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Guy Vinatrel : « Etrangers, Juifs et sionistes dans les camps soviétiques »
posté le 11/10/17 Mots-clés  antifa  histoire / archive 

Les étrangers dans les camps

L’U.R.S.S. envoie libéralement ses sujets dans les camps de concentration. La sollicitude « socialiste » n’épargne ni les sujets des terres annexées, ni les ressortissants de nations étrangères. Il a fallu des années pour que nous parvienne au monde le cri d’angoisse des républicains espagnols internés sans motifs dans des camps de concentration, celui de Karaganda notamment : La « Solidaridad Obrera » organe de la Confédération Nationale du Travail espagnole, publié dans l’exil où l’a contraint d’exister le sinistre régime de Franco a inséré les deux documents suivants :

« Aux autorités espagnoles,

« Le soussigné a l’honneur d’exposer les faits suivants : membre de l’armée républicaine, je fus envoyé, en 1938, par mon gouvernement en U.R.S.S. pour suivre des cours de pilote avec un groupe de soixante personnes. Lors de l’entrée en guerre des Soviets contre l’Allemagne, je fus interné avec vingt-six camarades de mon école et un groupe de marins. Toutes les démarches que nous avons effectuées pour être libérés sont restées vaines... »
« Chère maman. Pour la première fois depuis sept ans, je t’envoie cette lettre avec l’espoir qu’elle te parviendra. Je suis venu en Russie en 1939, pour mon malheur, afin de devenir pilote d’aviation. Transféré à Moscou, deux mois plus tard, je fus interrogé par une Commission, à qui je fis part de mon désir de gagner Mexico pour rejoindre les miens. Les Russes me promirent de faire les démarches nécessaires à l’obtention du visa, et, après quelques mois, me firent savoir que je devais moi-même réunir les documents voulus. Je travaillais alors à Moscou pour gagner un peu d’argent, afin de payer mes frais de transport. Je me rendis donc à l’ambassade de France, ou l’on me dit que mes papiers personnels et mon passeport étaient indispensables. Je commençai alors à me rendre compte des difficultés qui s’opposaient à mon départ de Russie, car je n’avais plus aucun papier, les ayant tous remis aux autorités soviétiques à mon arrivée, et ne les ayant jamais récupérés malgré de multiples réclamations. L’ambassade américaine me promit son aide. L’ambassade anglaise ne voulut même pas m’écouter. Au bout d’un certain temps, le 25 juin 1941, quatre jours après l’entrée en guerre de ta Russie, la police soviétique m’arrêta et je fus immédiatement déporté en Sibérie. Je passai deux ans dans une prison immonde. Puis je fut emmené ailleurs comme forçat, dans un camp international, où se trouvaient des Français, des Tchèques, des Danois, des Italiens, des Roumains, des Juifs, des Russes, des Yougoslaves, des Finlandais, des Allemands, des Persans et des Espagnols de toutes régions. J’y suis encore, deux ans et demi après la fin de la guerre. La plus grande partie des internés étrangers a été libérée, il ne reste plus ici que les Espagnols et beaucoup de Juifs...
« Je vous écris ces lignes de la lointaine république de Rosatjan sous un froid intense, dans le silence de la nuit, et éclairé par une lampe à pétrole misérable...
« Il nous est interdit d’écrire... Je profite de la libération d’un ami qui a partagé nos angoisses... Pourquoi les ambassades étrangères ne s’occupent-elles pas de nous ?... Toute notre confiance est dans nos amis. » (18)

Tous les journaux du monde se sont émus à la révélation calvaire des républicains espagnols. Les chefs du Guépéou ont cru se tirer d’affaire en prétendant que les espagnols internés étaient des fascistes de la Légion bleue, capturés par l’Armée Rouge. Ce mensonge éhonté n’a pas pris. La Fédération espagnole des déportés et internés politiques ne l’a pas permis. Son appel met les choses au point :

« Il n’est pas dans nos intentions de faire le procès chronologique de la douloureuse odyssée des républicains espagnols déportés au camp de travaux forcés de Karanganda, dans le désert de Kazakstan (U.R.S.S.). Il nous suffit d’affirmer, d’accord avec les plus élémentaires principes que l’honneur et la conscience commandent dans les règles de toute collectivité, que l’existence et la grave situation de nos compatriotes sont exactes et que leur antifascisme et républicanisme sont certifiés par une conduite exemplaire authentifiée par des organisations et des personnes qui, comme nous-mêmes, ont eu à surmonter les conditions de notre exil, et les connaissent depuis de longues années.
« Il nous suffit d’ajouter brièvement qu’il s’agit de soldats de l’armée républicaine, et c’est l’héroïsme et la valeur dont ils firent preuve pendant la guerre espagnole qui leur valurent d’être sélectionnés et envoyés en Russie, par le gouvernement républicain, pour y perfectionner des études de pilotes aviateurs. D’autres, marins antifascistes, constituaient une partie des équipages chargés du transport du matériel et de l’or. D’autres enfin, médecins ou professeurs d’une morale républicaine très éprouvée, et auxquels fut confié le meilleur de nos trésors : la responsabilité des colonies d’enfants, desquels ils furent plus tard, en territoire russe, brusquement éloignés.
« Ces premiers antécédents sont destinés à démentir bien haut divers propagateurs de mensonges, » lesquels ont prétendu stigmatiser ces républicains, disant qu’il s’agissait d’éléments de la « Division Bleue », bénéficient du statut des prisonniers de guerre établi par la Convention de Genève.
« La vie et la sécurité des démocrates antifascistes sont gravement menacées, tandis que comme contraste paradoxal, les néo-phalangistes, qui auraient mérité de la part de l’U.R.S.S. un régime de sévérité, si on doit en juger les apparences, après avoir exprimé le désir de regagner l’Espagne franquiste, furent, avec tous les égards, dirigés au cours de l’année 1939 à la frontière de Turquie par les autorités soviétiques, où l’ambassade franquiste les prit en charge pour les envoyer ensuite vers l’Espagne.
« Nous qui avons souffert dans nos chairs les sadiques tortures du régime hitlérien, et avons survécu aux horreurs des enfers d’extermination systématisée, ne pouvons pas nous résigner à ce que ces êtres humains, qui, comme tous les républicains espagnols, furent les premiers qui opposèrent généreusement la première résistance organisée au fascisme international, soient soumis à de cruelles méthodes par un pays qui se proclame ami, et qui lutta contre l’Allemagne nazie, en les drapeaux de la liberté. » (19)

Etre sioniste est un crime

Les « socialistes » soviétiques, ennemis de toute liberté, sont aussi les ennemis des socialistes authentiques. Qui connaît le sort tragique des sionistes en U.R.S.S. ? L’un des leaders les plus autorisés du mouvement sioniste, le célèbre Docteur Margoline a été arrêté comme Polonais en 1940 et condamné au travail forcé jusqu’en 1945. Son témoignage, à lui aussi, est indiscutable :

« Toute une génération de sionistes est morte dans les camps de l’U.R.S.S., déportés et emprisonnés. L’une des impressions les plus terrifiantes que j’aie conservées de mon séjour dans « l’empire souterrain des Soviets » est ma rencontre avec ces morts-vivants qui hantent les geôles russes et dont le seul crime est d’avoir, dans leur jeunesse, milité pour le sionisme. J’ai vu se dresser devant moi des vieillards au corps brisé, sans espérance et sans foi. Nombreux étaient parmi eux des hommes de grand mérite, dont le souvenir reste vivace au coeur de leurs compatriotes. Ils me chargeaient de pieux messages pour ceux qu’ils avaient laissés derrière eux, mais ils me suppliaient de taire leurs noms pour éviter de cruelles représailles à leurs parents et à leurs amis.
« Qui donc ignore en Lithuanie le nom de cet homme de bien qu’était le Dr Benjamin Berger, président de l’organisation sioniste. C’est en 1941, lorsque la Lithuanie fut occupée par les troupes soviétiques, que le Dr Berger fut arrêté et déporté. On lui reprochait d’avoir appartenu à cette dangereuse organisation contre-révolutionnaire qu’est celle des sionistes . Il fut classé dans le groupe Y et condamné à dix ans. Pour un homme de son âge et de sa santé (il souffre d’une grave maladie de coeur), dix années de travaux forcés équivalent à une condamnation à mort. Envers qui le Dr Berger est-il coupable ? Envers la classe ouvrière lithuanienne ? Absurdité. Cet homme meurt pour rien.
« Et il n’est pas le seul ! Des quantité d’autres sionistes, arrachés à la vie en pleine jeunesse, et tout aussi irréprochables que le Dr Berger, se meurent derrière les barbelés soviétiques. On les attend. On les pleure. On ne sait rien d’eux. Ils vivaient paisiblement en Pologne, en Lithuanie, dans les Pays baltes sans se soucier de l’Union soviétique. La guerre est venue. On a fait d’eux des « citoyens de l’U.R.S.S. », et, quels qu’aient été leur valeur ou leurs mérites, l’U.R.S.S. n’a pas trouvé pour eux d’autre emploi que celui de bagnard. A ce titre, l’affaire Berger est typique de la persécution entreprise par les Soviets contre les Juifs.
« Et je dis à mes amis sionistes : On tue nos frères et nous ne bougeons pas. Croyez-vous donc avoir de plus grandes causes à défendre, devions nous imposer de ne rien dire de ce scandale, de ne rien faire qui puisse gêner la coopération des Alliés. Mais, aujourd’hui, la guerre est finie. Et nous n’avons pas le droit de persévérer dans notre inaction. » (20)

Tous les témoignages qui proviennent de l’autre côté du rideau de fer indiquent que le marché des esclaves reste toujours ouvert. Les Polonais, entre autres, ont repris la route de l’Est :

« A Gdansk (Dantzig), il y a un bloc de maisons de trois à quatre étages, qui est cerné d’un mur et transformé en prison. C’est la plus grande prison nouvellement construite dans les Terres occidentales. Elle est prévue pour quinze mille personnes. Les gardiens et la direction de cette prison se composent de Russes. En décembre 1947, deux transports de prisonniers ont été expédiés par la mer sur le bateau Sébastopol (sous pavillon soviétique). Chaque transport comptait environ cinq cents à six cents prisonniers, dont plusieurs hommes suspects d’appartenir à la guérilla de Forêts de Tuchola et environ deux cents anciens soldats de l’armée polonaise en Occident, rapatriés en 1945. Cette espèce des rapatriés est actuellement à la mode, et on les arrête en Poméranie sous n’importe quel prétexte. Même la carte de membre du parti communiste (P.P.R.) ou socialiste (P.P.S.) ne fournit aucune protection.
« D’après les rumeurs circulant à Gdynia, ces transports sont dirigés vers Léningrad. » (21) (21 bis)

Guy Vinatrel
L’U.R.S.S. CONCENTRATIONNAIRE
Travail forcé, esclavage en Russie soviétique
Chapitre V, « Le monde concentrationnaire soviétique », pp. 83-86
Ed. Spartacus, Cahiers Mensuels, Juillet 1949.

NOTES

18. Solidaridad Obrera, 8 janvier 1948.

19. Publié dans Le Libertaire du 1-4-48.

20. Lettre aux sionistes — publiée dans l’organe yiddish de New-York — Vorwärts, avril 1948. Depuis la publication de cet appel, les Sionistes ont appris la mort du Dr Berger, en 1948, dans un camp de concentration.

21. Dziennik Polski, organe de l’émigration polonaise, Londres, n° du 10-3-48.

21 bis. Depuis la fin des hostilités une immense région désertique est devenue le centre d’une activité concentrationnaire fébrile. Le Politburo a décidé la transformation des déserts de l’Asie Centrale à laquelle il entend rendre « la fertilité des temps antiques ». D’immenses travaux d’irrigation nécessitent la présence de centaines de milliers et peut-être même de millions d’hommes. Dans le même moment des voies de transport sont créées. La presse soviétique elle-même donne des détails significatifs sur la façon dont cette entreprise gigantesque est ruinée. Dans le n° de mai 1949, de la Revue de Propagande Soviétique en France, Les Etudes Soviétiques, on trouve les lignes suivantes :
« Il y a un an, une grande nouvelle bouleversait toute l’Asie centrale : le Gouvernement avait décidé d’entamer la construction du chemin de fer. Les Conseils des ministres de la Turkménie et de l’Ouzbékistan lancèrent un appel invitant la population à participer à la construction de ce chemin de fer. Des kolkhoz entiers quittaient leurs kichlaks (villages). Les gens arrivaient à pied, en barque, en chariot, en avion sur les chantiers de construction.
« Bientôt, on vit se constituer une Gigantesque rue de tentes de 400 kilomètres allant de Tchardiou jusqu’à Ourguentch. Dans une chaleur torride (le thermomètre monte souvent dans ces régions jusqu’à 55° C.), 70.000 hommes engageaient le combat contre le désert. Pour construire dans de pareilles conditions un remblai de 400 kilomètres, pour le consolider à l’aide de boucliers de roseaux, pour ériger des barrages contre les sables, ils ne mirent que deux mois. »
Un tel aveu n’a besoin d’aucun commentaire.


posté le 11 octobre 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • 11 octobre 13:39

    il faut être gonflé pour confondre volontairement juif et sioniste et faire une apologie du sionisme à partir d’événements ayant eu lieu avant la création d’Israël ! Et en essayant de compromettre la CNT dans cette farce ! Pour déboucher les cerveaux :

    Antisionisme / Antisémitisme : à qui profite l’amalgame ?

    Le 7 mars 2016 au dîner du Conseil Représentatif des Organisations Juives de France, le premier ministre Manuel Valls déclarait : « Nous savons qu’il y a un antisémitisme ancien et un antisémitisme nouveau. Un antisémitisme d’extrême droite mais aussi un antisémitisme d’extrême gauche. Il y a l’antisémitisme des beaux quartiers, il y a aussi l’antisémitisme dans les quartiers populaires d’une jeunesse radicalisée. Et puis (… ), il y a l’antisionisme, c’est à dire tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël. »

    Pourquoi est-il devenu impossible de critiquer la politique de l’État d’Israël envers les Palestiniens et dans les territoires occupés sans être accusé d’antisémitisme ?

    C’est même devenu l’argument préféré des défenseurs de la politique israélienne. Or, c’est une accusation infamante qui évoque implicitement les nazis et le génocide des Juifs. Elle frappe de nullité toute critique de la politique israélienne,favorise la dénégation des faits et interdit tout débat.

    Pourtant, il faut dénoncer ce que subissent les Palestiniens : occupation, colonisation, discrimination, apartheid, nettoyage ethnique, crimes de guerre…

    Ce qui sous-tend cette situation insupportable, c’est l’idéologie sioniste.

    Cette théorie est née à la fin du XIX° siècle en réaction aux pogroms antisémites en Europe centrale et en Russie.

    Pour les sionistes, les juifs sont un peuple, parfois une « race » et une religion. Pour eux, la coexistence avec les autres est impossible.

    La solution : l’émigration en Palestine !

    Or, dans ces pays d’Europe, existaient des mouvements ouvriers socialistes juifs, comme le Bund [1], qui luttaient à la fois contre le racisme et pour l’émancipation de toute la classe ouvrière du joug capitaliste.

    Ces mouvements étaient frontalement opposés au sionisme en qui ils voyaient une entrave à l’émancipation des Juifs. Ils dénonçaient sa politique de collaboration avec les dictatures locales et avec les antisémites. Théodor Herzl n’avait-il pas déclaré : « les antisémites seront nos amis les plus dévoués, les pays antisémites nos alliés » ?

    Le Bund voyait dans la politique d’implantation en Palestine une forme de colonialisme, comme le montre cet extrait d’un article prémonitoire de Henryk Herlich paru dans la revue du Bund en 1938 : « Que peut être, dans le meilleur des cas, la Palestine juive ? Le micro-État d’une minuscule tribu hébraïque au sein du peuple juif. Lorsque les sionistes s’adressent aux non juifs, ils sont de fervents démocrates et représentent les relations sociales de la Palestine, actuelle et future comme un parangon de liberté et de progrès. Mais si un État juif était créé en Palestine, son climat mental serait la peur éternelle d’un ennemi extérieur (les Arabes), un combat perpétuel pour chaque centimètre carré de terrain, pour chaque miette de travail contre un ennemi intérieur (les Arabes) , et une lutte sans répit pour éradiquer la langue et la culture des Juifs de Palestine non hébraïsés. Est-ce là un climat où cultiver la liberté, la démocratie et le progrès ? N’est-ce pas plutôt le climat où fleurissent d’ordinaire la réaction et le chauvinisme ? »

    Le slogan d’Israël Zangwill : « La Palestine est une terre sans peuple pour un peuple sans terre » a justifié un projet nationaliste qui a abouti à l’expulsion dès 1948 d’une partie importante des palestiniens, à la destruction de nombreux villages et à l’appropriation des terres déclarées « abandonnées », en réalité vidées de leurs habitants après nettoyage ethnique. Cette politique a transformé les palestiniens en « Indiens » du Proche-Orient, parqués dans des réserves et privés de droits.
    Ce nationalisme qui affirme qu’Israël est la seule patrie des juifs a utilisé et utilise toutes les peurs et toutes les situations de crise pour les inciter à s’installer en Palestine puis en Israël.

    Ainsi, le premier ministre israélien B. Netanyahu, en visite officielle en France (État laïc) après les attentats de janvier 2015 s’est rendu à la synagogue de la Victoire, pavoisée pour l’occasion de drapeaux israéliens pour appeler les Français de confession juive à émigrer en Israël, leur « seul pays ».
    Depuis Vichy, aucun antisémite n’avait osé, comme il l’a fait, dire aux Juifs français qu’ils n’étaient pas chez eux en France.

    On a eu là un condensé de l’idéologie sioniste : confusion du nationalisme et de la religion, mise en accusation des Palestiniens traités de terroristes, exaltation de l’héroïsme des soldats israéliens qui ont participé l’opération « Plomb durci » à Gaza.

    Les dirigeants israéliens mènent donc contre les Palestiniens une guerre coloniale qui emploie les armes les plus modernes et s’appuie sur le racisme et sur le fanatisme religieux.

    Les sionistes qui prétendent défendre les Juifs les mettent en réalité en danger : ils sont sommés de prendre parti pour la politique criminelle de l’État israélien.

    Ceux qui luttent contre le racisme et le système d’apartheid israélien sont dénoncés comme traitres s’ils sont Juifs, et comme antisémites, s’ils ne le se sont pas.

    Ainsi, la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) destinée à dénoncer la colonisation israélienne dans les territoires occupés est pacifique, mais en France, elle est devenue une infraction pénale depuis 2015 et des militants poursuivis et condamnés.

    Nous dénonçons aussi les agissements des groupes racistes qui propagent leur haine antisémite sous le couvert d’antisionisme : Dieudonné and Co, Égalité et Réconciliation, les nazis français, les intégristes musulmans et catholiques, les racialisateurs de tout poil.

    Pour nous, la lutte contre l’antisémitisme est indissociable de la lutte contre tous les racismes y compris celui envers les Falashas [2].

    L’opposition au sionisme qui a été le fait d’une majorité de juifs avant le génocide et des anti-impérialistes de l’après-guerre est un combat anticolonialiste tout à fait justifié pour celles et ceux qui défendent l’émancipation individuelle et collective et auquel nous adhérons.

    [1] BUND : L’Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie plus connue comme le Bund est un mouvement socialiste juif créé à la fin du XIXe siècle dans l’Empire russe. Militant pour l’émancipation des travailleurs juifs dans le cadre d’un combat plus général pour le socialisme, il prône le droit des Juifs à constituer une nationalité laïque de langue yiddish. Il s’oppose donc tant au sionisme qu’au bolchevisme dont il critique les tendances centralisatrices. Le mouvement perd la plupart de ses adhérents et de son influence à cause de la Shoah.

    [2] Les Falashas, également appelés Beta Israel hébreu étaient des habitants de l’Éthiopie, maintenant qualifiés en Israël de « juifs éthiopiens ». En 1975, le gouvernement israélien reconnaît la judaïté des Beta Israël. Ceux-ci vont alors mener une difficile émigration vers Israël dans les années 1980 et 1990. En 2009, ils sont environ 110 000 en Israël. Ils sont discriminés en tant que noirs, ce qui a conduit à des émeutes en 2015.

    http://www.ujfp.org/spip.php?article5135

  • La littérature consacrée au Bund est peu fournie. Citons Henri Minczeles (Histoire générale du Bund, un mouvement révolutionnaire juif) et Enzo Traverso (Les Marxistes et la question juive : histoire d’un débat (1843-1943)).

    Ces livres posent bien la question. Vers 1900, entre Baltique et Mer Noire, les Juifs forment environ 10% de la population. De nombreux métiers et la possession de la terre leur ayant été interdits, ils forment une masse prolétarisée. Ils parlent le Yiddish mais aussi la langue locale. L’Hébreu est strictement réservé à un usage religieux. Les luttes sociales et l’antisémitisme font que beaucoup se détachent de la religion. Parmi eux certains, qui ont adhéré aux différents partis socialistes, pensent que la « question juive » disparaîtra naturellement avec la Révolution. À l’opposé, le sionisme qui apparaît à cette époque, développe dès le départ une véritable théorie de la séparation, affirmant que l’antisémitisme est inéluctable, qu’il est inutile de le combattre et que Juifs et Non juifs ne peuvent pas vivre ensemble ni dans le pays d’origine, ni dans le futur État juif.

    Le Bund est un parti ouvrier révolutionnaire qui apparaît principalement dans l’Empire Russe vers 1890-1900. Il revendique, dans le cadre de la Révolution socialiste, une « autonomie culturelle » pour les Juifs sur place sans territoire spécifique. Il entend par autonomie culturelle l’égalité des droits et la possibilité d’avoir sa langue (le Yiddish) et sa culture. Ce parti est profondément antireligieux et considère les rabbins comme des représentants de l’arriération et de la collaboration avec les autorités antisémites.

    Le Bund organisera des milices d’autodéfense contre les pogroms. Après la Révolution de 1917, les Bundistes de l’URSS seront pourchassés ou sommés d’adhérer au Parti Communiste. Le Bund restera une force, la plus importante dans les zones à forte concentration juive, en Pologne et dans les Pays Baltes.

    Le sionisme : une idéologie coloniale, complice des antisémites

    Dire cela aujourd’hui, c’est être taxé immédiatement d’antisémite si on est « goy » [1] et de « juif traître ayant la haine de soi » sinon.

    Dès 1929, au moment d’une des premières insurrections palestiniennes contre la colonisation qui fera de nombreuses victimes, notamment à Hébron, le Bund dénonce le colonialisme sioniste qui prétend « apporter la civilisation » à une population arabe.

    Il dénonce la revendication des sionistes de créer un État juif en Palestine où ils sont très minoritaires. Il oppose au nationalisme sioniste une solidarité de classe et rend les sionistes responsables des nombreux morts.

    Le Bund dénonce auprès des masses juives l’illusion de la solution de l’émigration vers la Palestine, entreprise sans issue, véritable fiasco économique soutenu financièrement à bout de bras par les capitalistes juifs.

    Il rappelle comment Theodor Herzl [2] s’est adressé à tous les dirigeants antisémites européens en leur faisant miroiter l’intérêt pour eux que les Juifs quittent l’Europe. Le Bund développe une théorie qu’on a appelée « iciste ». Il se bat pour l’émancipation de tous sur place.

    Quand le mouvement sioniste scissionne et qu’apparaît l’aile « révisionniste » de Vladimir Jabotinsky (dont tous les dirigeants israéliens actuels s’inspirent), le Bund traite celui-ci de clown fasciste et note que les Nazis reprennent et approuvent un grand nombre de ses déclarations.

    Une idéologie bourgeoise et réactionnaire.
    Quand l’Empire Britannique produit la Déclaration Balfour (1917) promettant que la Palestine deviendra un foyer national juif, cette déclaration est envoyée à Lord Rothschild. L’impérialisme a choisi ses interlocuteurs. Le Bund montre comment, en Pologne, les élus sionistes votent systématiquement avec les représentants de la dictature de Pilsudski. Si aujourd’hui nous rappelons qu’avant 1967, la plupart des Juifs orthodoxes furent indifférents ou hostiles au sionisme, le Bund rejette l’Agoudat (le parti des religieux) pour ses alliances fréquentes avec les sionistes.

    Le Bund dénonce l’incompatibilité entre sionisme et socialisme : « le sionisme est le parti de la bourgeoisie juive ». Il n’a que mépris pour des mouvements comme le Poale Sion, membres de l’Internationale Socialiste. Ce courant a renoncé à toute lutte des classes en Palestine et prône 100% de loyauté envers le sionisme général. Il considère que bourgeoisie et prolétariat juifs sont des « compagnons d’armes ». En Pologne, ce courant appuie les renégats du socialisme qui se sont ralliés à la dictature.

    Un parti internationaliste

    « Non, nous ne sommes pas un peuple élu, et notre nationalisme juif est tout aussi laid, tout aussi honteux et possède la même inclination pour le débridement fasciste que le nationalisme de tous les autres peuples. » Des années avant l’apparition des groupes terroristes de l’Irgoun ou du groupe Stern assassinant « en aveugle » des Palestiniens, des décennies avant la destruction systématique de la société palestinienne entreprise par les Ben Gourion, Begin, Sharon ou Netanyahou, Henryk Ehrlich a vu à quoi menait le sionisme..

    Un destin tragique

    Quand Hitler attaque la Pologne en 1939, une poignée de combattants du Bund essaie en vain de défendre Varsovie. Deux dirigeants du Bund, Ehrlich et Alter se retrouvent en zone soviétique où ils connaîtront arrestation pour l’un et exécution pour l’autre. Le Bund n’a pas survécu à la disparition du terreau dans lequel il avait vécu, ce yiddishland entre Baltique et Mer Noire. Seul Marek Edelman, commandant en second de l’insurrection du ghetto de Varsovie, a conservé jusqu’à sa disparition en 2009 son aversion pour le sionisme.

    https://editionsacratie.com/sionisme-et-antisemitisme-dans-les-annees-trente-la-doctrine-du-bund-polonais-dans-les-textes-%E2%80%88non-nous-ne-sommes-pas-un-peuple-elu-%E2%80%88/

  • [...]Mais pour des centaines d’autres, qui avaient fui l’Allemagne pour l’URSS sans papiers et sous des noms d’emprunt... J’estime le chiffre total des « rapatriés » à un millier environ.

    - Et bien d’autres vont subir le même sort...
    - Oui, car les communistes, le plus souvent des cadres, ne représentent qu’une toute petite partie des Allemands qui ont gagné le sol soviétique. Beaucoup d’autres sont simplement de gauche ou antifascistes. Et la plupart sont des juifs qui ont fui par l’est, via la Pologne. [...]

    - Il y a les juifs allemands qu’on expulse, mais aussi ceux qu’on refoule à la frontière lorsqu’ils se présentent...
    - Oui. Le 17 décembre 1939, Vladimir Potemkine, vice-commissaire du peuple aux Affaires étrangères, entretient même l’ambassadeur de Berlin sur ce sujet : « J’ai invité Schulenburg pour l’informer de cas qui nous inquiètent. De temps en temps, de très nombreux groupes de population juive essaient - parfois jusqu’à 5 000 personnes - de passer la frontière. Ils sont entre l’armée allemande et l’armée soviétique. Nous ne pouvons pas accepter ces groupes et nous faisons tout pour les refouler. Or les soldats allemands commencent à tirer et en conséquence nous dénombrons des dizaines de cadavres. Nous ne pouvons accepter ces groupes de population juive. J’ai donc prié M. l’Ambassadeur de contacter Berlin pour faire cesser ces incidents, car à l’avenir nous ne les accepterons plus. Les Allemands doivent les régler (4). » [...]

    Quand Staline livrait des juifs à Hitler
    http://www.lexpress.fr/informations/quand-staline-livrait-des-juifs-a-hitler_626360.html

  • Les antisémites de tous bords assimilent l’ensemble des populations juives au courant sioniste, pour créer l’illusion d’une unité d’intérêt justifiant leur obsession idéologique. Pourtant dans l’histoire du XIXe et du XXe siècle, les premiers opposants au sionisme furent des groupes politiques juifs. Le plus connu d’entre eux, le BUND (acronyme correspondant à l’union générale des ouvriers juifs de Russie, de Pologne et de Lituanie) est un parti revendiquant une identité yiddish, en tant que minorité opprimée, et se proclamant antisioniste, internationaliste et socialiste (au sens marxiste). L’histoire du BUND manifeste la diversité des points de vue politiques exprimés par les communautés juives à l’égard du sionisme.

    Naissance du BUND : Un parti de masse en lutte.

    A la fin du XIXe siècle, l’empire russe englobe les pays baltes, la Pologne, la Biélorussie et l’Ukraine : dans cette vaste région se trouve la zone de résidence [1] où habitent la majorité de la population juive dans une grande misère. Le BUND voit le jour à Vilnius lors de son congrès fondateur du 25 au 27 septembre 1897 qui rassemble des délégués représentent les différents cercles socialistes yiddish. Il s’agit pour le prolétariat juif de se doter d’un parti de lutte contre le capitalisme et contre les discriminations raciales. Dès sa création, le parti est internationaliste, prônant le resserrement des liens avec tous les autres mouvements ouvriers.

    Depuis 1895, un grand nombre de grève secoue l’empire tsariste [2]. Le BUND joue en grand rôle organisationnel dans ces grèves notamment en aidant à la structuration de caisses de grève. Les militants bundistes se forment à la lutte des classes sur le terrain et dans les livres, car l’éducation populaire est une des priorités, avec la création de plusieurs bibliothèques. Le devise du BUND : « dans la rue, vers les masses », insiste sur l’absence de distinction entre bourgeoisie juive et non juive. Alors que de nombreuses grèves qu’ils mènent sont victorieuses et violentes, certains patrons non juifs attisent l’antisémitisme chez les ouvriers afin de briser les luttes sociales. Face à cela, les bundistes participent à la création des sections locales socialistes marxistes, afin d’organiser les ouvriers non juifs et de combattre la bourgeoisie et l’antisémitisme.

    Mais le BUND se heurte aussi à des oppositions de certains rabbins et de des institutions religieuses, soucieuses de préserver un consensus interne à la communauté, et voyant dans ces luttes sociales une remise en cause de l’ordre établi. Cette opposition se systématise progressivement : un nombre croissant de prolétaires juifs considère la laïcité comme une étape non négociable dans leur processus d’émancipation, tandis que des rabbins créent des organisations anti-bundistes, vouées à l’échec.

    Un parti antisioniste.

    Le BUND s’affirme très tôt comme antisioniste : ils considèrent l’émigration en Palestine comme une fuite en avant ; le projet sioniste ne pouvant ni régler la question de l’antisémitisme, ni satisfaire le prolétariat juif. A son quatrième congrès, le BUND adopte une position résolument antisioniste : « Le congrès considère le sionisme comme une réaction de la classe bourgeoise contre l’antisémitisme et la situation anormale du peuple juif ». À la suite de ce congrès, le BUND refuse l’incorporation de tout élément sioniste dans ses organisations : entretenir l’idée de la création d’un état juif en Palestine ne fait que détourner le prolétariat du vrai combat, la lutte des classes.

    Le BUND se démarque du reste de la communauté juive, en considérant l’hébreu comme une langue morte et en rompant avec les traditions religieuses. Ces militants politiques considérent le yiddishland comme une territoire à part et une entité culturelle autonome : leur terre c’est leur lieu de naissance [3]. Cette position leur vaut aussi l’inimité des communistes qui considère ses revendications d’autonomie culturelle comme une déviance nationaliste. Trop juifs pour les communistes et pas assez pour les sionistes, le BUND se bat sur un double front politique et culturel.

    L’opposition du BUND aux sionistes est constante. Même si certains de ses membres quitte le parti pour rejoindre les organisations sionistes marxistes. En 1929, des sionistes protestent contre l’attaque de la communauté juive de Palestine par des Palestiniens. Le BUND refuse de se joindre à ces protestations argumentant que la responsabilité de ses attaques incombe aux juifs émigrés là-bas autant qu’à la politique impérialiste anglaise. Les tensions deviennent extrêmement violentes entre la droite sioniste et les bundistes : Vladimir Jabotinsky, créateur du BETAR et antisocialiste auto-proclamé, définit le BUND comme « le fossoyeur du judaïsme » ; pour les bundistes, il devient alors « führer Mussolini ».

    Un parti d’autodéfense et de combat.

    Dès sa création le BUND eu à combattre physiquement pour sa survie et celle de ses membres, lors des grèves, mais aussi et surtout contre les attaques antisémites ciblant les quartiers juifs. Face aux pogroms, les bundistes créent des sections d’autodéfense, les boevie otriady, recrutant dans le prolétariat et s’entraînent aux tactiques de combats urbains. En 1903, à Gomel (au sud de la Biélorussie actuelle) et à Dvinsk (Lettonie) les groupes d’autodéfense mettent en déroute les antisémites.

    Le BUND prit très tôt la mesure du danger fasciste, comprenant que le combat contre le racisme et le fascisme ne pouvait se cantonner à la défense des ghettos. À partir de 1936, de nombreux membres rejoignent les brigades internationales en à l’occasion de la guerre d’Espagne : ils sont regroupés au sein de la compagnie juive, Naftali Botwin. Il s’agit bien sûr de combattre l’ennemi fasciste là où il se trouve, mais aussi de prouver par leur héroïsme que les clichés antisémites (juifs victimes et intellectuels) sont faux.

    Lorsque la volonté des nazis d’exterminer les juifs se fit jour dans les ghettos de l’Est de l’Europe, les combattant(-e)s du BUND décident de lutter et de mourir les armes à la main. Ils jouent un rôle majeur dans de l’insurrection du ghetto de Varsovie, au printemps 1943. Marek Edelman, un des commandants de la révolte, est un des leaders du BUND, et organise une résistance acharnée. Parmi les survivants, certains sont déportés, d’autres rejoignent les partisans.

    À la fin de la guerre, certains bundistes rejoignent Israël, sans pour autant reconnaître cet état mais « las des défaites » ; d’autres restent en Europe en Pologne, ou émigrent. En détruisant le prolétariat yiddish, les nazis détruisirent également le BUND, émanation de la rue et du peuple.

    Résonnance actuelle de l’expérience bundistes.

    L’expérience du BUND remet en cause l’argument majeur des sionistes consistant à présenter la création d’un état d’Israël fort comme la logique finale de la longue histoire du peuple juif et comme la seule réponse à un antisémitisme virulent. L’histoire des bundistes doit être rappelée afin de se souvenir que des hommes et des femmes ont portés un autre idéal, non pas irréaliste mais concret et implanté dans les populations. De ce point de vue, le sionisme ne se pose plus comme l’aboutissement d’un mouvement historique immuable mais bien comme une idéologie ayant mieux manœuvrée que d’autres durant des périodes troubles.

    Cette histoire vient aussi mettre en échec les principaux arguments antisémites malheureusement tant à la mode en ce moment. Aucune population ne représente un bloc culturel et politique, n’en déplaisent aux antisémites mais les juifs aux aussi ont eu une histoire politique riche et complexe. Ces échos historiques viennent rappeler qu’aujourd’hui comme hier, que tous les juifs ne sont pas des bourgeois et tous les juifs ne sont pas sionistes.

    [1] Zones restreintes – essentiellement urbaines – à l’intérieur de la Russie impériale où les Juifs étaient obligés de résider.

    [2] Entre 1895 et 1904 2276 grèves éclatent.

    [3] « Les palmiers et les vignobles de Palestine me sont étrangers », Vladimir Medem.

    https://quartierslibres.wordpress.com/2014/05/28/anti-sionisme-et-anti-imperialisme-retour-sur-lhistoire-du-bund/

  • S’agissant de l’antisémitisme grandissant de Staline, comment ne pas invoquer le témoignage de première main de sa fille. Évoquant les relations entre son père et sa mère, Nadejda Allilouieva, Svetlana écrit que Staline avait de fréquentes disputes avec son épouse lorsque celle-ci intercédait en faveur de Juifs persécutés. Staline, rapporte Svetlana, disait volontiers que l’histoire du parti était celle de la lutte contre les Juifs. Bien entendu, il songeait au combat contre les mencheviks et à la guerre personnelle qu’il menait contre Trotski, Zinoviev et Kamenev. Comme tout antisémite, il habillait une rivalité purement politique de couleurs ethniques – il n’avait pas en face de lui de simples adversaires, mais des adversaires juifs. [...]

    Si l’on peut penser, comme c’est souvent le cas dans la Russie d’aujourd’hui, que le comportement de Staline était dicté par des motifs purement politiques, découlant de la situation internationale de l’époque, cela ne saurait pourtant justifier ni même expliquer les entreprises aberrantes de ses dernières années. Car ses véritables sentiments, jusqu’alors retenus ou cachés, ont dû infléchir sa politique dans le sens dicté par une pathologie mentale toujours moins dissimulable. Dès 1927, son médecin personnel, Vladimir Bekhterev, avait diagnostiqué la paranoïa de son patient, ce qui lui valut d’être aussitôt liquidé. Un quart de siècle plus tard, Vladimir Vinogradov, médecin personnel de Staline, se garda bien de nommer le mal dont ce dernier était atteint et se contenta de recommander le « repos complet et la cessation temporaire de toute activité ». La réaction du malade n’en fut pas moins furibonde : « Aux fers ! Aux fers ! » Ce qui fut fait, on s’en doute à la manie de la persécution, savamment attisée par la Loubianka, selon laquelle(318) (319) tous les dangers émanaient de la « juiverie internationale », manipulatrice des Juifs d’URSS, déterminait les décisions de Staline. Obsédé par la « question juive », il laissa libre cours aux pulsions qui le taraudaient depuis longtemps.

    Si les comportements d’un homme d’État peuvent être fonction de l’idée qu’il se fait de l’opportunité politique, c’est au travers de ses rapports avec ses proches que ses sentiments s’expriment dans leur authenticité. Quand bien même nous ferions abstraction de l’inaltérable antisémitisme stalinien dont son secrétaire, Boris Bajanov, nous a laissé tant de témoignages, il faut rappeler l’attitude de Staline à l’égard des épouses juives de ses plus proches « compagnons » et, mieux encore, de sa propre fille Svetlana. À l’apparition du premier amant de celle-ci, Alexeï Kapler, Staline eut une seule et prévisible réaction : « Ce sont les sionistes qui te l’ont fourgué. Tu aurais quand même pu trouver un Russe ! » Et Svetlana, bien placée pour connaître les sentiments de son père, de conclure : « Je crois que ce qui exaspérait surtout mon père, c’est que Kapler était juif. »

    Apprenant l’intention de sa fille d’épouser Grigori Morozov (Moroz), Staline ne voulut voir en celuici qu’un Juif et prévint sa fille qu’il ne le laisserait jamais franchir le seuil de sa maison.

    Que Svetlana revienne plusieurs fois sur le sujet dans ses Mémoires montre à quel point l’antisémitisme paternel la blessait. Apprenant qu’il avait obtenu gain de cause et que sa fille divorçait, Staline, tout heureux, lui ouvrit un compte en banque illimité, lui offrant, en dédommagement, la possibilité de jeter l’argent par les fenêtres aux frais de l’État(321). Anastase Mikoyan, membre du Politburo, et qui connaissait parfaitement la situation, décrit l’épisode dans ses Mémoires posthumes : « Lorsque Svetlana épousa l’étudiant juif Morozov, les sentiments antisémites avaient pris, chez Staline, une forme exacerbée. Il fit arrêter le père de Morozov, quelqu’un de parfaitement obscur [pour son malheur, Iossif Morozov était vice-directeur administratif de Lina Stern, qui dirigeait un institut de recherche] et nous dit que c’était un espion américain dont la mission était de capter sa confiance par le biais du mariage de son fils, afin de faire passer des informations aux Américains. Après quoi il mit à Svetlana le marché en main : si elle ne divorçait pas, Morozov serait arrêté. Svetlana obtempéra et ils divorcèrent(322). » À peine Svetlana se fut-elle séparée de son mari que Gueorgui Malenkov, appréciant très pertinemment la situation, réalisa quels vents soufflaient du Kremlin. Et il contraignit sa fille, Volia, à se séparer de son mari, Vladimir Schamberg, fils d’un vieux camarade et collaborateur de Malenkov. Presque aussitôt, Schamberg père fut expulsé de l’appareil du Comité central(323). D’une façon générale, le cercle familial mécontentait Staline. Maria, la femme de son beau-frère Alexeï Svanidzé, était juive. Ce qui mettait Staline hors de lui, sans qu’il y puisse rien, sinon les fusiller tous les deux. Ce qu’il fit(324). [...]

    Arcadi Vaksberg
    STALINE ET LES JUIFS
    L’antisémitisme russe : une continuité du tsarisme au communisme
    https://bibliothequeuniverselle.blogspot.com/2016/06/staline-et-les-juifs.html

    318. Cf. Poroki i bolezni velikih lyudey (« Tares et maladies des grands hommes »), recueil d’articles, Minsk, 1998, et M. Bouyanov, Lenin, Stalin i psihiatriya (« Lénine, Staline et la psychiatrie »), Moscou, 1993.

    319. Anton Neumayr, Diktatori v zerkale medizini (« Les dictateurs dans le miroir de la médecine »), Rostov-sur-le-Don, p. 427, 1997, Cf. également le diagnostic de Nikolaï Blokhine, président de l’Académie de médecine de l’URSS, fondé sur les conclusions d’un groupe important de psychiatres et concernant l’état mental de Staline à la fin des années 1940 : « Progression des pulsions sadiques, aggravation rapide de la manie de la persécution, manque total de confiance envers son entourage, même s’agissant des personnes les plus proches et les plus dévouées, sensible à tout ce qui est susceptible de confirmer sa conviction d’être la cible d’un complot (Oktiabr, n° 8, 1988), ainsi que le témoignage de sa fille Svetlana sur « la profonde athérosclérose des vaisseaux du cerveau, fréquentes hallucinations et troubles de l’élocution ». L’athérosclérose, à l’origine des profonds dérèglements des fonctions du système nerveux, était également constatée par le professeur A. Miasnikov, lequel se trouvait au chevet du tyran agonisant (Literatournaya Gazeta, 1er mars 1989). Tous ces symptômes qui corroborent la lourde pathologie mentale de Staline ne permettent pas, cependant, de le tenir pour irresponsable de ses crimes V. Tortchinov, A. Leontiouk, « Autour de Staline », p, 91) mais font mieux comprendre les causes de l’explosion obsessionnelle d’un antisémitisme jusqu’alors occulté.

    320. Svetlana Allilouieva, Dvadtsat pisem k drouzou (« Vingt lettres… »), op. cit, p. 170.

    321. Témoignage d’un ami proche de Svetlana, le professeur Sergo Mikoyan, fils d’Anastase Mikoyan, membre du Politburo ; Ogoniok, n° 15, p. 29,1989.

    322. A. Mikoyan, Tak eto bilo (« Ce fut ainsi »), op. cit., p. 362-363.

    323. Mikhaïl Volsenski, Nomenklatoura, Londres, p. 397,1984.

    324. APFR, 45/1/1/1.

  • "D’une part, dans les écrits quelque peu sérieux sur la question des deux Etats, israélien et palestinien, je constate avec étonnement que la réflexion historique commence curieusement à 1967 (Résolution 248), alors que toute réflexion un peu sérieuse sur le problème, dans sa perspective historique générale, devrait remonter au moins jusqu’en 1947 (Résolution 181). Le ferait-on toutefois qu’il serait très difficile alors d’éviter de souligner le rôle, à la fois capital et décisif, de Staline dans la création de l’État d’Israël. L’ont reconnu pourtant, à cette époque, des témoins aussi autorisés et essentiels qu’Abba Eban et Ben Gourion. Le premier prit part à la mise au point du texte de 1947 et déclara alors à propos de l’URSS « Une telle prise de position constitue pour nous une aubaine inouïe… L’Union soviétique est maintenant la seule puissance à soutenir notre cause ». Le second, vingt ans plus tard, déclara en 1968 : « Je n’ai aucun doute. Les armes tchèques constituèrent l’aide la plus importante que nous ayons obtenue. Elles nous ont sauvés et je doute fort que, sans elles, nous aurions pu survivre les premiers mois. »

    D’autre part, j’observe aussi le silence total des partis de gauche (parti communiste français ou ses épigones) sur le rôle de Staline dans la création d’Israël ; ce mutisme s’explique évidemment par le faite que leurs positions se sont actuellement totalement inversées et que les formations de la gauche radicale défilent au premier rang des manifestants antisionistes et pro-palestiniens, deux notions qui sont associées sans beaucoup de fondement, quand on prend en compte la réalité des faits. Les souffrances, hélas bien réelles, du peuple palestinien ont été largement, depuis un demi-siècle, le fait de ceux qui prétendaient le défendre, au Moyen-Orient en particulier. Je l’ai dit et montré ! Je n’y reviens donc pas.

    Je ne peux pas accabler ici les lecteurs éventuels sous les références, mais je ne puis que recommander la lecture de deux textes facilement accessibles et dont la brièveté et la qualité peuvent dispenser de lectures plus étendues ; il s’agit, d’une part, de l’article de Françoise Thom « Laurent Rucker, Staline, Israël et les Juifs » (Cahiers du monde russe, 2002) qui porte sur le livre essentiel de Laurent Rucker dont c’est là le titre et qui peut dispenser au besoin de la lecture de ce volume. Le second texte est l’article de Marc-André Charguéraud, auteur de plusieurs ouvrages sur la Shoah mais aussi d’un article sur le sujet en cause qui est également facilement accessible sur Internet (« Staline au secours d’Israël » in Europe-Israël, 3/10/ 2012).

    Je reprendrais d’ailleurs ici le début même de l’article de cet auteur qui souligne avec force le véritable coup de théâtre politique que constitue en 1947 la soudaine et stupéfiante prise de position de l’Union soviétique, c’est-à-dire bien entendu de Staline lui-même :

    « Le 15 mai 1947, le monde occidental s’éveille surpris par le discours pro sioniste inattendu d’Andrei Gromyko la veille à l’ONU. « Pendant la dernière guerre, le peuple juif a subi des peines et des souffrances exceptionnelles… Un grand nombre des Juifs survivants en Europe ont été privés de leur pays, de leur foyer et de leurs moyens d’existence… Le fait qu’aucun pays occidental n’ait été en mesure de défendre les droits les plus élémentaires du peuple juif… explique l’aspiration des Juifs à établir leur propre Etat. Il serait injuste de ne pas le prendre en considération et de refuser ce droit au peuple juif… »

    Pour le Ministre des Affaires étrangères de l’URSS, une solution équitable serait de reconnaître les « intérêts légitimes » des Arabes et des Juifs en Palestine. Si un seul Etat ne peut être mis en place, un Etat binational aurait sa préférence, sinon il propose la partition. Gromyko conclut que comme grande puissance l’URSS est prête « à assumer ses responsabilités » dans le futur de la Palestine. ».

    La presse juive, et elle est bien la seule, réagit avec enthousiasme car les Américains mais surtout les Britanniques, les maîtres du jeu traditionnels dans cette région et sur la Palestine depuis la Déclaration Balfour de 1917, sont bien loin de ce sentiment ; les seconds, qui ont sur place des troupes, sont l’objet des attaques et des attentats de l’Irgoun (Hôtel King David, prison d’Acre, etc.). C’est même le caractère intenable de cette situation qui finira par amener la mise en place de la commission de l’ONU, qui elle-même conduira à l’élaboration finale de la Résolution 181 !

    Le 13 octobre 1947, l’URSS confirme sa politique recommandant la partition de la Palestine. Il faut, à l’en croire, « donner le droit d’autodétermination aux centaines de milliers d’Arabes et de Juifs vivant en Palestine ». Ce soutien inconditionnel de Moscou a été déterminant, comme on l’a vu dans un précédent blog, dans le vote final de l‘Assemblée générale de l’ONU, qui adopte le 29 novembre 1947, à une seule voix de majorité, un plan de partition ouvrant la voie à la naissance de l’Etat d’Israël. La Grande-Bretagne s’est abstenue et les Etats-Unis ont, jusqu’au bout, longuement hésité avant de voter finalement pour.

    Dans la logique de ce choix très clair, l’URSS sera le premier Etat du monde à reconnaître l’Etat d’Israël. On pressent que les Etats arabes, qui ont voté contre la résolution 181, vont attaquer très vite le nouvel Etat et ils ne manquent pas de le faire en effet ; dès le 15 mai 1948, Staline condamne l’agression des Etats arabes contre Israël. Cette attaque, aisément prévisible, avait déjà entraîné de sa part l’arrêt des livraisons d’armes qui leur étaient faites par la Tchécoslovaquie qui était leur fournisseur majeur ; ces mêmes armes sont désormais livrées à Israël et ce sont elles assurément qui, comme l’a souligne Ben Gourion dans le texte cité, permettront non seulement à Israël de résister mais même de vaincre ses agresseurs arabes.

    Dans ces années 1947-1948, ce virage lof pour lof de Staline dans lequel l’idéologie communiste s’allie avec l’opportunisme et son antisémitisme avec le soutien sans faille d’Israël demeure malaisé à expliquer. On comprend qu’il faille à Laurent Rucker tout un volume pour entrer dans les méandres d’une pensée si complexe quand elle n’est pas largement contradictoire ; les visées extérieures de Staline se heurtait en effet, en outre, à ses préoccupations de politique intérieure, dans la préparation éventuelle d’une succession difficile. N’oublions pas que Staline approche à ce moment des 70 ans et qu’autour de lui les luttes d’influence sont féroces !

    Limitons- nous donc, un peu abusivement, au rapport entre Staline et Israël. Si la décision de Staline en faveur de la création d’Israël étonne le monde entier, elle prend tout particulièrement de court les Etats arabes. Ils étaient, en effet, habitués à une certaine indulgence de sa part, dans la mesure où il voyait en eux un accès au Moyen-Orient donc au pétrole et une façon de disputer cette zone stratégique à l’influence britannique qui y était traditionnelle.

    Après la Seconde Guerre Mondiale, tous les spécialistes prévoient que l’essentiel de la production pétrolifère va passer aux pays arabes et qu’il convient d’en tirer les conclusions ; Roosevelt, dès 1945, le fait avec son accord dit du Quincy signé avec Ibn Séoud. Les Arabes étant dans le camp américain, Staline, d’une façon étonnante mais assez logique, va donc tenter de jouer dans cette zone essentielle la carte israélienne.

    F. Thom, dans son analyse du livre de L. Rucker, résume son hypothèse sur cette question. : « Consciente que le sort des Juifs d’Europe centrale entassés dans les camps de réfugiés est une pomme de discorde entre Américains et Britanniques – les Américains poussant les Britanniques à ouvrir la Palestine à ces rescapés du nazisme –, l’URSS va en 1946 autoriser 150 000 Juifs polonais à gagner les zones d’occupation américaine et britannique en Allemagne et en Autriche. Par haine de l’Angleterre, elle va miser sur la carte du sionisme, traditionnellement dénoncé par la propagande soviétique comme « nationalisme bourgeois ». Le choix définitif de l’URSS en faveur de la création d’un État juif a lieu à l’été 1947, c’est-à-dire qu’il est directement lié à l’annonce du plan Marshall et au début de cristallisation du camp occidental. » […] Laurent Rucker estime que le désir de saper les positions britanniques au Moyen-Orient fut la principale motivation de la décision de Staline en faveur de la création de l’État juif. Selon lui, l’espoir d’en faire un bastion socialiste dans la région ne fut pas sérieusement entretenu par le Kremlin. Pourtant la réaction des Soviétiques fut vive lorsqu’ils apprirent début 1949 qu’Israël avait accepté un prêt américain de 100 millions de dollars. Pour eux c’était l’indice qu’Israël était en train de basculer dans le camp américain. Les premiers signes apparents d’un refroidissement entre Israël et l’URSS datent du milieu de l’année 1949. Au fond, la politique juive de Staline en 1947-1948 montre à quel point il était incapable de tirer les leçons de ses échecs précédents : dans le cas d’Israël comme dans celui de la Turquie et de l’Iran, l’URSS avait agi dans le but d’affaiblir l’Angleterre, en misant sur les « contradictions entre les impérialistes » ; et une fois de plus, en s’attaquant à la Grande-Bretagne, elle n’avait fait que renforcer les États-Unis qui pourtant, à partir de 1947, étaient considérés comme l’ennemi principal. ».

    Certains ont même été jusqu’à penser que Staline avait pu espérer établir un État juif communiste (une « République populaire israélienne et démocratique ») avec le nouvel Etat qui était alors en gestation. Un certain nombre de détails ont pu faciliter l’émergence de cette idée ; le principal est sans doute l’orientation générale de gauche de nombre des premières vagues d’immigrants juifs en Palestine ; certaines structures sociales mises en place très tôt (dès 1910) comme la « kibboutz », communauté collectiviste d’inspiration clairement socialiste, d’abord rurales puis industrielles, pouvaient sembler alors donner du crédit à ce genre d’hypothèses.

    Staline ne tardera pas à renoncer à ces chimères de république populaire israélienne, les relations du nouvel État s’orientant rapidement et fortement vers la communauté juive des États-Unis dont l’importance et les moyens sont considérables, sans même parler de son influence auprès la Maison-Blanche. Le revirement de Staline sera très rapide et il aboutira même, après quelques années de relâchement des liens entre les Etats à une rupture des relations diplomatiques qui ne se rétabliront en fait qu’après la mort de Staline en 1953.

    https://blogs.mediapart.fr/robert-chaudenson/blog/230714/staline-et-israel

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