RSS articles
Français  | 
Article refusé par les modérateurs
Raison du refus :
troll
Lallab, la magie d’une association sexiste, religieuse intégriste et racialiste qui déclare être "féministe, areligieuse, aconfessionnelle et apartisane"
posté le 13/09/17 Mots-clés  médias 

Le journal Libération aime soutenir depuis quelques temps les militant-e-s de l’islam politique et leurs allié-e-s, devenant ainsi partie prenante au profit de l’intégrisme religieux. Sa dernière prise de position est la publication d’une tribune en soutien à l’association d’inspiration islamiste Lallab (1). Elle fait suite à un article complaisant du journal sur Lallab quelques jours auparavant qui présente l’association comme victime de la fachosphère (2). Cette tribune désire ainsi rétablir des faits et des vérités qui auraient terni "l’excellent travail" de cette association. Soit. Alors prenons les faits.

Le titre de la tribune tout d’abord (Stop au cyberharcèlement islamophobe contre l’association Lallab) : le terme "islamophobie", qui signifie la peur, la crainte de l’islam, est encore ici utilisé pour définir le rejet d’individus en raison de leur religion. Ce terme popularisé par les islamistes, dans leur stratégie victimaire pour tenter d’empêcher toute opposition à leur radicalité, est validé aujourd’hui par une partie de la société comme étant un synonyme de racisme. Libération participe ainsi au rétablissement progressif du délit de blasphème et au refus de toute réflexion et débat intellectuel sous peine d’être accusé de racisme. Les islamistes ont, pour l’instant, en partie remporté cette bataille.

Lallab a effectivement essuyé des attaques de l’extrême droite traditionnelle. Si les menaces de mort ou la mise en danger des individus est avérée, j’en suis profondément choqué. Rien ne peut les justifier. Des tweets de la fachosphère plus haineux les uns que les autres ont été publiés parmi ceux des militants laïques et féministes qui exprimaient leur indignation. Ces tweets de la fachosphère ressemblent trait pour trait à ceux que nous recevons également de sa part, en y ajoutant ceux des islamistes. Car nous, les féministes universalistes et militants laïques, sommes les adversaires de ces deux extrêmes droites (FN et consort, et islamiste). Un combat que des journaux comme Libération ont décidé d’abandonner par complaisance envers l’islam politique. A un tel point qu’ils vont jusqu’à déclarer que les intégristes sont victimes de calomnies en provenance de la fachosphère. Ils adoptent la stratégie islamiste qui est de mettre tout le monde dans le même sac. Des militants qui luttent depuis des décennies contre le FN et le racisme sont volontairement confondus avec les militants d’extrême droite. Toute opposition à l’intégrisme musulman peut ainsi être accusée de fascisme et de racisme. Ceci est bien la preuve que l’extrême droite islamiste a besoin de l’extrême droite traditionnelle dans sa lutte contre l’universalisme et la laïcité, avec le soutien de Libération...

Le côté surréaliste de la chose est que les musulman(e)s, militantes féministes ou simples citoyenn(e)s, luttant contre les intégristes sont donc qualifiés "d’islamophobes" et classés dans la fachosphère. Le refus de l’islam version extrémiste est aujourd’hui perçu comme un rejet de l’islam tout court par une partie de la gauche.

Cette complaisance relève de la paresse intellectuelle. La déontologie voudrait qu’un journaliste aille voir au-delà des discours et de l’affichage médiatique. Libération, ou Médiapart, savent très bien le faire lorsqu’il s’agit de nos politiciens ou des milieux économiques. Mais lorsqu’il s’agit de l’islam politique, tout change. Cette tribune et l’article de ces derniers jours en sont une belle démonstration.

Il suffit que Lallab déclare être "areligieuse, aconfessionnelle et apartisane dont le rêve est qu’aucune femme ne soit plus jugée, discriminée ou violentée en raison de son genre, de son physique, de son orientation sexuelle, de ses origines ou encore de ses convictions religieuses", pour qu’on la croit. Comme le CCIF, il lui suffit d’utiliser les termes chers à notre République pour que la séduction opère et désamorce toute envie de vérifier si leur idéologie et leurs actions sont en corrélation avec leurs déclarations.

Une simple analyse de texte permettrait de commencer à y voir plus clair. Lallab déclare être areligieuse, aconfessionnelle et apartisane, tout comme le CCIF (idéologiquement la branche juridique des Frères musulmans en France) qui déclare aussi être apolitique, areligieux et défendant les Droits de l’Homme.

Ces deux mouvements déclarent les mêmes choses et montrent les mêmes contradictions. Car Lallab déclare en même temps que son objet est de défendre les femmes musulmanes. Comme avec le CCIF, les musulmanes sont ici racialisées. On extrapole le religieux pour en faire une ethnie. Ce qui justifierait le côté "areligieux" et légitimerait les accusations de racisme. C’est la stratégie des Frères musulmans. Toujours relevant de la même idéologie, Lallab ne parle pas du droit des intégristes musulmans, ni même des musulmanes voilées. Elle parle des "femmes musulmanes". L’interprétation religieuse radicale de Lallab doit être perçue comme étant l’islam de l’ensemble des musulmanes. Ainsi, toute critique pourra être dénoncée comme une attaque envers les musulmanes en général. Encore la stratégie frériste… Rappelons que le voile est prescrit non pas par l’islam mais par l’interprétation religieuse des intégristes musulmans. Toutes les justifications du voile sont faites par des théologiens et islamologues Frères musulmans ou salafistes plus sexistes et rétrogrades les uns que les autres. Aucun islamologue modéré ne considère le voile comme une prescription religieuse. Ce vêtement existe uniquement pour des raisons sexistes : cacher le corps des femmes pour ne pas exciter la libido des hommes. Le voile fait partie du système de domination patriarcale. En cela, le port du voile ne peut être brandi par féminisme puisqu’il rejette par essence l’égalité des sexes. Le hijab étant l’uniforme des Frères musulmans, les militantes voilées de Lallab revendiquent par le vêtement leur filiation idéologique tout en essayant de s’en dédouaner pour se dédiaboliser. Pour les musulmanes modérées, la piété ne se mesure pas au centimètre carré d’un tissu cachant leurs cheveux et leur corps censés être source de tensions. Ce qui, pour une association revendiquant son féminisme, est déjà le premier problème.

Face aux premières critiques, Lallab a précisé que les femmes musulmanes ne sont pas homogènes. Mais elle continue de parler au nom des femmes musulmanes…

Sur son site internet, toujours pour son côté "areligieux et aconfessionnel", nous trouvons plusieurs articles sur le ramadan, la prière, la conversion à l’islam, "le romantisme du Prophète Muhammad", etc. Tout comme le FN lorsqu’il s’agit des manifestations catholiques, Lallab considère-t-elle que ces articles relèvent d’une simple pratique culturelle ? Il n’y a aucun mal à affirmer ses convictions religieuses sur son site internet. Bien au contraire, c’est une liberté permise par notre démocratie à travers la laïcité. Si Lallab se présentait comme une association religieuse défendant la radicalité de son interprétation des textes coraniques, ce serait cohérent et il n’y aurait pas grand-chose à en dire sur ce thème. Le problème est que cette association, par le décalage entre ses déclarations et ses actes, veut se faire passer pour ce qu’elle n’est pas.

Une des multiples déclarations mensongères des militantes de Lallab qui suffisent à convaincre les relativistes
Plus généralement, la quasi-totalité des articles et des actions de cette association "areligieuse, aconfessionnelle et apartisane" sont en rapport avec l’islam à travers la défense des (intégristes) musulmanes.
Une association qui se dit "féministe" écrirait des articles et mènerait des actions touchant l’ensemble des femmes. Là encore, à part une action "vitrine" sur le cyber harcèlement, et peut-être une ou deux autres, c’est le néant.

Idem pour les luttes féministes en rapport avec le corps. Quelles sont les articles et actions menées par Lallab pour l’autonomie sexuelle des femmes ? Y-a-t-il eu une action de prévention, d’éducation à la sexualité en direction des adolescentes, en particulier musulmanes (puisque son côté "areligieux" s’adresse spécifiquement à elles) ? Lallab a-t-elle créé des outils permettant aux femmes, et aux jeunes musulmanes en particulier, de libérer la parole sur leur sexualité et leur difficulté à l’assumer par rapport aux garçons ? A-t-elle déconstruit le mythe de la virginité au mariage, phénomène qui cause tant de dégâts chez de nombreuses musulmanes ? A-t-elle au moins défendu et argumenté sur le fait que des interprétations religieuses ne reconnaissent pas le voile comme une obligation ?
Là encore, il n’y a rien de cela. Pourtant, c’est en menant des actions de ce type, en leur fournissant tous les outils de connaissance et d’émancipation, que Lallab pourrait réellement donner le choix aux musulmanes d’être conservatrices ou non et permettre à chacune de se construire selon ses propres envies et ses approches personnelles de la foi.

Les écrits de l’association sur la mixité et la sexualité se limitent à la "pudeur", à la mode sexiste (ce que les intégristes appellent la "mode pudique") et à l’acceptation de la non-mixité.
Lorsque la mode pour les "musulmanes" est abordée, c’est uniquement sous l’angle de la pudeur. Les musulmanes qui ne s’y reconnaissent pas, qui aiment au contraire les jupes courtes et les décolletés ? Elle n’en parle pas. Puisque leur islam recommande le sexisme (pardon, la "pudeur"), les désirs vestimentaires des autres musulmanes ne méritent pas d’être cités. La "mode pudique" concerne les femmes "à la recherche de pudeur, de retenue et de modestie", comme elle l’explique dans un de ses articles (1). Et les femmes qui préfèrent une autre mode ? Elles sont moins pudiques, manquent de retenue et de modestie… C’est d’ailleurs uniquement là qu’elle aborde succinctement la sexualité : "l’idée principale [de la mode pudique] réside dans la réappropriation de la mode par celle-ci tant que les vêtements portés n’incitent pas à une attirance sexuelle". La mode non "pudique" attirerait sexuellement. Si une femme s’habille avec des vêtements sexy, peut-être qu’en cas d’agression les "féministes" de Lallab lui conseilleront de se vêtir de façon plus couverte au lieu d’apprendre aux hommes à mieux respecter les femmes ?

Quant à la mixité, Lallab nous explique, dans ses "3 conseils pour assumer son féminisme" (2), que "être féministe ne signifie pas forcément être à l’aise dans un environnement masculin et vous ne devez pas avoir honte de ne pas toujours vous sentir à votre place." Cela ne doit pas vous surprendre. C’est un des aspects du "féminisme islamique".

J’ai eu beau chercher, je n’ai trouvé aucun article de Lallab racontant le parcours d’une musulmane qui aurait quitté l’islam, ou bien à quel point une musulmane s’est sentie libérée de ne plus faire le ramadan ou la prière, ou encore la libération d’une autre d’avoir retiré son voile, ou bien le calvaire d’une telle qui subit des pressions pour cacher ses cheveux. Une association areligieuse et aconfessionnelle qui prétend également défendre les droits des femmes musulmanes (et pas seulement de la frange extrémiste), aurait publié ce type d’articles et de témoignages concernant des musulmanes victimes de harcèlement et de discrimination de la part de leurs coreligionnaires. Elle viendrait aussi en aide à des musulmanes comme Henda Ayari qui a tant souffert du salafisme, qui a réussi à ôter son voile malgré les pressions, et qui subit encore aujourd’hui les attaques verbales des islamistes. Mais elle n’a jamais été soutenue par Lallab. Combien de Henda Ayari en France ont-eu besoin d’une association défendant réellement les musulmanes et pas uniquement les intégristes ? Lallab, tout comme le CCIF, peut voler au secours d’une femme voilée, mais ne regardera jamais les musulmanes qui se battent pour ne plus l’être…

Avec tout cela, il n’y a alors rien d’étonnant à ce qu’une majorité des photos de son site montre uniquement des musulmanes voilées. Lallab tente par tous les moyens de faire passer le port du voile, attribut textile le plus sexiste que l’homme ait jamais inventé, pour du féminisme. Ceci pour contribuer au projet intégriste d’associer la musulmane au voile dans l’inconscient collectif.

Et que dire de son approche raciale du féminisme, si proche des Indigènes de la République, par son rejet de l’universalisme à travers son slogan "Remballe ton féminisme blanc". Cela doit être son côté "apartisan" et humaniste je suppose...

Mais comme il suffit de croire les islamistes sur parole, alors peu importe les faits, seules leurs déclarations comptent. Pourquoi Libération ou Médiapart n’appliquent-ils pas cette méthode relativiste au FN ?

En résumé, le féminisme de Lallab se résume à "Touche pas à mon intégrisme". Une question légitime se pose : pourquoi toutes ces contradictions, entre les déclarations et la réalité, de cette association n’ont-elles pas titillé la curiosité des journalistes de Libération ?

Lallab déclare être féministe, areligieuse, aconfessionnelle et apartisane, alors faisons comme Libération et ses soutiens relativistes : croyons-la sur parole…


posté le 13 septembre 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • "Les articles qui accusent de « racialistes » les personnes qui s’organisent en non-mixité/construisent collectivement des luttes autour de l’analyse de la société hiérarchisée en terme de race n’ont rien à faire sur indymedia nantes. Le site permet la publication d’articles venant de personnes et de groupes qui choisissent la non-mixité comme moyen d’auto-organisation, et c’est certainement pas aux personnes non concernées de venir publier des articles pour dire a quel point c’est contre-révolutionnaire. Une identité de lutte n’a rien a voir avec un mouvement identitaire.

    Pour rappel le racialisme c’est un mouvement scientifique du 19ème et qui a créé des catégories sociales, raciales, de genre... et qui justifiait les systèmes d’oppression, la colonisation, l’exploitation de races, de classes, des femmes,... On notera aussi que ces racialistes – en plus de n’’être que des blancs –, disposaient de canaux de communications larges et de positions de pouvoir comme par exemple être au gouvernement, dans les médias et facs réputées etc.

    Publié : le vendredi 25 novembre 2016 à 22:50 par modo

    https://nantes.indymedia.org/articles/36245

  • Depuis plus d’un an une campagne politique acharnée et réactionnaire est menée par les « anti-racialisateurs ». Diffusion de textes, brochures, émission de radio, collage, perturbations.
    Ielles ont la prétention (et le culot) de se présenter en fins connaisseurs des mouvements politiques qui luttent contre le racisme et comme si ces questions politiques leurs tenaient vraiment à cœur.
    S’autoproclamant comme les vrais révolutionnaires et les vrais anti-racistes, ielles sont parties en croisade pour défendre la pureté de l’idée révolutionnaire contre l’ « idéologie racialiste » (qu’ielles ont inventé de toute pièce), qui serait en train de s’infiltrer dans « les organisations et milieux politiques qui vont de l’extrême gauche jusqu’aux libertaires ».
    Cette prétendue « idéologie » n’apporterait que du confusionnisme et serait le symptôme de la perte de perspectives révolutionnaires. Elle ferait infiltrer dans ces milieux des idées racistes (camouflées en progressistes), à travers l’utilisation de mots et catégories qui viennent du pouvoir (« race ») ou de leurs dérivés (comme « racisé-e », etc), et qu’on devrait donc rejeter en bloc si on est des vrais.
    Ielles essaient de nous faire croire que toutes les personnes qui utilisent ces mots sont pareilles et défendent le même discours. Elles sont toutes racistes. Des ennemies à combattre et à éliminer des milieux qui se veulent révolutionnaires.

    Mais tout n’est pas perdu, vu qu’ielles sont arrivées pour sauver et pour défendre ces milieux !
    Alors vite, il faut faire comprendre à tout le monde qu’à cet endroit-là se situerait le point de rupture, autour duquel il y a urgence à se positionner, pour se donner la possibilité de rouvrir des vraies perspectives révolutionnaires.

    Sans blague ?! Merci de nous protéger de ce grand danger, tout en essayant de nous apprendre la vie et la révolution. Bien essayé, mais raté.

    S’ielles connaissaient vraiment les mouvements anti-racistes et décoloniaux et s’ielles s’intéressaient vraiment aux différents systèmes d’oppression, ielles sauraient sans doute que des débats et des questionnements existent déjà autour de l’utilisation de mots créés par le pouvoir pour parler du racisme structurel et pour analyser l’oppression qui va avec. Ielles sauraient aussi que des débats existent depuis des années dans certains milieux féministes sur l’équilibre à trouver entre la volonté de mettre fin aux oppressions et la volonté de nommer et d’analyser ces mêmes oppressions ; sur comment dépasser les catégories créés par le pouvoir (qui participent à entretenir les oppressions), tout en prenant en compte le fait que ces mêmes catégories permettent aussi de nommer et d’analyser ces oppressions. Parce que ça ne suffit pas de ne plus en vouloir et de ne plus les utiliser pour que ça fasse disparaître les effets et les conséquences concrètes qu’elles produisent dans la réalité.
    Alors pas la peine de faire les messies qui apporteraient la bonne parole pour éclairer les pensées.
    Personne vous a attendu-es pour réfléchir à ces questions. Et surtout, personne n’a besoin de votre avis ni de votre validation.
    Ceci dit, je crois qu’il y a une différence fondamentale entre complexifier ou critiquer certaines applications des grilles d’analyse des oppressions et dominations, tout en voyant et en comprenant l’importance et la valeur de leurs apports, et le faire, à l’inverse, avec l’objectif de s’attaquer à ces grilles d’analyse dans leur totalité, pour les rejeter en bloc. Et c’est justement là qui se trouve le cœur du problème.

    En effet, le problème politique le plus important par rapport aux « anti-racialisateurs » n’est pas leur ignorance autour de toutes ces questions, mais leurs intentions politiques.
    C’est certes très désagréable et malvenu quand, en connaissant très mal ce dont elles parlent, ces personnes se sentent légitime non seulement de pondre des pages et de pages, faire des émissions de radio, des affiches, ect. Et, en plus, de le faire d’une manière super arrogante et méprisante.
    Mais, qui plus est, ielles vont jusqu’à traiter de « racistes » toutes les personnes qui, pour lutter contre le racisme structurel, essaient d’analyser et de critiquer la « race » comme une construction sociale utilisée pour hiérarchiser les individues sur la base de marqueurs physiques/biologiques et/ou ethno-culturels.
    À grands coups d’amalgames absurdes, de déformations des discours des autres, de raccourcis réducteurs, les « anti-racialisateurs » mettent dans le même sac toutes les personnes qui utilisent le mot « race ». De l’extrême droite au PIR, de la gauche anti-raciste aux mouvements dé-coloniaux, c’est toutes les mêmes. Aucune différence dans les idées, les analyses, les discours portés, les perspectives. Face à autant de confusionnisme, de manipulations et de mauvaise fois, on ne peut pas ne pas comprendre que leurs intérêts et intentions politiques sont toutes autres que celles qu’ielles affichent.

    Il ne faut pas être dupes. Leurs crachats confusionnistes ne visent pas à s’attaquer au racisme, qu’ielles n’utilisent, en bon politicien, que pour redorer leur pilule. Ielles sont, en réalité, en train de s’attaquer à certaines visions politiques auxquelles ielles font parfois allusion mais qu’ielles ne nomment jamais explicitement.

    Ce que les « anti-racialisateurs » sont en train de faire, c’est s’attaquer aux visions et analyses politiques qui, depuis des décennies, essaient de politiser toutes les sphères de la vie et du quotidien pour montrer que les rapports d’oppression et de domination ne se réduisent pas au seul champ économique, ni sont seulement véhiculés par l’État. Ielles sont en train de s’attaquer aux analyses qui considèrent ces rapports d’oppression et de domination comme quelque chose qui traverse tout le monde, que certaines personnes subissent en même temps que d’autre en bénéficient.
    Par la même occasion, ils s’attaquent donc aussi aux implications politiques de ces analyses : comme le fait que les « ennemis » ne sont pas seulement les bourgeois, ni seulement « les autres », les caricatures du raciste ou du macho ; comme le fait que les milieux soi-disant révolutionnaires ne sont pas en dehors de la société mais qu’ils sont aussi traversés par tout ça ; comme l’idée que c’est aux opprimé-es, en tant que groupe social, de définir l’oppression qu’ielles subissent (et donc aussi décider de comment en parler) ; comme le fait que la non-mixité soit pensée comme un outil politique d’émancipation (sans oublier que ça relève tout simplement d’une logique autoritaire de se permettre de dire à d’autres comment ielles devraient s’organiser pour lutter).

    Ces analyses sont des apports des luttes de libération et d’émancipation menées par des opprimé-es, qui ont dû se battre depuis des décennies (et ça continue encore) au sein des milieux révolutionnaires pour que leurs réalités et leurs vécus d’oppressions soient pris en compte comme quelque chose qui existe, qui est politique et qui a autant d’importance que les effets du capitalisme et de l’État. Comme une condition pour pouvoir exister entièrement dans ces mouvements révolutionnaires.

    Ces luttes ont permis de prendre conscience et de mettre en lumière l’existence de ces oppressions, c’est à dire de voir l’oppression là où on ne la voyait pas avant, parce qu’on considérait l’état des choses comme normale, comme relevant de l’ordre naturel.

    L’offensive des « anti-racialisateurs » n’est dans le fond rien de nouveau ni de très original, vu qu’elle n’est rien d’autre qu’un mouvement de « réaction », dans le sens de conservateur et réactionnaire, à l’émergence, à l’existence et au renforcement de ces visions politiques et de leurs implications. Pour ne pas devoir voir ni prendre ses responsabilités dans ces autres systèmes de dominations. Ou, pour certain-es, pour pouvoir continuer à bénéficier de ses privilèges sans avoir à se remettre en question et sans qu’on les fasse chier.

    Alors non, ce qui est en train de se jouer n’est pas un débat, tout comme ce n’est pas une guerre de chapelle ou une bataille pour l’hégémonie. C’est insultant de voir les choses de cette manière.

    Parce que vouloir nier ces oppressions, leurs effets et leurs implications, ou remettre à nouveau en question leur portée politique, n’est pas juste une opinion, mais participe pleinement de l’oppression elle-même.

    C’est pour tout cela que je considère qu’il faut réagir à leur offensive et ne pas laisser de place aux idées réactionnaires qu’ielles essaient de diffuser.

    Depuis quand, pour les révolutionnaires, tout serait discutable et entendable ?

    Non, la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords n’était pas un débat, mais la dernière étape de leur campagne politique nauséabonde.

    Face à ces crachats insultants et méprisants qui véhiculent des idées à vomir et qui puent le moisi, ça me paraît donc tout à fait compréhensible et souhaitable que des gentes décident de ne pas laisser passer cet énième affront.

    C’est pour tout cela que je comprends très bien la colère des personnes racisé-es qui sont venues à Mille Bâbords pour empêcher que la soirée ait lieu. Comme celle des autres personnes (dont je fais partie) venues pour s’opposer à ce pseudo-débat ou qui essaient de différentes manières de leur barrer le chemin.

    C’est pour tout cela que je ne soutiendrai jamais les lieux et les espaces, physiques ou virtuels, qui permettent une existence et une visibilité à ces discours gerbants.

    Parce qu’en faisant cela, ielles cautionnent ces discours. Parce qu’en faisant cela, ielles deviennent une partie du problème et non de la solution.

    Plutôt que de jouer les victimes de violences incompréhensibles et de vous étonner naïvement que des conséquences vous tombent dessus, plutôt que jouer les défenseurs de la liberté d’expression et du débat démocratique et vous poser au dessus de tout le monde, plutôt que de vous cacher derrière vos chartes remplies de mots que vous videz de leur sens et de leur profondeur politique, prenez vos responsabilités et assumez les conséquences de vos choix.

    Plutôt que de pointer la violence visible des personnes qui ripostent à une oppression, regardez déjà la violence « invisible » que vous véhiculez et dont vous ne vous rendez même pas compte tellement elle fait partie de la normalité.

    Ce n’est pas possible de limiter les analyses de la conflictualité politique et de la violence au seul champ économique. Ni de les arrêter devant votre porte.

    On ne vous laissera pas nous renvoyer dans le placard ou parmi les oublié-es de la révolution !

    une personne blanche – novembre 2016

    ps : Je ne me suis pas attardé dans ce texte sur les faits qui se sont déroulés dans la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords. Le communiqué concernant l’action menée contre la discussion prévue ce soir-là décrit déjà assez bien ce qu’il s’y est passé, contrairement aux autres textes remplis de victimisme, de mensonges et de mauvaise fois.

    https://nantes.indymedia.org/articles/36245

  • 14 septembre 00:11

    Pour rappel, le 28 octobre 2016 à Mille Bâbords, un groupe de personnes racisées s’est organisé pour empêcher une « discussion » animée par des auto-dénommés « anti-racialisateurs » (cf leurs textes1) autour de ce qu’ils appellent les dangers du « racialisme ». C’est le paroxysme d’un confit qui dure depuis deux ans et qui s’est traduit notamment par des départs des collectifs de Mille Bâbords et de Mars Info à Marseille, mais aussi du Rémouleur à Paris.

    Nous ne souhaitons pas nous adresser aux « anti-racialisateurs ». Nous nous adressons plutôt ici à toutes les personnes qui ont participé à la diffusion de leurs idées, et à celles qui n’ont pas été choquées par leurs publications sur des sites d’info et d’organisation politique. Nous ne pouvons que constater que ces personnes sont à notre connaissance toutes blanches et que cela n’est pas anodin, même si, bien sûr, loin de nous l’idée de déduire leur position de leur couleur de peau.

    L’arrogance avec laquelle la « polémique » a été écrite, dite, publiée est impressionnante : sans prendre le temps de se taire, d’essayer de comprendre, d’écouter ce que les personnes concernées ont à dire de l’oppression qu’elles vivent.

    Il nous semblait nécessaire, en tant que blanches, féministes et dans une perspective révolutionnaire, de nous désolidariser de ce milieu politique qui n’a pas su intégrer dans ses luttes les analyses post-coloniales (et parfois aussi féministes). D’expliquer, une fois de plus, que ces « anti-racialisateurs » et ceux qui diffusent leurs idées ne peuvent pas être nos camarades.

    Le contenu de ce texte est sans prétention, il redit de manière succincte des choses beaucoup mieux développées par des personnes directement concernées par le racisme et qui ont passé beaucoup plus de temps à analyser cette domination, à lutter contre.

    DE L’USAGE DU TERME « RACE » ET DE PRIVILÈGE

    Il semblerait que le refus systématique d’utiliser les termes de race/ racisé.es soit dû à un malentendu tenace, à un manque de curiosité intellectuelle, ou bien encore à une mauvaise foi impressionnante et exaspérante. On a lu quelque part que les personnes racisées se racisent ELLES-MÊMES. Ouaaaah !

    Alors récapitulons :

    La racisation est un processus que des personnes subissent. C’est le processus par lequel elles se voient attribuer une supposée race en fonction de certains critères physiques et/ou culturels. Dire que les personnes se racisent elles- même est le comble du contre-sens !

    Ce processus de racisation est un pivot important dans un système raciste, et nous vient de notre histoire esclavagiste et coloniale, de nos missions humanitaires etc... c’est le système de pensée « blanc » qui racise les gens, qui leur attribue des étiquettes, des particularités, et ce sont nous, les blanc.he.s, qui gardons le pouvoir de classiffier et de hiérarchiser2. On ne nous a jamais appris qu’on était blanc.he.s, on nous a dit qu’on était des Hommes, plus précisément l’Homme drapé.

    Des personnes se disant anti-racialisatrices et anti-racistes remettent en cause l’utilisation des termes de race et racisé.e. Le hic quand ces personnes parlent de race, c’est qu’elles font référence à la race qui essentialise3, la race que les scientifiques ont essayé d’inventer puis qui est tombée. De là viendrait le contre-sens...

    Sans déconner ! Nous avons trop d’estime pour les capacités intellectuelles des militant.es concerné.es pour le croire. Si ça bloque, c’est pas pour préserver LA révolution en évitant que la lutte ne soit morcelée. C’est que c’est trop difficile d’accepter de voir qu’on jouit du privilège blanc, qu’on jouit d’une place de privilégié.es dans les « mouvements révolutionnaires » et dans la société en général.

    Le privilège blanc, dans un contexte de luttes, c’est par exemple, prendre de la place en réunion sans se faire couper la parole, être écouté.e avec intérêt (et non comme faire-valoir), ne pas être renvoyé.e à ses supposées origines par ses camarades. C’est aussi moins risquer de se faire arrêter, de subir des violences policières, moins risquer devant les juges.
    Le terme de privilège décale la « normalité » de ce que vivent les personnes en position de force, qu’on appelle ici les dominant.e.s, sans pour autant que ces personnes s’inscrivent dans des rapports de force explicites ou conscients ou actifs. Malgré ce qu’on voudrait croire, être écouté.e dans une réunion n’est pas « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

    LE CAPITALISME N’EST PAS LE SEUL SYSTÈME DE DOMINATION

    À chaque fois qu’un groupe minorisé parle d’un autre système d’oppression que celui du capitalisme il se fait accuser de diviser la classe ouvrière !

    Ce reproche fait au féminisme dans les réunions du parti communiste des années 50 est devenu l’un des arguments qui justifient la publication sur internet des textes des « anti-racialisateurs » : les personnes racisées (= personnes qui subissent le racisme ) qui s’organisent ou osent tout simplement parler de leur oppression spécifique sont attaquées, ces derniers temps du moins, avec nettement plus d’agressivité.

    Observation : quand un groupe non-dominant exprime un désaccord profond, quand il veut mettre un terme à la domination qu’il subit, et qu’il s’organise pour la contrer, il se fait immanquablement traiter d’anti-révolutionnaire et de... nazi4.
    Il n’y a pas d’un côté les rapports de classe qui renvoient à l’instance économique et de l’autre le patriarcat et le racisme qui renvoient à une instance purement idéologique.

    Il y a une tendance à psychologiser, individualiser le sexisme et le racisme : une homme battrait sa femme parce qu’il est alcoolique, un français identitaire serait raciste parce qu’il est phobique de la différence, qu’il a peur de se faire envahir, ou parce qu’il croit aux théories scientifiques racialistes. Non, les rapports de classe de sexe et de race sont socialement construits, ce sont des systèmes de dominations qui s’articulent et s’alimentent entre eux, et chacun possède ses propres instances qui exploitent, dominent et oppriment. Certain.es pensent que puisqu’un homme racisé comme Obama, ou qu’une femme comme Thatcher peuvent gouverner les principales puissances mondiales, alors le capitalisme s’arrangerait bien du racisme et du sexisme. Certes, le fait de faire partie de l’élite économique met à l’abri de la violence économique. Mais, bien que ça transforme les violences sexistes et racistes, ça ne les fait pas disparaître. En témoignent les agressions sexuelles (a aire Beaupin) et racistes (insultes adressées à Taubira) subies par des femmes de l’élite politique française. Rappelons quand même que l’élite économique et politique européenne reste majoritairement composée d’hommes blancs, et que le racisme et le sexisme structurent nos sociétés, quelles que soient les politiques de « parité » mises en place, et les exceptions mises en avant.

    IDENTITÉS ?

    À ce reproche de créer la division « du mouvement » vient s’ajouter celui du repli identitaire. Les mots utilisés semblent bien tout droits sortis de la bouche de Finkielkraut. C’est assez fascinant à quel point les argumentaires utilisés rejoignent ceux des républicains laïcards, et de l’extrême droite : La peur de l’identitarisme, des communautarismes etc etc.

    Ah oui ça, ça fait peur ! Il suffitt de s’organiser de manière autonome pour voir surgir le spectre du repli identitaire.
    Le terme de « racisé.es » en l’occurence est loin de se référer à une identité, à l’inverse du terme « noir.e » ou « gouine ». Il permet de « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

    Certains usages de l’identité ne sont pas souhaitables, avant tout quand elles sont faites par les dominant.e.s, mais aussi quand elles essentialisent l’identité, quand elles produisent une victimisation ou une hiérarchisation des luttes.
    Et pourtant, poser des mots sur différentes identités permet aussi de lutter contre la moulinette qui broie à tous les niveaux, de l’exploitation salariale, à l’exploitation patriarcale en passant par l’universalisme qu’il soit républicain ou soi-disant révolutionnaire. Ces identités ne sont pas des sofas sur lesquels on s’a ale, ce sont des balises de positionnement sur la pyramide sociale, pour la dézinguer.

    Sous prétexte de maintenir l’unité révolutionnaire ou républicaine on ne peut pas lutter contre des dominations sans nommer les identités qu’elles produisent. S’il y a des personnes qui ont réfléchi et critiqué cette question d’identité, c’est bien certain.e.s anti-colonialistes, queers et féministes5. Eh oui il y a de nombreux livres passionnants à lire6 plutôt que de s’attarder sur la littérature du PIR (dont il n’est pas l’objet de faire une analyse critique ici, mais d’autres s’en chargent très bien7).

    Si vous voulez on peut s’en tenir pour l’instant à Wikipédia :

    « On parle d’identité sociale dès qu’un individu ou un groupe se voit attribuer une caractéristique identitaire par d’autres. Cette forme d’identification répond à une logique classificatoire dans la mesure où elle permet à un individu ou un groupe d’ordonner l’Autre sur la base de critères dominants. » Mon identité sociale est (entre autres choses) d’être une femme. Je suis femme c’est-à-dire que le patriarcat a décidé que j’étais une femme et se préoccupe de me le rappeler tous les jours, c’est quelque chose que je subis car cette identité me fait appartenir à une classe de dominées8.

    La société ne m’attribue pas une identité de blanche car elle ne nomme pas la norme : lorsqu’on dit blanc.he on ne parle pas d’une couleur mais de transparence sociale. Je suis pourtant blanche c’est-à- dire que le système
    raciste a créé cette différence entre non-blanc.he et blanc.he qui me permet de jouir de certains privilèges et d’exercer un pouvoir sur d’autres.9

    […]

    1 Jusqu’ici tout va bien ? entre autres textes publiés sur presque tous les sites d’infos dits alternatifs

    2 Et on peut garder en tête que « ...la division se construit en même temps que la hiérarchie et non pas avant. C’est dans le même temps, par le même mouvement, qu’une distinction ou division sociale est créée, et qu’elle est créée hiérarchique, opposant des supérieurs et des inférieurs », Classer, dominer, Christine Delphy

    3 L’essentialisation pose des différences « naturelles » , et donc indépassables, entre certaines catégories de personnes : « femmes »/ « hommes », « blanches »/ « noires », etc...

    4 C’est le point Godwin : quand on n’a plus d’arguments, on traite les gens de nazi.es, de fascistes

    5 A ce sujet, lire la synthèse d’Elsa Dorlin dans Sexe, genre et sexualité, PUF, 2008, chapitres : « le sujet politique du féminisme » et « philosophies de l’identité et praxis queer »

    6 Femme, race, classe d’Angela Davis, Black feminism, anthologie du féminisme africain-américain coordonné par Elsa Dorlin. Pour plus de spécificité en contexte « français » (puisqu’il est toujours reproché que toute cette analyse est une importation des États-Unis) : La matrice de la race, généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française d’Elsa Dorlin ; les blogs de Mignon chaton, de João, et de Mrs Dreydful ; Christine Delphy, « antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme » dans Nouvelles questions féministes n°1 ou en ligne sur le site « Les mots sont importants »...

    7 On peut lire par exemple Boutelja ses sœurs et nous sur https://infokiosques.net/lire.php ? id_article=1356

    8 Par exemple, en France le salaire moyen des femmes (qui travaillent à temps complet) est égal à 83 % de celui des hommes (source : Observatoire des inégalités). Les femmes possèdent 2% de la propriété mondiale (source : Banque mondiale).

    9 En France, les statistiques dites « ethniques » (ce terme tout droit hérité de l’héritage colonial, mais qui, lui, ne semble pas déranger les « anti-racilisateurs » et leurs sympathisants) sont interdits. On a quand même des chiffres basés sur la consonance du nom de famille : selon l’Observatoire des inégalités, plus de deux fois plus de candidatures "hexagonales" sont favorisées par rapport aux candidatures "maghrébines" (2017) dans les grandes entreprises. Et, à niveau de vie équivalent, les candidats à un logement d’origine maghrébine ou africaine ont quatre fois moins de chances d’en obtenir un que ceux d’origine française (2009).

    10 Et c’est un enjeu des luttes anti-racistes et post-coloniales de visibiliser les positions dominantes en nommant les blanc.hes

    11 C’est le fameux concept d’intersectionnalité. « Le féminisme noir critique cette tendance à se replier implicitement sur une compréhension de la domination qui prend la situation de certaines femmes pour la situation de toutes les femmes. » Elsa Dorlin, Sexe, genre et sexualités, p.85

    12 Sous le régime nazi on stérilisait notamment les juives et les femmes rroms. Ces dernières ont subit la stérilisation forcée jusqu’aux années 90 en Roumanie et aujourd’hui en France les médecins leurs installent souvent des stérilets ou des implants sans leur consentement. Rappelons aussi qu’alors que la pilule et l’avortement étaient encore interdits en France métropolitaine, aux Antilles françaises et à la Réunion on stérilisait les femmes à leur insu, et les pouvoirs publiques avortaient les femmes en toute quiétude.

    13 Cis désigne l’inverse de trans : il s’agit des personnes qui se reconnaissent dans le genre qui leur a été assigné à la naissance

    14 Audre Lorde (black féministe américaine) : « Pour provoquer un véritable effort révolutionnaire, nous ne devons jamais nous intéresser exclusivement aux situations d’oppression dont nous cherchons à nous libérer, nous devons nous concentrer sur cette partie de l’oppresseur enfouie au plus profond de chacun de nous, et qui ne connaît que les tactiques des oppresseurs, les modes de relations des oppresseurs » Sister outsider, Mamamélis p. 135

    15 Elsa Dorlin dans Sexe, race, classe, PUF, 2009

    16 Il est intéressant de remarquer qu’à la base le terme « queer » (=anormal, tordu-e) avait été choisi pour éviter justement de parler en terme d’identité (par opposition à gay ou lesbienne)

    17 On parle d’intersectionnalité pour prendre en compte les différences internes qui traversent les mouvements politiques (Kimberlé W. Crenshaw). Pour une critique et un affinage de ce concept voir Danièle Kergoat, entre autres !!

    http://iaata.info/La-race-ca-t-agace-2136.html

Avertissement commentaires

Les commentaires ont pour objectif de compléter l’information donnée dans l’article, argumenter, apporter une interrogation ou un questionnement par rapport au sujet de la contribution. Les avis personnels qui n’apportent rien de plus à l’article pourront être considérés comme discussion de forum ne répondant pas aux objectifs pré-cités.Tout commentaire ne répondant pas à ces objectifs, ou étant contraire aux règles éditoriales sera supprimé définitivement du site.

Lien vers la politique éditoriale du collectif

www.indymedia.org
africa
Ambazonia Canarias estrecho / madiaq Kenya Nigeria South Africa
canada
London, Ontario Maritimes Montreal Ontario Ottawa Quebec Thunder Bay Vancouver Victoria Windsor
east asia
burma Jakarta Japan Korea Manila QC Saint-Petersburg
europe
Abruzzo Alacant Andorra Antwerpen Armenia Athens Austria Barcelona Belarus Belgium belgrade Bristol Brussels Bulgaria Calabria Croatia Cyprus emilia-romagna estrecho / madiaq Euskal Herria Galiza Germany grenoble Hungary Ireland Istanbul Italy La Plana Liege liguria Lille linksunten lombardia London Madrid Malta Marseille Nantes Napoli Netherlands Nice Northern England Norway Nottingham Oost-Vlaanderen Paris/Île-de-France Patras Piemonte Poland Portugal Roma Romania Russia Sardegna Scotland Sverige Switzerland Torun Toscana Toulouse Ukraine United Kingdom Valencia
latin america
Argentina Bolivia Chiapas Chile Chile Sur CMI Brasil CMI Sucre Colombia Ecuador Mexico Peru Puerto Rico Qollasuyu Rosario santiago Tijuana Uruguay Valparaiso Venezuela
oceania
Aotearoa Brisbane burma darwin Jakarta Manila Melbourne Perth QC Sydney
south asia
India Mumbai
united states
Arizona Arkansas Asheville Atlanta Austin Austin Indymedia Baltimore Big Muddy Binghamton Boston Buffalo Charlottesville Chicago Cleveland Colorado Columbus DC Hawaii Houston Hudson Mohawk Kansas City LA Madison Maine Miami Michigan Milwaukee Minneapolis/St. Paul New Hampshire New Jersey New Mexico New Orleans North Carolina North Texas NYC Oklahoma Philadelphia Pittsburgh Portland Richmond Rochester Rogue Valley Saint Louis San Diego San Francisco San Francisco Bay Area Santa Barbara Santa Cruz, CA Sarasota Seattle Tampa Bay Tennessee Urbana-Champaign Vermont Western Mass Worcester
west asia
Armenia Beirut Israel Palestine
process
FBI/Legal Updates Mailing Lists Process & IMC Docs Tech Volunteer
projects
Print Radio Satellite TV Video
regions
United States
topics
Biotech

copyleft Copyleft Indymédia (Independent Média Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.

RSS articlesRSS articles |  Site réalisé avec spip 3.1.3 [23214]
Top