1967, le rapport démographique sur la nouvelle « terre commune » est bouleversé. Pris tous ensemble, les Palestiniens, occupés ou citoyens israéliens, y sont presque aussi nombreux que les juifs, et la démographie est tellement en leur faveur que l’immigration juive ne suffit pas à la compenser (aujourd’hui, leur nombre dépasse celui des juifs sur le territoire dominé par Israël).

    Dès la fin de la guerre de juin 1967, un débat sur le possible « transfert » de ces populations s’engage. Lors de la première réunion du gouvernement, le premier ministre (travailliste) Levi Eshkol déclare : « Si ça ne tenait qu’à nous, on enverrait tous ces Arabes au Brésil »2… Immédiatement est formé un comité de coordination des ministères avec l’armée pour la gestion de l’occupation. Premier souci : comment faire partir le maximum possible d’autochtones des territoires conquis ?3 Eshkol veut envoyer tous les réfugiés de Gaza en Irak, ou à défaut en Cisjordanie ; Begin, lui, veut les déplacer à Al-Arish, dans le Sinaï4 ; d’autres options sont émises. Les Arabes, ça se déplace à volonté…

    Las ! Malgré 300 000 à 400 000 personnes évacuées de force en juin 1967 durant et dans l’immédiat après-guerre et les multiples débats secrets sur un possible « déplacement des Arabes », les Israéliens comprennent rapidement qu’une nouvelle épuration ethnique de très grande envergure n’est pas réaliste. Comme il n’est pas question de restituer les territoires, il reste à faire comme s’ils étaient vides d’habitants.

    CRISPATION NATIONALISTE ET COLONISATION

    Begin, lui, retourne dans l’opposition, où il se fait le chantre de la colonisation. Il est le meilleur ami d’un nouveau groupement politique d’un dynamisme fou, le Gouch Emounim (Bloc de la foi), qui réunit la fine fleur des jeunes du parti sioniste-religieux, emportés par la mystique raciste de leur idole, le rabbin Zvi Yehouda Kook. Ce mouvement se présente comme celui des nouveaux « pionniers », vrais héritiers du sionisme. En dix ans, la carte politique bascule. Begin l’ex-paria emporte les élections en 1977 et devient premier ministre. La colonisation, d’objectif amplement masqué, est désormais ouvertement revendiquée. Quand, lors d’un bref intermède travailliste, est annoncé en 1993 l’accord d’Oslo de reconnaissance mutuelle entre Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le successeur de Begin à la tête du grand parti nationaliste (devenu le Likoud), Benyamin Nétanyahou, proclame que le premier ministre israélien Yitzhak Rabin n’a « pas de majorité chez les juifs ». Car il n’est majoritaire à la Knesset que grâce aux voix des partis arabes. Thèse scandaleuse par la propension ouvertement raciste qu’elle exprime (imaginons Marine le Pen dénonçant une loi passée au Parlement grâce aux voix d’élus non « Français de souche »…). Thèse raciste, mais cependant exacte. La suite allait le montrer.

    Dix ans après la victoire de Begin, un pas supplémentaire est franchi. En 1986 un nouveau parti est créé. Son nom : Moledet (Patrie). Ses dirigeants sont le général Rehavam Zeevi, un laïque ultranationaliste, et Benny Elon, un fidèle du rabbin Kook. Pour la première fois, une formation se fait connaître comme le « parti du transfert ». En 1988, un autre parti, le Kach, prônait déjà l’expulsion des Palestiniens. Il avait été interdit de participation aux élections pour racisme. Cette fois, plus aucun problème, Moledet remporte deux sièges (sept en 2003). L’essentiel n’est pas dans les chiffres, mais dans le fait que l’expulsion des Palestiniens est devenue une « opinion » légitime. La population bascule progressivement, d’une élection à l’autre, dans la crispation nationaliste et un racisme assumé.

    La seconde Intifada, en 2001, marquera une nouvelle étape forte. La répression des populations civiles palestiniennes atteint des degrés jamais connus auparavant : aucun char israélien n’avait jamais frappé une ville palestinienne lors de la première Intifada (1987-1993) ; là, au cinquième jour, l’armée tire un missile sur un centre de jeunes du Fatah à Ramallah. La population israélienne s’habitue à valider une répression de plus en plus féroce, et avec la construction du mur en Cisjordanie elle s’habitue à la ségrégation manifeste qui l’accompagne.

    LA « VILLA DANS LA JUNGLE »

    Depuis 1977, la droite nationaliste, emmenée par le Likoud, a détenu le pouvoir en Israël durant plus de 33 ans sur 40. Héritiers des signataires des accords d’Oslo, les travaillistes n’ont plus dirigé le pays depuis l’automne 2001, soit près de seize ans – et ils sont désormais déliquescents. L’extrême droite, en revanche, fleurit au point que Nétanyahou se présente comme un politicien « au centre de l’échiquier ». Son principal concurrent politique se nomme Naftali Bennett, chef du premier parti d’extrême droite, Le Foyer juif, dont les membres affichent un racisme à frémir. Son député Bezalel Smotrich a récemment exposé en public le sort qu’il réserve aux Palestiniens vivant sous contrôle israélien. Il leur offre trois options. La première consiste à partir, la seconde à rester sans droits politiques, la troisième à continuer de résister, auquel cas « les Forces de défense d’Israël sauront quoi faire ». À la question : entend-il les expulser ?, il répond : « À la guerre comme à la guerre »5. Il est vice-président du Parlement.

    Smotrich incarne le nouvel Israël. Car sur les 69 années d’existence de l’« État juif », cinquante ont vu l’occupation d’un autre territoire et d’un autre peuple. Si l’on compte ceux qui n’étaient qu’enfants ou pas nés en 1967, environ 90 % de la population israélienne actuelle a vécu dans un État où l’occupation fait partie de la « normalité » quotidienne, où la « ligne verte » (les frontières de 1967) n’apparait plus sur aucune carte, ni scolaire ni routière. De leur côté, reclus derrière un mur ou des barbelés à Gaza comme en Cisjordanie, les Palestiniens sous occupation ne connaissent plus d’autre Israélien que le soldat ou le colon – leurs maîtres, également armés. Le nombre de colons installés à Jérusalem-Est et en Cisjordanie atteint 650 000, soit 10 % de la population juive du pays. En d’autres termes, statistiquement, il n’existe quasiment pas de famille israélienne où on ne connaisse un frère, une belle-sœur ou un cousin installé en territoire occupé — quand ils ont conscience qu’il s’agit de territoires occupés ! Le principal résultat de ces cinquante années est qu’un état d’esprit colonial s’est enraciné en profondeur dans la société. Cette mentalité existait auparavant. Un premier ministre, Ehoud Barak, l’avait résumée par une métaphore célèbre, présentant Israël comme « une villa dans la jungle », autrement dit la civilisation au cœur de la barbarie. Désormais, son ampleur et ses conséquences sont si atterrantes que beaucoup préfèrent détourner pudiquement les yeux des réalités quotidiennes.

    La répression israélienne des Palestiniens n’est pas l’horreur syrienne. Mais, dans une indifférence quasi générale, se poursuit depuis cinquante ans une oppression multiforme, pensée avec méthode, appliquée avec détermination par des administrations « coordonnées » entre elles et qui a pour objectif principal ce que David Shulman, le correspondant israélien de la New York Review of Books nomme « le vol ininterrompu, littéralement heure après heure, de la terre palestinienne », un vol accompagné d’« une cruauté systémique infligée depuis des générations à une population innocente »6. Cette évolution terrifiante d’une société basculant dans la haine de la victime rappelle des sociétés comme l’apartheid sud-africain, la colonie européenne dans la phase ultime de la guerre d’Algérie ou les images de foules blanches assistant au spectacle de pendaisons de Noirs dans le sud des États-Unis (un film, War Matador, des cinéastes Avner Faingulernt et Macabit Abramson, montre des Israéliens installés en janvier 2009 sur des collines près de Gaza applaudissant en s’esclaffant de joie à chaque bombardement de la population palestinienne durant l’attaque israélienne).

    http://orientxxi.info/magazine/comment-l-occupation-a-fini-d-imposer-la-mentalite-coloniale-a-la-societe,1944

  • 20 juillet 01:30

    et

    encore

    de la propagande

    nationaliste

    palestinienne

  • Plus Israël devient nationaliste, plus il se rapprochera ceux qui font la promotion du nationalisme et de la xénophobie, même s’ils sont antisémites. C’est ce que nous avons pu voir dans les relations entre Netanyahou et le gouvernement hongrois.

    Que le gouvernement hongrois ait annoncé qu’il allait retirer ses affiches anti-Soros (qui s’en prennent au magnat juif né en Hongrie Georges Soros) avant l’arrivée dans le pays du Premier ministre Benjamin Netanyahou n’atténue en rien l’attitude scandaleuse de ce dernier.

    Le Premier ministre de Hongrie Viktor Orban et son parti, le Fidesz mènent une campagne nationaliste, raciste et islamophobe. Usant d’une rhétorique familière à la plupart des oreilles israéliennes, ceux-ci signalent que Soros subventionne des organisations de la société civile ainsi que des ONG démocratiques en Hongrie. La communauté juive de Hongrie a exprimé son inquiétude sur cette campagne qui encourage l’antisémitisme ; l’ambassadeur d’Israël a même émis une condamnation et exigé que les affiches soient enlevées. Mais la droite hongroise partenaire idéologique de l’extrême-droite israélienne a été rendue furieuse par les demandes de l’ambassadeur israélien, prenant ostensiblement la défense de Soros, en qui ils voient quelqu’un qui soutient le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions), un mouvement qu’ils considèrent anti-israélien.

    Netanyahou, comme d’habitude, a cédé à la pression et son cabinet a ordonné au ministre des Affaires étrangères de publier une clarification. Celle-ci précisant que la déclaration de l’ambassadeur n’avait pour but « en aucun cas de délégitimer la critique de Georges Soros qui sape continuellement le gouvernement démocratiquement élu d’Israël en soutenant des organisations qui diffament l’État juif et ne cherchent qu’à lui nier le droit de se défendre ».

    L’ultranationalisme en soi est et a toujours été lié à l’antisémitisme. Il inclut la haine du « Juif cosmopolite » dont l’existence est présentée comme une menace de subversion des différentes nations du monde. Le comportement du gouvernement Netanyahou montre qu’Israël, l’État juif, n’est pas immunisé contre cette haine.

    Les Israéliens n’ont pas besoin de Soros pour savoir que des Juifs peuvent être déclarés hostiles dans leur propre pays. Ceux qui promeuvent des programmes universalistes et se battent pour la défense des droits humains, y compris les droits des minorités et des étrangers, sont dénoncés en Israël comme ennemis. Leur judéité n’est même pas prise en compte dans cette vision de la loyauté. De surcroit, plus les Israéliens voient l’occupation non pas comme un problème à résoudre mais comme le phare du nationalisme juif, plus ses opposants sont perçus comme des ennemis.

    Il semble que la fidélité à Israël soit évaluée à l’aide de nouveaux paramètres qui collent à l’esprit des temps. Il y a 2 semaines, Orban faisait l’éloge de Miklos Horthy, homme fort de la Hongrie pendant la période de la Shoah qui a collaboré avec les nazis, période pendant laquelle un demi millions de Juifs hongrois ont été envoyés dans les camps de la mort. Israël a protesté contre les commentaires d’Orban mais de telle sorte de ne pas affecter la réunion prévue avec lui et Netanyahou la semaine prochaine et faisant avec les faibles clarifications offertes par le ministre hongrois des Affaires étrangères.

    Plus Israël devient nationaliste, plus la haine envers ceux qui portent la bannière des valeurs morale et d’identité universelle va croître. Ils seront perçus comme ennemis même s’ils sont Juifs. Mais simultanément, l’amitié d’Israël ira grandissante envers les promoteurs du nationalisme et de la xénophobie, même s’ils sont antisémites.

    L’article originel publié dans Haaretz le 13 juillet 2017

    http://www.haaretz.com/opinion/editorial/1.801073

  • 21 juillet 03:08

    encore de la propagande nationaliste palestinienne

  • 23 juillet 00:30

    Relatant une manifestation de soutien aux Palestiniens qui a eu lieu à Roubaix le 19 juillet, un journaliste de Nord Eclair, Bruno Renoul, s’est offusqué de voir une banderole présentant un drapeau israélien sur lequel l’étoile de David avait été remplacée par une croix gammée.

    Ce journaliste explique que l’Etat d’Israël n’est pas un Etat totalitaire et qu’on ne saurait le comparer à l’Etat nazi. Et pour conforter son raisonnement, il ajoute que comparer l’Etat d’Israël au Troisième Reich est "injurieux pour les victimes du nazisme dont les Juifs ont été les cibles principales".
    Disons d’abord un premier contresens, l’Etat d’Israël serait donc l’Etat des Juifs, ce qui conduit à considérer toute critique de la politique de cet Etat comme une forme d’antisémitisme, argument malheureusement trop courant.

    Mais ce qui importe, plus important qu’une équation lapidaire "sionisme = nazisme", c’est de chercher ce qui est commun à ces deux idéologies qui toutes deux s’appuient sur la notion d’Etat-Nation telle qu’elle a été théorisée par Herder au tournant des XVIIIe-XIXe siècle et qu’elle s’est développée en Europe.

    La notion d’Etat-Nation peut conduire à un nationalisme extrême exclusif que l’on retrouve dans le fascisme italien, le nazisme allemand et aujourd’hui le sionisme israélien.

    La question est moins d’identifier ces idéologies que de comprendre ce qu’elles ont de commun, ce commun se définissant, en ce qui concerne le nazisme et le sionisme, par la pureté ethnique, le terme "ethnique" restant suffisamment ambigu pour prêter à toutes les interprétations.
    Le nazisme voulait un Etat purement aryen et pour cela voulait vider l’Allemagne de tous ses éléments non aryens dont les Juifs.

    Le sionisme, quant à lui, veut construire un Etat juif, moins au sens religieux que dans un sens ethnique mal défini, et pour cela veut vider l’Etat d’Israël de tous ses éléments non juifs.
    Cette volonté de pureté ethnique est l’un des points communs aux deux idéologies nazie et sioniste et je ne vois pas au nom de quoi il serait interdit de le dire.

    Affirmer que l’on ne peut comparer le nazisme et le sionisme sous prétexte que les Juifs ont été victimes du nazisme s’appuie d’abord sur un premier contre-sens qui fait du sionisme, non une idéologie juive, ce qu’elle est effectivement puisque inventée par des Juifs, mais l’idéologie des Juifs, de tous les Juifs, ensuite sur une incompréhension du sionisme, idéologie européenne construite par des Juifs européens, qui ont cru trouver dans la construction d’un Etat juif la solution à l’antisémitisme européen.
    Malheureusement, en voulant construire cet Etat dans un pays peuplé, la Palestine, ils ont transformé une idéologie qu’ils voulaient libératrice en mouvement de conquête et c’est cela qui fait du sionisme un nationalisme extrême au même titre que le nazisme.

    C’est ce nationalisme extrême qui conduit aujourd’hui la politique israélienne à chercher à éradiquer la terre d’Israël de toute présence non juive, que ce soit sous la forme militaire brutale, telle l’agression contre Gaza ou, il y a quelques années, la répression des Intifadas, que ce soit sous la forme de l’occupation ou que ce soit sous la forme de ce qu’on appelle les colonies, lesquelles ne sont qu’une façon d’abord de débarrasser la terre de ses habitants palestiniens ensuite de l’annexer pour en faire une terre israélienne.

    J’ajouterai un point qui est loin d’être anecdotique sur les ressemblances entre le sionisme et le nazisme. Hitler a cru trouver dans un symbole venu d’Asie, la staviska, un symbole de la pureté aryenne ; une façon de confisquer un symbole qui n’a rien à voir avec le nazisme ; ainsi on trouve des croix gammées dans des pagodes bouddhistes.

    La façon dont le sionisme utilise l’étoile de David, y compris pour le drapeau israélien, est plus pernicieuse. L’étoile de David est un vieux symbole juif qui n’a rien à voir avec le sionisme. En confisquant ce symbole à son profit, le sionisme se présente comme le représentant exclusif des Juifs et amène ainsi à considérer à tort l’étoile de David comme un symbole israélien.

    On comprend alors que l’étoile de David puisse devenir un objet de répulsion comme la staviska a pu devenir un objet de répulsion. Ce qui est choquant, c’est alors moins la répulsion devant un objet détourné de sa signification première que l’usage qui en est fait par des idéologies meurtrières.
    On pourrait dire la même chose du nom même de l’Etat qui s’appelle Israël. Le nom "Israël" représente une longue histoire et c’est cette histoire que le sionisme a voulu confisquer. Lorsque j’entends le slogan "Israël assassin", je suis choqué moins par le fait que l’on puisse crier un tel slogan mais par la façon dont une idéologie nationaliste extrême a conduit à ne voir Israël qu’à travers l’Etat d’Israël et son idéologie fondatrice, le sionisme.

    https://nantes.indymedia.org/other_medias/29898

  • 23 juillet 13:02

    encore de la propagande nationaliste palestinienne

      • sionisme = islamisme = nazisme
  • 24 juillet 01:30

    7 derniers liens "on the web" concernent israel

  • Lettre ouverte de Schlomo Sand à Macron

    L’historien israélien Shlomo Sand interpelle Emmanuel Macron sur son discours, tenu en présence de Benjamin Netanyahou, pour la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv : « L’ancien étudiant en philosophie, l’assistant de Paul Ricœur a-t-il si peu lu de livres d’histoire, au point d’ignorer que nombre de juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites ? »

    En commençant à lire votre discours sur la commémoration de la rafle du Vel’d’hiv, j’ai éprouvé de la reconnaissance envers vous. En effet, au regard d’une longue tradition de dirigeants politiques, de droite, comme de gauche, qui, au passé et au présent, se sont défaussés quant à la participation et à la responsabilité de la France dans la déportation des personnes d’origine juive vers les camps de la mort, vous avez pris une position claire et dénuée d’ambiguïté : oui la France est responsable de la déportation, oui il y a bien eu un antisémitisme, en France, avant et après la seconde guerre mondiale. Oui, il faut continuer à combattre toutes les formes de racisme. J’ai vu ces positions comme étant en continuité avec votre courageuse déclaration faite en Algérie, selon laquelle le colonialisme constitue un crime contre l’humanité.

    Pour être tout à fait franc, j’ai été plutôt agacé par le fait que vous ayez invité Benjamin Netanyahou, qui est incontestablement à ranger dans la catégorie des oppresseurs, et ne saurait donc s’afficher en représentant des victimes d’hier. Certes, je connais depuis longtemps l’impossibilité de séparer la mémoire de la politique. Peut-être déployez-vous une stratégie sophistiquée, encore non révélée, visant à contribuer à la réalisation d’un compromis équitable, au Proche-Orient ?

    J’ai cessé de vous comprendre lorsqu’au cours de votre discours, vous avez déclaré que :

    « L’antisionisme… est la forme réinventée de l’antisémitisme ». Cette déclaration avait-elle pour but de complaire à votre invité, ou bien est-ce purement et simplement une marque d’inculture politique ? L’ancien étudiant en philosophie, l’assistant de Paul Ricœur a-t-il si peu lu de livres d’histoire, au point d’ignorer que nombre de juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites ? Je fais ici référence à presque tous les anciens grands rabbins, mais aussi, aux prises de position d’une partie du judaïsme orthodoxe contemporain. J’ai également en mémoire des personnalités telles Marek Edelman, l’un des dirigeants rescapé de l’insurrection du ghetto de Varsovie, ou encore les communistes d’origine juive, résistants du groupe Manouchian, qui ont péri. Je pense aussi à mon ami et professeur : Pierre Vidal-Naquet, et à d’autres grands historiens ou sociologues comme Eric Hobsbawm et Maxime Rodinson dont les écrits et le souvenir me sont chers, ou encore à Edgar Morin. Enfin, je me demande si, sincèrement, vous attendez des Palestiniens qu’ils ne soient pas antisionistes !

    Je suppose, toutefois, que vous n’appréciez pas particulièrement les gens de gauche, ni, peut-être, les Palestiniens ; aussi, sachant que vous avez travaillé à la banque Rothschild, je livre ici une citation de Nathan Rothschild, président de l’union des synagogues en Grande-Bretagne, et premier juif à avoir été nommé Lord au Royaume Uni, dont il devint également la gouverneur de la banque. Dans une lettre adressée, en 1903, à Théodore Herzl, le talentueux banquier écrit : « Je vous le dis en toute franchise : je tremble à l’idée de la fondation d’une colonie juive au plein sens du terme. Une telle colonie deviendrait un ghetto, avec tous les préjugés d’un ghetto. Un petit, tout petit, Etat juif, dévot et non libéral, qui rejettera le Chrétien et l’étranger. » Rothschild s’est, peut-être, trompé dans sa prophétie, mais une chose est sûre, cependant : il n’était pas antisémite !

    Il y a eu, et il y a, bien sûr, des antisionistes qui sont aussi des antisémites, mais je suis également certain que l’on trouve des antisémites parmi les thuriféraires du sionisme. Je puis aussi vous assurer que nombre de sionistes sont des racistes dont la structure mentale ne diffère pas de celle de parfaits judéophobes : ils recherchent sans relâche un ADN juif (ce, jusqu’à l’université où j’enseigne).

    Pour clarifier ce qu’est un point de vue antisioniste, il importe, cependant, de commencer par convenir de la définition, ou, à tout le moins, d’une série de caractéristiques du concept : « sionisme » ; ce à quoi, je vais m’employer le plus brièvement possible.

    Tout d’abord, le sionisme n’est pas le judaïsme, contre lequel il constitue même une révolte radicale. Tout au long des siècles, les juifs pieux ont nourri une profonde ferveur envers leur terre sainte, plus particulièrement pour Jérusalem, mais ils s’en sont tenus au précepte talmudique qui leur intimait de ne pas y émigrer collectivement, avant la venue du Messie. En effet, la terre n’appartient pas aux juifs mais à Dieu. Dieu a donné et Dieu a repris, et lorsqu’il le voudra, il enverra le Messie pour restituer. Quand le sionisme est apparu, il a enlevé de son siège le « Tout Puissant », pour lui substituer le sujet humain actif.

    Chacun de nous peut se prononcer sur le point de savoir si le projet de créer un Etat juif exclusif sur un morceau de territoire ultra-majoritairement peuplé d’Arabes, est une idée morale. En 1917, la Palestine comptait 700.000 musulmans et chrétiens arabes et environ 60.000 juifs dont la moitié étaient opposés au sionisme. Jusqu’alors, les masses du peuple yiddish, voulant fuir les pogroms de l’empire Russe, avaient préféré émigrer vers le continent américain, que deux millions atteignirent effectivement, échappant ainsi aux persécutions nazies (et à celles du régime de Vichy).

    En 1948, il y avait en Palestine : 650 000 juifs et 1,3 million de musulmans et chrétiens arabes dont 700.000 devinrent des réfugiés : c’est sur ces bases démographiques qu’est né l’Etat d’Israël. Malgré cela, et dans le contexte de l’extermination des juifs d’Europe, nombre d’antisionistes sont parvenus à la conclusion que si l’on ne veut pas créer de nouvelles tragédies, il convient de considérer l’Etat d’Israël comme un fait accompli irréversible. Un enfant né d’un viol a bien le droit de vivre, mais que se passe-t-il si cet enfant marche sur les traces de son père ?

    Et vint l’année 1967 : depuis lors Israël règne sur 5,5 millions de Palestiniens, privés de droits civiques, politiques et sociaux. Ils sont assujettis par Israël à un contrôle militaire : pour une partie d’entre eux, dans une sorte de « réserve d’Indiens » en Cisjordanie, tandis que d’autres sont enfermés dans un « réserve de barbelés » à Gaza (70% de ceux-ci sont des réfugiés ou des descendants de réfugiés). Israël, qui ne cesse de proclamer son désir de paix, considère les territoires conquis en 1967 comme faisant intégralement partie de « la terre d’Israël », et s’y comporte selon son bon vouloir : jusqu’à présent, 600 000 colons israéliens juifs y ont été installés….et cela n’est pas terminé !

    Est-cela le sionisme d’aujourd’hui ? Non ! Répondront mes amis de la gauche sioniste qui ne cesse de se rétrécir, et ils diront qu’il faut mettre fin à la dynamique de la colonisation sioniste, qu’un petit Etat palestinien étroit doit être constitué à côté de l’Etat d’Israël, que l’objectif du sionisme était de fonder un Etat où les juifs exerceront la souveraineté sur eux-mêmes, et non pas de conquérir dans sa totalité « l’antique patrie ». Et le plus dangereux dans tout cela, à leurs yeux : l’annexion des territoires occupé constitue une menace pour Israël en tant qu’Etat juif.

    Voici précisément le moment de vous expliquer pourquoi je vous écris, et pourquoi, je me définis comme non-sioniste, ou antisioniste, sans pour autant devenir antijuif. Votre parti politique inscrit, dans son intitulé : « La République », c’est pourquoi je présume que vous êtes un fervent républicain. Et dussé-je vous étonner : c’est aussi mon cas. Donc, étant démocrate et républicain, je ne puis, comme le font sans exception tous les sionistes, de droite comme de gauche, soutenir un Etat juif. Le Ministère de l’Intérieur israélien recense 75% de ses citoyens comme juifs, 21% comme musulmans et chrétiens arabes et 4% comme « autres » (sic). Or, selon l’esprit de ses lois, Israël n’appartient pas à l’ensemble des Israéliens, mais aux juifs du monde entier qui n’ont pas l’intention de venir y vivre. Ainsi, par exemple, Israël appartient beaucoup plus à Bernard Henry-Lévy et à Alain Finkielkraut qu’à mes étudiants palestino-israéliens qui s’expriment en hébreu, parfois mieux que moi-même ! Israël espère aussi qu’un jour viendra où tous les gens du CRIF, et leurs « supporters » y émigreront ! Je connais même des français antisémites que cette perspective enchante ! En revanche, on a pu entendre deux ministres israéliens, proches de Benjamin Nétanyahou, émettre l’idée selon laquelle il faut encourager le « transfert » des Israéliens arabes, sans que personne n’ait émis la demande qu’ils démissionnent de leurs fonctions.

    Voilà pourquoi, Monsieur le Président, je ne peux pas être sioniste. Je suis un citoyen désireux que l’Etat dans lequel il vit soit une République israélienne, et non pas un Etat communautaire juif. Descendant de juifs qui ont tant souffert de discriminations, je ne veux pas vivre dans un Etat, qui, par son autodéfinition, fait de moi un citoyen doté de privilèges. A votre avis, Monsieur le Président : cela fait-il de moi un antisémite ?

    Shlomo Sand, historien israélien

    https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/200717/lettre-ouverte-m-le-president-de-la-republique-francaise

  • 1er août 14:31

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  • Selon un récent article de « Marianne », le changement de la politique française au Proche Orient est calculé et maîtrisé ; si la France veut être entendue au Proche Orient, et en particulier en Israël, sa voix devrait abandonner l’opprobre vis-à-vis de sa politique actuelle et par des signes visibles montrer que, tout en affirmant son attachement à la solution à deux Etats, elle n’entend pas isoler Israël. Il en va d’ailleurs mutatis mutandis, de même de la politique française vis-à-vis des Etats Unis d’Amérique à en juger par les actes spectaculaires de ces derniers jours vis-à-vis du Président Donald Trump.

    Ce point de vue n’est pas seulement faux mais quelque peu obscène ; il participe de la Macromania qui s’est emparée de toute la sphère médiacratique et vise à non seulement réhabiliter un alignement furieusement atlantiste mais en fait à s’inscrire dans les conflits géopolitiques de façon active d’où la recherche obstinée d’une paix durable a été rayée de la carte ; ce sont des options gravissimes et on ne tardera pas en en voir les effets dévastateurs ; l’image de la France en sera ternie pour une longue période et elle se rendra complice de visées politiques où ses intérêts, à long terme, compteront pour rien.

    Ce changement – car il y a changement et de taille, même si l’évolution était déjà largement entamée dans le quinquennat Hollande – s’apparente dans les conditions d’aujourd’hui à un nouveau Münich . Daladier aussi prétendait « sauver la paix » d’ailleurs, comme il est connu, sans la moindre illusion.

    Certes on objectera que D Trump n’est pas Hitler ; mais son programme relance d’une façon éclatante la course aux armements et je suis de ceux qui considèrent qu’il faut prendre très au sérieux la nouvelle volonté hégémonique Nord-Américaine, qui se fait les muscles vis-à-vis de la Corée du Nord mais destine ses coups les plus rudes à tout mouvement démocratique comme on le voit avec ce qui se trame au Venezuela, la volte -face amorcée vis-à-vis de Cuba etc….

    On ne sache pas que ces aspects lourds de menaces préoccupent beaucoup le Président Macron et sa « divergence » sur la question climatique est une farce. Quant à la médiacratie, même alignement obsessionnel et obscène ; on lit dans la presse comme Nice Matin – qui certes n’est pas la voix de la France – que les violences au Venezuela font, par jour, plus de morts qu’en Syrie … Il y a à dire sur tous ces sujets que je n’aborde ici que bien trop furtivement.

    Mon attention a été attirée par la réaction de Dominique Vidal sur Facebook relativement aux déclarations du Président Macron sur sionisme et antisémitisme. J’aurais aimé approuver sans réserve ce que dit Dominique Vidal et je me trouve dans l’impossibilité de le faire ; avant de développer je voudrais dire que je partage son indignation ; pas pour les mêmes raisons, comme on le verra, mais je la partage ; il n’est simplement pas admissible que l’on décrive l’antisionisme comme le nouveau visage de l’antisémitisme. L’antisémitisme n’est pas une « opinion » mais un délit ; le signe d’égalité vise à rien de moins que de criminaliser toute critique de la politique israélienne actuelle ; jamais on ne sera monté aussi haut dans la gamme ; la circulaire ignoble de M Alliot Marie permettait déjà une « base légale » pour traduire en justice des compatriotes ne faisant qu’exprimer leur opinion, qu’on la partage ou pas, mais ce n’était qu’une circulaire . La campagne de boycott de l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid, à défaut d’être soutenue au plus haut niveau fut irrépressible et personne n’aurait eu l’idée d’y voir un appel à liquider la population ultra minoritaire de ce pays.

    Au-delà de ces considérations il est nécessaire d’aller beaucoup plus loin et ce qui suit a deux parties distinctes ; la première expose mon point de vue sur « sionisme « et « antisionisme » ; comme tout point de vue, il ne prétend pas « être LA vérité » ; la seconde vise à discuter de certains aspects proprement politiques relatifs à la situation actuelle dans le but si possible de contribuer à la manifestation d’un courant populaire majoritaire en France et au-delà pour un règlement pacifique, juste et durable au Proche Orient .
    1) Dominique Vidal écrit que « le sionisme est une idéologie comme une autre «  ; je ne partage pas ce point de vue.

    Le sionisme est certainement une idéologie ; comme une autre, non. Ses fondateurs si l’on ose dire, firent des emprunts divers et contradictoires à des courants de pensée multiples et il est notoire que parler DU sionisme n’a strictement aucun sens. Il n’existe aucun rapport entre le sionisme des Bundistes (avant Octobre et ensuite) et celui de Jabotinsky et ses émules ( Begin et autres ) ; Ben Gourion était certainement sioniste mais considérait avant 1967 Begin à l’égal de Hitler .

    Mais quelles que soient les influences diverses qui ont constitué ce qu’on appelle indûment LE sionisme, cette idéologie était en soi dangereuse et devait être combattue par les forces démocratiques avancées (la façon de la combattre est une toute autre question).
    L’idéologie sioniste part de l’idée d’un mythe : celui du « peuple juif » dont je pense et ne suis pas seul, que cet objet n’existe pas. Au demeurant, après les travaux puissants de Shlomo Sand , l’affaire devrait être considérée comme close ; à l’évidence elle ne l’est pas. Cela suffit à ne pas faire « du sionisme » une idéologie comme une autre et très franchement les écrits de ses fondateurs ne sont pas d’une telle élévation intellectuelle qu’on puisse leur faire l’honneur d’en parler comme d’une nouvelle « Weltanschauung » .
    On pourrait faire des analogies avec l’idéologie nazie où l’on voit une vision « volkiste », essentialiste, du peuple allemand ; mais cela ne mènerait nulle part, sauf à vouloir à toute force établir des parallèles très sujets à caution.

    De plus, c’est l’essentiel, à partir de ce mythe commence l’histoire politique du petit groupe de fondateurs du « sionisme » qui, au travers de tribulations intellectuelles sans aucun intérêt dirigèrent en fin de compte leur activité vis-à-vis de la Grande Bretagne et finirent pas extorquer la Déclaration Balfour.
    Il est plus qu’étrange que les commentateurs savants dont je ne suis pas, ne commencent pas par dire que ce texte n’a aucune sorte de signification ; « autoriser ou favoriser l’établissement d’un foyer national juif en Palestine » n’a aucun sens.

    Sans la Deuxième Guerre Mondiale pas d’Etat d’Israël, Déclaration Balfour ou pas. Le mythe du « peuple juif » se poursuivit donc avec le brandissement de ladite déclaration qui n’était qu’un chiffon de papier ; en la signant, il est probable que la classe dirigeante britannique avait quelqu ’idée en tête et utiliser « les Juifs » comme masse de manœuvre au Proche Orient qui, à l’époque était déjà une poudrière, et un souci pour l’Empire ne pouvait , tout compte fait , qu’être utile, mais ce n’est pas la question.
    Colonialiste, l’idéologie sioniste l’était dès le départ. Cela n’explique pas tout.

    La création de l’Etat d’Israël résulta de la défaite du nazisme et de son legs testamentaire et ne dut RIEN à LORD BALFOUR. On peut toujours se poser la question de savoir si cette décision de l’ONU fut ou non une « erreur » ; cette question est vide de sens à mes yeux ; on ne peut pas reconstituer même par la pensée la situation de l’époque ni les arrières pensées diverses qui conduisirent à cette décision ; l’ONU créa sur le territoire de la Palestine historique DEUX Etats, l’un existe, l’autre est dans les limbes ; voilà de quoi il convient de partir. Mais cela anticipe sur la seconde partie de mon propos.

    Le sionisme n’est PAS définissable et son contraire non plus. De plus il est tout aussi notoire que si idéologie sioniste il y a, et si tant est que les dirigeants actuels d’Israël s’en réclament, il s’agit très précisément de la version la plus ultra du « sionisme » tel que préfiguré par Jabotinsky dont il faut rappeler constamment que les premières décennies de l’Etat hébreu la vomirent. Elle rompait avec la Déclaration d’Indépendance qui, (faute d’adopter une Constitution) est le seul texte qui puisse faire référence. Ce texte LIE la politique israélienne aux Résolutions de l’ONU que l’Etat hébreu s’engage à respecter.

    Il faut maintenant examiner aussi les avatars de l’ « antisionisme » ; l’ « antisionisme » combat ou prétend combattre un mythe, en l’adoptant nolens volens .Ce n’est pas le moindre de ses défauts mais l’Histoire a écrit aussi quelques pages à ce sujet ; pour ne parler que de l’URSS il est notoire que l’ »Antisionisme »d’Etat qui y prévalut notamment dans la période post Guerre des Six Jours , n’était qu’un cache sexe d’un antisémitisme d’Etat . Avec un pareil pedigree, on comprendra que je ne considère pas l » Antisionisme » avec faveur.

    Qu’en est-il en France aujourd’hui ? On ne peut que constater avec regret que, faute d’une définition introuvable, l’« antisionisme « à la française est lui aussi parcouru d’influences diverses et l’antisémitisme banal en fait hélas partie. D’ailleurs je note que mon cher ami Taoufik Tahani cite sur Facebook une tribune de l’AFPS qui signale la même préoccupation en passant.

    Celles et ceux de nos compatriotes qui le brandissent sont constitués de courants radicalement opposés ; pour le premier, il s’agit d’une terminologie pratique qui vise à condamner la politique israélienne actuelle ; c’est un courant démocratique, peu clair, peu élaboré, mais démocratique. L’autre courant est dangereux. Le second courant vomit Israël comme tel ; le second courant voit en tout « juif » un sioniste déclaré ou non etc… Il n’est pas possible de nier ce fait et redoutable de le minimiser.

    Quant à mettre un signe d’égalité entre « antisionisme » et antisémitisme » il y a là un fossé à ne pas franchir. A fortiori s’il s’agit de criminaliser toute critique de la politique israélienne, on l’a dit.

    2) L’ONU créa donc deux Etats à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale ; le fait que les Etats Arabes non seulement s’opposèrent à cette décision – et cela n’avait pas grand-chose à voir avec la moindre solidarité avec le peuple palestinien mais décidèrent d’y opposer une action armée qui , côté israélien porta le nom de Guerre d’Indépendance , et Nakba côté palestinien ne change rien ; de deux choses l’une : ou bien on considère que les résolutions de l’ONU ont force de loi et établissent une sorte de Droit Des NATIONS ( lequel évidemment est par nature évolutif) ou on considère l’ONU comme un « machin » ; mais on ne peut pas se prévaloir de la première option pour mettre en cause la légitimité d’Israël comme Etat, qui fait partie de la seconde ( Dans les frontières de 1967, il va de soi ; je laisse volontairement de côté encore d’autres conditions connues ) .

    Reste à examiner quelles contributions, dans sa diversité, le mouvement progressiste en France peut apporter à un conflit intolérable qui tôt ou tard s’achèvera par une négociation qui ouvre de toutes autres perspectives.
    Mais auparavant, il me semble indispensable de débarrasser la question d’un autre mythe ; en décidant la création de deux Etats sur le territoire de la Palestine historique, il me semble absurde d’entretenir l’idée selon laquelle les « Etats européens se sont débarrassés des crimes commis et de leurs complicités sur un peuple qui n’y était pour rien » ; le peuple palestinien paierait le génocide hitlérien en quelque sorte . D’abord, les Etats occidentaux ne furent pas les seuls à voter pour la décision de l’ONU ; en votant cette résolution l’URSS caressait sans doute des arrières -pensées liées à des considérations géopolitiques diverses qui ne se trouvèrent pas réalisées, mais il demeure qu’elle approuva et il est vraiment insupportable de laisser penser qu’elle s’acquittait d’un génocide où elle n’était pour rien.

    […]

    https://blogs.mediapart.fr/tchapaiev/blog/190717/macron-sionisme-antisionisme

  • 18 septembre 04:46

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