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Déchiquetage de l’idéologie PIRiste à partir d’une critique acérée du livre "Les Blancs, les Juifs et nous" - d’H0uria B0uteldja
posté le 30/07/17 par radio vosstanie Mots-clés  médias 

Si aujourd’hui dans le milieu toujours plus décomposé la norme est au ressenti, à cette dictature latente des affects, des subjectivités émotives, de l’étalage de ses fragilités, de la victimisation et de l’hystérisation de la politique...

https://lechatnoiremeutier.noblogs.org/post/2016/11/04/publication-la-race-a-coup-de-poing-americain/

Déchiquetage de l’idéologie PIRiste à partir d’une critique acérée du livre "Les Blancs, les Juifs et nous" - d’H0uria B0uteldja Extrait des Émissions : Pour une critique de l’idéologie IDENTITAIRE A écouter et méditer avant de relayer et soutenir le PIR et ses affidés.... https://vosstanie.blogspot.fr/2016/10/dechiquetage-de-lideologie-piriste.html

Nous avons toujours combattu les conceptions "ethniques" de la question sociale ceci de la Nouvelle Droite à la gauche républicaine (ou le voile et le drapeau tricolore font bon ménage...)

Que celle-ci se nomme maintenant "race sociale" ou s’invite de nouveau en légitimant la "race" (voir le propos "notre race existe") ou le concept de "race" comme grille d’analyse et comme conception de la lutte "totale" contre ce monde n’est pas simplement insupportable c’est inacceptable. Comme cette pseudo neutralité qui renvoie dos à dos les "débats". Nous ne palabrerons pas avec les néo-racistes d’Alain de Benoist à H0uria B0uteldja.

    • S’il y a bien "racisation" (comme ethnicisation) de la question sociale, les promoteurs de celle-ci le font avec des catégories (positives) et des pratiques les plus réactionnaires.
  • Dont acte.
    • Nous serons présents pour défendre nos camarades et compagnons.
    • Contre toutes les "races", les "séparatismes" et les "entrepreneurs" souteneurs en éthno-différencialismes....nouvelle manière, et aux vielles méthodes et vieux concepts putrides du stalinisme.

posté le 30 juillet 2017  par radio vosstanie  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • Les réponses sont les mêmes là où il existe une modération :

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 26 juillet 2017 à 17:42 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    Ceci n’est pas un article...

    https://nantes.indymedia.org/articles/38258

    Article refusé.

    Publié : le mardi 25 juillet 2017 à 23:03 par modo

    Ceci n’est pas un article... et sans doute un trollage.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38255

    Article refusé.

    Publié : le mardi 25 juillet 2017 à 22:53 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38254

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:37 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38190

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:39 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38189

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:41 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38188

    Article refusé.

    Publié : le samedi 15 juillet 2017 à 15:56 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38186

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:38 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38185

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:39 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38182

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 13 juillet 2017 à 23:01 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38172

    Article refusé.

    Publié : le mardi 11 juillet 2017 à 21:01 par modo

    TROLLAGE RELOU.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 7 juillet 2017 à 15:21 par modo

    spam de trollage....

    https://nantes.indymedia.org/articles/38140

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:13 par modo

    trollage..................

    https://nantes.indymedia.org/articles/38135

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:06 par modo

    trollage. les explications ont été données à chaque fois. Les "anti-racialistes" et les trolls n’ont pas leur place sur indymedia.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38133

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:05 par modo

    trollage. les commentaires qui nourrissent le(s) troll(s) ont été viré aussi.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38132

    Article refusé.

    Publié : le mardi 4 juillet 2017 à 15:37 par modo

    spam trollesque....

    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Article refusé.

    Publié : le mardi 4 juillet 2017 à 16:53 par modo

    trollage

    https://nantes.indymedia.org/articles/38117

    Article refusé.

    Publié : le samedi 1 juillet 2017 à 21:51 par modo

    spam.

    pour rappel : " sauf à dénoncer PLUSIEURS types de courants politiques et/ou types de courants religieux oposés à l’émancipation, en l’état un tel article n’est qu’un trollage islamophobe de plus.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38115

    Article refusé.

    Publié : le samedi 1 juillet 2017 à 21:53 par modo

    Enième trollage.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 30 juin 2017 à 19:27 par modo

    ce compte-rendu technique de quelques partis trop bien choisis n’a pas de rapport avec indymedia nantes. sauf à dénoncer plusieurs types de courants politiques et types de courants religieux oposés à l’émancipation, en l’état un tel article n’est qu’un trollage islamophobe de plus.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38109

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 28 juin 2017 à 22:33 par modo

    Trollage confusioniste.

    Les amis de Juliette et du printemps semblent avoir du temps à perdre à faire passer pour "identitaires" "racistes" toute personne personne qui diffuse des textes qui ne lui reviennent pas
    nous on a autre chose à faire que faire des enquêtes de purisme des auteurs de la Fabrique qui publie bien ce qu’elle veut. et faire un raccourci "PIR, LMSI, BDS, CRAN" est assez puant.
    Pour faire court, les "anti-racialistes" ne sont pas les bienvenus sur indymedia nantes.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38096

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 22 juin 2017 à 20:12 par modo

    HAAAAAAAAA les joies du trollage... mais allez jouer ailleurs au lieu de semez vos gerbes anti palestinien-ne-s ici.... On vire un commentaire du même troll pour le coup encore plus gerbant.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38053

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 16 juin 2017 à 07:08 par modo

    Trollage. Z’avez vraiment que ça à faire ?

    https://nantes.indymedia.org/articles/38009

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 15 juin 2017 à 12:32 par modo

    Vieux texte de Novembre 2016 posté ici manifestement dans le but de troller.
    Un commentaire pas tellement plus fin a également été caché.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38002

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 16 juin 2017 à 17:51 par modo

    Les articles sur l’antiracisme sont les bienvenus sur Indymedia Nantes.
    Cela dit, étant donné que les "débats" sur cette question sont rendus impossibles ces derniers temps, le collectif a décidé de refuser tout article qui se baserait sur les mots "racialisme" ou "anti-racialisme". Comme nous l’avons déjà exprimé lors d’un autre commentaire collectif, nous ne pouvons cautionner l’usage de ces mots, d’origine raciste et utilisés actuellement à contre-sens.

    De même, les articles à propos de ou par Houria Boutelja ou le PIR sont refusés. Le collectif souhaite que cette question importante du racisme et du vécu des personnes racisées puisse être visibilisée sans polariser autour de deux positions dans lesquelles il ne se reconnait pas, cette polarisation ne permettant pas un débat sur le fond.
    Il y a bien d’autres positions que celles-ci, et le collectif souhaiterait qu’elles puissent s’exprimer.

    https://nantes.indymedia.org/articles/37999

    Article refusé

    Publié : le dimanche 11 juin 2017 à 17:09 par modo

    Nouvel extrait du brulot "la race comme si vous y étiez", dont plusieurs extraits confusionistes sur la racisme ont déjà été refusés. De plus ces publications servent visiblement de défouloir en comentaires à une / des personnes de Paris qui se comportent en trolls et feraient mieux de régler une fois pour toutes leurs problème sirectement plutôt que troller partout...
    Un autre commentaire sur notre position comme collectiif quand à la lutte des personnes racisées sera ajouté bientôt.

    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 8 juin 2017 à 21:27 par modo

    en fait c’est un copié-collé d’un vieil article uniquement là pour troller et nous faire astturer sur le sujet, donc hop, refusé !

    https://nantes.indymedia.org/articles/37951

    Cet article est refusé :

    Rappel des [principes de publication sur Indymedia Grenoble->

    Sont refusées, mais restent consultables sur le site, les contributions :
    défendant des thèses conspirationnistes/complotistes/confusionnistes.

    « Cette idéologie séparatiste insufflée par le NPA et le Qatar »

    C’est moi, ou ça pue le confusionnisme ? ou, à tout le moins, un certain manque de contextualisation et d’argumentation qui peut faire passer l’article comme tel ?

    Par ailleurs, Indymedia en général et Indymedia Grenoble en particulier ne me semblent en général pas particulièrement être un endroit où se défendent les « principes républicains ».

    En plus la page Facebook donne plus l’impression d’être une vaste blague qui cherche à se moquer des anti-racialisateur sur le mode du Gorafi, mais… en fait il semble qu’il s’agisse vraiment de gens sérieux (et si c’est en effet le cas, ils sont vraiment cons). Ça fait un peu peur.

    https://grenoble.indymedia.org/2017-07-06-Defendre-la-liberte-d-expression

    Cet article est refusé :

    Article copié/collé depuis Indymedia Bruxelles et Indymedia Nantes, par ailleurs classé dans aucune catégorie.

    Indymedia Grenoble n’est pas un réceptacle à articles copiés-collés, ni mediaslibre.org, ni rezo.net. Merci d’avance de prendre ceci en compte !

    Nous voulons vraiment re-privilégier fortement la production d’une information locale et d’articles originaux.

    Nous tenons à rappeler que la masse de contenus non-appropriés à modérer est l’une des raisons pour laquelle l’équipe précédente a fini par abandonner le site l’année dernière, avant de passer la main.

    Il serait courtois de la part des « contributeurs » d’en prendre compte.

    Merci d’avance.

    https://grenoble.indymedia.org/2017-06-29-Les-positions-bourgeoises-de-l

  • 31 juillet 00:02

    Avons-nous toujours les ennemis qu’on mérite ? En règle générale, il est probable qu’il faille s’y résoudre mais la nouvelle charge éditocratique qui s’est récemment abattue en canon sur H*uria Boutelja nous oblige à reconsidérer sérieusement la question.

    Depuis la publication dans Le Monde, le 20 juin, d’une tribune signée par une vingtaine d’intellectuels en défense d’H*uria Boutelja et de l’antiracisme politique (1) – suite à un article retors de Jean Birnbaum publié quelques jours plus tôt (2) – pas un jour n’a vu pointer son zénith sans qu’une tribune indignée, un tweet offusqué ou des paroles outrées n’aient été produits par la clique étendue de nos contempteurs les plus zélés. Citons pêle-mêle quelques-uns de ces frondeurs de salon : Laurent Bouvet, William Goldnadel, Manuel Valls, Alain Finkielkraut, Didier Leschi, Robert Redecker, Élisabeth Lévy, Alexandre Devecchio, Marielle Macé, François Dubet, Jack Dion… À bien considérer cette liste, on pourrait légitimement se demander s’il est vraiment besoin de s’y attarder. Après tout, ce ne sont là que les convulsions têtues d’une fin de règne. De la droite « ultra-républicaine » à la gauche toquée de laïcité bigote, inconditionnellement charliesque jusqu’à la limite infranchissable du crime de lèse-nation (3), , liés de manière éternelle à Israël (4), tous ceux qui se remettent à peine de la gifle reçue par leur éviction du jeu politique dès le premier tour des présidentielles, tous ceux là se sont empressés d’y aller de leur petit commentaire public.

    Bien sûr, c’est céder un peu trop rapidement au sarcasme militant que de ne voir dans ce bataillon ultra-républicain qu’un amas de ressentimenteux déchus. Ils signent tous les jours des tribunes dans les journaux de référence (souvent pour dire à quel point ils n’en signent pas assez), défilent sur les plateaux de télévision et n’ont pas cessé de jouir de leur petit rond de serviette dans les officines du pouvoir. Les manettes de ce qui définit le politiquement correct et l’incorrect ne leur ont pas encore été confisquées. Loin de là. Mais l’on ne peut tout de même s’empêcher de voir quelque chose comme un réflexe de survie dans cette spasmodique levée de boucliers. Fin de règne, disions-nous.

    Et que l’on s’épargne – de grâce ! – de convoquer les sempiternels monstres gramscistes de l’entre-deux-mondes qui auront traversé désormais toutes les bouches, à l’appui des thèses les plus diverses. L’entre-deux-mondes permanent des rapports de forces impose toujours à la vitalité d’une nouvelle force politique l’épreuve de sa négation en la forme d’une contre-offensive adverse moribonde. Ainsi, s’il est vrai que nous avançons à mesure qu’ils reculent, la bataille n’est jamais linéaire, ni jamais achevée et il faudra nous garder de tomber trop vite dans un optimisme narquois.

    Néanmoins, les faits sont là. L’élection d’Emmanuel Macron, – dont on n’éprouve pas pour autant d’espérance particulière –, aura eu ce mérite non-négligeable d’avoir souffleté avec vigueur leurs champions : Manuel Valls pour la gauche ultra-laïque, François Fillon pour la droite ultra-républicaine. Renvoyés tout deux dans les affres de l’infamie, – Pénélope Gate pour l’un, félonie politique ajoutée à l’affaire de la tricherie d’Évry pour l’autre, nos tribuns du Figaro, Marianne et Causeur se retrouvent orphelins d’une incarnation politique crédible. Pire encore, la multiplication des candidatures autonomes issues de l’immigration et des quartiers populaires durant les législatives – dont la percée électorale du candidat Samy Debah, ex-président du CCIF, à Sarcelles – et l’entrée du loup antiraciste dans la bergerie de l’Assemblée nationale, Danièle Obono, ne présagent rien de moins bon pour eux. Ce qui évidemment n’est pas sans conséquence dans la surenchère nationale-républicaine dont ils font preuve, espérant sans doute ainsi conjurer le sort de leur déclin – ce qui, comme s’en amuse souvent la malicieuse Histoire, les y entraîne plus sûrement. Pour saisir la réalité d’un tel diagnostic, il suffit de se pencher à l’évidence sur le contenu des attaques proférées contre H*uria Boutelja et le mouvement qu’elle incarne. Et c’est tout l’embêtant dans cette affaire.

    À ce stade, je dois vous faire une confidence. En tant que militante décoloniale, j’ai toujours trouvé à nos « ennemis déclarés » – les nationaux-républicains, patriotes, néocons et laïcards – un certain charme. Sans doute à cause du mépris insolent qu’ils affichaient à l’égard de la moraline proprette de gauche, bonne consciente et bonne pensante, irréprochablement progressiste et qui, toujours à la lutte politique à la loyale, préfère se dérober derrière tantôt un confort moral paternalisant, tantôt un dogmatisme dévot qui hurlait à l’ignominie pour peu qu’on lui chatouillât les narines. Peut-être aussi, étais-je troublée par cette propension que nous avions alors en commun d’appeler un chat un chat et de ne pas trembler devant le verbe – ce qui parfois nous faisait tenir quasiment les mêmes phrases dont nous tirions cependant l’un et l’autre des conclusions radicalement opposées. Comme illustration efficace, je rappellerais « la France de race blanche » de Nadine Morano, formule que nous aurions pu cosigner mais qui, bien sûr, de notre point de vue recouvrait une réalité sociale qui justifiait alors notre action politique quand elle était, dans la bouche de Morano, une revendication de conservation proprement raciste.

    Autre exemple, la rhétorique du « grand-remplacement » que la gauche traditionnelle se fatigue à démonter à coup de relativisation de la puissance démographique postcoloniale alors qu’elle est devenue un mot de ralliement, volontairement charrieur, – faut-il vraiment préciser que les décoloniaux ne sont traversés par nul occulte projet d’éradication biologique ? Allons, par les temps qui courent, mille précautions en valent mieux qu’une ! – un slogan que les « grands-remplaçants » de l’antiracisme politique s’attribuent volontiers. Par là, ils veulent signifier non pas que les Noirs et les Arabes tyranniseront un jour la planète mais que, l’histoire et la maturité politique aidant, les milieux de l’immigration finiront bien par constituer une force politique assez conséquente pour renverser et remplacer ce système racialisé au profit d’un monde plus égalitaire, où les races sociales n’organiseraient plus hiérarchiquement la société. Autrement dit, une société effectivement sans races.

    Ainsi, l’idée fantasmée de débattre avec des ennemis qui n’auraient pas peur de discuter du fond du problème, assumant à l’occasion un clivage d’intérêts clair et revendiqué me semblait (naïvement) plus enthousiasmante que l’idée d’une interminable circonvolution sémantique et principielle avec — pardonnez-moi l’expression – des gauchistes flippés d’eux-mêmes.

    La « polémique H*uria Boutelja », a rompu le charme. Je suis désormais persuadée d’une chose : H*uria Boutelja mérite mieux. Qu’on s’entende bien, je ne dis pas qu’elle ne devrait pas être l’objet d’une controverse passionnée – sans la polémique, la politique serait une erreur – ce que je dis, c’est qu’elle mérite des adversaires à sa hauteur. Et, croyez-le ou non, le manque de ces derniers, quand il ne m’engouffre pas dans un ennui abyssal, me désole profondément. Je sais ce sentiment partagé par les militants ou sympathisants de mon espèce. Il y a dans les réponses formulées ici et là aux attaques qui nous sont adressées sous la forme de « ah » et de « oh » indignés, l’expression d’une lassitude collective. Disons-le plus simplement : aucune, sans exception, des attaques proférées récemment à l’encontre d’ H*uria Boutelja et son livre Les Blancs, les Juifs et Nous. Pour une politique de l’amour révolutionnaire n’a été autre chose que malhonnêteté intellectuelle, bêtise crasse, manipulation, et indignation boursoufflée. Je m’attarderai sur ce dernier jugement : l’indignation boursoufflée. Car si ces ennemis déclarés, que jusqu’ici ma nature jouteuse aimé détester, ont perdu de leur faste, c’est précisément à cause de cet affolement hébété, cette hypersensibilité pleurnicharde de petits rois outragés qui les pousse à juxtaposer tous les superlatifs de l’indignation mondaine sans jamais oser nous affronter sur le fond : « c’est infâme », « c’est ignoble », « c’est horrible », « comment cela est-il possible ?! », « combien de temps devons-nous supporter cela ?! ». Les cris d’orfraie étant poussés, il n’est dès lors plus question de discuter. Et les conséquences d’une telle posture fin-de-non-recevoiriste posent immanquablement les jalons du terrorisme intellectuel à l’endroit où Laurent Bouvet s’émeut du « crime contre la pensée » (5) que le soutien à H*uria Boutedja signifierait.

    En vérité, cela est à peine une stratégie. Les âmes de bonne foi se disputent souvent l’interprétation d’une telle censure : font-ils exprès de lire l’exact opposé de ce qui est écrit, de tronquer, mutiler, déformer les propos d’ H*uria Boutelja ou sont-ils si étriqués pour ne rien comprendre de la rationalité d’une pensée qui s’élabore en-dehors de leur logiciel politique ? Ont-il une claire conscience de leurs intérêts menacés – leurs petits privilèges – ou bien pensent-ils vraiment qu’ H*uria Boutelja est raciste, antisémite, homophobe, sexiste ? Et tout cela sans jamais avoir été condamnée ? Ou bien encore pensent-ils qu’elle est assez fine pour être tout cela en creux, dans un implicite malin où les lois ne peuvent venir la débusquer ? De toute évidence, il y a un peu de tout cela dans cette chasse à la sorcière. Je ne crois pas qu’ils ne croient pas ce qu’ils disent, hormis quelques malentendus feints et contre-sens délibérés. Le livre d’ H*uria Boutelja n’a rien d’intuitif. Il ne caresse pas les consciences satisfaites. Il les gifle sans ménagement. Pour certains, le traitement est efficace. « Ça fait du bien », comme après une douche glaciale. Pour d’autres, c’est l’outrage. Comment ose-t-elle ? Pourquoi tant de haine ?Trop sonnés par un courant qu’ils n’ont pas vu arriver, ils n’ont pas eu le temps de renouveler leurs défenses. Le sens de l’histoire a changé quand ils avaient le dos tourné. Les sujets postcoloniaux et les quartiers populaires ont mûri. Ils savent prendre à leur charge la défense de leurs intérêts. Il en est même qui prétendent faire de la politique et proposer à ce pays un projet digne de notre époque. La contre-révolution coloniale, lancée sous les oripeaux de la 5e République, est de plus en plus tourmentée. L’antiracisme politique, bannière derrière laquelle se rassemblent nombre de collectifs, organisations, leaders d’opinions autonomes issus de l’immigration et des quartiers, avance habilement ses pions, bouscule une partie de l’extrême-gauche pour faire des alliances stratégiques comme une vraie force organisée. Les deux marches de la dignité, en 2015 et en 2017, ont rassemblé près de 30 000 personnes dans les rues de Paris contre les violences policières et le racisme d’État. Amal Bentounsi, porte-parole du collectif Urgence Notre Police assassine, vient de faire condamner le policier qui a tué son frère, après une interminable bataille judiciaire et politique. Le CCIF recrute de plus en plus d’adhérents désireux de lutter efficacement contre l’islamophobie structurelle. Le collectif afro-féministe Mwasi sort victorieux d’un bras de fer engagé avec la maire de Paris Anne Hidalgo qui voulait interdire le festival Nyansapo, la ridiculisant au passage. Danièle Obono, incarnation d’un espoir de basculement de l’extrême-gauche vers l’antiracisme, refuse de s’écrier « Vive la France » et jouit du soutien de toute sa famille politique qui n’a pas tardé à riposter pour la défendre. Les avancées décoloniales sont incontestables et H*uria Boutelja participe de cette force. Élaborant les contours stratégiques et conceptuels de cet antiracisme décolonial, elle en est l’une des intellectuelles organiques les plus engagées. En cela, elle doit être terrassée sans aucune forme de procès.

    Pour ceux-là qui ont hurlé avec les loups et pour d’autres qui ont toujours veillé à maintenir un cordon sanitaire autour du Parti des Indigènes de la République, H*uria Boutelja est l’incarnation du mal radical, une monstruosité politique, une apatride catégorielle sans attache. Elle n’est ni à gauche, ni à droite. Ni à l’extrême-gauche, ni à l’extrême droite. Ni au centre ni dans les limbes soraliennes. Ni anticapitaliste, ni libérale. Ni progressiste ni rétrograde. Ni mondialiste ni patriote. En tant que figure du Mal, elle impose une déroute aux déterminations logiques qui permettent d’établir un chef d’accusation. Elle est coupable de tout, c’est-à-dire de rien. Et c’est sans doute cela que la construction du « démon H*uria Boutelja » a de plus intéressant. Les philosophes qui ont étudié la question du « mal » savent comme il passe rapidement du statut d’accusé à celui d’accusateur. Ils disent : comment expliquer que le bien, au nom duquel on prétend accuser le mal, n’ait pas été assez bien pour évincer ce mal ? Traduction : comment expliquer que cette République si parfaite au nom de laquelle les amis de Finkielkraut condamnent H*uria Boutelja ait pu produire H*uria Boutelja ? Comment est-il possible que les valeurs si rondement pleines de la République aient permis qu’émerge un jour une figure politique qui vient à les nier ? On m’accusera de rhétoriser mais il est peu d’occasion où la philosophie nous permette de saisir aussi bien la réalité. Chez Spinoza, par exemple, le mal c’est à la fois ce que l’on peut accuser impunément, sans risque, et un aveu d’impuissance. La préoccupation du mal traduirait ainsi une pensée régressive, celle d’une âme diminuée dans sa puissance d’agir et qui régresse de l’action, de l’intelligence et du savoir. Si j’étais taquine, je parlerais de « crime contre la pensée ».

    Qui donc blâme se blâme. Et H*uria Boutelja ne s’appartient plus. Elle est désormais sa cause et quiconque feint de ne pas le comprendre, préférant user de mille détours pour ne pas avoir à se solidariser tout à fait n’amoindrit les risques de son engagement qu’à court terme. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle dit, mais je soutiens H*uria Boutelja – a-t-on jamais eu besoin d’apporter une telle profession de foi pour exprimer son soutien à une personne ? Quelqu’un a-t-il vraiment pensé un jour que soutenir H*uria Boutelja , c’est soutenir chacun de ses soupirs et de ses silences ? À moins d’accorder quelque crédit à certaines thèses détraquées qui fantasment H*uria Boutelja comme un gourou. Qu’on ne se méprenne pas, je n’accuse pas ceux qui ont le courage de se mouiller de ne pas plonger dans l’eau. Cependant, il n’est pas inutile de relever ce chantage à la respectabilité qui veut maintenir H*uria Boutelja dans l’isolement le plus complet. « La radicale solitude, le rejet qui force à vivre dans l’abjection, l’implacable censure, la clandestinité, (…) sont les stigmates de l’intellectuel engagé, marques douloureuses de sa grandeur. »(6) Et c’est Robert Redecker qui le dit ! Celui-là même qui reproche aux intellectuels comme Annie Ernaux d’avoir fait le choix du confort en se solidarisant avec H*uria Boutelja , encanaillés à l’engagement politique sans risque. Un confort qui leur a valu d’être la cible répétée d’un tir groupé de l’intelligentsia française. Remarquez, peut-être que Robert Redecker s’imagine vivre, lui, dans l’abjection et l’implacable censure. L’art de la faire à l’envers : à ce jeu-là, ils sont champions.
    Heureusement, il arrive parfois qu’une rose éclot au milieu des épines. Et parmi les torchons larmoyants et grotesques du Figaro, Marianne, Causeur et du Monde, Claude Askolovitch aura sauvé l’honneur. Fidèle à sa clairvoyance habituelle, – celui avec qui nos désaccords passés ne nous empêchent pas de reconnaître le courage avec lequel il négocie son « tournant » idéologique – n’aura pas signé de papier sur l’affaire H*uria Boutelja . C’était sans doute trop espéré. En revanche, il a publié une tribune remarquable sur l’affaire Danièle Obono, incontestablement ce qui s’est dit de mieux. (7)Qu’il me pardonne que j’ose prétendre accélérer sa marche en invitant mes lecteurs, en guise de conclusion, à méditer sur ses propos : « On peut être en désaccord avec Madame Obono, la récuser politiquement, la disputer, en détail ou globalement, la soutenir en conscience. Mais la nier est une hérésie, et souhaiter qu’elle disparaisse, une infamie hypocrite. Ce qui la justifie existe, et sans elle, qui en parle ? Cela fait partie du pays. (…)On ne prendra pas Madame Obono comme l’expression de la vérité ultime des noirs en France. Mais comme une parole politique, d’opposition fondamentale, fondamentale comme le nègre de l’immense Césaire, qui pouvait aussi bien mettre à nu la France que l’aimer et lui donner des mots. Au mieux de son assouplissement, Danièle Obono pourra être une Taubira plus immédiate. Ou elle ne s’assouplira pas, et ce sera aussi bien. »
    Un jour peut-être, Monsieur Askolovitch, vous oserez remplacer dans ce passage si bien senti « Madame Obono » par « Madame Boutelja » et ce sera aussi bien.

    Louisa Yousfi

    1) Vers l’émancipation, contre la calomnie. En soutien à H*uria Boutelja et à l’antiracisme politique
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/06/19/vers-l-emancipation-contre-la-calomnie-en-soutien-a-houria-bouteldja-et-a-l-antiracisme-politique_5147623_3232.html
    2) La gauche déchirée par le « racisme antiraciste »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/06/09/la-gauche-dechiree-par-le-racisme-antiraciste_5141086_3232.html?xtmc=houria_bouteldja&xtcr=2
    3) Céline Pina : « Nique la France » : peut-on être député d’une nation que l’on déteste ?
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/22/31003-20170622ARTFIG00289--nique-la-france-peut-on-etre-depute-d-une-nation-que-l-on-deteste.php
    4) Manuel Valls : « Je suis lié de manière éternelle à Israël »
    https://oumma.com/manuel-valls-je-suis-lie-de-maniere-eternelle-a-israel/
    5) Bouvet : « Que des universitaires défendent H*uria Boutelja est un crime contre l’esprit »
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/23/31003-20170623ARTFIG00122-bouvet-que-des-universitaires-defendent-houria-bouteldja-est-un-crime-contre-l-esprit.php

    6) Affaire H*uria Boutelja : la pétition, hologramme de « l’intellectuel de confort »
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/06/23/31003-20170623ARTFIG00337-affaire-houria-bouteldja-la-petition-hologramme-de-l-intellectuel-de-confort.php

    7) Niquer la France n’est pas rédhibitoire
    http://www.slate.fr/story/147543/obono-nique-la-france

    https://blogs.mediapart.fr/louisa-yousfi/blog/040717/fusillez-bouteldja

  • Dans une tribune au « Monde », vingt intellectuels réagissent à l’article « La gauche déchirée par le racisme antiraciste », publié dans le supplément « Idées » daté samedi 10 juin.

    TRIBUNE. Dans le supplément « Idées » daté samedi 10 juin, Jean Birnbaum consacre un article au « malaise croissant dans le mouvement social » face à « l’usage militant des notions comme la “race” ou l’“islamophobie” ». Il y rapporte des propos tenus ici ou là sur les Indigènes de la République et, au-delà, sur l’antiracisme décolonial et politique. Dans ces allusions, une nouvelle fois, H*uria Boutelja est la cible privilégiée des accusations les plus insensées, qui sont autant de calomnies : racisme, antisémitisme, homophobie… Il semble décidément que ses contempteurs n’aient pas lu son livre Les Blancs, les Juifs et nous [La Fabrique, 2016], se soient arrêtés à son titre sans le comprendre ou à quelques extraits cités à contre-emploi.

    LA QUANTITE DE MELANINE PRESENTE DANS NOS PEAUX, TOUTE DERISOIRE ET ARBITRAIRE QU’ELLE SOIT, NOS ORIGINES, CULTURES, RELIGIONS OU NON, LA LONGUE HISTOIRE DE LA COLONISATION, CREENT DES PRIVILEGES ET DES DOMINATIONS, CONSCIENTES OU NON.

    L’ouvrage de Pap Ndiaye, La Condition noire [Calmann-Lévy], paru en 2008, n’avait pas fait couler tant d’encre amère. Tout au contraire, il avait été érigé en force intellectuelle du moment. Il montrait que la couleur de peau constitue dans nos sociétés un facteur de différenciation, de disqualification sociale et de discrimination. Il contribuait par là à articuler classe et race, après des décennies marquées par l’illégitimité du sujet.

    L’accueil chaleureux réservé dans les médias à Pap Ndiaye pourrait-il s’expliquer parce qu’il parlait de Noirs ? Pourtant, s’il y a des Noirs, c’est nécessairement qu’il y a des Blancs. Les Blancs veulent rarement être nommés tels, n’entendent pas voir ce que renvoie ce miroir. Ce ne sont là que des constructions historiques et sociales, mais elles pèsent. Les ignorer empêche de les combattre. La quantité de mélanine présente dans nos peaux, toute dérisoire et arbitraire qu’elle soit, nos origines, cultures, religions ou non, la longue histoire de la colonisation, créent des privilèges et des dominations, conscientes ou non. H*uria Boutelja le décrit avec évidence : « A niveau social équivalent, il vaut toujours mieux être blanc ».

    Dans son livre important, complexe et tiraillé, H*uria Boutelja évoque ses propres déchirements comme indigène et Blanche ou, plus précisément, « blanchie » : des poètes et écrivains l’avaient dit aussi, Damas, Césaire, Fanon, tant d’autres. Elle évoque avec pudeur son sentiment d’humiliation devant ses parents qui « faisaient trop pauvres, trop immigrés » ; notre honte est que cette honte soit possible. Son attachement au Maghreb est relié aux juifs qui y vivaient, dont l’absence désormais crée un vide impossible à combler ; il laisse l’auteure « inconsolable ». Et cependant, ses détracteurs enchaînent les contresens comme des perles empoisonnées. Si nous ne nous retrouvons pas dans tous ses arguments ni dans toutes ses positions, ce déchaînement nous est insupportable.

    L’antiracisme politique ne se résume nullement à H*uria Boutelja ; ses représentant.e.s peuvent parfois être en désaccord avec tel ou tel de ses choix. Mais ce qui est visé à travers la violence des attaques qui la ciblent, c’est l’antiracisme politique dans son ensemble, c’est-à-dire toute tentative de s’organiser et de lutter pour en finir avec l’oppression. La haine qu’H*uria Boutelja suscite est à la mesure de son courage. Courage de secouer nos bonnes consciences quand nous préférons oublier ce qu’accorde le fait d’être Blancs, ici, en Occident. Courage d’évoquer le combat quotidien des femmes racisées et la lutte des féministes décoloniales. Refus résolu et pour jamais de verser dans l’essentialisme de « l’homme indigène », qui masque si opportunément les violences faites aux femmes partout dans nos sociétés.

    Dans le livre d’H*uria Boutelja, « Vers une politique de l’amour révolutionnaire » n’est pas un sous-titre de coquetterie ni une lubie d’éditeur : c’est un appel criant à quitter nos entre-soi, à déserter nos cloisonnements et nos endiguements.

    Ce n’est certainement pas là une substitution de la question raciale à la question sociale : c’est un croisement, une intersection comme le disent les sciences sociales. Aucune lutte n’est secondaire : le front uni est nécessaire. Il passe par la reconnaissance de toutes les oppressions. Dans le livre d’H*uria Boutelja, « Vers une politique de l’amour révolutionnaire » n’est pas un sous-titre de coquetterie ni une lubie d’éditeur : c’est un appel criant à quitter nos entre-soi, à déserter nos cloisonnements et nos endiguements. Comment peut-on ne pas voir que c’est tout l’opposé d’une guerre ? L’auteure s’adresse aux prolétaires, aux paysans, aux chômeurs, aux laissés-pour-compte, aux « sacrifiés de l’Europe des marchés et de l’Etat ». Elle se tourne vers la gauche, en particulier cette gauche radicale qui aspire à un tout autre monde. Elle veut faire front commun. Elle en appelle enfin à une histoire dénationalisée et déracialisée ; comme l’écrivait C. L. R. James à propos de ses aïeux, lorsque lui aussi s’adressait aux Blancs : « Ils sont mes ancêtres, ils sont mon peuple. Ils peuvent être les vôtres si vous voulez bien d’eux. »

    Une telle pensée, qui travaille les catégories existantes pour mieux s’en échapper, est en avance sur son temps, décalée dans son époque. Elle dérange, choque, indigne qui veut lire trop vite et condamner sans procès. Ce ne sera pas la première fois qu’une telle discordance des temps est à l’œuvre : les révolutionnaires, les marxistes, les libertaires, les féministes l’ont toutes et tous éprouvée. Ce combat revient à se délester de nos catégories ; il commence par une prise de conscience. Notre émancipation est à ce prix.

    Par Ludivine Bantigny (historienne), Maxime Benatouil (co-président de l’Union juive française pour la paix), Judith Bernard (metteure en scène et journaliste), Déborah Cohen (historienne), Christine Delphy (sociologue et militante féministe), Annie Ernaux (écrivaine), Fabrice Flipo (philosophe), Isabelle Garo (philosophe), Eric Hazan (éditeur et écrivain), Stathis Kouvelakis (philosophe), Philippe Marlière (politiste), Dominique Natanson (co-président de l’Union juive française pour la paix), Olivier Neveux (universitaire), Ugo Palheta (sociologue), Geneviève Rail (universitaire, Simone de Beauvoir Institute and Womens Studies, Canada), Catherine Samary (économiste), Michèle Sibony (Union juive française pour la paix), Isabelle Stengers (philosophe

    http://www.ujfp.org/spip.php?article5710

  • De l’opération sauvetage de Manuel Valls aux campagnes contre Danièle Obono et H*uria Boutelja : comment la presse mainsteam est passée du « barrage contre le FN » au barrage contre les antiracistes politiques.

    « Les candidats de la France insoumise [Farida Amrani et Ulysse Rabatte] se compromettent avec les islamistes », déclare le 4 juillet Manuel Valls invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Le 27 juin, interviewé par Elisabeth Martichoux sur RTL, il dénonce « une campagne aux relents antisémites. » Aucune question ne relancera, dans les deux cas, ces propos qui pourraient valoir à l’homme politique le plus détesté de France (1) une plainte pour diffamation, comme l’a indiqué Farida Amrani qui réfléchit à ce dépôt avec ses avocats.

    On savait Valls capable d’à peu près tout. Mais le plus étonnant n’est pas, ces jours-là, dans ses déclarations, ni même dans l’absence de relance des journalistes, mais dans le point d’orgue que constitue ces moments « antisémite » et « islamiste » dans une campagne de presse menée tambour battant pour réhabiliter un personnage politique nuisible, renvoyé sèchement par les électeurs, par les députés de son ex-parti, par la REM jusqu’à une victoire –à 139 voix– contestée le soir même et menacée par un recours pour fraude déposé le 28 juin devant le Conseil constitutionnel par ses adversaires de la France insoumise. A la manœuvre, Havas Worldwide, ex Euro RSCG (2) conseil entre autres de DSK et Cahuzac (et de Valls pendant la primaire) avec les succès qu’on sait.

    Sauvetage de Valls : l’éditocratie en meute

    Phase 1. L’affaire commence le 28 juin sur BFM. Ce soir-là c’est Ruth Elkrief qui officie. Devant les images du chaos qui règne à la mairie d’Evry où des gros bras expulsent candidats de la FI, soutiens citoyens et journalistes, Ruth, fine mouche, s’interroge au vu des contestataires : « Mais qui sont ces gens ? On ne les connaît pas », oubliant, l’affolement sans doute, qu’un envoyé spécial sur place pouvait derechef s’enquérir de leur identité. Julien Dray, présent à ses côtés, lui sait. Il lâche l’explication et c’est du lourd : Valls, le valeureux a été confronté à une campagne horrible, où il a tout subi, l’antisémitisme, le communautarisme… Les grands mots sont lâchés. C’est la phase I de l’opération. Car, parmi les soutiens de Farida Amrani ce soir là à Evry, beaucoup de jeunes issus de l’immigration postcoloniale crèvent l’écran dont un jeune homme sorti très violemment, Jalys Chibout, militant du PC et de la FI.

    Phase 2. Dès le lendemain, 20 juin, Céline Pina, socialiste, exclue du Printemps républicain pour extrémisme, porte-flingue attitrée de Valls dénonce dans le FigaroVoxoù elle a table ouverte, « l’inquiétante soirée électorale à Evry » en ces termes : « Si l’idéal du barbare peut être l’homme fruste, violent et sans limite, réduit à ses besoins et ses appétits, l’idéal du citoyen réclame, lui, hauteur de vue, empathie et tenue. Sans capacité à s’empêcher et à s’élever, c’est la bête humaine qui prend toute sa place […] Et c’est d’ailleurs ce qui s’est passé à Évry, en cette soirée de second tour des Législatives. Voir des caïds dont il serait intéressant de savoir si beaucoup d’entre eux ont voté, contester un scrutin à coups de poing devrait faire rougir de honte la candidate de la France insoumise. […] »

    Antisémite et communautariste la veille, barbare, bête humaine, caïd le lendemain : le profil type du soutien de Farida Amrani s’affine. La haine raciale s’affiche dans toute sa brutalité.

    « Antisémite, barbare, bête humaine, dieudonno-soralien »

    Phase 3. Lundi 26 juin. Farida Amrani doit déposer son recours devant le Conseil constitutionnel cette semaine-là. Ca s’affole dans les rédactions. Débute alors le festival.

    26 juin matin. La Revue des deux mondes – propriété du milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière mis en examen pour abus de biens sociaux – les 100 000 euros versés à Pénélope pour deux brèves – ouvre la danse. Valérie Toranian, directrice de la rédaction [par ailleurs compagne de FOG] lance un appel au secours vibrant à Valls et affine le portrait des soutiens de Farida Amrani. « Cette gauche républicaine laïque et universaliste a un député survivant : Manuel Valls. L’homme à abattre de toute la gauche. […] Accueilli par les cris de haine des militants de la France insoumise le soir de son élection à Évry. La violence qu’il suscite […] déferle sur les réseaux sociaux. De quoi est-elle le nom ? “ Les plus radicaux dans la haine de Valls sont généralement liés aux réseaux dieudonno-soraliens ”, explique l’essayiste féministe laïque Caroline Fourest. (Farida Amrani, qui se présentait contre lui dans l’Essonne, a reçu le soutien de Dieudonné au second tour.) »

    Antisémite et communautariste, barbare, bête humaine, caïd, dieudonno-soralien : la liste s’allonge. Un homme avec de tels ennemis ne peut pas être vraiment mauvais… Les six 49. 3 en deux ans, la loi travail, la féroce répression policière, la déchéance de nationalité, la chasse au voile, au burkini, les déclarations fracassantes émises du haut de l’estrade du CRIF contre la direction d’un Observatoire de la laïcité « trop accommodant avec les musulmans »..? Effacés ces combats vallsiens souvent salués par Marine Le Pen. Le storytelling de la réhabilitation est en route.

    Valls : « La FI se compromet avec l’islam politique »

    26 juin au soir. Libération (3) s’y colle via un entretien mené par Christine Angot. La Vie, la Solitude, le courage, les affects, les erreurs peut-être… Angot, c’est Duras interviewant Platini. Humain, trop humain, Manuel. Dans tout ce fatras, même ligne servie sur un plateau par une complaisance servile. Lui : il est sur des « sujets abrasifs, l’islam, la laïcité, les quartiers », il « est attaqué pour cela, lui, il l’a vu l’antisémitisme dans les quartiers » ; lui, il s’interroge : pourquoi « personne n’a dénoncé Dieudonné à Evry » [surtout pas lui en tout cas, inespérée cette candidature qui retirait des voix à ses adversaires politiques] ; Elle : « Il lui a donné ses voix Dieudonné ? Et elle [Farida Amrani] n’a rien dit ? Lui « Non, elle n’a rien dit quand il lui a donné ses voix »… Lui : « La FI se compromet avec l’islam politique, voire les islamistes »…

    Valls, l’homme d’honneur, aux convictions chevillées au corps, « le seul qui pouvait gagner », (sic) paie la cohérence de son engagement. D’où son isolement. Si, si, c’est possible.

    27 juin. RTL, Elisabeth Martichoux. Moment « campagne aux relents antisémites. » Avec l’apothéose : « Vous avez eu raison avant tout le monde » !!!!

    28 juin. Farida Amrani dépose son recours devant le Conseil Constitutionnel. Relâche pour Valls.

    29 juin. Les affaires reprennent. Laurent Bouvet, en retard sur ce coup-la, où plutôt dévoilant un sens aigü des nouveaux rapports de force, reprend l’offensive dans le FigaroVox : « Valls incarne cette version de la gauche républicaine, exigeante en matière de laïcité et ferme sur les principes au regard des demandes identitaires et communautaristes qui déchirent le lien social chaque jour un peu plus. »

    30 juin. Dans Marianne, Renaud Dély en roue libre : « Le sort réservé à Manuel Valls est […] inquiétant. [.. .]. Car ce sont toujours les mêmes, les contempteurs de la laïcité, agents du communautarisme et autres complices de l’islamisme qui s’acharnent sur Valls, vigie républicaine et gardien de l’esprit Charlie. » Sic.

    4 juillet. Last, but not least. Moment « islamiste » chez Bourdin.

    Amrani-Obono- Boutelja : Toranian lâche le morceau

    Cette remise en selle orchestrée et suivie par une meute éditocrate qui dit ou laisse dire en boucle les mêmes contre-vérités, insultes racistes, diffamations, a une double fonction : redonner à Valls un espace politique et une légitimité et relancer la guerre identitaire qui ne semble pas intéresser Emmanuel Macron, plutôt partisan de l’apaisement sur ses questions. Mais sa virulence et le mode d’attaques a une autre explication. Et c’est Valérie Toranian qui lâche le morceau dans la Revue des deux mondes (4) :

    « […] Cette gauche-là [laïque et républicaine of course] est ringarde, démodée, dépassée. Balayée par le souffle nouveau de la France en marche et la radicalité de la France insoumise. […] Disparue, à l’image de l’un de ses représentants, Malek Boutih dans le naufrage général du PS aux législatives. On ne l’entend plus. Et sa voix manque. Sa voix manque pour condamner les propos de Danièle Obono, députée élue de la France insoumise, qui refuse de se reconnaître dans le slogan « Vive la France »[…] Sa voix manque pour se révolter lorsque des intellectuels bien-pensants prennent la défense de H*uria Boutelja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République, propagandiste de la non-mixité racisée, promotrice d’un nouveau discours radical où la lutte s’organise autour de l’identité et de la race… »

    Amrani, Obono, Boutelja : l’« analyse » globale de Toranian, son trait d’union entre ces trois noms signe les aveux de toute l’éditocratie : qui maintenant va pouvoir remettre à leur place ces indigènes qui l’ouvrent ? Car tous ces appels apeurés à un Valls, général en chef de la guerre contre la jeunesse des quartiers populaires, contre l’islam, contre les antiracistes politiques, s’expliquent par un élément nouveau : l’émergence d’une nouvelle génération issue de l’immigration postcoloniale qui a une part non négligeable dans la chute de la maison socialiste et notamment de son courant le plus droitier. Cette génération pèse dans les élections et les mobilisations. Elle produit de la théorie, s’organise, est sur tous les fronts. Et revendique une filiation historique avec les intellectuels de la lutte anticoloniale et antiraciste ; les Césaire, Fanon, Edward Saïd... : « L’heure de nous-mêmes a sonné », cette citation de Césaire est son cri de ralliement.

    La campagne de réhabilitation de Valls menée dans le même espace temps que la campagne raciste contre Daniele Obono et le procès en sorcellerie instruit contre H*uria Boutelja signe la panique de l’éditocratie devant la force de ce mouvement naissant. Dans les trois cas, les porte-flingue médiatiques sont les mêmes.............

    https://blogs.mediapart.fr/michelle-guerci/blog/090717/valls-amrani-obono-bouteldja-les-ressorts-dune-offensive-mediatique-organisee

  • Boutelja, « antiracistes racistes » : la réacosphère en soutien au “Monde”

    Une nouveauté toutefois sur le cas Boutelja. Le coup est parti du Monde avec un papier de Jean Birenbaum, le 9 juin (5) « La gauche déchirée par le racisme antiraciste ». Là, l’angle est différent : la focale est mise sur la gauche radicale et sa supposée « exaspération croissante contre les notions d’islamophobie, de race et les initiatives non mixtes à l’instar du festival Nyansapo ». Au cœur de l’attaque, le Parti des indigènes de la République et sa porte-parole H*uria Boutelja.

    Rubriqué Analyse dans la séquence Idées du Monde, ce texte réquisitoire n’en contient aucune, le croisement de sources cad de points de vue divergents pour rendre compte d’un phénomène lui faisant cruellement défaut. L’analyse annoncée du déchirement n’a donc pas lieu. Pourtant, source privilégiée de Jean Birenbaum, le livre de Nedjib Sidi Moussa, La Fabrique du musulman » aux éditions Libertalia, est vertement critiqué dans Alternative libertaire (6) : « Sidi Moussa nous propose une lecture totalement politiste, où douze apôtres de l’« islamo-gauchisme » seraient responsables de l’effondrement de la conscience de classe et de l’effacement de l’ouvrier maghrébin au profit du jeune musulman. Comment croire à ce conte de fées. »

    Au NPA, ceux qui militent au quotidien avec les antiracistes politique dont le PIR ne manquent pourtant pas. Certains ont même signé la tribune de réponse à Jean Birenbaum (7). Mais celui-ci préfère enrôler Daniel Bensaïd cité pour des propos de 2005. Indigne de la pensée constamment en mouvement de Daniel Bensaïd, par ailleurs éditeur chez Textuel en 2006 de Pour une politique de la racaille, de Sadri Khiari, un des principaux théoricien du PIR. Un Daniel Bensaïd dont on imagine avec émotion la férocité de la réaction devant une opération trouble soutenue par la réacosphère au grand complet. Car la tribune d’intellectuels en défense de H*uria Boutelja et des antiracistes politiques (7), a subi un tir de barrage médiatique d’une violence inouïe. Du Printemps républicain de Laurent Bouvet, à l’égérie de la nouvelle droite Eugénie Bastié en passant par les souverainistes islamophobes du Figaro Vox, Causeur, Marianne, Valeurs actuelles…On les vit tweeter tant et plus, écrire moult contributions en soutien inconditionnel à Jean Birenbaum. En revanche, ni tweet, ni texte de soutien du côté de la gauche radicale, pourtant objet du papier.

    En fait, le constat d’une inversion des rapports de force depuis 2005, l’année de publication du Manifeste des Indigènes de la République (8) et de la nouvelle puissance de ce qu’il nomme les « racistes antiracistes », est l’expression de l’inquiétude de Jean Birenbaum qu’il partage avec Valérie Toranian. Est-ce dans cette peur-là qu’il faut chercher les raisons de la convergence entre ce journaliste du Monde et la réacosphère ?

    4 juillet : sondage immigration et islam au “Monde”

    Une autre séquence dans le quotidien du soir interpelle. Le 4 juillet, est publié un sondage sur l’immigration et l’islam commenté par l’éditorialiste Gérard Courtois sous le titre : Immigration et islam, sujets toujours clivants en France. (9) Voici quelques exemples des questions de ce sondage. 1. « Diriez-vous qu’il y a trop d’étrangers ? » 2. « Les immigrés font-ils des efforts pour s’intégrer ? » 3. « Diriez-vous que la religion musulmane est compatible avec les valeurs de la république française ? » 4. « Diriez vous que l’islam cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres ? » Tout est à l’avenant. Evitée de justesse la question chiraquienne « Le bruit et l’odeur vous gênent-ils ? »

    On voudrait relancer la guerre identitaire pour faire diversion à la veille du débat sur les ordonnances sur le Code du travail qu’on ne s’y prendrait pas autrement. D’autant qu’en la matière la presse mainstream a un savoir faire. Les multiples débats sur le voile qui ont fait l’objet de centaines de Unes ont toujours eu lieu en même temps que les offensives antisociales les plus brutales (10). France télévision a déjà découvert une polémique sur le voile de la députée de Mayotte. A suivre, l’été ne fait que commencer. Pendant ce temps, les violences policières se multiplient dans un silence assourdissant. C’est sûr, la séquence médiatique de barrage contre le FN est terminée.

    (1) Sondage Odoxa pour l’Express. 20/05/2017. « [...] Manuel Valls, arrive en tête du classement des personnalités les moins appréciées, avec 54% de Français déclarant "rejeter" l’ancien Premier ministre de François Hollande. Il "surclasse" aussi bien Marine Le Pen (53%) que NicolasDupont-Aignan (48%), qui a pourtant pris 13 points dans ce palmarès en négatif depuis sa proposition d’alliance avec le FN. »

    (2) Stéphane Fouks, vice président d’Havas et coprésident exécutif de Havas Worlwide est un ami de très longue date de Valls. « Valls, Bauer, Fouks : le pacte deTolbiac” Ariane Chemin http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2012/11/26/valls-bauer-fouks-le-pacte-de-tolbiac_1795920_823448.html

    (3) « Valls par Angot : “Je ne suis pas un romantique ” http://www.liberation.fr/politiques/2017/06/26/manuel-valls-par-christine-angot-je-ne-suis-pas-romantique_1579641

    (4) « Valls quitte le PS. Y a-t-il encore une gauche républicain » http://www.revuedesdeuxmondes.fr/y-a-t-gauche-republicaine/

    (5) « La gauche déchirée par le racisme antiraciste » http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2017/06/09/la-gauche-dechiree-par-le-racisme-antiraciste_5141086_3232.html

    (6) « La fabrique du musulman, un défaut de conception ». http://www.alternativelibertaire.org/?Critique-Contre-le-racisme-restons

    (7) « En défense de H*uria Boutelja et de l’antiracisme politique ». lemonde.fr/idees/article/2017/06/19/vers-l-emancipation-contre-la-calomnie-en-soutien-a-houria-bouteldja-et-a-l-antiracisme-politique_5147623_3232.html

    (8) http://indigenes-republique.fr/le-p-i-r/appel-des-indigenes-de-la-republique/

    (9) « Immigration et islam des sujets toujours clivants en France ». http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2017/07/03/l-immigration-et-l-islam-demeurent-des-sujets-clivants-en-france_5154770_823448.html

    (10) 2003-2004. Réforme Fillon sur les retraites, polémique sur le voile à l’école et vote sur l’interdiction de signes ostentatoires à l’école publique. 2010. Loi Voerth sur les retraites, polémique sur la burqua et vote sur l’interdiction de dissimulation du visage dans l’espace public.

    https://blogs.mediapart.fr/michelle-guerci/blog/090717/valls-amrani-obono-bouteldja-les-ressorts-dune-offensive-mediatique-organisee

  • Article refusé.

    Comment Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:06 par modo

    trollage. les explications ont été données à chaque fois. Les "anti-racialistes" et les trolls n’ont pas leur place sur indymedia.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38133

      • « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique. A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.
        En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical. Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages. La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains. La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

    Jordi Vidal - Résistance au chaos - 2002

  • ’islamophobie dont se plaignent les Musulmans serait, pour Pascal Bruckner, est un racisme imaginaire ! Une énième preuve qu’il n’y pas plus apte que les « nouveaux philosophes » à remâcher les vieux clichés.

    L’haruspice a ouvert les entrailles de la société et rendu les conclusions d’une hépatoscopie minutieuse : l’islamophobie dont se plaignent les Musulmans est un racisme imaginaire ! Pour le dire en d’autres termes, ceux de Gustave Flaubert, ils se montent le bourrichon ! C’est ce que nous apprenons dans le dernier ouvrage de Pascal Bruckner[1], qui prouve une énième fois qu’il n’y pas plus apte que les « nouveaux philosophes » à remâcher les vieux clichés.

    « On a le droit, en régime civilisé, de refuser les grandes confessions dans leur ensemble, de les juger puériles, rétrogrades, abêtissantes »[2]. Chacun le sait. Alors comment faire pour imposer à notre monde civilisé, lui a su vaincre bien des « monstres, l’esclavage, le colonialisme, le fascisme, le stalinisme »[3], notre monde de droit et de raison, de pensées délicates nourries de Voltaire et de Diderot, comment faire pour lui imposer des mœurs barbares d’un autre âge ? Une possibilité : les introduire en contrebande dans le langage même de notre droit civilisé. Et c’est là que l’Islam radical, intégriste, politique, etc… a trouvé des alliés et traducteurs, « une certaine gauche halal » animée par un « amour de l’islam » où l’a mené un mélange de « haine de soi » et d’une « ancienne valeur romantique : l’exotisme »[4], et tombée « dans une idolâtrie sans failles envers le voile islamique »[5].

    Naïfs tous ces intellectuels patentés qui, à un titre ou à un autre, se sont faits les auxiliaires de l’intégrisme islamiste, pour ne pas dire les tenants de l’« islamo-gauchisme »[6] : hier Pierre Bourdieu, Michel Foucault ou Stéphane Hessel, aujourd’hui Alain Badiou, Edgar Morin ou Olivier Roy pour ne livrer que les plus connus à l’opprobre public. Ils ne se rendent pas compte, malgré les mises en garde avisées de personnages aussi éminents que Fadela Amara ou Mohamed Sifaoui, que « le voile, la burqa, le burkini représentent des instruments de conquête de l’espace public », que ce « sont des tracts qui appellent à la sédition »[7]. Ils constituent de facto une cinquième colonne de l’ennemi dans une guerre de civilisation commencée quand « majoritaire jadis au Proche-Orient et au Maghreb, le christianisme fut éradiqué par la conquête arabe, foudroyante, qui envahit l’Espagne, le Portugal, lança des incursions en France et débarqua en Italie »[8], etc. « Éradiqué », ah bon ? Sans vergogne, ces « amis des intégristes »[9] qui vont jusqu’à transformer la « culpabilité du bourreau » en « innocence de la victime »[10]. Mais malins en diable ! Ils ont trouvé, pour le compte du fanatisme islamique, le talon d’Achille de notre société européenne : la culpabilité non entièrement éteinte de l’antisémitisme. Aussi se sont-ils livrés à une double opération. La première, dans le domaine de la théorie, est un tour de prestidigitation audacieux, « la transsubstantiation » de la religion en race[11]. La seconde consiste, dans le domaine de l’activité sociale, à faire « par un monstrueux contresens », de la Shoah « un objet de convoitise : elle fascine comme un trésor dont on croit pouvoir tirer avantage, et alimente une rivalité mimétique »[12]. Il est clair que les deux opérations sont liées : la transformation des Musulmans en ethnie à l’instar des Juifs, et l’oppression corrélative des Musulmans comme ethnie à l’égal des premiers.

    Heureusement, le prêtre sociologue veille. Il est en mesure de dénoncer l’imposture. Sur la première opération, le fait est, argumente-t-il, que « les Juifs forment un peuple avant de former une religion : l’antisémitisme est par essence racialiste, il ne conteste pas le judaïsme en tant que croyance mais le Juifs pour ce qu’ils sont »[13]. Comme il écrit ces lignes en pensant aux Musulmans, il signifie en creux que ces derniers ne sont ni un peuple, ni une race, mais seulement une religion. Sur la seconde opération, le moraliste s’indigne du fait que la dénonciation de l’islamophobie par les Musulmans résulte de l’intention misérable de « transférer la dette morale de l’Europe du Juif au musulman et de renvoyer le premier du côté du colonisateur blanc, via la douleur palestinienne »[14]. Il existe donc ce qu’il faut nommer un véritable « racket sémantique »[15] commis d’un côté par « le terrorisme et l’intégrisme », constituant « deux frères jumeaux qui agissent par des moyens différents »[16], mais poursuivent le même but, et de l’autre par la « gauche halal », qui font de l’islamophobie un racisme. Honte à Edward Saïd qui a tracé « le premier, une analogie entre les Juifs et les Musulmans »[17] !

    On peut être philosophe et ignorant

    Le sacerdote croit avoir trouvé LA grande explication. Le problème est qu’elle est tout à fait démentie par l’histoire. Il prend, comme nous l’avons vu plus haut, trop de libertés avec les faits historiques parfaitement établis et incontestés au point de réviser l’histoire des conquêtes arabes comme éradication des Chrétiens, pour être crédible. Et il n’a pas réellement saisi ce que fut vraiment la France impériale, ou alors il feint de l’ignorer. Il passe aux oubliettes que la vague de ce que l’on a appelé l’« antisémitisme », plus précisément le racisme anti-Juifs, vague née à la fin du XIXesiècle en Europe, advient dans une atmosphère générale où se généralisent, sur la base d’une explication racialiste de la société, les théories de la hiérarchie des races. À l’aile la plus policée et sophistiquée de cette tendance, on trouve l’arrogance paternaliste de Jules Ferry, lui qui lance dans l’hémicycle en 1885 : « les races supérieures ont un droit sur les races inférieures », par ce qu’elles en même temps un devoir : « celui de civiliser, fût-ce malgré elles, les races inférieures » ![18] À l’aile la plus fruste et grossière, on rencontre en Algérie même, des appels à l’extermination des Arabes, dont un exemple est donné par le pitoyable Eugène Bodichon, médecin d’Alger présenté comme philanthrope par la presse coloniale qui ouvre généreusement ses colonnes à ses funestes desseins[19]. Voici comment il s’exprime au sujet des Arabes, précisément : « nous devons donc nous proposer ce but : ou disparition d’une manière quelconque de leur race, ou altération complète de son caractère national »[20]. Pour lui, « la véritable philanthropie ne doit pas souffrir de l’existence d’une race, d’une nationalité qui s’oppose au progrès, et qui régulièrement porte atteinte aux droits généraux de l’humanité »[21]. Il n’y avait pas là que simples « paroles verbales ». Une occasion ratée fut, selon lui, la disette de 1845-1846 dont il reprochait à Bugeaud ne pas avoir profité pour donner un petit coup de pouce au destin : « À notre volonté, cent mille âmes des provinces d’Alger et d’Oran succombaient, il y a quelques mois. Pour cela, il suffisait d’interdire rigoureusement la vente de céréales et autres substances alimentaires. »[22] Notons que l’Algérie occidentale n’eut pas besoin de cette « volonté » pour que, sous l’effet civilisateur des colonnes infernales de l’armée française, elle ne perdît que la moitié de sa population entre 1830 et 1847 !

    C’est dans cette atmosphère intellectuelle racialiste et socialement carrément raciste qu’est complété en 1881 le Code de l’indigénat, lequel distingue en Algérie deux catégories de Français : les uns, citoyens français, auxquels ont été adjoints les Juifs en vertu du décret Crémieux et dont le statut est étendu par le jus soli à tous les Européens en 1889 ; les autres, sujets français, les Musulmans, ne possédant pas la citoyenneté et soumis à un régime discriminatoire prévoyant pour eux tout particulièrement d’iniques sanctions pénales. Il y avait donc d’un côté les « vrais Français », possédant tous les droits, et de l’autre les Musulmans, constitués en ethnie particulière, assujettie et soumise. « On ne se douterait pas, écrivait à l’époque dans la presse parisienne Ismaÿl Urbain, que l’Algérie appartient à une grande nation civilisée, régie par le suffrage universel, dont les institutions ont pour base la liberté, l’égalité, la fraternité. Nous en sommes encore en Algérie à la république des Grecs, où il y avait des citoyens dotés de tous les droits et des esclaves, des ilotes, comptés pour rien dans le règlement de la chose publique »[23].

    Il y a bien là, dans la psyché nationale, quoi qu’en pense le philosophe, ethnicisation – on aurait dit à l’époque : racialisation ‒ des Musulmans comme nous assistons, à la même époque, à l’ethnicisation / racialisation des Juifs. Même Ernest Renan se montre rétif à parler du judaïsme contemporain comme « phénomène ethnographique », en d’autres termes « de race », non au sens biologique s’entend mais ethnoculturel pour chercher à échapper à l’accusation d’antisémitisme par son collègue linguiste, Moritz Steinschneider. Il invite à voir dans ce que l’on nomme le « peuple juif », au moins pour ce qui concerne l’Europe occidentale où ils se sont largement fondu dans la culture dominante, l’expression d’une « psychologie de minorité religieuse », comparable mutatis mutandis à celle des Protestants[24]. Renan reporte en revanche, en tant que chantre du colonialisme, tous ses coups contre l’Islam qui, porté par les Arabes, reste pour lui chargé de toutes les tares de l’« esprit sémitique »[25], ce qui revient à construire pour les Musulmans ce qui est nié pour les Juifs, à savoir une homothétie entre religion et race. L’ethnicisation / racialisation des Juifs sert alors de justification rationaliste à une vague de racisme anti-Juifs qui sera portée à ses limites extrêmes par le crime de la Shoah. Elle a eu comme effet la revendication d’un ethnicisme juif, le sionisme, tel que le refus du Juif ethnique est considéré comme un racisme. Notre philosophe moraliste n’hésite pas abonder dans ce sens lorsqu’il stigmatise les « stéréotypes antijuifs de l’Europe tels qu’ils ont été formulés de Karl Marx à Hitler »[26] (sic !). Cela ne peut faire oublier que l’ethnicisation / racialisation des Musulmans constitue une des justifications intellectuelles du racisme colonial, et que dernier accompagna les conquêtes impérialistes qui entraînèrent la soumission d’une partie de l’humanité par l’autre, cette autre dont les querelles intestines menèrent l’humanité entière dans la grande guerre mondiale 1814-1945. Le crime UN réside, qu’il s’agisse des Juifs, des Arabes, des Musulmans, des Amérindiens, des Africains noirs, des Tibétains ou autres, de contrevenir à l’idée de l’unité de l’humanité.

    Les colons européens, chrétiens ou républicains « laïques » militants considèrent en ce temps-là Musulmans ou Arabes, selon les circonstances, comme une race inférieure, vouée à toutes les exécrations et à toutes les exactions possibles et imaginables. Ce qui n’empêche pas le développement en leur sein d’un profond mouvement de haine antijuive[27]. Peut-on réellement penser que chez nos compatriotes venus d’Algérie, il ne reste une once de mémoire de ce temps-là ? Et même s’ils avaient tout oublié, ceux qui se considèrent aujourd’hui comme les « vrais Français » sont là pour en marteler le souvenir et le leur faire sentir, quotidiennement. À l’instar de Marine Le Pen et de ses amis, on parle de moins en moins d’« immigration », sauf pour dire qu’elle est le vecteur du terrorisme islamiste, et l’on utilise le plus souvent le terme Islam comme euphémisme d’Arabes et de Noirs musulmans. N’empêche : pour notre penseur qui regarde l’histoire de loin, « parler de l’impact considérable de la perte de l’empire en 1962 et de la blessure narcissique qui s’en est ensuivie (Benjamin Stora) était peut-être vrai à l’époque mais ne l’est plus. Quelle “blessure narcissique d’ailleurs” » ?[28]. Faut-il s’en étonner de la part de celui qui stigmatisait il y a trente ans déjà Les sanglots de l’homme blanc[29] et affirmait que, par enchantement, la page du colonialisme était tournée en 1962 et que, de toute façon, il avait ses « aspects positifs ».

    C’est par ce qu’il sous-estime les effets de la colonisation en son temps et son inertie, dans la conscience collective de secteurs entiers de la société d’un empire déchu, que notre philosophe moraliste se croit obligé d’inventer chez les Arabes et le Musulmans une conduite singeant le Juif persécuté.

    Insulte et infamie

    Aveuglement coupable et méprisant que de penser que nos compatriotes musulmans, encore une fois de religion comme de tradition familiale, seraient victimes d’un racisme imaginaire. Insulte à leur souffrance, que de refuser à celle-ci un passé et un présent. Infamie d’insinuer que, dans leur effort pour apitoyer le gogo, ils seraient mus par « l’envie du Juif comme déporté, parangon du malheur avec Auschwitz »[30].

    Personne ne peut nier que les ravages de la bigoterie, du puritanisme et du rigorisme désuets et leur envers, l’hypocrisie, dans les sociétés du Monde islamique. Ils sont largement favorisés par le salafisme wahhabite que nos gouvernements successifs favorisent volens nolens quand ils flirtent avec la monarchie saoudienne qui est son pendant politique. Si la dénonciation de l’islamophobie n’était que la défense pavlovienne de ces défauts, on pourrait comprendre qu’elle soit taxée de fallacieuse. Mais quid des bigoteries qui se cachent derrière les « valeurs de la République », et quid de l’exclusivisme avançant sous les plis du drapeau d’une spécieuse laïcité ? Si la dénonciation de l’islamophobie ne visait que la défense du blasphème, à juste titre combattu par les Lumières et rejeté par notre droit depuis près de deux siècles, on pourrait comprendre. Sauf que le blasphème contre la religion chassé par la porte est récemment revenu par la fenêtre sous la forme de l’« outrage au drapeau » ou à l’« hymne national ». Sauf aussi que nous vivons dans un monde globalisé où, non seulement par la rencontre physique des populations de plus en plus mélangées, mais encore et surtout par la télévision, toutes les croyances et les mœurs se côtoient et peuvent se télescoper si nous n’y prenons garde. C’est ce que l’on fait en trainant dans la boue les symboles qui sont au cœur des identités sociales et religieuses, pour les uns comme pour les autres. C’est ce que l’on fait lorsque l’on demande à l’Islam de devenir invisible, sans minarets et sans voiles. Mais peut-être qu’accepter davantage les minarets diminuerait le besoin de faire, chez une partie des femmes musulmanes, du voile une affirmation identitaire.

    On peut ne pas aimer les doctrines islamique, judaïque, chrétienne, et même détester la Tora, l’Évangile ou le Coran, tout comme le l’Existentialisme, le Socialisme, l’Athéisme ou tout autre école de pensée. Mais il ne s’agit pas de cela. Ce qui pose problème, c’est que l’on feint de ne retenir dans la dénonciation de l’islamophobie que le refus de critiquer la religion islamique par ceux qui font de ce terme « le nom d’une blessure narcissique inversée en rancœur »[31]. Certes, il est difficile pour toute religion comme pour toute croyance de se voir critiquée, et il y a dans la religion et dans les sociétés islamiques une foule de gens qui acceptent les appels de courants refusant tout dialogue et d’autres intolérants, voire fanatiques et plus encore. La preuve n’est pas à faire. Mais cela n’est pas propre à l’Islam, aujourd’hui même. Encore serait-il important de saisir, dans ces réactions, la part qui revient au résultat des agressions impérialistes des pays d’Europe, comme orientale, Russie comprise, et d’Amérique du Nord : ont-elles cessé ? non, elles perdurent, et comment !

    Ce qui pose problème, c’est d’abord, dans la critique de l’islamophobie, la négation du poids politique qu’a de nos jours, un siècle après la loi de 1905, la revendication de mettre la religion islamique sous la tutelle de l’État, comme si celle-ci n’était pas une incitation, voire une provocation à la révolte de citoyens pour qui la loi se doit d’être la même pour tous ! C’est surtout qu’il y a, dans le refus de ce terme, le déni de l’ethnicisation / racialisation réelle faite de l’Islam dans la psyché nationale, phénomène qui un résultat de l’histoire. Il est facile, sinon pervers, de mettre ce phénomène à la charge de la religion islamique qui, selon le préjugé répandu par nombre d’orientalistes et islamologues, serait incapable de distinguer pas religion et société, et ne retiennent de l’Islam, pour étayer une telle assertion, que ses tendances le plus partisanes et excessives dans lesquelles la masse des Musulmans ne se reconnaissent pas. Ce phénomène d’ethnicisation / racialisation et son corollaire, la hiérarchisation exclusiviste et raciste, possède des racines intellectuelles profondes dans la pensée européenne, comme nous l’avons vu dans la longue élaboration de la pensée raciste, et de solides fondements institutionnels, comme nous l’avons relevé avec le Code de l’indigénat.

    « L’on doit moins redouter la virulence des fous de Dieu que la virulence de la haine que nous nous portons et qui commande de nous soumettre, écrit notre philosophe moraliste. À l’évidence un continent qui ne s’aime pas ne peut être aimé des autres et prépare moralement sa disparition. Il peut être colonisé par ce qu’il et devenu mentalement colonisable »[32]. On a compris : lui qui dénonce en théorie l’ethnicisation / racialisation de l’Islam, est bien en fait un des porte-voix de cette islamophobie ethnique qui évoque avec Renaud Camus le spectre du Grand remplacement, ou avec Michel Houellebecq celui de la Soumission.

    https://blogs.mediapart.fr/roland-laffitte/blog/130217/lislamophobie-un-racisme-imaginaire

  • Déchiquetage de l’idéologie PIRiste à partir d’une critique acérée du livre "Les Blancs, les Juifs et nous" - d’H0uria B0uteldja Extrait des Émissions : Pour une critique de l’idéologie IDENTITAIRE A écouter et méditer avant de relayer et soutenir le PIR et ses affidés....

    https://vosstanie.blogspot.fr/2016/10/dechiquetage-de-lideologie-piriste.html

    Nous avons toujours combattu les conceptions "ethniques" de la question sociale ceci de la Nouvelle Droite à la gauche républicaine (ou le voile et le drapeau tricolore font bon ménage...)

    Que celle-ci se nomme maintenant "race sociale" ou s’invite de nouveau en légitimant la "race" (voir le propos "notre race existe") ou le concept de "race" comme grille d’analyse et comme conception de la lutte "totale" contre ce monde n’est pas simplement insupportable c’est inacceptable. Comme cette pseudo neutralité qui renvoie dos à dos les "débats". Nous ne palabrerons pas avec les néo-racistes d’Alain de Benoist à H0uria B0uteldja.

    S’il y a bien "racisation" (comme ethnicisation) de la question sociale, les promoteurs de celle-ci le font avec des catégories (positives) et des pratiques les plus réactionnaires.

    Dont acte.

    Nous serons présents pour défendre nos camarades et compagnons.

    Contre toutes les "races", les "séparatismes" et les "entrepreneurs" souteneurs en éthno-différencialismes....nouvelle manière, et aux vielles méthodes et vieux concepts putrides du stalinisme.

  • Depuis les attentats, on voit déferler un « retour » de la haine raciale la plus décomplexé caché sous les apparats de la beauferie et de la bonne morale : liberté d’expression, défense de la culture moderne, rejet de la barbarie. Depuis des années un virage intellectuel s’opérait. Riposte laïque incarne un paroxysme de cette nouvelle manière d’être un raciste respectable, un raciste qui rejette l’obscurantisme et le communautarisme des autres. PS, LR et FN défendent en effet la laïcité et les valeurs universelles contre les ténèbres. Mélenchon se déclare ouvertement « islamophobe ». Bref la mode est au racisme et on n’hésite plus à se mettre au goût du jour même dans des milieux ou jusque là c’était plutôt mal vu… Rien d’étonnant à ce que cette vague pénètre l’extrême-gauche et les milieux anarchistes et autonomes. Bien heureusement, cette vague reste presque anecdotique, même si le peu de surfers quel charrie restent tous assez affligeant

    Racisme anarcho gauchiste : panorama d’un micro-monde burlesque

    Au départ curiosité presque risible ce courant aussi étonnant que marginal tente aujourd’hui d’exister. Déjà des intellectuels de supermarché pseudo libertaires comme Onfray ou Michéa ont servi de caution nanar au racisme mainstream. Il y a bien sûr des franchouillards à la FA qui dès le « bal tragique cher Charlie » s’étaient mis du coté des tirailleurs xénophobes armés de crayon, au garde-à-vous, en vociférant à qui voulait l’entendre leur soutien sans faille. On voit aussi des groupes paillards de la CGA (le groupe Albert Camu, ca ne s’invente pas) qui prennent le même revers. Ils ont décidé de créer l’Organisation Anarchiste sans doute en référence à une organisation homonyme d’antan connu pour son antisémitisme et son rejet de la franc-maçonnerie. Autre époque, autre mœurs l’OA est désormais l’organisation officielle des nanarchistes islamophobes et qui s’assument comme tel. C’est donc dans cette atmosphère d’apéro saucisson pinard que nos explorateurs des théories farfelues entendent se lancer dans l’ultime croisade. Mais, bien que moins nombreux, les plus braillards et de loin les plus amusants, se sont les fantaisistes qui prétende émerger de « l’autonomie radicale » : non fides et discordia pour les anarcho identitaire et vostanite, garap et racialisateur go home (scission pro colonial du rca) pour les ultra rouge brun. Ravage édition, qui avait déjà affligé pour sa xénophobie, s’est fait virer d’infokiosque et leur sert de maison d’édition. Des ruines est leur journal. Même si ils multiplient les publications et les coquille vide pour se donner les apparats d’être autre chose qu’un microcosme groupusculaire, personne n’est dupe… ils sont 4 pelés à se ronger l’os nerveusement. Personne ne pourra nous accuser de jouer les « journaflic » pour avoir ouvertement dépeint ce micro monde tant leur inactivité (hors obsession raciste) désabuse jusque aux policiers les plus zélés.

    On pourrait évoquer les cautions intellectuel de la démarche tel que les dépouilles du situationnisme tendance réactionnaire chiant, le florilège de blog culturalo-libertaire ou autres « écrivains libertaire » à la réputation sulfureuse (pro pédophile et négationniste repentit), tous aime à se rouler dans la haine ethnocentriste dés qu’ils peuvent en avoir l’occasion.

    Il existe bien sur certaines divergences entre les micros sectes, et les gourous ne sont pas unanimes. Certains condamnent l’islam au nom de la défense du féminisme (comme il est convenu de le faire a la télé) certains, plus populistes encore, condamnent le féminisme. Il en est de même avec l’antisémitisme : les plus avisés feront ce qu’il est d’usage cher les colons bien pensant : utiliser la lutte contre l’antisémitisme pour développer l’islamophobie, les plus archaïques (mais plus conséquent dans leur logique) considéreront la notion d’antisémitisme comme « racialiste » (ils sont heureusement peu nombreux). Ces deux factions ont d’ailleurs déjà commencé à se taper entre eux (tant mieux !).

    Mais qu’est ce qu’il leur a pris ? Comment ces micro-sectes qui jusque la n’avait que la réputation d’apathiques asociaux ont pu dériver vers le populisme ? C est que l’anti anti-islamophobie, l’anti anti-fachisme, l’anti anti-impérialisme voir pour les plus illuminés l’anti-féminisme est devenu pour eux les ultimes apparats d’une posture propre aux errements d’une radicalité imaginaire et sans cause. La posture et la radicalité verbale leur servent de démarcation presque aristocratique. La misanthropie constituait le minimum de la panoplie des anarcho-tristes et autres gaucho-chiants (bien au delà de ce petit groupe malheureusement). Ce nouveau style verse maintenant dans le populisme crasse. On espère que la mode va tourner et qu’on verra les singes savants et leurs perroquets adopter de nouveau déguisements moins nauséabonds.

    Des arguments Massu : les arguments d Aussares ?

    Comment peuvent t’ils distorsionner une pensée anarchiste ou communiste plutôt connu pour son ouverture aux autres en une arme de xénophobie ? Il fallait en effets des argumentaire solide à leur saillis littéraire abondante.

    - Être contre l’islamophobie c’est soutenir l’Islam des ayatollahs des frères musulmans et du CCIF, la culturalisassions du débat politique, c’est faire le jeu du « retour du religieux » et de son obscurantisme, c’est encourager Daesh. C’est se faire l’ennemi des communistes et anarchistes ou autres critiques vis-à-vis de l’islam dans des pays de culture musulmane. C’est une hérésie a l’orthodoxie athéiste a la quelle il faut croire…
    - Entre contre le racisme c’est reconnaitre l’existence des races, c’est être « racialiste » c est soutenir le PIR, c’est abandonner la lutte de classe au profit d’une posture victimaire et acritique qui n’existe pas en vrai car les races n’existe pas… C’est être l’idiot utile de SOS racisme. C’est abandonner la critique de l’exploitation au profit de la critique intégrationniste de la discrimination, c’est sombrer dans l’essentialisme des heures les plus sombres.
    - Être contre l’impérialisme c’est soutenir les Khmer Rouge, Poutine et Bokassa c’est abandonner la lutte de classe au profit d’une posture victimaire et a critique du « colonisé » qui n’existe pas en vrai car l’impérialisme n’existe pas… la division internationale du travail non plus… C’est soutenir les états, les partis et les chefs de guerre du tiers monde.

    C’est donc fort de ces trois argument que nos identitaires se lance à l’assaut de leur ennemi imaginaire les « racialistes » et autres « religieux ».

    Que dire ? Il est évidant que ce qui est profondément nié, ce qui leur est impossible à accepter c’est de se voir comme des bouches nourries de l’impérialisme (comme nous tous ici, les migrants ne viennent ils pas ici pour prendre leur part du gâteaux que « nous » consommateurs moyens, nos états et son RSA, son SMIC, ses lois sociales et son armée, pillons chez eux ?), des privilégiés, des xénophobes ras du front (ca c’est pas tout le monde ici , c’est un choix qu’ ils ont fait), des évangélisateurs laiquards, des modernistes conquérants. Ce qui est étonnant c’est que la nature des fantasmes qu’ils projettent sur le milieu est similaire à celle que les pires théoriciens du grand remplacement ou de la menace djihadiste projettent sur les classes populaires. Leur source d’inspiration est somme toute assez vulgaire.

    Pour ce qui est de leur littérature abondante, souvent caustique, il faut le reconnaître. Ce qui est peut-être le plus tumultueux c est l’esthétique populo clouscardienne face à la « post modernité universitaire ». L’anti intellectualisme est toujours salutaire, nous savons pourtant qu’il faut le manier avec précaution. Enfin alors que le milieu radical a su éviter les illusions d une « post » modernité culturaliste et libéral à la sauce « cultural studdy » ou « Foucault markéting », leur velléité à toute attaque de la modernité ne reflète en réalité que leur propre « ethnocentrisme qui s’ignore » sous les apparats de « l’universalisme abstrait ». Ils défendent, en somme, l’identité européenne et universelle du progrès conquérant. Rien de bien nouveau sous le soleil de fRance, il suffit d allumer la télé pour regarder Luc Férry , Soral ou Zémour porté ce genre de sous analyse. Leur seule « critique », leur unique différence d’avec la pensée dominante ce serait que les frontières et catégories des états, cultures ou religions divisent la sacro-sainte humanité universelle. Des modernistes de gauche en somme. Ce qui est surprenant c’est que leur peur de « l’identité comme essentialisation » les rattache a cette post modernité qu’ils détestent tant… le paradoxe n’effraie pas les con.

    Nous autres, somme du coté du négatif, pas besoin d’idéologie du progrès pour attaquer l’ennemi. La haine qu’expriment les opprimé-e-s à l’encontre des profiteurs, des complices et des tièdes ne nous fait pas peur, elle nous stimule. Voila ce qui nous différencie à coup sûr de ces citoyennetés qui s’ignorent, comme qui dirait « Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux. »

    Les hauts faits d’arme des « chasseurs de racisé·e·s »

    Il faut rendre justice au courage de nos explorateurs de la radicalité fictive, ils pratiquent l’action directe.

    Ils ont osé se dissocier de la marche de la dignité. Ils ont eu le courage de dire « tout haut ce que tout le mode pence toux bas ». Ceux qui marchaient contre le racisme et les violences d’Etat serait du coté de la « lutte des races contre la lutte des classes ». Les chiens de garde insultent à grand renfort d’affiche a la con en papier glacé, heureusement arraché ou recouverte par des hommages à Zied et Bouna. Ils auraient pu aller au fond de leur propos et affirmer que la marche de la dignité était une marche de « raciste anti blanc » comme il est de bon ton de la définir un peu partout …

    Ils ont osé en plein mouvement (chacun ses priorités) s’attaquer (tags, intimidation, « blague » raciste) au groupe non-mixte de l’université P8 Saint Denis déjà décrié par la Licra, l’assemblée nationale et l’extrême-droite.

    WOUAW !!!

    Que peut-on dire de leur acte dans le concret ? On ne peut que constater leur rejet de l’auto organisation / autonomie des prolétaires immigrés qui devraient être, selon eux, encadré par des civilisateurs anarcho-gauchiste sans origine ni identité car universels.

    Pour beaucoup, il est très difficile de ne pas voir leur fait de guerre comme de simples « agressions » soft, d’analyser leur geste comme l’appendice libertaire d’un racisme larvé et somme toute banal.

    Paranoïa, calomnie et victimisation

    Le milieu « autonome » serait selon ses détracteurs identitaires, remplis de religieux, de post modernes et de racialistes. Il est évident que la nature obsessionnelle de l’accusation les pousse à combattre des fantômes qui n’existe que dans leur tète. Ils sont inquiets, font des scandales dans des squats, des réunions ou des fêtes, obséder par le moyen de provoquer un conflit, de dépister et de condamner… Ils font des procès en sorcellerie a toutes et tous. C est une inquisition sans les moyens de l’être…

    Pourtant, personne dans nos milieux ne prétend abandonner la lutte de classe au profil de la race, personne ne défend l’obscurantisme religieux… Ils se marginalisent donc tout seul en calomniant à tour de texte long ou se ridiculisent à coup de tractation malhabile.

    En s’attaquant à tout le milieu autonome, ils ne s’y sont pas fait des amis. Le fait est que tout le monde déteste ces anarcho-identitaires. Tout le milieu a mis, spontanément, un peu partout, comme un cordon sanitaire autour d’eux, ils sont ostracisé, ou essuient les railleries, les moqueries. On les voit se séparer peu à peu d’amis de longue date. Leurs coups d’éclats et leur comportement ne les ont pas aidés. Bien sur il y a eu quelque soutien en province, mais ceux qui ont fait allégeance, peut être par chantage affectif, souvent ne connaissent pas l’embrouille et beaucoup se repentent déjà de s’être mis à défendre des racistes.

    Personne ne sait qui a attaquer leur librairie a la con où personne ne va jamais, a part visiblement pour casser soit des vitrines, soit du sucre sur le dos des musulmans. Ce non lieu est une sorte de nouvelle Vielle Taupe (on retrouve dans ce micro monde pas mal d’ancien plus ou moins repentit) qui a troqué l’antisémitisme pour l’islamophobie. ils sont cramé et le resteront pour longtemps

    On comprendra toutefois que les réactions officielles doivent laisser place à une certaine solidarité de façade (sans mauvais jeux de mots) « on ne peut pas casser comme ca des vitrines d’une libraire anarcho-identitaire ». On remerciera toutefois les « mutus » de nous avoir épargné le flot de bassesses qui accompagne chacune de leur déclaration pour ne publier, discrètement, que ce que « la neutralité » impose : le strict minimum. Toutefois, s’il y a une critique à faire de ce cocasse bris de vitrine c’est qu’il a servis à faire un coup de pub. L’audience des ces zigotos a été démultiplié depuis qu’ils ont su s’adonner au racisme le plus immonde… il suffit de versé dans le populisme pour faire du buzz mais la posture de victime en plus … ca c’est tip top… Bien sur personne ne participe a leurs débats « ouvert », a leur tentative de « médiation » par peur d être assimilé a eux voir même d’apparaitre comme trop complaisant. En somme ils se brouillent tout les jours un peu plus avec le peu de gens qui les considèrent autrement que comme de simple raciste a éviter.

    Le plus amusant est aujourd’hui de les voir se diviser : même un des fondateur de la Discordia a quitter le groupe de quatre personne qui l’animaient, tant l’obsession de ses camarades lui semblait insupportable.

    Mais qu’est ce que on va faire avec ces vieux coqs et jeunes oies édifiantes ?

    L’heure n’est pas à une escalade de violence, ni à essayer de tuer les cadavres. A quoi servirais de renforcer un ostracisme déjà presque unanime ? On ne pourrait que les renvoyer à leurs propres obsessions. Non, il faut les aider !

    Oui, on a tous dans notre famille ou au travail des personnes qui dérivent, qui croient au illuminatis ou aux reptiliens. Et bien non, on ne pourra pas abandonner ces personnes à la merci de la haine raciste et du confusionnisme abscons. Comme qui dirait : « On vous aidera avec bienveillance, on ne vous laissera pas tout seul face à votre bêtise ». Avec le temps de l’eau passera sous les ponts peut être nous oublierons, peu être même nous pardonnerons…

    Des personnes sans couleurs car universelles, universitaires bourgeoises, hooliganisés, qui fantasment sur les banlieues et veulent se convertir a l’islam, car victimes de « la haine de soi » propre au post moderne illusionnés par une fausse critique compatible avec les idéologies de l’état du capital.

    PS : Nous somme des lâches anonymes, des loups solitaires en plein processus de radicalisation (appeler tout de suite Stop Djihadisme au 0 800 00 56 96 )

    https://grenoble.indymedia.org/2016-09-19-Surfer-sur-les-vaguelettes-de-la

  • Si aujourd’hui dans le milieu toujours plus décomposé la norme est au ressenti, à cette dictature latente des affects, des subjectivités émotives, de l’étalage de ses fragilités, de la victimisation et de l’hystérisation de la politique...

    https://lechatnoiremeutier.noblogs.org/post/2016/11/04/publication-la-race-a-coup-de-poing-americain/
    Déchiquetage de l’idéologie PIRiste à partir d’une critique acérée du livre "Les Blancs, les Juifs et nous" - d’H0uria B0uteldja Extrait des Émissions : Pour une critique de l’idéologie IDENTITAIRE A écouter et méditer avant de relayer et soutenir le PIR et ses affidés.... https://vosstanie.blogspot.fr/2016/10/dechiquetage-de-lideologie-piriste.html

    Nous avons toujours combattu les conceptions "ethniques" de la question sociale ceci de la Nouvelle Droite à la gauche républicaine (ou le voile et le drapeau tricolore font bon ménage...)

    Que celle-ci se nomme maintenant "race sociale" ou s’invite de nouveau en légitimant la "race" (voir le propos "notre race existe") ou le concept de "race" comme grille d’analyse et comme conception de la lutte "totale" contre ce monde n’est pas simplement insupportable c’est inacceptable. Comme cette pseudo neutralité qui renvoie dos à dos les "débats". Nous ne palabrerons pas avec les néo-racistes d’Alain de Benoist à H0uria B0uteldja.

    S’il y a bien "racisation" (comme ethnicisation) de la question sociale, les promoteurs de celle-ci le font avec des catégories (positives) et des pratiques les plus réactionnaires.
    Dont acte.
    Nous serons présents pour défendre nos camarades et compagnons.
    Contre toutes les "races", les "séparatismes" et les "entrepreneurs" souteneurs en éthno-différencialismes....nouvelle manière, et aux vielles méthodes et vieux concepts putrides du stalinisme.

  • « En dehors du fait que l’émergence d’un antiracisme politique constitue une menace pour la stabilité des rapports raciaux au sein du gauchisme , cette émergence a aussi fait de ce sujet une thématique politique incontournable. Il faut donc s’y positionner le plus rapidement possible, quitte à donner la parole à n’importe qui, quitte à ce qu’il dise n’importe quoi, et d’ailleurs tant mieux : plus c’est polémique et plus ça buzze.

    On a donc pu voir une partie des milieux libertaires se mettre à discuter le plus sérieusement du monde des racialisateurs, sur la base de textes écrits par des personnes parfaitement ignorantes du sujet, au mépris de tout le travail déjà réalisé par des personnes concernées et des antiracistes sérieux.

    On surfe ainsi sur l’effet de mode pour produire du bavardage dans lequel on ne dit rien parce que le but n’est pas d’élaborer une méthode, ni même de produire un contenu, mais d’occuper une place. »

    Blog Mignon chaton, article « Pour en finir avec le terme « racialisateur » ».

    Introduction :

    Si pendant près de dix ans, l’extrême-gauche, les anarchistes et les autonomes ont évolué en parallèle du développement de l’antiracisme politique, nous observons que des cultures politiques différentes se sont rencontrées récemment dans le cadre de la dénonciation de l’état d’urgence et de l’islamophobie, et que les convergences sont maintenant fréquentes dans la lutte contre les crimes policiers.

    Le succès de la marche du 19 mars - qui, selon les organisateurs, a rassemblé plus de 20 000 manifestants contre le racisme et les violences policières malgré le silence des médias dominants - est l’un des signes du rapprochement entre différentes réalités militantes, et de la prise en compte croissante du racisme d’État par ceux qui ne le subissent pas directement. Le contenu de l’appel a participé à cette convergence. En effet, celui-ci mentionnait les crimes policiers, les rafles de migrants, la prise pour cible des musulmans dans le cadre de l’état d’urgence, la persécution par la police des noirs, des arabes et des rroms, mais aussi la répression du mouvement contre la loi travail et les attaques contre ceux qui soutiennent la ZAD, ce qui fut interprété par beaucoup d’entre nous comme une main tendue.

    C’est en parallèle de ces rapprochements, et probablement en réaction, qu’une poignée de militants a mis en place une campagne de dénigrement de l’antiracisme politique, sur fond de négation du racisme structurel. Ainsi, nous avons pu, ces derniers mois, voir circuler à Rennes un pamphlet intitulé La race comme si vous y étiez !signé des « amis de Juliette et du Printemps ». La cible de cet ouvrage n’est autre que l’antiracisme politique, ici renommé « racialisme ». Aussi surprenant que cela puisse paraître, la thèse centrale de l’ouvrage consiste à affirmer que l’antiracisme serait « racialiste » quand il ne se limite pas à l’affirmation que « les races n’existent pas » mais qu’il prend en compte les effets du racisme, la racialisation des rapports sociaux et les différentes assignations qui en découlent.

    Si le Parti des Indigènes de la République (PIR) et sa porte-parole, sont les principales cibles du livre, ses rédacteurs ne cachent pas leur opposition à tous ceux qui « considèrent qu’ils n’ont rien à voir avec le PIR mais s’appliquent à en utiliser les catégories et la novlangue » (page 216). Comme le disent eux-mêmes les rédacteurs de La race comme si vous y étiez, « au delà des outrances de l’égérie du PIR, c’est bien aussi à l’ensemble de ces milieux qui lui servent de près ou de loin de caisse de résonance que ce livre entend s’opposer » (pages 218-219), le principal reproche fait à « ces milieux » étant la reprise du concept de « race » pour penser les rapports sociaux liés au racisme structurel et au continuum colonial en France.

    Dans la même dynamique, dans le contexte de l’appel à la marche du 19 mars pour la justice et la dignité, une publication de 4 pages intitulée « Contre le racisme, contre l’État, sa police et sa justice » fut diffusée à Rennes dans un rassemblement de soutien à cette manifestation, et utilisée à l’université Rennes 2 pour recouvrir les affiches de la marche pour la justice et la dignité. Si le titre de ce texte proclame la nécessité de lutter « contre le racisme », nous observons que le seul propos de ses auteurs, qui signent « Communistes tant qu’il le faudra, pour la fédération des comités « la vérité  ?! : la justice nique sa mère » » consiste en un dénigrement des collectifs « Vérité et Justice », et de l’antiracisme politique. Selon ces quelques militants, que l’on a connus mieux inspirés à une époque pas si lointaine, l’antiracisme politique serait à combattre, puisqu’il serait « racialiste » d’analyser les rapports sociaux liés au racisme. Par ailleurs, pour ces personnes que nous avions considérées comme des camarades de lutte, toute prise en compte de l’expérience du racisme dans la constitution des subjectivités devrait être dénoncée comme « ethno-différentialiste ».

    Si beaucoup de personnes investies dans les luttes à Rennes, dont nous, ont jusqu’alors opté pour un silence méprisant à propos de ces campagnes de dénigrement qui masquent mal une ignorance réelle de ce que sont les rapports sociaux liés au racisme, le caractère de plus en plus public de ces discours nous pousse à exposer le plus précisément possible les ressorts argumentatifs utilisés par ceux se définissant comme « antiracialistes » ou « antiracialisateurs », en espérant mettre un point final à leurs élucubrations.

    Si les discussions stratégiques ou les débats relatifs à telle ou telle position d’un collectif antiraciste sont légitimes, nous verrons, en relisant les écrits et en analysant les arguments développés par les pourfendeurs de l’antiracisme, que la lutte contre un soi-disant « racialisme » découle d’une sous-estimation des effets du racisme et du colonialisme. Aussi, nous verrons en quoi la diabolisation de l’antiracisme politique et la référence à une vision fantasmée du marxisme (réduit à la seule lutte de classe, laquelle serait menée par une classe ouvrière qui risquerait d’être « divisée » pour peu qu’on en souligne l’hétérogénéité) masque mal une absence d’analyse de stratégie.

    […]

    https://nantes.indymedia.org/articles/37534

      • « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique. A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.
        En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical. Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages. La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains. La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

    Jordi Vidal - Résistance au chaos - 2002

  • Déchiquetage de l’idéologie PIRiste à partir d’une critique acérée du livre "Les Blancs, les Juifs et nous" - d’H0uria B0uteldja Extrait des Émissions : Pour une critique de l’idéologie IDENTITAIRE A écouter et méditer avant de relayer et soutenir le PIR et ses affidés....

    https://vosstanie.blogspot.fr/2016/10/dechiquetage-de-lideologie-piriste.html

    Nous avons toujours combattu les conceptions "ethniques" de la question sociale ceci de la Nouvelle Droite à la gauche républicaine (ou le voile et le drapeau tricolore font bon ménage...)

    Que celle-ci se nomme maintenant "race sociale" ou s’invite de nouveau en légitimant la "race" (voir le propos "notre race existe") ou le concept de "race" comme grille d’analyse et comme conception de la lutte "totale" contre ce monde n’est pas simplement insupportable c’est inacceptable. Comme cette pseudo neutralité qui renvoie dos à dos les "débats". Nous ne palabrerons pas avec les néo-racistes d’Alain de Benoist à H0uria B0uteldja.

    S’il y a bien "racisation" (comme ethnicisation) de la question sociale, les promoteurs de celle-ci le font avec des catégories (positives) et des pratiques les plus réactionnaires.

    Dont acte.

    Nous serons présents pour défendre nos camarades et compagnons.
    Contre toutes les "races", les "séparatismes" et les "entrepreneurs" souteneurs en éthno-différencialismes....nouvelle manière, et aux vielles méthodes et vieux concepts putrides du stalinisme.

  • 20 septembre 01:10

    Pour rappel, le 28 octobre 2016 à Mille Bâbords, un groupe de personnes racisées s’est organisé pour empêcher une « discussion » animée par des auto-dénommés « anti-racialisateurs » (cf leurs textes1) autour de ce qu’ils appellent les dangers du « racialisme ». C’est le paroxysme d’un confit qui dure depuis deux ans et qui s’est traduit notamment par des départs des collectifs de Mille Bâbords et de Mars Info à Marseille, mais aussi du Rémouleur à Paris.

    Nous ne souhaitons pas nous adresser aux « anti-racialisateurs ». Nous nous adressons plutôt ici à toutes les personnes qui ont participé à la diffusion de leurs idées, et à celles qui n’ont pas été choquées par leurs publications sur des sites d’info et d’organisation politique. Nous ne pouvons que constater que ces personnes sont à notre connaissance toutes blanches et que cela n’est pas anodin, même si, bien sûr, loin de nous l’idée de déduire leur position de leur couleur de peau.

    L’arrogance avec laquelle la « polémique » a été écrite, dite, publiée est impressionnante : sans prendre le temps de se taire, d’essayer de comprendre, d’écouter ce que les personnes concernées ont à dire de l’oppression qu’elles vivent.

    Il nous semblait nécessaire, en tant que blanches, féministes et dans une perspective révolutionnaire, de nous désolidariser de ce milieu politique qui n’a pas su intégrer dans ses luttes les analyses post-coloniales (et parfois aussi féministes). D’expliquer, une fois de plus, que ces « anti-racialisateurs » et ceux qui diffusent leurs idées ne peuvent pas être nos camarades.

    Le contenu de ce texte est sans prétention, il redit de manière succincte des choses beaucoup mieux développées par des personnes directement concernées par le racisme et qui ont passé beaucoup plus de temps à analyser cette domination, à lutter contre.

    DE L’USAGE DU TERME « RACE » ET DE PRIVILÈGE

    Il semblerait que le refus systématique d’utiliser les termes de race/ racisé.es soit dû à un malentendu tenace, à un manque de curiosité intellectuelle, ou bien encore à une mauvaise foi impressionnante et exaspérante. On a lu quelque part que les personnes racisées se racisent ELLES-MÊMES. Ouaaaah !

    Alors récapitulons :

    La racisation est un processus que des personnes subissent. C’est le processus par lequel elles se voient attribuer une supposée race en fonction de certains critères physiques et/ou culturels. Dire que les personnes se racisent elles- même est le comble du contre-sens !

    Ce processus de racisation est un pivot important dans un système raciste, et nous vient de notre histoire esclavagiste et coloniale, de nos missions humanitaires etc... c’est le système de pensée « blanc » qui racise les gens, qui leur attribue des étiquettes, des particularités, et ce sont nous, les blanc.he.s, qui gardons le pouvoir de classiffier et de hiérarchiser2. On ne nous a jamais appris qu’on était blanc.he.s, on nous a dit qu’on était des Hommes, plus précisément l’Homme drapé.

    Des personnes se disant anti-racialisatrices et anti-racistes remettent en cause l’utilisation des termes de race et racisé.e. Le hic quand ces personnes parlent de race, c’est qu’elles font référence à la race qui essentialise3, la race que les scientifiques ont essayé d’inventer puis qui est tombée. De là viendrait le contre-sens...

    Sans déconner ! Nous avons trop d’estime pour les capacités intellectuelles des militant.es concerné.es pour le croire. Si ça bloque, c’est pas pour préserver LA révolution en évitant que la lutte ne soit morcelée. C’est que c’est trop difficile d’accepter de voir qu’on jouit du privilège blanc, qu’on jouit d’une place de privilégié.es dans les « mouvements révolutionnaires » et dans la société en général.

    Le privilège blanc, dans un contexte de luttes, c’est par exemple, prendre de la place en réunion sans se faire couper la parole, être écouté.e avec intérêt (et non comme faire-valoir), ne pas être renvoyé.e à ses supposées origines par ses camarades. C’est aussi moins risquer de se faire arrêter, de subir des violences policières, moins risquer devant les juges.
    Le terme de privilège décale la « normalité » de ce que vivent les personnes en position de force, qu’on appelle ici les dominant.e.s, sans pour autant que ces personnes s’inscrivent dans des rapports de force explicites ou conscients ou actifs. Malgré ce qu’on voudrait croire, être écouté.e dans une réunion n’est pas « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

    LE CAPITALISME N’EST PAS LE SEUL SYSTÈME DE DOMINATION

    À chaque fois qu’un groupe minorisé parle d’un autre système d’oppression que celui du capitalisme il se fait accuser de diviser la classe ouvrière !

    Ce reproche fait au féminisme dans les réunions du parti communiste des années 50 est devenu l’un des arguments qui justifient la publication sur internet des textes des « anti-racialisateurs » : les personnes racisées (= personnes qui subissent le racisme ) qui s’organisent ou osent tout simplement parler de leur oppression spécifique sont attaquées, ces derniers temps du moins, avec nettement plus d’agressivité.

    Observation : quand un groupe non-dominant exprime un désaccord profond, quand il veut mettre un terme à la domination qu’il subit, et qu’il s’organise pour la contrer, il se fait immanquablement traiter d’anti-révolutionnaire et de... nazi4.
    Il n’y a pas d’un côté les rapports de classe qui renvoient à l’instance économique et de l’autre le patriarcat et le racisme qui renvoient à une instance purement idéologique.

    Il y a une tendance à psychologiser, individualiser le sexisme et le racisme : une homme battrait sa femme parce qu’il est alcoolique, un français identitaire serait raciste parce qu’il est phobique de la différence, qu’il a peur de se faire envahir, ou parce qu’il croit aux théories scientifiques racialistes. Non, les rapports de classe de sexe et de race sont socialement construits, ce sont des systèmes de dominations qui s’articulent et s’alimentent entre eux, et chacun possède ses propres instances qui exploitent, dominent et oppriment. Certain.es pensent que puisqu’un homme racisé comme Obama, ou qu’une femme comme Thatcher peuvent gouverner les principales puissances mondiales, alors le capitalisme s’arrangerait bien du racisme et du sexisme. Certes, le fait de faire partie de l’élite économique met à l’abri de la violence économique. Mais, bien que ça transforme les violences sexistes et racistes, ça ne les fait pas disparaître. En témoignent les agressions sexuelles (a aire Beaupin) et racistes (insultes adressées à Taubira) subies par des femmes de l’élite politique française. Rappelons quand même que l’élite économique et politique européenne reste majoritairement composée d’hommes blancs, et que le racisme et le sexisme structurent nos sociétés, quelles que soient les politiques de « parité » mises en place, et les exceptions mises en avant.

    IDENTITÉS ?

    À ce reproche de créer la division « du mouvement » vient s’ajouter celui du repli identitaire. Les mots utilisés semblent bien tout droits sortis de la bouche de Finkielkraut. C’est assez fascinant à quel point les argumentaires utilisés rejoignent ceux des républicains laïcards, et de l’extrême droite : La peur de l’identitarisme, des communautarismes etc etc.

    Ah oui ça, ça fait peur ! Il suffitt de s’organiser de manière autonome pour voir surgir le spectre du repli identitaire.
    Le terme de « racisé.es » en l’occurence est loin de se référer à une identité, à l’inverse du terme « noir.e » ou « gouine ». Il permet de « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

    Certains usages de l’identité ne sont pas souhaitables, avant tout quand elles sont faites par les dominant.e.s, mais aussi quand elles essentialisent l’identité, quand elles produisent une victimisation ou une hiérarchisation des luttes.
    Et pourtant, poser des mots sur différentes identités permet aussi de lutter contre la moulinette qui broie à tous les niveaux, de l’exploitation salariale, à l’exploitation patriarcale en passant par l’universalisme qu’il soit républicain ou soi-disant révolutionnaire. Ces identités ne sont pas des sofas sur lesquels on s’a ale, ce sont des balises de positionnement sur la pyramide sociale, pour la dézinguer.

    Sous prétexte de maintenir l’unité révolutionnaire ou républicaine on ne peut pas lutter contre des dominations sans nommer les identités qu’elles produisent. S’il y a des personnes qui ont réfléchi et critiqué cette question d’identité, c’est bien certain.e.s anti-colonialistes, queers et féministes5. Eh oui il y a de nombreux livres passionnants à lire6 plutôt que de s’attarder sur la littérature du PIR (dont il n’est pas l’objet de faire une analyse critique ici, mais d’autres s’en chargent très bien7).

    Si vous voulez on peut s’en tenir pour l’instant à Wikipédia :

    « On parle d’identité sociale dès qu’un individu ou un groupe se voit attribuer une caractéristique identitaire par d’autres. Cette forme d’identification répond à une logique classificatoire dans la mesure où elle permet à un individu ou un groupe d’ordonner l’Autre sur la base de critères dominants. » Mon identité sociale est (entre autres choses) d’être une femme. Je suis femme c’est-à-dire que le patriarcat a décidé que j’étais une femme et se préoccupe de me le rappeler tous les jours, c’est quelque chose que je subis car cette identité me fait appartenir à une classe de dominées8.

    La société ne m’attribue pas une identité de blanche car elle ne nomme pas la norme : lorsqu’on dit blanc.he on ne parle pas d’une couleur mais de transparence sociale. Je suis pourtant blanche c’est-à- dire que le système
    raciste a créé cette différence entre non-blanc.he et blanc.he qui me permet de jouir de certains privilèges et d’exercer un pouvoir sur d’autres.9

    […]

    1 Jusqu’ici tout va bien ? entre autres textes publiés sur presque tous les sites d’infos dits alternatifs

    2 Et on peut garder en tête que « ...la division se construit en même temps que la hiérarchie et non pas avant. C’est dans le même temps, par le même mouvement, qu’une distinction ou division sociale est créée, et qu’elle est créée hiérarchique, opposant des supérieurs et des inférieurs », Classer, dominer, Christine Delphy

    3 L’essentialisation pose des différences « naturelles » , et donc indépassables, entre certaines catégories de personnes : « femmes »/ « hommes », « blanches »/ « noires », etc...

    4 C’est le point Godwin : quand on n’a plus d’arguments, on traite les gens de nazi.es, de fascistes

    5 A ce sujet, lire la synthèse d’Elsa Dorlin dans Sexe, genre et sexualité, PUF, 2008, chapitres : « le sujet politique du féminisme » et « philosophies de l’identité et praxis queer »

    6 Femme, race, classe d’Angela Davis, Black feminism, anthologie du féminisme africain-américain coordonné par Elsa Dorlin. Pour plus de spécificité en contexte « français » (puisqu’il est toujours reproché que toute cette analyse est une importation des États-Unis) : La matrice de la race, généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française d’Elsa Dorlin ; les blogs de Mignon chaton, de João, et de Mrs Dreydful ; Christine Delphy, « antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme » dans Nouvelles questions féministes n°1 ou en ligne sur le site « Les mots sont importants »...

    7 On peut lire par exemple Boutelja ses sœurs et nous sur https://infokiosques.net/lire.php ? id_article=1356

    8 Par exemple, en France le salaire moyen des femmes (qui travaillent à temps complet) est égal à 83 % de celui des hommes (source : Observatoire des inégalités). Les femmes possèdent 2% de la propriété mondiale (source : Banque mondiale).

    9 En France, les statistiques dites « ethniques » (ce terme tout droit hérité de l’héritage colonial, mais qui, lui, ne semble pas déranger les « anti-racilisateurs » et leurs sympathisants) sont interdits. On a quand même des chiffres basés sur la consonance du nom de famille : selon l’Observatoire des inégalités, plus de deux fois plus de candidatures "hexagonales" sont favorisées par rapport aux candidatures "maghrébines" (2017) dans les grandes entreprises. Et, à niveau de vie équivalent, les candidats à un logement d’origine maghrébine ou africaine ont quatre fois moins de chances d’en obtenir un que ceux d’origine française (2009).

    10 Et c’est un enjeu des luttes anti-racistes et post-coloniales de visibiliser les positions dominantes en nommant les blanc.hes

    11 C’est le fameux concept d’intersectionnalité. « Le féminisme noir critique cette tendance à se replier implicitement sur une compréhension de la domination qui prend la situation de certaines femmes pour la situation de toutes les femmes. » Elsa Dorlin, Sexe, genre et sexualités, p.85

    12 Sous le régime nazi on stérilisait notamment les juives et les femmes rroms. Ces dernières ont subit la stérilisation forcée jusqu’aux années 90 en Roumanie et aujourd’hui en France les médecins leurs installent souvent des stérilets ou des implants sans leur consentement. Rappelons aussi qu’alors que la pilule et l’avortement étaient encore interdits en France métropolitaine, aux Antilles françaises et à la Réunion on stérilisait les femmes à leur insu, et les pouvoirs publiques avortaient les femmes en toute quiétude.

    13 Cis désigne l’inverse de trans : il s’agit des personnes qui se reconnaissent dans le genre qui leur a été assigné à la naissance

    14 Audre Lorde (black féministe américaine) : « Pour provoquer un véritable effort révolutionnaire, nous ne devons jamais nous intéresser exclusivement aux situations d’oppression dont nous cherchons à nous libérer, nous devons nous concentrer sur cette partie de l’oppresseur enfouie au plus profond de chacun de nous, et qui ne connaît que les tactiques des oppresseurs, les modes de relations des oppresseurs » Sister outsider, Mamamélis p. 135

    15 Elsa Dorlin dans Sexe, race, classe, PUF, 2009

    16 Il est intéressant de remarquer qu’à la base le terme « queer » (=anormal, tordu-e) avait été choisi pour éviter justement de parler en terme d’identité (par opposition à gay ou lesbienne)

    17 On parle d’intersectionnalité pour prendre en compte les différences internes qui traversent les mouvements politiques (Kimberlé W. Crenshaw). Pour une critique et un affinage de ce concept voir Danièle Kergoat, entre autres !!

    http://iaata.info/La-race-ca-t-agace-2136.html

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