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Enfant juif caché pendant la guerre : "Avec les migrants, l’Histoire se répète"
posté le 26/08/17 Mots-clés  antifa  Peuples indigènes  répression / contrôle social  sans-papiers 

Interview de Georges Gumpel par Leslie Carretero. Publiée dans Info Migrants, le 24 août 2017.

Georges Gumpel est un ancien enfant caché pendant la Seconde guerre mondiale. La semaine dernière, avec cinq collègues de l’Union juive française pour la paix, il a conduit depuis la Roya vers Nice une quinzaine de migrants qui souhaitaient déposer leurs demandes d’asile en France [*]. Une manière symbolique de dénoncer la politique menée contre les migrants.

La semaine dernière, six membres de l’Union juive française pour la paix (UJFP) ont conduit une quinzaine de migrants tchadiens et soudanais depuis la vallée de la Roya jusqu’à Nice -pour les majeurs- puis Marseille pour les mineurs. Ces derniers attendaient depuis plusieurs jours chez le célèbre agriculteur Cédric Herrou de pouvoir déposer leur demande d’asile. Une action hautement symbolique : tous les conducteurs de voiture sont d’anciens enfants juifs cachés pendant la Seconde guerre mondiale. Parmi eux, Georges Gumpel, qui a répondu aux questions d’InfoMigrants.

Pourquoi avez-vous décidé d’accompagner des migrants à bord de votre voiture ?

Nous avons voulu nous rendre dans la Roya pour montrer notre solidarité avec les citoyens qui viennent en aide aux migrants et réaffirmer que la solidarité n’est pas un délit. Quand les habitants de la région accompagnent les migrants pour déposer leur demande d’asile à Nice, ces derniers sont constamment arrêtés et les exilés sont renvoyés à la frontière italienne, de manière totalement illégale. Nous nous sommes alors dit : ‘ce que les militants de la Roya citoyenne ne peuvent plus faire, nous on le fera’.

On a donc pris la route vers Nice puis Marseille avec une quinzaine de migrants originaire du Soudan et du Tchad. Sur nos voitures, nous avions accroché des panneaux racontant notre histoire personnelle. Sur celle que je conduisais était par exemple inscrit : ‘Véhicule piloté par Georges, enfant juif caché 1943 – 1944, fils d’Alfred Gumpel, déporté mort pour la France (…). Non, la solidarité n’est pas un délit !’.

Comment s’est déroulé le trajet ?

Nous sommes partis à 8h du matin de la gendarmerie de Breil-sur-Roya, dans les Alpes-Maritimes, avec les migrants. Ils étaient tous munis d’un papier officiel stipulant qu’ils allaient déposer une demande d’asile à Nice. Nos trois voitures ont été arrêtées à Sospel pour un contrôle d’identité. Une fois la vérification faite, nous sommes repartis jusqu’à Nice et Marseille sans encombre.

Je ne sais pas si notre présence a changé quelque chose mais si nous avions été arrêtés comme cela arrive souvent à Cédric Herrou par exemple, il aurait fallu que la police assume de mettre en garde à vue d’anciens enfants juifs cachés pendant la guerre. Ce que j’essaye de vous expliquer c’est qu’il y a une sorte de barrière symbolique envers nous : la police ne peut pas nous interpeller alors qu’on vient en aide aux personnes persécutées. Car c’est exactement la même histoire que la nôtre !

C’était important pour vous symboliquement de transporter ces migrants ?

C’est une action symbolique forte car, selon moi, l’Histoire se répète sous des formes différentes : les victimes et les méthodes changent mais le résultat est le même. Le refus des juifs dans les années 40 est identique à celui que connaissent les migrants en ce moment. On les parque, on organise des rafles et on juge de simples citoyens qui leur viennent en aide. Comment ce qui était juste et honorable hier, est aujourd’hui criminel ? On ne peut pas organiser des cérémonies officielles pour honorer les Justes et arrêter ceux qui portent assistance aux migrants. C’est de l’hypocrisie !

Dans quelques années, l’Histoire retiendra qu’il était juste et nécessaire que des citoyens se lèvent contre la politique menée envers les migrants. On a une société civile jeune et altruiste et on les criminalise. Ça me dépasse. Je demande à la société et à nos politiques de prendre conscience de l’Histoire et de ne pas reproduire les mêmes erreurs !

http://www.infomigrants.net/fr/post/4761/enfant-juif-cache-pendant-la-guerre-avec-les-migrants-l-histoire-se-repete


posté le 26 août 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • Souvenons-nous. En pleine seconde guerre mondiale, les nazis, le régime de Vichy, sa police et ses milices traquaient les Juifs, l’arrestation précédant le plus souvent l’extermination. Les enfants n’étaient pas épargnés. Au péril de leurs vies, des milliers de gens simples se sont opposés à la loi pour les aider, les cacher ou tout simplement n’ont rien dit.

    Leur crime est aujourd’hui reconnu et célébré. À quoi bon ? Le temps des traques, des camps et des rafles est toujours là.

    Des migrants arrivent en Europe fuyant la famine, les guerres, les dictatures, le racisme, la misère… Ils se tournent vers l’Occident qui, avec les guerres menées en Afghanistan, en Irak ou en Libye, avec la mondialisation libérale et le dérèglement climatique, en est largement responsable.

    Et au lieu de les accueillir, que fait la France ?
    Elle a fermé ses frontières. Elle a décidé de violer ses propres lois : le droit d’asile et la protection des mineurs.

    Depuis toujours, l’UJFP a affirmé son soutien aux Sans Papiers et aux migrants. Elle a signé l’appel des Délinquants solidaires et est engagée aux côtés de toutes celles et ceux qui, de Calais à la vallée de la Roya, à Vintimille ou à Nice, se battent quotidiennement contre l’insupportable : depuis le rétablissement de la frontière il y a deux ans, on en est à 18 morts connus (sans compter les disparus). Elle a été présente lors des procès honteux intentés contre Cédric Herrou et Pierre-Alain Mannoni. Elle salue ces solidaires et leurs avocats.

    Au mois d’avril 2017, le « Manifeste des enfants cachés » (signé par 70 personnes) établissait le lien entre Délinquants d’hier et aujourd’hui : « sans la solidarité des délinquants, nous ne serions pas là ».

    Le 16 août, une quinzaine de migrants et une trentaine de solidaires se sont retrouvés devant la gendarmerie de Breil-sur-Roya. Le but ? Les Alpes-Maritimes sont devenues une zone de non-droit. Les autorités violent délibérément la loi en empêchant les demandeurs d’asile et les mineurs de se déclarer. Il s’agissait de demander aux gendarmes de le faire.

    Parmi les solidaires présents, 6 membres de l’UJFP (les âges allant de 60 à 85 ans) étaient là avec 4 calicots affichant publiquement les identités et rappelant le passé : enfants cachés, parent de disparu ou de résistant déporté.

    Devant le refus (sur ordre) de la gendarmerie, un convoi de voitures est parti pour Nice. Il a dû franchir un véritable check-point à Sospel.
    Les demandeurs d’asile majeurs ont pu (difficilement) être enregistrés à Nice. Les mineurs sont partis à Marseille avec les membres de l’UJFP. Là, ils ont pu être enregistrés, mais rien n’est réglé. Il y a entre 60 et 160 enfants migrants dans les rues de Marseille et le département n’a que 21 places d’hébergement ! Pour ces enfants très jeunes qui ont connu parfois deux ans d’errance, d’emprisonnement, de sévices et qui sont passés très près de la mort, la France offre de vivre à la rue sans grand espoir.

    Répétons-le. Hier comme aujourd’hui, il y a toujours le choix entre la complicité avec l’innommable ou la solidarité. L’UJFP est et restera aux côtés des migrants.

    Bureau national de l’UJFP le 19-08-2017

    http://www.ujfp.org/spip.php?article5805

  • Les positions de l’UJFP sont bourgeoises, nationalistes et comme dans le texte ci dessus : LEGALISTES !

  • Le troll de la pensée LÉGALISTE anti-migrants a encore frappé ! Contre la pensée unique bourgeoise macroniste, résistance !

    Assister des migrants en danger de mort est-il condamnable ?

    Le 23 novembre 2016, Pierre-Alain Mannoni était convoqué au tribunal de Nice, tout comme Cédric Herrou. L’Etat français leur reprochait d’avoir secouru des migrant.e.s en situation irrégulière. Compte-rendu dessiné de l’audience, devant le tribunal... Par Ben et Mo de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers de la Cimade-Marseille.

    ON EST TOUS DES PASSEURS !

    Nous, nous arrivons vers 13 h. La place du palais de justice est bondée, et nous saluons quelques connaissances. On se fait sa place dans cette foule compacte qui mêle des gens du coin, des journalistes caméra à la main, et d’autres comme nous venus de plus loin. Quand on essaie de rentrer dans le palais de justice, des policiers nous barrent l’entrée : « la salle est déjà pleine ».

    Une salle de 40 places, contre des centaines de personnes déterminées à soutenir les deux inculpés.

    13h30 : Cédric Herrou et Pierre-Alain Mannoni traversent la foule, applaudis et acclamés. Ces deux citoyens sont devenus malgré eux un symbole de solidarité par le geste qu’ils ont accompli. Un geste humain et banal, presque évident. Un geste aujourd’hui criminalisé, mais qui en d’autres temps aurait juste été considéré comme relevant de l’entraide et des lois de l’hospitalité...

    Mis à part les journalistes qui présentent leur carte de presse aux policiers postés à l’entrée, tout le monde est refoulé, « il faut dégager l’escalier par mesure de sécurité ». Des renforts policiers arrivent pour faire reculer les gens. Le commandant qui les dirige annonce : « Ne vous inquiétez pas, Pierre-Alain n’est pas près de passer. » Il donne le ton de la journée : les premières rumeurs disent qu’il faudra attendre 17h pour le début de son procès.

    DEHORS, LE LIEN SE CRÉE DANS L’ESPACE PUBLIC

    Pour une majorité de personnes, c’est une stratégie évidente pour démobiliser les soutiens.

    Si c’est le cas, on peut dire que c’est raté. Toute l’après-midi, les groupes se mélangeront, les personnes parleront, partageront leur indignation, échangeront des informations, construiront des liens.

    Le matin-même, la radio nous annonçait qu’un jeune migrant était mort noyé et qu’un autre était porté disparu.

    Alors qu’ils dormaient sous le pont de la « Via Europa » à Vintimille, ils ont été emportés par les eaux de la Roya en crue.

    Lorsque Cédric sort, on apprend que son procès est reporté au 4 janvier.

    ET POUR TOI, C’EST QUOI LA RÉPUBLIQUE ?

    Devant l’emblème de la République Française, les taquineries vont bon train entre les policiers-gardiens et tous ceux qui négocient et insistent pour pouvoir rentrer. « Attendez, mais il me semble pourtant que c’est un procès public, non ? » « En fait c’est un procès politique qui se fait sans le peuple ! », « Hé mais moi aussi je suis journaliste, M’sieur l’agent ! » ...

    « On ne bougera pas même si il faut rester toute la nuit.

    - Nous non plus on ne bouge pas.

    - Mais vous vous êtes payés c’est votre boulot.

    - Et alors, vous aussi vous êtes payés non ? ça rémunère les convictions !

    - Justement, à propos de convictions, comment vous pouvez défendre un système pareil ? »

    LE CRAQUAGE

    18 heures. Le procès de Pierre-Alain n’a pas encore commencé. On nous parle de 20 h maintenant. On est toujours massé devant les portes et chacun s’occupe comme il peut. En quelques heures, on s’est approprié la place ; elle nous est maintenant familière.

    Un petit brin de folie se diffuse. Quelques personnages hauts en couleur mettent l’ambiance.

    On chante « l’Auvergnat » de Brassens, des chants révolutionnaires italiens.

    FAUX DÉNOUEMENT

    Vers 21h30, un SMS filtre à l’extérieur. Un certain émoi se propage.

    Alors que l’avocate a demandé la relaxe, le procureur a requis 6 mois d’emprisonnement avec sursis.

    La décision de la juge ne sera rendue qu’en janvier.

    Si cette peine est retenue, doit-on comprendre qu’en France, assister des personnes en danger peut mener en prison ?

    http://www.ujfp.org/spip.php?article5363

  • aidez les migrant-e-s sur les bases de l’UJFP , c’est se tirer une balle dans le pied ... Résistance réelle et non virtuelle et bourgeoise

  • Sa seule "RÉSISTANCE RÉELLE" c’est la résistance à la présence étrangère en Europe, vu ses seules interventions pour empêcher toute solidarité.

    Contre la police de la pensée, SOLIDARITÉ !

    Persécutions quotidiennes des exilé-e-s : un parc parisien leur est interdit

    Une scène quotidienne pour les exilé-e-s : police, violence, racisme. Une scène parmi d’autres dans le quotidien insupportable des exilé-e-s à la rue en France. Ce témoignage d’une intervention policière au Jardin d’Eole dans le XVIIIème arrondissement de Paris cherche à briser un morceau du silence qui règne autour de ces humiliations quotidiennes.

    Persécutions quotidiennes des exilé-e-s : un parc parisien leur est interdit
    Il est 8h30 ce samedi 19 août, quand l’équipe qui distribue bénévolement chaque matin un petit-déjeuner aux exilé-e-s, s’installe à l’entrée du jardin d’Éole, dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Les policiers sont déjà là et ordonnent aux exilé-e-s de "dégager".

    Il leur est expliqué qu’un petit déjeuner va être donné. Réponse : " Ok mais après ils dégagent du secteur. On ne veut plus les voir dans le XVIIIème, ni dans le XIXème... consignes de l’Elysée." Le p’tit dej commence.

    Il est 9h30, la police fait une énième ronde pendant que les exilé-e-s font la queue pour un café. L’équipe du p’tit dej fait passer le mot, la police repassera et il faudrait mieux partir après le café. Mais pour allez où ?

    Il est 10h dans le jardin d’Éole, les exilé-e-s sont assis au soleil, discutent ; d’autres lavent leurs vêtements avant de les étaler sur le sol pour les faire sécher. Des sirènes retentissent. Un camion de police pile devant l’entrée du jardin - six policiers, fusil à la main, descendent. À peine le temps de se retourner, les exilés sont cernés par les policiers de tous les côtés : "Allez ! Allez ! Tout le monde dégage ! "

    À la sortie du parc un policier nous explique qu’il n’y a pas de délit de faciès "juste du professionnalisme" :

    "- Depuis quand on interdit le parc aux migrants ?

    - Non, juste aux illégaux

    - Qu’est-ce que vous en savez qu’ils n’ont pas de papiers ?

    - Ça se voit sur leur visage

    - Oui, ça s’appelle du délit de faciès

    - Non ! Retournez à l’école, c’est pas ça le délit de faciès. Ça s’appelle du professionnalisme !"

    Nous, ça nous rappelle une époque pas si lointaine où une population ciblée était interdite dans les parcs et autres lieux publics. "On ne va pas faire ça tout la journée, il faut faire fermer le parc" avait conclu l’un des policiers, depuis le jardin d’Eole à portes closes.

    Collectif du p’tit dej à Flandres

    https://blogs.mediapart.fr/la-chapelle-en-lutte/blog/200817/persecutions-quotidiennes-des-exile-e-s-un-parc-parisien-leur-est-interdit

  • quelle «  crise migratoire  » ?

    Rhétorique de l’urgence et traitements d’exception

    Au cours de l’été 2015, l’ouverture provisoire de possibilités concrètes d’arriver et de demander l’asile sur son territoire a fait entrer en « crise » une Union européenne qui avait depuis longtemps renoncé à prévoir l’accueil des réfugiés et des migrants. Le terme de « crise migratoire » ou de « crise des migrants » s’est ainsi imposé dans les médias et les déclarations politiques à partir de l’été 2015. Emmanuel Blanchard et Claire Rodier, tous deux membres du Gisti, questionnent l’idée d’une arrivée de masse, inédite et surtout imprévisible, de migrants et de réfugiés. Il montrent comment, avec ce terme, s’est imposée l’idée d’une « urgence », nécessitant des mesures en réalité attentatoires à ces populations.

    Le terme « crise migratoire » est généralement associé à des considérations sur « l’afflux » de réfugiés et le caractère « inédit » ou « historique » du nombre des arrivées enregistrées au cours de cette année 2015. Prendre la mesure démographique de ce phénomène implique de se détacher des stéréotypes de réfugiés représentés en « masse » (cf. les nombreux clichés inspirés de l’exode biblique, du tableau de Géricault, Le Radeau de la Méduse, aux photographies iconiques de Robert Capa). Il convient aussi de faire un sort aux statistiques le plus communément mobilisées car opportunément fournies par des acteurs dont l’intérêt réside justement dans la mise au jour d’un « péril migratoire ».

    Ainsi, les données sur les franchissements irréguliers des frontières publiées chaque mois par Frontex sont avant tout un instrument aux mains d’une agence de gardes-frontières ayant besoin de légitimer ses demandes de moyens et de justifier son efficacité. En réalité, une partie des « entrées » présentées comme « irrégulières » ne le sont pas au sens du droit international et notamment de la convention de Genève, qui n’exige d’un demandeur d’asile ni passeport ni visa pour reconnaître son droit à obtenir protection dans l’État où il est arrivé.

    De plus, les chiffres rendus publics par Frontex comptabilisent les franchissements de frontières européennes et non les entrées dans l’UE (une même personne peut donc être comptée plusieurs fois au cours de contrôles successifs aux frontières extérieures, par exemple quand elle pénètre sur le territoire européen par la Grèce, qu’elle quitte en passant en Macédoine, pour y entrer à nouveau quand elle passe en Bulgarie, etc.).

    Jusqu’à ce jour, il est par conséquent extrêmement difficile d’estimer le nombre de personnes « illégalisées » (par des textes et des dispositifs les empêchant de faire valoir leur droit à émigrer) ayant atteint l’Union européenne en 2015. Les statistiques d’Eurostat permettent tout juste d’évaluer le nombre de demandes d’asile déposées dans les 28 pays de l’UE : 1,3 million en 2015, dont plus d’un tiers pour la seule Allemagne ; elles ont doublé par rapport à 2014.

    Ce chiffre historiquement élevé [1] doit être rapporté au contexte international. L’année 2015 est aussi celle pour laquelle le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a enregistré le plus grand nombre de personnes victimes de migrations forcées dans le monde depuis les cinquante dernières années : 65 millions, toutes catégories confondues (réfugiés « enregistrés », demandeurs d’asile, personnes déplacées dans leur propre pays ou apatrides).

    Ce record est dû essentiellement à la permanence des conflits au Proche et Moyen-Orient : l’Irak et surtout la Syrie « fournissent » un tiers des réfugiés dans le monde. Parmi eux, près de 5 millions de Syriens ont franchi leur frontière et 7 millions sont déplacés à l’intérieur du pays. Ce record, corrélé à la proximité des zones « sources » de réfugiés, est loin de toucher à titre principal l’Europe et ses 510 millions d’habitants. La Turquie, que l’UE aimerait cantonner à un rôle de garde-frontières, a vu arriver sur son sol plus de 3 millions de Syriens depuis le printemps 2011 ; quant au Liban, c’est un tiers de sa population qui est aujourd’hui composée de réfugiés.

    À trop se focaliser sur la xénophobie revendiquée des pays de la frontière orientale de l’UE, rassemblés dans le groupe de Visegrad [2], on oublie en effet que d’autres États membres se sont arc-boutés sur le renforcement des frontières comme seule réponse à apporter à l’augmentation de la demande de protection internationale. Ainsi, ces dernières années, la Grande-Bretagne s’est abritée derrière son insularité, les accords du Touquet et les barrières « anti-intrusion » toujours plus hautes du Calaisis. Bien que la « crise migratoire » ait fait la une de tabloïds dont la xénophobie ne se distingue guère de celle d’un Viktor Orban, il ne s’est pourtant rien passé outre-Manche. Dès 2003, le Premier ministre travailliste Tony Blair s’était engagé à faire diminuer de moitié le nombre de réfugiés admis en Grande-Bretagne, pays alors le plus accueillant de l’UE. Il y est parvenu et, au cours des dernières années, la demande d’asile y est restée stable.

    Manuel Valls et François Hollande auraient bien voulu qu’il en soit de même en France où, en 2014, on enregistrait encore une baisse du nombre des demandes d’asile, symptomatique d’une politique assumée de non-accueil. Début 2016, le Premier ministre est même allé jusqu’à dénoncer l’irresponsabilité allemande et le président français a freiné des quatre fers devant toute tentative coordonnée visant à permettre aux exilés d’échapper aux nasses grecques ou italiennes.

    Les évolutioquns géopolitiques et les considérations diplomatiques notamment ont cependant empêché que la France ne reste totalement à l’écart d’une hausse des demandes d’asile qui touchait ses principaux voisins. L’année 2015 s’est ainsi achevée sur une augmentation de 25 % et les demandes d’asile ont quasi doublé en 6 ans, passant de moins de 50 000 en 2010 à près de 100 000 attendues en 2016. Cette progression concerne également le taux de reconnaissance du statut de réfugié qui devrait avoisiner, selon l’Ofpra, 30 % en 2016 contre moins de 15 % en 2010.

    À la lecture de ces chiffres, on peut considérer que la demande d’asile atteint, avec la « crise migratoire », des niveaux historiquement élevés : le « pic de 1989 [3] », avec ses 62 000 premières demandes est ainsi dépassé. Si l’on veut raisonner en termes de comparaisons historiques, il faut se souvenir que ces mouvements de populations sont incomparables aux situations dramatiques qu’a connues le continent européen au cours de la première moitié du XXe siècle avec les dizaines de millions de personnes déplacées par les deux conflits mondiaux et leurs suites.

    Si l’on s’en tient à des déplacements massifs gérés sans crise majeure par la mobilisation des pouvoirs publics, on peut rappeler que les décolonisations en Afrique du Nord ont amené en métropole (bien souvent pour la première fois et non sous forme de « rapatriements ») près de 1,5 million de personnes entre 1954 et 1965, dont environ 800 000 pour la seule année 1962, au moment de l’accès à l’indépendance de l’Algérie. Plus proche de nous et de la situation actuelle, en 1979-1980 la France a reçu plus 120 000 boat people vietnamiens et cambodgiens qui n’apparaissent même pas dans les statistiques de demande d’asile de l’Ofpra : ils furent en effet accueillis selon les mécanismes dits de prima facie et pris en charge dans un grand mouvement de solidarité et de mobilisation institutionnell e [4].

    Tout sauf imprévisible

    Le rappel de ces réalités historiques n’est pas destiné à minorer l’impact de la hausse récente des arrivées de boat people et autres réfugiés par les routes méditerranéennes ou balkaniques : tout dispositif d’accueil digne de ce nom doit en effet être recalibré et doté financièrement dès lors que le nombre de personnes prises en charge augmente, ne serait-ce que de quelques pourcents chaque année. Ces transformations indispensables de l’action publique, y compris de ses mises en forme discursives – reconnaître l’effort budgétaire nécessaire, le primat des droits et de la solidarité, la gravité de la situation géopolitique, la nécessaire mobilisation sociétale, les apports des migrants – relèvent tout simplement de la gestion et de l’anticipation politiques.

    Or la situation de l’été 2015 était tout sauf inattendue : des millions de réfugiés, Syriens notamment, vivaient dans des camps où le HCR, faute de financement des pays contributeurs, notamment européens, ne pouvait même plus leur garantir le minimum alimentaire ; les guerres en Syrie duraient depuis plus de quatre années, sans espoir de stabilisation à court terme ; la Corne de l’Afrique était en proie à des durcissements autoritaires (Éthiopie) voire dictatoriaux (Érythrée), ou était durablement marquée par des effondrements étatiques (Somalie) ; le Sahel et l’Afrique de l’Ouest étaient déstabilisés par le chaos libyen, les affrontements entre groupes armés et les interventions militaires occidentales ; l’Irak et l’Afghanistan étaient moins que jamais « pacifiés ».

    Depuis plusieurs années, les services de renseignement, notamment celui de Frontex, prévenaient que ces déstabilisations politiques, dont certaines générées par les intérêts et interventions d’États européens, pousseraient à l’exil un nombre croissant d’hommes et de femmes. De son côté, dès le mois d’octobre 2012, le HCR, constatant que la plupart des réfugiés fuyant la Syrie (345 000 à l’époque) étaient accueillis dans les pays limitrophes (Irak, Jordanie, Liban et Turquie), exhortait déjà les pays de l’UE à « assurer l’accès [à leur] territoire et aux procédures de demande d’asile », et à « offrir un soutien mutuel entre les États membres ». Cet appel est resté vain. Un million de personnes avaient quitté le pays en 2013, trois en 2014, quatre en 2015, parmi lesquelles quelques centaines de milliers seulement ont pu gagner l’Europe, au risque de leur vie.

    Tout à leur volonté de défendre – et de mettre en scène – leur capacité à contrôler les frontières extérieures, compétence érigée en mantra de la construction européenne, la grande majorité des dirigeants européens ont choisi de faire comme s’ils pouvaient rester à l’écart de la nouvelle donne géopolitique. Le même scénario qu’en 2011, lorsque, dans la foulée des « printemps arabes », l’intervention militaire de la coalition internationale en Libye avait poussé des milliers de réfugiés à tenter la périlleuse voie méditerranéenne pour rejoindre l’Europe. À l’époque, la seule réponse de l’UE fut le redéploiement de l’agence Frontex pour mieux barrer la route aux boat people. En 2015, seule Angela Merkel a, un temps, saisi l’occasion de donner un nouveau challenge à son pays (le fameux « Wir schaffen das ! [Nous y arriverons !] » du 31 août) et une autre image que celle de bourreau du peuple grec.

    Elle le fit en s’affranchissant des règles européennes qui, conçues pour dissuader la demande d’asile, ne pouvaient être adaptées à des fins d’accueil et de protection des exilés. Au sein du régime d’asile européen commun (RAEC), constitué d’une série de normes législatives communes visant à organiser les conditions d’admission et l’accueil des réfugiés dans l’UE, le règlement « Dublin », notamment, a en effet été pensé pour ne fonctionner qu’à condition que les arrivées soient suffisamment faibles en nombre, afin que l’essentiel de la demande d’asile soit délégué aux États situés aux marges de l’UE, en particulier la Grèce et l’Italie, mais aussi à sa frontière orientale comme la Hongrie. Dans ce contexte, tout « afflux », même minime, ne pouvait que mettre en péril ce mécanisme en asphyxiant les pays dits de premier accueil incapables de le gérer dans des conditions acceptables pour les arrivants : c’est ce qui s’est passé.

    L’exceptionnel au nom de l’urgence

    Le choix de ne pas activer, en dépit du vote favorable du Parlement européen, les mesures prévues par la directive « protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées [5] », a priori particulièrement adaptée à la situation, est symptomatique de cette inertie collective. Quoiqu’on pense des difficultés de mise en œuvre de ce texte de 2001, adopté pour ne jamais servir [6], son déclenchement aurait été l’expression d’une forme de prise de conscience. Or, loin de remettre en cause sa politique d’asile fondée sur l’évitement de ceux qui pourraient en bénéficier [7], l’UE a choisi, pour faire face à la « crise migratoire » de 2015, d’inventer des mesures « exceptionnelles ». Une façon de nier le caractère durable de la déstabilisation de régions entières qui amène – et amènera encore longtemps – des centaines de milliers de personnes à prendre la route de l’Europe.

    C’est ainsi qu’au mois de mai 2015, le président de la Commission européenne a proposé, pour « soulager » les pays de premier accueil de la charge disproportionnée que représentaient les migrants (à l’époque, plusieurs milliers de personnes débarquaient chaque jour dans les îles grecques), de mettre en place « l’approche hotspots » : elle consiste à organiser dans ces pays, grâce à l’appui des agences européennes Frontex et EASO (bureau européen de l’asile), le tri entre les arrivants. Ceux qui sont jugés en besoin de protection pourront éventuellement être « relocalisés », c’est-à-dire accueillis dans d’autres pays de l’UE sur la base d’une répartition par quotas ; les autres, considérés comme migrants irréguliers, devront être renvoyés dans leur pays d’origine ou de provenance.

    Reposant sur un principe de solidarité entre États membres de l’UE, le dispositif était, pour cette raison, voué à l’échec dès son lancement, comme en témoignent les interminables négociations qui ont abouti à l’engagement, souvent pris du bout des lèvres, de vingt-trois d’entre eux à accueillir sur deux ans un total de 160 000 réfugiés potentiels – une proportion dérisoire au vu du nombre de personnes déjà présentes à l’époque en Grèce et en Italie. L’un des pays à « soulager », la Hongrie, a d’emblée refusé l’installation de hotspots sur son sol, préférant, pendant quelques semaines de l’automne 2015, ouvrir ses frontières pour permettre le passage de dizaines de milliers d’exilés vers l’Autriche et l’Allemagne, avant de les refermer violemment, plutôt que d’en céder le contrôle à des fonctionnaires européens.

    Parmi les pays qui s’étaient engagés à accueillir des demandeurs d’asile dans le cadre de la relocalisation, plusieurs ont fait marche arrière, d’autres n’ont accepté d’en admettre que quelques dizaines. Un an après le lancement de ce mécanisme, moins de 6 000 exilés avaient été transférés dans un État européen depuis la Grèce et l’Italie, et on peut prédire, après un Conseil européen qui, en septembre 2015, a consacré de fait l’enterrement de la relocalisation, que les objectifs fixés ne seront jamais atteints.

    Symbole d’une politique européenne qui a toujours fait prévaloir la surveillance des frontières et la lutte contre l’immigration irrégulière sur le respect du droit d’asile, « l’approche hotspots » est pourtant maintenue comme outil de contrôle et de répression [8]. Dans les îles de la mer Égée, notamment depuis l’entrée en vigueur, en mars 2016, d’un accord conclu entre l’UE et la Turquie qui fait peser sur tous la menace d’un renvoi dans ce pays, des exilés sont entassés dans des camps de fortune, ne pouvant ni être « relocalisés » ni rejoindre le continent [9]. En Italie, des hotspots « flottants » sont improvisés au gré des ports d’arrivée des boat people, afin d’enregistrer, parfois même par la force, leurs empreintes digitales. L’UE y tient : c’est la condition nécessaire pour que ceux d’entre eux qui parviendraient à gagner d’autres pays européens y soient renvoyés, en application du règlement Dublin qui fait toujours du premier pays d’arrivée des migrants l’État responsable de leur demande d’asile, même s’il est dans l’incapacité manifeste de les accueillir.

    Partout ou presque, l’argument de l’urgence que la « crise migratoire » aurait provoquée vient justifier l’adoption de mesures exceptionnelles, toutes attentatoires aux droits des migrants et des réfugiés : ainsi le rétablissement des contrôles aux frontières de l’espace Schengen, l’instauration de l’état d’urgence en Hongrie, la détention illégale en Italie, la maltraitance en Grèce, les déplacements autoritaires dans des centres inadaptés à l’accueil des demandeurs d’asile ou des mineurs en France. Qu’elle prenne la forme de la provocation raciste comme en Hongrie ou en Pologne, de la démission comme en Grèce ou de l’affichage humanitaire comme en France, la réponse des institutions et des gouvernements européens s’inscrit dans la continuité d’un déni : celui de la responsabilité qu’impliquent leurs engagements internationaux à l’égard des réfugiés.

    Elle est surtout la marque d’un mode de gouvernement fondé sur des logiques policières et non pas sur des capacités d’anticipation administrative et de mobilisations sociétales qui auraient permis à l’Europe de s’affirmer comme une véritable puissance démocratique. Faut-il pour autant y voir le symptôme d’une « crise » de l’Union européenne ? En matière d’asile et d’immigration, l’UE a toujours poursuivi des stratégies fondées sur l’érection de barrières, se dotant ainsi d’un « ennemi » politique bien utile pour masquer l’absence de tout projet politique conforme aux « valeurs » qu’elle prétend défendre.

    http://lmsi.net/Quelle-crise-migratoire

  • 29 août 18:32

    Caché sous l’Occupation, il combat à 80 ans le "délit de solidarité"

    Petit garçon juif sous l’Occupation, Georges Gumpel, âgé aujourd’hui de 80 ans, n’a jamais oublié la famille qui l’a protégé. Avec son "manifeste des enfants cachés", ce Français dénonce aujourd’hui le "délit de solidarité" imputé à ceux qui en France bravent la loi pour aider les migrants.

    "La solidarité des gens qui nous ont cachés était une solidarité silencieuse alors qu’aujourd’hui elle est nécessairement audible et visible pour essayer de faire changer les choses. Mais elles procèdent toutes les deux de la même générosité humaine", compare ce retraité jovial, ancien fleuriste de décoration à Paris.

    Le "délit de solidarité" est une expression utilisée en France par les associations pro-réfugiés pour dénoncer des procédures judiciaires engagées contre les personnes qui aident les migrants. Juridiquement parlant, ces poursuites ont eu lieu notamment pour "aide au séjour" ou pour "aide au transport d’étrangers en situation irrégulière".

    Lancé fin février avec quatre autres signatures, celles d’anciens enfants cachés comme lui sous Vichy, le manifeste de Georges Gumpel en a recueilli depuis "une soixantaine" et a été largement partagé sur les réseaux sociaux.

    "Si nous sommes en vie, c’est parce que des délinquants solidaires ont désobéi, nous ont cachés, nous ont nourris, en dépit des lois de Vichy et de l’occupant", proclame le texte, visible sur le site de l’Union juive française pour la paix (UJFP) dont l’octogénaire est porte-parole.

    "Dans la vallée de la Roya, à Calais, à Paris, à Norrent-Fontes, à Boulogne, à Loos, à Perpignan, à Saint-Étienne, à Meaux... des militants et des citoyens qui ont manifesté concrètement leur solidarité désintéressée aux réfugiés ou aux Roms, sont intimidés, menacés, poursuivis par les autorités", ajoute le manifeste qui réclame "la fin de ces procédés".

    "L’idée est venue après l’appel de la mère de Pierre-Alain Mannoni", se rappelle le retraité, en évoquant la pétition lancée par la mère d’un chercheur de Nice (sud) poursuivi pour le covoiturage, en octobre 2016, de trois Érythréennes venues d’Italie. Le chercheur a depuis été relaxé, mais le parquet a fait appel.

    "Aujourd’hui, il n’y a pas de danger de mort mais l’ignominie est la même", lâche Georges Gumpel, scandalisé par la procédure judiciaire.

    Le cas d’un agriculteur bio, Cédric Herrou, dans la même vallée franco-italienne de la Roya, a lui aussi eu beaucoup d’écho ces derniers mois en France. Il a été condamné le 10 février à 3.000 euros d’amende avec sursis pour avoir pris en stop des migrants. Là aussi, le parquet a fait appel.

    - ’Imprescriptibilité’ -

    Né en 1937 à Paris dans une famille juive française non pratiquante, il se souvient de son unité brisée après la rafle du Vélodrome d’Hiver en juillet 1942, où plus de 13.000 juifs - adultes et enfants - furent amenés avant d’être déportés.

    "Tout d’un coup, nos parents découvrent que nous sommes en danger." Il déménage alors à Lyon (centre-est) avec sa famille mais le répit est de courte durée : les Allemands ont envahi la zone libre. Caché pendant trois mois dans un internat catholique, il sera finalement amené par sa mère chez des paysans dans le Massif central, en janvier 1944.

    "Il y a des gens qui ont été cachés dans des placards, dans une porte secrète, ce n’était pas mon cas", précise M. Gumpel qui pouvait aider au travail de la ferme.

    "J’ai été bien traité. J’ai vécu comme la famille entière. Elle était d’une pauvreté inouïe mais je n’ai jamais été malheureux", souligne l’octogénaire, malgré le traumatisme de la séparation d’avec ses parents.

    Son père, lui, a été arrêté fin juillet 1944 à Lyon et déporté dix jours après. Il est mort au camp de concentration autrichien de Melk.

    Peu disert sur son adolescence, Georges Gumpel, séduit ensuite par l’extrême gauche, évoque volontiers son militantisme contre le racisme et le colonialisme, celui de la France en Algérie ou celui d’Israël dans les Territoires palestiniens.

    En mai 1987, il se porte partie civile avec sa mère et ses sœurs au procès "historique" de l’ancien chef de la Gestapo à Lyon, Klaus Barbie, qui avait signé le bordereau de déportation de son père.

    "Cela a remis en lumière les crimes contre l’humanité et leur imprescriptibilité", souligne cet éternel insurgé contre les résurgences du passé.

    http://www.courrier-picard.fr/21232/article/2017-04-02/cache-sous-loccupation-il-combat-80-ans-le-delit-de-solidarite

  • la honte du troll qui racole et accole tous types d’articles en commentaire car c’est un provocateur policier

    • Nik les frontières
    • No one is illegal
    • Nik les nations
  • Le modèle AmériKKKa

    Le traitement par la presse de la manifestation de Charlottesville et la manière dont les agitateurs de droite en font le récit sont un bel exemple de la bascule idéologique à droite de « l’Occident ». Dans la presse mainstream personne ne s’émeut de voir des gens habillés comme des nazis et revendiquer la supériorité « d’une race » dans les rues des USA. Le fait qu’ils manifestent leurs opinions de suprématistes blancs en étant armés dans les rues, nous est même parfois présenté par une partie de la presse comme une réaction défensive face au chaos racial et social nord-américain. On ne compte plus le nombre de reportages complaisants fait par les médias sur les milices patriotiques nord-américaines, ou sur ces groupes de vigilants américains, symbole de « la liberté d’expression » de la plus puissante démocratie du monde.

    Chaque dénonciation de la violence de ces groupes est toujours modérée par un « il est vrai que » qui reprend les poncifs de l’extrême droite sur le déclin économique des blancs américains et sur les fables de l’Amérique éternelle submergée par les latinos, les blacks et maintenant les musulmans.

    Alors évidement, quand un véhicule fonce dans cortège pour tuer des manifestants antiracistes, puis recule écrasant sciemment les victimes de son passage dans foule. Dans la presse ça donne un pudique « on ne connaît pas trop les motivations du conducteur ».

    La réaction des médias et des classes dominantes joue la ritournelle classique de « la violence c’est mal ». Trump qui promet le feu et la colère à la Corée du Nord le jour des commémorations de l’anéantissement nucléaire de Nagasaki peut donc tranquillement dénoncer sans honte le sectarisme et la violence des « diverses parties » qui ont causé cette tragédie. Il le fait évidemment sans dire qui est l’agresseur et qui est la victime. Tactique classique qui permet de renvoyer dos à dos agresseur et agressé. Cette ritournelle est reprise en boucle dans la plupart des médias y compris français.

    Vu de loin, un paquet de gens en France vont se dire que les ricains sont bien bêtes et que chez nous c’est autre chose. Le niveau est plus élevé, exception française oblige.

    Pourtant il suffit de lire le journal « le Monde » pour se rendre compte du contraire. Le monde peut être considéré comme la girouette du sens du vent de l’idéologie dominante . Ce quotidien fait un compte rendu de la situation à Charlottesville qui donne une idée de ce qu’est la situation dans l’hexagone. Le journal « le Monde » traite une manifestation de racistes et néofascistes en reprenant la quasi-totalité des arguments de la droite et de l’extrême droite et en renvoyant dos à dos les militants antiracistes et ceux du KKK et des groupes ouvertement racistes, tout comme Trump. Cela en dit long sur la situation de l’hégémonie politique de la droite en France. Pourtant les journalistes de la presse pourraient s’intéresser aux rapports officiels du Congrés Us et de nombreux travaux qui confirment que la majorité des attaques terroristes aux USA émanent de l’extrême droite blanche (depuis le 11 septembre 2001, sur 85 attaques terroristes recensées aux USA, 62 sont le fait de suprémacistes blancs). En Europe la catégorie de terrorisme d’extrême droite n’étant pas retenu pas les autorités européennes, il ne faut pas s’étonner que la presse et une grande partie du public redécouvre régulièrement la violence néofasciste en Europe et aux USA.

    Résumons tout d’abord les faits : des racistes violents et armés se regroupent et se disent prêt à lutter physiquement contre les forces de l’ordre pour empêcher le retrait d’une statut d’un chef militaire du camp esclavagiste de la guerre de Sécession. Les opposants de cette manifestation sont plus nombreux et n’ont pas pour mot d’ordre de s’en prendre aux forces de l’ordre et veulent juste par des moyens démocratiques et la force du nombre faire comprendre à ces racistes que les temps ont changés. A l’arrivée, on compte un mort et des dizaines de blessés parmi les antiracistes et antifascistes. Sachant que le bilan risque s’alourdir.

    Le Monde transforme ces faits en considérations sur une atmosphère « belliqueuse », et diffuse l’argumentaire des militants d’extrême droite. Concrètement, ce que ce journal de « référence » français retient de la journée et donne à lire c’est avant tout la parole des autorités qui restent prudent sur les motifs du conducteur qui a tué une antiraciste et les paroles des racistes qui se sentent assiégés dans leur beau pays. Pour ce journal, les « extrêmes » c’est pareil : antiracistes et racistes c’est la même chose, c’est de l’idéologie. Soit en langage de la Macronie militante, des gens qui ont des idées et qui se battent pour elles au lieu de créer leur entreprise .

    Pour le monde et la quasi-totalité des médias français le récit d’une journée pareille reste celle des forces de l’ordre, sans aucune remise en question de la proximité idéologique de la police nord-américaine avec les idéologies racistes. Mais il semblerait que faire ce lien aujourd’hui pour les journalistes du « Monde » soit hors de leurs portées. Les crimes des forces de l’ordre étasuniennes sont pourtant reconnues depuis des décennies, y compris par un journal comme Le Monde qui les traitent sous l’angle des questions raciales et sociales structurelles aux USA. Mais là : RIEN …

    Au Monde on se contentera donc de la version de la police (une fois n’est pas coutume).

    Au mieux ils font ce que Chomsky décrivait avec mépris : la démocratie vue par ses idiots. Cela aurait été en 39-45 : 5 minutes de parole pour les nazis, 5 minutes de parole pour les juifs ; les tziganes ; les slaves, les communistes et toutes les autres victimes de la barbarie hitlérienne. Avec quelque part au fond, l’intime conviction imbibée des mots de Zemmour que mine de rien les noirs et les minorités génèrent le racisme.
    Ce traitement par la presse française de ces attaques de l’extrême droite américaine est caricatural au regard de la façon dont ces mêmes journaux traitent une action d’ouvriers désespérés par un plan de licenciements massifs, une manifestation contre la loi travail, ou un quartier prêt à exploser suite à la mort d’un de ses habitants. Comparez le vocabulaire, et vous verrez que le ton général de la presse sera moins « atténuant » pour la violence et la colère des ouvriers ou de nos quartiers que pour celles réactionnaires et racistes des « Petits Blancs » américains. Le pire étant la précaution journalistique d’usage qui révèle beaucoup de choses. Ces derniers temps en France, à chaque fois qu’un véhicule a percuté une foule ou des forces de police, la piste « musulmane radicalisée » a été évoquée par anticipation par l’ensemble de la presse. Dans le contexte de Charlottesville il semble que nos brillants journalistes français n’aient pas d’hypothèse à faire sur l’identité politique du conducteur. Le définir comme un militant d’extrême droite c’est trop compliqué ? Pas assez nuancé dans l’analyse ? Quand un suprémaciste blanc tue quelqu’un, il est sans doute menacé ou bien c’est un déséquilibré.

    Il ne s’agit pas pour nous d’écrire que ces journalistes sont sur la même ligne politique que l’extrême droite américaine, mais de relever que le racisme ne dérange pas le fonctionnement de l’économie et donc leur vie de petit bourgeois ou de petite classe moyenne, fussent-ils précaires dans la presse. Le racisme est un des piliers de notre société, il justifie la colonisation, la hiérarchie des salaires, pousse les classes populaires à s’entretuer. Il a toutefois l’inconvénient d’être peu présentable parce qu’indéfendable de tout points de vue, surtout pour des gens qui ont fait les grandes écoles de la République.

    Alors, on l’occulte pour le maintien de l’ordre social car il ne faudrait surtout pas que le grand public s’intéresse à ces militants de par le monde, venus de tous horizons sociaux et raciaux qui luttent contre le racisme articulant question de classe et race comme le font les militants et manifestants pris pour cible par le conducteur raciste de Charlottesville. Heather Heyer tuée à Charlottesville était engagée dans la lutte contre les discriminations. Parce que le véhicule n’a pas foncé au hasard sur le cortège : les militants antifascistes et antiracistes ont une longue histoire de répression aux USA. Avec un peu de maquillage rhétorique, on met sur un pied d’égalité le camp des lyncheurs et ceux qui s’y opposent. On met dans le même sac « les extrêmes » et toute forme d’idéologie déconseillant ainsi au lecteur d’aller s’intéresser au pourquoi de la protestation de milliers d’américains contre cette manifestation raciste. Circulez, y a rien à comprendre. Telle est l’injonction journalistique dominante et pour cela on relativise le poids des morts en fonction de leur camp politique. Une antiraciste morte c’est la faute de « toutes les haines ». On doit en déduire que les gens qui militent pour la Justice sociale et l’ égalité de traitement des minorités sont les nouveaux fascistes. Ce traitement médiatique français de Charlottesville est le même que celui des affaires tragiques nationales comme celle des crimes racistes et sécuritaires ou comme lors de l’assassinat de Clément Meric par des militants d’extrême droite : placer sur le même plan d’équivalence politique, raciste et antiraciste, fasciste et antifasciste.

    Pour ceux qui croient encore que la situation est différente dans le pays des lumières qu’ils regardent juste les faits. En France, la Justice républicaine condamne à la même peine de 4 mois de prison avec sursis un militant antiraciste qui aide les migrants et un type qui leur tire dessus.

    Plus proche de la vie de nos quartiers il suffit de regarder le traitement judiciaire de la lutte de la famille Traoré pour constater qu’en France comme aux USA, l’état et ses supplétifs médiatiques et policiers utilisent les mêmes stratagèmes pour masquer qui est la victime et qui l’oppresseur.

    https://quartierslibres.wordpress.com/2017/08/14/le-modele-amerikkka/

  • Le corollaire de la discrimination engendrée par le racisme, c’est le « privilège blanc ». Toute une série d’avantages avec lesquels les personnes blanches partent dans la vie, pour l’unique raison qu’elles sont blanches. Ces atouts font qu’elles sont perçues comme a priori légitimes, a priori compétentes et a priori innocentes[1].

    Cela a tendance à leur valoir de la considération, quand les personnes racisées[2] font globalement l’objet d’une présomption de culpabilité, de médiocrité (ce qui peut leur valoir du mépris) et d’incompétence. En vertu de ce privilège, non discrétionnaire, systémique et lié à l’absence de discrimination subie (voir la définition détaillée de ce concept dans ce contexte précis dans « Briser le tabou du privilège pour lutter contre le racisme et le sexisme »), les personnes blanches n’ont pas à faire leurs preuves en tant que blanches.

    Se voir en tant que blanc·he·s

    Regarder le privilège blanc quand on parle de racisme, c’est tourner le regard non plus vers les personnes discriminées mais vers celles qui en tirent profit, qu’elles le veuillent ou non. Or le propre des dominants (un groupe social tirant parti d’un rapport de domination, qu’il s’agisse de racisme, de sexisme, d’homophobie, de capacitisme, etc.), c’est de se définir comme représentants de l’humanité, c’est-à-dire comme étant la norme. « Les autres » diffèrent donc de cette norme. Et « les uns » n’ayant pas besoin d’être définis, ni même nommés, nommer les dominants – en l’occurrence les blanc·he·s – est un acte essentiel de la reconnaissance de la domination.

    « La plupart des Blancs ne se perçoivent pas comme blancs. Parfois, on croirait même qu’ils ignorent leur couleur. Si les Blancs sont largement minoritaires à l’échelle de l’humanité, leur domination politique et économique est telle qu’elle majore leur position. Et les majoritaires tendent à se considérer comme l’incarnation de l’humanité. Ainsi, le groupe des Blancs est censé porter en lui toutes les qualités universelles et chaque Blanc est réputé porter des particularités individuelles qui font de lui un être irremplaçable. Ce qui n’est pas le cas des minorités, porteuses des qualités et défauts spécifiques généralisés à leur groupe, sans être détentrices de caractéristiques individuelles, ce qui fait d’eux des êtres interchangeables. On dit d’ailleurs “la femme”, “le Noir”, mais jamais “le Blanc”[3] », pour citer les propos de la journaliste et militante antiraciste Rokhaya Diallo.

    La violence symbolique à l’œuvre dans les travaux sur le racisme

    Notons que le premier exemple de privilège blanc auquel on est confronté·e quand on se lance dans une recherche sur le sujet (du moins sur Internet et en français)… c’est celui de pouvoir s’attendre à ce que des personnes blanches soient davantage publiées, diffusées, citées, entendues sur le sujet du privilège blanc que ne le sont les personnes racisées, alors que c’est précisément leur couleur (ou leur « race ») qui disqualifie (du moins plus qu’elle ne les qualifie) les personnes blanches dans ce domaine : elle ne leur permet pas de faire l’expérience de la discrimination qui y est liée dans les mille et un détails de la vie quotidienne[4]. Or, citer pour sources premières des blanc·he·s dans un texte antiraciste, c’est comme citer pour sources premières des hommes dans un texte féministe : c’est de la violence symbolique. C’est donner, encore et toujours, la légitimité, la qualité d’analyste à celui qui l’a déjà dans un rapport de domination, y compris à l’intérieur de la lutte contre cette domination, laissant aux victimes une place de témoins, comme l’écrit le blogueur Negreinverti[5].

    La première version de cet article s’appuyait sur les travaux de personnes blanches, et il m’a fallu du temps pour que me saute aux yeux la contradiction d’une réflexion sur le privilège blanc qui ne repose pas sur la parole de personnes racisées et ne leur donne pas la parole, preuve de la force d’aveuglement du privilège blanc (et des privilèges en général). Or, de même qu’il est intéressant de lire des articles d’hommes féministes – et ça peut être une entrée plus « supportable » pour certains hommes qui se sentent, bien que ce ne soit pas pertinent, accusés personnellement par la révélation de leur position de dominants – dans la mesure où une attitude féministe de la part des hommes demande un examen par eux-mêmes de leur situation de dominants, il est intéressant de lire des articles de blanc·he·s sur le racisme quand ils et elles s’interrogent sur leur situation de dominant·e·s.

    Mais de même que la lutte contre le sexisme est d’abord une affaires de femmes, la lutte antiraciste est d’abord l’affaire des personnes qui souffrent du racisme. Je veux dire en tant qu’analystes, puisque nous sommes tou·te·s impliqué·e·s dans le sexisme et dans le racisme (voir « Domination masculine : elle crève les yeux jusqu’à en être invisible », 13 décembre 2013). C’est ce que Christine Delphy appelle la « science des opprimés ».

    Cette parole des blanc·he·s soulève bien la question de la domination blanche, jusque dans le domaine de l’antiracisme, pourtant censée la combattre. Il est peu question du privilège blanc sur Internet, et beaucoup des auteur·e·s cité·e·s sont blanc·he·s. Citer des auteur·e·s non blanc·he·s est un acte politique rendu malaisé par les questions de langue et leur diffusion restreinte du fait du privilège blanc, mais cohérent en la matière. Il témoigne de l’effort et des moyens (en l’occurrence, de recherche, de lecture, de traduction) que requiert une lutte antiraciste qui lutterait réellement contre le privilège blanc. Le privilège blanc sera toujours d’actualité – dans le sens où il ne disparaîtra pas si vite – mais il pourra alors servir à mettre en avant des auteur·e·s non blanc·he·s, dans une attitude plus responsable, comme le signale Pierre Tevanian[4].

    En France, le phénomène se complique encore du fait que les études sur la « blanchité », fait social et conséquence du racisme, est encore très peu étudiée. Pour accéder à des réflexions sur le sujet, mieux vaut parler anglais, pour découvrir par exemple les textes de Kimberlé Williams Crenshaw. Cette chercheuse états-unienne a créé en 1989 le concept essentiel d’« intersectionnalité[6] », qui permet de comprendre la complexité des rapports de domination en montrant que les discriminations ne s’ajoutent pas mais se croisent, créant des situations spécifiques.

    Les paradoxes d’une lutte antiraciste qui ne relie pas pensée et comportement

    Un des grands obstacles à la réflexion et à l’action politique sur le racisme en France, c’est l’universalisme dont la République se réclame, quand il la rend aveugle aux discriminations[7].

    Cette conception d’un universalisme aveugle aux différences renforce le privilège blanc consistant à ne pas voir le racisme. Bell hooks[8], intellectuelle états-unienne (dont il semble que les livres ne soient pas traduits en français), écrit : « Les personnes blanches, quand elles passent individuellement du déni de la race à la conscience de la race, prennent soudainement conscience du fait que la culture suprémaciste blanche encourage les blanc·he·s à nier leur compréhension de la race, à revendiquer comme composante de leur supériorité le fait d’être au-dessus d’une réflexion sur la race[9]. » Car le privilège blanc sert aussi à se sentir moins raciste que les personnes racisées : « Je ne vois pas la race donc je ne suis pas raciste », peut-on être tenté·e de penser, quand la réalité serait davantage : « Je ne vois pas la race parce que je ne suis pas racisé·e. »

    Plus absurde, le fait d’être blanche confère une certaine légitimité au discours d’une personne sur le racisme, alors même qu’elle devrait être considérée comme moins légitime a priori. Ainsi, poursuit bell hooks, parler racisme pour une personne « racisée » revient à prendre des risques, celui d’être considérée comme ne défendant que sa personne, ses intérêts, comme étant trop « agressive » : on ne montre pas au dominant son privilège, c’est politiquement incorrect. La personne blanche, elle, a tout à y gagner, puisqu’elle est vue et a appris à se voir comme n’étant pas concernée par le racisme. Sa lutte anti-raciste sera donc perçue comme une preuve d’intelligence et de civilisation, un acte généreux parce que désintéressé... alors qu’elle est partie prenante du racisme en tant qu’elle en bénéficie.

    Bell hooks ajoute un point fondamental : que la connaissance théorique de ce privilège n’entraîne pas nécessairement de changements comportementaux. Elle prend l’exemple d’une professeure de gauche, qui veut bien faire, écrit un livre sur l’intersection entre race et sexe, a une représentation flatteuse d’elle-même, la certitude qu’elle est anti-raciste… mais ne se montre pas vigilante sur son comportement, qu’elle devrait modifier pour être en accord avec sa pensée.

    Bell hooks écrit ainsi : « Alors que c’est un point positif de notre culture que les gens veuillent voir le racisme disparaître, c’est paradoxalement ce désir sincère qui met en évidence le fait que cette affirmation fausse persiste, selon laquelle on en a terminé avec le racisme, que nous ne sommes pas une nation suprémaciste blanche[10]. »

    Voilà, indissociablement liée à la discrimination raciste, une des facettes du privilège blanc, nié au même titre que le privilège masculin[11].

    Quelques privilèges blancs

    Des chercheuses et des personnes racisées ont listé quelques expressions du privilège blanc[12], « un sac à dos invisible et sans poids, rempli de fournitures spéciales, cartes, passeports, carnets d’adresses, codes, visas, vêtements, outils et chèques en blanc[13] », selon la définition de Peggy McIntosh, chercheuse états-unienne blanche.

    J’utilise ici les mots « race » ou « couleur de peau » en tant qu’ils renvoient les individus à un groupe social déterminé par le racisme[14]. Le racisme en France se focalise de plus en plus sur une culture ou une religion supposées, en conservant pour stigmate l’apparence physique[15] (ou le nom). Le racisme « s’adaptant » aux personnes qu’il racise, il varie selon le groupe social concerné, en brouillant le sens des mots. Ainsi parle-t-on d’étrangers et d’étrangères, d’Arabes, de Noir·e·s, de Rroms, d’immigré·e·s, d’immigré·e·s de deuxième ou de troisième génération (!), de musulman·e·s, de personnes d’origine étrangère, mélangeant des concepts eux-mêmes parfois on ne peut plus flous[16], au service d’une légitimité dont la seule pertinence est de justifier une hiérarchie. C’est la personne qui racise qui fait de la race une réalité sociale. Le terme race se rapporte donc à un contenu variable.

    En ce qui concerne les discriminations elles-mêmes, quelques travaux reposent sur des statistiques ethno-raciales, entendues en des termes sociologiques, comme relevant de « l’attribution d’une nationalité ou d’une origine ethnique à un groupe par la population majoritaire, sur la base de traits réels ou imaginaires, physiques ou culturels[17] ». (Elles sont autorisées, par dérogation, au cas par cas, par la CNIL, si elles respectent certaines règles.)

    Cependant il est peu pertinent, pour cerner les discriminations, étant donné la nature du racisme, de demander à une personne à quel groupe elle se sent appartenir. Il est plus pertinent d’essayer de comprendre à quel groupe elle est renvoyée par autrui[18], et à quel moment elle a le sentiment d’être victime de discrimination. Précisons que selon l’historien Pap Ndiaye, « les personnes minorées sont plutôt réticentes à qualifier comme discriminatoires leurs situations vécues[19] », situations d’abord ressenties comme des échecs personnels. La question des statistiques est toujours délicate, certainement davantage dans ce domaine que dans d’autres, mais elles apportent néanmoins des éléments éclairant un rapport de force bien réel[20].

    En miroir de ces discriminations ethno-raciales, le privilège blanc est donc l’absence de discriminations de cet ordre (voir « Briser le tabou du “privilège” pour lutter contre le racisme et le sexisme »), qui vont des micro-agressions quotidiennes aux discriminations graves et aux pires violences[21]. Et force est de constater qu’en France, la diffusion (la réalisation ?) de travaux sur le sujet est loin de permettre à tout un chacun de prendre conscience de la réalité et des spécificités de ces phénomènes, notamment si on les compare à la question du sexisme[22].

    La liste des privilèges en question permet de prendre la mesure de la norme blanche dans laquelle nous vivons, et des discriminations qu’elle entraîne, de manière intentionnelle ou non, sur la vie des personnes racisées[23]. Et des avantages qui en découlent pour les personnes blanches.

    Ce sont des atouts dont la « normalité » est à la source de l’invisibilité, et qui sont donc difficilement identifiables par les personnes qui en bénéficient et ne partagent pas, de fait, l’expérience de la discrimination avec les personnes qui la subissent. […]

    https://blogs.mediapart.fr/segolene-roy/blog/050314/l-autre-versant-du-racisme-le-privilege-blanc

  • Depuis plus d’un an une campagne politique acharnée et réactionnaire est menée par les « anti-racialisateurs ». Diffusion de textes, brochures, émission de radio, collage, perturbations.

    Ielles ont la prétention (et le culot) de se présenter en fins connaisseurs des mouvements politiques qui luttent contre le racisme et comme si ces questions politiques leurs tenaient vraiment à cœur.

    S’autoproclamant comme les vrais révolutionnaires et les vrais anti-racistes, ielles sont parties en croisade pour défendre la pureté de l’idée révolutionnaire contre l’ « idéologie racialiste » (qu’ielles ont inventé de toute pièce), qui serait en train de s’infiltrer dans « les organisations et milieux politiques qui vont de l’extrême gauche jusqu’aux libertaires ».

    Cette prétendue « idéologie » n’apporterait que du confusionnisme et serait le symptôme de la perte de perspectives révolutionnaires. Elle ferait infiltrer dans ces milieux des idées racistes (camouflées en progressistes), à travers l’utilisation de mots et catégories qui viennent du pouvoir (« race ») ou de leurs dérivés (comme « racisé-e », etc), et qu’on devrait donc rejeter en bloc si on est des vrais.

    Ielles essaient de nous faire croire que toutes les personnes qui utilisent ces mots sont pareilles et défendent le même discours. Elles sont toutes racistes. Des ennemies à combattre et à éliminer des milieux qui se veulent révolutionnaires.
    Mais tout n’est pas perdu, vu qu’ielles sont arrivées pour sauver et pour défendre ces milieux !
    Alors vite, il faut faire comprendre à tout le monde qu’à cet endroit-là se situerait le point de rupture, autour duquel il y a urgence à se positionner, pour se donner la possibilité de rouvrir des vraies perspectives révolutionnaires.

    Sans blague ?! Merci de nous protéger de ce grand danger, tout en essayant de nous apprendre la vie et la révolution. Bien essayé, mais raté.

    S’ielles connaissaient vraiment les mouvements anti-racistes et décoloniaux et s’ielles s’intéressaient vraiment aux différents systèmes d’oppression, ielles sauraient sans doute que des débats et des questionnements existent déjà autour de l’utilisation de mots créés par le pouvoir pour parler du racisme structurel et pour analyser l’oppression qui va avec. Ielles sauraient aussi que des débats existent depuis des années dans certains milieux féministes sur l’équilibre à trouver entre la volonté de mettre fin aux oppressions et la volonté de nommer et d’analyser ces mêmes oppressions ; sur comment dépasser les catégories créés par le pouvoir (qui participent à entretenir les oppressions), tout en prenant en compte le fait que ces mêmes catégories permettent aussi de nommer et d’analyser ces oppressions. Parce que ça ne suffit pas de ne plus en vouloir et de ne plus les utiliser pour que ça fasse disparaître les effets et les conséquences concrètes qu’elles produisent dans la réalité.

    Alors pas la peine de faire les messies qui apporteraient la bonne parole pour éclairer les pensées.
    Personne vous a attendu-es pour réfléchir à ces questions. Et surtout, personne n’a besoin de votre avis ni de votre validation.

    Ceci dit, je crois qu’il y a une différence fondamentale entre complexifier ou critiquer certaines applications des grilles d’analyse des oppressions et dominations, tout en voyant et en comprenant l’importance et la valeur de leurs apports, et le faire, à l’inverse, avec l’objectif de s’attaquer à ces grilles d’analyse dans leur totalité, pour les rejeter en bloc. Et c’est justement là qui se trouve le cœur du problème.

    En effet, le problème politique le plus important par rapport aux « anti-racialisateurs » n’est pas leur ignorance autour de toutes ces questions, mais leurs intentions politiques.
    C’est certes très désagréable et malvenu quand, en connaissant très mal ce dont elles parlent, ces personnes se sentent légitime non seulement de pondre des pages et de pages, faire des émissions de radio, des affiches, ect. Et, en plus, de le faire d’une manière super arrogante et méprisante.
    Mais, qui plus est, ielles vont jusqu’à traiter de « racistes » toutes les personnes qui, pour lutter contre le racisme structurel, essaient d’analyser et de critiquer la « race » comme une construction sociale utilisée pour hiérarchiser les individues sur la base de marqueurs physiques/biologiques et/ou ethno-culturels.
    À grands coups d’amalgames absurdes, de déformations des discours des autres, de raccourcis réducteurs, les « anti-racialisateurs » mettent dans le même sac toutes les personnes qui utilisent le mot « race ». De l’extrême droite au PIR, de la gauche anti-raciste aux mouvements dé-coloniaux, c’est toutes les mêmes. Aucune différence dans les idées, les analyses, les discours portés, les perspectives. Face à autant de confusionnisme, de manipulations et de mauvaise fois, on ne peut pas ne pas comprendre que leurs intérêts et intentions politiques sont toutes autres que celles qu’ielles affichent.
    Il ne faut pas être dupes. Leurs crachats confusionnistes ne visent pas à s’attaquer au racisme, qu’ielles n’utilisent, en bon politicien, que pour redorer leur pilule. Ielles sont, en réalité, en train de s’attaquer à certaines visions politiques auxquelles ielles font parfois allusion mais qu’ielles ne nomment jamais explicitement.

    Ce que les « anti-racialisateurs » sont en train de faire, c’est s’attaquer aux visions et analyses politiques qui, depuis des décennies, essaient de politiser toutes les sphères de la vie et du quotidien pour montrer que les rapports d’oppression et de domination ne se réduisent pas au seul champ économique, ni sont seulement véhiculés par l’État. Ielles sont en train de s’attaquer aux analyses qui considèrent ces rapports d’oppression et de domination comme quelque chose qui traverse tout le monde, que certaines personnes subissent en même temps que d’autre en bénéficient.

    Par la même occasion, ils s’attaquent donc aussi aux implications politiques de ces analyses : comme le fait que les « ennemis » ne sont pas seulement les bourgeois, ni seulement « les autres », les caricatures du raciste ou du macho ; comme le fait que les milieux soi-disant révolutionnaires ne sont pas en dehors de la société mais qu’ils sont aussi traversés par tout ça ; comme l’idée que c’est aux opprimé-es, en tant que groupe social, de définir l’oppression qu’ielles subissent (et donc aussi décider de comment en parler) ; comme le fait que la non-mixité soit pensée comme un outil politique d’émancipation (sans oublier que ça relève tout simplement d’une logique autoritaire de se permettre de dire à d’autres comment ielles devraient s’organiser pour lutter).

    Ces analyses sont des apports des luttes de libération et d’émancipation menées par des opprimé-es, qui ont dû se battre depuis des décennies (et ça continue encore) au sein des milieux révolutionnaires pour que leurs réalités et leurs vécus d’oppressions soient pris en compte comme quelque chose qui existe, qui est politique et qui a autant d’importance que les effets du capitalisme et de l’État. Comme une condition pour pouvoir exister entièrement dans ces mouvements révolutionnaires.

    Ces luttes ont permis de prendre conscience et de mettre en lumière l’existence de ces oppressions, c’est à dire de voir l’oppression là où on ne la voyait pas avant, parce qu’on considérait l’état des choses comme normale, comme relevant de l’ordre naturel.

    L’offensive des « anti-racialisateurs » n’est dans le fond rien de nouveau ni de très original, vu qu’elle n’est rien d’autre qu’un mouvement de « réaction », dans le sens de conservateur et réactionnaire, à l’émergence, à l’existence et au renforcement de ces visions politiques et de leurs implications. Pour ne pas devoir voir ni prendre ses responsabilités dans ces autres systèmes de dominations. Ou, pour certain-es, pour pouvoir continuer à bénéficier de ses privilèges sans avoir à se remettre en question et sans qu’on les fasse chier.

    Alors non, ce qui est en train de se jouer n’est pas un débat, tout comme ce n’est pas une guerre de chapelle ou une bataille pour l’hégémonie. C’est insultant de voir les choses de cette manière.
    Parce que vouloir nier ces oppressions, leurs effets et leurs implications, ou remettre à nouveau en question leur portée politique, n’est pas juste une opinion, mais participe pleinement de l’oppression elle-même.

    C’est pour tout cela que je considère qu’il faut réagir à leur offensive et ne pas laisser de place aux idées réactionnaires qu’ielles essaient de diffuser.

    Depuis quand, pour les révolutionnaires, tout serait discutable et entendable ?
    Non, la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords n’était pas un débat, mais la dernière étape de leur campagne politique nauséabonde.

    Face à ces crachats insultants et méprisants qui véhiculent des idées à vomir et qui puent le moisi, ça me paraît donc tout à fait compréhensible et souhaitable que des gentes décident de ne pas laisser passer cet énième affront.

    C’est pour tout cela que je comprends très bien la colère des personnes racisé-es qui sont venues à Mille Bâbords pour empêcher que la soirée ait lieu. Comme celle des autres personnes (dont je fais partie) venues pour s’opposer à ce pseudo-débat ou qui essaient de différentes manières de leur barrer le chemin.

    C’est pour tout cela que je ne soutiendrai jamais les lieux et les espaces, physiques ou virtuels, qui permettent une existence et une visibilité à ces discours gerbants.
    Parce qu’en faisant cela, ielles cautionnent ces discours. Parce qu’en faisant cela, ielles deviennent une partie du problème et non de la solution.

    Plutôt que de jouer les victimes de violences incompréhensibles et de vous étonner naïvement que des conséquences vous tombent dessus, plutôt que jouer les défenseurs de la liberté d’expression et du débat démocratique et vous poser au dessus de tout le monde, plutôt que de vous cacher derrière vos chartes remplies de mots que vous videz de leur sens et de leur profondeur politique, prenez vos responsabilités et assumez les conséquences de vos choix.
    Plutôt que de pointer la violence visible des personnes qui ripostent à une oppression, regardez déjà la violence « invisible » que vous véhiculez et dont vous ne vous rendez même pas compte tellement elle fait partie de la normalité.
    Ce n’est pas possible de limiter les analyses de la conflictualité politique et de la violence au seul champ économique. Ni de les arrêter devant votre porte.

    On ne vous laissera pas nous renvoyer dans le placard ou parmi les oublié-es de la révolution !

    une personne blanche – novembre 2016

    https://nantes.indymedia.org/articles/36245

  • 3 septembre 23:45

    la honte du troll qui racole et accole tous types d’articles en commentaire car c’est un provocateur policier

    Nik les frontières

    No one is illegal

    Nik les nations

  • 5 septembre 23:34

    Une polémique [1] a récemment agité le milieu libertaire français concernant l’utilisation des termes race, racialisation, racisés etc. certains dénonçant une essentialisation du débat sur le racisme, essentialisation qui relèverait elle-même du racisme. Selon ce point de vue, reprendre ces termes serait contribuer à propager la grille de lecture raciste.

    Dans un premier temps il semble que, tel quel, cet argument est absurde : il n’est pas question de reprendre ces termes pour les valider mais pour les étudier afin d’en révéler l’aspect socialement et historiquement construit, et d’en proposer une définition critique qui révèle cet aspect construit.

    Cet argument est donc à peu près aussi absurde que si on affirmait que parler de prolétariat pour critiquer l’exploitation reviendrait en fait à contribuer idéologiquement au capitalisme en acceptant de nous reconnaître comme des prolétaires. Ou encore qu’il ne faudrait pas utiliser le mot racisme parce que ce terme contient le mot race, donc valide le racisme. Il ne s’agit pas d’une question de mot mais d’analyse à laquelle ce mot renvoie et dans le contexte de laquelle il est employé.

    Pour lutter contre notre situation nous avons besoin de la nommer et de l’analyser parce que les catégories qui nous assignent sont déjà existantes. Nous ne choisissons pas de nous identifier à notre catégorie sociale, celle- ci s’impose à nous, de façon d’ailleurs assez violente, se reconnaître comme racisé.e ce n’est pas proclamer fièrement une identité, c’est simplement reconnaître que nous sommes la cible d’un dispositif d’assignation sociale spécifique, dispositif socialement construit que nous cherchons à analyser et contre lequel nous voulons lutter.

    Bref, comme le disait le proverbe « Il ne suffit pas de nier les barreaux d’une prison pour qu’ils disparaissent ».

    Cependant, si la récente polémique ouverte sur la racialisation dans le milieu libertaire est peut-être, entre autres, symptomatique d’une certaine forme de réaction contre la montée en puissance d’une analyse antiraciste critique dans ce dit milieu, on ne peut absolument pas se limiter à cette analyse.
    Premièrement parce que cette forme de réaction n’est pas le monopole de personnes plus ou moins assignées blanches. Deuxièmement parce qu’il ne s’agit pas uniquement d’une forme de réaction, au sens droitier du terme, parce que le champ lexical de la race a une connotation, en tout cas en France, purement raciste, et qu’il est absurde de vouloir nier cette histoire si l’on se prétend critique.

    Certes, le champ lexical de la race est aussi utilisé depuis maintenant longtemps de façon critique, dans les sciences- sociales [2] par exemple, mais cette utilisation est le fait de spécialistes qui maîtrisent la dimension critique de ces termes et le fait qu’ils se réfèrent, non à des réalités biologiques à proclamer mais à des constructions sociales à critiquer.

    Lorsque l’on sort un ensemble de termes de leur champ d’utilisation spécifique pour un autre, en l’occurrence pour les projeter dans le champ politique, surtout de façon ouvertement polémiste ou provocatrice, il est inévitable que cela suscite une levée de bouclier. Inévitable et même assez sain parce que cela révèle que ces termes restent choquants, ce qui est tout de même un bon signe même si cela ne produit pas que de bons effets. On ne peut pas nier la portée potentiellement choquante de l’usage de ces termes dans le champ politique en France, ni nier que ceux qui ont polémiqué sur leur usage aient pu le faire en toute bonne foi du fait de leur tradition politique ou de leur sensibilité.
    Le débat sur le racisme est un chantier qu’il faut assumer, c’est-à-dire déjà assumer le travail de réflexion, de débat, de pédagogie, voir d’auto- critique éventuelle, qu’il demande.

    Pour notre part, nous assumons d’utiliser le mot « race » pour désigner le « système d’assignation des individus à une catégorie, socialement construite, basée sur des marqueurs physiques/biologiques et/ou ethno- culturels, éventuellement justifiés par un discours pseudo- scientifique ».

    Si quelqu’un penser avoir un meilleur terme ou une meilleure définition à proposer, nous sommes à l’écoute.

    De notre point de vue on ne peut pas écarter a priori l’idée qu’une essentialisation du débat, et l’émergence de mouvements identitaires et racialistes pourraient survenir à la faveur de crises du capitalisme. On ne peut donc pas blâmer gratuitement ceux qui s’en inquiètent et de renvoyer cela à du racisme de leur part.

    Il faut donc ici rappeler une chose importante : c’est le racisme qui produit la race. Beaucoup de racisé.e.s se considèrent comme blanc.he.s et découvrent leur assignation raciale vers l’adolescence ou dans le monde du travail après avoir vécu sans aucun lien avec la soi- disant culture d’origine liée à leur racialisation.

    L’affirmation d’une identité, qu’elle soit ouvrière, raciale ou autre, à travers une culture réelle ou fantasmée, et les positions d’empowerment, si elles peuvent se comprendre comme formes de réaction à la brutalité de l’oppression subie, relèvent pourtant tout autant de la construction.

    Certes il peut être tentant, voir politiquement utile à un moment donné, de retourner le stigmate en revendication et de commencer à se construire un lien avec son assignation raciale sur des bases culturelles, en « cherchant ses racines » comme on dit.

    Le discours raciste à dominante biologique a produit des formes de résistance qui ont, en retour, investit le terrain du racialisme, comme le suprématisme noir américain.

    Pareillement, il peut être intéressant d’émettre l’hypothèse que le discours ethno-différentialiste, en mettant l’accent sur la culture, produit une réaction de surinvestissement de ce terrain, et donne lieu à l’apparition de discours d’empowerment identitaires, mais cette fois ci sur le mode culturaliste.
    De notre point de vue il s’agit cependant d’une stratégie obsolète, justement parce que, notamment du fort métissage, le racisme repose de moins en moins sur des identités fixes et bien définies. Il devient donc de plus en plus difficile de prétendre assigner une identité culturelle stable à une catégorie raciale.

    Les races comme catégories, qu’on les dise biologiques, culturelles ou même sociales, se révèlent de plus en plus floues tandis que la race, comme système d’assignation, devient de plus en plus précis et concret dans ses manifestations.
    On assiste ainsi, en France, à des offensives racistes se manifestant par des dispositifs législatifs ciblant des éléments matériels. On pensera évidemment aux mesures ciblant prioritairement les femmes, et leur habillement (voile à l’école, burkini sur la plage etc.). On pensera également à l’antiterrorisme et aux récentes polémiques sur les « tests de radicalisation » à l’école, pour ne prendre que cet exemple.

    Politiquement, ce ne sont pas les catégories (sans cesse changeantes) qui importent mais le système qui les fait exister, les modifie, les remplace par d’autres, et c’est pourquoi les stratégies d’empowerment identitaire nous paraissent obsolètes : les clichés sur la culture d’origine ou les marqueurs physiques ne sont qu’une partie de la racialisation. Etre racisé.e c’est être aussi un.e sauvage, un.e délinquant.e, un.e terroriste potentiel, une menace pour la civilisation, un archaïsme opposé au progrès etc. Il ne s’agit pas simplement de blagues sur le crépu des cheveux ou sur le fait de manger du couscous : les catégories raciales fonctionnent étroitement avec les catégories criminelles et/ou pénales, elles relèvent donc de problématique de gouvernement de la population.

    Population qui, dans les sociétés capitalistes, est essentiellement de la force de travail.

    Toujours pour prendre cet exemple, le racisme français se focalise notamment sur la question de l’Islam, et le prend pour prétexte à des avancées en matière sécuritaire et antiterroriste, et ces mesures n’impactent pas que les « racisé.e.s ».

    Notre hypothèse de travail, qui se veut critique, est que ce que l’on appelle le racisme semble constituer un moment du contrôle social de la force de travail dans les sociétés capitalistes. Rien ne semble indiquer qu’il existera toujours, en tout cas sous cette forme, ni qu’il ne sera pas intégré et/ou dépassé dans des formes de marquage et de contrôle social plus vastes et plus complexes, peut être hétérogènes à celles que nous connaissons actuellement.

    Notes

    [1] Tiens, ça glisse. Pamphlet anonyme.
    Jusqu’ici tout va bien. Pamphlet anonyme.

    [2] Patrick Simon. Les statistiques, les sciences sociales françaises et les rapports sociaux ethniques et de « race » in Revue française de sociologie. Volume 49. 2008.

    A lire sur :

    https://www.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-2008-1-page-153.htm
    Mirna Safi. Les inégalités ethno-raciales. (Editions La Découverte, Collection Repères). 2013.

    https://iaata.info/Utiliser-le-mot-race-1512.html

  • la honte du troll qui racole et accole tous types d’articles en commentaire car c’est un provocateur policier

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  • nL’autre versant du racisme : le privilège blanc (suite)

    […] L’ampleur de ces atouts, comme celle des discriminations qu’ils reflètent, varie considérablement selon l’âge, la classe, l’orientation sexuelle, le fait de vivre ou non un handicap, le sexe, etc. Leur nature change également selon les axes qui se croisent. C’est toute la problématique de l’intersectionnalité.

    – Il est très rarement fait allusion à la couleur de ma peau : la couleur est le propre des races autres que la mienne[24].

    – Les vêtements de couleur « chair » et les pansements sont en général adaptés à la couleur de ma peau.

    – Il est très peu probable que je sois présenté·e ou défini·e par la couleur de ma peau[25].

    – Il y a peu de chance qu’une personne inconnue touche mes cheveux dans la rue.

    – Les produits de beauté ont été pensés pour être la plupart du temps adaptés à la couleur de ma peau ou à la texture de mes cheveux. Ce sont les produits par défaut (comme les shampooings « cheveux normaux ») : je n’ai pas besoin de les chercher dans un rayon particulier[26].

    – Il y a très peu de chances que je sois victime de violences ou tué·e pour la seule raison que j’ai la peau blanche[27].

    – Les personnes de ma race sont largement représentées au sein du pouvoir politique[28].

    – Mes yeux n’ont pas de forme particulière, pas plus que mon nez ou mes cheveux, quand ceux de personnes d’autres races sont « bridés », « épatés », « crêpus »…

    – Je n’ai pas besoin d’éduquer mes enfants à être conscient·e·s du racisme systémique pour les protéger dans leur vie quotidienne.

    – Je peux être premier ou première de la classe ou gagner un prix sans être présenté·e comme un modèle d’intégration[29].

    – Il est très peu probable que je sois pris·e pour un voleur ou une voleuse sur la seule base de ma race[30].

    – Si j’ai du mal à obtenir à un poste élevé, je peux être sûr·e que ma race n’est pas le problème[31].

    – Je ne suis pas considéré·e comme une personne dont on devrait tolérer la différence, puisque je représente la norme. C’est au contraire moi qui peux, ou non, tolérer la différence des « autres »[32].

    – Je suis assuré·e que l’histoire (des sciences, de lettres, des arts...) représente de manière majoritaire et positive les représentants de ma race[33].

    – Je peux être sûr·e que si l’on fait preuve d’infantilisation, de condescendance ou de paternalisme à mon égard, ce n’est pas en raison de ma race.

    – Si je suis jeune, je ne suis pas assimilé·e à un·e délinquant·e sur la seule base de ma race[34].

    – Si ma candidature est écartée lors d’une recherche de logement[35] ou de travail[36], je ne me demande pas si c’est en relation avec ma race (ou mon nom, mon accent, mon adresse).

    – Je peux jurer, m’habiller avec des vêtements d’occasion ou ne pas répondre au courrier sans que les gens attribuent ces choix aux mauvaises mœurs, à la pauvreté ou à l’illettrisme de ma race.

    – Je peux être sûr·e que mes enfants recevront du matériel scolaire qui témoigne de l’existence de leur race, et pas seulement dans des situations dévalorisantes, problématiques ou exotiques[37].

    – Les films et les représentations populaires de manière générale ne charrient pas de stéréotypes liés à ma race[38].

    – Les « questions » ou « problèmes » liés à la race ne me concernent pas : on parle de « question noire », de « diversité » ou de « minorités visibles », jamais de « question blanche »[39].

    – De par ma culture, j’ai peu de réticence à laisser de côté les points de vue et les apports de gens d’autres races, y compris sur le sujet du racisme[40].

    – Des personnes de ma race ne seront pas accusées de se regrouper en un ghetto si elles vivent au même endroit.

    – Je peux facilement trouver des affiches, des cartes postales, des livres d’images, des poupées, des jouets et des magazines pour enfants représentant des gens de ma race.

    – Je n’ai pas été conditionné·e à ne pas m’aimer et à me sentir inférieur·e en raison de ma race[41].

    – Il est fort peu probable que l’on me demande d’où je viens dans l’une des premières conversations que j’ai avec une personne.

    – Je ne ressens pas le besoin de travailler de manière irréprochable dans l’espoir d’éviter de subir de la part d’autres personnes des comportements négatifs liés à leurs préjugés sur ma race.

    – J’ai très peu de chance de subir un contrôle d’identité par la police sans raison apparente[42].

    – Je peux critiquer notre gouvernement ou dire à quel point sa politique me fait peur sans être vu·e comme quelqu’un qui n’est pas de la même culture.

    – On ne me demande jamais de m’exprimer au nom de tous les membres de mon groupe racial.

    – Je peux être à peu près sûr·e, dans le cas où je demande à parler au « responsable », d’avoir affaire à quelqu’un de ma race.

    – Je peux avoir une odeur corporelle forte, manger avec les doigts, mâcher du chewing-gum bruyamment, ou encore parler fort sans m’inquiéter d’entacher la réputation des gens de ma race.

    – Je me sentirai bienvenu·e et « normal·e » dans la plupart des situations liées à la vie publique, institutionnelle et sociale[43].

    – Je ne suis pas réduit·e à ma race : je suis un individu quand d’autres sont « asiatiques », « arabes », « noir·e·s »...

    – Je peux m’inquiéter du racisme sans avoir l’air de défendre des intérêts égoïstes. Au contraire, je gagnerai en reconnaissance sociale.

    – Rien ne m’oblige à avoir conscience ni de la couleur de ma peau, ni des privilèges que m’octroie ma race.

    [À suivre : Le privilège masculin]

    Tous mes remerciements à V. A. pour sa relecture et son éclairage sur le sujet.

    Articles précédents

    Pourquoi nous avons besoin du féminisme en France au XXIe siècle
    Domination masculine : elle crève les yeux jusqu’à en être invisible
    Briser le tabou du privilège pour lutter contre le racisme et le sexisme

    https://blogs.mediapart.fr/segolene-roy/blog/050314/l-autre-versant-du-racisme-le-privilege-blancull

  • 7 septembre 13:33

    [1] Horia Kebabza, « “L’universel lave-t-il plus blanc ?” : “Race”, racisme et système de privilèges », Les Cahiers du CEDREF (Centre d’enseignement, de documentation et de recherches pour les études féministes), n° 14, 2006, « (Ré)articulation des rapports sociaux de sexe, classe et “race” », p. 145-172.

    [2] « Racisé·e » signifiant « renvoyé·e à une race », quand bien même la race est sans fondement biologique. Voir « Domination masculine : elle crève les yeux jusqu’à en être invisible », 13 décembre 2013.

    [3] Rokhaya Diallo, journaliste, militante antiraciste dans l’association Les Indivisibles, « Le privilège blanc », colloque Sous les masques du « racisme anti-Blancs ». Réflexions sur les enjeux du racisme et de l’antiracisme aujourd’hui, 9 février 2013.

    [4] On trouvera par exemple sur le sujet des textes très intéressants de Pierre Tevanian en français, et de Peggy McIntosh, traduite en partie en français, qui ont pour intérêt principal de s’interroger sur leur place de blanc·he dans le rapport de domination de race.

    Peggy McIntosh, « White Privilege : Unpacking the Invisible Knapsack » (extrait en anglais), partiellement traduit en français par l’association Mille Babords.
    Pierre Tevanian, « La question blanche. 3. Le privilège blanc. », Les mots sont importants, 2 janvier 2008.

    [5] Le Nègre Inverti, « Privilège blanc et circulation inégalitaire de la parole », blog Negreinverti, 12 décembre 2013 : « À un niveau personnel, tant que je reste dans une dynamique individuelle d’écriture, mon rôle est de savoir qui je cite, quelle parole je diffuse, à qui je donne de l’importance. Ce n’est pas parfait, loin de là, mais c’est désormais un effort constant de réflexions sur qui est-ce qui doit prendre de la place dans mes écrits, dans mes posts FB, dans mes tweets, et comment cette place doit être prise. Bien sûr que je citerai encore des blancs, s’ils ont une analyse à apporter sur un point important, et surtout, si cette analyse est faite avec une réflexivité sur leur position de blancs. Mais je ne veux pas ignorer les non-blancs non stars, non intellectuels, ou alors, diffuser leurs propos d’une manière qui les confine dans le témoignage à côté des blancs qui seraient dans l’analyse, la vraie. C’est de la violence mes ami·e·s, de la vraie violence symbolique. »

    [6] Kimberlé Crenshaw, Neil Gotanda, Gary Peller et Kendall Thomas, Critical Race Theory : The Key Writings That Formed the Movement, New York : The New Press, 1996, sur le croisement entre race, genre, orientation sexuelle et classe.

    [7] Tammouz Al-Douri, spécialisé en droit des discriminations, « Sous l’universalisme, les discriminations indirectes », Contretemps, 1er mai 2013 : « [Les discriminations indirectes, les plus difficilement qualifiables] les plus massives, produites par la norme apparemment neutre et universelle, lui posent problème [à l’universalisme.] Comment concevoir que l’universel puisse être discriminant ? Elles le menacent également car les discriminations indirectes témoignent de l’injustice que l’égalité formelle peut engendrer et constituent un argument en soi pour les revendications d’égalité réelle des groupes discriminés. Elles mettent un nom sur le sentiment d’injustice et la frustration que peuvent éprouver les victimes face à un ensemble de normes qui leur est présenté comme neutre. Mais surtout, elles qualifient juridiquement les discriminations qui sont produites à grande échelle, de manière intentionnelle ou non, sous couvert de neutralité et ouvrent la voie vers une action en justice pour y mettre fin. »

    [8] « bell hooks » est le pseudonyme, volontairement écrit sans majuscules, de Gloria Jean Watkins, universitaire noire états-unienne, auteure par exemple de Ain’t I a Woman ? : Black women and feminism (Cambridge : South End Press, 1981), en référence à la phrase de l’ancienne esclave Sojourner Truth, et Feminism is for Everybody : Passionate Politics (Cambridge : South End Press, 2000).

    [9] Dans le cadre d’ateliers d’écriture et de réflexion autour du racisme, bell hooks évoque la première fois où chacun·e a eu conscience de la question de la race : « Individual white people, moving from denial of race to awareness, suddenly realize that white-supremacist culture encourages white folks to deny their understanding of race, to claim as part of their superiority that they are beyond thinking about race. », Teaching Community : A Pedagogy of Hope, New York : Routledge, 2003.

    [10] « While it is a positive aspect of our culture that folks want to see racism end, paradoxically it is this heartfelt longing that underlines the persistence of the false assumption that racism has ended, that this is not a white-supremacist nation. »

    [11] Peggy McIntosh, « White Privilege : Unpacking the Invisible Knapsack » (extrait en anglais) : « Thinking through unacknowledged male privilege as a phenomenon, I realized that since hierarchies in our societies are interlocking, there was most likely a phenomenon of white privilege which was similarly denied and protected. » : « En me penchant sur le phénomène de la non-reconnaissance du privilège masculin, j’ai réalisé, puisque les hiérarchies dans notre société s’imbriquent les unes dans les autres, qu’il y avait très probablement un phénomène de privilège blanc pareillement nié et protégé. »

    [12] Rokhaya Diallo, « Le privilège blanc », colloque Sous les masques du « racisme anti-Blancs ». Réflexions sur les enjeux du racisme et de l’antiracisme aujourd’hui, 9 février 2013.
    Horia Kebabza, « “L’universel lave-t-il plus blanc ?” : “Race”, racisme et système de privilèges », Les Cahiers du CEDREF (Centre d’enseignement, de documentation et de recherches pour les études féministes), n° 14, 2006, « (Ré)articulation des rapports sociaux de sexe, classe et “race” », p. 145-172.
    Ms Dreydful, « Parlons privilège blanc, voulez-vous ? », blog Ms Dreydful, 29 mars 2013.
    Peggy McIntosh donne 50 exemples, dont 26 apparaissent dans cet extrait de « White Privilege : Unpacking the Invisible Knapsack ».

    [13] Peggy McIntosh, « White Privilege : Unpacking the Invisible Knapsack » (extrait en anglais).

    [14] Pap Ndiaye, La condition noire, Essai sur une minorité française, Paris : Calmann-Lévy, 2008, p. 33 : « Les “races” n’existent pas en elles-mêmes, mais en tant que catégories imaginaires historiquement construites. »

    [15] « […] quoi que je fasse dans ce pays, en dépit de mon lieu de naissance et de résidence, malgré mon appartenance juridique à la communauté nationale française, quels que soient mes positionnements politiques, mes dispositions philosophiques et morales, mes idées métaphysiques et religieuses, je risque fort, de par un certain nombre de stigmates que je porte, d’être perçu irrémédiablement et désigné par un nombre assez important de personnes comme un « Arabe » et un musulman. », Faysal Riad, « De quoi, de qui veut-on parler lorsqu’on utilise le mot “arabe”... pour les autres, et pour soi-même ? », Les mots sont importants, 9 novembre 2009.

    [16] Qu’est-ce qu’être noir·e puisque la race n’existe pas ? Avoir une certaine couleur de peau ? Voir Sarah Barness, « Striking Photos Challenge The Way We See Blackness », Huffington Post, 13 février 2014.
    Qu’est-ce qu’être « arabe » ? Être arabe est distinct d’être originaire du Maghreb, distinct d’être arabophone, d’être musulman·e, etc., voir Faysal Riad, « De quoi, de qui veut-on parler lorsqu’on utilise le mot “arabe”... pour les autres, et pour soi-même ? », Les mots sont importants, 9 novembre 2009.

    [17] Jean-Louis Pan Ké Shon, « Discrimination au logement et ségrégation ethno-raciale en France », Les après-midi, n° 19, Profession banlieue, 15 mars 2011.

    [18] François Héran (ex-directeur de l’INED), « Les statistiques ethniques “interdites” en France : une belle hypocrisie », Le Plus du Nouvel Observateur, 24 avril 2012.

    [19] Pap Ndiaye, La condition noire. Essai sur une minorité française, Paris : Calmann-Lévy, 2008, p. 260.

    [20] Véronique De Rudder et François Vourc’h, « Quelles statistiques pour quelle lutte contre les discriminations ? », Journal des anthropologues, n° 110-111, 2007, « De l’anthropologie de l’autre à la reconnaissance d’une autre anthropologie », p. 373-378 : « Cela ne signifie pas que toute enquête soit impossible, dès lors que ses méthodes excluent la conservation de fichiers permettant d’imputer une “race” ou une “ethnicité” à des personnes, et qu’on y reste au plus près des catégories “spontanées”, soit celles qui s’imposent dans les rapports de forces d’une conjoncture sociale, économique et politique elle-même changeante. »

    [21] Une quantité monumentale d’exemples est donnée en anglais sur le tumblr « This is White privilege » par des internautes.

    [22] Je pense notamment aux rapports et aux études – ou leur synthèse par des blogueuses – que l’on trouve sur Internet.

    [23] Je précise que bénéficiant du privilège blanc, il m’est difficile d’en saisir l’ampleur et les conséquences dans mille et une situation de la vie quotidienne. Je le découvre, de manière forcément partielle, au fur et à mesure de mes lectures et conversations, et suis consciente que cet exercice, indispensable à l’échelle individuelle, a des limites dans le cadre d’un article sur le sujet.

    [24] Rokhaya Diallo, « Le privilège blanc », colloque Sous les masques du « racisme anti-Blancs ». Réflexions sur les enjeux du racisme et de l’antiracisme aujourd’hui, 9 février 2013.

    [25] « En général, les Blancs sont posés comme la normalité détentrice de tous les attributs généraux face aux particularités des minorités. Considérés comme la base à partir de laquelle se définit l’altérité, ils sont la norme implicite. Pour évoquer une personne blanche, nul besoin d’indiquer sa couleur de peau. Dire : “J’ai croisé un homme dans le métro”, c’est présupposer que ledit homme est blanc. En revanche, pour les minorités on précise : “Un Asiatique, un Arabe a fait ça”. », Rokhaya Diallo, « Le privilège blanc », colloque Sous les masques du « racisme anti-Blancs ». Réflexions sur les enjeux du racisme et de l’antiracisme aujourd’hui, 9 février 2013.

    [26] « Parler “d’ethnique” c’est rendre l’appartenance minoritaire particulière. L’ethnicité est “l’humanité des autres”, les individus blancs étant positionnés en dehors de toute considération ethno-raciale. Jamais ceux-ci ne sont perçus à travers un prisme racial. Plusieurs secteurs de la grande distribution se sont appropriés le mot “ethnique” : dans l’industrie alimentaire, le terme s’est substitué à “exotique” et dans le domaine des cosmétiques, les produits de beauté « ethniques » sont ceux réservés aux femmes non-blanches. », Rokhaya Diallo, « Le privilège blanc », colloque Sous les masques du « racisme anti-Blancs ». Réflexions sur les enjeux du racisme et de l’antiracisme aujourd’hui, 9 février 2013.

    [27] Rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, 2008, voir « Victimes de la violence raciste et antisémite », p. 22.
    Fausto Giudice, Arabicides : une chronique française, 1970-1991, Paris : La Découverte, 1992.
    France culture, émission Sur les docks,« Marcher – encore – pour l’égalité », 22 mai 2013.

    [28] Éric Keslassy, note Ouvrir la politique à la diversité, institut Montaigne, janvier 2009. Voir la conférence au cours de laquelle l’auteur expose ses conclusions en dix minutes, puis où s’expriment les femmes politiques Rama Yade et Najat Vallaud-Belkacem et l’historien Pap Ndiaye.

    [29] Said Bouamama, « L’intégration contre l’égalité », Les mots sont importants, 2 novembre 2005.

    [30] Marie Piquemal, « Cinq clichés sur les gens du voyage », entretien avec l’anthropologue Marc Bordigoni, Libération, 23 juillet 2013.

    [31] Pap Ndiaye, La condition noire. Essai sur une minorité française, Paris : Calmann-Lévy, 2008, p. 276 : « […] contrairement à l’opinion commune, plus la position sociale est élevée, plus la discrimination raciale est susceptible de se faire sentir dans le monde du travail. »

    [32] Pierre Tevanian, « En finir avec l’antiracisme d’État. Limites et mérites de la tolérance (4e partie) », Les mots sont importants, 11 décembre 2013.

    [33] Tandis que des pans entiers de l’histoire de l’humanité restent à reconnaître ou à révéler : l’apport des femmes, des non-blanc·he·s, de toutes celles et ceux qui ont fait et font l’objet d’une domination.
    Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber, Le dictionnaire universel des créatrices, Paris : éditions Des Femmes et Belin, 2013, 4 800 p.
    Jean-Michel Djian, « Les manuscrits sauvés de Tombouctou », Le Monde, 7 février 2013. Projet « Manuscrits de Tombouctou », pour la sauvegarde, la traduction et l’exploitation de manuscrits en arabe et en langues africaines transcrites en écriture arabe, témoignant d’une recherche scientifique méconnue, allant du XIIIe au XXe siècle.
    Aux États-Unis d’Amérique il était interdit aux esclaves de déposer des brevets pour leurs inventions, que s’appropriaient leurs maîtres. Voir Yves Antoine, Inventeurs et savants noirs, Paris : L’Harmattan, 2012.

    [34] Gregory Derville, « La stigmatisation des “jeunes de banlieue” », Communication et langage, vol. 113, 2007, p. 104-117.

    [35] Jean-Louis Pan Ké Shon, « Discrimination au logement et ségrégation ethno-raciale en France », Les après-midi, n° 19, Profession banlieue, 15 mars 2011.

    [36] Cris Beauchemin, Christelle Hamel, Maud Lesné, Patrick Simon et l’équipe de l’enquête TeO, « Les discriminations : une question de minorités visibles », Population et Sociétés, n° 466, avril 2010.
    Rapport public de Roger Dauroux, La lutte contre les discriminations ethniques dans le domaine de l’emploi, éd. ministère de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, 2005, voir quelques exemples p. 7.

    [37] Rapport Place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires, http://medias.formiris.org/atoutdoc_rapports_331_1.pdf réalisé par l’université de Metz pour le compte de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité, sous la direction de Pascal Tisserant et Anne-Lorraine Wagner, 2008, p. 117-137 (en voir aussi la synthèse).

    [38] Éric Macé, « Des “minorités visibles” aux néostéréotypes. Les enjeux des régimes de monstration télévisuelle des différences ethnoraciales », Journal des anthropologues, hors-série Identités nationales d’État, 2007, p. 69-87.

    [39] Pierre Tevanian, « La question blanche », Les mots sont importants, 2 janvier 2008.

    [40] Horia Boutelja et Sadri Khiari, « Ni pote, ni soumis. “Nous ne serons pas sauvés par l’antiracisme blanc” », 12 mai 2012.

    [41] Voir le livre du psychiatre français (martiniquais) Frantz Fanon, Peaux noires, masques blancs (Le Seuil, 1952), un ouvrage fondamental sur les conséquences psychologiques de la colonisation chez les Antillais·e·s, dans lequel le médecin veut entreprendre la désaliénation des Noir·e·s, auxquel·le·s la colonisation a appris à se considérer comme inférieur·e·s : « Ce travail vient clore sept ans d’expériences et d’observations ; quel que soit le domaine par nous considéré, une chose nous a frappé : le nègre esclave de son infériorité, le Blanc esclave de sa supériorité, se comportent tous deux selon une ligne d’orientation névrotique. » « L’infériorisation est le corrélatif indigène de la supériorité européenne. Ayons le courage de le dire : c’est le raciste qui crée l’infériorisé. »

    Il cite en exergue de son livre cette phrase d’Aimé Césaire issue du Discours sur le colonialisme : « Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement le désespoir, le larbinisme. » (Paris : Présence Africaine, 1955, p. 20)

    Voir aussi l’effet du racisme et des représentations racistes sur la perception de soi au travers de l’expérience de la poupée noire et de la poupée blanche menée avec des enfants par les psychologues Mamie et Kenneth Clarck en 1947 aux États-Unis, quand le pays était ségrégationniste.

    [42] CNRS, « Police et minorité visible : les contrôles d’identité à Paris », enquête de Fabien Jobard et René Lévy à Paris, 2009.

    [43] Yael Brinbaum, Mirna Safi et Patrick Simon, « Les discriminations en France : entre perception et expérience », Documents de travail, n° 183, INED.
    L’exemple de la police et de l’hôpital : Marc Loriol, Valérie Boussard et Sandrine Caroly, « Discrimination ethnique et rapport au public : une comparaison interprofessionnelle », plateforme HAL Sciences humaines et sociales, 8 septembre 2010.

    https://blogs.mediapart.fr/segolene-roy/blog/050314/l-autre-versant-du-racisme-le-privilege-blanc

  • 9 septembre 15:45

    La honte du troll qui racole et accole tous types d’articles en commentaire car c’est un provocateur policier

    * Nik les frontières

    * No one is illegal

    * Nik les nations

      • à bas les frontières
  • Trolls racistes dans es poubelles de l’Histoire

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 26 juillet 2017 à 17:42 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    Ceci n’est pas un article...

    https://nantes.indymedia.org/articles/38258

    Article refusé.

    Publié : le mardi 25 juillet 2017 à 23:03 par modo

    Ceci n’est pas un article... et sans doute un trollage.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38255

    Article refusé.

    Publié : le mardi 25 juillet 2017 à 22:53 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38254

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:37 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38190

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:39 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38189

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:41 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38188

    Article refusé.

    Publié : le samedi 15 juillet 2017 à 15:56 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38186

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:38 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38185

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:39 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38182

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 13 juillet 2017 à 23:01 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38172

    Article refusé.

    Publié : le mardi 11 juillet 2017 à 21:01 par modo

    TROLLAGE RELOU.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 7 juillet 2017 à 15:21 par modo

    spam de trollage....

    https://nantes.indymedia.org/articles/38140

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:13 par modo

    trollage..................

    https://nantes.indymedia.org/articles/38135

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:06 par modo

    trollage. les explications ont été données à chaque fois. Les "anti-racialistes" et les trolls n’ont pas leur place sur indymedia.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38133

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:05 par modo

    trollage. les commentaires qui nourrissent le(s) troll(s) ont été viré aussi.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38132

    Article refusé.

    Publié : le mardi 4 juillet 2017 à 15:37 par modo

    spam trollesque....

    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Article refusé.

    Publié : le mardi 4 juillet 2017 à 16:53 par modo

    trollage

    https://nantes.indymedia.org/articles/38117

    Article refusé.

    Publié : le samedi 1 juillet 2017 à 21:51 par modo

    spam.

    pour rappel : " sauf à dénoncer PLUSIEURS types de courants politiques et/ou types de courants religieux oposés à l’émancipation, en l’état un tel article n’est qu’un trollage islamophobe de plus.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38115

    Article refusé.

    Publié : le samedi 1 juillet 2017 à 21:53 par modo

    Enième trollage.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 30 juin 2017 à 19:27 par modo

    ce compte-rendu technique de quelques partis trop bien choisis n’a pas de rapport avec indymedia nantes. sauf à dénoncer plusieurs types de courants politiques et types de courants religieux oposés à l’émancipation, en l’état un tel article n’est qu’un trollage islamophobe de plus.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38109

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 28 juin 2017 à 22:33 par modo

    Trollage confusioniste.

    Les amis de Juliette et du printemps semblent avoir du temps à perdre à faire passer pour "identitaires" "racistes" toute personne personne qui diffuse des textes qui ne lui reviennent pas
    nous on a autre chose à faire que faire des enquêtes de purisme des auteurs de la Fabrique qui publie bien ce qu’elle veut. et faire un raccourci "PIR, LMSI, BDS, CRAN" est assez puant.
    Pour faire court, les "anti-racialistes" ne sont pas les bienvenus sur indymedia nantes.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38096

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 22 juin 2017 à 20:12 par modo

    HAAAAAAAAA les joies du trollage... mais allez jouer ailleurs au lieu de semez vos gerbes anti palestinien-ne-s ici.... On vire un commentaire du même troll pour le coup encore plus gerbant.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38053

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 16 juin 2017 à 07:08 par modo

    Trollage. Z’avez vraiment que ça à faire ?

    https://nantes.indymedia.org/articles/38009

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 15 juin 2017 à 12:32 par modo

    Vieux texte de Novembre 2016 posté ici manifestement dans le but de troller.
    Un commentaire pas tellement plus fin a également été caché.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38002

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 16 juin 2017 à 17:51 par modo

    Les articles sur l’antiracisme sont les bienvenus sur Indymedia Nantes.
    Cela dit, étant donné que les "débats" sur cette question sont rendus impossibles ces derniers temps, le collectif a décidé de refuser tout article qui se baserait sur les mots "racialisme" ou "anti-racialisme". Comme nous l’avons déjà exprimé lors d’un autre commentaire collectif, nous ne pouvons cautionner l’usage de ces mots, d’origine raciste et utilisés actuellement à contre-sens.

    De même, les articles à propos de ou par Houria Boutelja ou le PIR sont refusés. Le collectif souhaite que cette question importante du racisme et du vécu des personnes racisées puisse être visibilisée sans polariser autour de deux positions dans lesquelles il ne se reconnait pas, cette polarisation ne permettant pas un débat sur le fond.
    Il y a bien d’autres positions que celles-ci, et le collectif souhaiterait qu’elles puissent s’exprimer.

    https://nantes.indymedia.org/articles/37999

    Article refusé

    Publié : le dimanche 11 juin 2017 à 17:09 par modo

    Nouvel extrait du brulot "la race comme si vous y étiez", dont plusieurs extraits confusionistes sur la racisme ont déjà été refusés. De plus ces publications servent visiblement de défouloir en comentaires à une / des personnes de Paris qui se comportent en trolls et feraient mieux de régler une fois pour toutes leurs problème sirectement plutôt que troller partout...
    Un autre commentaire sur notre position comme collectiif quand à la lutte des personnes racisées sera ajouté bientôt.

    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 8 juin 2017 à 21:27 par modo

    en fait c’est un copié-collé d’un vieil article uniquement là pour troller et nous faire astturer sur le sujet, donc hop, refusé !

    https://nantes.indymedia.org/articles/37951

    Cet article est refusé :

    Rappel des [principes de publication sur Indymedia Grenoble->

    Sont refusées, mais restent consultables sur le site, les contributions :
    défendant des thèses conspirationnistes/complotistes/confusionnistes.

    « Cette idéologie séparatiste insufflée par le NPA et le Qatar »

    C’est moi, ou ça pue le confusionnisme ? ou, à tout le moins, un certain manque de contextualisation et d’argumentation qui peut faire passer l’article comme tel ?

    Par ailleurs, Indymedia en général et Indymedia Grenoble en particulier ne me semblent en général pas particulièrement être un endroit où se défendent les « principes républicains ».

    En plus la page Facebook donne plus l’impression d’être une vaste blague qui cherche à se moquer des anti-racialisateur sur le mode du Gorafi, mais… en fait il semble qu’il s’agisse vraiment de gens sérieux (et si c’est en effet le cas, ils sont vraiment cons). Ça fait un peu peur.

    https://grenoble.indymedia.org/2017-07-06-Defendre-la-liberte-d-expression

    Cet article est refusé :

    Article copié/collé depuis Indymedia Bruxelles et Indymedia Nantes, par ailleurs classé dans aucune catégorie.

    Indymedia Grenoble n’est pas un réceptacle à articles copiés-collés, ni mediaslibre.org, ni rezo.net. Merci d’avance de prendre ceci en compte !

    Nous voulons vraiment re-privilégier fortement la production d’une information locale et d’articles originaux.

    Nous tenons à rappeler que la masse de contenus non-appropriés à modérer est l’une des raisons pour laquelle l’équipe précédente a fini par abandonner le site l’année dernière, avant de passer la main.

    Il serait courtois de la part des « contributeurs » d’en prendre compte.

    Merci d’avance.

    https://grenoble.indymedia.org/2017-06-29-Les-positions-bourgeoises-de-l

  • 12 septembre 00:40

    Aider des migrant-e-s sur les bases de l’UJFP ou du troll provocateur policier, c’est se tirer une balle dans le pied ...

      • Résistance réelle et non virtuelle et bourgeoise
  • Relatant une manifestation de soutien aux Palestiniens qui a eu lieu à Roubaix le 19 juillet, un journaliste de Nord Eclair, Bruno Renoul, s’est offusqué de voir une banderole présentant un drapeau israélien sur lequel l’étoile de David avait été remplacée par une croix gammée.

    Ce journaliste explique que l’Etat d’Israël n’est pas un Etat totalitaire et qu’on ne saurait le comparer à l’Etat nazi. Et pour conforter son raisonnement, il ajoute que comparer l’Etat d’Israël au Troisième Reich est "injurieux pour les victimes du nazisme dont les Juifs ont été les cibles principales".

    Disons d’abord un premier contresens, l’Etat d’Israël serait donc l’Etat des Juifs, ce qui conduit à considérer toute critique de la politique de cet Etat comme une forme d’antisémitisme, argument malheureusement trop courant.
    Mais ce qui importe, plus important qu’une équation lapidaire "sionisme = nazisme", c’est de chercher ce qui est commun à ces deux idéologies qui toutes deux s’appuient sur la notion d’Etat-Nation telle qu’elle a été théorisée par Herder au tournant des XVIIIe-XIXe siècle et qu’elle s’est développée en Europe.

    La notion d’Etat-Nation peut conduire à un nationalisme extrême exclusif que l’on retrouve dans le fascisme italien, le nazisme allemand et aujourd’hui le sionisme israélien.

    La question est moins d’identifier ces idéologies que de comprendre ce qu’elles ont de commun, ce commun se définissant, en ce qui concerne le nazisme et le sionisme, par la pureté ethnique, le terme "ethnique" restant suffisamment ambigu pour prêter à toutes les interprétations.

    Le nazisme voulait un Etat purement aryen et pour cela voulait vider l’Allemagne de tous ses éléments non aryens dont les Juifs.

    Le sionisme, quant à lui, veut construire un Etat juif, moins au sens religieux que dans un sens ethnique mal défini, et pour cela veut vider l’Etat d’Israël de tous ses éléments non juifs.

    Cette volonté de pureté ethnique est l’un des points communs aux deux idéologies nazie et sioniste et je ne vois pas au nom de quoi il serait interdit de le dire.

    Affirmer que l’on ne peut comparer le nazisme et le sionisme sous prétexte que les Juifs ont été victimes du nazisme s’appuie d’abord sur un premier contre-sens qui fait du sionisme, non une idéologie juive, ce qu’elle est effectivement puisque inventée par des Juifs, mais l’idéologie des Juifs, de tous les Juifs, ensuite sur une incompréhension du sionisme, idéologie européenne construite par des Juifs européens, qui ont cru trouver dans la construction d’un Etat juif la solution à l’antisémitisme européen.

    Malheureusement, en voulant construire cet Etat dans un pays peuplé, la Palestine, ils ont transformé une idéologie qu’ils voulaient libératrice en mouvement de conquête et c’est cela qui fait du sionisme un nationalisme extrême au même titre que le nazisme.

    C’est ce nationalisme extrême qui conduit aujourd’hui la politique israélienne à chercher à éradiquer la terre d’Israël de toute présence non juive, que ce soit sous la forme militaire brutale, telle l’agression contre Gaza ou, il y a
    quelques années, la répression des Intifadas, que ce soit sous la forme de l’occupation ou que ce soit sous la forme de ce qu’on appelle les colonies, lesquelles ne sont qu’une façon d’abord de débarrasser la terre de ses habitants palestiniens ensuite de l’annexer pour en faire une terre israélienne.

    J’ajouterai un point qui est loin d’être anecdotique sur les ressemblances entre le sionisme et le nazisme. Hitler a cru trouver dans un symbole venu d’Asie, la staviska, un symbole de la pureté aryenne ; une façon de confisquer un symbole qui n’a rien à voir avec le nazisme ; ainsi on trouve des croix gammées dans des pagodes bouddhistes.
    La façon dont le sionisme utilise l’étoile de David, y compris pour le drapeau israélien, est plus pernicieuse. L’étoile de David est un vieux symbole juif qui n’a rien à voir avec le sionisme. En confisquant ce symbole à son profit, le sionisme se présente comme le représentant exclusif des Juifs et amène ainsi à considérer à tort l’étoile de David comme un symbole israélien.

    On comprend alors que l’étoile de David puisse devenir un objet de répulsion comme la staviska a pu devenir un objet de répulsion. Ce qui est choquant, c’est alors moins la répulsion devant un objet détourné de sa signification première que l’usage qui en est fait par des idéologies meurtrières.

    On pourrait dire la même chose du nom même de l’Etat qui s’appelle Israël. Le nom "Israël" représente une longue histoire et c’est cette histoire que le sionisme a voulu confisquer. Lorsque j’entends le slogan "Israël assassin", je suis choqué moins par le fait que l’on puisse crier un tel slogan mais par la façon dont une idéologie nationaliste extrême a conduit à ne voir Israël qu’à travers l’Etat d’Israël et son idéologie fondatrice, le sionisme.

    http://la-feuille-de-chou.fr/archives/70206

  • Conseillons la lecture

     :

    Les positions bourgeoises, nationalistes, électoralistes, étatistes de L’UJFP

  • à propos des "positions bourgeoises" de l’UJFP, si vous aimez rire :

    https://nantes.indymedia.org/articles/38071

    https://lille.indymedia.org/spip.php?article30919

    https://grenoble.indymedia.org/2017-06-29-Les-positions-bourgeoises-de-l

    Si on veut comprendre les motivations de ces attaques contre l’UJFP, il faut voir qui se cache derrière et qui l’UJFP dérange le plus. Voir les commentaires sur Indy Nantes :

    https://nantes.indymedia.org/articles/38071

    Pour répondre à un questionnement…

    Comment Publié : le vendredi 30 juin 2017 à 11:17 par VSGCI

    Le texte taxé de « fascisme » par le précédent commentaire est une réponse à ceci :

    « Nourris par ces intérêts vertigineux, les États qui interviennent contre Daech sur des territoires spoliés, le font aussi pour des raisons géo-économico-politiques – c’est évident. Et, les bombes ciblant un terroriste ou un groupe d’entre eux, ne peut éviter les civiles – c’est évident aussi. S’il n’y a pas de guerre propre, une guerre légitimée par la sécurité à laquelle sont attachés tous les habitants de la terre, ne peut se livrer que strictement dans le respect inconditionnel du droit international, même s’il est loin d’être parfait en raison des rapports de force qui le constituent (voir les résolutions de l’ONU jamais appliquées par Israël).

    C’est ces raisons que nous réaffirmons, avec d’autres, ici et ailleurs, qu’une vie humaine est une vie humaine. Du Soudan ou du Nigeria, de Syrie ou d’Irak, de France ou de Belgique, chaque vie est à la fois la même et unique.

    Nous ne pouvons, donc, que réaffirmer nos convictions, avec de véritable sociétés civiles, sur la nécessité absolue de construire des alternatives par la paix en tant que projet politique global de l’humanité dans la sécurité de tous et protégé par des Etats de droit dignes de ce nom dans le cadre de démocraties ouvertes à toutes et à tous. Cela suppose la rupture nette avec les régimes corrompus et tyranniques du Proche Orient, comme une condition politique majeure. Cela suppose en même temps de donner les moyens de mobilisation aux peuples pour reconstruire des projets démocratiques. Les peuples concernés directement sont les plus à même de combattre l’organisation mafieuse de Daech. Cela suppose aussi, en termes de moyens, que l’occident paye son confort, un confort insultant et humiliant des peuples qu’il a paupérisé sur leur propre sol. L’argent en tant que nerf de la guerre, oui à la guerre contre les inégalités, oui pour un nouveau type de plan Marshall du partage des richesses.

    Nous considérons plus que jamais que face à la terreur, la contre terreur est contre-productive. La guerre provoque et/ou amplifie d’autres guerres.

    Seule une politique de paix digne de ce nom est et restera le projet de l’Humanité tel que le rêvent au quotidien et en pratique tous les peuples de la Terre.{} »

    http://www.ujfp.org/spip.php?article5079

    Il suffit de savoir lire pour comprendre que c’est une très classique défense de « l’Etat de droit » que nous connaissons bien, surtout dès qu’il s’agit de manifester ou de se battre pour nous défendre contre lui…

    Et la réponse :

    Petit précis de novlangue

    Comment Publié : le samedi 1 juillet 2017 à 20:12 par A.T.

    Le représentant officiel du CCI sur Indymedia vient encore une fois nous donner la mesure de ses méthodes de « débat » qu’il confond avec les manipulations en usage dans les milieux politiques.

    D’abord, comment sait-il que « l’article » de calomnies répond à l’article publié par l’UJFP ( http://www.ujfp.org/spip.php?article5079 ), puisqu’il n’en est nulle part fait mention dans le texte ? Ça serait pas par hasard parce que c’est lui qui l’a envoyé en « oubliant » de le signer ? La ficelle est un peu grosse, mais tout est bon pour les « pros » de la manipulation. Et si ce texte publié par l’UJFP n’a pas été cité dans un premier temps, c’est parce que le but n’était pas de l’attaquer sur un point précis, mais GLOBALEMENT, sans avoir besoin de la moindre référence, comme un fait indiscutable, dans la plus pure tradition des procès de Moscou. C’est quand les critiques ont commencé à arriver qu’il s’est cru obligé de trouver une « explication » à des calomnies aussi délirantes.

    Mais l’exemple était particulièrement mal choisi puisque jamais cet article n’avait été envoyé sur Indymedia. Ainsi, les trolls régleraient leurs comptes avec l’UJFP sur Indymedia à partir d’articles jamais publiés sur Indymedia ? Si c’est pas du trollage, j’aimerais bien qu’on m’explique ce que c’est.

    Et il y a plus fort, car cet article N’EST PAS DE l’UJFP ! Comme beaucoup d’autres sites de lutte, l’UJFP publie des textes qu’elle considère comme intéressants sur un sujet donné sans forcément adhérer à leurs positions. C’est ce que font Iaata, Paris-Luttes, Rebellyon, Mille Bâbords, Expansive, etc. Et aussi… Indymedia.

    Alors utiliser un texte de l’“Association des travailleurs maghrébins de France” pour établir un réquisitoire exhaustif et définitif contre l’UJFP, c’est plus que du trollage, c’est une saloperie !

    Encore une chose sur l’emploi de la langue de bois. Notre vieux « sympathisant » qui a les réponses toutes prêtes avant même d’avoir lu les questions, nous assène que son texte aurait été « taxé de “fascisme” ». Ce n’est évidemment pas du tout ça : il est dit que le CCI et ses amis dénoncent plus volontiers les « projets démocratiques » que les « projets fascistes » ou les « projets racistes ». Mais faire des raccourcis, c’est plus facile pour embobiner les gens.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38071#comment-282256

  • Conseillons la lecture

     :

    Les positions bourgeoises, nationalistes, électoralistes, étatistes de L’UJFP

  • à propos des "positions bourgeoises" de l’UJFP, si vous aimez rire :

    https://nantes.indymedia.org/articles/38071

    https://lille.indymedia.org/spip.php?article30919

    https://grenoble.indymedia.org/2017-06-29-Les-positions-bourgeoises-de-l

    Si on veut comprendre les motivations de ces attaques contre l’UJFP, il faut voir qui se cache derrière et qui l’UJFP dérange le plus. Voir les commentaires sur Indy Nantes :

    https://nantes.indymedia.org/articles/38071

    Pour répondre à un questionnement…

    Comment Publié : le vendredi 30 juin 2017 à 11:17 par VSGCI

    Le texte taxé de « fascisme » par le précédent commentaire est une réponse à ceci :

    « Nourris par ces intérêts vertigineux, les États qui interviennent contre Daech sur des territoires spoliés, le font aussi pour des raisons géo-économico-politiques – c’est évident. Et, les bombes ciblant un terroriste ou un groupe d’entre eux, ne peut éviter les civiles – c’est évident aussi. S’il n’y a pas de guerre propre, une guerre légitimée par la sécurité à laquelle sont attachés tous les habitants de la terre, ne peut se livrer que strictement dans le respect inconditionnel du droit international, même s’il est loin d’être parfait en raison des rapports de force qui le constituent (voir les résolutions de l’ONU jamais appliquées par Israël).

    C’est ces raisons que nous réaffirmons, avec d’autres, ici et ailleurs, qu’une vie humaine est une vie humaine. Du Soudan ou du Nigeria, de Syrie ou d’Irak, de France ou de Belgique, chaque vie est à la fois la même et unique.

    Nous ne pouvons, donc, que réaffirmer nos convictions, avec de véritable sociétés civiles, sur la nécessité absolue de construire des alternatives par la paix en tant que projet politique global de l’humanité dans la sécurité de tous et protégé par des Etats de droit dignes de ce nom dans le cadre de démocraties ouvertes à toutes et à tous. Cela suppose la rupture nette avec les régimes corrompus et tyranniques du Proche Orient, comme une condition politique majeure. Cela suppose en même temps de donner les moyens de mobilisation aux peuples pour reconstruire des projets démocratiques. Les peuples concernés directement sont les plus à même de combattre l’organisation mafieuse de Daech. Cela suppose aussi, en termes de moyens, que l’occident paye son confort, un confort insultant et humiliant des peuples qu’il a paupérisé sur leur propre sol. L’argent en tant que nerf de la guerre, oui à la guerre contre les inégalités, oui pour un nouveau type de plan Marshall du partage des richesses.

    Nous considérons plus que jamais que face à la terreur, la contre terreur est contre-productive. La guerre provoque et/ou amplifie d’autres guerres.

    Seule une politique de paix digne de ce nom est et restera le projet de l’Humanité tel que le rêvent au quotidien et en pratique tous les peuples de la Terre.{} »

    http://www.ujfp.org/spip.php?article5079

    Il suffit de savoir lire pour comprendre que c’est une très classique défense de « l’Etat de droit » que nous connaissons bien, surtout dès qu’il s’agit de manifester ou de se battre pour nous défendre contre lui…

    Et la réponse :

    Petit précis de novlangue

    Comment Publié : le samedi 1 juillet 2017 à 20:12 par A.T.

    Le représentant officiel du CCI sur Indymedia vient encore une fois nous donner la mesure de ses méthodes de « débat » qu’il confond avec les manipulations en usage dans les milieux politiques.

    D’abord, comment sait-il que « l’article » de calomnies répond à l’article publié par l’UJFP ( http://www.ujfp.org/spip.php?article5079 ), puisqu’il n’en est nulle part fait mention dans le texte ? Ça serait pas par hasard parce que c’est lui qui l’a envoyé en « oubliant » de le signer ? La ficelle est un peu grosse, mais tout est bon pour les « pros » de la manipulation. Et si ce texte publié par l’UJFP n’a pas été cité dans un premier temps, c’est parce que le but n’était pas de l’attaquer sur un point précis, mais GLOBALEMENT, sans avoir besoin de la moindre référence, comme un fait indiscutable, dans la plus pure tradition des procès de Moscou. C’est quand les critiques ont commencé à arriver qu’il s’est cru obligé de trouver une « explication » à des calomnies aussi délirantes.

    Mais l’exemple était particulièrement mal choisi puisque jamais cet article n’avait été envoyé sur Indymedia. Ainsi, les trolls régleraient leurs comptes avec l’UJFP sur Indymedia à partir d’articles jamais publiés sur Indymedia ? Si c’est pas du trollage, j’aimerais bien qu’on m’explique ce que c’est.

    Et il y a plus fort, car cet article N’EST PAS DE l’UJFP ! Comme beaucoup d’autres sites de lutte, l’UJFP publie des textes qu’elle considère comme intéressants sur un sujet donné sans forcément adhérer à leurs positions. C’est ce que font Iaata, Paris-Luttes, Rebellyon, Mille Bâbords, Expansive, etc. Et aussi… Indymedia.

    Alors utiliser un texte de l’“Association des travailleurs maghrébins de France” pour établir un réquisitoire exhaustif et définitif contre l’UJFP, c’est plus que du trollage, c’est une saloperie !

    Encore une chose sur l’emploi de la langue de bois. Notre vieux « sympathisant » qui a les réponses toutes prêtes avant même d’avoir lu les questions, nous assène que son texte aurait été « taxé de “fascisme” ». Ce n’est évidemment pas du tout ça : il est dit que le CCI et ses amis dénoncent plus volontiers les « projets démocratiques » que les « projets fascistes » ou les « projets racistes ». Mais faire des raccourcis, c’est plus facile pour embobiner les gens.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38071#comment-282256

  • 21 septembre 15:43

    Conseillons la lecture pour le troll qui voit des sionistes, des racistes, des fascistes partout sauf dans son camp nationaliste, bourgeois ...

     :

    Les positions bourgeoises, nationalistes, électoralistes, étatistes de L’UJFP

  • Mohamed Sifaoui, ses amis (CRIF, Haziza, Encel, Goldnadel) et ses fans extrémistes pro-israéliens (LDJ, Ulcan...)

    En plus d’être contributeur au site du MEMRI (association proche de l’extrême-droite israélienne), Mohamed Sifaoui est un invité récurrent du CRIF ou de ses "amis".

    http://cinquiemecolonne.canalblog.com/archives/2016/01/26/33270991.html

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