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À propos de l’opportunisme identitaire. Red Guards Austin sur le postmodernisme et l’identity politics
posté le 07/09/17 par https://redguardsaustin.wordpress.com/2017/04/10/on-identity-opportunism/ Mots-clés  antifa 

Cinglant, clair comme le verre et solide comme l’acier, il n’y a vraiment pas un mot à ajouter à ce masterpiece...

Sinon peut-être, pour éclairer nos lecteurs plus avant sur les enjeux qui n’y transparaissent pas encore tout à fait clairement, le fait qu’une partie de ce courant philosophique postmoderne (déjà ancien, et dont les références sont assez mondialement connues), souvent déguisée en "communistes", a concrètement muté en un POSTMOFASCISME ouvertement lancé dans une offensive mondiale, coordonnée via le petit monde merveilleux des réseaux sociaux, contre le matérialisme communiste ; sous la forme de campagnes provocatrices destructives visant toute organisation qui pourrait sembler être un peu trop sur la "bonne voie", marcher "un peu trop fort" et dans le "bon sens" au regard des objectifs de la nouvelle vague révolutionnaire mondiale qui se lève partout dans le monde.

Une offensive dont il n’est, sans doute, pas indispensable d’identifier clairement qui se tient derrière pour imaginer que ce ne sont certainement pas les intérêts des sections les plus opprimées des Peuples travailleurs dont ces gens se gargarisent pourtant et se prétendent les porte-paroles, vite-fait "concerné-e-s" ou pas un brin (mais c’est pas grave).

Il est vraiment, vraiment, proprement hallucinant à quel point nous avons pu reconnaître des cas de notre propre expérience dans pratiquement chaque paragraphe, à chaque détour de phrase...

Sans qu’il soit nécessaire, ni sans doute souhaitable et souhaité, d’en dire plus, contentons-nous donc de SAVOURER les points mis ici magistralement sur les i, au-delà des quelques désaccords que nous pourrions avoir (nous ne pensons pas par exemple que dans un État multinational et/ou doté de colonies intérieures, les révolutionnaires de l’ensemble des nationalités puissent être organisé-e-s dans un même Parti en étant simplement "vigilants" à la "représentation des plus opprimé-e-s" dans la direction ; même si bien sûr les différentes avant-gardes révolutionnaires nationales de l’État doivent tisser entre elles la plus solide coordination de travail possible ; quant aux luttes de genre qui traversent toutes les classes travailleuses et les nationalités opprimés, elles ne peuvent pas faire l’économie d’organisations autonomes de masse sur la ligne de l’antisexisme révolutionnaire prolétarien)... Et le son du tocsin de la CONTRE-OFFENSIVE qui ouvre à nouveau devant nous le chemin resplendissant de la Marche vers le Communisme, expédiant cette engeance opportuniste et provocatrice fasciste pourrie vers sa nouvelle et dernière demeure aka les poubelles de l’histoire (à moins que ce ne soit, comme leur finalement précurseur d’il y a 10 ans le ’p’’c’’mlm’, après un spectaculaire retournement de casaque, du côté de la "gauche réac" qui est également rapidement évoquée dans le texte... parce que l’ultra-gauchisme décompo qui finit par tomber ouvertement dans la réaction, ce n’est pas tout à fait un phénomène nouveau hein).

Ce document fait finalement un peu écho à ce que nous avons déjà pu écrire ici :
http://servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com/breves-considerations-pour-une-approche-materialiste-des-oppressions-s-a126291476

Bonne lecture.

À propos de l’opportunisme identitaire

Le postmodernisme et son influence dans le mouvement communiste des métropoles impérialistes.

La chose la plus commune à toutes les personnes en ce bas-monde est que leur intellect est désormais perpétuellement submergé par une vision du monde nombriliste étroite, absolument incapable de les conduire aux idées justes.

La véritable unité ne peut s’établir que sur la base des intérêts du prolétariat révolutionnaire. Le nombrilisme et le subjectivisme sont deux erreurs récurrentes contre lesquelles les communistes doivent se cuirasser, étant donné que depuis le jour de notre naissance nous sommes encouragés par tous les poisons de la société bourgeoise à adopter une vision du monde qui ne reflète pas notre véritable intérêt de classe, une idéologie suicidaire qui nous incite à nous placer comme individus déconnectés de tout au centre du monde, toute interaction humaine et toute analyse étant guidée par le seul mot d’ordre "qu’est-ce que je vais pouvoir en tirer ?". Toute personne impliquée dans le projet communiste révolutionnaire s’efforce de changer cela, transformant le monde et se transformant elle-même dans le processus.

Le maoïsme n’est pas une identity politics armée

“Le postmodernisme, bien qu’il puisse plonger ses racines plus d’un siècle en arrière, dans ses habits actuels, puise largement à la source de la philosophie de Nietzsche, père philosophique du fascisme hitlérien.

Le postmodernisme a connu une impulsion majeure du fait du vide intellectuel résultant du reflux temporaire du communisme, de l’effondrement de l’URSS et de la contre-révolution en Chine, et du recul des mouvements de libération nationale qui avaient connu leur apogée dans les années 1960 et 70. Dans l’atmosphère de pessimisme qui en a résulté, le postmodernisme a pu se trouver des milliers de partisans jusque dans les rangs des marxistes démoralisés par ces reculs.”—Siraj

Dans le processus décrit ici par Siraj, le postmodernisme a établi sans le moindre doute son hégémonie dans les centres académiques-universitaires de gauche des pays impérialistes, devenant la grille d’analyse par défaut de beaucoup de mouvements sociaux et pénétrant profondément les cyber-espaces et les médias sociaux. C’est là une pomme empoisonnée, dont beaucoup s’emparent désespérément lorsqu’ils ou elles ne trouvent pas de méthode révolutionnaire facilement accessible pour analyser et contextualiser les diverses oppressions spécifiques affrontées par des groupes sociaux particuliers.

Tel que nous l’employons ici, le terme d’identity politics désigne une méthode d’analyse qui place l’identité comme principale au-dessus de la ligne politique. C’est-à-dire, qui traite les opinions exprimées par des individus subissant une oppression comme la vérité indiscutable. Il va sans dire que cette méthode d’analyse prive de tout accès fiable à la vérité, aux idées justes, en rejetant par-dessus bord la possibilité que l’opinion de l’individu ou du groupe en question puisse être contredite par une analyse scientifique du capitalisme impérialiste, étayée par une large et profonde étude des faits historiques.

Le maoïsme, dans son analyse des relations dialectiques entre la base économique et la superstructure, comprends que l’oppression de classe engendre et est influencée à la fois par un certain nombre d’identités. Ces identités étant formées sur le terreau d’une société patriarcale et suprématiste blanche, c’est une erreur défaitiste que de prétendre développer une ligne politique principalement sur la base de celles-ci. De fait, si ces identités peuvent contribuer à forger la ligne politique ("fournir" des idées justes), le principal reste la ligne politique elle-même et non les identités. Au regard de cela, toute forme d’"identity politics" doit être critiquée et extirpée dans l’intérêt d’une analyse matérialiste et d’une politique communiste. Le maoïsme reconnaît l’existence d’oppressions spécifiques et "croisées" dans le cadre d’une analyse nuancée des classes et de leur lutte entre elles.

Depuis le début de la fin du reflux général du communisme décrit par Siraj, on observe un regain d’intérêt pour le communisme non seulement comme réponse plus ou moins consciente aux débuts de l’administration Trump et aux échecs du Parti démocrate, mais aussi plus largement du fait des conditions matérielles de l’impérialisme US et de la montée du populisme de droite causée par la crise du néolibéralisme. Ces conditions matérielles offrent une opportunité de gagner des secteurs de masse au MLM. Mais dans le même temps, en l’absence d’un Parti maoïste, nous ne sommes pas capables d’offrir une éducation communiste suffisante à toute personne gravitant autour du mouvement communiste. De par ces facteurs objectifs et subjectifs, beaucoup de celles et ceux qui se proclament maoïstes, ou disent adhérer au MLM, font en réalité preuve de profondes incompréhensions et confusions au sujet du véritable caractère de cette idéologie à laquelle ils et elles s’identifient.

Dans ce texte nous ne pourrons parler que de la situation aux États-Unis, mais nous pensons que ces analyses pourront être utiles dans d’autres pays impérialistes où le postmodernisme et autres idéologies bourgeoises ont acquis une influence hégémonique dans les milieux universitaires et étudiants. Cette influence hégémonique a également pénétré à peu près tous les cyber-espaces, particulièrement les réseaux sociaux tels que Facebook ou Tumblr, qui comme tous les médias d’importance sous le capitalisme sont contrôlés par la classe dominante et fonctionnent comme une partie de l’appareil idéologique d’État pour reproduire l’idéologie bourgeoise. Il n’est dès lors pas surprenant qu’en conséquence de cela, beaucoup de personnes soient amenées à croire faussement que MLM = identity politics + militantisme ou lutte armée. Rien ne peut être plus éloigné de la vérité, mais nous devons néanmoins examiner attentivement ce phénomène pour tenter de corriger ces idées fausses.

Dans le contexte historique récent aux États-Unis, le mouvement marxiste-léniniste a très largement souffert d’une politique ouvriériste... qui est en réalité elle-même une identity politics axée autour de la vision eurocentrique du travailleur comme homme blanc travaillant à l’usine ; échouant par conséquent à prendre au sérieux et analyser correctement des modes d’oppression tels que la suprématie blanche ou le patriarcat. Ce sont les erreurs de l’eurocentrisme, du sexisme, du colonialisme et de la suprématie blanche qui ont conduit par le passé beaucoup d’autoproclamés marxistes à littéralement effacer les groupes opprimés de leurs analyses. Il n’y a guère pire en la matière que les trotskystes, la "gauche communiste" et autres marxistes "orthodoxes" qui regardent dogmatiquement vers le passé et tirent leur soi-disant "science" d’un petit panel soigneusement choisi de "classiques"-prophètes.

Les maoïstes se sont employés à corriger ces erreurs, analysant le colonialisme et l’histoire des États-Unis, et prêtant toute l’attention requise à une compréhension correcte des colonies intérieures, des genres et autres groupes sociaux opprimés.

Cette nuance s’adresse immédiatement à celles et ceux que l’on peut qualifier de postmodernes : ils et elles gravitent autour du maoïsme mais ne l’ont toujours pas compris comme ce qu’il est, une méthode d’analyse et un guide pour l’action ; et au lieu de cela le voient de la manière dont ce libéralisme idéaliste et anti-dialectique les encourage à le voir - un catalogue de positions auxquelles, si vous adhérez globalement, vous pouvez vous qualifier vous-mêmes de maoïstes. Nous rejetons catégoriquement ce principe et rappelons qu’être maoïste n’est pas seulement concevoir le maoïsme comme une méthode d’analyse MAIS AUSSI le mettre en pratique de manière organisée, et que seulement ainsi l’on peut se qualifier de maoïste.

Nous ne devons pas, comme le font certains révisionnistes, rejeter mécaniquement l’identity politics sans discussion. Si le postmodernisme a acquis sa popularité dans le sillage de la défaite temporaire du communisme, alors nous devons nous confronter à cet échec tout en tentant simultanément de comprendre à la fois les limites de l’identity politics et les raisons de son succès. Pour cela, ne devons rechercher le fond d’idées justes, de bonnes questions cachées au fond de l’identity politics postmoderne.

L’une des manifestations les plus communes de l’identity politics est l’analyse qui identifie chaque oppression comme son propre système indépendamment enraciné, au lieu d’identifier correctement l’oppression de classe (mue par le besoin du capitalisme impérialiste d’exploiter) comme la racine de toutes les oppressions. Ce point de vue tente parfois de se corriger (et y échoue...) par des mécanismes tels que l’intersectionnalité qui ne sont pas non plus ancrés dans une analyse matérialiste de classe. Tout le monde est capable de voir que les oppressions se croisent et chevauchent, mais la théorie postmoderne ne peut identifier scientifiquement pourquoi il en est ainsi, sans parler de ce qui peut être fait contre...

Le noyau critique d’idées justes à dégager de ces analyses est que l’oppression de classe fonctionne fréquemment à travers des modes d’oppression tels que le patriarcat ou la suprématie blanche, et que le capitalisme impérialiste tel qu’il existe dans le monde se reproduit continuellement dans les conditions matérielles produites par ces oppressions. Pour autant, il faut comprendre que l’oppression de classe est l’oppression principale qui dirige l’entièreté du système. La lutte de classe doit être prise comme la clé pour mettre fin à toutes les oppressions, même si nous comprenons les autres modes d’oppression comme des aspects du fonctionnement de l’oppression de classe au sein du capitalisme impérialiste, comme des moyens de rendre l’exploitation continuelle possible.

Concomitamment, ces modes d’oppression rétroagissent sur l’oppression de classe, la transformant encore et encore, modifiant et actualisant constamment les méthodes bourgeoises de coercition comme d’obtention de l’assentiment populaire. Un exemple de cela est peut-être la manière dont la classe dominante a fièrement mis en avant que le commandant d’un des deux navires ayant lancé la récente frappe de missiles contre une base aérienne syrienne est... une commandante, une femme. De fait, l’impérialisme US lui-même a embrassé l’identity politics et l’intersectionnalité comme un moyen efficace de couvrir son action et d’obtenir l’assentiment des Américain-e-s, tandis qu’il massacre et pille tout autour de la planète.

Tous les communistes doivent reconnaître que les personnes authentiquement concernées par l’abolition de ces oppressions doivent également devenir concernées par l’intégralité du projet humain de libération, et que même avec leurs erreurs nous devons les regarder comme des camarades et être patients, ayant à l’esprit que ces personnes sont mues par des aspirations progressistes et ont donc un fort potentiel révolutionnaire.

L’opportunisme identitaire et ses manifestations dans la “gauche”

Ce texte ne se considère pas en capacité d’aborder tous les défauts et les limites du marxisme qui ont permis aux erreurs précédemment mentionnées d’acquérir leur importance actuelle, mais sera dédié à affronter spécifiquement les manières dont le postmodernisme a pollué nos mouvements actuels, et dont il entre en contradiction avec la loi basique voulant que les masses font l’histoire et doivent être organiquement impliquées dans le projet communiste.

L’identity politics est devenue si méprisée dans les milieux communistes que même certains de ses plus opportunistes tenants vont désormais faire mine de rejeter et fustiger la notion. Comme peut l’être le mot "révisionnisme", "identity politics" est souvent employé d’une manière peu rigoureuse qui sert la confusion plutôt que la clarté. Étant donné que ce sont de terriblement réelles racines politico-économiques qui ont engendré et reproduisent continuellement chaque groupe spécifique de personnes opprimées, nous devons chercher à faire fonctionner notre organisation de telle manière que les groupes sociaux opprimés soient représentés dans la direction de notre mouvement, en extrayant les éléments les plus avancés des sections les plus opprimées de notre société.

En réalité, l’identity politics la plus fréquemment pratiquée n’est pas un ensemble cohérent de conceptions politiques provenant d’un désir consistant de libération, mais plutôt un inconsistant et vulgaire opportunisme de l’identité.

Les opportunistes identitaires sont celles et ceux qui utilisent l’identity politics uniquement lorsque cela convient à n’importe quel agenda qu’ils ou elles se seraient fixé-e-s à un moment donné, à tout ce qui accommode le mieux leur intérêt personnel carriériste ou leur quête des feux de la rampe. Un tel comportement individualiste et nombriliste a toujours été vu comme sans principes et inacceptable par les communistes authentiques. Cependant, contrairement à d’autres formes d’opportunisme, cet opportunisme identitaire passe souvent "crème", non-contesté par beaucoup de ces authentiques communistes pour essentiellement deux motifs sincères et compréhensibles : chez les plus récents adhérents au communisme, une hésitation due à leur incertitude quant à ce qu’est la véritable analyse marxiste de l’oppression ; et, cette fois y compris chez des communistes plus chevronnés, une volonté d’éviter de répéter les erreurs chauvinistes, racistes, anti-féministes et homophobes, bref "réacs de gauche" des générations précédentes de marxistes. Mais l’opportunisme identitaire trouve aussi le renfort d’une forme de flagornerie dont nous traiterons ultérieurement.

Les opportunistes identitaires peuvent ainsi clamer, par exemple, que tout un collectif d’activistes chicanos est contrôlé par un homme blanc, où qu’ils ou elles n’ont pas à accepter la direction d’une femme noire parce que celle-ci aurait subi un "lavage de cerveau" par des hommes blancs ; usant ainsi consciemment ou non de stéréotypes racistes et patriarcaux en contradiction totale avec ce qu’ils ou elles prêchent. Nous avons authentiquement été témoins de ces deux exemples d’attaques par des opportunistes du camp révisionniste.

Ces opportunistes existent à l’intérieur du mouvement communiste mais aussi autour de celui-ci. Beaucoup d’entre nous ont vu ou entendu parler de libéraux déconseillant l’action directe au nom de la présence de personnes sans papiers dans les mobilisations, en dépit du fait que ce soit souvent parmi ces personnes sans papiers que l’on trouve les éléments les plus intéressés à la confrontation. Un fait très simple est que la révolution est quelque chose qui va bénéficier aux plus opprimés, et ainsi l’opportunisme identitaire est souvent une excuse pour éviter le militantisme qui est matériellement le plus bénéficiable pour ces groupes opprimés. Par essence, comme tous les opportunistes, les opportunistes identitaires ne se préoccupent en réalité de pas grand-chose d’autre que d’eux-mêmes et de leurs petits intérêts personnels — au diable les masses réelles qui font face à toutes les sortes d’oppressions et expriment, parfois, leur volonté de les combattre.

Une autre, extrêmement pénible manifestation de l’opportunisme identitaire est l’affirmation insistante que les camarades blancs politiquement organisés ne subissent pas la répression. Cette ligne, qui est en substance un refus de soutenir tout camarade faisant face à la répression, puisque celle-ci selon ces opportunistes n’"existerait pas", ne sert tout simplement qu’à livrer ces camarades à l’État. Personne ne niera jamais que les militants noirs ou bruns [et même les non-militants, pour le coup] font face à une répression beaucoup plus dure, et même aux assassinats par la main de l’État. Mais, ayant ceci bien à l’esprit, nous ne devons pas tirer de ce constat objectif de privilège la conclusion erronée que l’État capitaliste-impérialiste hésiterait à tuer ou emprisonner des communistes de groupes privilégiés qui seraient, concrètement, devenus des "traîtres" au colonialisme et à la suprématie blanche. L’État, particulièrement à l’étape proto-fasciste, ne peut laisser et ne laissera pas la voie libre à aucun militant communiste véritable.

Le maoïsme soutient qu’il y a une réalité objective, qu’il y a des idées justes et des idées fausses, et que les idées les plus conformes à cette réalité objective sont les plus correctes (justes) tandis que les plus éloignées ou contraires à celle-ci sont des idées fausses. Au contraire, les opportunistes identitaires seront prompt-e-s à prescrire une chose pour elles/eux-mêmes et une autre pour les autres. Leur opportunisme est si profondément enraciné qu’ils/elles seront généralement incapables de combattre les idées incorrectes qui pourraient être émises par des personnes d’identité opprimée — aussi longtemps, en tout cas, que cela fait leurs petites
affaires.

La culture de la mise en cause n’a rien à voir avec les principes de la critique communiste

L’un des pires aspects du postmodernisme dans la gauche radicale est sa distorsion de l’outil maoïste de la critique pour en faire une culture de la mise en cause, de l’attaque publique destructive et sans principes. L’opportunisme identitaire, en particulier, sera toujours prompt à utiliser un langage maoïste pour maquiller ses concepts contre-révolutionnaires.

Tandis que la critique légitime procède d’un authentique intérêt pour ce qui est le mieux pour le peuple et le détachement révolutionnaire avancé de celui-ci, la culture de la mise en cause et de l’attaque destructive rejette ce principe et cherche au lieu de cela à rabaisser ou détruire les autres dans le but d’y gagner un avantage personnel. Tandis que la culture de la mise en cause se manifeste en général par le fait de répandre des rumeurs ordurières, le plus souvent dans le dos de la personne concernée, la critique au sens maoïste est directement adressée à celle-ci. La culture de l’attaque destructive vise les individus et non les idées dans leurs têtes, recherchant des boucs émissaires et non de véritables explications, nuancées, aux échecs dans le mouvement ; reposant par conséquent sur beaucoup de mensonges et de demi-vérités.

Cette culture est intrinsèquement et profondément BOURGEOISE. Consciemment ou pas, la motivation qui se cache derrière est la recherche de l’avancement personnel de celles et ceux qui s’y livrent, cherchant par-là à montrer à l’assistance qu’ils ou elles sont suffisamment "avancé-e-s" pour identifier les erreurs de tout le monde et n’importe qui, et assez audacieux pour se permettre une dénonciation "sans concession". La culture de la mise en cause repose sur le subjectivisme et l’individualisme. Elle cherche des cibles au lieu d’investiguer la réalité dans toute sa difficile complexité, et se lance ainsi dans des conclusions hâtives en confondant inévitablement l’ami et l’ennemi. La méthode communiste de critique, au contraire, est authentiquement prolétarienne car elle comprend que le tout est supérieur à la partie, le collectif est supérieur à l’individu et les masses elles-mêmes sont les véritables héros. Pour surmonter ce subjectivisme, chacun et chacune doit avoir une bonne compréhension de la relation dialectique entre théorie et pratique, telle qu’exposée par Mao dans De la pratique.

La quête de "points à marquer" et le harcèlement des personnes ne doivent pas avoir leur place dans notre mouvement, et doivent être éradiqués de notre manière de penser. Personne, communiste ou non, ne doit se voir attendre de lui de se joindre à ce type d’attaques même lorsqu’elles sont maquillées de "critique". Au contraire, ce type de pseudo-critique doit être rejeté fermement et utilisé pour démasquer les motivations opportunistes de la personne qui le pratique. Dans les faits, ces attaques sans principes ne font que tracer une ligne de démarcation entre révolutionnaires et contre-révolutionnaires. La culture de la mise en cause destructive est paresseuse, vindicative et insipide, et doit être correctement comprise comme au-dessous des hautes exigences morales auxquelles les maoïstes doivent aspirer.

Cette culture est particulièrement endémique parmi celles et ceux qui n’ont pas de vie politique en dehors des réseaux sociaux. Leur erreur est d’autant plus "librement" nocive qu’elle est sans conséquence en l’absence de comptes à rendre devant une véritable structure organisationnelle, et qu’il n’y a personne à qui réellement se confronter pour lancer ainsi des "critiques" qui ne bénéficient à personne d’autre qu’elles ou eux-mêmes (et, objectivement, au Pouvoir bourgeois).

Les plus vils pratiquants de cette culture de l’attaque sont des individus destructeurs et non-organisés qui se posent ou se rêvent en leaders du mouvement avec une arrogance qui serait comique si elle n’était pas aussi destructive. La plupart de ces individus s’imaginent que leurs mises en cause d’autres peuvent matériellement isoler ceux-ci (ou des organisations entières) qui seraient "dans l’erreur". Mais ce n’est pas ainsi que l’isolement politique fonctionne. Il faut bien comprendre que la décision d’isoler une personne ou un groupe ne doit non seulement pas être prise à la légère, mais ne peut de toute façon être mise en œuvre sans pouvoir : pour isoler, vous devez être capables d’affronter et de mettre en application le verdict.

Lorsque l’ennemi bénéficie plus que les masses d’une telle attaque, celui ou celle qui la lance a trahi le peuple et changé de camp. L’État n’apprécie rien plus que les Trotsky du monde dénonçant le Mouvement Communiste International tout en prétendant en faire partie.

Pour les personnes rencontrant de grandes difficultés à s’organiser politiquement là où elles se trouvent (ou, plus communément, refusant d’essayer...), passer beaucoup de temps sur les réseaux sociaux de gauche est quelque chose de très commun. Et pour ces personnes accordant autant d’attention aux autres gauchistes en ligne, verser dans la culture de la mise en cause destructive est un risque permanent : parce que c’est normalisé, et parce que c’est plus facile (à court terme) que de rester ferme sur les principes et faire les choses comme il convient. Ici, "comme il convient" signifie investigation, pratique et liens d’unité noués à travers la lutte, tout ceci nécessitant patience, recherche et dévouement appliqué.

Les flagorneurs complaisants : l’auto-dépréciation n’a rien à voir avec l’autocritique

La plupart d’entre nous qui ont passé quelque temps sur les réseaux sociaux gauchistes auront observé, tournant autour de ces guérillero-a-s internétiques livrant leur "guerre sainte" contre les privilèges qu’ils perçoivent, des individus mâles blancs qui s’efforcent comme de "marquer des points" avec les personnes de nationalité opprimée (ou subissant toute autre forme d’oppression) en disant amen à tous leurs points de vue, au point de devenir de véritables flagorneurs qui ne font même plus semblant d’essayer d’assumer une ligne politique par eux-mêmes. Implicitement ou explicitement, ceux qui font preuve de cette complaisance sont incapables (ou refusent...) de comprendre que si les privilèges existent dans les hiérarchies des différents modes d’oppression, privilège et exploitation sont deux choses différentes. À partir de cette erreur, ils craignent d’être, ou au contraire annoncent avec une espèce de fierté étrange qu’ils sont par essence toujours et automatiquement "l’ennemi". Que ce soit dû à des erreurs de bonne foi, ou à un grossier opportunisme, ces personnes ont peur de montrer leur désaccord même sur des bases de principe avec les lignes incorrectes et les idées erronées émises par leurs vis-à-vis opprimé-e-s.

Ceci n’est pas ce que nous encourageons lorsque nous parlons de la nécessité de représentation des groupes sociaux opprimés dans la direction de notre mouvement. Il faut le proclamer ici haut et fort : cette complaisance est raciste, ou sexiste. Elle est une forme de paternalisme, car elle voit les camarades de ces groupes opprimés comme trop "fragiles" pour être confronté-e-s à leurs propres points de vues erronés, se remettre en question et corriger leurs erreurs. Elle prive de toute chance de sérieuse rectification celles et ceux à qui l’on dit ainsi amen à tout. Il est impossible, dans ces conditions, de lutter pour la ligne correcte ; et l’organisation (ou plutôt, en règle générale, la petite cyber-bande de potes) tourne perpétuellement en rond.

Le maoïsme soutient qu’il y a une ligne correcte et que celle-ci ne peut être trouvée qu’à travers la lutte contre les idées erronées ; idées erronées que chaque personne prise individuellement apporte avec elle dans le mouvement communiste. Et même cette ligne correcte doit être systématiquement rectifiée, testée et reformulée. Les flagorneurs ne peuvent pas lutter ; ils ne peuvent pas être des éléments utiles à aucun mouvement de libération, que ce soit de libération nationale ou pour mettre fin à l’oppression patriarcale. Bien plus souvent, ils se font les instruments des idéologies petites-bourgeoises qui existent dans les groupes opprimés. Ils ont en essence abandonné le projet révolutionnaire, et la vérité révolutionnaire qui dit que un se divise en deux, pour devenir ce qu’ils s’imaginent être de bons alliés. Mais être un camarade veut dire en réalité se tenir les uns les autres pour responsables, se soutenir les uns les autres, et se CRITIQUER les uns les autres lorsque nous commettons des erreurs.

L’envers de la corruption de l’autocritique en culture de la mise en cause, est que l’autocritique des flagorneurs "bons alliés" devient généralement un acte d’auto-dépréciation purement performatif. Dans les rangs de celles et ceux qui persistent à penser que MLM = identity politics + lutte armée, l’autocritique ne consiste le plus souvent qu’en de plates excuses, une auto-dépréciation ou alors un rapide acte d’apaisement à l’adresse des personnes de l’assistance qui n’ont pas leurs privilèges.

Ils en font une formalité creuse, non seulement sans utilité, mais concrètement dommageable pour la tâche de se transformer soi-même. L’autocritique performative fait passer en contrebande les erreurs jusqu’à la prochaine crise. Elle peut toucher, ou même aller un peu au fond des erreurs pour les besoins de la performance, mais elle n’offre aucun changement significatif ni durable. On n’observe pratiquement jamais une véritable dissection d’eux-mêmes en deux — c’est, en essence, un refus de la rupture. Un peu comme quand une personne toxicomane admet devant ses proches qu’elle a un problème, afin de ne plus les avoir sur le dos et de continuer à consommer en paix, mais sans réellement admettre avoir perdu le contrôle face à la drogue et donc avoir une compréhension rationnelle de leur addiction. Les organisations et collectifs doivent lutter fermement contre l’autocritique performative, en la dénonçant systématiquement.

La nature de cette société prend racine dans l’exploitation capitaliste, si bien que les tentatives par défaut d’autocritique de la part de cadres insuffisamment formés vont généralement prendre cet aspect performatif de par l’influence assumée de l’entourage et une tendance sociale à la mauvaise foi dans la critique et au manque de confiance dans le processus de critique. Les personnes s’engageant dans cette erreur se sous-estiment (ainsi que leurs camarades) et resteront prisonnières de leur intérêt nombriliste étroit tant que la rupture avec la part bourgeoise d’elles-mêmes n’aura pas lieu.

L’autocritique purement performative est endémique parmi tous les opportunistes identitaires et n’est pas spécifique aux flagorneurs, mais est aussi fréquemment observable chez celles et ceux que ces derniers caressent dans le sens du poil.

La véritable autocritique communiste vise à séparer le bon du mauvais, le bourgeois du prolétarien, le correct de l’incorrect, et ainsi de suite. L’autocritique repose totalement sur les lois du matérialisme dialectique et pour cette raison ne peut pas être mise en œuvre négligemment, en l’absence de perspectives théoriques, et elle requiert le plus souvent une structure organisationnelle. Nous ne pourrons pas, ici, expliquer de fond en comble la manière de mener la critique et l’autocritique communiste ; nous invitons donc nos lecteurs à étudier attentivement l’ouvrage A Basic Understanding of the Communist Party of China, que nous avons rendu disponible sur demande pour nos sympathisants afin qu’il puisse servir de manuel à tous les révolutionnaires souhaitant de tout cœur faire du maoïsme leur idéologie-guide.

    • [En réalité, le problème de l’"autocritique" évoquée ici, c’est surtout que dans la call-out culture (que nous avons traduite approximativement par "culture de la mise en cause par attaque destructive online") elle n’est même pas véritablement attendue. L’objectif est de détruire la cible de l’attaque (personne ou groupe), au service de ses propres intérêts personnels ou affinitaires (ou peut-être de commanditaires "de l’ombre" - dans tous les sens du terme - que nous découvrirons peut-être un jour) ; ou plus prosaïquement de "disqualifier" son contradicteur sans se casser le Q à développer un argumentaire compliqué ; mais pas, en tout cas, d’en obtenir une véritable évolution dans le "bon" sens (le sens de servir le mouvement communiste et la révolution mondiale) ; et toute la meilleure volonté autocritique que pourraient déployer les mis en cause n’y changera strictement rien.]


Élitistes donneurs de leçon et petits professeurs online de langage parfait

“Le marxisme n’a pas besoin d’accolades de la part d’intellectuels s’adonnant à quelque exercice d’illusionniste, ce qui n’augure rien de bon pour les masses enchaînées dans la pauvreté et l’exploitation, ou les peuples soumis aux assauts de l’impérialisme.”—Siraj

Une erreur persistante dans la "gauche" US, particulièrement évidente parmi celles et ceux qui se veulent communistes mais ne font partie d’aucun groupe réellement existant en dehors d’internet, est la tendance à se focaliser sur le choix des mots, coupant les cheveux en quatre au lieu d’analyser la véritable substance des lignes et des contenus politiques. Ce genre de personnes rivalise d’efforts pour trouver toutes les manières de dire les mauvaise choses de la bonne manière, admonestant celles et ceux qui ne sont pas formés à leurs codes de langage hyper-critiques et élitistes. Ceci aboutit en pratique à une condamnation des masses, dont la façon de parler et les mots employés sont souvent motif d’anathème pour ces petits cyber-profs de langage "parfait".

Pour ces gens, les "munitions" argumentaires peuvent être trouvées absolument partout ; et leur petite perception individuelle est ce qui détermine la "réalité", se plaçant elles/eux-mêmes au centre de toutes choses. Indépendamment de toutes les intentions qu’ils ou elles peuvent afficher, ces personnes ne se lient en pratique que rarement avec la masses : leurs méthodes ne peuvent les conduire qu’à former de petites cliques isolées, en lieu et place des solides liens dialectiques avec les masses nécessaires pour construire le Parti. Gare à quiconque commet une erreur ou se voit qualifié de "problématique", sous peine d’être "isolé" ! Ceci n’a rien à voir avec le principe communiste de SERVIR LE PEUPLE ; c’est tout simplement faire du langage populaire en tant que tel une "violence", et détourner les masses de l’étude et de l’apprentissage de la politique révolutionnaire.

La véritable tragédie est que ces coupeurs de cheveux en quatre n’ont elles/eux-mêmes pratiquement aucune maîtrise des positions communistes, et pourtant se posent en autorités morales quant à la manière dont les autres doivent parler et se comporter. C’est là une attitude détestable et répulsive, anti-démocratique et contre-révolutionnaire qui ne peut conduire qu’au favoritisme, à la faillite ou à s’autosatisfaire dans une sorte de "compétition olympique des oppressions".

Les communistes doivent prêter attention au contenu de ce qu’exprime une personne et chercher à en extraire l’essence, et ne doivent pas s’autoriser des réactions instinctives ou des pinaillages techniques.

Les communistes doivent de tourner vers les masses avec foi et confiance, pour les pousser de l’avant au lieu de leur imposer des codes de conduite incohérents et irréalistes par en haut. La société sera transformée par une violente révolution contre sa base économique, et encore continuellement par la suite au travers d’une révolution continue dans la superstructure, une révolution culturelle.

Nous avons déjà pu voir des exemples de conceptions arriérées charriées par des révolutions dans l’histoire, comme par exemple des paysans chinois favorables au bandage des pieds des filles (pour les maintenir tout petits), mais ayant fini par rejoindre l’Armée rouge. Nous pouvons également assumer, vu d’aujourd’hui, que certaines méthodes de communication des communistes de Chine étaient "problématiques", étant donné qu’ils ne pouvaient tenir à distance ou s’isoler de la paysannerie comme base sociale de la révolution : s’ils l’avaient fait, il n’y aurait tout simplement pas eu de révolution et les capitalistes et impérialistes auraient triomphé très facilement.

Ce coupage de cheveux en quatre conduit inévitablement à traiter les masses en ennemies, et échoue à comprendre la relation entre culture et capitalisme impérialiste. Qu’ils l’admettent ou non, ces individus agissent comme s’il était possible de transformer la société autrement que par une révolution armée et sans la participation des masses. Ils ne recherchent pas l’unité, et ce n’est "pas leur boulot" d’éduquer les masses...

Nous avons même pu voir de tels communistes autoproclamés demander à être... payés avant de bien vouloir expliquer les mécanismes d’oppression à de nouveaux adhérents aux idées communistes. Ici, ces chiens montrent avoir pris la voie capitaliste dès le début, échouant instantanément à être des communistes, pour n’être rien d’autre que des élitistes contre-révolutionnaires.
En conclusion sur l’opportunisme identitaire

Les plus grands crimes de l’opportunisme identitaire reposent sans aucun doute sur sa capacité à se camoufler et à intoxiquer les camarades les uns contre les autres. Il utilise des méthodes d’ultra-gauche pour mettre en avant des lignes de droite. Pour ces raisons, l’opportunisme identitaire est nuisible aux groupes opprimés dont il utilise l’oppression de manière opportuniste pour servir ses objectifs individualistes étroits.

La seule chose qui est véritablement dans l’intérêt des opprimé-e-s aux États-Unis est la construction simultanée et concentrique des trois instruments de la révolution : le Parti, l’Armée du Peuple et le Front uni ; et l’opportunisme identitaire ne fait que gravement desservir et empêcher cette construction.

Rejeter la discipline, chercher des excuses, et qualifier d’“abusifs” ceux qui essayent d’aider à progresser

L’opportunisme identitaire, comme toute manifestation du postmodernisme dans la gauche, rejette la discipline communiste. Des idées telles que "ne pas policer les corps des toxicomanes ou leur choix de se droguer" [ou de se prostituer, pour prendre une autre exemple...], ou encore "les enfants sont capables de consentement sexuel" [dire le contraire pourrait bien, en effet, être qualifié d’"âgiste" par d’aucun-e-s...], reposent toutes sur un individualisme extrême devenu totalement et ouvertement réactionnaire.

Les communistes ne sont pas des libertins. Nous ne sommes pas des libertariens qui placent l’individu au-dessus du collectif ; nous plaçons au contraire le collectif, le Parti et les masses au-dessus de tout.

De par ces principes, nous devons nous soumettre à la discipline ; nous ne devons pas chercher des excuses pour ne pas le faire, ou chercher à nous prévaloir de notre identité pour excuser nos manquements à cette discipline. Même celles et ceux d’entre nous souffrant de handicaps, d’invalidités ou autres troubles savent parfaitement que nous devons nous autocritiquer lorsque nous commettons des erreurs ; que nous ne pouvons pas refuser la tâche de corriger ces erreurs en raison de ces handicaps ou troubles comme les opportunistes identitaires cherchent perpétuellement à le faire. Nous utilisons nos oppressions personnelles et nos expériences vécues pour nous pousser nous-mêmes en avant dans la cause de la libération ; jamais comme des excuses pour ne pas accomplir le travail que tout communiste doit accomplir. Nous nous confrontons à l’ennemi régulièrement et ne plaçons pas notre intérêt personnel au-dessus des intérêts des masses.

La discipline communiste est indispensable. Elle est un aspect majeur des succès historiques du projet révolutionnaire, et sans elle, rien ne peut être accompli. Nous avons acquis la conviction, à travers l’expérience pratique, que chacun et chacune peu importe ses capacités est capable d’élever son niveau de discipline.

Nous cherchons à comprendre et transformer notre société, pas à devenir des extrémistes antisociaux insupportables aux yeux des masses. Nous ne cherchons pas à agir comme si les interactions sociales existaient en dehors du système capitaliste. Et pour résoudre la contradiction de vivre dans et être influencé-e-s par un monde pourri que nous voulons transformer de fond en comble, nous ne pouvons pour ainsi dire nous appuyer que sur la discipline : nous nous soumettons à la majorité et à la direction de notre organisation.

Ceci étant dit, il est également vrai et doit être affirmé clairement que la majorité n’a pas toujours raison juste parce qu’elle est majorité. Dans beaucoup de situations historiques, une minorité a pu détenir la ligne correcte ; par exemple, dans les années 1960, la Chine et l’Albanie avaient raison contre l’immense majorité du mouvement communiste international qui restait soumise au révisionnisme moderne de l’URSS.

Ainsi, même si la majorité des collectifs de notre mouvement prônait les principes erronés de l’opportunisme identitaire (ce n’est heureusement pas le cas), nous n’y cèderions pas ni n’abandonnerions notre idéologie : nous ne ferions que lutter pour rectifier les choses, et améliorer encore notre discipline. L’adhésion aux valeurs du centralisme démocratique sert notre mouvement tout entier ; et de la même manière, il est absolument ridicule de prétendre que nous devrions nous soumettre au magistère de dilettantes inorganisé-e-s. Une telle chose serait profondément droitiste, bien qu’il existe effectivement des personnes qui, sur la base de l’identity politics, pourraient la revendiquer.

Le prolétariat n’a rien à gagner dans le postmodernisme et l’opportunisme, et une claire ligne de démarcation doit être tracée entre nous et eux, dans l’intérêt inébranlable de la classe.

[Une partie reste encore à traduire, importante, sur les problématiques liées à l’ère internet ; elle viendra compléter cet article lorsqu’elle sera prête. Mais l’essentiel est déjà dans ce qui précède]


posté le 7 septembre 2017  par https://redguardsaustin.wordpress.com/2017/04/10/on-identity-opportunism/  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
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Commentaires
  • http://mondialisme.org/spip.php?article2629

      • A l’heure où les politiques identitaires (identity politics) sont à la mode à l’extrême gauche marxiste et dans le mouvement anarchiste, il peut être utile d’en connaître les origines, en essayant d’écarter certains fantasmes et certains clichés fondés sur notre ignorance et le peu d’informations fiables disponibles en français.
      • Les « Panthères noires » sont connues par leur uniforme (blouson noir, chemise bleue, béret, lunettes fumées et gants de cuir), leur coupe de cheveux « afro », leurs fusils et leurs martyrs, ainsi que leur idéologie mao-tiersmondiste assez datée et déjà très contestable il y a 50 ans.
    • Plutôt que de nous fixer sur leur idéologie (assez documentée en français) nous aimerions évoquer leurs pratiques et notamment les « campagnes de survie » : petits déjeuners gratuits, distribution de vêtements et de chaussures, dépistage de la drépanocytose, centres de santé gratuits et écoles de la libération, accompagnement des personnes âgées, bus pour les familles de prisonniers.
    • Il nous semble en effet, que au-delà des errements idéologiques et des dérives internes, les Black Panthers ont participé à un véritable mouvement social qui a laissé des traces dans les quartiers populaires afro-américains au-delà du folklore militariste qui fait encore l’admiration des gauchistes européens….

    - Les textes qui serviront au débat se trouvent sur notre site, dans le numéro 62-63 à paraître à la fin de l’année et notamment cet article sur les "programmes de survie" http://mondialisme.org/spip.php?article2628

  • même si bien sûr les différentes avant-gardes révolutionnaires nationales de l’État doivent tisser entre elles la plus solide coordination de travail possible ; quant aux luttes de genre qui traversent toutes les classes travailleuses et les nationalités opprimés, elles ne peuvent pas faire l’économie d’organisations autonomes de masse sur la ligne de l’antisexisme révolutionnaire prolétarien)... Et le son du tocsin de la CONTRE-OFFENSIVE qui ouvre à nouveau devant nous le chemin resplendissant de la Marche vers le Communisme, expédiant cette engeance opportuniste et provocatrice fasciste pourrie vers sa nouvelle et dernière demeure aka les poubelles de l’histoire (à moins que ce ne soit, comme leur finalement précurseur d’il y a 10 ans le ’p’’c’’mlm’, après un spectaculaire retournement de casaque, du côté de la "gauche réac" qui est également rapidement évoquée dans le texte... "

  • servir le peuple fasciste rouge comme tous les communistes [libertaires) et antisémite

  • L’individualisme repose avant tout sur la conviction que l’humanité est composée non pas d’abord d’ensembles sociaux (nations, classes...) mais d’individus : d’êtres vivants indivisibles et irréductibles les uns aux autres, seuls à ressentir, agir et penser réellement. Cette figure de l’individu renvoie à un état de séparation originelle qui, en rendant chaque être humain différent et unique, constitue chacun d’eux en une unité singulière (ipséité) relativement autosuffisante. L’homme n’est donc pas la simple cellule d’un organisme social qui en serait la finalité et le prédéterminerait, ou la partie d’un tout qui la précéderait et le transcenderait - comme le veut la vision opposée du holisme (du grec holos : un tout) pour qui existent en premier des entités supra-individuelles globales (le groupe, la société...) agissant comme des superindividus (d’un point de vue individualiste, ces « êtres sociaux » sont de pures fictions). (...)

    Max Stirner publie L’unique et sa propriété (1844) - véritable « Bible » de l’individualisme de rupture. Dans une perspective cette fois-ci résolument athée, il dénonce avec véhémence ces ennemis tout-puissants de l’individu que sont les êtres collectifs : « Humanité », « Peuple », « Nation », « Société » ou « Etat », qui sont certes autant de fantômes et d’entités abstraites mais que les esprits socialement conditionnés en sont venus à prendre pour de respectables réalités et auxquelles ils laissent sacrifier leur individualité. L’unique réalité, c’est le « moi » de chacun - tout le reste n’étant que creuse rhétorique destinée à empêcher ou dissuader l’individu de devenir le seul maître et propriétaire de soi, et à en jouir souverainement.

    Nul plus que Stirner n’a osé conjuguer l’individualisme et l’égoïsme, entendu comme poursuite par l’individu de son intérêt propre - et ceci d’une manière positive. Ainsi il revient à chacun de se créer et se suffire à lui-même : « L’individualité, c’est-à-dire ma propriété, c’est moi-même. Je suis libre vis-à-vis de ce que je n’ai pas ; je suis propriétaire de ce qui est en mon pouvoir, ou de ce dont je suis capable. Je suis en tous temps et en toutes circonstances à moi du moment que j’entends être à moi et que je ne me prostitue pas à autrui. »

    Dans la logique anarchiste qui est la sienne, le libéralisme participe autant que le socialisme à l’imposture et la tyrannie générales car s’il libère quelque peu le citoyen, il oublie l’individu vivant et réhabilite l’Etat en le baptisant « de droit ». Pour Stirner, seule une intransigeante insoumission aux pseudo-autorités sociales, politiques et religieuses peut permettre à la souveraineté individuelle de s’accomplir dans l’amour « égoïste » de soi. Cela ne condamne pas l’individu à une stérile autarcie mais constitue la condition de possibilité d’une association volontaire et sélective avec d’autres « égoïstes ». Si la conception stirnerienne de l’individu propriétaire de soi a été à l’origine d’un courant anarcho-individualiste historiquement marginal, on ne saurait compter Nietzsche parmi ses adeptes tant l’exceptionnelle envergure de son voyage au bout de l’individualité singulière et indépendante le met à part et bien au-delà de tout ce qui l’a précédé (ou suivi). (...)

    L’anti-individualisme théorique du rousseauisme a très vite engendré une pratique des plus révélatrices lors de la seconde phase de l’épisode révolutionnaire français : la Terreur. C’est au nom de la « volonté générale » inscrite dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qu’on entreprend alors d’expulser l’individu inscrit dans les institutions démocratiques de la première période par les libéraux (Girondins) - et surtout la répression violente et l’extermination de ceux-ci. Dans La guillotine et la Terreur (1987), D. Arasse explique : « En 1793, l’individualisme est anti-révolutionnaire car dans un Etat en révolution, il ne peut exister qu’une entité dans laquelle se fondent tous les individus : l’Etat ( ... ) La guillotine indique que l’ennemi à abattre n’est autre que l’individu qui a choisi sa propre volonté particulière au détriment de la volonté générale. » (...)

    http://www.institutcoppet.org/wp-content/uploads/2011/01/Histoire-de-lindividualisme.pdf

  • Mondialisme = site racialiste.
    Coleman défend l’EN càd des dominants.

    http://mondialisme.org/spip.php?article2629 Toulon. Samedi 2 septembre 2017 au Local, 6 rue Corneille , à 18 heures : Discussion autour du Black Panther Party mercredi 30 août 2017, par Yves A l’heure où les politiques identitaires (identity politics) sont à la mode à l’extrême gauche marxiste et dans le mouvement anarchiste, il peut être utile d’en connaître les origines, en essayant d’écarter certains fantasmes et certains clichés fondés sur notre ignorance et le peu d’informations fiables disponibles en français. Les « Panthères noires » sont connues par leur uniforme (blouson noir, chemise bleue, béret, lunettes fumées et gants de cuir), leur coupe de cheveux « afro », leurs fusils et leurs martyrs, ainsi que leur idéologie mao-tiersmondiste assez datée et déjà très contestable il y a 50 ans. Plutôt que de nous fixer sur leur idéologie (assez documentée en français) nous aimerions évoquer leurs pratiques et notamment les « campagnes de survie » : petits déjeuners gratuits, distribution de vêtements et de chaussures, dépistage de la drépanocytose, centres de santé gratuits et écoles de la libération, accompagnement des personnes âgées, bus pour les familles de prisonniers. Il nous semble en effet, que au-delà des errements idéologiques et des dérives internes, les Black Panthers ont participé à un véritable mouvement social qui a laissé des traces dans les quartiers populaires afro-américains au-delà du folklore militariste qui fait encore l’admiration des gauchistes européens…. Les textes qui serviront au débat se trouvent sur notre site, dans le numéro 62-63 à paraître à la fin de l’année et notamment cet article sur les "programmes de survie" http://mondialisme.org/spip.php?article2628
    http://mondialisme.org/spip.php?article2629

    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article15240&lang=fr#forum12796

  • L’approche réformiste et le besoin politique de catégoriser mènent aussi la gauche à valoriser des gens sur la base de leur appartenance à divers groupes spécifiques d’opprimés et d’exploités, comme les « travailleurs », les « femmes », les « gens de couleur », les « gays » et les « lesbiennes » etcétéra. Cette catégorisation est la base de la politique identitaire, et la politique identitaire est une forme de fausse opposition par laquelle les opprimés choisissent de s’identifier à une catégorie sociale particulière, renforçant leur oppression, mais en feignant un acte supposé de défiance contre leur oppression. En fait, l’identification continue avec ce rôle social limite la capacité de ceux qui pratiquent la politique identitaire à analyser profondément leur situation dans cette société et d’agir en tant qu’individus contre leur oppression. Elle garantit ainsi la continuité des relations sociales qui sont la cause de leur oppression.
    Lorsqu’ils ne se définissent que comme les membres de catégories opprimées, les gens deviennent alors des pions des manœuvres politiques gauchistes, parce que de telles catégories sociales prennent le rôle de groupes de pression, de lobbies, et font le jeu de la structure démocratique.

    La logique politique des gauches, avec ses exigences organisationnelles, son adhésion à la démocratie, l’illusion quantitative et la valorisation de certaines personnes en fonction de leur simple appartenance à des catégories sociales, est collectiviste en soi, supprimant l’individu comme tel.
    Cela s’exprime dans l’appel aux individus à se sacrifier à des causes diverses, des programmes et des organisations de la gauche. Derrière ces appels, l’on découvre les idéologies manipulatrices de l’identité collective, de la responsabilité collective et de la culpabilité collective. Les individus qui sont définis comme faisant partie d’un groupe « privilégié » - « hétéro », « blanc », « homme », « occidental », « classe moyenne » - sont tenus responsables de toute l’oppression attribuée à ce groupe. Ils sont alors manipulés et sommés d’expier ces « crimes », donnant leur appui acritique aux mouvements de ceux qui sont plus opprimés qu’eux. Les individus qui sont uniquement définis comme faisant partie d’un groupe opprimé sont manipulés dans l’acceptation d’une identité collective, avec sa « solidarité » obligatoire - la solidarité féminine, le nationalisme noir, l’identité queer, etc. S’ils rejettent ou même si ils critiquent profondément et radicalement cette identité de groupe, ce sera compris comme une acceptation de l’oppression.
    En fait, l’individu qui agit seul (ou seulement avec ceux et celles avec qui il/elle a développé une affinité réelle) contre son oppression et son exploitation tel qu’il/elle l’éprouve dans sa vie, est accusé d’« individualisme bourgeois », malgré qu’il/elle lutte précisément contre l’aliénation, la séparation et l’atomisation qui est le résultat inhérent de l’activité sociale collective et aliénante que l’État et le capital - la prétendue « société bourgeoise » - nous imposent.

    Wolfi Landstreicher

  • ayant constaté que les canars ne veulent pas de lui, monsieur coleman s’est tourné vers de nouveaux amis :

    « Les groupes trotskystes et anarchistes ou anarchosyndicalistes (à la notable exception de la CNT-AIT et de quelques petits groupes atypiques comme Non Fides ou les Luftmenschen dont nous publions les textes régulièrement) ont atteint un tel degré de dégénérescence qu’ils ne savent même plus reconnaître un assassinat, une agression ou une manifestation antisémites. […] Et ce sont des maostaliniens qui font preuve d’un bon sens élémentaire… »

    Trois articles du PCMLM sur les manifestations prétendument "propalestiniennes"
    http://www.mondialisme.org/spip.php?article2102

    monsieur coleman est vraiment la honte de la pensée militante

    Benjamin Netanyahu, maître à penser de Monsieur Yves Coleman : Mondialisme.org réussit son examen d’entrée dans l’extrême-droite sioniste
    http://www.ujfp.org/spip.php?article4304

  • - L’approche réformiste et le besoin politique de catégoriser mènent aussi la gauche à valoriser des gens sur la base de leur appartenance à divers groupes spécifiques d’opprimés et d’exploités, comme les « travailleurs », les « femmes », les « gens de couleur », les « gays » et les « lesbiennes » etcétéra.

    - Cette catégorisation est la base de la politique identitaire, et la politique identitaire est une forme de fausse opposition par laquelle les opprimé-e-s choisissent de s’identifier à une catégorie sociale particulière, renforçant leur oppression, mais en feignant un acte supposé de défiance contre leur oppression.

    En fait, l’identification continue avec ce rôle social limite la capacité de ceux qui pratiquent la politique identitaire à analyser profondément leur situation dans cette société et d’agir en tant qu’individus contre leur oppression.

    Elle garantit ainsi la continuité des relations sociales qui sont la cause de leur oppression.

    - Lorsqu’ils ne se définissent que comme les membres de catégories opprimées, les gens deviennent alors des pions des manœuvres politiques gauchistes, parce que de telles catégories sociales prennent le rôle de groupes de pression, de lobbies, et font le jeu de la structure démocratique.

    La logique politique des gauches, avec ses exigences organisationnelles, son adhésion à la démocratie, l’illusion quantitative et la valorisation de certaines personnes en fonction de leur simple appartenance à des catégories sociales, est collectiviste en soi, supprimant l’individu comme tel.

    - Cela s’exprime dans l’appel aux individus à se sacrifier à des causes diverses, des programmes et des organisations de la gauche. Derrière ces appels, l’on découvre les idéologies manipulatrices de l’identité collective, de la responsabilité collective et de la culpabilité collective. Les individus qui sont définis comme faisant partie d’un groupe « privilégié » - « hétéro », « blanc », « homme », « occidental », « classe moyenne » - sont tenus responsables de toute l’oppression attribuée à ce groupe. Ils sont alors manipulés et sommés d’expier ces « crimes », donnant leur appui acritique aux mouvements de ceux qui sont plus opprimés qu’eux. Les individus qui sont uniquement définis comme faisant partie d’un groupe opprimé sont manipulés dans l’acceptation d’une identité collective, avec sa « solidarité » obligatoire - la solidarité féminine, le nationalisme noir, l’identité queer, etc. S’ils rejettent ou même si ils critiquent profondément et radicalement cette identité de groupe, ce sera compris comme une acceptation de l’oppression.

    - En fait, l’individu qui agit seul (ou seulement avec ceux et celles avec qui il/elle a développé une affinité réelle) contre son oppression et son exploitation tel qu’il/elle l’éprouve dans sa vie, est accusé d’« individualisme bourgeois », malgré qu’il/elle lutte précisément contre l’aliénation, la séparation et l’atomisation qui est le résultat inhérent de l’activité sociale collective et aliénante que l’État et le capital - la prétendue « société bourgeoise » - nous imposent.

      • Wolfi Landstreicher
      • L’individualisme repose avant tout sur la conviction que l’humanité est composée non pas d’abord d’ensembles sociaux (nations, classes...) mais d’individus : d’êtres vivants indivisibles et irréductibles les uns aux autres, seuls à ressentir, agir et penser réellement. Cette figure de l’individu renvoie à un état de séparation originelle qui, en rendant chaque être humain différent et unique, constitue chacun d’eux en une unité singulière (ipséité) relativement autosuffisante. L’homme n’est donc pas la simple cellule d’un organisme social qui en serait la finalité et le prédéterminerait, ou la partie d’un tout qui la précéderait et le transcenderait - comme le veut la vision opposée du holisme (du grec holos : un tout) pour qui existent en premier des entités supra-individuelles globales (le groupe, la société...) agissant comme des superindividus (d’un point de vue individualiste, ces « êtres sociaux » sont de pures fictions). (...)

    Max Stirner publie L’unique et sa propriété (1844) - véritable « Bible » de l’individualisme de rupture. Dans une perspective cette fois-ci résolument athée, il dénonce avec véhémence ces ennemis tout-puissants de l’individu que sont les êtres collectifs : « Humanité », « Peuple », « Nation », « Société » ou « Etat », qui sont certes autant de fantômes et d’entités abstraites mais que les esprits socialement conditionnés en sont venus à prendre pour de respectables réalités et auxquelles ils laissent sacrifier leur individualité. L’unique réalité, c’est le « moi » de chacun - tout le reste n’étant que creuse rhétorique destinée à empêcher ou dissuader l’individu de devenir le seul maître et propriétaire de soi, et à en jouir souverainement.

    Nul plus que Stirner n’a osé conjuguer l’individualisme et l’égoïsme, entendu comme poursuite par l’individu de son intérêt propre - et ceci d’une manière positive. Ainsi il revient à chacun de se créer et se suffire à lui-même : « L’individualité, c’est-à-dire ma propriété, c’est moi-même. Je suis libre vis-à-vis de ce que je n’ai pas ; je suis propriétaire de ce qui est en mon pouvoir, ou de ce dont je suis capable. Je suis en tous temps et en toutes circonstances à moi du moment que j’entends être à moi et que je ne me prostitue pas à autrui. »

    Dans la logique anarchiste qui est la sienne, le libéralisme participe autant que le socialisme à l’imposture et la tyrannie générales car s’il libère quelque peu le citoyen, il oublie l’individu vivant et réhabilite l’Etat en le baptisant « de droit ». Pour Stirner, seule une intransigeante insoumission aux pseudo-autorités sociales, politiques et religieuses peut permettre à la souveraineté individuelle de s’accomplir dans l’amour « égoïste » de soi. Cela ne condamne pas l’individu à une stérile autarcie mais constitue la condition de possibilité d’une association volontaire et sélective avec d’autres « égoïstes ». Si la conception stirnerienne de l’individu propriétaire de soi a été à l’origine d’un courant anarcho-individualiste historiquement marginal, on ne saurait compter Nietzsche parmi ses adeptes tant l’exceptionnelle envergure de son voyage au bout de l’individualité singulière et indépendante le met à part et bien au-delà de tout ce qui l’a précédé (ou suivi). (...)

    L’anti-individualisme théorique du rousseauisme a très vite engendré une pratique des plus révélatrices lors de la seconde phase de l’épisode révolutionnaire français : la Terreur. C’est au nom de la « volonté générale » inscrite dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qu’on entreprend alors d’expulser l’individu inscrit dans les institutions démocratiques de la première période par les libéraux (Girondins) - et surtout la répression violente et l’extermination de ceux-ci. Dans La guillotine et la Terreur (1987), D. Arasse explique : « En 1793, l’individualisme est anti-révolutionnaire car dans un Etat en révolution, il ne peut exister qu’une entité dans laquelle se fondent tous les individus : l’Etat ( ... ) La guillotine indique que l’ennemi à abattre n’est autre que l’individu qui a choisi sa propre volonté particulière au détriment de la volonté générale. » (...)

    http://www.institutcoppet.org/wp-content/uploads/2011/01/Histoire-de-lindividualisme.pdf

  • Depuis les attentats, on voit déferler un « retour » de la haine raciale la plus décomplexé caché sous les apparats de la beauferie et de la bonne morale : liberté d’expression, défense de la culture moderne, rejet de la barbarie. Depuis des années un virage intellectuel s’opérait. Riposte laïque incarne un paroxysme de cette nouvelle manière d’être un raciste respectable, un raciste qui rejette l’obscurantisme et le communautarisme des autres. PS, LR et FN défendent en effet la laïcité et les valeurs universelles contre les ténèbres. Mélenchon se déclare ouvertement « islamophobe ». Bref la mode est au racisme et on n’hésite plus à se mettre au goût du jour même dans des milieux ou jusque là c’était plutôt mal vu… Rien d’étonnant à ce que cette vague pénètre l’extrême-gauche et les milieux anarchistes et autonomes. Bien heureusement, cette vague reste presque anecdotique, même si le peu de surfers quel charrie restent tous assez affligeant

    Racisme anarcho gauchiste : panorama d’un micro-monde burlesque

    Au départ curiosité presque risible ce courant aussi étonnant que marginal tente aujourd’hui d’exister. Déjà des intellectuels de supermarché pseudo libertaires comme Onfray ou Michéa ont servi de caution nanar au racisme mainstream. Il y a bien sûr des franchouillards à la FA qui dès le « bal tragique cher Charlie » s’étaient mis du coté des tirailleurs xénophobes armés de crayon, au garde-à-vous, en vociférant à qui voulait l’entendre leur soutien sans faille. On voit aussi des groupes paillards de la CGA (le groupe Albert Camu, ca ne s’invente pas) qui prennent le même revers. Ils ont décidé de créer l’Organisation Anarchiste sans doute en référence à une organisation homonyme d’antan connu pour son antisémitisme et son rejet de la franc-maçonnerie. Autre époque, autre mœurs l’OA est désormais l’organisation officielle des nanarchistes islamophobes et qui s’assument comme tel. C’est donc dans cette atmosphère d’apéro saucisson pinard que nos explorateurs des théories farfelues entendent se lancer dans l’ultime croisade. Mais, bien que moins nombreux, les plus braillards et de loin les plus amusants, se sont les fantaisistes qui prétende émerger de « l’autonomie radicale » : non fides et discordia pour les anarcho identitaire et vostanite, garap et racialisateur go home (scission pro colonial du rca) pour les ultra rouge brun. Ravage édition, qui avait déjà affligé pour sa xénophobie, s’est fait virer d’infokiosque et leur sert de maison d’édition. Des ruines est leur journal. Même si ils multiplient les publications et les coquille vide pour se donner les apparats d’être autre chose qu’un microcosme groupusculaire, personne n’est dupe… ils sont 4 pelés à se ronger l’os nerveusement. Personne ne pourra nous accuser de jouer les « journaflic » pour avoir ouvertement dépeint ce micro monde tant leur inactivité (hors obsession raciste) désabuse jusque aux policiers les plus zélés.

    On pourrait évoquer les cautions intellectuel de la démarche tel que les dépouilles du situationnisme tendance réactionnaire chiant, le florilège de blog culturalo-libertaire ou autres « écrivains libertaire » à la réputation sulfureuse (pro pédophile et négationniste repentit), tous aime à se rouler dans la haine ethnocentriste dés qu’ils peuvent en avoir l’occasion.

    Il existe bien sur certaines divergences entre les micros sectes, et les gourous ne sont pas unanimes. Certains condamnent l’islam au nom de la défense du féminisme (comme il est convenu de le faire a la télé) certains, plus populistes encore, condamnent le féminisme. Il en est de même avec l’antisémitisme : les plus avisés feront ce qu’il est d’usage cher les colons bien pensant : utiliser la lutte contre l’antisémitisme pour développer l’islamophobie, les plus archaïques (mais plus conséquent dans leur logique) considéreront la notion d’antisémitisme comme « racialiste » (ils sont heureusement peu nombreux). Ces deux factions ont d’ailleurs déjà commencé à se taper entre eux (tant mieux !).

    Mais qu’est ce qu’il leur a pris ? Comment ces micro-sectes qui jusque la n’avait que la réputation d’apathiques asociaux ont pu dériver vers le populisme ? C est que l’anti anti-islamophobie, l’anti anti-fachisme, l’anti anti-impérialisme voir pour les plus illuminés l’anti-féminisme est devenu pour eux les ultimes apparats d’une posture propre aux errements d’une radicalité imaginaire et sans cause. La posture et la radicalité verbale leur servent de démarcation presque aristocratique. La misanthropie constituait le minimum de la panoplie des anarcho-tristes et autres gaucho-chiants (bien au delà de ce petit groupe malheureusement). Ce nouveau style verse maintenant dans le populisme crasse. On espère que la mode va tourner et qu’on verra les singes savants et leurs perroquets adopter de nouveau déguisements moins nauséabonds.

    Des arguments Massu : les arguments d Aussares ?

    Comment peuvent t’ils distorsionner une pensée anarchiste ou communiste plutôt connu pour son ouverture aux autres en une arme de xénophobie ? Il fallait en effets des argumentaire solide à leur saillis littéraire abondante.

    - Être contre l’islamophobie c’est soutenir l’Islam des ayatollahs des frères musulmans et du CCIF, la culturalisassions du débat politique, c’est faire le jeu du « retour du religieux » et de son obscurantisme, c’est encourager Daesh. C’est se faire l’ennemi des communistes et anarchistes ou autres critiques vis-à-vis de l’islam dans des pays de culture musulmane. C’est une hérésie a l’orthodoxie athéiste a la quelle il faut croire…
    - Entre contre le racisme c’est reconnaitre l’existence des races, c’est être « racialiste » c est soutenir le PIR, c’est abandonner la lutte de classe au profit d’une posture victimaire et acritique qui n’existe pas en vrai car les races n’existe pas… C’est être l’idiot utile de SOS racisme. C’est abandonner la critique de l’exploitation au profit de la critique intégrationniste de la discrimination, c’est sombrer dans l’essentialisme des heures les plus sombres.
    - Être contre l’impérialisme c’est soutenir les Khmer Rouge, Poutine et Bokassa c’est abandonner la lutte de classe au profit d’une posture victimaire et a critique du « colonisé » qui n’existe pas en vrai car l’impérialisme n’existe pas… la division internationale du travail non plus… C’est soutenir les états, les partis et les chefs de guerre du tiers monde.

    C’est donc fort de ces trois argument que nos identitaires se lance à l’assaut de leur ennemi imaginaire les « racialistes » et autres « religieux ».

    Que dire ? Il est évidant que ce qui est profondément nié, ce qui leur est impossible à accepter c’est de se voir comme des bouches nourries de l’impérialisme (comme nous tous ici, les migrants ne viennent ils pas ici pour prendre leur part du gâteaux que « nous » consommateurs moyens, nos états et son RSA, son SMIC, ses lois sociales et son armée, pillons chez eux ?), des privilégiés, des xénophobes ras du front (ca c’est pas tout le monde ici , c’est un choix qu’ ils ont fait), des évangélisateurs laiquards, des modernistes conquérants. Ce qui est étonnant c’est que la nature des fantasmes qu’ils projettent sur le milieu est similaire à celle que les pires théoriciens du grand remplacement ou de la menace djihadiste projettent sur les classes populaires. Leur source d’inspiration est somme toute assez vulgaire.

    Pour ce qui est de leur littérature abondante, souvent caustique, il faut le reconnaître. Ce qui est peut-être le plus tumultueux c est l’esthétique populo clouscardienne face à la « post modernité universitaire ». L’anti intellectualisme est toujours salutaire, nous savons pourtant qu’il faut le manier avec précaution. Enfin alors que le milieu radical a su éviter les illusions d une « post » modernité culturaliste et libéral à la sauce « cultural studdy » ou « Foucault markéting », leur velléité à toute attaque de la modernité ne reflète en réalité que leur propre « ethnocentrisme qui s’ignore » sous les apparats de « l’universalisme abstrait ». Ils défendent, en somme, l’identité européenne et universelle du progrès conquérant. Rien de bien nouveau sous le soleil de fRance, il suffit d allumer la télé pour regarder Luc Férry , Soral ou Zémour porté ce genre de sous analyse. Leur seule « critique », leur unique différence d’avec la pensée dominante ce serait que les frontières et catégories des états, cultures ou religions divisent la sacro-sainte humanité universelle. Des modernistes de gauche en somme. Ce qui est surprenant c’est que leur peur de « l’identité comme essentialisation » les rattache a cette post modernité qu’ils détestent tant… le paradoxe n’effraie pas les con.

    Nous autres, somme du coté du négatif, pas besoin d’idéologie du progrès pour attaquer l’ennemi. La haine qu’expriment les opprimé-e-s à l’encontre des profiteurs, des complices et des tièdes ne nous fait pas peur, elle nous stimule. Voila ce qui nous différencie à coup sûr de ces citoyennetés qui s’ignorent, comme qui dirait « Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux. »

    Les hauts faits d’arme des « chasseurs de racisé·e·s »

    Il faut rendre justice au courage de nos explorateurs de la radicalité fictive, ils pratiquent l’action directe.

    Ils ont osé se dissocier de la marche de la dignité. Ils ont eu le courage de dire « tout haut ce que tout le mode pence toux bas ». Ceux qui marchaient contre le racisme et les violences d’Etat serait du coté de la « lutte des races contre la lutte des classes ». Les chiens de garde insultent à grand renfort d’affiche a la con en papier glacé, heureusement arraché ou recouverte par des hommages à Zied et Bouna. Ils auraient pu aller au fond de leur propos et affirmer que la marche de la dignité était une marche de « raciste anti blanc » comme il est de bon ton de la définir un peu partout …

    Ils ont osé en plein mouvement (chacun ses priorités) s’attaquer (tags, intimidation, « blague » raciste) au groupe non-mixte de l’université P8 Saint Denis déjà décrié par la Licra, l’assemblée nationale et l’extrême-droite.

    WOUAW !!!

    Que peut-on dire de leur acte dans le concret ? On ne peut que constater leur rejet de l’auto organisation / autonomie des prolétaires immigrés qui devraient être, selon eux, encadré par des civilisateurs anarcho-gauchiste sans origine ni identité car universels.

    Pour beaucoup, il est très difficile de ne pas voir leur fait de guerre comme de simples « agressions » soft, d’analyser leur geste comme l’appendice libertaire d’un racisme larvé et somme toute banal.

    Paranoïa, calomnie et victimisation

    Le milieu « autonome » serait selon ses détracteurs identitaires, remplis de religieux, de post modernes et de racialistes. Il est évident que la nature obsessionnelle de l’accusation les pousse à combattre des fantômes qui n’existe que dans leur tète. Ils sont inquiets, font des scandales dans des squats, des réunions ou des fêtes, obséder par le moyen de provoquer un conflit, de dépister et de condamner… Ils font des procès en sorcellerie a toutes et tous. C est une inquisition sans les moyens de l’être…

    Pourtant, personne dans nos milieux ne prétend abandonner la lutte de classe au profil de la race, personne ne défend l’obscurantisme religieux… Ils se marginalisent donc tout seul en calomniant à tour de texte long ou se ridiculisent à coup de tractation malhabile.

    En s’attaquant à tout le milieu autonome, ils ne s’y sont pas fait des amis. Le fait est que tout le monde déteste ces anarcho-identitaires. Tout le milieu a mis, spontanément, un peu partout, comme un cordon sanitaire autour d’eux, ils sont ostracisé, ou essuient les railleries, les moqueries. On les voit se séparer peu à peu d’amis de longue date. Leurs coups d’éclats et leur comportement ne les ont pas aidés. Bien sur il y a eu quelque soutien en province, mais ceux qui ont fait allégeance, peut être par chantage affectif, souvent ne connaissent pas l’embrouille et beaucoup se repentent déjà de s’être mis à défendre des racistes.

    Personne ne sait qui a attaquer leur librairie a la con où personne ne va jamais, a part visiblement pour casser soit des vitrines, soit du sucre sur le dos des musulmans. Ce non lieu est une sorte de nouvelle Vielle Taupe (on retrouve dans ce micro monde pas mal d’ancien plus ou moins repentit) qui a troqué l’antisémitisme pour l’islamophobie. ils sont cramé et le resteront pour longtemps

    On comprendra toutefois que les réactions officielles doivent laisser place à une certaine solidarité de façade (sans mauvais jeux de mots) « on ne peut pas casser comme ca des vitrines d’une libraire anarcho-identitaire ». On remerciera toutefois les « mutus » de nous avoir épargné le flot de bassesses qui accompagne chacune de leur déclaration pour ne publier, discrètement, que ce que « la neutralité » impose : le strict minimum. Toutefois, s’il y a une critique à faire de ce cocasse bris de vitrine c’est qu’il a servis à faire un coup de pub. L’audience des ces zigotos a été démultiplié depuis qu’ils ont su s’adonner au racisme le plus immonde… il suffit de versé dans le populisme pour faire du buzz mais la posture de victime en plus … ca c’est tip top… Bien sur personne ne participe a leurs débats « ouvert », a leur tentative de « médiation » par peur d être assimilé a eux voir même d’apparaitre comme trop complaisant. En somme ils se brouillent tout les jours un peu plus avec le peu de gens qui les considèrent autrement que comme de simple raciste a éviter.

    Le plus amusant est aujourd’hui de les voir se diviser : même un des fondateur de la Discordia a quitter le groupe de quatre personne qui l’animaient, tant l’obsession de ses camarades lui semblait insupportable.

    Mais qu’est ce que on va faire avec ces vieux coqs et jeunes oies édifiantes ?

    L’heure n’est pas à une escalade de violence, ni à essayer de tuer les cadavres. A quoi servirais de renforcer un ostracisme déjà presque unanime ? On ne pourrait que les renvoyer à leurs propres obsessions. Non, il faut les aider !

    Oui, on a tous dans notre famille ou au travail des personnes qui dérivent, qui croient au illuminatis ou aux reptiliens. Et bien non, on ne pourra pas abandonner ces personnes à la merci de la haine raciste et du confusionnisme abscons. Comme qui dirait : « On vous aidera avec bienveillance, on ne vous laissera pas tout seul face à votre bêtise ». Avec le temps de l’eau passera sous les ponts peut être nous oublierons, peu être même nous pardonnerons…

    Des personnes sans couleurs car universelles, universitaires bourgeoises, hooliganisés, qui fantasment sur les banlieues et veulent se convertir a l’islam, car victimes de « la haine de soi » propre au post moderne illusionnés par une fausse critique compatible avec les idéologies de l’état du capital.

    PS : Nous somme des lâches anonymes, des loups solitaires en plein processus de radicalisation (appeler tout de suite Stop Djihadisme au 0 800 00 56 96 )

    https://grenoble.indymedia.org/2016-09-19-Surfer-sur-les-vaguelettes-de-la

  • L’individualisme repose avant tout sur la conviction que l’humanité est composée non pas d’abord d’ensembles sociaux (nations, classes...) mais d’individus : d’êtres vivants indivisibles et irréductibles les uns aux autres, seuls à ressentir, agir et penser réellement. Cette figure de l’individu renvoie à un état de séparation originelle qui, en rendant chaque être humain différent et unique, constitue chacun d’eux en une unité singulière (ipséité) relativement autosuffisante. L’homme n’est donc pas la simple cellule d’un organisme social qui en serait la finalité et le prédéterminerait, ou la partie d’un tout qui la précéderait et le transcenderait - comme le veut la vision opposée du holisme (du grec holos : un tout) pour qui existent en premier des entités supra-individuelles globales (le groupe, la société...) agissant comme des superindividus (d’un point de vue individualiste, ces « êtres sociaux » sont de pures fictions). (...)

    Max Stirner publie L’unique et sa propriété (1844) - véritable « Bible » de l’individualisme de rupture. Dans une perspective cette fois-ci résolument athée, il dénonce avec véhémence ces ennemis tout-puissants de l’individu que sont les êtres collectifs : « Humanité », « Peuple », « Nation », « Société » ou « Etat », qui sont certes autant de fantômes et d’entités abstraites mais que les esprits socialement conditionnés en sont venus à prendre pour de respectables réalités et auxquelles ils laissent sacrifier leur individualité. L’unique réalité, c’est le « moi » de chacun - tout le reste n’étant que creuse rhétorique destinée à empêcher ou dissuader l’individu de devenir le seul maître et propriétaire de soi, et à en jouir souverainement.

    Nul plus que Stirner n’a osé conjuguer l’individualisme et l’égoïsme, entendu comme poursuite par l’individu de son intérêt propre - et ceci d’une manière positive. Ainsi il revient à chacun de se créer et se suffire à lui-même : « L’individualité, c’est-à-dire ma propriété, c’est moi-même. Je suis libre vis-à-vis de ce que je n’ai pas ; je suis propriétaire de ce qui est en mon pouvoir, ou de ce dont je suis capable. Je suis en tous temps et en toutes circonstances à moi du moment que j’entends être à moi et que je ne me prostitue pas à autrui. »

    Dans la logique anarchiste qui est la sienne, le libéralisme participe autant que le socialisme à l’imposture et la tyrannie générales car s’il libère quelque peu le citoyen, il oublie l’individu vivant et réhabilite l’Etat en le baptisant « de droit ». Pour Stirner, seule une intransigeante insoumission aux pseudo-autorités sociales, politiques et religieuses peut permettre à la souveraineté individuelle de s’accomplir dans l’amour « égoïste » de soi. Cela ne condamne pas l’individu à une stérile autarcie mais constitue la condition de possibilité d’une association volontaire et sélective avec d’autres « égoïstes ». Si la conception stirnerienne de l’individu propriétaire de soi a été à l’origine d’un courant anarcho-individualiste historiquement marginal, on ne saurait compter Nietzsche parmi ses adeptes tant l’exceptionnelle envergure de son voyage au bout de l’individualité singulière et indépendante le met à part et bien au-delà de tout ce qui l’a précédé (ou suivi). (...)

    L’anti-individualisme théorique du rousseauisme a très vite engendré une pratique des plus révélatrices lors de la seconde phase de l’épisode révolutionnaire français : la Terreur. C’est au nom de la « volonté générale » inscrite dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qu’on entreprend alors d’expulser l’individu inscrit dans les institutions démocratiques de la première période par les libéraux (Girondins) - et surtout la répression violente et l’extermination de ceux-ci. Dans La guillotine et la Terreur (1987), D. Arasse explique : « En 1793, l’individualisme est anti-révolutionnaire car dans un Etat en révolution, il ne peut exister qu’une entité dans laquelle se fondent tous les individus : l’Etat ( ... ) La guillotine indique que l’ennemi à abattre n’est autre que l’individu qui a choisi sa propre volonté particulière au détriment de la volonté générale. » (...)

    http://www.institutcoppet.org/wp-content/uploads/2011/01/Histoire-de-lindividualisme.pdf

  • - L’approche réformiste et le besoin politique de catégoriser mènent aussi la gauche à valoriser des gens sur la base de leur appartenance à divers groupes spécifiques d’opprimés et d’exploités, comme les « travailleurs », les « femmes », les « gens de couleur », les « gays » et les « lesbiennes » etcétéra.

    - Cette catégorisation est la base de la politique identitaire, et la politique identitaire est une forme de fausse opposition par laquelle les opprimé-e-s choisissent de s’identifier à une catégorie sociale particulière, renforçant leur oppression, mais en feignant un acte supposé de défiance contre leur oppression.

    En fait, l’identification continue avec ce rôle social limite la capacité de ceux qui pratiquent la politique identitaire à analyser profondément leur situation dans cette société et d’agir en tant qu’individus contre leur oppression.

    Elle garantit ainsi la continuité des relations sociales qui sont la cause de leur oppression.

    - Lorsqu’ils ne se définissent que comme les membres de catégories opprimées, les gens deviennent alors des pions des manœuvres politiques gauchistes, parce que de telles catégories sociales prennent le rôle de groupes de pression, de lobbies, et font le jeu de la structure démocratique.

    La logique politique des gauches, avec ses exigences organisationnelles, son adhésion à la démocratie, l’illusion quantitative et la valorisation de certaines personnes en fonction de leur simple appartenance à des catégories sociales, est collectiviste en soi, supprimant l’individu comme tel.

    - Cela s’exprime dans l’appel aux individus à se sacrifier à des causes diverses, des programmes et des organisations de la gauche. Derrière ces appels, l’on découvre les idéologies manipulatrices de l’identité collective, de la responsabilité collective et de la culpabilité collective. Les individus qui sont définis comme faisant partie d’un groupe « privilégié » - « hétéro », « blanc », « homme », « occidental », « classe moyenne » - sont tenus responsables de toute l’oppression attribuée à ce groupe. Ils sont alors manipulés et sommés d’expier ces « crimes », donnant leur appui acritique aux mouvements de ceux qui sont plus opprimés qu’eux. Les individus qui sont uniquement définis comme faisant partie d’un groupe opprimé sont manipulés dans l’acceptation d’une identité collective, avec sa « solidarité » obligatoire - la solidarité féminine, le nationalisme noir, l’identité queer, etc. S’ils rejettent ou même si ils critiquent profondément et radicalement cette identité de groupe, ce sera compris comme une acceptation de l’oppression.

    - En fait, l’individu qui agit seul (ou seulement avec ceux et celles avec qui il/elle a développé une affinité réelle) contre son oppression et son exploitation tel qu’il/elle l’éprouve dans sa vie, est accusé d’« individualisme bourgeois », malgré qu’il/elle lutte précisément contre l’aliénation, la séparation et l’atomisation qui est le résultat inhérent de l’activité sociale collective et aliénante que l’État et le capital - la prétendue « société bourgeoise » - nous imposent.

    Wolfi Landstreicher

  • 18 septembre 11:24

    Pour rappel, le 28 octobre 2016 à Mille Bâbords, un groupe de personnes racisées s’est organisé pour empêcher une « discussion » animée par des auto-dénommés « anti-racialisateurs » (cf leurs textes1) autour de ce qu’ils appellent les dangers du « racialisme ». C’est le paroxysme d’un confit qui dure depuis deux ans et qui s’est traduit notamment par des départs des collectifs de Mille Bâbords et de Mars Info à Marseille, mais aussi du Rémouleur à Paris.

    Nous ne souhaitons pas nous adresser aux « anti-racialisateurs ». Nous nous adressons plutôt ici à toutes les personnes qui ont participé à la diffusion de leurs idées, et à celles qui n’ont pas été choquées par leurs publications sur des sites d’info et d’organisation politique. Nous ne pouvons que constater que ces personnes sont à notre connaissance toutes blanches et que cela n’est pas anodin, même si, bien sûr, loin de nous l’idée de déduire leur position de leur couleur de peau.

    L’arrogance avec laquelle la « polémique » a été écrite, dite, publiée est impressionnante : sans prendre le temps de se taire, d’essayer de comprendre, d’écouter ce que les personnes concernées ont à dire de l’oppression qu’elles vivent.

    Il nous semblait nécessaire, en tant que blanches, féministes et dans une perspective révolutionnaire, de nous désolidariser de ce milieu politique qui n’a pas su intégrer dans ses luttes les analyses post-coloniales (et parfois aussi féministes). D’expliquer, une fois de plus, que ces « anti-racialisateurs » et ceux qui diffusent leurs idées ne peuvent pas être nos camarades.

    Le contenu de ce texte est sans prétention, il redit de manière succincte des choses beaucoup mieux développées par des personnes directement concernées par le racisme et qui ont passé beaucoup plus de temps à analyser cette domination, à lutter contre.

    DE L’USAGE DU TERME « RACE » ET DE PRIVILÈGE

    Il semblerait que le refus systématique d’utiliser les termes de race/ racisé.es soit dû à un malentendu tenace, à un manque de curiosité intellectuelle, ou bien encore à une mauvaise foi impressionnante et exaspérante. On a lu quelque part que les personnes racisées se racisent ELLES-MÊMES. Ouaaaah !

    Alors récapitulons :

    La racisation est un processus que des personnes subissent. C’est le processus par lequel elles se voient attribuer une supposée race en fonction de certains critères physiques et/ou culturels. Dire que les personnes se racisent elles- même est le comble du contre-sens !

    Ce processus de racisation est un pivot important dans un système raciste, et nous vient de notre histoire esclavagiste et coloniale, de nos missions humanitaires etc... c’est le système de pensée « blanc » qui racise les gens, qui leur attribue des étiquettes, des particularités, et ce sont nous, les blanc.he.s, qui gardons le pouvoir de classiffier et de hiérarchiser2. On ne nous a jamais appris qu’on était blanc.he.s, on nous a dit qu’on était des Hommes, plus précisément l’Homme drapé.

    Des personnes se disant anti-racialisatrices et anti-racistes remettent en cause l’utilisation des termes de race et racisé.e. Le hic quand ces personnes parlent de race, c’est qu’elles font référence à la race qui essentialise3, la race que les scientifiques ont essayé d’inventer puis qui est tombée. De là viendrait le contre-sens...

    Sans déconner ! Nous avons trop d’estime pour les capacités intellectuelles des militant.es concerné.es pour le croire. Si ça bloque, c’est pas pour préserver LA révolution en évitant que la lutte ne soit morcelée. C’est que c’est trop difficile d’accepter de voir qu’on jouit du privilège blanc, qu’on jouit d’une place de privilégié.es dans les « mouvements révolutionnaires » et dans la société en général.

    Le privilège blanc, dans un contexte de luttes, c’est par exemple, prendre de la place en réunion sans se faire couper la parole, être écouté.e avec intérêt (et non comme faire-valoir), ne pas être renvoyé.e à ses supposées origines par ses camarades. C’est aussi moins risquer de se faire arrêter, de subir des violences policières, moins risquer devant les juges.
    Le terme de privilège décale la « normalité » de ce que vivent les personnes en position de force, qu’on appelle ici les dominant.e.s, sans pour autant que ces personnes s’inscrivent dans des rapports de force explicites ou conscients ou actifs. Malgré ce qu’on voudrait croire, être écouté.e dans une réunion n’est pas « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

    LE CAPITALISME N’EST PAS LE SEUL SYSTÈME DE DOMINATION

    À chaque fois qu’un groupe minorisé parle d’un autre système d’oppression que celui du capitalisme il se fait accuser de diviser la classe ouvrière !

    Ce reproche fait au féminisme dans les réunions du parti communiste des années 50 est devenu l’un des arguments qui justifient la publication sur internet des textes des « anti-racialisateurs » : les personnes racisées (= personnes qui subissent le racisme ) qui s’organisent ou osent tout simplement parler de leur oppression spécifique sont attaquées, ces derniers temps du moins, avec nettement plus d’agressivité.

    Observation : quand un groupe non-dominant exprime un désaccord profond, quand il veut mettre un terme à la domination qu’il subit, et qu’il s’organise pour la contrer, il se fait immanquablement traiter d’anti-révolutionnaire et de... nazi4.
    Il n’y a pas d’un côté les rapports de classe qui renvoient à l’instance économique et de l’autre le patriarcat et le racisme qui renvoient à une instance purement idéologique.

    Il y a une tendance à psychologiser, individualiser le sexisme et le racisme : une homme battrait sa femme parce qu’il est alcoolique, un français identitaire serait raciste parce qu’il est phobique de la différence, qu’il a peur de se faire envahir, ou parce qu’il croit aux théories scientifiques racialistes. Non, les rapports de classe de sexe et de race sont socialement construits, ce sont des systèmes de dominations qui s’articulent et s’alimentent entre eux, et chacun possède ses propres instances qui exploitent, dominent et oppriment. Certain.es pensent que puisqu’un homme racisé comme Obama, ou qu’une femme comme Thatcher peuvent gouverner les principales puissances mondiales, alors le capitalisme s’arrangerait bien du racisme et du sexisme. Certes, le fait de faire partie de l’élite économique met à l’abri de la violence économique. Mais, bien que ça transforme les violences sexistes et racistes, ça ne les fait pas disparaître. En témoignent les agressions sexuelles (a aire Beaupin) et racistes (insultes adressées à Taubira) subies par des femmes de l’élite politique française. Rappelons quand même que l’élite économique et politique européenne reste majoritairement composée d’hommes blancs, et que le racisme et le sexisme structurent nos sociétés, quelles que soient les politiques de « parité » mises en place, et les exceptions mises en avant.

    IDENTITÉS ?

    À ce reproche de créer la division « du mouvement » vient s’ajouter celui du repli identitaire. Les mots utilisés semblent bien tout droits sortis de la bouche de Finkielkraut. C’est assez fascinant à quel point les argumentaires utilisés rejoignent ceux des républicains laïcards, et de l’extrême droite : La peur de l’identitarisme, des communautarismes etc etc.

    Ah oui ça, ça fait peur ! Il suffitt de s’organiser de manière autonome pour voir surgir le spectre du repli identitaire.
    Le terme de « racisé.es » en l’occurence est loin de se référer à une identité, à l’inverse du terme « noir.e » ou « gouine ». Il permet de « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

    Certains usages de l’identité ne sont pas souhaitables, avant tout quand elles sont faites par les dominant.e.s, mais aussi quand elles essentialisent l’identité, quand elles produisent une victimisation ou une hiérarchisation des luttes.
    Et pourtant, poser des mots sur différentes identités permet aussi de lutter contre la moulinette qui broie à tous les niveaux, de l’exploitation salariale, à l’exploitation patriarcale en passant par l’universalisme qu’il soit républicain ou soi-disant révolutionnaire. Ces identités ne sont pas des sofas sur lesquels on s’a ale, ce sont des balises de positionnement sur la pyramide sociale, pour la dézinguer.

    Sous prétexte de maintenir l’unité révolutionnaire ou républicaine on ne peut pas lutter contre des dominations sans nommer les identités qu’elles produisent. S’il y a des personnes qui ont réfléchi et critiqué cette question d’identité, c’est bien certain.e.s anti-colonialistes, queers et féministes5. Eh oui il y a de nombreux livres passionnants à lire6 plutôt que de s’attarder sur la littérature du PIR (dont il n’est pas l’objet de faire une analyse critique ici, mais d’autres s’en chargent très bien7).

    Si vous voulez on peut s’en tenir pour l’instant à Wikipédia :

    « On parle d’identité sociale dès qu’un individu ou un groupe se voit attribuer une caractéristique identitaire par d’autres. Cette forme d’identification répond à une logique classificatoire dans la mesure où elle permet à un individu ou un groupe d’ordonner l’Autre sur la base de critères dominants. » Mon identité sociale est (entre autres choses) d’être une femme. Je suis femme c’est-à-dire que le patriarcat a décidé que j’étais une femme et se préoccupe de me le rappeler tous les jours, c’est quelque chose que je subis car cette identité me fait appartenir à une classe de dominées8.

    La société ne m’attribue pas une identité de blanche car elle ne nomme pas la norme : lorsqu’on dit blanc.he on ne parle pas d’une couleur mais de transparence sociale. Je suis pourtant blanche c’est-à- dire que le système
    raciste a créé cette différence entre non-blanc.he et blanc.he qui me permet de jouir de certains privilèges et d’exercer un pouvoir sur d’autres.9

    […]

    1 Jusqu’ici tout va bien ? entre autres textes publiés sur presque tous les sites d’infos dits alternatifs

    2 Et on peut garder en tête que « ...la division se construit en même temps que la hiérarchie et non pas avant. C’est dans le même temps, par le même mouvement, qu’une distinction ou division sociale est créée, et qu’elle est créée hiérarchique, opposant des supérieurs et des inférieurs », Classer, dominer, Christine Delphy

    3 L’essentialisation pose des différences « naturelles » , et donc indépassables, entre certaines catégories de personnes : « femmes »/ « hommes », « blanches »/ « noires », etc...

    4 C’est le point Godwin : quand on n’a plus d’arguments, on traite les gens de nazi.es, de fascistes

    5 A ce sujet, lire la synthèse d’Elsa Dorlin dans Sexe, genre et sexualité, PUF, 2008, chapitres : « le sujet politique du féminisme » et « philosophies de l’identité et praxis queer »

    6 Femme, race, classe d’Angela Davis, Black feminism, anthologie du féminisme africain-américain coordonné par Elsa Dorlin. Pour plus de spécificité en contexte « français » (puisqu’il est toujours reproché que toute cette analyse est une importation des États-Unis) : La matrice de la race, généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française d’Elsa Dorlin ; les blogs de Mignon chaton, de João, et de Mrs Dreydful ; Christine Delphy, « antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme » dans Nouvelles questions féministes n°1 ou en ligne sur le site « Les mots sont importants »...

    7 On peut lire par exemple Boutelja ses sœurs et nous sur https://infokiosques.net/lire.php ? id_article=1356

    8 Par exemple, en France le salaire moyen des femmes (qui travaillent à temps complet) est égal à 83 % de celui des hommes (source : Observatoire des inégalités). Les femmes possèdent 2% de la propriété mondiale (source : Banque mondiale).

    9 En France, les statistiques dites « ethniques » (ce terme tout droit hérité de l’héritage colonial, mais qui, lui, ne semble pas déranger les « anti-racilisateurs » et leurs sympathisants) sont interdits. On a quand même des chiffres basés sur la consonance du nom de famille : selon l’Observatoire des inégalités, plus de deux fois plus de candidatures "hexagonales" sont favorisées par rapport aux candidatures "maghrébines" (2017) dans les grandes entreprises. Et, à niveau de vie équivalent, les candidats à un logement d’origine maghrébine ou africaine ont quatre fois moins de chances d’en obtenir un que ceux d’origine française (2009).

    10 Et c’est un enjeu des luttes anti-racistes et post-coloniales de visibiliser les positions dominantes en nommant les blanc.hes

    11 C’est le fameux concept d’intersectionnalité. « Le féminisme noir critique cette tendance à se replier implicitement sur une compréhension de la domination qui prend la situation de certaines femmes pour la situation de toutes les femmes. » Elsa Dorlin, Sexe, genre et sexualités, p.85

    12 Sous le régime nazi on stérilisait notamment les juives et les femmes rroms. Ces dernières ont subit la stérilisation forcée jusqu’aux années 90 en Roumanie et aujourd’hui en France les médecins leurs installent souvent des stérilets ou des implants sans leur consentement. Rappelons aussi qu’alors que la pilule et l’avortement étaient encore interdits en France métropolitaine, aux Antilles françaises et à la Réunion on stérilisait les femmes à leur insu, et les pouvoirs publiques avortaient les femmes en toute quiétude.

    13 Cis désigne l’inverse de trans : il s’agit des personnes qui se reconnaissent dans le genre qui leur a été assigné à la naissance

    14 Audre Lorde (black féministe américaine) : « Pour provoquer un véritable effort révolutionnaire, nous ne devons jamais nous intéresser exclusivement aux situations d’oppression dont nous cherchons à nous libérer, nous devons nous concentrer sur cette partie de l’oppresseur enfouie au plus profond de chacun de nous, et qui ne connaît que les tactiques des oppresseurs, les modes de relations des oppresseurs » Sister outsider, Mamamélis p. 135

    15 Elsa Dorlin dans Sexe, race, classe, PUF, 2009

    16 Il est intéressant de remarquer qu’à la base le terme « queer » (=anormal, tordu-e) avait été choisi pour éviter justement de parler en terme d’identité (par opposition à gay ou lesbienne)

    17 On parle d’intersectionnalité pour prendre en compte les différences internes qui traversent les mouvements politiques (Kimberlé W. Crenshaw). Pour une critique et un affinage de ce concept voir Danièle Kergoat, entre autres !!

    https://iaata.info/La-race-ca-t-agace-2136.html

  • https://www.infolibertaire.net/onze-refutations-aux-agacant-e-s-racistes-et-racialistes-structuralistes-sociaux/

    Onze réfutations aux agaçant-e-s racistes et racialistes structuralistes sociaux

    uelques très mauvais arguments de ce texte : (dans l’ordre de lecture)

    * * Les anti-racialisatrices et anti-racistes seraient tous / toutes des blanc-he-s

    * * il est impossible, impensable de ne pas être ou penser "post-coloniales" (et de la seule et unique façon qui convienne ) + une allusion : voire les anti-racialisatrices et anti-racistes seraient peut être même parfois des anti-féministes !

    * * réalité sociale permet de dire "Race" mais ce n’est pas raciste - cependant ici en opposition à tout ce texte essentialiste ( relire argument n°1 ). Quelle dépassement d’identité est pensé par ce milieu "racialisateur" ? Aucun !

    * * des laïcard-e-s extrémistes républicain-e-s finkielkrautiens - insulte psy-socio-intello ? d’extrême droite alors que vous reprenez leur vocabulaire et concepts ?! Alors que les néo-nazis comme Boris Le Lay apprécient, que les cathos tradis intégristes de radio courtoisie kiffent votre race ?! Inversion ?

    *"manque de curiosité intellectuelle " _ insulte psy etc ... ?

    * * Gros Scoop : "privilège blanc" est utilisé de manière essentialiste à l’inverse de ce que ce texte essaie de faire croire (ou de s’auto-persuader). Ainsi le "privilège blanc" concerne les flics racisé-e-s, les bourgeois-es racisé-e-s, les universitaires racisé-e-s etc ...

    ** **
    C’est vous les héritier-e-s et allié-e-s politiques du PCF (passée ou présent ). Ce reproche ne concerne pas le milieu que vous visez mais vous même et vos allié-e-s (par exemple : Big Up Alain Gresh, Françoise Vergès et les autres stal’ )

    * * Votre oubli et déni systématique des classes sociales ! Vous n’êtes pas intersectionnalistes ; vous imposez suivant vos mots d’ordres, vos stratégies etc ... des priorités et focalisations de luttes !

    * * Vous construisez socialement (notons que littéralement tout est construit socialement) une oppression militante majoritaire (dans un camp révolutionnaire minoritaire ) . Notons que vous psychologisez vos adversaires politiques (lire plus haut)

    * * * * Alors changer la société ou changer de sociétés ?

    * * visibiliser ? les seul-e-s que vous visibiliser avec vos stratégies d’alliances sur base identitaires sont des personnes pour qui l’identité raciale (donc essentialisée ) constitue un préalable ou bien l’identité religieuse essentialisée comme les islamistes ou islamo-gauchistes ... pas terrible !

    Par exemple, pourquoi et comment les statuts et concepts : de métis, métisse, métissage se trouvent détestés de vous et/ou de vos allié-e-s ?

    Idem pour les musulman-e-s révolutionnaires ou progressistes ?

    Vous produisez de l’invisibilisation par vos positionnements, en êtes vous conscient-e-s ?

    Les assymétries que vous théorisez nous font fortement douté de votre positionnement dans le camp égalitariste qui est non-négociable pour beaucoup de révolutionnaires mais peut être est ce là votre utilité, votre combat : l’inégalité ?

    ** ** ** Des conseils de lecture non stal’ seraient mieux venus ! On vous conseille ’pour commencer en douceur ) Anne Archet ainsi que toute la littérature de dépassement des identités dont queer (même chez Judith Butler les analyses sont moins binaires / manichéennes ) !

    lutter pour la reconnaissance des refus ou pas ?!

    * * * * * Si vous pensez que seul-e-s les "blanc-he-s" sont racistes ou capable de racisme, vous faites encore de l’essentialisme qui est du racisme ! Toutes les personnes de toutes identités (qui sont socialement produites) peuvent le faire (même remarque pour le colonialisme que votre nationalisme tiers-mondiste aveugle et oriente).

    Les camarades de Tarnac sont d’après vous des

    dominant-e-s

    jouissant-e-s de

    privilèges

     ?

    Votre application et compréhension de l’ intersectionnalité ( intersectionalisme ) s’arrête à mi chemin ...

    1) Les oppressions et dominations sont plus nombreuses que le triptyque "Classe-Genre-Race".

    2) Beaucoup de nuances et de progressivités (ou de non binarité) dans chaque catégories (que vous figez, simplifiez ou/et réduisez ). Ce sont des continuums de classe-race-genre-sexualité-religion-politique-validité-etc ...

    3) Votre analyse de la "domination" évolue entre les bornes du post-modernisme (ou de certains post-modernismes) ; courants intellectuels mal définis dans lesquels d’un point de vue philosophique ou épistémologique, des révolutionnaires ne se reconnaissent pas (par exemple : femme, pauvre, racisée, non-valide, cis ...). Vous réactivez les apories dépassées du structuralisme (sauce néo-stalinienne).

    4) ce vous nommez "Légitimité" ressemble à une interdiction de s’exprimer - "autoritarisme" de notre point de vue (limite "fascisme") !

    5) Laissons de coté votre méconnaissance des thèmes de conscience et d’identité dans la théorie marxiste - on dirait les habituels trolls des indymédias francophones

    6)La performativité du langage ça vient de votre camp philosophique - et là encore, c’est une de vos impasse théorique... Dans un cas ce n’est "pas bien" et cela modifie les perceptions ; dans l’autre c’est "cool" et sans effet ... (TAVU on lit aussi vos "trucs".)

    7)Se rapproprier tout : sale prolo ou sale blanc comme sale hétéro / hétéra ou sale cis ? ! ?

    8)Profondément basée sur une politique de l’affect et du sentimentalisme, comprenez que cette base soit "socialement construite" et tou-te-s nous n’avons pas la même ou même envie de fonder sur ceci notre politique.

    9) Choix ? par exemple, les religions ça oppresse ou pas ?

    10) D’un point de vue matérialiste, "la société" n’est pas extérieur à nous. par exemple https://www.cairn.info/revue-l-annee-sociologique-2008-2-page-299.htm ... plutôt que les mauvais articles (à ce stade) de wikipédia sur le sujet (désolé pour les compas révolutionnaires anti-sociologie, mais il faut en passer par là).

    11) Assez marrant pour finir que vous repreniez (détourniez ou récupériez) une illustration issue des compas de l’excellente émission sortir du capitalisme (sur radio libertaire entre autre) - http://sortirducapitalisme.fr/ - qui critique vos théories, postures, actions, alliances et positionnements. Cette image propose un dépassement d’identités, ce que vous ne faites pas du tout ! Connaissez vous les débats "identitaire contre post-identitarisme" ? Les médias dominants n’en parlent pas ? Demandez vous pourquoi ?

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