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Identités algériennes ? ( sur Kamel Daoud )
posté le 31/07/17 par Tristan Leoni, juillet 2017 Mots-clés  médias  réflexion / analyse 

Personne n’est parfait. Kamel Daoud est journaliste, écrivain et démocrate. Entre 2010 et 2016 ce sont près de 2000 chroniques qu’il publie dans la presse algérienne, principalement dans Le Quotidien d’Oran ; 182, sélectionnées pour un public français, sont regroupées dans Mes indépendances. La France n’est d’ailleurs jamais très loin, et bien des sujets semblent familiers : l’islam ; l’État islamique ; les Printemps arabes ; la démocratie (« Faut-il laisser les peuples “arabes” voter ? ») ; la Palestine (mais contre « la “solidarité” par conditionnement religieux ou “nationaliste” », et contre « l’orthodoxie pro-palestinienne que l’on ne doit jamais penser ni interroger ») ; la femme (qui « dans la nuit algérienne est une impossibilité ») ; l’occidentalo-centrisme ; les binationaux ; ou… le Québec (« le troisième pays des Algériens »).

- Tableau pointilliste d’une Algérie en ruine économique et morale, névrosée, pillée depuis 1962 par une caste dirigeante corrompue, d’un peuple de « fils de la névrose » cherchant la fuite dans le wahhabisme (comme on le ferait dans l’alcool), le suicide ou l’émigration. « Il n’y a que deux emplois dans ce pays : travailler pour l’État ou ne pas avoir de travail. Agent de sécurité ou agent d’insécurité. Manger le pétrole ou se faire manger sa part et sa peau. » Mais, si le peuple ne se soulève pas, il n’est « pas totalement couché » mais dans « une sorte de position oblique qui déroute l’analyse étrangère et introduit la géométrie dans la mathématique ».

- Une question hante ces pages : qu’est-ce qu’être Algérien ? L’État-FLN a imposé une réponse faite d’arabité et d’islam. Daoud montre à ceux qui en douteraient que rien n’est moins simple, que ce soit en matière d’ethnie (arabe et kabyle), de langue (entre arabe, algérien, kabyle et français… l’arabe comme « langue de colonisation », « langue morte » utilisée par les élites politiques et religieuses), d’unité territoriale (l’auteur découvre un Sud très différent et bien plus libre), d’influences coloniales successives, etc. Le récit national officiel, mythifié et obsédant, est construit sur cette révolution qui a libéré le pays des colonisateurs mais pas des décolonisateurs… tabous et non-dits autour de ces nationalistes algériens parfois nés au Maroc ou de parents marocains. Il faut sans doute être né en France pour avoir des certitudes sur l’identité algérienne ou sur l’arabité, cette « communauté identitaire fantasmatique »… « c’est dur d’être arabe, surtout lorsqu’on n’est pas un Arabe ».

- L’alternative qui vient, loin du traditionnel malikisme, c’est le wahhabisme. Simple et pratique, son système binaire hallal/haram offre à la population un « succédané de l’identité ». Daoud, qui a été islamiste dans sa jeunesse, décrit une Algérie progressivement dissoute dans le FIS, une « daeshisation » des esprits et un « Califat qui s’est installé dans les rues ». Les régimes « arabes » ont souvent compris « le bénéfice d’une alliance passive avec les islamistes pour féodaliser les peuples et convertir le citoyen en croyant et le croyant en serf ». Le FLN ne fait pas exception : « On ne fabrique pas un islamiste et un djihadiste lorsqu’on se révolte contre un régime. On fabrique des djihadistes quand on construit la plus grande mosquée d’Afrique et pas le plus grand pays, quand on pourchasse les couples et les libertés, quand on encourage le bigotisme et les fatwas et quand on “talibanise” les écoles et les écoliers. » Ce phénomène, qu’il compare à la montée du FN, trouve selon lui source en Arabie saoudite, ce « Daech qui a réussi » et inonde la planète d’écoles, de chaînes TV, et de livres religieux.

- Les islamistes n’aiment pas la vie, qui est pour eux une perte de temps avant l’éternité ; d’où, paradoxalement, le fait qu’ils sont ceux qui parlent le plus de sexe (sinon les seuls) en une sorte de « libido-islamisme conquérant ». La sexualité, les relations femme/homme, le corps ou le désir sont des questions particulièrement présentes dans ces chroniques. Et si Daoud est connu en milieu militant c’est peut-être par ce qu’il a écrit sur les agressions de Cologne du 31 décembre 2015, « la misère des sens dans les terres à turbans »… En l’accusant d’« islamophobie », les universitaires français confirmaient une fatwa de 2014 qui le condamne à mort (le plus grave étant sans doute qu’il ait publié son article dans le New York Times et Le Monde, et non plus dans Le Quotidien d’Oran). Et le chroniqueur de s’interroger sur le sens et l’usage des mots (« vous êtes islamophobe si vous êtes différent et que vous le dites »).

- L’intérêt de ces chroniques ne réside pas tant dans les prises de positions de Kamel Daoud, qui en Algérie passent pour subversives, mais en France sont publiées dans Le Point. Ses analyses ont surtout le mérite de nous inviter à un pas de côté, et de nous aider à aborder la réalité sous un angle inhabituel qui permet d’écarter bien des stéréotypes – apport précieux pour ceux qui réfléchissent (ou fantasment) sur les questions identitaires et religieuses en mode de production capitaliste.

https://ddt21.noblogs.org/?page_id=1626


posté le 31 juillet 2017  par Tristan Leoni, juillet 2017  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
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Commentaires
  • Défenseur de Macron.
    Chroniqueur au Point.
    Trop crédible comme mec.

  • Il faut lire :

      • L’intérêt de ces chroniques ne réside pas tant dans les prises de positions de Kamel Daoud, qui en Algérie passent pour subversives, mais en France sont publiées dans Le Point.
      • Ses analyses ont surtout le mérite de nous inviter à un pas de côté, et de nous aider à aborder la réalité sous un angle inhabituel qui permet d’écarter bien des stéréotypes – apport précieux pour ceux qui réfléchissent (ou fantasment) sur les questions identitaires et religieuses en mode de production capitaliste.
  • Pub pour Le Point sur Indymedia ? où va-t-on !

  • Fuk u !

    Les chroniques des sales-stal’ et des nationalistes sur indyBXL vous choquent pas, peu ou moins ...

  • Suite aux vives réactions suscitées par ses articles sur les événements de Cologne, Kamel Daoud a annoncé sa retraite journalistique. Une décision qui continue de faire parler, à coups de tribunes, d’éditos, de lettres ouvertes et par collectifs interposés.

    Kamel Daoud n’en est pas à son premier pavé dans la mare. Mais son dernier semble pourtant peser plus lourd que les autres… au point de faire déborder le vase.

    Dans sa tribune intitulée « Cologne, lieu de fantasmes », publiée fin janvier dans Le Monde, La Reppublica, et le New-York Times, l’auteur algérien revient sur les agressions sexuelles commises la nuit du 31 décembre dans la ville de Cologne (Allemagne).

    Accusé de relayer des idées « islamophobes », il prend finalement la décision de se retirer des médias « sous peu » pour « s’occuper de littérature ». « Je vais aller écouter des arbres ou des cœurs. Lire. Restaurer en moi la confiance et la quiétude. Explorer. Non pas abdiquer mais aller plus loin que le jeu de vagues et des médias », a-t-il écrit dans une lettre publiée le 20 février. Ironie du sort, pour celui qui venait de recevoir le prix Jean-Luc Lagardère du meilleur journaliste de l’année.

    Mais pourquoi une telle polémique ? Retour sur les tenants et les aboutissements de cette histoire qui dure.

    Qu’est-ce qui gêne dans ses propos ?

    Pendant la nuit du nouvel an, des centaines d’agressions sexuelles (dont des viols) ont été commis sur trois places publiques allemandes. Premiers sur le banc des accusés : les migrants, des hommes « issus de l’immigration », « d’origine arabe et nord-africaine ». Ces hommes n’ont pourtant pas encore tous été officiellement identifiés à la date d’aujourd’hui.

    Revenant sur ces événements, Kamel Daoud adopte, tout en restant prudent sur l’identité des agresseurs, une approche culturelle et religieuse en évoquant, entre autres, le sexe comme étant « la plus grande misère dans le ‘monde d’Allah’ ». Il met ainsi en parallèle le rapport tabou à la femme « niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée », l’Islam et l’immigration. Trois thèmes épineux, un rapprochement prédestiné à faire des étincelles.

    Ce que certains ont dénoncé suite à la publication de ces tribunes, c’est un risque de diabolisation de la communauté musulmane dans les pays occidentaux, une tendance à la généralisation et aux préjugés, qui ont déjà la vie dure.

    Dans le New-York Times, il estime qu’« aujourd’hui, avec les derniers flux d’immigrés du Moyen-Orient et d’Afrique, le rapport pathologique que certains pays du monde arabe entretiennent avec la femme fait irruption en Europe. (…) Le grand public en Occident découvre, dans la peur et l’agitation, que dans le monde musulman, le sexe est malade. »

    Qui dénonce ce qu’a écrit de Kamel Daoud ?

    La réponse ne se fait pas attendre. Le 12 février, une tribune collective intitulée « Les fantasmes de Kamel Daoud » paraît. Historiens, sociologues, anthropologues, ou encore politistes accusent Kamel Daoud de « recycle[r] les clichés orientalistes les plus éculés », d’ « alimenter les fantasmes islamophobes d’une partie croissante du public européen, sous le prétexte de refuser tout angélisme », et de « livre[r] une série de lieux communs navrants sur les réfugiés originaires de pays musulmans ».

    Parmi ces signataires, Noureddine Amara, doctorant en histoire à Oran, a ajouté : « Cologne attendait une contre-enquête, et vous nous avez livré votre théorie sur le monde. Vous faîtes le constat d’une impossibilité de savoir, mais vous plaquez à une réalité contingente une hypothèse que le génie de vos mots fait trôner en vérité irrésistible. »

    Le journaliste américain Adam Shatz, qui avait été amené à rencontrer l’auteur algérien, l’a également interpellé dans une lettre ouverte en écrivant : « C’est difficile d’imaginer que tu pourrais vraiment croire ce que tu as écrit. » C’est suite à ces accusations que Kamel Daoud a décidé d’arrêter, dit-il, le journalisme.

    Quant à l’ethnologue Jeanne Favret-Saada, elle a écrit : « Ce n’est pas que le constat qu’il établit me paraisse faux : il existe, de fait, un problème massif de relation entre les immigrés/réfugiés et les femmes des pays où ils émigrent. Mais, d’une part, Daoud l’exprime avec une insigne maladresse, en recourant aux clichés les plus éculés sur la sexualité de l’Arabe -le « musulman ». D’autre part, on ne voit pas au nom de quoi il pourrait demander, par exemple aux femmes d’Europe, de prendre sur leurs genoux des bambins « musulmans » au sexe turgescent, et de leur enseigner les bonnes manières. »

    Sur quels soutiens peut-il compter ?

    Dans Le Point, un des journaux pour lequel écrivait Kamel Daoud, son directeur Étienne Gernelle s’insurge contre « la meute et les lâches » : « C’est bien là le fardeau de Kamel Daoud : devoir supporter en Algérie les fanatiques de la religion et en France les imbéciles gaucho-régressifs. »

    Au rang de ses défenseurs, l’ex-chroniqueur du Quotidien d’Oran peut aussi compter sur l’activiste du mouvement Femen Inna Shevchenko, qui explique « pourquoi il faut soutenir Kamel Daoud », les philosophes Alain Finkielkraut et Michel Onfray, la militante Sérénade Chafik, la journaliste et écrivaine tunisienne Fawzia Zouari ou encore la journaliste Sophie Bélaïch.

    […]

    http://www.jeuneafrique.com/305399/societe/retour-polemique-kamel-daoud-trois-questions/

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