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Féminisme, racisme, Lallab etc., la grande confusion
posté le 27/08/17 par Christine Le Doaré Mots-clés  féminisme 

J’en ai l’intuition depuis pas mal de temps et l’affaire de Lallab (*1 / *2) et du service civique me le confirme, n’est pas féministe qui veut.

Certaines formes de « féminisme » (essentialiste, victimaire…) n’ont en réalité pas grand-chose de politique, au sens où elles ne visent pas à renverser le système patriarcal mais à s’en accommoder, à l’adapter au mieux, parfois dans l’intérêt des femmes, mais toujours à court terme, et en le pérennisant.

Les féministes matérialistes et universalistes se sont toujours préoccupées de la vie des femmes au sein de la famille nucléaire, dans le monde du travail, et plus généralement à tous les niveaux de la vie sociale, culturelle et politique d’un pays. Certaines se sont attachées plus spécifiquement à un domaine, qu’il s’agisse de l’emploi, des violences, de la sexualité… mais toutes avaient en tête un projet de société féministe et humaniste, bien au-delà de la seule égalité FH, un projet collectif dans lequel tout rapport de pouvoir et de domination serait contesté et bientôt inenvisageable.

Pour le féminisme politique, il ne s’agit pas seulement de mettre des pansements là où ça fait mal, mais de viser une société humaniste, en évitant de calquer de vieux modèles, marxistes ou autres, qui n’ont aucunement fait leurs preuves. De plus en plus de « féministes » perdent de vue cet objectif, se contentent par exemple pour certaines, de se focaliser sur une problématique (le harcèlement de rue, le manspreading…). A notre époque, cette question devrait être prise en charge par des politiques publiques efficaces (certes avec l’aide d’associations maitrisant leur sujet) et les féministes être libres de travailler aussi sur un projet de société alternative.

C’est un piège de se laisser enfermer ainsi, de ne plus prendre de hauteur, de ne plus avoir de vision à long terme ni même de ne plus savoir ce que féminisme veut dire. C’est ainsi que des groupes de femmes comme Lallab peuvent se regrouper autour de problématiques communautaires et/ou religieuses et se prétendre féministes. En réalité, elles ne font que prendre en compte des normes et obligations patriarcales faites aux femmes de leurs communautés et consentir à un « féminisme » adapté. Elles vont en effet défendre à court terme l’intérêt de certaines femmes, dans certaines circonstances, mais aussi contribuer à pérenniser le système.

Il est d’ailleurs fort logique que d’autres « féministes » les adoubent, en particulier celles d’une certaine extrême gauche en prise à un relativisme culturel qui consiste à lier oppression à traditions et donc admettre que certaines violences soient culturellement justifiées ; et les « queer féministes » qui sont tout de même parvenues à substituer les études de genre aux études féministes et ainsi gommer les discriminations et violences subies par le seul groupe social des femmes (ce groupe n’existerait plus puisque désormais les êtres humains s’identifieraient selon leur bon vouloir.).

Quand des féministes universalistes contestent cette récupération (« Combien y a-t-il de féminismes ? *3), ce dévoiement du féminisme, elles sont immédiatement accusées de racisme de manière aussi systématique qu’absurde. Si la diffamation n’était pas si grave, ce serait comique. Pour rappel, le racisme est une idéologie qui admet l’existence de races humaines (et non d’une seule espèce humaine) et affirme sans aucun fondement scientifique qu’elles ne seraient pas égales entre elles. Dans tous les cas, l’islam n’est pas une « race », c’est une religion et donc une croyance. Critiquer le conservatisme, sexisme, lesbophobie/homophobie des religions est progressiste et féministe et fort admis lorsqu’il s’agit d’autres religions que l’islam ; c’est d’ailleurs fort couru et à juste titre, vis-à-vis de l’église catholique parmi l’extrême-gauche et les « queers » auxquels je viens de faire référence, mais l’islam est taboue et ses interprétations plus ou moins fondamentalistes peuvent servir à contrôler et opprimer les femmes.

Contrairement à ce qu’ont prétendu des féministes égarées telle Christine Delphy (*4), les féministes universalistes et laïques ne sont pas racistes, bien au contraire, elles sont solidaires des femmes du monde entier qui subissent les discriminations et violences du système patriarcal ; elles ne sont pas complaisantes, encore moins condescendantes, elles combattent la perversité du relativisme culturel ; en revanche, la condescendance vis-à-vis de personnes issues d’une autre culture/religion qui seraient incapables de savoir ce qu’émancipation et liberté veulent dire, est à l’inverse la manifestation d’un profond racisme, qui s’ignore peut-être mais néanmoins bien réel.

Les personnes qui se revendiquent du féminisme devraient s’interroger sur ce concept, cette lutte, ce projet de société. L’exécrable confusion qui s’étend, empire d’année en année, vide lentement mais sûrement le féminisme de son sens originaire. Bientôt, à force de dévoiement, il ne signifiera plus rien et tout le monde pourra s’en emparer pour le morceler à l’infini, puis le néantiser.


posté le 27 août 2017  par Christine Le Doaré  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • attention les soutiens des "relativistes" vont débarquer (en fait le même troll)

  • 27 août 10:34, par Christine Delphy

    Retour sur dix ans de dérives idéologiques

    L’attitude française majoritaire à l’égard du « hijab », c’est-à-dire du foulard porté par certaines femmes musulmanes, est incompréhensible pour le reste de la planète. Pas seulement incompréhensible : elle est répréhensible. C’est ce qu’explique Christine Delphy dans une tribune publiée dans The Guardian. Nous publions ici la traduction en français du texte original.

    La première mesure ouvertement anti-musulmane a été le passage d’une loi en 2004 qui interdit aux jeunes filles d’aller à l’école en portant un « foulard islamique » – ce qu’il était appelé alors, avant de devenir, dans le patois journalistique, un « voile ».

    Cependant, l’islamophobie, la peur et la haine de l’Islam et des Musulmans, n’est pas spécifiquement française : elle est répandue en Europe, en Amérique du Nord, bref dans tout le monde occidental. Bush Jr a décrété l’Islam ennemi du monde occidental, et c’est ainsi que ce monde en est venu à justifier l’invasion et la destruction d’une grande partie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale depuis les années 2000.

    En France, cependant, en sus des raisons géopolitiques (l’alliance avec les Etats-Unis), l’islamophobie a des racines proprement françaises. La campagne idéologique contre l’Islam a commencé il y a plus de quarante ans. Thomas Deltombe a montré qu’entre les années 1980 et le milieu des années 2000, pas une semaine ne s’est écoulée sans que l’un ou l’autre des principaux hebdomadaires ne publie un numéro ayant un titre comme : « Devrions-nous avoir peur de l’Islam ? » ou « L’Islam est-il compatible avec la démocratie ? ». Les quotidiens, les radios et les télés faisaient preuve de la même obsession. Cela n’a fait qu’empirer au cours des années, au fur et à mesure que le public est devenu convaincu que la « civilisation occidentale » était menacée par l’Islam, et que ce danger était incarné en France par les cinq millions de descendants d’immigrés d’Afrique du Nord vivant en France – des Musulmans potentiels.

    La loi de 2004 interdisant le port du foulard dans les écoles publiques se base sur la croyance que les signes religieux sont contraires à la laïcité, c’est-à-dire au sécularisme politique. Celui-ci repose sur une loi – la loi de 1905. Cette loi abroge la loi précédente (datant de Napoléon) qui établissait des liens forts entre l’Eglise (surtout catholique) et l’Etat, qui rémunérait les prêtres, les pasteurs et les rabbins. La loi de 1905 mit en place une nouvelle règle, qui est de fait celle de tous les Etats modernes : pas de religion d’Etat, toutes les opinions et croyances – religieuses ou non – étant mises sur un pied d’égalité. Pas d’interférence du clergé dans les affaires de l’Etat, ni de l’Etat dans les affaires religieuses. La liberté de conscience implique la liberté d’expression, et cette liberté signifie que les opinions – sur n’importe quel sujet – peuvent être exprimées en public comme en privé.

    Aujourd’hui pourtant, cette loi est utilisée contre les Musulmans, car elle a subi une réinterprétation radicale de la part des politiciens, des journalistes et des lobbies ; elle a été, comme le dit Jean Baubérot, falsifiée. Elle est présentée comme disant le contraire exact de ce que la loi française et les Conventions internationales disent. Le président actuel, dans son dernier discours de campagne en 2012, a utilisé les mots des polémistes anti-musulmans : « la religion, a-t-il dit, est du ressort du privé, et même de l’intime ». Mais ni la loi française, ni les Conventions internationales ne font de distinction entre les opinions religieuses et les autres opinions : toutes ont le droit à l’expression publique. Or aujourd’hui, la réinterprétation de la loi de 1905 implique qu’on ne pourrait avoir d’expression religieuse que dans le secret de sa salle de bains.

    Même avant la loi de 2004 excluant les adolescente portant foulard de l’école publique – violant ainsi leur droit fondamental à l’instruction – les groupes féministes établis n’acceptaient pas les femmes portant foulard dans leurs réunions. Elles avaient décidé, assez tôt, que ces femmes ne pouvaient pas être féministes, et même, qu’elles étaient contre tout ce que le féminisme représente. L’une des ironies de leur posture est qu’elle les a menées à essayer physiquement de sortir des femmes portant foulard d’une manifestation… pour le droit à l’avortement (2005) ! En 2003, les féministes blanches décidèrent que le foulard est un « symbole d’oppression », et seulement cela – et pour elles il va sans dire que porter un symbole d’oppression ne peut signifier qu’une chose : que vous êtes pour l’oppression.

    Ces féministes blanches n’ont jamais mis en question ce qu’elles portent elles-mêmes. Seules les quelques féministes opposées à cette loi discriminatoire ont commencé à demander si les talons hauts, le rouge à lèvres et des centaines d’autres « signes de féminité » peuvent tout aussi bien être appelés des signes d’oppression. Les premières – les pro-loi – n’ont jamais non plus discuté des différents sens que l’on peut donner au même vêtement, ni demandé aux femmes portant le foulard quel sens elles donnent à celui-ci.

    Ce mépris est contradictoire avec l’une de leurs positions principales : celui que ces femmes portent un foulard parce qu’elles y sont forcées par leurs hommes (maris, pères, frères), une position que l’on retrouve dans la loi elle-même : cette position est contradictoire en ce que, prétendant que les adolescentes sont forcées par leur famille, elles soutiennent une loi qui les renvoie dans ces familles jugées oppressives, justement en les excluant de l’école.

    Si les féministes blanches voyaient vraiment les femmes portant le foulard comme des femmes opprimées, loin d’être une excuse pour les renvoyer de l’école et des mouvements féministes, ce devrait être une raison de les « prendre dans leurs bras ». L’attitude de ces féministes blanches pose une question : se voient-elles comme opprimées, ou estiment-elles qu’elles ont déjà surmonté leur oppression, et l’ont jetée sur le sol comme les serpents abandonnent leur vieille peau ? Voient-elles l’oppression comme quelque chose qui n’affecte que les « autres » femmes ? Se conçoivent-elles comme agissant non pour elles-mêmes mais pour d’autres femmes qui ne peuvent pas agir parce qu’elles sont « aliénées » ?

    Le fait est qu’elles voient ces femmes portant le foulard comme des victimes consentantes de leurs hommes, et même comme des collaboratrices de ces derniers : en d’autres termes, comme des traîtres. Ou plutôt, comme des idiotes.

    Les femmes qui portent le foulard sont pour la plupart les filles ou les petites filles de gens qui ont émigré d’Afrique du Nord, d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, c’est-à-dire de territoires qui ont été conquis et colonisés par les Français. Ceux-ci leur ont attribué le statut d’ « Indigènes ». Durant toute la colonisation, qui a duré 130 ans pour l’Algérie, si les « Indigènes » étaient français, ils n’étaient pas des citoyens, mais des « sujets » de l’Empire français. C’est ainsi que les Français les connaissaient, et c’est ainsi qu’ils continuent de les voir : comme « pas vraiment » Français. C’est aussi ainsi qu’ils veulent les garder. Les femmes autant que les hommes subissent les manifestations de ce racisme. Les Blancs, quand on les interroge, expriment des sentiments extrêmement négatifs envers les Noirs et les Arabes. Ils adoptent aussi une posture de déni total vis-à-vis de la discrimination que notre société inflige aux Arabes et aux Noirs. Les femmes sont aussi discriminées que les hommes, et ont une conscience vive de cette communauté de destin.

    Dans ces conditions, porter un signe religieux ostensible peut avoir plusieurs sens différents, et tous à la fois : cela peut signifier leur solidarité avec les autres membre du groupe racisé ; cela peut signifier la tentative d’échapper mentalement à leur condition objective en s’échappant dans la spiritualité que la religion leur offre ; ou revendiquer des racines que les Blancs jugent infamantes ; ou encore une protestation muette contre la façon dont les traitent les Blancs. Et bien d’autres sens encore.

    Mais les Blancs, et parmi eux, un grand nombre de féministes, refusent de comprendre leur situation, et continuent de demander qu’elles agissent comme si elles n’étaient pas discriminées et humiliées tous les jours de leur vie ; comme si elles étaient « comme tout le monde », c’est-à-dire comme les Blancs ; or elles ne le sont pas. Au contraire elles font partie d’un groupe opprimé et défavorisé dans la société. Les fils et les filles d’immigrés africains, né.e.s en France, sont citoyen.ne.s aujourd’hui. Et cependant elles et ils sont deux fois plus au chômage que la population globale, sont persécutés par la police, et insultés par les Blancs.

    Ainsi un sécularisme politique – la laïcité dévoyée de son sens – est utilisé pour priver les Musulmans de leurs droits fondamentaux – car en France les Musulmans sont majoritairement des Arabes. Ceci atteint d’abord les femmes. Les femmes musulmanes portant le foulard sont progressivement privées – loi d’exception après loi d’exception – de la plupart des possibilités d’emplois rémunérés.

    Comme Saïd Bouamama l’a écrit en 2004, la version française de l’islamophobie n’est ni plus ni moins qu’une façon de rendre un racisme classique respectable. Que des féministes aident et encouragent une telle série de mesures racistes qui sont à la fois ouvertes et illégales, c’est plus qu’inquiétant. Les féministes devraient comprendre que les femmes portant le foulard partagent avec les autres l’oppression patriarcale, avec en plus le handicap de la discrimination raciste. Elles devraient comprendre que ces femmes, portant le foulard ou non, aient envie de développer leur propre féminisme, en partant de leur propre situation, et que ce féminisme prendra forcément en compte leur culture islamique d’origine. Les féministes blanches contribuent à aggraver l’une des pires coupures de la société française, alors qu’il est urgent de la réparer.

    https://www.theguardian.com/lifeandstyle/womens-blog/2015/jul/20/france-feminism-hijab-ban-muslim-women

  • Nous sommes féministes, et nos revendications sont nombreuses. En aucune manière, toutefois, l’égalité réelle entre les hommes et les femmes pour laquelle nous nous battons ne saurait passer par des mesures :

    - punissant les femmes en les excluant de l’espace public ;

    - réduisant le sexisme au monde musulman ;

    - et laissant se perpétuer, notamment dans cet espace public, le lot de violences subies par des millions de femmes, quotidiennement, et dans toutes les couches de la société française.

    C’est pourquoi nous sommes résolument hostiles à une loi qui interdirait le port du voile intégral en public sous peine d’une amende et/ou d’un stage dit de citoyenneté.

    Nous dénonçons la malhonnêteté de ses initiateurs. Le gouvernement ne cherche qu’à poursuivre par des moyens détournés le débat nauséabond sur l’identité nationale. Nous refusons qu’il aille puiser dans les principes féministes la légitimité qui lui a toujours manqué pour exclure de la citoyenneté tous les individus considérés comme trop « différents ».

    Nous ne croyons pas un instant que le gouvernement cherche ainsi à faire avancer la cause des femmes. Et nous refusons qu’on nous brandisse, sans aucune évaluation sérieuse, la menace de l’ « islamisme » dans nos « quartiers » pour nous faire taire, et nous rallier à des manœuvres racistes et liberticides. Que le gouvernement soit prêt à passer outre toutes les mises en garde du Conseil d’Etat sur le caractère anticonstitutionnel de la loi en dit long sur son respect du droit, et rend bien peu crédible sa défense d’une République prétendument assiégée par les « fanatiques ».

    Voilà ce que nous avons à dire, nous, féministes, sur le voile intégral. Qu’il s’agisse du niqab, de la mini-jupe ou des talons aiguilles, quels que soient les conditionnements sociaux qui poussent des femmes à les porter, nous estimons que ce n’est pas par l’interdiction qu’on y met fin. Nous ne condamnons, ni ne défendons aucune tenue vestimentaire en soi : nous nous battons pour le droit élémentaire, en démocratie, des individu-e-s à évoluer et à s’habiller comme ils/elles le veulent dans l’espace public. Nous refusons que des hommes, qu’ils soient musulmans, catholiques ou athées, parlementaires ou simples citoyens, intellectuels ou ouvriers, contrôlent nos corps et notre liberté de mouvement, nous obligent à le montrer ou le cacher, nous dictent la juste mesure de ce que nous devrions rendre visible.

    Nous invitons les initiateurs de cette loi à s’intéresser aux milliers de licenciements en cette période de crise économique, aux dizaines de suicides à Orange, aux millions de précaires que génère l’impitoyable système financier qui gouverne nos vies. Sans parler, alors qu’on se focalise sur les 367 femmes portant, selon les Renseignements généraux, le voile intégral, des 48 000 viols par an, des 156 femmes décédées sous les coups de leur conjoint en 2008 etc…

    Plutôt que d’assigner des femmes à résidence en prétendant les « libérer », nous suggérons à nos parlementaires de prendre quelques mesures immédiates :

    - la création d’une commission parlementaire sur la diffusion de valeurs anti-féministes par les magazines, la publicité et l’industrie des produits de beauté ;

    - l’obligation pour chaque candidat-e aux élections de fournir un certificat de féminisme ;

    - la mise en place de cours de citoyenneté à destination des personnes condamnées pour des actes ou propos racistes, sexistes et homophobes, et non pas des femmes qui les subissent.

    http://lmsi.net/Feministes-contre-l-islamophobie

  • Nous publions, sous forme de tribune [1], un texte écrit en réaction à la chronique publiée le 7 décembre (« La femme voilée du métro ») par Luc Le Vaillant, journaliste et rédacteur en chef à Libération (Acrimed).

    Libération déplore évidemment les résultats des élections régionales, la montée de la droite et du Front national. « Contre le FN : tous à côté de la plaque » titre le quotidien en colère. « En Paca, choisir entre "le pire et le presque pire" », nous dit tristement un des articles. L’analyse proposée dans Libération par Dominique Albertini (« Face au FN, l’introuvable riposte ») annonce clairement la position du journal qui célèbre « l’engagement d’une partie de la presse contre le Front National » et qui fustige les mauvaises ripostes, comme « le moralisme ou l’injonction hystérisée ». Si Libération s’inquiète, c’est parce que Libération est, bien entendu, un journal « de gauche », proche des classes populaires, antiraciste, féministe.

    Bien entendu ? Le jour même où Libération fait preuve de tant de vertueuse indignation, le journal publie également une chronique intitulée « La femme voilée du métro » dans laquelle le rédacteur en chef du service « Portraits » du journal laisse libre cours à ses fantasmes. Car Luc Le Vaillant a été confronté à cette chose monstrueuse et excitante à la fois : prendre le métro en même temps qu’une femme voilée.

    Cette chronique est un écœurant exemple d’un amalgame parfaitement assumé : femme voilée = terroriste. Inutile de lister tous les clichés accumulés par Luc Le Vaillant : du sac potentiellement « farci de TNT » à la complicité avec le « conducteur salafiste », en passant par l’opposition culturaliste aussi éculée qu’infondée de l’Orient et l’Occident. En assimilant cette femme voilée au terrorisme, à un groupe uni, les barbus-voilés de l’Orient contre nous autres de l’Occident [2], Luc Le Vaillant fait tout bonnement preuve de racisme, un racisme qui sonne quasiment comme un appel à la haine. Que dire d’une phrase telle que « À moins qu’elle ne se blinde pour résister à cette haine projetée par les siens et qui lui revient en boomerang » ? Lorsque l’on sait que les agressions contre les personnes apparentées à l’islam - notamment les femmes voilées - se multiplient [3], parler d’une haine contre cette femme qui viendrait « des siens », et dont elle serait donc responsable, sonne quasiment comme un appel à la violence.

    Pire encore : Luc Le Vaillant prétend utiliser des idées émancipatrices féministes comme cautions de sa logorrhée raciste. Nous le voyons en train de revendiquer « l’égalité homme-femme » et d’ « implore[r] Simone de Beauvoir de faire entendre raison aux asservies volontaires ». Les revendications féministes sont bien utiles pour Luc le Vaillant quand il s’agit d’appeler à l’hallali des femmes voilées. Curieusement, lorsqu’il s’agissait d’un grand bourgeois, d’un homme politique puissant comme Dominique Strauss-Kahn accusé d’avoir violé une femme de chambre, Luc Le Vaillant trouvait les idées féministes inutilement hystériques, fustigeant la « détestation époumonée de la gauche vertueuse, du féminisme punisseur » et utilisait une fois encore Libération pour consacrer un portrait tout à la gloire d’Ivan Levaï lorsque ce dernier défendait l’ancien directeur du FMI en disant qu’un viol « c’est avec un couteau ou un revolver » [4]. Que Luc Le Vaillant ne salisse pas le nom de Beauvoir : s’il veut une figure féminine qui ne mobilise le « féminisme » que lorsqu’il s’agit de stigmatiser les femmes voilées, il y en a (malheureusement) beaucoup d’autres.

    Ce n’est cependant pas un hasard si Luc Le Vaillant choisit de parler d’une femme et voilée, et non pas d’un barbu dont la djellaba l’aurait inquiété. Car cet article qui se revendique féministe est tout simplement… sexiste. Luc Le Vaillant est visiblement délicieusement émoustillé par cette femme voilée, nous fait subir (comme il les lui a sans doute fait subir, ne serait-ce que par ses regards) ses fantasmes sexuels faits d’attraction et de répulsion. Citons brièvement le champ lexical « sensuel » qui émaille cette chronique : « un podium de pole-dance pour un strip-tease mystique terrorisant », « la ceinture de chasteté explosive », les innombrables mentions corporelles (« la cuisse évasive, la fesse envasée, les seins restreints »). Luc Le Vaillant paraît même regretter que, voile et peur des attentats aidants, le voisin du strapontin ne puisse plus « pincer le bourrelet charmeur ». En voilà un sur qui la campagne anti harcèlement de la RATP n’a pas été très efficace…

    Luc Le Vaillant nous offre un exemple parfait d’intersectionnalité des dominations : parmi les personnes supposées musulmanes ce sera toujours la femme qui attirera plus les fantasmes et les violences des dominants [5]., la musulmane ou l’arabe, qu’il s’agisse de la femme voilée ou de la « beurette sonore et tapageuse » (on attend la mention du bruit et de l’odeur). Fort heureusement, le racisme, c’est le Front national, c’est pas nous et vraiment, qu’ils sont abrutis ces abstentionnistes ou ces électeurs qui ne comprennent pas à quel point la gauche socialiste est libre et éclairée.

    Ainsi Libération, qui se prétend un journal féministe, qui a mis dernièrement en place un intéressant bilan mensuel des évolutions des droits des femmes à travers le monde [6], laisse libre cours à une parole qui n’utilise le féminisme que pour mieux déverser ses fantasmes et pulsions misogynes.

    Les piteuses explications de Laurent Joffrin qui, dans un court texte publié suite aux nombreuses réactions suscitées par la chronique de Luc Le Vaillant, récuse tout sexisme et racisme, évoquant « la restitution littéraire et ironique de préjugés et d’angoisses » (sic), ne font guère illusion [7]. Nous ne nous appesantirons pas sur la prétention littéraire de l’article : quelle que soit la distance que le journaliste entretient à ses propres représentations, ce n’est pas une excuse pour nous les servir avec autant de complaisance. Luc Le Vaillant se prend pour un écrivain sulfureux mais il ne fait que broder sur des fantasmes racistes et sexistes tristement banals. On pourra noter au passage que le même Laurent Joffrin était nettement moins ouvert d’esprit lorsqu’il s’agissait de censurer des chroniques de Pierre Marcelle, entre autres lorsqu’il avait « osé » s’en prendre aux actionnaires de Libération.

    Libre à Luc Le Vaillant, s’il le souhaite, d’aller s’épancher dans des journaux réactionnaires comme Valeurs Actuelles ou Causeur. Cela ne rendra pas ses propos moins révoltants, mais les prétentions progressistes et anti-FN de Libération sembleront un peu moins grotesques. Car si nous n’osons demander à Libération d’assumer son statut de journal de gauche, de faire une analyse sérieuse des dernières élections, d’analyser la responsabilité du Parti socialiste et de la presse qui lui est liée en termes de publicité faite aux idées et à la stratégie du Front national, nous osons espérer qu’un journal qui se veut sérieux nous épargne les fantasmes à la fois insipides et révoltants d’un de ses journalistes, a fortiori rédacteur en chef.

    Si tout ce que la presse « de gauche » a à apporter comme alternative auxdites « asservies volontaires » consiste en une valorisation complaisante du patriarcat grivois, les idées progressistes et réellement féministes semblent être plus que jamais à (re)construire.

    Laélia Véron

    http://www.acrimed.org/Le-journaliste-pervers-du-metro

  • Le projet de société de Christine Le Doaré est donc humaniste.
    L’humanisme, cette doctrine faisant de l’animal humain le nombril du monde et niant les apports théoriques de Darwin et "ses successeurs" ?
    Se revendiquer matérialiste et humaniste, en voilà une énormité qui coûte la vie à des milliards d’animaux non humains chaque année.
    Passons sur les vilaines "queer féministes" toutes mises dans le même sac tellement c’est lamentable.
    Lallab c’est de la merde mais Le Doaré ne sent guère meilleur.

  • Prendre Ikhwan Info et Prochoix comme références dans les notes : on voit tout de suite à qui on a affaire !

    Prochoix : le choix de la calomnie

    Fiammetta Venner et Caroline Fourest, animatrices de la revue ProChoix, ont diffusé sur internet un communiqué de deux pages intitulé " Pierre Tevanian ou la gauche pro-voile ", qui est, sans exagération, un tissu de mensonges : une trentaine de contre-vérités en moins de deux pages ! Pour perdre le moins de temps possible, Pierre Tevanian a choisi de ne pas exprimer ce que lui inspirent les procédés de ces deux personnes, et de ne pas s’interroger sur leurs motivations. Il se contente donc de reprendre ligne à ligne leur communiqué (reproduit ci-dessous en caractères gras), en signalant chaque contre-vérité, et en apportant à chaque fois les éléments objectifs qui permettent de les réfuter. […]

    http://lmsi.net/ProChoix-le-choix-de-la-calomnie,204

  • Le site "Ikhwan Info" vient de lancer une violente charge contre l’association Lallab[1], contribuant à provoquer une polémique nationale, comme souvent en France dès qu’il est question d’islam ou de musulman-e-s.

    On trouve derrière "Ikhwan Info" Fiammetta Venner (le site mentionnait jusqu’à récemment qu’elle en était la directrice) et sa complice Caroline Fourest, toutes les deux plusieurs fois condamnées par la justice pour diffamation. Ikhwan Info s’est donné pour objectif de dénicher les "Frères Musulmans" ou les "islamistes" qui à lire leurs articles se cacheraient derrière beaucoup de musulman-e-s, y compris les fondatrices de Lallab. Sans surprise le mot "islamiste" revient ainsi plusieurs fois dans l’article, y compris dans le titre. Rappelons que Caroline Fourest avait elle-même déclaré en 2015 sur France Inter[2] qu’il ne fallait plus utiliser le mot "islamiste" car il encourageait les amalgames entre musulman et intégriste... des paroles depuis longtemps oubliées.

    L’article d’Ikhwan Infos, signé par une certaine Mathilde Lambert, utilise parfois l’expression "féminisme islamique" et parfois "féminisme islamiste", comme pour bien amalgamer les deux mots "islamique" et "islamiste". Et bien sûr, Lallab est accusée d’être liée aux "Frères Musulmans", aux "islamistes" et à Tariq Ramadan (on a l’impression de lire un copié-collé de 80% des articles de Caroline Fourest, qui arrive à lier toute personne avec laquelle elle n’est pas d’accord à Tariq Ramadan). Julien Salingue avait montré que si on appliquait la méthode Fourest à Caroline Fourest elle-même, on pouvait en conclure qu’elle était liée à des extrémistes bien pire encore.[3]

    Ikhwan Info, c’est un peu le Protocole des Sages du Caire... Au lieu de voir partout des "sionistes", l’équipe de Fourest et Venner voit un peu partout des "islamistes" et des "Frères Musulmans"... Ikhwan Info peut même si besoin utiliser des photos bidonnées pour se faire plus convaincant.[4]

    http://cinquiemecolonne.canalblog.com/archives/2017/08/25/35617117.html

  • Les coupables amitiés de Caroline Fourest (par Caroline Fourest)

    Caroline Fourest a acquis au cours des dernières années une réputation de journaliste spécialisée dans l’à-peu-prisme, avec la multiplication de chroniques et d’interventions où se côtoient grosses approximations, petits mensonges, savants amalgames et subtils raccourcis. Dernier exemple en date, une attaque au vitriol contre le vainqueur des élections internes du Labour britannique, Jeremy Corbyn, accusé (entre autres) de complaisance à l’égard de l’intégrisme et de l’antisémitisme.

    Une méthode éprouvée, dont le principal ressort est de déformer un peu, beaucoup, voire passionnément, la réalité, pour alimenter un propos à charge contre les cibles préférées de Caroline Fourest : les « islamistes ». Mais aussi les amis des « islamistes », les amis de leurs amis et, par extension, tous ceux qui connaissent quelqu’un dont le voisin a un jour partagé une banquette de métro avec la sœur d’un individu signataire par le passé d’une pétition également signée par un écrivain dont un article a été publié sur un site internet relayant par ailleurs des articles révisionnistes.

    Pour rendre hommage à la journaliste et à ses méthodes de travail, nous avons décidé d’utiliser les mêmes procédés afin de révéler la face cachée de Caroline Fourest, à la manière de Caroline Fourest[1].

    Les liens cachés de Caroline Fourest avec la dictature tunisienne

    En 2006, Caroline Fourest est l’une des signataires de l’appel « Ensemble contre le nouveau totalitarisme », qui entend dénoncer l’intégrisme islamique. Parmi les signataires, on retrouve Antoine Sfeir, avec lequel Caroline Fourest avait déjà co-signé une tribune en 2005, intitulée « Pour un "moratoire" sur [Tariq] Ramadan ».

    Antoine Sfeir est régulièrement invité dans les grands médias en tant que « spécialiste du monde arabe ». Mais ce que l’on sait moins, c’est que le « directeur des Cahiers de l’Orient » a durant longtemps figuré parmi les apologistes de la dictature de Ben Ali, entre autres et notamment dans son ouvrage Tunisie, terre de paradoxes (2006), dans lequel on apprenait ce qui suit :

    « Peu dotée par la nature de ressources minières, [la Tunisie] avance quand même, parce que son Président a parié sur les capacités et la volonté des Tunisiens, et non sur une hausse des cours du pétrole ».

    Et dans lequel Antoine Sfeir posait de vraies questions :

    « Comment un pays qui accueille plus de 6 millions de touristes par an, la plupart sans visa, peut-il être qualifié de régime policier ? »

    « Y a-t-il donc lieu de penser que la Tunisie est un pays corrompu ? Objectivement, non ».

    Etc.

    Avant de se sublimer dans une tribune publiée par Le Figaro en octobre 2009 :

    « Plutôt que de pointer sans cesse ce qui ne va pas, les esprits chagrins devraient voir que la Tunisie est un exemple pour toute la région ».

    Certains esprits chagrins pourraient à raison faire remarquer que Caroline Fourest choisit de drôle d’alliés dans sa croisade contre le « totalitarisme », et que défendre les « valeurs démocratiques » aux côtés d’un aficionado d’une dictature est pour le moins paradoxal.

    Mais n’oublions pas que nous travaillons à la manière de Caroline Fourest, et allons plus loin. Le double discours de Caroline Fourest est en effet manifeste : elle s’affiche démocrate, mais ses accointances avec des apologistes des dictatures démontrent que son véritable projet est l’autoritarisme.

    La possible participation de Caroline Fourest aux massacres de Sabra et Chatila

    On peut d’ailleurs aller encore un peu plus loin dans cette direction. Antoine Sfeir est en effet un proche d’Antoine Basbous, fondateur de « l’Observatoire des pays arabes » et également invité récurrent des grands médias. Mais ce que l’on sait moins, c’est que Basbous a été durant plus de 10 ans, dans les années 1970 et 1980, journaliste pour deux médias libanais (le journal Le Réveil et la radio La Voix du Liban), qui n’étaient pas n’importe quels médias puisqu’ils étaient au service des Phalanges libanaises. En d’autres termes, Basbous a « couvert » en étant rémunéré par leurs auteurs les massacres de Sabra et Chatila (1982), un fait d’armes peu glorieux mais assumé par Basbous qui deviendra même représentant des Forces libanaises, émanation politique des milices chrétiennes, en France et en Europe occidentale…

    Certains esprits chagrins pourraient à raison faire remarquer que les amis de Caroline Fourest ont de drôles d’amis, et que défendre les « valeurs démocratiques » aux côtés d’un proche d’un ancien cadre phalangiste est pour le moins paradoxal.

    Mais n’oublions pas que nous travaillons à la manière de Caroline Fourest, et allons plus loin. Son double discours est en effet, là encore, manifeste : elle répète à l’envi qu’elle est pour la paix entre Israéliens et Palestiniens, mais ses accointances avec un ex-phalangiste montrent que son véritable projet est l’élimination physique des Palestiniens.

    Pour Caroline Fourest, « L’islam c’est la gangrène, ou on l’arrête ou on en meurt »

    Si l’on creuse un peu, c’est même encore pire. Démonstration.

    En 2006 toujours, Caroline Fourest cosigne avec Corinne Lepage et Pierre Cassen une tribune publiée dans Libération et intitulée « Contre un nouvel obscurantisme ».

    Si Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, est connue du grand public, Pierre Cassen l’est moins, et c’est dommage. Il est l’un des fondateurs de Riposte laïque, dont il est aujourd’hui encore l’un des principaux animateurs, et s’est notamment distingué par l’organisation des premiers « apéros saucisson-pinard » ou encore, en 2010, avec le Bloc Identitaire, des « Assises contre l’islamisation de l’Europe ».

    Des initiatives ouvertement islamophobes donc, parfois co-organisées avec l’extrême-droite, dont la plus récente a été un rassemblement à Paris le 30 juin dernier, autour de mots d’ordre subtils (« Hollande-Valls-Cazeneuve Lèche-Babouches », « Stop immigration », etc.) et au cours duquel des slogans non moins subtils ont été scandés, au micro, par Pierre Cassen (« Musulmans modérés complices des islamistes », « L’islam c’est la gangrène, ou on l’arrête ou on en meurt », etc.).

    Certains esprits chagrins pourraient à raison faire remarquer que, quand bien même elle a, depuis 2006, pris ses distances avec Pierre Cassen, Caroline Fourest a mêlé sa voix à celle de racistes patentés, et qu’il ne s’agit pas d’un accident de parcours mais plutôt d’une conséquence logique de son obsession « anti-islamiste », et d’un révélateur de la porosité entre son discours et celui d’une certaine extrême-droite.

    Mais n’oublions pas que nous travaillons à la manière de Caroline Fourest, et allons plus loin. Avec cet exemple, on se rend en effet compte que Caroline Fourest est le Cheval de Troie de l’extrême-droite la plus raciste au sein de la gauche française, et qu’elle se pare d’un discours « laïc » pour mieux assouvir son but : l’élimination physique des Musulmans, considérés comme une maladie.

    Caroline Fourest dérangée par « le bruit et l’odeur » des étrangers

    Confirmation de cette détestation de tout ce qui n’est pas la France de souche avec, en 2006 encore, la réception par Caroline Fourest du « Prix du livre politique » pour son ouvrage La tentation obscurantiste. Si le Prix est décerné par un jury essentiellement composé de journalistes, on ne peut s’empêcher de noter qu’il est remis par le Président de l’Assemblée nationale, qui n’était autre, à l’époque, que Jean-Louis Debré.

    Jean-Louis Debré fut, rappelons-le, ministre de l’Intérieur entre 1995 et 1997, et il s’est notamment distingué par une politique ultra-répressive vis-à-vis des étrangers. On se souviendra ainsi de l’expulsion à la hache des sans-papiers de Saint-Bernard 48h après que le ministre eut promis que ceux-ci seraient traités « avec humanité et cœur ». Et on se souviendra aussi de ces déclarations pleines d’humanisme : « Est-ce que vous acceptez que des étrangers viennent chez vous, s’installent chez vous et se servent dans votre frigidaire ? Non, bien évidemment ! Eh bien c’est pareil pour la France. »

    Certains esprits chagrins pourraient à raison faire remarquer qu’en acceptant les hommages de Jean-Louis Debré et en ne faisant montre d’aucune réticence à recevoir un prix de ses mains, Caroline Fourest a fait la démonstration que, dès lors qu’il s’agit de recevoir un prix et d’être honorée par les puissants, ses « valeurs » et son « courage » sont décidément à géométrie variable, de même que ses critères quant au caractère « fréquentable » ou non de certains individus.

    Mais n’oublions pas que nous travaillons à la manière de Caroline Fourest, et allons plus loin. Car Jean-Louis Debré est un (très) proche de Jacques Chirac, celui-là même qui avait évoqué « le bruit et l’odeur » des étrangers. Encore une fois donc, double discours : alors qu’elle se défend de tout racisme et se revendique même antiraciste, publiant par exemple des ouvrages contre Marine Le Pen, les accointances de Caroline Fourest démontrent sans ambiguïté son rejet viscéral des étrangers, qu’elle considère non seulement comme des voleurs mais aussi comme des malodorants.

    Les réseaux négationnistes de Caroline Fourest

    Nos éreintantes investigations (sur Google) nous ont conduit encore un peu plus loin. En effet, nous avons découvert que plusieurs ouvrages de Caroline Fourest ont été publiés chez l’éditeur Grasset, entre autres son dernier livre : Éloge du blasphème. Et quelle n’a pas été notre surprise de constater que, parmi les autres auteurs publiés chez Grasset, on trouvait Yann Moix, célèbre écrivain, aujourd’hui chroniqueur dans l’émission « On n’est pas couchés » sur France 2.

    Ce qui est moins connu à propos de Yann Moix, c’est qu’il s’est à plusieurs reprises distingué en apposant sa signature aux côtés de figures du révisionnisme, du négationnisme et de l’antisémitisme. C’est ainsi qu’en 2007 Yann Moix a signé la préface de l’ouvrage de Paul-Éric Blanrue, Le Monde contre soi : anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme, publié aux éditions Blanche, qui ont également publié les livres d’Alain Soral.

    Le livre de Blanrue sera d’ailleurs republié en 2014 par les éditions KontreKulture, propriété d’Alain Soral, avant qu’une décision de justice n’ordonne la mise au pilon des ouvrages, suite à une plainte de la LICRA.

    On se souviendra également de la signature, par Yann Moix, d’une pétition demandant l’abrogation de la loi Gayssot, aux côtés de Robert Faurisson, Dieudonné, Soral et de multiples figures de l’extrême-droite antisémite. Yann Moix affirmera par la suite avoir été dupé par les initiateurs de la pétition, version mise en cause, entre autres, par des journalistes du Monde.

    En d’autres termes, Caroline Fourest a choisi de faire publier son dernier ouvrage chez un éditeur qui publie également un individu dont les fréquentations sont peu recommandables et qui, malgré le fait qu’il soit également connu comme étant un proche de BHL, semble entretenir des positions pour le moins ambiguës quant à l’antisémitisme, au révisionnisme et au négationnisme.

    Certains esprits chagrins pourraient à raison faire remarquer qu’en se faisant publier chez le même éditeur que Yann Moix, Caroline Fourest, pourtant si prompte à « démasquer » et dénoncer les accointances suspectes de ses cibles préférées, fait de nouveau preuve d’exigences à géométrie variable, et que quand il s’agit de diffuser et vendre ses ouvrages, certains de ses « principes » s’évaporent.

    Mais n’oublions pas que nous travaillons à la manière de Caroline Fourest, et allons plus loin. Car le fait qu’une enquêtrice aussi zélée et minutieuse accepte de figurer dans le même catalogue qu’un personnage aussi « sulfureux » que Yann Moix ne peut être considéré comme une négligence, mais bel et bien comme une complaisance manifeste à l’égard de l’antisémitisme, du révisionnisme et du négationnisme. Et, disons-le fourestement, d’Alain Soral.

    ***

    CQFDAPP[2].

    Nombreux sont ceux qui savent que, derrière la Caroline Fourest qui se pare des atours du progressisme, de la démocratie et de l’antiracisme se dissimule mal une Caroline Fourest qui défend, sur le fond et sur la forme, des positions politiques (toujours) islamophobes et (souvent) conservatrices, et qui s’entoure de personnages qui, en prenant moins de précautions qu’elle, révèlent la porosité manifeste entre ses positions et celles de courants politiques réactionnaires. Ce sont les esprits chagrins évoqués dans cet article, parmi lesquels on peut notamment signaler l’excellent site Les Mots Sont Importants (LMSI) et son excellent dossier « Sœur Caroline Fourest et ses ami(e)s ».

    L’auteur de ces lignes a longtemps fait partie de ces esprits chagrins et a cru, naïvement, que les critiques alors émises à l’encontre de Caroline Fourest suffiraient à rétablir quelques vérités à son propos et à déconstruire le personnage public « progressiste » qu’elle s’était forgée (voir par exemple « "Y’a bon Awards" : Caroline Fourest prend (de nouveau) quelques libertés avec la vérité » et « Islamophobie à Argenteuil : une agression de Caroline Fourest »).

    Nous pensions ainsi convaincre celles et ceux qui, notamment à gauche, vantaient les vertus de Caroline Fourest, qu’elle ne jouait pas dans notre camp. Mais, quand bien même les choses ont avancé et quand bien même une partie de ses impostures et de ses mensonges ont été démasqués, les résistances face à l’évidence se poursuivent.

    Et pourtant...

    Caroline Fourest est-elle en réalité une apologiste de l’autoritarisme et une complice des idéologies génocidaires ? Est-elle une raciste identitaire, complaisante à l’égard de l’antisémitisme ? Nous n’aurions jamais osé l’affirmer avant d’appliquer la « méthode Fourest » à Caroline Fourest elle-même…

    Notre (implacable) enquête en dit-elle plus sur la part d’ombre de Caroline Fourest que sur la rigueur et la précision de ses méthodes d’investigation ? Chacun-e est libre d’en juger, à l’aune des critères de son choix.

    [1] Nous avons toutefois pris quelques libertés avec la méthode Fourest : l’ensemble des éléments factuels rapportés dans cet article sont en effet rigoureusement authentiques.
    [2] Ce Qu’il Fallait Démontrer À Peu Près.

    http://resisteralairdutemps.blogspot.fr/2015/09/les-coupables-amities-de-caroline.html

  • Honte des trolls !

    là encore, opposition artificielle et trollesque des féministes (réduites en blanches vs raisées, athées vs musulmanes ou en relativistes vs universalistes etc ...)

  • Le « parler petit nègre »

    (J’ai repris le terme utilisé par Frantz Fanon, faute de trouver mieux.)

    Le « parler petit nègre » caractérise ces manières méprisantes, oppressives et condescendantes que vous avez lorsque vous vous adressez à nous. Les mécaniques oppressives citées après sont à y inclure. La psychophobie latente dont nous pouvons être accusé (« faire des fixettes », être « obsédé-e » par le racisme… c’est validiste.) quand nous parlons de racisme. Refuser de nous croire quand nous disons que telle personne est raciste. Comme si nous avions besoin de vos validations. Ne pas prendre en compte nos vécus sur ce sujet, pour couiner sur notre violence (Un mythe répandu colonialiste : « les indigènes, ces personnes sauvages et violentes ». C’est le même schéma.). C’est se plaindre de nos emportements, parce que « nous sommes déraisonnables » (implicitement « Aaaah ces racisé-e-s incapables de se contrôler », le bon vieux mythe du colon qui sait mieux que les esclaves ce qu’yels veulent elleux-mêmes, ça vous parle ? C’est la même manière de faire. Honte à vous.).

    Venir par pitié ou par culpabilité en nous disant : « Je comprends ta colère mais… » Stop ! Vous ne pouvez pas comprendre ma colère parce que vous ne comprenez pas comment je vis le racisme, alors ne le dites pas. Le « mais » qui est là pour nous recadrer est oppressif. J’y reviendrai plus tard. C’est s’énerver bruyamment des actes racistes visibles (alors que vous n’êtes pas capables de faire votre introspection), en prenant donc encore la place, notre espace de parole sur ces sujets…etc.

    « L’appropriation culturelle est un sujet passionnant… » je m’arrête là : Ce qui est un « sujet passionnant », on le vit. Au quotidien. Si c’est pour en discuter comme un scientifique tout-puissant qui se penche sur le sujet du racisme par curiosité malsaine et sans aucune empathie, ce n’est pas la peine, allez voir ailleurs.

    Le whitesplaining

    Whitesplaining : expliquer le racisme à une personne concernée.

    Aaaah le whitesplaining. Le plus prévisible, ennuyeux et indécent des procédés. Quelques pistes pour éviter de faire du whitesplaining :

    N’utilisez pas une divergence d’opinion dans un débat entre plusieurs personnes racisé.e.s pour appuyer vos arguments. C’est mesquin et fallacieux. Nous ne sommes pas un groupe avec un avis unanime. C’est nier nos identités, nos parcours, nos individualités. C’est oppressif donc raciste (le racisme n’a pas besoin d’être « conscient », et la plupart du temps ne l’est pas).
    Exemple : « Xxxx, merci ! Enfin quelqu’un qui comprend la différence entre racisme institutionnel et racisme individuel »

    Il n’y a pas de racisme individuel qui justifierait le mythe du « racisme anti-blanc ».
    La « caution racisée » pour appuyer vos arguments, c’est raciste. Vous n’avez pas à utiliser l’avis d’un-e concerné-e à votre avantage. Jamais. C’est oppressif et fallacieux. C’est raciste. Je vais plus le développer.

    La caution « antiraciste » :

    On connaît tous les « je ne suis pas raciste, j’ai un ami arabe/noir » ou « mais Xxx qui est noir/arabe/asiatique, il ne dit pas ça. »
    Utiliser la parole d’un-e concerné-e pour vous conforter dans vos opinions c’est oppressif. Si vous avez un minimum de considération, comprenez que nous ne sommes pas toujours d’accord entre nous, mais ça ne vous donne pas le droit de nous utiliser pour vous conforter dans votre place de privilégié-e. Cependant, cette technique peut être utilisée de manière plus vicieuse.

    Exemple : Suite à une discussion sur le white-passing (personne racisée, probablement métisse qui a l’air physiquement d’un-e blan-che, lui conférant des privilèges. Cependant, yel n’échappe pas au racisme), une personne concernée explique que le rôle des personnes en white-passing est de relayer la parole des personnes racisées ne l’étant pas. Quelques jours plus tard, une raciste utilise cet “argument“ pour clôre une remarque juste à propos du terme « racisée ».

    Pourquoi est-ce problématique ?

    Mise en hiérarchie de qui est la mieux placée par une dominante. C’est oppressif. Ce n’est pas à vous, les blanc-hes, de départager les débats. Ce n’est pas à vous de distribuer les points et de décider qui est la mieux placée pour parler. Détourner une parole de son sens originel, c’est le mécanisme de la caution : diviser en profitant de notre diversité pour nous la reprocher. Dois-je préciser que ça pue ? Je préfère le dire, c’est à croire que beaucoup ne connaissent pas la décence. Le racisme nous aliène tou-te-s. Il arrive donc que des personnes concernées ne soient pas déconstruites et appuient des propos racistes. Il arrive aussi que des personnes ne puissent pas ou choisissent de ne pas se déconstruire, c’est leur choix. Mais si une autre concernée vous le reproche et que vous êtes appuyé par des personnes racisées ça ne signifie pas que vous êtes exempt de remise en question. La masse qui adhère à vos propos n’est pas un argument.

    – Ne parlez pas à la place des concerné-e-s. Juste non.

    Exemple : « xxxx, au vu de ce que tu as fait, yyy est mieux placé pour venir en parler »

    - Mise en hiérarchie de qui est la mieux placé-e par un-e dominant-e. C’est oppressif et fallacieux. Et c’est une attitude de colon, ces personnes qui savent tout mieux que tout le monde.
    - Vous n’avez pas à distribuer les points, ni à décider de qui est le mieux placé pour parler, pour s’énerver.

    Les White tears

    (Est-ce que quelqu’un voudrait penser aux blancs, s’il vous plaît ?)

    Les white tears : monopoliser l’espace quand il s’agit d’aborder le racisme pour… pleurer sur sa condition de blanc. Un autre incontournable.

    Exemple : Suite à plusieurs commentaires racistes : « Ça ne sert à rien, on a beau s’excuser, ça ne vous conviendra jamais ». Si on vous dit que ça ne convient pas, c’est que l’interlocuteur voit votre mauvaise foi. Ne nous prenez pas pour des idiot-e-s. Le racisme est un sujet important, ce n’est pas un sujet sur lequel vous avez le droit d’être léger, surtout pour s’excuser. Votre ego de blanc-he n’est pas le plus important, alors que nos ressentis face à vos propos racistes, vous n’en avez rien à faire. La réciprocité, voyez-vous.

    Comment s’excuser ?

    On présente ses excuses. Réellement. Et rapidement. Le faire de mauvaise grâce se verra. Et donc ne sera pas pris comme des excuses sincères.

    On ne se dédouane pas derrière avec des justifications pour au final… ne pas s’excuser. -> À bannir « je m’excuse mais.. ».
    On ne formule pas de manière à insinuer que c’est la faute de l’interlocuteur. Ce n’est pas s’excuser. -> À bannir « je m’excuse si… ».

    On prend réellement en compte le ressenti de l’interlocuteur. Oui, c’est possible !

    Autre exemple : Suite à une explication sur pourquoi le racisme anti-blanc n’existe pas, un long commentaire où une personne racisée détaille chaque acte discriminant qu’elle subit. La réponse de l’interlocutrice blanche ? « C’est raciste de parler de “babtou“ (qui désigne tout simplement les blancs), c’est faire le jeu du FN. » Une personne vient de vous décrire son quotidien, et celui-ci est difficile. Rangez votre égo, nous haïssons (et nous essayons de le changer) le système. Pas vous particulièrement, même s’il faut reconnaître la contribution individuelle de chacun dans celui-ci. De plus « c’est faire le jeu du FN », c’est du chantage. Big news : Ce n’est pas vous qui décider des modalités. Si « un allié » préfère se vexer à ce terme plutôt que de se remettre en question, on s’en passe allègrement. […]

    http://lechodessorcieres.net/la-decence-cher-e-s-blanc-he-s-1ere-partie/

  • 29 août 17:27

    Honte des trolls !

    là encore, opposition artificielle et trollesque des féministes (réduites en blanches vs racisées, athées vs musulmanes ou en relativistes vs universalistes etc ...)

  • NI LALLAB NI LE DOARÉ : ANARCHIE !

  • NB : Arrêtez d’utiliser MLK pour l’opposer à Malcom X et nous silencier. Idem pour Césaire et Frantz Fanon. Pour votre culture personnelle je vous invite à lire « Why we can’t wait » de MLK. Les deux premiers cités ont été amis vous savez ? Les injonctions au pacifisme alors que les grands leaders du pacifisme ont tous été assassinés, autrement dit rattrapés par la violence, c’est une vaste blague. Le pacifisme ne fonctionne que si toutes les parties respectent cette manière de faire. Dans une société basée sur la violence, j’ai un énorme doute sur son efficacité. Et de toute façon, vous n’avez pas à nous dire comment mener nos luttes. Nous ne cherchons pas une validation de votre part.

    pour illustrer, je conclus ce paragraphe avec une citation de Malcom X :

    Malcom X : Je ne crois en aucune forme de non-violence. Je crois qu’il est possible d’être non-violent avec des personnes non-violentes. Mais lorsque vous avez affaire à des ennemi-e-s qui ne connaisse pas la non-violence, en ce qui me concerne, je pense que vous perdez votre temps »

    Les derailings

    Faire des derailings : synonyme français : digression, faire un hors-sujet par rapport au sujet initial, qui est de dénoncer un mécanisme raciste, est indécent. C’est le mot.

    Par l’un des procédés cité plus haut, ou reprendre un argument fallacieux cité par une précédente personne.

    En philosophant sur un problème réel. Ça ne montre pas que vous ayez de l’intérêt à la chose, ce n’est pas respectueux… bref. Ne le faites pas.

    En comparant le racisme avec d’autres oppressions, en essayant de le mettre sur le même plan que le racisme…non. Chaque discrimination a ses propres mécaniques, et donc par essence, différemment subie. Ce n’est pas pareil.

    Exemple : à propos de l’appropriation culturelle, un long commentaire de white tears, l’auteure se targuant d’être oppressée par le fait qu’elle est teufeuse. S’en suit une remarque raciste. Débat sur cette remarque. Le dérailing : « Mais peut-on être discriminé par un choix de vie ? ». Ce n’est pas le sujet. Sur un sujet aussi grave, que nous subissons réellement, faire ça…ce n’est pas montrer qu’on prend en compte la souffrance de l’autre. Ce n’est pas montrer une attention à nos peines. C’est irrespectueux.

    La maladresse

    « Ce n’est qu’une erreur… »
    « Ça arrive à tout le monde de merder. Vous êtes parfaits, vous, peut-être ? »
    « Elle a merdé, elle s’est excusé, que demander de plus ? »
    Comment minimiser l’impact d’un acte ou d’un propos raciste en une phrase. Pourquoi ne faut-il pas le faire ? Parce que vous niez les ressentis des concernés. Parce que le racisme n’est pas une maladresse, c’est la preuve que vous n’êtes pas déconstruit. Assortie de cette phrase en guise de défense, cela montre qu’en plus vous ne voulez pas vous remettre en question. Pendant que vous vous vexez, vous ne participez pas à l’amélioration de nos quotidiens faits de micro-agressions de ce genre. Vous n’êtes donc pas un allié-e avec cette attitude. Vous êtes-vous posé la question des conséquences que ça peut avoir sur notre moral, votre déni, votre agressivité condescendante ? Pensez-y maintenant. De plus, s’excuser et reconnaître ses torts, ce n’est pas se rabaisser contrairement à ce que plusieurs peuvent croire. Se remettre en question, c’est aussi une question d’humilité. La petite culpabilisation du « Que demandez-vous de plus ? » illustre le fait que ça vous arrache un membre de devoir faire cette remise en question… Respirez, décentrez-vous, vous n’êtes pas concerné-e-s et le « moi je », ça n’est pas productif. Quant à « Vous êtes parfaits, vous, peut-être ? » même schéma, avec l’argument fallacieux qu’il faut être indulgent parce que faillibles. Vous n’acceptez pas qu’on le soit, mais vous utilisez ce fait à votre avantage. Mauvaise foi, j’écris ton nom…

    L’ethnocentrisme

    Juger un sujet avec son avis d’occidental, en oubliant les particularités culturelles des autres pays. Gros sujet aussi. Nous, occidentaux, nous pensons nous-mêmes « plus évolués » que les autres. Fatalement, on se permet de faire la leçon aux autres alors que la réalité ne correspond pas à nos préjugés et que nous ne sommes pas les mieux placés pour venir faire la morale… C’est l’ethnocentrisme.

    Sauf que. Les historiens et nous-mêmes avons la mémoire courte, du moins on ne nous fait apprendre que le plus reluisant, de manière mensongère. Avant de critiquer les discriminations des autres pays, il me semble opportun que l’on parle de notre propre système discriminatoire. Autrement dit, de balayer devant notre porte.

    L’injonction à l’exemplarité

    L’injonction à l’exemplarité consiste à nous demander, à nous, d’être exemplaires, de ne pas nous énerver… C’est une mécanique pour silencier les concerné-e-s. Sauf que… nous ne vous devons rien. Nous avons le droit autant que vous d’être énervés surtout sur un sujet qui nous concerne et pas vous. Nous sommes autant faillibles que vous, parce que nous sommes aussi des êtres humains. C’est nous-mêmes qui décidons. On ne va pas vous remercier mille ans d’être allié-e-s, c’est votre choix. Un progrès sera fait quand on arrêtera de nous sommer de nous comporter mieux que vous afin que vous adhériez à nos luttes. Ce n’est pas un plan marketing, la lutte contre le racisme. Nous ne vous sommes tributaires en rien (oui je suis redondante, mais c’est quelque chose qui est difficile à assimiler, de ce que j’ai vu). Le fait que l’on soit en mesure de vous répondre vous gêne, parce que ça signifie que vous n’avez pas de prise…et qu’il va falloir vous déconstruire. La mauvaise foi, tout ça, quoi.

    […]

    http://lechodessorcieres.net/la-decence-cher-e-s-blanc-he-s-1ere-partie/

  • J’en ai l’intuition depuis pas mal de temps et l’affaire de Lallab (*1 / *2) et du service civique me le confirme, n’est pas féministe qui veut.

    Certaines formes de « féminisme » (essentialiste, victimaire…) n’ont en réalité pas grand-chose de politique, au sens où elles ne visent pas à renverser le système patriarcal mais à s’en accommoder, à l’adapter au mieux, parfois dans l’intérêt des femmes, mais toujours à court terme, et en le pérennisant.

    Les féministes matérialistes et universalistes se sont toujours préoccupées de la vie des femmes au sein de la famille nucléaire, dans le monde du travail, et plus généralement à tous les niveaux de la vie sociale, culturelle et politique d’un pays. Certaines se sont attachées plus spécifiquement à un domaine, qu’il s’agisse de l’emploi, des violences, de la sexualité… mais toutes avaient en tête un projet de société féministe et humaniste, bien au-delà de la seule égalité FH, un projet collectif dans lequel tout rapport de pouvoir et de domination serait contesté et bientôt inenvisageable.

    Pour le féminisme politique, il ne s’agit pas seulement de mettre des pansements là où ça fait mal, mais de viser une société humaniste, en évitant de calquer de vieux modèles, marxistes ou autres, qui n’ont aucunement fait leurs preuves. De plus en plus de « féministes » perdent de vue cet objectif, se contentent par exemple pour certaines, de se focaliser sur une problématique (le harcèlement de rue, le manspreading…). A notre époque, cette question devrait être prise en charge par des politiques publiques efficaces (certes avec l’aide d’associations maitrisant leur sujet) et les féministes être libres de travailler aussi sur un projet de société alternative.

    C’est un piège de se laisser enfermer ainsi, de ne plus prendre de hauteur, de ne plus avoir de vision à long terme ni même de ne plus savoir ce que féminisme veut dire. C’est ainsi que des groupes de femmes comme Lallab peuvent se regrouper autour de problématiques communautaires et/ou religieuses et se prétendre féministes. En réalité, elles ne font que prendre en compte des normes et obligations patriarcales faites aux femmes de leurs communautés et consentir à un « féminisme » adapté. Elles vont en effet défendre à court terme l’intérêt de certaines femmes, dans certaines circonstances, mais aussi contribuer à pérenniser le système.

    Il est d’ailleurs fort logique que d’autres « féministes » les adoubent, en particulier celles d’une certaine extrême gauche en prise à un relativisme culturel qui consiste à lier oppression à traditions et donc admettre que certaines violences soient culturellement justifiées ; et les « queer féministes » qui sont tout de même parvenues à substituer les études de genre aux études féministes et ainsi gommer les discriminations et violences subies par le seul groupe social des femmes (ce groupe n’existerait plus puisque désormais les êtres humains s’identifieraient selon leur bon vouloir.).

    Quand des féministes universalistes contestent cette récupération (« Combien y a-t-il de féminismes ? *3), ce dévoiement du féminisme, elles sont immédiatement accusées de racisme de manière aussi systématique qu’absurde. Si la diffamation n’était pas si grave, ce serait comique. Pour rappel, le racisme est une idéologie qui admet l’existence de races humaines (et non d’une seule espèce humaine) et affirme sans aucun fondement scientifique qu’elles ne seraient pas égales entre elles. Dans tous les cas, l’islam n’est pas une « race », c’est une religion et donc une croyance. Critiquer le conservatisme, sexisme, lesbophobie/homophobie des religions est progressiste et féministe et fort admis lorsqu’il s’agit d’autres religions que l’islam ; c’est d’ailleurs fort couru et à juste titre, vis-à-vis de l’église catholique parmi l’extrême-gauche et les « queers » auxquels je viens de faire référence, mais l’islam est taboue et ses interprétations plus ou moins fondamentalistes peuvent servir à contrôler et opprimer les femmes.

    Contrairement à ce qu’ont prétendu des féministes égarées telle Christine Delphy (*4), les féministes universalistes et laïques ne sont pas racistes, bien au contraire, elles sont solidaires des femmes du monde entier qui subissent les discriminations et violences du système patriarcal ; elles ne sont pas complaisantes, encore moins condescendantes, elles combattent la perversité du relativisme culturel ; en revanche, la condescendance vis-à-vis de personnes issues d’une autre culture/religion qui seraient incapables de savoir ce qu’émancipation et liberté veulent dire, est à l’inverse la manifestation d’un profond racisme, qui s’ignore peut-être mais néanmoins bien réel.

    Les personnes qui se revendiquent du féminisme devraient s’interroger sur ce concept, cette lutte, ce projet de société. L’exécrable confusion qui s’étend, empire d’année en année, vide lentement mais sûrement le féminisme de son sens originaire. Bientôt, à force de dévoiement, il ne signifiera plus rien et tout le monde pourra s’en emparer pour le morceler à l’infini, puis le néantiser.

  • Le colorblind

    « Mais au fond nous ne sommes qu’une seule race ».

    C’est biologiquement faux. ESPÈCE Humaine. Retenez-le. À vie.

    « Mais pourquoi se préoccuper des races ? C’est raciste ! »

    Faux. Profondément faux. En parler en tant que facteur discriminant est un premier pas pour déconstruire.

    « Je ne me sens ni blanc ni noir… »–> Privilège de blanc.
    « J’aime pas les catégorisations… »

    –> J’y viens en dessous.

    Les phrases ci-dessus ont le point commun de nier le problème du racisme. Pourquoi ? Choisir de ne pas y faire attention c’est un privilège de blanc. Parce que les personnes racisées, yels, seront catégorisées d’office, et continuellement. De manière insidieuse ou évidente, qu’importe. Il y a d’abord les questions, les remarques mal placées « Tu viens d’où ? Non, je veux dire, vraiment tu viens d’où ? » / « Vous êtes nombreux chez vous ? / Les femmes sont toutes voilées chez vous ! / T’te façon vous êtes tous des voleurs dans ce pays. / Fais l’accent antillais/africain pour voir ? » Et j’en passe. Rien qu’avec ces exemples, la catégorisation est faite. Le « Tu viens d’où ? » indique clairement que vous ne pouvez pas habiter ici, en pays “civilisé“, personne noir/arabe/latino/asiatique que vous êtes. Puis viennent les blagues racistes. L’impossibilité de se reconnaître dans les canons de beauté actuels. Les gens qui se méprendront sur vos fonctions, votre statut. Etc. Il ne s’agit pas de le faire à l’échelle individuelle. Simplement de se rendre compte des rouages de ce système qu’est le racisme. De le nommer pour en parler. Pour faire évoluer les choses. Mettre des mots sur des événements est important, ça permet d’exprimer ce que l’on ressent, vous savez ? C’est pareil. Nier et bloquer sur ce mot c’est refuser d’en parler et d’être utile, donc. Il ne s’agit pas de catégorisation gratuite. C’est par nécessité des concernées que ça existe, et c’est fait par elleux. De plus, c’est le système raciste (et surtout allié-es en carton) qui fait cette catégorisation. Nous le reprocher à nous, c’est l’hôpital qui se fout de la charité.

    Not all Whites (pas tou-tes les blanc-hes) !

    Même procédé que le « not all men », quand le racisme est abordé, un-e blanc-he vient ramener sa fraise et lâcher le pléonasme universel « pas tous les blancs ! ».

    On le sait.

    On parle d’attitude. Donc il n’y a pas de généralisation gratuite. (Puis vous le faites bien non ?)
    Vous faites partie de ce système raciste et vous en bénéficiez… Alors oui, tous les blancs sont racistes, vous êtes les dominants. Les racisé-e-s l’assimilent, ce sont les oppressé-e-s. Point barre.
    Vous pouvez aussi mettre votre ego de côté deux secondes…vous n’êtes pas le centre du monde.

    La déconstruction : admettre & écouter

    Face à tous ces propos vomitifs, que faire ? Se déconstruire. Comment ? En commençant par admettre. Admettre que les mécanismes cités plus haut ne sont pas dû au hasard.

    « Les blancs s’estiment supérieurs aux noirs » disait Frantz Fanon dans “Peau noire, masques blancs“. C’est toujours le cas aujourd’hui, pas par essence ( alors on arrête de pleurer), mais bien par acquis. On nous apprend à estimer que les blancs sont supérieurs. Et fatalement, vous vous estimez aptes à parler de sujets dont vous ne connaissez rien. Ce qui sont des “sujets intéressants“ pour vous, pour nous, c’est nos vies. Il faut le prendre en compte. En expliquant une oppression à laquelle vous n’êtes pas confrontés par exemple, implicitement vous exercez une domination, vous prenez l’espace de parole qui nous revient pour ces sujets. Ce genre d’attitude résume pourquoi la non-mixité est nécessaire. On peut se passer de vous. Sachez-le, vraiment. Souvenez-vous : ne pas monopoliser l’espace. Si vous n’êtes pas concerné-e-s, dans le doute, taisez-vous, c’est le mieux. Évidemment, s’il y a question, il y aura réponse (si la personne veut). Mais ne parlez pas à notre place. Ne nous dites pas quoi faire. Ni comment faire. Remettez-vous en question, avant d’aller pointer le problème chez les autres. Ne défendez pas vos potes racistes. Yels sont assez grands pour se mettre dans la merde, yels sont assez grands pour s’en dépatouiller. Arrêtez le chipotage sur un terme, pour découvrir que vous n’avez rien compris… dites-le directement. On n’a pas de temps pour le chipotage sur des mots qui vous gênent, ces termes-là nous conviennent, ils sont là pour NOUS aider. Tout est une question d’attitude, il est tout à fait possible de recadrer, d’expliquer aux autres personnes non-concerné-e-s, ce qui est problématique lorsqu’il y a propos oppressifs. Mais il ne faut pas arbitrer la discussion. Il ne faut pas s’approprier la lutte des concerné-e-s. L’enjeu de l’attitude est là.

    Non, ce n’est pas « se rabaisser » que de faire ça. C’est juste un peu de modestie, pour montrer que vous savez ce que d’autres endurent à propos de racisme. Si vous estimez que c’est “rabaissant“, imaginez ce que ça fait d’être continuellement prise pour plus bête que je ne le suis. Par vous !

    Vous êtes chef d’un mouvement intersectionnel dans la vie réelle ou sur des réseaux sociaux, des forums ?

    Remettez-vous en question à double titre ! Vous êtes un exemple pour les participant-es…ça a son importance. Si vous vous relâchez, les gens le feront aussi.

    Non, je ne déteste pas les blanc-he-s (malgré les délicieux commentaires de whites tears, vous avez faux, encore faut-il que vous ayez pris la peine de lire l’article en entier 😉 ). Je déteste ce système. Alors arrêtons de tourner en rond voulez-vous ?

    Autre chose : Cela devrait être normal de ne pas être raciste, donc n’espérez pas des cookies, des encouragements…c’est la même attitude que les pro-féministes, celle dont vous vous plaignez, vous savez ?

    Bonus : Florilège des formulations à arrêter d’office

    Un petit bingo, juste comme ça.

    « Attention je ne nie absolument pas que ce soit discriminant mais (le nie dans la suite) »
    – > Si tu sais que tu vas être accusé de le faire, c’est peut-être parce que ça l’est… Simple suggestion.

    « Bien sûr que l’islamophobie c’est nul, mais comment rire des pays comme l’Arabie saoudite où la femme n’a pas de droits ? »
    –> Plus sérieusement, l’ethnocentrisme du colon « C’est mieux chez moi heiiin ! Je vais faire la leçon aux autres pays, tiens. » … non. Les concerné-es sont les plus à mêmes de le faire, puisqu’yels le vivent.

    « Dire que je suis raciste c’est insultant »
    –> Non. Être raciste, c’est avoir des propos oppressifs. Ni plus, ni moins. Tant mieux que vous culpabilisiez de peur de l’être. Mais ce n’est pas une insulte.

    « Tous les arabes/antillais/africains/asiatiques font ça/sont comme ça… »

    –> NON. NON. Non. L’Afrique et l’Asie sont des continents. Il y a plusieurs cultures différentes aux Antilles et dans les pays arabes. Arrêtez de généraliser, ça pue.

    Suite à une remarque où on lui dit de la fermer car elle n’est pas concernée :

    « Moi, dominant-e ? (En random) Je suis trans, NA, grosse, etc… »
    Ce n’est pas un concours. Subir le racisme, ça n’est pas “marrant“. C’est ignoble d’utiliser les discriminations que l’on subit pour oppresser d’autres.

    Vous restez privilégié quand il s’agit de racisme, parce que vous êtes blanc. Il faut savoir placer les choses dans leur contexte.

    « Mais c’est violent de parler de « race », de « racisme »… »

    Non en fait…notre société bien-pensante ( colorblind poooower) les a rendus tabou. Mais ce ne sont que des qualificatifs.
    Il faut savoir de quoi on parle à un moment donné. Pour résoudre n’importe quel problème il faut savoir de quoi on parle. Parler de “race“ en tant que construction politique et facteur discriminant, ce n’est pas valider l’eugénisme. C’est parler du fait que les blancs sont privilégiés.

    « Oui mais ça prend un certain temps de déconstruire, il faut laisser les autres faire des maladresses »

    Le racisme n’est pas une maladresse. C’est réel. On le subit ! Considérer des propos racistes comme des « maladresses » c’est minimiser la gravité de l’acte, de la souffrance que ça inflige. Ce n’est pas à vous de juger de la gravité de toute manière. Au mieux, c’est un aveu, de dire ça. Ça prouve que vous n’êtes pas déconstruit et que vous n’avez pas envie. Soyez honnêtes et rejoignez les partis bien gentiment racistes( PS, Front de Gauche…y’a le choix), il y aura de la place pour vous là-bas.

    Nous n’avons pas tou-t-es le temps d’attendre. Pendant que vous mettez 150 ans à bien vouloir faire l’effort de comprendre nos vécus, où vous avez merdé, on survit, les autres triment, continuent d’encaisser la violence…ce n’est pas la même chose qu’une simple erreur de mathématiques. Encore une fois, c’est minimiser l’impact que ça a.

    « Ce n’est pas ce qu’il a voulu dire, c’est juste une gaffe, en ce moment yel/il/elle a ça, ça, ça, ça, ça comme souci, c’est compliqué pour yel/lui/elle »

    Si un propos raciste est pointé, ce n’est pas la peine que vous, blanc-hes, veniez nous expliquer les véritables intentions. Vous n’êtes pas concernés. Taisez-vous, on gère.
    Tout le monde a des soucis personnels, un vécu difficile, des traumatismes. Ce n’est pas une excuse pour être oppressif. Ça n’explique rien, d’ailleurs. Juste un relâchement. Et ce n’est pas une preuve qu’on puisse vous faire confiance, en fait.
    Être oppressif ce n’est pas juste une maladresse.

    « Arrêtez de vous plaindre c’est fini l’esclavage ! »

    Je vous invite à vous renseigner sur le néocolonialisme. Celui qui fait qu’Haïti paie une dette pour oser être un pays libre vis-à-vis de la France.

    Celui qui a autorisé qu’on répande des produits toxiques hautement cancérigènes, au détriment de la faune et la flore, de la santé des habitants et des personnes travaillant dans les bananeraies en Martinique et en Guadeloupe. (à la Réunion, à contrario)

    Celui qui privilégie les békés (descendants des colons) dans les Caraïbes, ces personnes ayant la mainmise sur toutes les ressources, plus les relations avec le gouvernement pour instaurer la vie chère, où chaque produit coûte en moyenne 40% plus cher qu’en Métropole. Où l’on se retrouve obligé de partir étudier, travailler en métropole.
    Celui des républiques bananières. Celui qui oublie que la traite négrière existe toujours en Mauritanie. Celui qui invite des habitants d’ex-colonies à venir travailler en France pour ensuite nier à leurs descendants leur identité française. Et la liste est très longue. Donc chut. Vraiment, c’est mieux, surtout pour vous.

    « Mais vous ramenez tout au racisme… »

    - > Ce n’est pas à vous, blanc-hes de décider si ce sujet est assez abordé ou pas. Faites avec. Vous prenez déjà trop de place sur des sujets qui NOUS concernent, alors vraiment, faut se taire dans ces cas-là. « En parler » ne signifie pas, en parler bien, avec les concerné-e-s.

    Liens explicatifs :

    Le « racisme anti-blanc » :

    http://negreinverti.wordpress.com/racisme-anti-blanc-ou-mon-cul-sur-la-commode/

    Sur le racisme, définition :

    http://msdreydful.wordpress.com/2013/07/25/racisme-definition-politique/

    Sur le néocolonialisme :

    http://negreinverti.wordpress.com/oui-la-france-est-encore-un-empire-colonial

    Les racistes et leur égo :

    http://msdreydful.wordpress.com/2014/02/25/les-gens-et-le-racisme-un-probleme-dego/

    Le refus du privilège blanc :

    http://www.millebabords.org/spip.php?article8087

    Le privilège blanc :

    https://msdreydful.wordpress.com/2013/03/29/parlons-privilege-blanc-voulez-vous/

  • NI LALLAB

    NI LE DOARÉ

    NI SEXISME

    NI HOMOPHOBIE

    Ni RELIGION

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      •  : ANARCHIE !

     :

    ANARCHIE !

  • 5 septembre 12:14, par Collectif Les Indivisibles, Collectif Les mots sont importants, Les (...)

    contre l’instrumentalisation raciste des luttes féministes et LGBT

    Nous, féministes, dénonçons l’utilisation des luttes féministes et LGBT à des fins racistes notamment islamophobes.

    Marine le Pen a utilisé récemment la défense des homos pour mieux propager son racisme [1].

    C’est aussi au nom des femmes que nos dirigeants et grands médias ont jusqu’au bout soutenu un tyran comme Ben Ali, présenté comme le protecteur des Tunisiennes contre un patriarcat nécessairement islamiste.

    Il y a enfin l’infâme débat sur le port du niqab, à l’occasion duquel des parlementaires hommes, jusque là totalement indifférents à la cause féministe, se sont soudainement érigés en défenseurs de l’égalité hommes/femmes.

    Ça suffit !

    Nous condamnons le racisme et refusons qu’il frappe en notre nom. Construisons des outils, des ripostes féministes pour désamorcer ces « évidences » insupportables – musulman = islamiste = extrémiste = menace pour les femmes et les minorités sexuelles – qui s’annoncent déjà comme des vedettes des prochaines échéances électorales.

    Il est plus que jamais nécessaire de rappeler que de nombreuses femmes étrangères ou françaises vivent le racisme, le sexisme et un sexisme raciste. Pire, les femmes musulmanes voilées sont réprimées.

    Décolonisons les luttes féministes et LGBT !

    Ne laissons pas des féministes blanc-he-s donner des leçons aux autres !

    Stoppons celles et ceux qui s’allient à des initiatives politiques et des discours racistes, y compris sous des bannières (pseudo) féministes ou « gay friendly » !

    Retrouvons-nous pour échanger et organiser la riposte !

    http://lmsi.net/Islamophobie-au-nom-du-feminisme

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  • Causeur dénonce la « terreur féministe » : un attentat contre le journalisme

    Qu’un journal affirme ses opinions réactionnaires, c’est bien là son droit et il n’y a pas de quoi s’en étonner ou s’en émouvoir. Mais lorsqu’un « magazine » – fût-il polémique et très à droite – propose un « dossier » de trente pages sur un sujet aussi complexe et important que le féminisme, et qu’il utilise les pires procédés pour ridiculiser ce combat, la critique s’impose.

    Au-delà de l’idéologie qu’il véhicule, le dossier de Causeur consacré à la « terreur féministe » (sic), puisque c’est de lui dont il s’agit, concentre ainsi, à de rares exceptions près, les pires pratiques journalistiques – s’il nous est encore permis de parler de journalisme : caricatures, clichés, raccourcis, amalgames, refus de donner la parole à celles dont on parle, etc.

    Un modèle du genre donc, qui permet au magazine dirigé par Élisabeth Lévy de propager un discours empreint d’idéologie réactionnaire [1] sous couvert d’ « enquête » journalistique.

    Le féminisme, ce totalitarisme

    Malgré les précautions oratoires d’Élisabeth Lévy (« Il ne m’a pas échappé qu’il n’y avait en France ni goulag, ni KGB, ni chef suprême »), la comparaison entre féminisme et totalitarisme est effectuée dès la première page du dossier, par une certaine Lévy Élisabeth :

    Bien sûr, ce n’est pas le fascisme. Peut-on décréter pour autant que ça n’a rien à voir ? Rien à voir, vraiment ? Timothy Hunt, 71 ans, prix Nobel de médecine, a été obligé de démissionner de son université londonienne sous la pression hurlante des réseaux sociaux, non sans avoir fait son autocritique : un trait d’esprit – interrogé sur la présence des femmes dans les labos, il avait fait cette réponse : « Vous tombez amoureux d’elles, elles tombent amoureuses de vous, et quand vous les critiquez, elles pleurent ». Mais rien à voir, évidemment, avec le Ludvik de La Plaisanterie de Kundera, exclu du Parti, renvoyé de l’université et enrôlé de force dans l’armée pour avoir cru séduire une demoiselle avec une blague sur le régime – « L’optimisme est l’opium du genre humain ! L’esprit sain pue la connerie ! Vive Trotski ! ».

    Passons sur le fait qu’Élisabeth Lévy mélange stalinisme [2] et fascisme, deux types de régimes qui, s’ils peuvent être rangés ensemble dans la catégorie des totalitarismes, ne se confondent pas. Passons aussi sur la « plaisanterie » consistant à imaginer Élisabeth Lévy défendant les Trostkystes (réels ou imaginaires) contre l’oppression stalinienne.

    Et venons-en à l’anecdote relatée par la directrice de Causeur. Chacun appréciera, au sens strict du terme, la finesse de ce qu’Élisabeth Lévy nomme un « trait d’esprit ». Mais pour l’apprécier à sa juste valeur, il est utile de savoir, ce que la journaliste oublie soigneusement de rappeler, que cette déclaration subtile a été prononcée au cours d’une intervention lors de la Conférence mondiale des journalistes scientifiques, et qu’elle venait à l’appui d’une « proposition » de Timothy Hunt : la non-mixité des laboratoires de recherche, tant les femmes, qu’il considère comme des « pièges émotionnels », « distrairaient » les hommes. Voilà qui va plus loin, on l’avouera, qu’un simple « trait d’esprit »…

    Donc effectivement, « rien à voir » avec le personnage du roman de Kundera, puisqu’il ne s’agit pas d’une « plaisanterie » adressée à une amie sur une carte postale, mais d’une proposition sérieuse dans le cadre d’un colloque tout à fait sérieux. Et surtout, puisqu’il semble nécessaire de le préciser, « rien à voir » entre cet épisode et la redoutable mécanique décrite par Kundera, qui conduit Ludvik, l’auteur de la « plaisanterie », en prison, dans un pays où les opposants politiques n’ont pas voix au chapitre. La comparaison faite avec le Stalinisme est non seulement ubuesque mais tout simplement scandaleuse : à notre connaissance, les « féministes » n’organisent pas des parodies de procès politiques avec l’appui de l’ensemble de l’appareil d’État, et n’ont pas ouvert de camps de travail dans lesquels des millions de personnes périssent de fatigue, de faim ou de froid.

    Le cadre du dossier est ainsi posé, et la métaphore sera filée dans l’ensemble des articles, avec quelques variations, toujours très subtiles et absolument pas répétitives. Ainsi Élisabeth Lévy évoque « une mécanique de terreur », estimant que les féministes « menacent nos libertés », pratiquent la « délation numérique » et sont des « Big Brothers en jupons ». Eugénie Bastié s’insurge contre un « féminisme orwellien », passé maître dans « l’art de la délation », et qui aurait recours à « tous les moyens de l’ingénierie sociale, et surtout (…) le plus vieux : la peur ». Olivier Malnuit évoque pour sa part un « féminisme de guillotine » et s’indigne, sans dignité aucune, contre un « féminisme d’entreprise [qui n’a] pas attendu les barbares de Benghazi pour pratiquer une autre forme de révolution : la terreur ». Relevons enfin (mais notre sélection est loin d’être exhaustive) les saillies de Kevin Erkeletyan contre la « machine à dénoncer » et les « gardes roses », dans un article où, après l’évocation du cas d’un communicant reconnaissant les vertus des groupes dénonçant les publicités sexistes, Orwell est de nouveau convoqué : « La lutte était terminée. Il avait remporté la victoire sur lui-même. Il aimait Big Brother ».

    Mention spéciale à Benoît Raisky, qui s’adresse aux féministes en ces termes :

    Vous êtes de gauche, et, bien naturellement, vous vous intéressez aux deux révolutions qui ont changé la face du monde. De 1789 et 1917, vous avez pris ce qui vous a paru le meilleur. Le rasoir national, la guillotine des enragés hébertistes. La balle dans la nuque des tchékistes, vos amants virtuels. Vous détestez le catholicisme, et vous lui avez pris ce qu’il avait de pire : l’Inquisition et ses bûchers. Les Torquemada et les Savonarole en jupon sont chez vous légion. Sic.

    Et que dire de l’iconographie du dossier ? […]

    http://www.acrimed.org/Causeur-denonce-la-terreur-feministe-un-attentat-contre-le-journalisme

  • troll = flic nazi provoc

     ? ! .? !

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  • […] Le terrorisme et le totalitarisme sont des sujets trop sérieux pour que nous ironisions davantage sur les pitoyables amalgames de Causeur. Nous nous contenterons donc de signaler que contrairement aux régimes totalitaires et au terrorisme, le féminisme n’a jamais affamé, enfermé, déporté, tué ou massacré. Et, en pensant aux femmes victimes des multiples formes de violences qui les touchent spécifiquement, nous nous permettrons de rappeler cette formule féministe pleine de bon sens : « ce n’est pas le féminisme qui tue, c’est le patriarcat ».

    Les dominantes et les dominés

    Le dossier de Causeur, au-delà (et au moyen) de ses raccourcis et amalgames, propose en fait de renverser la perspective féministe : les rapports de domination, s’ils existent, ne sont pas ceux qu’on croit. Le titre ainsi que l’iconographie choisie pour l’illustrer en « Une » (une jeune femme tout sourire maniant une tronçonneuse) sont typiques de ce discours selon lequel ce sont celles et ceux qui luttent contre les dominations sociales qui en réalité exerceraient non seulement une domination mais, qui plus est, une « terreur ».

    En d’autres termes, les dominé-e-s seraient en fait les dominant-e-s. Cette théorie qui, sous couvert de « subversion » ou de « lutte contre la pensée unique », a aujourd’hui le vent très en poupe, comme en témoigne la place occupée par certains « spécialistes » de cette « pensée », qui s’expriment régulièrement dans les grands médias, d’Éric Zemmour à Franz-Olivier Giesbert en passant par Alain Finkielkrault, Ivan Rioufol ou Philippe Tesson [3], traverse le dossier de long en large.

    En témoignent les angles d’attaque et les thèmes des différents articles du dossier : le premier (« 30 millions d’ennemis »), fait passer les féministes pour d’horribles misandres fascistoïdes qui cherchent à dresser les hommes : « Les ligues de vertu reviennent ! Nos néoféministes ne rigolent pas : un homme, ça doit domestiquer son désir, filer doux et marcher droit. Rompez ! », indique le chapô. Même son de cloche dans l’en-tête du deuxième article, « Cartographie du néoféminisme » : « Osez le féminisme !, Les Indivisibles, les Femen… Une infinité de chapelles incarnent le féminisme radical du XXIe siècle. Si leurs dirigeantes partagent en bloc la détestation du mâle blanc réactionnaire, elles se crêpent le chignon sur à peu près tout le reste… » De même l’introduction du troisième chapitre dénonce des femmes qui « pratiqu[ent] le féminisme à la serpette. » L’article suivant reprend cette ritournelle en dénonçant des militant-e-s qui veulent « éradiquer le second degré et la sophistication. » Le dossier, interminable, continue sur le même registre dans « Elles voient des machos partout » : « Malheur à qui s’y opposerait. La chasse à l’homme des féministes, on n’y résiste pas. »

    Dans un contexte où il est souvent question de terrorisme et de la lutte qui lui est opposée, parler de « chasse à l’homme » et de « terreur » féministe est pour le moins « navrant » (pour reprendre un mot du même article). Le début de l’article suivant (« Discret comme un réac au Québec ») emploie la même rhétorique : il s’agit de faire passer pour des victimes celles et ceux qui profitent de leur institutionnalisation médiatique pour diffuser des discours réactionnaires, et de se lamenter du fait qu’Éric Zemmour rencontre des oppositions à ses opinions les plus nauséabondes. Bien évidemment, le courageux journaliste dénonce la « police [féministe] des arrière-pensées ». Plus loin, « Allemagne, années zéro héros » fait l’éloge du livre d’un essayiste selon lequel la société se « féminise » et qui regrette la « domestication de l’homme ». Nous ne savons pas si Alain Soral a porté plainte pour plagiat.

    Mais pour faire des hommes les victimes des femmes, les violences faites aux femmes doivent être niées. Alors que le problème de l’invisibilisation des viols et des violences faites aux femmes est bien connu [4], Causeur ne trouve rien de mieux à faire que de dénoncer (sans chiffres à l’appui, bien sûr) le fait qu’on ne plaigne pas suffisamment « Pierre, Paul ou Jacques qui se retrouvent en garde à vue, et parfois en prison, parce qu’une dame mécontente les a abusivement accusés de viols, et qui auront perdu leur boulot le jour où ils seront blanchis. »

    Il va de soi qu’aucune victime de violences sexistes n’est interrogée dans un dossier qui les minimise voire les nie, tout en ayant recours à des procédés rhétoriques affirmant le contraire.

    Il ne sera pas question, en outre, d’évoquer les discours et les actions féministes contre le viol, les violences conjugales, les discriminations salariales, ou encore le harcèlement, alors même que ces formes de domination sont statistiquement documentées [5].

    Un procès sans témoin

    De manière plus générale, la troisième caractéristique du dossier de Causeur est que la parole n’est jamais donnée aux associations et personnes incriminées. Un long procès à charge donc, sans que les accusées puissent se défendre, ce qui ne manque pas de faire sourire (ou grincer des dents) lorsque l’on sait que lesdites accusées sont par ailleurs taxées d’avoir des méthodes dignes du totalitarisme.

    Il s’agit, plus prosaïquement, de ridiculiser des militantes et des groupes sans leur donner la possibilité de répliquer, en tirant des propos de leur contexte, en raccourcissant des citations ou en caricaturant leur pensée.

    Ainsi, le féminisme intersectionnel, consistant à lutter contre les dominations de genre, mais aussi contre les dominations racistes et l’exploitation capitaliste, qui a fait l’objet d’importantes élaborations théoriques (politiques, philosophiques ou sociologiques), est résumé en un demi-paragraphe comme un « gloubi-boulga sociologique ». C’est tout ? C’est tout.

    On a bien évidemment le droit de critiquer le féminisme intersectionnel, mais la moindre des choses serait, pour ce faire, d’en exposer les principaux tenants et aboutissants… Représentante de ce courant, Rokhaya Diallo est, à l’image de militantes d’autres courants féministes évoqués dans ce dossier, particulièrement décriée, et sa pensée résumée en une phrase enfantine : « chacun fait ce qu’il lui plait ». En résumé :

    Plutôt que de faire dire à Rokhaya Diallo ce qu’elle n’a jamais dit, Causeur aurait mieux fait de la contacter, ce que nous avons fait tant les propos d’Eugénie Bastié, auteure de l’article sur le « néoféminisme », nous semblaient réducteurs. Rokhaya Diallo nous a confirmé ne jamais avoir dit ou écrit que « la femme voilée incarne le féminisme », tout simplement car… elle ne le pense pas.

    Autre exemple, l’association Osez le Féminisme ! (OLF), dont les activités se réduiraient, selon Causeur, à la dénonciation des « violences symboliques ». Extrait :

    Le féminisme médiatique des dames d’OLF entend donc désormais lutter contre les « violences symboliques ». Cela va du regard d’un homme dans le métro à « madame la présidente » à l’Assemblée, en passant bien sûr par les stéréotypes dans les manuels scolaires et les jouets.
    Ou encore :

    Loin de nous l’idée de porter un jugement – positif ou négatif – sur l’orientation et les activités d’OLF. Mais quelques remarques s’imposent ici, tant les propos d’Eugénie Bastié qui prétend, rappelons-le, faire un travail de journaliste, sont – à nouveau – réducteurs. OLF lutte contre les « violences symboliques » ? C’est effectivement le cas, et il n’y a rien de déshonorant à cela ! Car les « violences symboliques » ne sont pas, contrairement à ce que laisse entendre Causeur en jouant sur la double acception du terme « symbolique », des violences mineures ou secondaires.

    Rappelons ici que le pouvoir de violence symbolique est, selon Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, qui ont largement contribué à la définition et à la diffusion de cette notion, « tout pouvoir qui parvient à imposer des significations et à les imposer comme légitimes en dissimulant les rapports de forces qui sont au fondement de sa force ». Les violences symboliques ne sont pas moins discriminatoires que les violences physiques, avec lesquelles elles forment un continuum.

    Mais il y a un autre problème : Causeur ment. Un mensonge par omission peut-être, mais un mensonge. Nous nous sommes rendus sur le site d’OLF et avons pu constater que si la lutte contre les violences symboliques est l’une des facettes de l’activité du groupe, elle est loin d’être la seule. En parcourant les quatre derniers numéros du magazine d’OLF, nous avons ainsi pu lire des articles sur : la situation des femmes migrantes, la place des femmes dans les professions hospitalières, les violences intra-familiales, l’excision, le droit à l’IVG, la lutte contre le viol [6], etc. Eugénie Bastié considère-t-elle sérieusement que nous sommes ici dans le domaine de la « violence symbolique » ? Pourquoi oublie-t-elle soigneusement de mentionner une part essentielle des activités d’OLF ? Parce que cela ne correspondrait pas à son propos ? Une drôle de manière, chacun l’avouera, de pratiquer le métier de journaliste…

    ***

    Et le reste du « dossier » est à l’avenant : raccourcis, caricatures, « oublis », petits et gros mensonges, etc. Une « enquête » qui n’en est pas une, et au cours de laquelle un seul point de vue (caricatural) s’exprime : voilà qui est d’autant plus gênant lorsque l’on se pose en pourfendeur de la « pensée unique ». Mais de toute évidence, Causeur a décidé, par ces procédés, de se construire des adversaires à sa mesure. Technique malheureusement très répandue chez les journalistes aimant se transformer en petits procureurs, qui permet de fabriquer soi-même l’argumentation de l’adversaire pour mieux la critiquer et, au final, de propager un discours dégoulinant d’idéologie sous couvert d’ « enquête ».

    Du journalisme, ça ?

    http://www.acrimed.org/Causeur-denonce-la-terreur-feministe-un-attentat-contre-le-journalisme

  • troll = flic nazi provoc

     ? ! .? !

    NI LALLAB

    NI LE DOARÉ

    NI SEXISME

    NI HOMOPHOBIE

    Ni RELIGION

    Ni Idéologie

     : ANARCHIE !

     :

    ANARCHIE !

      • Certaines formes de « féminisme » (essentialiste, victimaire…) n’ont en réalité pas grand-chose de politique, au sens où elles ne visent pas à renverser le système patriarcal mais à s’en accommoder, à l’adapter au mieux, parfois dans l’intérêt des femmes, mais toujours à court terme, et en le pérennisant.

    Les féministes matérialistes et universalistes se sont toujours préoccupées de la vie des femmes au sein de la famille nucléaire, dans le monde du travail, et plus généralement à tous les niveaux de la vie sociale, culturelle et politique d’un pays.

    Certaines se sont attachées plus spécifiquement à un domaine, qu’il s’agisse de l’emploi, des violences, de la sexualité… mais toutes avaient en tête un projet de société féministe et humaniste, bien au-delà de la seule égalité FH, un projet collectif dans lequel tout rapport de pouvoir et de domination serait contesté et bientôt inenvisageable.

    Pour le féminisme politique, il ne s’agit pas seulement de mettre des pansements là où ça fait mal, mais de viser une société humaniste, en évitant de calquer de vieux modèles, marxistes ou autres, qui n’ont aucunement fait leurs preuves. De plus en plus de « féministes » perdent de vue cet objectif, se contentent par exemple pour certaines, de se focaliser sur une problématique (le harcèlement de rue, le manspreading…). A notre époque, cette question devrait être prise en charge par des politiques publiques efficaces (certes avec l’aide d’associations maitrisant leur sujet) et les féministes être libres de travailler aussi sur un projet de société alternative.

    - C’est un piège de se laisser enfermer ainsi, de ne plus prendre de hauteur, de ne plus avoir de vision à long terme ni même de ne plus savoir ce que féminisme veut dire.
    - C’est ainsi que des groupes de femmes comme Lallab peuvent se regrouper autour de problématiques communautaires et/ou religieuses et se prétendre féministes. En réalité, elles ne font que prendre en compte des normes et obligations patriarcales faites aux femmes de leurs communautés et consentir à un « féminisme » adapté. Elles vont en effet défendre à court terme l’intérêt de certaines femmes, dans certaines circonstances, mais aussi contribuer à pérenniser le système.

    • Il est d’ailleurs fort logique que d’autres « féministes » les adoubent, en particulier celles d’une certaine extrême gauche en prise à un relativisme culturel qui consiste à lier oppression à traditions et donc admettre que certaines violences soient culturellement justifiées ; et les « queer féministes » qui sont tout de même parvenues à substituer les études de genre aux études féministes et ainsi gommer les discriminations et violences subies par le seul groupe social des femmes (ce groupe n’existerait plus puisque désormais les êtres humains s’identifieraient selon leur bon vouloir.).
      • Quand des féministes universalistes contestent cette récupération (« Combien y a-t-il de féminismes ? *3), ce dévoiement du féminisme, elles sont immédiatement accusées de racisme de manière aussi systématique qu’absurde.
    • Si la diffamation n’était pas si grave, ce serait comique. Pour rappel, le racisme est une idéologie qui admet l’existence de races humaines (et non d’une seule espèce humaine) et affirme sans aucun fondement scientifique qu’elles ne seraient pas égales entre elles. Dans tous les cas, l’islam n’est pas une « race », c’est une religion et donc une croyance.
      • Critiquer le conservatisme, sexisme, lesbophobie/homophobie des religions est progressiste et féministe et fort admis lorsqu’il s’agit d’autres religions que l’islam ; c’est d’ailleurs fort couru et à juste titre, vis-à-vis de l’église catholique parmi l’extrême-gauche et les « queers » auxquels je viens de faire référence, mais l’islam est taboue et ses interprétations plus ou moins fondamentalistes peuvent servir à contrôler et opprimer les femmes.

    Contrairement à ce qu’ont prétendu des féministes égarées telle Christine Delphy (*4), les féministes universalistes et laïques ne sont pas racistes, bien au contraire, elles sont solidaires des femmes du monde entier qui subissent les discriminations et violences du système patriarcal ; elles ne sont pas complaisantes, encore moins condescendantes, elles combattent la perversité du relativisme culturel ; en revanche, la condescendance vis-à-vis de personnes issues d’une autre culture/religion qui seraient incapables de savoir ce qu’émancipation et liberté veulent dire, est à l’inverse la manifestation d’un profond racisme, qui s’ignore peut-être mais néanmoins bien réel.

    Les personnes qui se revendiquent du féminisme devraient s’interroger sur ce concept, cette lutte, ce projet de société. L’exécrable confusion qui s’étend, empire d’année en année, vide lentement mais sûrement le féminisme de son sens originaire. Bientôt, à force de dévoiement, il ne signifiera plus rien et tout le monde pourra s’en emparer pour le morceler à l’infini, puis le néantiser.

  • 25 septembre 23:24

    Pour rappel, le 28 octobre 2016 à Mille Bâbords, un groupe de personnes racisées s’est organisé pour empêcher une « discussion » animée par des auto-dénommés « anti-racialisateurs » (cf leurs textes1) autour de ce qu’ils appellent les dangers du « racialisme ». C’est le paroxysme d’un confit qui dure depuis deux ans et qui s’est traduit notamment par des départs des collectifs de Mille Bâbords et de Mars Info à Marseille, mais aussi du Rémouleur à Paris.

    Nous ne souhaitons pas nous adresser aux « anti-racialisateurs ». Nous nous adressons plutôt ici à toutes les personnes qui ont participé à la diffusion de leurs idées, et à celles qui n’ont pas été choquées par leurs publications sur des sites d’info et d’organisation politique. Nous ne pouvons que constater que ces personnes sont à notre connaissance toutes blanches et que cela n’est pas anodin, même si, bien sûr, loin de nous l’idée de déduire leur position de leur couleur de peau.

    L’arrogance avec laquelle la « polémique » a été écrite, dite, publiée est impressionnante : sans prendre le temps de se taire, d’essayer de comprendre, d’écouter ce que les personnes concernées ont à dire de l’oppression qu’elles vivent.

    Il nous semblait nécessaire, en tant que blanches, féministes et dans une perspective révolutionnaire, de nous désolidariser de ce milieu politique qui n’a pas su intégrer dans ses luttes les analyses post-coloniales (et parfois aussi féministes). D’expliquer, une fois de plus, que ces « anti-racialisateurs » et ceux qui diffusent leurs idées ne peuvent pas être nos camarades.

    Le contenu de ce texte est sans prétention, il redit de manière succincte des choses beaucoup mieux développées par des personnes directement concernées par le racisme et qui ont passé beaucoup plus de temps à analyser cette domination, à lutter contre.

    DE L’USAGE DU TERME « RACE » ET DE PRIVILÈGE

    Il semblerait que le refus systématique d’utiliser les termes de race/ racisé.es soit dû à un malentendu tenace, à un manque de curiosité intellectuelle, ou bien encore à une mauvaise foi impressionnante et exaspérante. On a lu quelque part que les personnes racisées se racisent ELLES-MÊMES. Ouaaaah !

    Alors récapitulons :

    La racisation est un processus que des personnes subissent. C’est le processus par lequel elles se voient attribuer une supposée race en fonction de certains critères physiques et/ou culturels. Dire que les personnes se racisent elles- même est le comble du contre-sens !

    Ce processus de racisation est un pivot important dans un système raciste, et nous vient de notre histoire esclavagiste et coloniale, de nos missions humanitaires etc... c’est le système de pensée « blanc » qui racise les gens, qui leur attribue des étiquettes, des particularités, et ce sont nous, les blanc.he.s, qui gardons le pouvoir de classiffier et de hiérarchiser2. On ne nous a jamais appris qu’on était blanc.he.s, on nous a dit qu’on était des Hommes, plus précisément l’Homme drapé.

    Des personnes se disant anti-racialisatrices et anti-racistes remettent en cause l’utilisation des termes de race et racisé.e. Le hic quand ces personnes parlent de race, c’est qu’elles font référence à la race qui essentialise3, la race que les scientifiques ont essayé d’inventer puis qui est tombée. De là viendrait le contre-sens...

    Sans déconner ! Nous avons trop d’estime pour les capacités intellectuelles des militant.es concerné.es pour le croire. Si ça bloque, c’est pas pour préserver LA révolution en évitant que la lutte ne soit morcelée. C’est que c’est trop difficile d’accepter de voir qu’on jouit du privilège blanc, qu’on jouit d’une place de privilégié.es dans les « mouvements révolutionnaires » et dans la société en général.

    Le privilège blanc, dans un contexte de luttes, c’est par exemple, prendre de la place en réunion sans se faire couper la parole, être écouté.e avec intérêt (et non comme faire-valoir), ne pas être renvoyé.e à ses supposées origines par ses camarades. C’est aussi moins risquer de se faire arrêter, de subir des violences policières, moins risquer devant les juges.
    Le terme de privilège décale la « normalité » de ce que vivent les personnes en position de force, qu’on appelle ici les dominant.e.s, sans pour autant que ces personnes s’inscrivent dans des rapports de force explicites ou conscients ou actifs. Malgré ce qu’on voudrait croire, être écouté.e dans une réunion n’est pas « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

    LE CAPITALISME N’EST PAS LE SEUL SYSTÈME DE DOMINATION

    À chaque fois qu’un groupe minorisé parle d’un autre système d’oppression que celui du capitalisme il se fait accuser de diviser la classe ouvrière !

    Ce reproche fait au féminisme dans les réunions du parti communiste des années 50 est devenu l’un des arguments qui justifient la publication sur internet des textes des « anti-racialisateurs » : les personnes racisées (= personnes qui subissent le racisme ) qui s’organisent ou osent tout simplement parler de leur oppression spécifique sont attaquées, ces derniers temps du moins, avec nettement plus d’agressivité.

    Observation : quand un groupe non-dominant exprime un désaccord profond, quand il veut mettre un terme à la domination qu’il subit, et qu’il s’organise pour la contrer, il se fait immanquablement traiter d’anti-révolutionnaire et de... nazi4.
    Il n’y a pas d’un côté les rapports de classe qui renvoient à l’instance économique et de l’autre le patriarcat et le racisme qui renvoient à une instance purement idéologique.

    Il y a une tendance à psychologiser, individualiser le sexisme et le racisme : une homme battrait sa femme parce qu’il est alcoolique, un français identitaire serait raciste parce qu’il est phobique de la différence, qu’il a peur de se faire envahir, ou parce qu’il croit aux théories scientifiques racialistes. Non, les rapports de classe de sexe et de race sont socialement construits, ce sont des systèmes de dominations qui s’articulent et s’alimentent entre eux, et chacun possède ses propres instances qui exploitent, dominent et oppriment. Certain.es pensent que puisqu’un homme racisé comme Obama, ou qu’une femme comme Thatcher peuvent gouverner les principales puissances mondiales, alors le capitalisme s’arrangerait bien du racisme et du sexisme. Certes, le fait de faire partie de l’élite économique met à l’abri de la violence économique. Mais, bien que ça transforme les violences sexistes et racistes, ça ne les fait pas disparaître. En témoignent les agressions sexuelles (a aire Beaupin) et racistes (insultes adressées à Taubira) subies par des femmes de l’élite politique française. Rappelons quand même que l’élite économique et politique européenne reste majoritairement composée d’hommes blancs, et que le racisme et le sexisme structurent nos sociétés, quelles que soient les politiques de « parité » mises en place, et les exceptions mises en avant.

    IDENTITÉS ?

    À ce reproche de créer la division « du mouvement » vient s’ajouter celui du repli identitaire. Les mots utilisés semblent bien tout droits sortis de la bouche de Finkielkraut. C’est assez fascinant à quel point les argumentaires utilisés rejoignent ceux des républicains laïcards, et de l’extrême droite : La peur de l’identitarisme, des communautarismes etc etc.

    Ah oui ça, ça fait peur ! Il suffitt de s’organiser de manière autonome pour voir surgir le spectre du repli identitaire.
    Le terme de « racisé.es » en l’occurence est loin de se référer à une identité, à l’inverse du terme « noir.e » ou « gouine ». Il permet de « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

    Certains usages de l’identité ne sont pas souhaitables, avant tout quand elles sont faites par les dominant.e.s, mais aussi quand elles essentialisent l’identité, quand elles produisent une victimisation ou une hiérarchisation des luttes.
    Et pourtant, poser des mots sur différentes identités permet aussi de lutter contre la moulinette qui broie à tous les niveaux, de l’exploitation salariale, à l’exploitation patriarcale en passant par l’universalisme qu’il soit républicain ou soi-disant révolutionnaire. Ces identités ne sont pas des sofas sur lesquels on s’a ale, ce sont des balises de positionnement sur la pyramide sociale, pour la dézinguer.

    Sous prétexte de maintenir l’unité révolutionnaire ou républicaine on ne peut pas lutter contre des dominations sans nommer les identités qu’elles produisent. S’il y a des personnes qui ont réfléchi et critiqué cette question d’identité, c’est bien certain.e.s anti-colonialistes, queers et féministes5. Eh oui il y a de nombreux livres passionnants à lire6 plutôt que de s’attarder sur la littérature du PIR (dont il n’est pas l’objet de faire une analyse critique ici, mais d’autres s’en chargent très bien7).

    Si vous voulez on peut s’en tenir pour l’instant à Wikipédia :

    « On parle d’identité sociale dès qu’un individu ou un groupe se voit attribuer une caractéristique identitaire par d’autres. Cette forme d’identification répond à une logique classificatoire dans la mesure où elle permet à un individu ou un groupe d’ordonner l’Autre sur la base de critères dominants. » Mon identité sociale est (entre autres choses) d’être une femme. Je suis femme c’est-à-dire que le patriarcat a décidé que j’étais une femme et se préoccupe de me le rappeler tous les jours, c’est quelque chose que je subis car cette identité me fait appartenir à une classe de dominées8.

    La société ne m’attribue pas une identité de blanche car elle ne nomme pas la norme : lorsqu’on dit blanc.he on ne parle pas d’une couleur mais de transparence sociale. Je suis pourtant blanche c’est-à- dire que le système
    raciste a créé cette différence entre non-blanc.he et blanc.he qui me permet de jouir de certains privilèges et d’exercer un pouvoir sur d’autres.9

    […]

    1 Jusqu’ici tout va bien ? entre autres textes publiés sur presque tous les sites d’infos dits alternatifs

    2 Et on peut garder en tête que « ...la division se construit en même temps que la hiérarchie et non pas avant. C’est dans le même temps, par le même mouvement, qu’une distinction ou division sociale est créée, et qu’elle est créée hiérarchique, opposant des supérieurs et des inférieurs », Classer, dominer, Christine Delphy

    3 L’essentialisation pose des différences « naturelles » , et donc indépassables, entre certaines catégories de personnes : « femmes »/ « hommes », « blanches »/ « noires », etc...

    4 C’est le point Godwin : quand on n’a plus d’arguments, on traite les gens de nazi.es, de fascistes

    5 A ce sujet, lire la synthèse d’Elsa Dorlin dans Sexe, genre et sexualité, PUF, 2008, chapitres : « le sujet politique du féminisme » et « philosophies de l’identité et praxis queer »

    6 Femme, race, classe d’Angela Davis, Black feminism, anthologie du féminisme africain-américain coordonné par Elsa Dorlin. Pour plus de spécificité en contexte « français » (puisqu’il est toujours reproché que toute cette analyse est une importation des États-Unis) : La matrice de la race, généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française d’Elsa Dorlin ; les blogs de Mignon chaton, de João, et de Mrs Dreydful ; Christine Delphy, « antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme » dans Nouvelles questions féministes n°1 ou en ligne sur le site « Les mots sont importants »...

    7 On peut lire par exemple Boutelja ses sœurs et nous sur https://infokiosques.net/lire.php ? id_article=1356

    8 Par exemple, en France le salaire moyen des femmes (qui travaillent à temps complet) est égal à 83 % de celui des hommes (source : Observatoire des inégalités). Les femmes possèdent 2% de la propriété mondiale (source : Banque mondiale).

    9 En France, les statistiques dites « ethniques » (ce terme tout droit hérité de l’héritage colonial, mais qui, lui, ne semble pas déranger les « anti-racilisateurs » et leurs sympathisants) sont interdits. On a quand même des chiffres basés sur la consonance du nom de famille : selon l’Observatoire des inégalités, plus de deux fois plus de candidatures "hexagonales" sont favorisées par rapport aux candidatures "maghrébines" (2017) dans les grandes entreprises. Et, à niveau de vie équivalent, les candidats à un logement d’origine maghrébine ou africaine ont quatre fois moins de chances d’en obtenir un que ceux d’origine française (2009).

    10 Et c’est un enjeu des luttes anti-racistes et post-coloniales de visibiliser les positions dominantes en nommant les blanc.hes

    11 C’est le fameux concept d’intersectionnalité. « Le féminisme noir critique cette tendance à se replier implicitement sur une compréhension de la domination qui prend la situation de certaines femmes pour la situation de toutes les femmes. » Elsa Dorlin, Sexe, genre et sexualités, p.85

    12 Sous le régime nazi on stérilisait notamment les juives et les femmes rroms. Ces dernières ont subit la stérilisation forcée jusqu’aux années 90 en Roumanie et aujourd’hui en France les médecins leurs installent souvent des stérilets ou des implants sans leur consentement. Rappelons aussi qu’alors que la pilule et l’avortement étaient encore interdits en France métropolitaine, aux Antilles françaises et à la Réunion on stérilisait les femmes à leur insu, et les pouvoirs publiques avortaient les femmes en toute quiétude.

    13 Cis désigne l’inverse de trans : il s’agit des personnes qui se reconnaissent dans le genre qui leur a été assigné à la naissance

    14 Audre Lorde (black féministe américaine) : « Pour provoquer un véritable effort révolutionnaire, nous ne devons jamais nous intéresser exclusivement aux situations d’oppression dont nous cherchons à nous libérer, nous devons nous concentrer sur cette partie de l’oppresseur enfouie au plus profond de chacun de nous, et qui ne connaît que les tactiques des oppresseurs, les modes de relations des oppresseurs » Sister outsider, Mamamélis p. 135

    15 Elsa Dorlin dans Sexe, race, classe, PUF, 2009

    16 Il est intéressant de remarquer qu’à la base le terme « queer » (=anormal, tordu-e) avait été choisi pour éviter justement de parler en terme d’identité (par opposition à gay ou lesbienne)

    17 On parle d’intersectionnalité pour prendre en compte les différences internes qui traversent les mouvements politiques (Kimberlé W. Crenshaw). Pour une critique et un affinage de ce concept voir Danièle Kergoat, entre autres !!

    http://iaata.info/La-race-ca-t-agace-2136.html

  • BOYCOTT TOTAL de TOUS les trolls

    boycott de tous les nationalistes et de tous les ETATS :

    - boycott des nationalistes israelien-ne-s

    - boycott des nationalistes palestinien-ne-s

    - boycott des nationalistes belges

    - etc ...

    BOYCOTT TOTAL de TOUS les racistes et racialistes

    BOYCOTT TOTAL de TOUS les suprémacismes

    BOYCOTT TOTAL de TOUS les identitaires (et identitaristes )

    BOYCOTT TOTAL de TOUS les fascistes, du sionisme, de l’islamisme etc ...

    BOYCOTT TOTAL de TOUS les capitalistes (et bourgeois-es )

    etc...

  • La race, ça t’agace ?

    Pour rappel, le 28 octobre 2016 à Mille Bâbords, un groupe de personnes racisées s’est organisé pour empêcher une « discussion » animée par des auto-dénommés « anti-racialisateurs » (cf leurs textes1) autour de ce qu’ils appellent les dangers du « racialisme ». C’est le paroxysme d’un confit qui dure depuis deux ans et qui s’est traduit notamment par des départs des collectifs de Mille Bâbords et de Mars Info à Marseille, mais aussi du Rémouleur à Paris.

    Nous ne souhaitons pas nous adresser aux « anti-racialisateurs ». Nous nous adressons plutôt ici à toutes les personnes qui ont participé à la diffusion de leurs idées, et à celles qui n’ont pas été choquées par leurs publications sur des sites d’info et d’organisation politique. Nous ne pouvons que constater que ces personnes sont à notre connaissance toutes blanches et que cela n’est pas anodin, même si, bien sûr, loin de nous l’idée de déduire leur position de leur couleur de peau.

    L’arrogance avec laquelle la « polémique » a été écrite, dite, publiée est impressionnante : sans prendre le temps de se taire, d’essayer de comprendre, d’écouter ce que les personnes concernées ont à dire de l’oppression qu’elles vivent.

    Il nous semblait nécessaire, en tant que blanches, féministes et dans une perspective révolutionnaire, de nous désolidariser de ce milieu politique qui n’a pas su intégrer dans ses luttes les analyses post-coloniales (et parfois aussi féministes). D’expliquer, une fois de plus, que ces « anti-racialisateurs » et ceux qui diffusent leurs idées ne peuvent pas être nos camarades.

    Le contenu de ce texte est sans prétention, il redit de manière succincte des choses beaucoup mieux développées par des personnes directement concernées par le racisme et qui ont passé beaucoup plus de temps à analyser cette domination, à lutter contre.

    DE L’USAGE DU TERME « RACE » ET DE PRIVILÈGE

    Il semblerait que le refus systématique d’utiliser les termes de race/ racisé.es soit dû à un malentendu tenace, à un manque de curiosité intellectuelle, ou bien encore à une mauvaise foi impressionnante et exaspérante. On a lu quelque part que les personnes racisées se racisent ELLES-MÊMES. Ouaaaah !

    Alors récapitulons :

    La racisation est un processus que des personnes subissent. C’est le processus par lequel elles se voient attribuer une supposée race en fonction de certains critères physiques et/ou culturels. Dire que les personnes se racisent elles- même est le comble du contre-sens !

    Ce processus de racisation est un pivot important dans un système raciste, et nous vient de notre histoire esclavagiste et coloniale, de nos missions humanitaires etc... c’est le système de pensée « blanc » qui racise les gens, qui leur attribue des étiquettes, des particularités, et ce sont nous, les blanc.he.s, qui gardons le pouvoir de classiffier et de hiérarchiser2. On ne nous a jamais appris qu’on était blanc.he.s, on nous a dit qu’on était des Hommes, plus précisément l’Homme drapé.

    Des personnes se disant anti-racialisatrices et anti-racistes remettent en cause l’utilisation des termes de race et racisé.e. Le hic quand ces personnes parlent de race, c’est qu’elles font référence à la race qui essentialise3, la race que les scientifiques ont essayé d’inventer puis qui est tombée. De là viendrait le contre-sens...

    Sans déconner ! Nous avons trop d’estime pour les capacités intellectuelles des militant.es concerné.es pour le croire. Si ça bloque, c’est pas pour préserver LA révolution en évitant que la lutte ne soit morcelée. C’est que c’est trop difficile d’accepter de voir qu’on jouit du privilège blanc, qu’on jouit d’une place de privilégié.es dans les « mouvements révolutionnaires » et dans la société en général.

    Le privilège blanc, dans un contexte de luttes, c’est par exemple, prendre de la place en réunion sans se faire couper la parole, être écouté.e avec intérêt (et non comme faire-valoir), ne pas être renvoyé.e à ses supposées origines par ses camarades. C’est aussi moins risquer de se faire arrêter, de subir des violences policières, moins risquer devant les juges.
    Le terme de privilège décale la « normalité » de ce que vivent les personnes en position de force, qu’on appelle ici les dominant.e.s, sans pour autant que ces personnes s’inscrivent dans des rapports de force explicites ou conscients ou actifs. Malgré ce qu’on voudrait croire, être écouté.e dans une réunion n’est pas « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

    LE CAPITALISME N’EST PAS LE SEUL SYSTÈME DE DOMINATION

    À chaque fois qu’un groupe minorisé parle d’un autre système d’oppression que celui du capitalisme il se fait accuser de diviser la classe ouvrière !

    Ce reproche fait au féminisme dans les réunions du parti communiste des années 50 est devenu l’un des arguments qui justifient la publication sur internet des textes des « anti-racialisateurs » : les personnes racisées (= personnes qui subissent le racisme ) qui s’organisent ou osent tout simplement parler de leur oppression spécifique sont attaquées, ces derniers temps du moins, avec nettement plus d’agressivité.

    Observation : quand un groupe non-dominant exprime un désaccord profond, quand il veut mettre un terme à la domination qu’il subit, et qu’il s’organise pour la contrer, il se fait immanquablement traiter d’anti-révolutionnaire et de... nazi4.
    Il n’y a pas d’un côté les rapports de classe qui renvoient à l’instance économique et de l’autre le patriarcat et le racisme qui renvoient à une instance purement idéologique.

    Il y a une tendance à psychologiser, individualiser le sexisme et le racisme : une homme battrait sa femme parce qu’il est alcoolique, un français identitaire serait raciste parce qu’il est phobique de la différence, qu’il a peur de se faire envahir, ou parce qu’il croit aux théories scientifiques racialistes. Non, les rapports de classe de sexe et de race sont socialement construits, ce sont des systèmes de dominations qui s’articulent et s’alimentent entre eux, et chacun possède ses propres instances qui exploitent, dominent et oppriment. Certain.es pensent que puisqu’un homme racisé comme Obama, ou qu’une femme comme Thatcher peuvent gouverner les principales puissances mondiales, alors le capitalisme s’arrangerait bien du racisme et du sexisme. Certes, le fait de faire partie de l’élite économique met à l’abri de la violence économique. Mais, bien que ça transforme les violences sexistes et racistes, ça ne les fait pas disparaître. En témoignent les agressions sexuelles (a aire Beaupin) et racistes (insultes adressées à Taubira) subies par des femmes de l’élite politique française. Rappelons quand même que l’élite économique et politique européenne reste majoritairement composée d’hommes blancs, et que le racisme et le sexisme structurent nos sociétés, quelles que soient les politiques de « parité » mises en place, et les exceptions mises en avant.

    IDENTITÉS ?

    À ce reproche de créer la division « du mouvement » vient s’ajouter celui du repli identitaire. Les mots utilisés semblent bien tout droits sortis de la bouche de Finkielkraut. C’est assez fascinant à quel point les argumentaires utilisés rejoignent ceux des républicains laïcards, et de l’extrême droite : La peur de l’identitarisme, des communautarismes etc etc.

    Ah oui ça, ça fait peur ! Il suffitt de s’organiser de manière autonome pour voir surgir le spectre du repli identitaire.
    Le terme de « racisé.es » en l’occurence est loin de se référer à une identité, à l’inverse du terme « noir.e » ou « gouine ». Il permet de « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

    Certains usages de l’identité ne sont pas souhaitables, avant tout quand elles sont faites par les dominant.e.s, mais aussi quand elles essentialisent l’identité, quand elles produisent une victimisation ou une hiérarchisation des luttes.
    Et pourtant, poser des mots sur différentes identités permet aussi de lutter contre la moulinette qui broie à tous les niveaux, de l’exploitation salariale, à l’exploitation patriarcale en passant par l’universalisme qu’il soit républicain ou soi-disant révolutionnaire. Ces identités ne sont pas des sofas sur lesquels on s’a ale, ce sont des balises de positionnement sur la pyramide sociale, pour la dézinguer.

    Sous prétexte de maintenir l’unité révolutionnaire ou républicaine on ne peut pas lutter contre des dominations sans nommer les identités qu’elles produisent. S’il y a des personnes qui ont réfléchi et critiqué cette question d’identité, c’est bien certain.e.s anti-colonialistes, queers et féministes5. Eh oui il y a de nombreux livres passionnants à lire6 plutôt que de s’attarder sur la littérature du PIR (dont il n’est pas l’objet de faire une analyse critique ici, mais d’autres s’en chargent très bien7).

    Si vous voulez on peut s’en tenir pour l’instant à Wikipédia :

    « On parle d’identité sociale dès qu’un individu ou un groupe se voit attribuer une caractéristique identitaire par d’autres. Cette forme d’identification répond à une logique classificatoire dans la mesure où elle permet à un individu ou un groupe d’ordonner l’Autre sur la base de critères dominants. » Mon identité sociale est (entre autres choses) d’être une femme. Je suis femme c’est-à-dire que le patriarcat a décidé que j’étais une femme et se préoccupe de me le rappeler tous les jours, c’est quelque chose que je subis car cette identité me fait appartenir à une classe de dominées8.

    La société ne m’attribue pas une identité de blanche car elle ne nomme pas la norme : lorsqu’on dit blanc.he on ne parle pas d’une couleur mais de transparence sociale. Je suis pourtant blanche c’est-à- dire que le système
    raciste a créé cette différence entre non-blanc.he et blanc.he qui me permet de jouir de certains privilèges et d’exercer un pouvoir sur d’autres.9

    […]

    1 Jusqu’ici tout va bien ? entre autres textes publiés sur presque tous les sites d’infos dits alternatifs

    2 Et on peut garder en tête que « ...la division se construit en même temps que la hiérarchie et non pas avant. C’est dans le même temps, par le même mouvement, qu’une distinction ou division sociale est créée, et qu’elle est créée hiérarchique, opposant des supérieurs et des inférieurs », Classer, dominer, Christine Delphy

    3 L’essentialisation pose des différences « naturelles » , et donc indépassables, entre certaines catégories de personnes : « femmes »/ « hommes », « blanches »/ « noires », etc...

    4 C’est le point Godwin : quand on n’a plus d’arguments, on traite les gens de nazi.es, de fascistes

    5 A ce sujet, lire la synthèse d’Elsa Dorlin dans Sexe, genre et sexualité, PUF, 2008, chapitres : « le sujet politique du féminisme » et « philosophies de l’identité et praxis queer »

    6 Femme, race, classe d’Angela Davis, Black feminism, anthologie du féminisme africain-américain coordonné par Elsa Dorlin. Pour plus de spécificité en contexte « français » (puisqu’il est toujours reproché que toute cette analyse est une importation des États-Unis) : La matrice de la race, généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française d’Elsa Dorlin ; les blogs de Mignon chaton, de João, et de Mrs Dreydful ; Christine Delphy, « antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme » dans Nouvelles questions féministes n°1 ou en ligne sur le site « Les mots sont importants »...

    7 On peut lire par exemple Boutelja ses sœurs et nous sur https://infokiosques.net/lire.php ? id_article=1356

    8 Par exemple, en France le salaire moyen des femmes (qui travaillent à temps complet) est égal à 83 % de celui des hommes (source : Observatoire des inégalités). Les femmes possèdent 2% de la propriété mondiale (source : Banque mondiale).

    9 En France, les statistiques dites « ethniques » (ce terme tout droit hérité de l’héritage colonial, mais qui, lui, ne semble pas déranger les « anti-racilisateurs » et leurs sympathisants) sont interdits. On a quand même des chiffres basés sur la consonance du nom de famille : selon l’Observatoire des inégalités, plus de deux fois plus de candidatures "hexagonales" sont favorisées par rapport aux candidatures "maghrébines" (2017) dans les grandes entreprises. Et, à niveau de vie équivalent, les candidats à un logement d’origine maghrébine ou africaine ont quatre fois moins de chances d’en obtenir un que ceux d’origine française (2009).

    10 Et c’est un enjeu des luttes anti-racistes et post-coloniales de visibiliser les positions dominantes en nommant les blanc.hes

    11 C’est le fameux concept d’intersectionnalité. « Le féminisme noir critique cette tendance à se replier implicitement sur une compréhension de la domination qui prend la situation de certaines femmes pour la situation de toutes les femmes. » Elsa Dorlin, Sexe, genre et sexualités, p.85

    12 Sous le régime nazi on stérilisait notamment les juives et les femmes rroms. Ces dernières ont subit la stérilisation forcée jusqu’aux années 90 en Roumanie et aujourd’hui en France les médecins leurs installent souvent des stérilets ou des implants sans leur consentement. Rappelons aussi qu’alors que la pilule et l’avortement étaient encore interdits en France métropolitaine, aux Antilles françaises et à la Réunion on stérilisait les femmes à leur insu, et les pouvoirs publiques avortaient les femmes en toute quiétude.

    13 Cis désigne l’inverse de trans : il s’agit des personnes qui se reconnaissent dans le genre qui leur a été assigné à la naissance

    14 Audre Lorde (black féministe américaine) : « Pour provoquer un véritable effort révolutionnaire, nous ne devons jamais nous intéresser exclusivement aux situations d’oppression dont nous cherchons à nous libérer, nous devons nous concentrer sur cette partie de l’oppresseur enfouie au plus profond de chacun de nous, et qui ne connaît que les tactiques des oppresseurs, les modes de relations des oppresseurs » Sister outsider, Mamamélis p. 135

    15 Elsa Dorlin dans Sexe, race, classe, PUF, 2009

    16 Il est intéressant de remarquer qu’à la base le terme « queer » (=anormal, tordu-e) avait été choisi pour éviter justement de parler en terme d’identité (par opposition à gay ou lesbienne)

    17 On parle d’intersectionnalité pour prendre en compte les différences internes qui traversent les mouvements politiques (Kimberlé W. Crenshaw). Pour une critique et un affinage de ce concept voir Danièle Kergoat, entre autres !!

    http://iaata.info/La-race-ca-t-agace-2136.html

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