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Ne rien céder aux droits du peuple palestinien
posté le 26/07/17 Mots-clés  antifa  Peuples indigènes  solidarité 

A l’initiative de l’agence Media Palestine, plusieurs personnalités réagissent au lendemain de la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv et dénoncent la position du président de la République. « Macron marche ainsi dans les pas de tous ceux qui veulent criminaliser les luttes en faveur de la justice en Palestine et pour les droits des Palestinien-ne-s ».

La commémoration de la rafle du Vél d’Hiv – qui s’était traduite par l’arrestation, la déportation et la mort de milliers de citoyens français juifs –, aura été scandaleuse à bien des égards. L’invitation à la cérémonie d’un seul chef d’État étranger, en la personne du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, participe d’un détestable amalgame entre judaïsme et sionisme, allant même jusqu’à donner l’impression que, pour Emmanuel Macron, les juifs, forcément tous sionistes, seraient moins français que les autres…

Au détour d’une petite phrase, le Président français aura prouvé, malgré ses déclarations convenues et vides de sens pour la paix au Proche-Orient, qu’il prenait entièrement faits et cause avec les faucons israéliens et leurs alliés ici en France. Premier chef d’état français à reprendre mot à mot l’argumentaire de la Hasbara ministère de la propagande israélienne en lutte contre BDS : « nous ne céderons rien à l’antisionisme, car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. »

Ainsi apparaissent clairement à présent ceux qui jouent la carte de l’importation du conflit israélo-palestinien et pour quels intérêts. Tout cela en instrumentalisant la commémoration de ce crime d’État, crime de masse raciste franco-français. Les déportés juifs du Vél d’Hiv en 1942 n’ont rien à voir avec « le conflit » et leur mémoire n’appartient à personne. Leur utilisation ici ne fait que nourrir un certain confusionnisme questionnant l’appartenance des citoyens français juifs que la présence même de Netanyahu avait déjà bien alimenté – et donc l’antisémitisme.

Le président de la République aura aussi offert l’opportunité politique à Netanyahu de blanchir, par le sort des juifs français victimes de la rafle, son régime de destruction du peuple palestinien. Et ainsi le légitimer.

Oubliée la colonisation, effacée l’occupation, niés les Palestiniens quotidiennement exécutés par l’armée, la police des frontières ou les colons, la tragédie de Gaza, les milliers de prisonniers politiques, la torture... Cela montre bien le peu de cas que fait Macron des souffrances et des revendications des Palestinien-ne-s.

L’usage délibérément faussé de la notion d’antisionisme pour délégitimer et réduire au silence le mouvement de solidarité avec la Palestine en général et la campagne BDS France en particulier, est indigne de l’image de président « lettré » que Macron veut donner.

Un simple dictionnaire permet de faire la différence entre ce qui est critique d’une idéologie politique et du régime qui l’applique, et le racisme anti-juif qu’est l’antisémitisme. Macron marche ainsi dans les pas de tous ceux qui veulent criminaliser les luttes en faveur de la justice en Palestine et pour les droits des Palestinien-ne-s.

Sacrifier les droits palestiniens aux projets impérialistes sur le Moyen Orient, ce fut la politique des grands empires coloniaux français et anglais. De ce point de vue, on est En marche à reculons… C’est du moins ce que les invitations quasi concomitantes de Trump et de Netanyahu, à l’occasion de deux dates à l’importance symbolique très forte, laissent à penser. Assistons-nous à l’émergence d’une nouvelle alliance qui revêtirait les vieux habits des néo-conservateurs que nous croyions passés de mode ? On est bien loin des prétentions à la nouveauté.

La nouveauté, la seule aujourd’hui, consisterait à enfin poser les termes du droit des peuples, et du peuple palestinien en particulier.

Dans le sombre tableau politique qui se dessine avec l’avènement de Macron, marqué par la confiscation de nos droits sociaux et de nos libertés civiles, une liberté supplémentaire nous serait volée : celle de la lutte anticoloniale et du soutien des droits du peuple palestinien. Cette liberté, comme toutes celles que l’on veut nous enlever, nous la défendrons, en renforçant notre solidarité et ainsi notre soutien à l’appel au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions contre Israël jusqu’à ce qu’il applique le droit international et les principes universels des droits humains.

Signataires :

Ahmed Abbes, Directeur de recherche au CNRS

Zahra Ali, Universitaire, SOAS

Verveine Angeli, Union Syndicale Solidaires

Mounia Benaili, Conseillère municipale insoumise à Juvisy Sur Orge

Tarek Ben Hiba, FTCR

Annick Coupé, ATTAC France

Sonia Dayan Herzbrun, Sociologue

Christine Delphy, sociologue et militante féministe

Driss El Kerchi, ATMF

Mireille Fanon Mendès France, Fondation Frantz Fanon, experte à l’ONU

Gisèle Felhendler, Sortir du Colonialisme

Eric Hazan, Editeur

Armelle Laborie, Co-auteur de « Un Boycott légitime » (éd. La Fabrique)

Madjid Messaoudene, Elu à Saint Denis

Catherine Samary, Economiste, spécialiste des Balkans, militante alter-mondialiste

Michèle Sibony, Union Juive Française pour la Paix

Eyal Sivan, cinéaste, Co-auteur de « Un Boycott légitime » (éd. La Fabrique)

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/260717/ne-rien-ceder-aux-droits-du-peuple-palestinien


posté le 26 juillet 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
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Commentaires
  • encore de la propagande obsessionnelle

  • La « seule démocratie du Moyen-Orient » propose une nouvelle variante de la barbarie en ayant recours à la peine de mort contre les Palestiniens auteurs d’attentats mortels.

    Le Premier ministre Benjamin Netanyahou –« Bibi « , comme l’appelle son camarade Macron- en a fait l’annonce jeudi, en rendant à la famille Salomon, dont trois membres ont été tués la semaine dernière par un jeune Palestinien dans une colonie de Cisjordanie. Arrêté, l’auteur de l’attentat, Omar al-Abed, sera prochainement jugé.

    Depuis sa création, Israël a certes pratiqué la peine de mort à grande échelle contre le peuple palestinien, massacrant délibérément des populations civiles –plus de 1.500 lors de la seule attaque contre Gaza de l’été 2014, par exemple-, assassinant des centaines de résistants de manière ciblée, sous l’appellation hypocrite « d’exécutions extra-judiciaires".

    Mais la peine de mort dite légale, si elle figure effectivement dans le code pénal israélien, alors qu’elle a été abolie dans tous les pays de l’Union européenne, n’a été utilisée qu’une seule fois : en 1962, contre le nazi capturé Adolf Eichmann, l’un des artisans majeurs du génocide des juifs.

    Netanyahou veut donc maintenant élargir sa panoplie de terreur, en étendant la peine à des Palestiniens.

    « Il est temps de recourir à la peine de mort contre les terroristes. C’est quelque chose qui est inscrit dans notre législation. Je sais qu’il faut, pour l’appliquer, une décision unanime du jury, mais celui-ci doit connaître la position du gouvernement. Eh bien, je la lui donne : il faut mettre à mort cet individu », a ainsi déclaré le chef mafieux, cité par le quotidien Haaretz.

    http://www.europalestine.com/spip.php?article13261

  • encore de la propagande obsessionnelle

  • Le discours prononcé par Emmanuel Macron lors de la cérémonie commémorative de la rafle du Vel d’Hiv a suscité de nombreuses réactions et critiques. En cause, aussi bien l’opportunité d’inviter à la cérémonie le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu (seul chef d’Etat convié), que la phrase abondamment commentée assimilant antisionisme et antisémitisme. La polémique retombée, une analyse plus poussée du discours de 35 mins du chef de l’Etat devient possible. C’est ici tout le propos du cinéaste et essayiste Eyal Sivan.

    Quelle impression générale vous a inspiré le discours d’Emmanuel Macron ?

    Eyal Sivan : Ce qui m’a immédiatement frappé, c’est la différence de ton et de style du nouveau président. Même si ce qu’il dit au sujet des crimes de Vichy est assez commun et présent dans tous les manuels scolaires, Macron va plus loin que ses prédécesseurs. C’est avant tout une question de génération. Son propos est le résultat de la pénétration dans l’opinion des travaux menés ces deux dernières décennies par des historiens et journalistes sur les crimes d’Etat, Vichy, et même la colonisation. Ses déclarations faites à Alger avant l’élection allaient d’ailleurs dans le même sens.

    L’autre chose très marquante, même pour celui qui écoute de manière distraite, c’est la distinction qu’il fait en permanence entre le racisme et l’antisémitisme. L’expression « racisme et antisémitisme » revient plus de 12 fois dans son discours.

    En quoi distinguer racisme et antisémitisme est problématique ?

    Macron reprend une distinction officielle née de l’idée – fausse, évidemment – selon laquelle on ne peut parler de « racisme anti-juifs » puisque les juifs ne sont pas une race. L’antisémitisme étant une forme particulière de racisme, on aurait pu s’attendre à ce qu’il utilise tantôt l’un, tantôt l’autre terme. Il utilise systématiquement les deux pour insister sur l’idée que les juifs ont subi les deux, ont souffert deux fois : ils ont subi le racisme en tant qu’étrangers, et l’antisémitisme en tant que juifs.

    Il s’agit en réalité d’une distinction qualitative, puisque l’antisémitisme est ici réputé pire que le racisme, ce qui aboutit à mettre en concurrence les racismes : oui certains subissent le racisme, mais pas l’antisémitisme, alors que les juifs subissent les deux. Cela nous renvoie à la question de la double allégeance. Les juifs sont-ils des Français comme les autres ?

    C’est bien en affirmant cette double allégeance, qu’on a pu sous Vichy déchoir les juifs de leur nationalité française, en disant qu’il leur restait leur « nationalité juive ». D’une certaine manière, pour dénoncer le vichysme, Macron utilise une classification vichyste. Cette question de la double allégeance, de la double nationalité, est évidemment renforcée par la présence du premier ministre israélien lors de la cérémonie. […]

    https://www.etatdexception.net/macron-denonce-les-crimes-de-vichy-sans-rompre-avec-le-racisme-detat-francais-et-israelien/

  • encore de la propagande obsessionnelle

  • L’historien israélien Shlomo Sand interpelle Emmanuel Macron sur son discours, tenu en présence de Benjamin Netanyahou, pour la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv : « L’ancien étudiant en philosophie, l’assistant de Paul Ricœur a-t-il si peu lu de livres d’histoire, au point d’ignorer que nombre de juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites ? »

    En commençant à lire votre discours sur la commémoration de la rafle du Vel’d’hiv, j’ai éprouvé de la reconnaissance envers vous. En effet, au regard d’une longue tradition de dirigeants politiques, de droite, comme de gauche, qui, au passé et au présent, se sont défaussés quant à la participation et à la responsabilité de la France dans la déportation des personnes d’origine juive vers les camps de la mort, vous avez pris une position claire et dénuée d’ambiguïté : oui la France est responsable de la déportation, oui il y a bien eu un antisémitisme, en France, avant et après la seconde guerre mondiale. Oui, il faut continuer à combattre toutes les formes de racisme. J’ai vu ces positions comme étant en continuité avec votre courageuse déclaration faite en Algérie, selon laquelle le colonialisme constitue un crime contre l’humanité.

    Pour être tout à fait franc, j’ai été plutôt agacé par le fait que vous ayez invité Benjamin Netanyahou, qui est incontestablement à ranger dans la catégorie des oppresseurs, et ne saurait donc s’afficher en représentant des victimes d’hier. Certes, je connais depuis longtemps l’impossibilité de séparer la mémoire de la politique. Peut-être déployez-vous une stratégie sophistiquée, encore non révélée, visant à contribuer à la réalisation d’un compromis équitable, au Proche-Orient ?

    J’ai cessé de vous comprendre lorsqu’au cours de votre discours, vous avez déclaré que :

    « L’antisionisme… est la forme réinventée de l’antisémitisme ». Cette déclaration avait-elle pour but de complaire à votre invité, ou bien est-ce purement et simplement une marque d’inculture politique ? L’ancien étudiant en philosophie, l’assistant de Paul Ricœur a-t-il si peu lu de livres d’histoire, au point d’ignorer que nombre de juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites ? Je fais ici référence à presque tous les anciens grands rabbins, mais aussi, aux prises de position d’une partie du judaïsme orthodoxe contemporain. J’ai également en mémoire des personnalités telles Marek Edelman, l’un des dirigeants rescapé de l’insurrection du ghetto de Varsovie, ou encore les communistes d’origine juive, résistants du groupe Manouchian, qui ont péri. Je pense aussi à mon ami et professeur : Pierre Vidal-Naquet, et à d’autres grands historiens ou sociologues comme Eric Hobsbawm et Maxime Rodinson dont les écrits et le souvenir me sont chers, ou encore à Edgar Morin. Enfin, je me demande si, sincèrement, vous attendez des Palestiniens qu’ils ne soient pas antisionistes !

    Je suppose, toutefois, que vous n’appréciez pas particulièrement les gens de gauche, ni, peut-être, les Palestiniens ; aussi, sachant que vous avez travaillé à la banque Rothschild, je livre ici une citation de Nathan Rothschild, président de l’union des synagogues en Grande-Bretagne, et premier juif à avoir été nommé Lord au Royaume Uni, dont il devint également la gouverneur de la banque. Dans une lettre adressée, en 1903, à Théodore Herzl, le talentueux banquier écrit : « Je vous le dis en toute franchise : je tremble à l’idée de la fondation d’une colonie juive au plein sens du terme. Une telle colonie deviendrait un ghetto, avec tous les préjugés d’un ghetto. Un petit, tout petit, Etat juif, dévot et non libéral, qui rejettera le Chrétien et l’étranger. » Rothschild s’est, peut-être, trompé dans sa prophétie, mais une chose est sûre, cependant : il n’était pas antisémite !

    Il y a eu, et il y a, bien sûr, des antisionistes qui sont aussi des antisémites, mais je suis également certain que l’on trouve des antisémites parmi les thuriféraires du sionisme. Je puis aussi vous assurer que nombre de sionistes sont des racistes dont la structure mentale ne diffère pas de celle de parfaits judéophobes : ils recherchent sans relâche un ADN juif (ce, jusqu’à l’université où j’enseigne).

    Pour clarifier ce qu’est un point de vue antisioniste, il importe, cependant, de commencer par convenir de la définition, ou, à tout le moins, d’une série de caractéristiques du concept : « sionisme » ; ce à quoi, je vais m’employer le plus brièvement possible.

    Tout d’abord, le sionisme n’est pas le judaïsme, contre lequel il constitue même une révolte radicale. Tout au long des siècles, les juifs pieux ont nourri une profonde ferveur envers leur terre sainte, plus particulièrement pour Jérusalem, mais ils s’en sont tenus au précepte talmudique qui leur intimait de ne pas y émigrer collectivement, avant la venue du Messie. En effet, la terre n’appartient pas aux juifs mais à Dieu. Dieu a donné et Dieu a repris, et lorsqu’il le voudra, il enverra le Messie pour restituer. Quand le sionisme est apparu, il a enlevé de son siège le « Tout Puissant », pour lui substituer le sujet humain actif.

    Chacun de nous peut se prononcer sur le point de savoir si le projet de créer un Etat juif exclusif sur un morceau de territoire ultra-majoritairement peuplé d’Arabes, est une idée morale. En 1917, la Palestine comptait 700.000 musulmans et chrétiens arabes et environ 60.000 juifs dont la moitié étaient opposés au sionisme. Jusqu’alors, les masses du peuple yiddish, voulant fuir les pogroms de l’empire Russe, avaient préféré émigrer vers le continent américain, que deux millions atteignirent effectivement, échappant ainsi aux persécutions nazies (et à celles du régime de Vichy).

    En 1948, il y avait en Palestine : 650 000 juifs et 1,3 million de musulmans et chrétiens arabes dont 700.000 devinrent des réfugiés : c’est sur ces bases démographiques qu’est né l’Etat d’Israël. Malgré cela, et dans le contexte de l’extermination des juifs d’Europe, nombre d’antisionistes sont parvenus à la conclusion que si l’on ne veut pas créer de nouvelles tragédies, il convient de considérer l’Etat d’Israël comme un fait accompli irréversible. Un enfant né d’un viol a bien le droit de vivre, mais que se passe-t-il si cet enfant marche sur les traces de son père ?

    Et vint l’année 1967 : depuis lors Israël règne sur 5,5 millions de Palestiniens, privés de droits civiques, politiques et sociaux. Ils sont assujettis par Israël à un contrôle militaire : pour une partie d’entre eux, dans une sorte de « réserve d’Indiens » en Cisjordanie, tandis que d’autres sont enfermés dans un « réserve de barbelés » à Gaza (70% de ceux-ci sont des réfugiés ou des descendants de réfugiés). Israël, qui ne cesse de proclamer son désir de paix, considère les territoires conquis en 1967 comme faisant intégralement partie de « la terre d’Israël », et s’y comporte selon son bon vouloir : jusqu’à présent, 600 000 colons israéliens juifs y ont été installés….et cela n’est pas terminé !

    Est-cela le sionisme d’aujourd’hui ? Non ! Répondront mes amis de la gauche sioniste qui ne cesse de se rétrécir, et ils diront qu’il faut mettre fin à la dynamique de la colonisation sioniste, qu’un petit Etat palestinien étroit doit être constitué à côté de l’Etat d’Israël, que l’objectif du sionisme était de fonder un Etat où les juifs exerceront la souveraineté sur eux-mêmes, et non pas de conquérir dans sa totalité « l’antique patrie ». Et le plus dangereux dans tout cela, à leurs yeux : l’annexion des territoires occupé constitue une menace pour Israël en tant qu’Etat juif.

    Voici précisément le moment de vous expliquer pourquoi je vous écris, et pourquoi, je me définis comme non-sioniste, ou antisioniste, sans pour autant devenir antijuif. Votre parti politique inscrit, dans son intitulé : « La République », c’est pourquoi je présume que vous êtes un fervent républicain. Et dussé-je vous étonner : c’est aussi mon cas. Donc, étant démocrate et républicain, je ne puis, comme le font sans exception tous les sionistes, de droite comme de gauche, soutenir un Etat juif. Le Ministère de l’Intérieur israélien recense 75% de ses citoyens comme juifs, 21% comme musulmans et chrétiens arabes et 4% comme « autres » (sic). Or, selon l’esprit de ses lois, Israël n’appartient pas à l’ensemble des Israéliens, mais aux juifs du monde entier qui n’ont pas l’intention de venir y vivre. Ainsi, par exemple, Israël appartient beaucoup plus à Bernard Henry-Lévy et à Alain Finkielkraut qu’à mes étudiants palestino-israéliens qui s’expriment en hébreu, parfois mieux que moi-même ! Israël espère aussi qu’un jour viendra où tous les gens du CRIF, et leurs « supporters » y émigreront ! Je connais même des français antisémites que cette perspective enchante ! En revanche, on a pu entendre deux ministres israéliens, proches de Benjamin Nétanyahou, émettre l’idée selon laquelle il faut encourager le « transfert » des Israéliens arabes, sans que personne n’ait émis la demande qu’ils démissionnent de leurs fonctions.

    Voilà pourquoi, Monsieur le Président, je ne peux pas être sioniste. Je suis un citoyen désireux que l’Etat dans lequel il vit soit une République israélienne, et non pas un Etat communautaire juif. Descendant de juifs qui ont tant souffert de discriminations, je ne veux pas vivre dans un Etat, qui, par son autodéfinition, fait de moi un citoyen doté de privilèges. A votre avis, Monsieur le Président : cela fait-il de moi un antisémite ?

    Shlomo Sand, historien israélien

    https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/200717/lettre-ouverte-m-le-president-de-la-republique-francaise

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