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« Les amis de Juliette », la posi­tion de « l’ouvrier concep­tuel »
posté le 01/11/17 Mots-clés  féminisme 

http://blogtc.communisation.net/?p=160&page=2

« Les amis de Juliette », la posi­tion de « l’ouvrier concep­tuel » :

[A l’intérieur de sa classe sociale, le pro­lé­taire majo­ri­taire ne se défi­nit jamais comme par­ti­cu­la­rité, son groupe est la géné­ra­lité de la classe. Face à la par­ti­cu­la­rité des « autres » il pro­clame : « soyez des ouvriers tout court, c’est-à-dire comme moi qui suis le concept d’ouvrier » (même si, en tant qu’ouvrier, il est éga­le­ment par­ti­cu­la­risé et posé comme repré­sen­tant d’une caté­go­rie sociale, même si, pour reprendre la for­mule de L’Idéo All, il n’est pas satis­fait de lui-même. Pour toute cette ques­tion reve­nir sur Idéo All, « l’individu moyen » — pp. 94−95−96 et Ste Famille : bon côté, mau­vais côté de l’aliénation : confir­ma­tion de soi ou non). Quand « l’autre » dit : « mais je ne suis pas dans la même situa­tion que toi » (par exemple le syn­di­ca­liste noir), cela ne lui appa­raît que comme une par­ti­cu­la­rité qui n’est, à l’inverse de sa situa­tion, en aucun cas por­teuse de la tota­lité de la classe. L’ « autre », le mino­ri­taire ne fait que se limi­ter à actua­li­ser son groupe alors que lui, l’ouvrier concep­tuel, en tant qu’individu, est por­teur de la tota­lité des mani­fes­ta­tions pos­sibles de la classe. Il n’est confiné dans aucune spé­ci­fi­cité et dis­pose d’une mul­ti­pli­cité de pos­si­bi­li­tés de défi­ni­tions et de pra­tiques. Cette par­ti­cu­la­rité per­son­nelle que s’accorde l’ouvrier concep­tuel appar­tient à la géné­ra­lité qu’il accorde à son propre groupe (sous le nom de peuple) au-delà de sa propre classe sociale (la déné­ga­tion de l’objectivité de la seg­men­ta­tion raciale est le plus impor­tant des inter­clas­sismes). A l’inverse, l’ouvrier si par­ti­cu­lier qu’est « l’autre » n’est que l’expression uni­la­té­rale (uni­di­men­sion­nelle) de ce qui est censé carac­té­ri­ser son groupe.

Pour l’ouvrier concep­tuel et le théo­ri­cien de « l’unité de la classe », l’ouvrier « mino­ri­taire » (qui peut être quan­ti­ta­ti­ve­ment majo­ri­taire dans cer­tains sec­teurs) appa­raît comme un incu­rable par­ti­cu­la­riste, il est las­sant, il exa­gère, il ne se pré­oc­cupe que de lui-même, alors que temps en temps il pour­rait par­ler de ce qui pré­oc­cupe « tout le monde ». Bref, les der­niers mots de l’ouvrier concep­tuel se résument à la bou­tade de Coluche : « Le racisme, c’est comme les Nègres, ça ne devrait pas exister. »]

« Il est de peu d’importance, semble-t-il, qu’on défi­nisse un groupe par un cer­tain nombre de carac­tères, car après tout c’est le cas de la plu­part des groupes. Mais alors il faut de nou­veau se sou­ve­nir que le groupe majo­ri­taire reste ouvert à toutes les pos­si­bi­li­tés, toutes les expli­ca­tions et jus­ti­fi­ca­tions, qu’il laisse ainsi le champ libre à toutes les par­ti­cu­la­ri­tés indi­vi­duelles de ses com­po­sants, et que son champ est l’ensemble du champ humain. Ce sont les groupes mino­ri­taires qui sont clos, enfer­més dans le champ de pos­si­bi­li­tés défi­nies, ils ferment ainsi toute pos­si­bi­lité d’individualisation dans leur sein. La per­cep­tion est orien­tée par la connais­sance préa­lable des carac­tères de l’objet connu. On voit dans l’autre ce qu’on en sait déjà (ce qui est lar­ge­ment connu), mais on ne peut voir que cela, et cor­ré­la­ti­ve­ment on ne voit “en soi” que l’infinie pos­si­bi­lité des mani­fes­ta­tions humaines, le champ libre de la com­plexité. » (257−258)

[On retrouve le para­doxe de Cas­sius Clay]

[Il faut se poser la ques­tion rela­tive à la défi­ni­tion du point de réfé­rence qui est l’ouvrier concep­tuel. Ce der­nier est silen­cieux, nul ne le nomme jamais, au contraire de l’autre qui est tou­jours nommé, caté­go­risé, c’est pour­tant la réfé­rence autour de laquelle se marquent les dif­fé­rences. Cette absence de réfé­rence caté­go­rielle se mani­feste dans l’ouvrier concep­tuel (le « vrai »), non seule­ment comme norme jamais dite et silen­cieuse (long­temps dans les syn­di­cats amé­ri­cains de l’automobile il était impos­sible que cer­tains ate­liers soient repré­sen­tés par une majo­rité d’ouvriers noirs même s’ils y étaient majo­ri­taires car ils pour­raient agir en faveur de leur groupe, les ouvriers blancs n’appartenant évi­dem­ment à aucun groupe…), mais plus encore comme la géné­ra­lité de la situa­tion de classe inhé­rente à cha­cun indi­vi­duel­le­ment, comme dis­po­ni­bi­lité à toutes les varia­tions et pos­si­bi­li­tés indi­vi­duelles de l’action de classe. Le paroxysme de la caté­go­ri­sa­tion est atteint quand il est demandé à l’ouvrier racisé (caté­go­risé) de ne pas exis­ter et agir « en tant que tel », mais comme l’ouvrier en géné­ral, c’est alors dire, dans le plus pur style « anti­ra­ciste » accueillant et « effa­çant » les dif­fé­rences, qu’aucune de ses par­ti­cu­la­ri­tés indi­vi­duelles n’est autre chose que l’incarnation de sa race.

Parce que pour l’ouvrier blanc, mâle, etc. n’existe aucune contrainte cultu­relle ou sociale à se défi­nir et à dire ce qu’il est, les théo­ri­ciens de l’unité en soi de la classe n’en voient pas la contrainte pour les autres. Ils enté­rinent l’existence de l’ouvrier concep­tuel comme étant le « dieu caché » par quoi se défi­nit l’ensemble de la classe et c’est alors tou­jours l’autre qui est un « pro­blème » : « pro­blème des immi­grés », « pro­blème noir », « pro­blème des femmes ».]

Le pro­lé­taire concep­tuel se défi­nit lui aussi par rap­port à l’ « Ego » (le « majo­ri­taire sym­bo­lique » 299) car il ne lui est pas immé­dia­te­ment iden­tique (l’Ego est une réfé­rence à laquelle aucune caté­go­rie sociale n’est iden­tique, c’est un idéal-type). « Aucun ne s’y confond, mais aucun n’a de place sans pas­ser par lui » (299) ; sur­tout pas le prolo concep­tuel, mais…

[cette der­nière remarque a quelque chose d’intéressant mais je ne vois pas pré­ci­sé­ment quoi. A rat­ta­cher peut-être à l’individu moyen et à la ques­tion de la dyna­mique (insa­tis­fac­tion vis-à-vis de soi et appar­te­nance de classe comme contrainte, la norme est un idéal type dont le prolo est contigu mais aussi séparé, c’est une réfé­rence que sa situa­tion d’individu moyen sub­sumé (exploité) éloigne de lui aussi]


posté le 1er novembre 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • L’ouvrage indigent (et d’une grande pauvreté théorique) La race comme si vous y étiez (Les amis de Juliette et du printemps), qui tient des propos explicitement racistes et sexiste à propos des Mwasi (un collectif afroféministe), aura prétendu critiquer Bouteldja, mais il instrumentalise en fait la pseudo-critique de l’antisémitisme pour diffuser son petit message classiste minable. Ce sont ce genre de gens, obsédés par la lutte des classes, qui auront dit que le féminisme et l’anti-racisme « diviseraient les luttes » (un discours que tient aussi Alain Soral). Dans un monde où l’exploitation se barbarise, et où l’on assiste à de nouveaux génocides (Birmanie, Jarawas, etc.), et où l’on remet en place des camps d’extermination (en Tchétchénie, contre les LGBTQI), cette constellation propose des « conférences » contre l’anti-impérialisme. Cf. Discordia, etc.

  • Colette Guillau­min : L’Idéologie raciste, éd Folio essais 2002 (pre­mière édi­tion Mou­ton 1972)

  • 1er novembre 11:19

    En finir avec une imposture intellectuelle.

    Introduction :

    Si pendant près de dix ans, l’extrême-gauche, les anarchistes et les autonomes ont évolué en parallèle du développement de l’antiracisme politique, nous observons que des cultures politiques différentes se sont rencontrées récemment dans le cadre de la dénonciation de l’état d’urgence et de l’islamophobie, et que les convergences sont maintenant fréquentes dans la lutte contre les crimes policiers.

    Le succès de la marche du 19 mars - qui, selon les organisateurs, a rassemblé plus de 20 000 manifestants contre le racisme et les violences policières malgré le silence des médias dominants - est l’un des signes du rapprochement entre différentes réalités militantes, et de la prise en compte croissante du racisme d’État par ceux qui ne le subissent pas directement. Le contenu de l’appel a participé à cette convergence. En effet, celui-ci mentionnait les crimes policiers, les rafles de migrants, la prise pour cible des musulmans dans le cadre de l’état d’urgence, la persécution par la police des noirs, des arabes et des rroms, mais aussi la répression du mouvement contre la loi travail et les attaques contre ceux qui soutiennent la ZAD, ce qui fut interprété par beaucoup d’entre nous comme une main tendue.

    C’est en parallèle de ces rapprochements, et probablement en réaction, qu’une poignée de militants a mis en place une campagne de dénigrement de l’antiracisme politique, sur fond de négation du racisme structurel. Ainsi, nous avons pu, ces derniers mois, voir circuler à Rennes un pamphlet intitulé La race comme si vous y étiez !signé des « amis de Juliette et du Printemps ». La cible de cet ouvrage n’est autre que l’antiracisme politique, ici renommé « racialisme ». Aussi surprenant que cela puisse paraître, la thèse centrale de l’ouvrage consiste à affirmer que l’antiracisme serait « racialiste » quand il ne se limite pas à l’affirmation que « les races n’existent pas » mais qu’il prend en compte les effets du racisme, la racialisation des rapports sociaux et les différentes assignations qui en découlent.

    Si le Parti des Indigènes de la République (PIR) et sa porte-parole, sont les principales cibles du livre, ses rédacteurs ne cachent pas leur opposition à tous ceux qui « considèrent qu’ils n’ont rien à voir avec le PIR mais s’appliquent à en utiliser les catégories et la novlangue » (page 216). Comme le disent eux-mêmes les rédacteurs de La race comme si vous y étiez, « au delà des outrances de l’égérie du PIR, c’est bien aussi à l’ensemble de ces milieux qui lui servent de près ou de loin de caisse de résonance que ce livre entend s’opposer » (pages 218-219), le principal reproche fait à « ces milieux » étant la reprise du concept de « race » pour penser les rapports sociaux liés au racisme structurel et au continuum colonial en France.

    Dans la même dynamique, dans le contexte de l’appel à la marche du 19 mars pour la justice et la dignité, une publication de 4 pages intitulée « Contre le racisme, contre l’État, sa police et sa justice » fut diffusée à Rennes dans un rassemblement de soutien à cette manifestation, et utilisée à l’université Rennes 2 pour recouvrir les affiches de la marche pour la justice et la dignité. Si le titre de ce texte proclame la nécessité de lutter « contre le racisme », nous observons que le seul propos de ses auteurs, qui signent « Communistes tant qu’il le faudra, pour la fédération des comités « la vérité  ?! : la justice nique sa mère » » consiste en un dénigrement des collectifs « Vérité et Justice », et de l’antiracisme politique. Selon ces quelques militants, que l’on a connus mieux inspirés à une époque pas si lointaine, l’antiracisme politique serait à combattre, puisqu’il serait « racialiste » d’analyser les rapports sociaux liés au racisme. Par ailleurs, pour ces personnes que nous avions considérées comme des camarades de lutte, toute prise en compte de l’expérience du racisme dans la constitution des subjectivités devrait être dénoncée comme « ethno-différentialiste ».

    Si beaucoup de personnes investies dans les luttes à Rennes, dont nous, ont jusqu’alors opté pour un silence méprisant à propos de ces campagnes de dénigrement qui masquent mal une ignorance réelle de ce que sont les rapports sociaux liés au racisme, le caractère de plus en plus public de ces discours nous pousse à exposer le plus précisément possible les ressorts argumentatifs utilisés par ceux se définissant comme « antiracialistes » ou « antiracialisateurs », en espérant mettre un point final à leurs élucubrations.

    Si les discussions stratégiques ou les débats relatifs à telle ou telle position d’un collectif antiraciste sont légitimes, nous verrons, en relisant les écrits et en analysant les arguments développés par les pourfendeurs de l’antiracisme, que la lutte contre un soi-disant « racialisme » découle d’une sous-estimation des effets du racisme et du colonialisme. Aussi, nous verrons en quoi la diabolisation de l’antiracisme politique et la référence à une vision fantasmée du marxisme (réduit à la seule lutte de classe, laquelle serait menée par une classe ouvrière qui risquerait d’être « divisée » pour peu qu’on en souligne l’hétérogénéité) masque mal une absence d’analyse de stratégie.

    I – S’opposer au concept de « race » et ignorer le caractère structurel du racisme.

    Dans La race comme si vous y étiez !, le principal argument contre l’antiracisme politique, présent en de multiples endroits de l’ouvrage, est qu’une majorité des militants qui s’en réclament utilisent le mot « race », ce qui reviendrait à valider le racisme. L’usage du mot « race » en sciences sociales ou dans un contexte militant est notamment disqualifié, selon les « amis de Juliette et du Printemps » qui ont commis cet ouvrage, par le fait que les races n’existent pas en biologie (pages 8-9), avant que l’on nous explique que la seule « racialisation concrète » est l’existence des races animales (page 9).

    Ainsi, les « racialistes » seraient « ceux qui reconnaissent l’existence des races ou qui font la promotion de leur usage conceptuel », cette définition permettant d’affirmer que les antiracistes utilisant le mot « race » pour dénoncer des discriminations sont en réalité « précisément les agents du racisme » (page 11). Ainsi, les « amis de Juliette et du Printemps » affirment sans rire que « les racialistes d’extrême-gauche (…) sont plus bien plus proches des idéologies racistes stricto sensu, de Gobineau à Hitler, que le raciste du coin qui « n’aime pas les bougnoules qui profitent des allocations familiales et les youpins qui gouvernent la finance mondiale » mais qui ne fait pas pour autant de la théorie des races un axe conceptuel, une grille de lecture ou un « prisme » ».

    Ce développement mérite qu’on s’y attarde, car ce que ne semblent pas comprendre ici les « amis de Juliette et du printemps », en amalgamant racistes et antiracistes, voire en considérant que les personnes utilisant les mots « bougnoules » et « youpins » seraient moins racistes que celles qui utilisent le mot « race » dans leur dénonciation des inégalités, est que le racisme est un ensemble de rapports sociaux, et n’est pas réductible à l’usage d’un mot ni même à un ensemble de préjugés. Par exemple, nous pouvons remarquer que le discours associant les juifs à « la finance mondiale » a connu son essor lors des pogroms européens du début du XXème siècle, puis au cours du génocide nazi, quand ceux associant les noirs et les arabes à la paresse et à la fraude aux allocations se sont développés dans un contexte de chômage de masse, de contrôle social et de discriminations dans l’accès au travail salarié. Une personne mentionnant des rapports sociaux de race pour penser la lutte contre les inégalités peut donc être antiraciste, alors que ceux qui propageaient le mythe des juifs banquiers et manipulateurs étaient coresponsables de la persécution qui a mené à leur extermination.

    Les « amis de Juliette et du printemps » réduisent, selon les endroits du livre, le racisme aux discours, aux préjugés, voire à l’usage du mot « race », avant d’affirmer que « quand le racisme devient autre chose que des propos de comptoir » il ne serait qu’« une idéologie » (page 10), et non un ensemble d’assignations et de rapports de pouvoir. Pourtant, il ne suffit pas de déclarer « la race n’existe pas » pour faire disparaître les hiérarchies sociales liées au rapports sociaux de race. C’est pourquoi, en sciences sociales comme dans l’antiracisme politique, le terme « race » est utilisé pour désigner les rapports sociaux liés au racisme et à la manière dont le pouvoir répartit des positions en discriminant, que ce soit dans les lycées lors des choix d’orientations, lors des entretiens d’embauche, dans l’accès au logement, ou dans le rapport à la ville avec notamment les contrôles au faciès.

    L’analyse de ces processus est ignorée dans La race comme si vous y étiez !, et le discours portant sur les rapports sociaux de race est considéré comme « importé de la plus mauvaise sociologie américaine » dans la publication de 4 pages distribuée récemment. Ainsi, si les diatribes contre l’antiracisme sont le plus souvent couplées à une dénonciation du mot « race », les discriminations et le racisme d’État ne sont jamais analysés. Pourtant, nous devons rappeler que si le mot « race » a été supprimé de la constitution, le fait que François Hollande affirme que « dans la République, il n’y a pas de place pour la race » n’a pas fait disparaître le racisme d’État.

    En réalité, le seul effet du procès d’intention lié à l’usage du mot « race » est de diaboliser ceux qui nomment des catégories sociales et des rapports de pouvoir pour penser les luttes en vue d’une émancipation. Comme l’expliquait récemment Norman Ajari, philosophe spécialiste de Frantz Fanon et membre du Parti des Indigènes de la République, dans l’émission Paroles d’honneur : « Une erreur dans laquelle tombent très souvent bon nombre de militants qui peuvent se prétendre antiracistes, c’est qu’ils pensent que la priorité ce n’est pas de combattre le racisme, mais de combattre la race. Or, combattre la race dans les circonstances de politique décoloniale dont nous parlons, c’est avant tout combattre les racisés. L’important n’est pas de lutter contre des catégories, mais de lutter contre des systèmes de pouvoir, des systèmes d’oppression, et le nom de ces systèmes de pouvoir et d’oppression ce n’est pas la race. C’est le racisme. »

    En outre, amalgamer au racialisme - théorie développée au 19ème siècle pour légitimer la domination coloniale, affirmant que l’humanité était divisée en races biologiques inégales, - l’usage contemporain et politique du mot « race » dans l’antiracisme relève de l’escroquerie intellectuelle. Comme l’écrivait le rédacteur du blog Mignon chaton dans l’article intitulé « Utiliser le mot race ? », considérer que l’usage de termes comme « race », « racialisation » ou « personnes racisées » valide le racisme « est donc à peu près aussi absurde que si on affirmait que parler de prolétariat pour critiquer l’exploitation reviendrait en fait à contribuer idéologiquement au capitalisme en acceptant de nous reconnaître comme des prolétaires. Ou encore qu’il ne faudrait pas utiliser le mot racisme parce que ce terme contient le mot race, donc valide le racisme. Il ne s’agit pas d’une question de mot mais d’analyse à laquelle ce mot renvoie et dans le contexte de laquelle il est employé. Pour lutter contre notre situation nous avons besoin de la nommer et de l’analyser parce que les catégories qui nous assignent sont déjà existantes. Nous ne choisissons pas de nous identifier à notre catégorie sociale, celle-ci s’impose à nous, de façon d’ailleurs assez violente, se reconnaître comme racisé ce n’est pas proclamer fièrement une identité, c’est simplement reconnaître que nous sommes la cible d’un dispositif d’assignation sociale spécifique, dispositif socialement construit que nous cherchons à analyser et contre lequel nous voulons lutter. »

    Enfin, si nous n’avons rien contre le fait que des militants choisissent un autre mot que « race » pour désigner les catégories créées par le racisme, nous considérons qu’avoir pour seul argument contre le racisme la non-validité scientifique de la division de l’espèce humaine en races biologiques relève de l’aveuglement éthique, et du peu de cas fait à la lutte pour la construction de l’égalité sociale. Dans l’émission Paroles d’honneur précédemment mentionnée, Tristan Garcia, philosophe et écrivain, expliquait que sa conscience de l’existence des rapports sociaux liés au racisme le poussait à accepter un usage stratégique de la catégorie « race », tout en considérant comme important de rappeler que la « race » est en soi une « catégorie fausse ». Norman Ajari lui répondait que l’antiracisme ne doit être ni scientifique ni moral, mais lié à l’éthique et à la construction de l’égalité : « Certes, la race est une catégorie infondée par nature mais prendre ça pour point de départ me pose toujours problème. Non pas parce que je penserais qu’elle est au contraire fondée, mais parce que je pense que c’est un mauvais préalable à la lutte. Quelqu’un comme Shlomo Sand nous a beaucoup parlé de la manière dont, en Israël, certains chercheurs essaient de refonder cette catégorie, essaient de recréer un racisme biologique pour des raisons que, j’imagine, on n’a pas besoin d’aller chercher loin pour comprendre. .. Le risque existe qu’un jour, ces catégories de races soient refondées. (…) Je pense que nous avons besoin d’un antiracisme qui tiendra le coup le jour où, peut-être, tel chercheur, raciste évidemment, mais peut-être de bonne foi, reconstruira des catégories de races qui pourront être admises par la communauté scientifique. Quand bien même ces catégories seraient, au bout du compte, vraies, est-ce que, éthiquement, notre antiracisme pourra tenir ou bien est-ce que, d’un seul coup, le racisme sera légitimé parce que la science a prouvé que les catégories étaient vraies ? Je pense que nous avons besoin d’un antiracisme qui peut tenir ce choc-là. ». […]

    https://nantes.indymedia.org/articles/37534

  • II – Nier l’existence de rapports sociaux liés au racisme pour diaboliser ceux qui s’organisent en conséquence.

    Si le refus de l’usage du mot « race » est le plus souvent uniquement argumenté par le fait que sa simple prononciation relèverait du racisme, ceux qui refusent l’usage de ce terme montrent pourtant, de manière assez fréquente, leur refus de prendre en compte les effets du racisme institutionnel et structurel. Ainsi, dans « Contre le racisme, contre l’État, sa police et sa justice », publication de quatre pages distribuées à Rennes contre l’appel à la marche du 19 mars, il est affirmé que « n’en déplaise aux tenanciers de l’ethno-différencialisme politique, de Patrick Buisson à H*uria Boutelja, la grande révolte de novembre 2005 n’était ni « décoloniale » ni « raciale » ».Si nous notons là aussi la supercherie consistant à reprendre un terme élaboré par l’extrême-droite (l’ethno-différencialisme étant un concept théorisé par la Nouvelle droite pour justifier son racisme) pour amalgamer racistes et militants de l’antiracisme politique, nous souhaitons surtout nous attarder sur l’affirmation selon laquelle « la grande révolte de novembre 2005 n’était ni « décoloniale » ni « raciale » ».

    Nous nous demandons en effet ce qui permet aux rédacteurs de ce texte d’affirmer que la question raciale (c’est à dire les races sociales produites par les différences de traitement dans une société raciste) n’est pas l’une des origines d’une révolte menée par des personnes majoritairement aux prises avec le racisme de la société française, révolte déclenchée par la mort de deux jeunes qui tentaient de fuir un contrôle au faciès. Pour les auteurs de ce texte, il ne faudrait pas considérer qu’avoir la peau blanche ou noire puisse conduire à des expériences différentes vis-à-vis de la police, puisque la police s’en prendrait indistinctement à tous « ceux qui doivent rester de la chair à usine moderne ». Pourtant, pour peu qu’on s’intéresse un minimum à la parole des émeutiers de 2005, nous sommes obligés de constater que certains d’entre eux établissent un lien direct entre leur expérience du racisme et le fait de s’en prendre aux institutions qui en ont été les vectrices.

    Ainsi, dans le livre Quand les banlieues brûlent coordonné par les sociologues Véronique Le Goaziou et Laurent Mucchielli, et plus précisément dans le chapitre intitulé « Les émeutes de novembre 2005 : les raisons de la colère », un des émeutiers de 2005 s’exprime en ces termes : « Franchement dans les émeutes y avait de tout. Il y avait les mecs qui avaient la rage contre les keufs, d’autres qui avaient la rage contre l’école parce qu’ils ont plus d’école, d’autres parce qu’ils ont pas de taf, d’autres pour s’affirmer dans le quartier. Tous les mecs qui avaient une rage contre quelque chose ils ont profité des émeutes pour tout niquer.. Mais la majorité des mecs, c’est la haine contre les keufs parce qu’ils se la racontent beaucoup, y en a plein ils sont racistes et ils nous traitent comme de la merde. »

    Il serait bien sûr prétentieux, pour ne pas dire grotesque, de prétendre pouvoir lister les causes objectives du déclenchement d’une révolte. De plus, nous savons que dans des banlieues majoritairement blanches (notamment à Lille et Saint-Étienne) les jeunes arrêtés par la police pendant les émeutes avaient majoritairement la peau blanche. Cependant, plusieurs des témoignages recopiés dans cet ouvrage nous donnent des exemples concrets de la manière dont l’expérience du racisme peut structurer une subjectivité. En voici un autre : « Moi aussi, j’ai participé aux émeutes et j’en suis fier, c’était pour tout retourner et enculer les keufs, ces sales bâtards qui se la racontent trop. Je suis dégoûté parce que je voulais aussi qu’on brûle ce lycée de merde avec ces profs racistes. Je te jure, je mitonne pas, si j’ai réussi à avoir mon bac c’est pas grâce à ces chiens de profs. (...) Maintenant, je sais très bien que personne ne va me croire quand je dis que certains profs sont racistes. Mais moi, je sais de quoi je parle. Je l’ai vécu en direct. »

    A la fin du dépliant de 4 pages, figure un tract distribué en 1984 et retrouvé par les Archives Get away, dont on tente de nous convaincre qu’« il met en avant quelques évidences contradictoires avec les bancales constructions actuelles, « comme si on traitait de la même façon un beur bourge qu’un beur prol, comme si un bourge français et un prolo français avaient les mêmes droits » ». Accuser le mouvement structuré autour de la lutte politique contre le racisme de ne pas comprendre qu’il y a une différence entre les « bourges » et les« prols » est évidemment une manipulation, expliquée, par exemple, dans un entretien avec le magazine Jeune Afrique : « Pour nous la question raciale est sociale. Ceux qui meurent des violences policières, ce sont des enfants de prolo. Les filles qui sont exclues de l’école parce qu’elles portent le voile, ce sont des filles de prolo. À gauche, ils voudraient qu’on utilise leurs mots , « lutte des classes », « capitalisme ». Mais quand on lutte contre les discriminations raciales, cela veut dire qu’on lutte contre le chômage, la pauvreté, les violences policières. On ne milite pas pour les femmes saoudiennes qui viennent faire leurs courses sur les Champs Elysées ! »

    Se croyant obligés de nier les inégalités raciales pour parler des rapports de classe, les rédacteurs de La race comme si vous y étiez ! ironisent aussi sur le constat selon lequel « à niveau social équivalent, il vaut toujours mieux être blanc », en croyant y opposer ce qu’ils considèrent comme « plus sûr », à savoir qu’ « à taux de mélanine équivalent, il vaut mieux être riche » (page 148), sans comprendre que seuls ceux qui décident de bannir l’antiracisme de leurs références considèrent ces deux affirmations comme contradictoires. La manière dont les « amis de Juliette et du Printemps » balaient d’un revers de main la mention du racisme est ici explicitement en lien avec l’injonction à choisir entre la référence à la classe sociale et la prise en compte du racisme.

    A l’inverse, Omar Slaouti, porte parole du collectif 19 mars, explique en quoi il est possible de penser ces différentes questions de manière concomitante. Voici ce qu’il explique dans une interview donnée au siteContretemps une semaine avant la marche : « Les rapports de domination, d’exploitation, de violence, de race et de classe sont à la fois imbriqués et même liés dans une co-construction dynamique. Il y a là une consubstantialité vivante, quasi organique. ». Il illustre son propos d’un exemple : « L’élève devant le lycée Bergson qui se fait sauvagement violenter par leur police républicaine est victime à la fois de la couleur noire de sa peau et de son engagement contre la loi Travail. Mais il est perçu et construit d’autant plus noir qu’il manifeste contre la loi travail, et il manifeste d’autant plus contre cette loi de précarisation qu’il est noir. Il serait vain de figer la situation en s’interrogeant sur l’emplacement du curseur de la violence des coups portés entre l’oppression raciale et l’oppression de classe. »

    Le fait que le racisme peut par exemple aggraver la précarisation d’individus ou de groupes sociaux rend évidemment caduque l’affirmation contenue dans les 4 pages, selon laquelle le racisme servirait uniquement à « séparer, humilier, atomiser ceux qui pourraient se retrouver dans un commun refus de la situation qui leur est faite. ». En effet, le racisme ne cache pas aux gens qu’ils vivent la même chose, mais leur fait vivre des choses différentes, de la même manière que le patronat ne fait pas croire aux travailleurs qu’ils sont concurrents, mais les met réellement en concurrence. Encore plus absurde est le fait de considérer que reprocher à la gauche de ne pas prendre suffisamment en compte les situations spécifiques des personnes issues de l’immigration serait un « travail minutieux de séparation des exploités entre eux » (La race comme si vous y étiez !, page 85), exploités dont on suppose qu’ils étaient parfaitement unis avant l’émergence d’un antiracisme politique. Cet argument n’est pas sans rapport avec ce que doivent entendre les membres de groupes féministes qui, parce qu’elles mettent en lumière la surexploitation des femmes ou dénoncent le fait que la figure du travailleur invoquée dans les discours politique est le plus souvent masculine, se voient souvent reprocher de « diviser la lutte ».

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  • […]

    En outre, il est difficile d’ignorer que les séparations opérées par le racisme sont présentes dans l’histoire des luttes. Ainsi, entre 1982 et 1984, lorsque plusieurs grèves d’Ouvriers Spécialisés éclatèrent dans le secteur de l’automobile, celles-ci ne furent que très partiellement soutenues par la CGT, et les grévistes furent physiquement attaqués par des ouvriers français organisés dans un syndicat patronal, au cri de « Les Arabes dans le four, les Noirs dans la Seine ! ». Si nous ne pouvons infirmer qu’il existe, comme cela est affirmé dans la publication de 4 pages, un lien entre les mouvements lycéens précédant la révolte de novembre 2005 et cette vague d’émeutes, puis entre ces émeutes et les manifestations contre le CPE, nous nous rappelons aussi de l’attitude du service d’ordre de l’UNEF empêchant des « jeunes de banlieue » majoritairement noirs et arabes de rejoindre la manifestation, rassurant par la même une partie des lycéens et étudiants des centre villes présents dans les cortèges.

    Ces exemples ne signifient pas que la convergence dans les luttes n’est pas souhaitable, ni qu’elle serait impossible. Cependant, cette convergence n’est pas atteignable en niant les différences de situations, et encore moins en diabolisant les personnes qui subissent le racisme et s’organisent contre le pouvoir. Comme cela est expliqué dans l’article L’antiracisme idéaliste du Blog Mignon chaton : « Il faut bien comprendre que le prolétariat n’a pas été crée en bloc à un moment X originel, puis divisé artificiellement à un second moment Y par un faux discours dont il suffirait de dévoiler la fausseté pour que le prolétariat renoue avec son essence unitaire. Le critère vrai/faux qui opposerait le racisme à la solidarité de classe repose sur une conception idéaliste du social : pour un prolétaire blanc, le racisme offre de réels avantages à courts termes, comme toute attitude égoïste, parce que l’on ne fait pas croire aux prolétaires qu’ils sont en concurrence sur le marché du travail, ils le sont réellement. La division du prolétariat est une division réelle, une réalité empirique, qu’on n’abolit pas, et qu’on ne dépasse pas, en lui opposant une essence qui existerait on ne sait où, dans un ciel des idées. On peut, à la limite, tenter de produire cette unité dans la lutte, mais cette lutte ne fera pas l’économie de la mise en jeu d’un certain nombre de contradictions internes à ce que l’on appelle le prolétariat. »

    Cette nécessaire prise en compte des différences de situation est l’exact contraire de ce qui est proposé par ceux qui tirent à boulets rouges sur l’antiracisme. Dans le tract daté de 1984 qu’il serait urgent de faire connaître, l’effet du racisme sur les pratiques policières est tout bonnement nié, au nom du fait qu’une balle de revolver fait le même effet à chaque personne la recevant. Doit-on aussi, en suivant la même logique, considérer que les violences conjugales n’ont pas de rapport avec le patriarcat car des coups peuvent blesser des hommes comme des femmes ? Ou encore tenter de démontrer l’absence de lien entre la classe sociale et le fait d’être SDF car le corps d’un patron comme celui d’un chômeur peut ressentir le froid ? Encore une fois, il s’agit ici d’amalgamer le social et le biologique, pour nier l’influence du racisme dans les rapports sociaux, sans bien sûr expliquer pourquoi les personnes subissant les tirs de la police sont très majoritairement noires ou arabes.

    Puisqu’ils refusent de prendre en compte les effets du racisme dans les discours qu’ils portent sur les rapports sociaux et d’analyser les luttes en fonction de l’existence de ces rapports de pouvoir, les rédacteurs de La race comme si vous y étiez ! préfèrent ironiser longuement, sur « ces histoires de discriminations raciales et de quartiers populaires » (page 79) et sur le « dragon racisme d’État » face aux « chevaliers servants de l’antiracisme » soutenant des « blanchefleurs racisées » (page 80). Les rédacteurs affirment aussi qu’il ne faudrait pas parler de « privilège blanc », ni d’une lutte pour abolir les inégalités entre « blancs » et « non blancs » car … « cela n’a strictement rien à voir avec la vie de personne. ». Puis de préciser : « Cela ne se vérifie aucunement sous nos latitudes et si ce phénomène existe à quelques endroits (et cela sera toujours trop) nous n’avons pas la prétention de pouvoir dérouler des analyses à ce sujet dans le cadre de cet ouvrage. »(pages 65-66). Ce passage est éclairant quant au fait que le but n’est pas de comprendre le racisme ni de penser l’antiracisme, mais simplement de s’en prendre à une tendance politique émergente que l’on considère comme concurrente.

    De plus, si les rédacteurs de La race comme si vous étiez ! nient le racisme français, nous constatons quelques pages plus loin qu’ils tentent de se dédouaner de leur méconnaissance des phénomènes racistes, en se cachant derrière le fait que « la domination et le racisme n’ont aucune couleur exclusive » (page 68). Cet argument est à peu près aussi stupide que celui qui suppose que « le pouvoir n’a pas de sexe », sous prétexte que des femmes ont pu avoir accès au pouvoir politique ou économique. Cela nous fait penser à ceux qui citent Margaret Thatcher pour dire que les femmes peuvent être aussi dures que des hommes, comme si son pouvoir avait eu quelconque influence sur le sexisme. En outre, insistons sur le fait que la domination n’existe pas intrinsèquement, qu’elle est un rapport structurel, socialement situé. Comme le rappellent les militants de l’antiracisme politique, en opposition aux tenants d’un antiracisme moral, le racisme n’est pas une question d’attitude, mais une question de pouvoir, et c’est donc bien le caractère structurel du phénomène qui est souligné dans les analyses de la domination raciale. C’est pourquoi nous sommes consternés par le relativisme lorsque dans les 4 pages distribuées à Rennes, nous lisons qu’il ne faudrait pas opposer « racistes « blancs » contre « non-blancs » (comme si la couleur de peau était en soi un critère d’appartenance politique) ». Non seulement, nous pouvons faire ici le pari audacieux que le fait d’être noir va peut-être jouer sur le fait de ne pas être négrophobe, mais aussi affirmer, au-delà de l’évidence, que la couleur de la peau a de fortes chances d’exercer une influence sur la manière dont on vit le racisme, et par là, sur les manières dont on s’opposera ou non au pouvoir. Nous rappelons par ailleurs que les blancs ne sont, à aucun endroit du monde, persécutés pour la couleur de leurs peaux.

    Nier la dimension structurelle du racisme permet finalement aux « amis de Juliette et du printemps » de ne se pencher que sur un seul racisme, celui … des arabes envers les noirs et les rroms. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le seul endroit où nous constatons une reconnaissance de l’existence de rapports de sociaux de race est lorsque nous lisons qu’au « PIR, apparemment, les « Noirs » sont soumis aux « Arabes », ces derniers trônent en haut de l’échelle, reproduisant ainsi des hiérarchies anciennes des temps du prophète ou de la traite négrière, tandis que les « Rroms », eux, n’existent pas. » (page 50) Finalement, ceux qui refusent de voir la race finissent quand même par voir des hiérarchies raciales... chez les autres. L’écran de fumée qui consiste à montrer du doigt le racisme supposé d’autrui pour relativiser ou nier le racisme structurel est aussi connu et usé que celui qui consiste à parler du sexisme supposé des « jeunes de banlieue » pour nier l’existence du sexisme dans les autres espaces sociaux. Outre le fait que rien n’étaye la thèse d’une quelconque hiérarchie raciale au sein du PIR, il faut de nouveau expliquer que le racisme prend corps dans des rapports de pouvoir, dans des contextes donnés. Rappelons donc que le racisme structurel en France est celui qui discrimine ceux considérés comme non-blancs, dans la continuité des rapports coloniaux.

    Rappelons aussi que les récentes manifestations ciblant les noirs au Maghreb ont non seulement été dénoncées par des militants décoloniaux, mais analysées comme une résultante de la colonisation occidentale qui a catégorisé et hiérarchisé, pour construire les divisions sur lesquelles s’appuyait le pouvoir. Par conséquent, cela ne peut en aucun cas constituer un argument pour nier ou minimiser le racisme structurel en France. De la même manière, le fait qu’en Birmanie des bouddhistes massacrent des musulmans ne contredit pas le fait que les bouddhistes sont persécutés au Tibet par le pouvoir chinois. À contextes différents, situations différentes. Et puisque reviennent ici les arguments classiques de la traite négrière par les arabes et de la négrophobie « des temps du Prophète », sans nous lancer dans un cours d’Histoire dont les « amis de Juliette et du printemps » auraient pourtant visiblement besoin, rappelons tout de même que si des arabes ont effectivement réduit des noirs en esclavage, les historiens s’accordent sur le fait que cette traite n’a jamais eu la dimension industrielle de la traite occidentale, ni été justifiée par des théories « scientifiques » sur l’inégalité raciale. Pour ce qui est des« hiérarchies anciennes des temps du Prophète » (visiblement, il n’est nul besoin de préciser lequel, le sous-entendu suffit), s’il s’agit de rappeler que la société arabe du septième siècle était férocement inégalitaire, cela ne fait aucun doute. Cependant, il nous semble difficile de voir en quoi le fait qu’à différentes époques les pouvoirs politiques ont hiérarchisé les populations pour gouverner remettrait en cause l’analyse décoloniale de la situation contemporaine. Par ailleurs, s’il s’agit de désigner ici l’Islam comme responsable des hiérarchies sociales, du septième au vingt-et-unième siècle, l’argument relève de l’amalgame le plus grossier. Cet intérêt soudain pour le racisme des arabes envers les noirs semble finalement avoir pour seul but de désigner les personnes subissant le racisme comme les principales coupables, tout en s’innocentant soi-même.

    Cette volonté de nier par tous les moyens l’existence d’un racisme structurel en France semble avoir un seul but : délégitimer l’antiracisme politique et autonome, dont la publication des analyses dans des maisons d’édition ou sur des sites internets relèverait d’une « hégémonie politico-mafieuse » (page 225). L’auto-organisation prônée par plusieurs courants est ainsi disqualifiée, les rédacteurs ironisant à propos de « la sacralité de la parole (et éventuellement de la connerie) des « premiers concernés » », puis font mine de s’interroger :« nous nous demandons bien qui pourra parler au nom des sourds muets » (page 80) ... Nier le fait que ceux qui luttent à partir de leurs expériences du racisme s’opposent à des pouvoirs racistes permet aussi d’amalgamer toutes les affirmations subjectives et d’opposer, dans un refus de prendre en compte les positions des uns et des autres et les rapports de pouvoir existants, un égal mépris à ceux qui s’organisent « en tant que (et pas en étant) noir, juif, punk, végétarien, skateboarder, homme, pizzaiolo, pan-sexuel, etc ». (page 13).

    Toutes les organisations de l’antiracisme politique sont ainsi diabolisées pour le simple fait d’exister. La voix des Rroms, en plus d’être accusée d’être un faire-valoir du PIR, se voit ainsi reprocher de porter des « intérêts victimaires » (page 21) en luttant contre la rromophobie de l’État français. Paroles non blanches, expérience antiraciste non-mixte à l’université Paris 8, est qualifiée, dans une rhétorique proche du conspirationnisme, de« tentative d’OPA bancale sur le mouvement contre la loi El Khomry » menée par « quelques étudiants racialistes » (page 51). Là aussi, ces procès d’intention ne sont pas sans rappeler l’angoisse de ceux qui, au même moment, disaient qu’il était « sexiste » de faire un comité féministe non-mixte à l’université Rennes 2 pour imposer une autre répartition des tâches et de la parole à l’intérieur du mouvement.

    Nous comprenons que, pour les « amis de Juliette et du printemps », toute analyse du racisme ou du colonialisme prenant en compte la structuration raciste du corps social est « racialiste ». Ainsi, les membres de l’Union Juive Française pour la Paix sont eux aussi considérés comme « racialistes » … car ils luttent en tant que juifs (pages 58-59). Tout aussi absurde, constater que les Palestiniens font face à une politique coloniale et raciste menée par Israël serait une « assignation » « et prouverait une volonté de « racialiser toute question »(page 165). Nous notons ici qu’il n’est à aucun moment considéré que l’« assignation » puisse être opérée par l’État d’Israël, lequel, en plus d’occuper la Palestine et de mettre en place des checkpoints, impose la mention « Arabe » sur les papiers d’identité de ceux d’entre eux qui vivent en Israël, interdit les mariages mixtes, impose l’existence de routes séparées en Cisjordanie pour les Palestiniens et les colons israéliens et interdit aux habitants de la Bande de Gaza d’en sortir.

    Dernier exemple : pour nier le fait que les positions occupées face au racisme ont un effet sur les perceptions et les positions dans les luttes, il est, dans La race comme si vous y étiez !, affirmé sans honte qu’il serait « racialiste » de dire « vos oppresseurs allemands » à des juifs, et qu’il n’y aurait pas de juifs ayant résisté au nazisme « en tant que juifs », mais seulement « en étant juifs », comme si être juif et s’opposer au nazisme relevaient dans tous les cas de la coïncidence fortuite (pages 163-164) ... En niant, au nom d’une détestation de l’antiracisme politique, la possibilité de s’organiser à partir d’une expérience du racisme, on va donc jusqu’à affirmer que le fait d’être juif, l’expérience de l’antisémitisme et le génocide en cours n’avaient pas d’influence dans la manière de se positionner vis à vis du nazisme, et ce au mépris de la mémoire des mouvements de résistance qui ont revendiqué leur identité juive … Le ridicule ne tue pas, l’indécence non plus. […]

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  • III – Nier les effets du colonialisme pour tenter de disqualifier toute politique décoloniale.

    Si la négation de la structuration raciste des rapports sociaux est présente au cœur de la prose de ceux qui considèrent l’antiracisme comme « racialiste », cette négation a pour corollaire un refus d’analyser l’histoire du colonialisme. Dans La race comme si vous y étiez !, il est ainsi reproché à H*uria Boutelja et au Parti des Indigènes de la République de trop s’intéresser à l’histoire de l’Algérie coloniale et de ne pas condamner la politique menée par le FLN après l’indépendance ni les crimes des islamistes algériens (page 133). Au delà des procédés douteux consistant à demander à chaque personne saluant la lutte anticoloniale de « condamner » la politique mise en place par le gouvernement algérien après l’indépendance, et de suspecter chaque personne faisant référence à l’Islam de complaisance avec des crimes commis par des islamistes, nous notons ici une ignorance du fait que les militants du PIR analysent l’histoire du colonialisme car ils considèrent que des rapports coloniaux sont encore présents dans la politique menée par l’État français. A titre d’exemple, nous pouvons rappeler que la BAC, notamment connue pour ses contrôles au faciès et ses insultes racistes, est à la fois le prolongement de la Brigade nord-africaine, chargée dans les années 30 de rafler les immigrés pour les ficher, et de la Brigade des Agressions et des Violences, créée en 1953 pour traquer les indépendantistes algériens dans les bidonvilles. En outre, comme cela était déjà expliqué en 2005 dans l’Appel des indigènes de la République :« La France reste un État colonial ! En Nouvelle Calédonie, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Polynésie règnent répression et mépris du suffrage universel. Les enfants de ces colonies sont, en France, relégués au statut d’immigrés, de Français de seconde zone sans l’intégralité des droits. Dans certaines de ses anciennes colonies, la France continue de mener une politique de domination. Une part énorme des richesses locales est aspirée par l’ancienne métropole et le capital international. »

    Sans avancer un seul argument pour remettre en cause le constat de la persistance de rapports coloniaux, ou simplement tenter d’invalider une analyse de l’influence des guerres coloniales dans l’histoire de la République, les « amis de Juliette et du Printemps » reprochent par exemple à la Maison de la Grève d’avoir rappelé lors d’un séminaire intitulé Contre l’état d’urgence, penser l’état du monde que le premier vote de l’état d’urgence (en 1954) était lié à la situation en Algérie (page 109). A propos du PIR, on apprend aussi qu’exiger la reconnaissance des crimes du colonialisme par l’État français serait une erreur car … « nous ne savons pas ce qu’est la France, concrètement » (page 74). En outre, les personnes qui, comme H*uria Boutelja, considèrent le soutien des porteurs de valise aux militants du FLN comme un exemple d’« amour révolutionnaire » se voient reprocher de « continuer à jouer de la fascination anti-impérialiste, à faire encore miroiter les vieux mirages d’un peuple en lutte derrière quelques combattants courageux. » (page 125), sans que nous ne comprenions en quoi les Algériens qui se sont opposés en masse au colonialisme ne constituaient pas « un peuple en lutte ».

    Aussi, les développements sur la cause palestinienne sont éclairants quant au peu d’attention portée par les « amis de Juliette et du Printemps » à la question coloniale. Reprenant la propagande de l’État israélien, il est ainsi écrit dans La race comme si vous y étiez ! que les accords signés à Camp David entre les pouvoirs israélien et égyptien pour liquider le soutien à la résistance palestinienne avaient permis d’ « entrevoir des perspectives de paix (vite oubliées) dans le conflit israélo-arabe », les accords étant uniquement « impopulaires dans les cercles de pouvoir panarabes ou islamistes » (pages 168-169) et non, par exemple, dans les rues de Palestine ou des camps de réfugiés. De plus, si la deuxième intifada est critiquée car définie comme« religieuse », la révolte en cours en Palestine que certains nomment « troisième intifada » est dénoncée comme « raciale », et les membres de l’Union Juive Française pour la Paix seraient « de bons gros antisémites » (page 30) car ils la soutiennent.

    Alors que les Palestiniens qui se révoltent sont décrits comme guidés par un projet « religieux » et « racial », un seul passage, pour le moins ambigu, concerne le sionisme, mouvement nationaliste qui a colonisé la Palestine, expulsé une partie de ses habitants, et dont se revendique le gouvernement israélien qui instaure l’apartheid dans les territoires occupés. Si les rédacteurs de La race comme si vous y étiez ! reconnaissent que « les spécificités du projet sioniste et des migrations qu’il a provoquées sont indéniables, et cela peut à bon droit poser problème à des internationalistes ou à des diasporistes », c’est aussitôt pour se demander, « quel est le problème pour une nationaliste, admirant le président d’Iran, pro-palestinienne et ne parlant que de l’Algérie ? » (page 159). Sous-entendre qu’être « pro-palestinienne » est un élément disqualifiant et considérer que les Palestiniens ne font pas partie des personnes à qui le mouvement sioniste peut « poser problème » en dit long sur le type d’ « internationalisme » auquel se référent les « amis de Juliette et du Printemps » ...

    Aussi, nous pouvons lire que les membres du collectif Juives et Juifs révolutionnaires sont considérés comme antisémites car, en plus d’avoir défilé à la première marche de la dignité, ils ont scandé « Derrière le sionisme se cache le capital ! » (page 59). Rappelons que le sionisme, mouvement colonial, est apparu au XIXème siècle dans le contexte du développement des États-nations et est aujourd’hui soutenu par tous les États occidentaux. S’il n’y a pas, contrairement à ce que disent les antisémites, de « complot sioniste mondial », ni de « France des droits de l’homme effrayée par le lobby juif », il y a au contraire un ensemble d’entreprises, d’institutions et d’États qui tirent profit de la colonisation, de la confiscation des ressources naturelles et des ventes d’armes. En accusant d’antisémitisme ceux qui établissent un lien entre le capitalisme et la colonisation menée par Israël, les « amis de Juliette et du printemps » montrent ici leur peu de cas de l’histoire du colonialisme et de son lien avec le capitalisme.

    Cette négation des effets comme des causes du colonialisme est bien sûr en lien avec la négation du racisme colonial ou post-colonial. Dans les deux seules pages du livre portant sur la situation des maghrébins et français d’origine maghrébine, l’existence d’un « « racisme d’État » systémique » contre ces derniers est tout bonnement niée, les rédacteurs de l’ouvrage se bornant à affirmer qu’on « ne les rencontrera pas » « dans les boulots payés en deçà des normes » (page 131) et que « nombreux sont ceux qui ont déserté les barres HLM » (page 132). Ces affirmations approximatives masquent mal une volonté d’ignorer que nombre de cités HLM ont été construites pour entasser les travailleurs immigrés et que leurs descendants sont, encore aujourd’hui, souvent aux prises avec une gestion coloniale de ces quartiers. Le comble de l’indécence vient quelques lignes plus loin, quand les seules discriminations que les « amis de Juliette et du Printemps » admettent sont celles vécues par« la middle-class et la bourgeoisie un peu trop basanée » qui « rencontrent plus d’obstacles pour parvenir », avant d’ajouter, « mais est-ce vraiment notre problème » (page 132) ...

    Si les auteurs de ces textes dénigrant l’antiracisme et niant la structuration raciste des rapports sociaux se disent marxistes, nous constatons qu’ils ne disent absolument rien des rapports de production et qu’ils s’enferment dans une vision homogénéisante et figée des classes sociales. Des analyses marxistes, comme celles publiées sur le blog Carbure, ont pourtant pour sujet la subdivision raciste des classes sociales : « Le rapport de classes en France s’est construit sur l’attribution des travaux les moins qualifiés à une main-d’œuvre issue des anciennes colonies, afin de permettre, dans une division du travail qui allait en se complexifiant, la qualification d’une grande partie de la classe ouvrière sans pour autant faire exploser les salaires. Cette division est devenue structurelle, c’est-à-dire « naturelle ». La classe moyenne française s’est elle-même construite sur cette division ethnique du travail, qui arrangeait (presque) tout le monde : c’était les Trente (presque) glorieuses. Avec la restructuration des années 1970-80, le démantèlement des grands centres ouvriers, et le développement des « villes nouvelles », cette assignation raciale de la partie la plus exploitée du prolétariat s’est redoublée d’une assignation géographique, tandis que le chômage de masse devenait structurel. La classe ouvrière blanche, les ouvriers en « blanc de travail » (ouvriers qualifiés, maîtrise), ont alors progressivement abandonné les cités aux ouvriers racisés et à leurs familles, jusqu’à ce que le travail tel qu’on l’avait connu disparaisse tout à fait. »

    La négation du racisme d’État et des divisions qu’il opère au sein des classes populaires en France les conduit à ignorer la sophistication des formes que prend désormais le racisme ; et les manières dont l’antiracisme politique va se structurer en réaction. Ainsi, « les Amis de Juliette et du printemps » considèrent qu’à travers « les luttes contre la dite « islamophobie » (…) il s’agit de défendre une identité religieuse plutôt que de lutter contre un quelconque racisme » (page 88) et que cette lutte « se positionne ainsi dans un horizon absolument réactionnaire et défend les plus conservateurs de l’islam politique » (page 191). Si l’argumentaire est digne de Caroline Fourest, il se positionne par ailleurs dans la continuité des mythes que la polémiste a contribué à construire.

    En effet, l’idée selon laquelle le terme « islamophobie » aurait été crée par des mollahs iraniens pour empêcher toute critique de la religion musulmane a été popularisée par Manuel Valls qui reprenait des propos de Caroline Fourest et Pascal Bruckner. A contrario des constructions de ce qu’ils nomment les« islamophobes de plume », les sociologues Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat, auteurs de l’ouvrage Islamophobie, comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman » rappellent que s’il existait une « archive antimusulmane » dans l’Europe chrétienne du VIIème siècle, le terme « islamophobie » apparaît pour la première fois en 1910, dans le contexte colonial, sous la plume « d’ethnologues - administrateurs » français. Présentant son ouvrage dans une interview au site Rue 89, Marwann Mohamed explique ainsi que « ces spécialistes de l’islam ouest-africain ont inventé le terme pour dénoncer une frange de l’administration coloniale qui affiche ouvertement son hostilité à l’encontre des musulmans et de la religion musulmane. Ce qui, selon eux, tend à fragiliser la domination coloniale française. » Ironiquement, loin d’être le fait « des plus conservateurs de l’islam politique », le terme vient donc… des colons français souhaitant maintenir le pouvoir colonial.

    De plus, Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat montrent que l’islamophobie contemporaine s’affirme en France au début des années 1980 dans le contexte des grèves à PSA en 1982-1983 que Gaston Deferre va dénoncer comme « des grèves saintes, d’intégristes, de musulmans, de chiites ». A partir de ce moment, médias et politiques vont construire « un problème musulman », basculant ainsi du « problème de l’immigration » à celui de l’Islam. Les amateurs d’archives ne sont pas sans ignorer que les années 1980 sont aussi celles qui voient les banlieues lyonnaises s’enflammer contre le racisme des flics, mais aussi celles d’une première structuration du mouvement antiraciste. Basculer du « problème de l’immigration » au « problème religieux » va ainsi permettre - en réaction à la dénonciation morale du racisme - de créer un « racisme acceptable » pour reprendre les mots de Saïd Bouamama et Pierre Tévanian, et de maintenir, sous un discours différent, la domination sur les sujets post-coloniaux. Comme l’écrivent Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat, la surenchère médiatique et politique s’appuie « pour beaucoup sur les grilles de lecture policières, selon lesquelles les pratiques religieuses musulmanes (…) peuvent constituer des indices du « communautarisme » et de la « radicalisation » politique des musulmans. (...) Une pratique religieuse devient, dans le sens commun médiatique, une pratique politique menaçante. » […]

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  • Le troll est il sur la piste de l’expression « Les amis de Juliette »

    • va t il comprendre et lire ?

    1972 et avant !

  • Les effets de l’islamophobie vont s’accentuer après les attentats du 11 septembre 2001, justifiant des mesures spéciales rappelant certaines dispositions prises par le pouvoir colonial en Algérie. La loi de 2004 contre le voile à l’école semble en effet faire cruellement écho aux cérémonies de dévoilement des femmes algériennes dans les années 1930. Dans L’an V de la révolution algérienne, Fanon souligne ainsi « que ce voile, élément parmi d’autres de l’ensemble vestimentaire traditionnel algérien va devenir l’enjeu d’une bataille grandiose, à l’occasion de laquelle les forces d’occupation mobiliseront leurs ressources les plus puissantes et les plus diverses et où le colonisé déploiera une force étonnante d’inertie » Dans ce contexte de continuum colonial, rien d’étonnant à ce que l’antiracisme politique en France se saisisse avec virulence de la lutte contre l’islamophobie, puisqu’elle est une des formes les plus visibles et les plus manifestes du racisme d’État.

    En outre, dans le contexte français, après les assassinats des dessinateurs de Charlie Hebdo et le massacre des clients de l’HyperCasher, après l’attaque du Bataclan, l’islamophobie ambiante s’est affirmée de manière virulente. Dans le cadre de l’état d’urgence, c’est toute la population considérée comme musulmane qui a été construite en ennemie de l’intérieur. La majorité des perquisitions et arrestations préventives ont concerné des musulmans. Dans ce contexte, affirmer que le PIR donne « un consentement mou aux attentats » (page 71), et ce en dépit de toutes leurs déclarations à ce sujet, c’est s’inscrire entièrement dans la logique islamophobe et guerrière supposant que toute personne qui lutte contre l’islamophobie et dénonce les guerres occidentales au Moyen-orient consent implicitement aux massacres de l’État islamique.

    Dans leur logique de dénonciation de la lutte contre l’islamophobie, « les amis de Juliette et du printemps » en arrivent à la considérer comme un « assujettissement à la religion des autres » (page 109-110), comme ils l’écrivent à propos de la Maison de la Gréve, dont le tort est d’avoir invité Thomas Deltombe à exposer ses analyses de la construction du phénomène. Il est pourtant difficile de nier, surtout quand on prétend incarner une radicalité opposée à la police et à la justice, que les conséquences de l’état d’urgence se sont principalement faites sentir sur les musulmans, entre assignations à résidence et perquisitions de mosquées… Thomas Deltombe souligne en effet à quel point la construction médiatique d’un « Islam imaginaire » a construit le mythe d’un « ennemi de l’intérieur », qui subit de plein fouet « la lutte contre le terrorisme » et dont la justification médiatique n’est pas sans rappeler l’imagerie antisémite européenne des XIXème et XXème siècle.

    Loin de reconnaître les liens évidents qui unissent l’islamophobie contemporaine et l’antisémitisme européen, les rédacteurs de l’opuscule préfèrent affirmer qu’il y a des « bons gros antisémites à l’UJFP [Union Juive Française pour la Paix] » (pages 58-59), à qui ils reprochent de faire ce lien. Pourtant, comme le rappelle Edward Saïd dans Réflexions sur l’exil, antisémitisme et islamophobie sont issus de la même archive coloniale : « auparavant les orientalistes européens et chrétiens étaient ceux qui fournissaient à la culture européenne des arguments pour coloniser et supprimer l’Islam, ainsi que pour mépriser les Juifs ». Ironie de l’Histoire, nous constatons aujourd’hui un soutien à la politique coloniale israélienne par une extrême-droite historiquement antisémite, ainsi que l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme dans des discours gouvernementaux réduisant le phénomène à « l’antisémitisme des banlieues ».

    N’en déplaise aux « amis de Juliette et du printemps », pour qui le « philosémitisme » est simplement « le fait de ne pas détester les juifs » (page 154), cette notion, initialement popularisée dans les milieux antiracistes en France par Daniel Bensaid, Rudolf Bkouche et Ivan Segré, désigne l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme à des fins racistes. En essentialisant les juifs et en tentant de leur assigner un rôle de défense de l’Occident, le philosémitisme est, comme le rappelle l’Union Juive Française pour la Paix, « une forme d’antisémitisme ». Par conséquent, toute prise de position réellement antiraciste doit s’attacher à articuler ensemble luttes contre l’antisémitisme et contre l’islamophobie, au lieu de jouer le jeu du racisme d’État en accusant d’antisémitisme les militants de l’antiracisme politique.

    Enfin, le dénigrement par les « amis de Juliette et du Printemps » de l’identité politique décoloniale est une autre preuve de leur ignorance. Les rédacteurs de La race comme si vous y étiez ! affirment en effet qu’il s’agirait d’« une identité politique anhistorique, décontextualisée, à la prétention millénaire. » (page 124), et que, pour ceux qui s’en réclament, « l’histoire du monde tient en deux dates : 1492 et 1830. Le point de vue “décolonial” – le terme “décolonial” remplace “anticolonialiste”, ou même “révolutionnaire” d’ailleurs, et ouvre une identité politique permanente, décontextualisée –, ne voit l’histoire du monde que depuis le prisme de l’histoire des relations franco-algériennes » (page 20). Pourtant, comme l’explique la militante libertaire Irène Pereira sur le site Grand angle : « le décolonial n’a guère à voir avec les relations franco-algérienne car il s’agit à la base d’un courant de pensée latino-américain (d’où la référence à 1492). Une autre idée fausse que l’on trouve dans les milieux libertaires, c’est que ces théories seraient postmodernes et s’opposeraient à une approche matérialiste. En ce qui concerne la pensée décoloniale, elle a à l’origine plus à voir avec la théorie de la dépendance et la philosophie de la libération, qui sont des courants latino-américains, qu’avec les théories postmodernes. De même, les origines de la théorie de l’intersectionnalité se trouvent plutôt dans les courants féministes noirs américains que dans le postmodernisme. La réception en France s’est faite en particulier via des réseaux issus du féminisme matérialiste. Une autre simplification que l’on trouve consiste dans une réduction du queer aux approches postmodernes par opposition au matérialisme. Mais une telle conception est nettement contestable dans le queer of color qui a eu impact non négligeable sur le mouvement Black Lives Matter. » […]

    https://nantes.indymedia.org/articles/37534

  • Le troll abandonne il la piste de l’expression « Les amis de Juliette  »

    pourquoi, déjà en 1972, est elle écrite
     ?

  • Onze réfutations aux agaçant-e-s racistes et racialistes structuralistes sociaux

    Quelques très mauvais arguments de ce texte : (dans l’ordre de lecture)

    * * Les anti-racialisatrices et anti-racistes seraient tous / toutes des blanc-he-s

    * * il est impossible, impensable de ne pas être ou penser "post-coloniales" (et de la seule et unique façon qui convienne ) + une allusion : voire les anti-racialisatrices et anti-racistes seraient peut être même parfois des anti-féministes !

    * * réalité sociale permet de dire "Race" mais ce n’est pas raciste - cependant ici en opposition à tout ce texte essentialiste ( relire argument n°1 ). Quelle dépassement d’identité est pensé par ce milieu "racialisateur" ? Aucun !

    * * des laïcard-e-s extrémistes républicain-e-s finkielkrautiens - insulte psy-socio-intello ? d’extrême droite alors que vous reprenez leur vocabulaire et concepts ?! Alors que les néo-nazis comme Boris Le Lay apprécient, que les cathos tradis intégristes de radio courtoisie kiffent votre race ?! Inversion ?

    * * "manque de curiosité intellectuelle " _ insulte psy etc ... ?

    * * Gros Scoop : "privilège blanc" est utilisé de manière essentialiste à l’inverse de ce que ce texte essaie de faire croire (ou de s’auto-persuader). Ainsi le "privilège blanc" concerne les flics racisé-e-s, les bourgeois-es racisé-e-s, les universitaires racisé-e-s etc ...

    ** **
    C’est vous les héritier-e-s et allié-e-s politiques du PCF (passée ou présent ). Ce reproche ne concerne pas le milieu que vous visez mais vous même et vos allié-e-s (par exemple : Big Up Alain Gresh, Françoise Vergès et les autres stal’ )

    * * Votre oubli et déni systématique des classes sociales ! Vous n’êtes pas intersectionnalistes ; vous imposez suivant vos mots d’ordres, vos stratégies etc ... des priorités et focalisations de luttes !

    * * Vous construisez socialement (notons que littéralement tout est construit socialement) une oppression militante majoritaire (dans un camp révolutionnaire minoritaire ) . Notons que vous psychologisez vos adversaires politiques (lire plus haut)

    • * * * Alors changer la société ou changer de sociétés ?

    * * visibiliser ? les seul-e-s que vous visibiliser avec vos stratégies d’alliances sur base identitaires sont des personnes pour qui l’identité raciale (donc essentialisée ) constitue un préalable ou bien l’identité religieuse essentialisée comme les islamistes ou islamo-gauchistes ... pas terrible !

    Par exemple, pourquoi et comment les statuts et concepts : de métis, métisse, métissage se trouvent détestés de vous et/ou de vos allié-e-s ?

    Idem pour les musulman-e-s révolutionnaires ou progressistes ?

    Vous produisez de l’invisibilisation par vos positionnements, en êtes vous conscient-e-s ?

    Les assymétries que vous théorisez nous font fortement douté de votre positionnement dans le camp égalitariste qui est non-négociable pour beaucoup de révolutionnaires mais peut être est ce là votre utilité, votre combat : l’inégalité ?

    ** ** ** Des conseils de lecture non stal’ seraient mieux venus ! On vous conseille ’pour commencer en douceur ) Anne Archet ainsi que toute la littérature de dépassement des identités dont queer (même chez Judith Butler les analyses sont moins binaires / manichéennes ) !

    lutter pour la reconnaissance des refus ou pas ?!

    * * * * * Si vous pensez que seul-e-s les "blanc-he-s" sont racistes ou capable de racisme, vous faites encore de l’essentialisme qui est du racisme ! Toutes les personnes de toutes identités (qui sont socialement produites) peuvent le faire (même remarque pour le colonialisme que votre nationalisme tiers-mondiste aveugle et oriente).

    Les camarades de Tarnac sont d’après vous des :

    dominant-e-s

    jouissant-e-s de privilèges

     ?

      • Votre application et compréhension de l’ intersectionnalité ( intersectionalisme ) s’arrête à mi chemin ...

    1) Les oppressions et dominations sont plus nombreuses que le triptyque "Classe-Genre-Race".

    2) Beaucoup de nuances et de progressivités (ou de non binarité) dans chaque catégories (que vous figez, simplifiez ou/et réduisez ). Ce sont des continuums de classe-race-genre-sexualité-religion-politique-validité-etc ...

    3) Votre analyse de la "domination" évolue entre les bornes du post-modernisme (ou de certains post-modernismes) ; courants intellectuels mal définis dans lesquels d’un point de vue philosophique ou épistémologique, des révolutionnaires ne se reconnaissent pas (par exemple : femme, pauvre, racisée, non-valide, cis ...). Vous réactivez les apories dépassées du structuralisme (sauce néo-stalinienne).

    4) ce vous nommez "Légitimité" ressemble à une interdiction de s’exprimer - "autoritarisme" de notre point de vue (limite "fascisme") !

    5) Laissons de coté votre méconnaissance des thèmes de conscience et d’identité dans la théorie marxiste - on dirait les habituels trolls des indymédias francophones

    6)La performativité du langage ça vient de votre camp philosophique - et là encore, c’est une de vos impasse théorique... Dans un cas ce n’est "pas bien" et cela modifie les perceptions ; dans l’autre c’est "cool" et sans effet ... (TAVU on lit aussi vos "trucs".)

    7)Se rapproprier tout : sale prolo ou sale blanc comme sale hétéro / hétéra ou sale cis ? ! ?

    8)Profondément basée sur une politique de l’affect et du sentimentalisme, comprenez que cette base soit "socialement construite" et tou-te-s nous n’avons pas la même ou même envie de fonder sur ceci notre politique.

    9) Choix (notion libérale) ? par exemple, les religions ça oppresse ou pas ?

    10) D’un point de vue matérialiste, "la société" n’est pas extérieur à nous. par exemple https://www.cairn.info/revue-l-annee-sociologique-2008-2-page-299.htm ... plutôt que les mauvais articles (à ce stade) de wikipédia sur le sujet (désolé pour les compas révolutionnaires anti-sociologie, mais il faut en passer par là).

    11) Assez marrant pour finir que vous repreniez (détourniez ou récupériez) une illustration issue des compas de l’émission sortir du capitalisme - http://sortirducapitalisme.fr/ - qui critique vos théories, postures, actions, alliances et positionnements. Cette image propose un dépassement d’identités, ce que vous ne faites pas du tout !

    Connaissez vous les débats "identitaire contre post-identitarisme" ?

    Les médias dominants n’en parlent pas !

    Demandez vous pourquoi ?

  • IV – Construire le PIR comme épouvantail et diaboliser l’antiracisme politique dans le but d’empêcher les convergences.

    Si, comme nous l’avons constaté, les rédacteurs de La race comme si vous y étiez ! ne disent pas grand chose du racisme, nient son caractère structurel et alignent les invectives contre ceux qui utilisent le mot « race », nous avons dans les trois premières parties de notre développement choisi d’ignorer leur obsession à l’encontre du Parti des Indigènes de la République. Notre priorité était de démontrer que l’enjeu de cet opuscule est moins la critique du discours d’un parti politique que la négation du racisme structurel et la diabolisation de l’antiracisme politique sous toute ses formes. Dans La race comme si vous y étiez !, après une première partie rendant compte avec plus ou moins de mauvaise foi d’une soirée de présentation du livre Les blancs, les Juifs et nous dans un bar parisien, et listant nommément les personnes présentes dans un style qui s’apparente au rapport de police, la seconde partie de l’ouvrage attaque tous ceux qui entretiennent des liens avec l’antiracisme politique, ou simplement acceptent d’en débattre.

    Dans la majorité des cas, il s’agit bien plus d’étiqueter et de créer des réputations que d’argumenter. Ivan Segré, auteur d’un article critiquant de manière virulente le chapitre « Vous, les Juifs » est défini comme un « talmudiste « philosémite » de service » et est attaqué pour son texte « s’inscrivant dans le cadre de la campagne marketing de promotion du brûlot antisémite » (page 113). Malgré sa charge à l’encontre de la porte-parole du PIR, Ivan Segré se voit donc considéré comme une caution à l’antisémitisme que les « amis de Juliette et du Printemps » prêtent à H*uria Boutelja, et ce pour le simple fait qu’il lui « distribue bons et mauvais points » (page 113), c’est à dire qu’il reconnaît une certaine pertinence aux constats du PIR à propos des structures racistes de la France post-coloniale.

    Thierry Schaffauser, militant d’Europe-Écologie et du Strass, est quant à lui assigné au rôle d’ « homo du PIR »par les « amis de Juliette du Printemps », qui lui reprochent d’avoir écrit une tribune de soutien aux Indigènes de la République sur le « site LGBT controversé, Yagg » (page 99). Autre reproche fait à Thierry Schaffauser, le fait d’être proche de « mouvances racialistes et « antisionistes » borderlines dont il diffuse régulièrement la propagande sur les réseaux sociaux (PIR, LMSI, BDS, CRAN, etc) ». (page 102) Nous ne saurons pas pourquoi Les Mots Sont Importants (collectif luttant contre le racisme d’État, créé en 2004 dans le contexte de la lutte contre la loi d’interdiction du voile à l’école), la campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions à l’égard d’Israël ou le Conseil Représentatif des Associations Noires seraient « borderlines », pas plus que nous ne saurons pourquoi nous devons considérer Yagg comme un « site LGBT controversé ». Nous sommes simplement enjoints à croire les rédacteurs de l’ouvrage, sous peine d’être bientôt nous-même « controversés »ou dénoncés comme liés à la « mouvance racialiste » si nous venions à en « diffuser la propagande sur les réseaux sociaux ».

    La troisième partie du livre, la plus longue, est intitulée « Se frayer un chemin dans l’ignominie » et se présente comme un résumé du livre de H*uria Boutelja. Les « amis de Juliette et du printemps » nous présentent le but de ce « résumé » : il s’agirait de « traverser l’épaisseur étouffante de cet opuscule » pour « limiter le moment de dégoût et d’ennui passé en compagnie de ce texte » (page 137). Si les rédacteurs de La race comme si vous y étiez ! sont suffisamment téméraires pour avoir réussi à lire l’ouvrage, nous sommes donc clairement invités à ne pas le lire, mais simplement à les croire. Comptant sur le fait que leurs lecteurs n’aillent pas voir par eux-même, les « amis de Juliette et du printemps » se croient donc autorisés à raconter n’importe quoi.

    En plusieurs endroits du livre, les procès d’intentions sont grossiers et risibles. Dressons en une liste non-exhaustive. H*uria Boutelja, qui admire Jean Genet pour son soutien au Blacks panthers, aux feddayinPalestiniens et pour son refus d’absoudre les crimes de la France au nom de la mémoire de la résistance au nazisme, se voit suspectée de partager la fascination pour le nazisme du personnage d’un roman de Genet, livre que, pourtant, elle ne cite pas (pages 41-43). Autre exemple, quand elle utilise l’expression « coûter une bagatelle » ce serait une référence à Bagatelles pour un massacre, pamphlet antisémite de Louis-Ferdinand Céline (page 142) … Quant au fait qu’elle a déclaré dans une conférence qu’elle était pessimiste à propos de la possibilité de trouver un éditeur près à publier ce livre ce serait … parce qu’elle aurait imaginé un complot juif (page 45). Aussi, lorsqu’on lit « La parole des colonisés est dense. Elle est puissante. Elle ne ment pas. », pour les « amis de Juliette et du printemps », « c’est Pétain qui se fait entendre. C’est la terre qui ne ment pas, non ? », avant d’affirmer qu’écrire qu’une parole « ne ment pas » revient à … « citer Pétain » (page 166 ).

    A d’autres endroits, les « amis de Juliette et du printemps » entendent profiter de la méconnaissance des positions du PIR par leurs lecteurs pour créer un rejet ou de la suspicion. Ainsi, lorsque H*uria Boutelja remet le développement de l’antisémitisme européen dans le contexte de l’histoire du racisme et considère que le nazisme prolonge l’histoire coloniale et le racisme européen, elle se voit accusée de … défendre le nazisme. Nous pouvons lire dans La race comme si vous y étiez ! que considérer Hitler comme « un bon élève du colonialisme » (le qualificatif étant choisi, rappelons le, par une militante se revendiquant de l’anticolonialisme) viserait à ... en donner une image positive puisqu’ « aux bons élèves, on ne peut pas faire la guerre, n’est-ce pas ? » (pages 171-172). La citation d’Aimé Césaire, qui dans le Discours sur le colonialisme affirme à propos de l’Occident et plus particulièrement de la France qu’ « une civilisation qui justifie la colonisation (…) appelle son Hitler, son châtiment » ce serait, pour les « amis de Juliette et du printemps » … « une référence pour initiés aux déclarations de Youssef al-Qaradâwî quand il affirme que le nazisme est une punition divine contre ces mécréants particuliers que sont les juifs » (page 34). Tout aussi gênant, quand elle nomme la volonté nazie de « faire disparaître une race de la surface de la terre », les « amis de Juliette et du Printemps » affirment que la mention par la porte-parole du PIR de la volonté nazie de faire disparaître les juifs révélerait … « une espérance déçue » (pages 169-170).

    A propos du féminisme, H*uria Boutelja se demande dans le chapitre « Nous, les Femmes indigènes » de son livre, « quelle est notre marge de manœuvre entre le patriarcat « blanc » et dominant et le « nôtre », indigène et dominé ? Comment agir quand la stratégie de survie du dernier consiste à exposer ses pectoraux, à faire étalage de sa virilité » ? », et mentionne un « difficile compromis entre l’intégrité, la sauvegarde du groupe et la libération de l’individu » (page 83). Pour les « amis de Juliette et du Printemps », ce serait « exonérer les oppresseurs », avant d’asséner : « H*uria attribue un permis de violer, de battre et de tuer » (page 55). Plus loin, il sera de nouveau mentionné dans La race comme si vous y étiez ! une supposée « défense des violeurs » par H*uria Boutelja, dont la proposition relative à l’émergence d’un féminisme décolonial ne serait qu’un « alibi » (page 209).

    Si ces procès d’intention sont décelables par tous, à d’autres endroits, les manipulations ne peuvent être remarquées que si l’on a lu ses textes. A la page 163, pour tenter de prouver l’antisémitisme de la porte-parole du PIR, est reproduite une citation disant à des juifs « vous nous avez colonisés », avant d’ironiser sur la porte-parole du PIR « qui, comme chacun sait, est opprimée par les juifs » (page 163). En réalité, ces propos, s’ils sont présents dans le livre, ne sont pas d’elle, et ne s’adressent pas aux juifs français : ils sont la citation d’un Palestinien s’adressant à des Israéliens qui ont, effectivement, colonisé la Palestine … A la page 100, pour faire semblant de démontrer qu’H*uria Boutelja est homophobe, il lui est attribué la phrase selon laquelle « le choix de l’homosexualité est un luxe », phrase qui serait bien sûr homophobe si elle avait été prononcée. En réalité, ces propos, mis entre guillemets par les « amis de Juliette et du printemps » qui les attribuent à la porte-parole du PIR, sont ceux d’un journaliste de Street press, faisant semblant de résumer une intervention d’H*uria Boutelja, laquelle rappellera plusieurs fois n’avoir jamais affirmé une chose pareille. Voici ce qu’elle dit à ce propos dans son interview à Jeune Afrique : « Mes propos ont été déformés dans la presse. J’ai simplement dit que les identités LGBT sont un phénomène nouveau en Europe, au 19ème siècle ça n’existait pas. Elles sont essentiellement européennes. Il faut distinguer la pratique homosexuelle et l’identité sociale homosexuelle. Celle-ci n’est pas reconnue et nommée dans tous les pays. Dans certains pays il y a une reconnaissance sociale d’un phénomène sans que cela soit politisé, lié à des revendications ou à une demande d’identification. Et, dans d’autres pays c’est l’inverse, comme en Occident. (…) Nous disons simplement qu’à partir du moment où la question LGBT n’est pas politisée par les principaux concernés, on n’a pas à civiliser la sexualité indigène. (…) Nous disons simplement que si les femmes et les homos dans les quartiers ont un agenda, il faut le respecter. »

    Les productions du PIR méritent d’être lues et débattues, et il ne s’agit pas pour nous de disqualifier par avance toute discussion des positions exprimées par une organisation ou un militant de l’antiracisme politique. Précisons d’ailleurs que, contrairement à ce que prétendent les « amis de Juliette et du Printemps », l’antiracisme est une tendance politique au sein de laquelle s’expriment des désaccords. Nous pouvons en citer quelques exemples. A propos de l’intersectionnalité, H*uria Boutelja affirme dans une conférence intitulée « Race, classe et genre : une nouvelle divinité à trois têtes », que chez « certains militants radicaux non blancs (...) la cause intersectionaliste défendue est rarement incarnée dans un projet politique qui serait force de proposition à destination des habitants des quartiers. ». A contrario, la revue AssiégéEs, qui a pour devise « Intersectionnalité et Révolution », se présente comme « un projet politique porté par des personnes issues des « anciennes » colonies européennes (...) né du ras-le-bol de devoir choisir entre les luttes contre le capitalisme, celles contre le racisme systémique et celles contre le patriarcat. ». »

    A propos de l’antisémitisme, dans sa présentation, le collectif Juives et Juifs Révolutionnaires affirme que « ce ne sont pas « les sionistes », quels que soient leur courant, qui créent l’antisémitisme, même s’ils rejoignent les antisémites sur l’idée de deux mondes irréductiblement séparés et incompatible. ». A l’inverse, comme le Parti des Indigènes de la République, l’Union Juive Française pour la Paix considère que la politique menée par l’État d’Israël, qui dit agir au nom des juifs du monde entier, contribue au développement de l’antisémitisme.

    A propos du sexisme, H*uria Boutelja affirme au chapitre « Nous, les Femmes indigènes » qu’une forme particulière de virilisme découle de l’oppression vécue par les hommes racisés : « En Europe, les prisons regorgent de Noirs et d’Arabes, les contrôles au faciès ne concernent pratiquement que les hommes et ils sont les principales cibles de la police. C’est à nos yeux qu’ils sont diminués. (…) Dans une société castratrice, patriarcale et raciste (ou subissant l’impérialisme), exister, c’est exister virilement. (...) Un féminisme décolonial ne peut pas ne pas prendre en compte ce « trouble dans le genre » masculin indigène car l’oppression des hommes rejaillit immédiatement sur nous. Oui, nous subissons de plein fouet l’humiliation qui leur est faite. La castration virile, conséquence du racisme, est une humiliation que les hommes nous font payer le prix fort. » (pages 94-95) En désaccord avec cette analyse, Joao Gabriell, cofondateur de la revue AssiégéEs et militant queer of color développe les raisons de son opposition dans un article intitulé « Combattre la racialisation des questions de genre et de sexualité à la racine » : « Un homme pauvre et/ou non blanc (...) a surtout du pouvoir sur les femmes qu’il fréquente dans l’intimité (épouse, conjointe, sœurs), parce qu’il n’est le patron ou le supérieur de personne, que s’il a recours à la prostitution ce sera celle de rue où bien sûr il peut exercer une violence mais bien plus stigmatisée et criminalisable, et parce qu’enfin, il n’a évidemment aucune femme qui est employée chez lui. (...) Pensez-vous que l’homme dominé exerce une violence surtout dans l’intimité et dans la rue, pour se « venger » de ses frustrations d’exploités et d’opprimés par le racisme, ou simplement parce que ce sont les seuls lieux où il peut l’exercer, contrairement à l’homme dominant qui peut la déployer dans tellement plus de contextes ? »

    Notre but n’est pas de prendre ici parti dans ces différents débats, mais à la fois de dénoncer la tentative de faire croire à une absence de pluralité au sein de l’antiracisme politique, et de s’opposer à la construction du PIR comme épouvantail à partir de citations malhonnêtement tronquées, détournées voire inventées. En outre, quand les « amis de Juliette et du Printemps » font semblant de se demander « quid des homosexuels, des juifs et de tous ceux dont le PIR ne veut pas ? » (page 27), nous trouvons cela particulièrement ironique de la part de personnes qui désignent Eric Hazan comme un « juif de service » à la page précédente, qui accusent d’antisémitisme l’Union Juive Française pour la Paix et le collectif Juives et Juifs Révolutionnaires (pages 58-59), et définissent Thierry Schaffauser comme « l’homo du PIR » (page 99). Enfin, quand les rédacteurs de La race comme si vous y étiez ! tentent de faire croire que les militants du PIR et plus largement les militants décoloniaux refusent de lutter avec des blancs en écrivant « « Blancs » ils sont, « blancs » ils resteront, quoi qu’ils aient accompli, quel que soit le courage de leurs engagements : on ne veut ni des porteurs de valises, ni des Justes. » (page 152), nous ne pouvons nous empêcher d’interpréter cela comme une tentative d’empêcher toute forme de rapprochement entre les uns et les autres.

    Pour démontrer la malhonnêteté d’une telle affirmation, nous pouvons citer l’appel présent aux deux dernières pages de Les Blancs, les Juifs et nous : « Mais trêve de larmes et de regrets. Le passé n’est plus. Nous sommes la somme de nos lâchetés et de nos résistances. Nous serons ce que nous aurons mérité d’être. C’est tout. Ce qui est vrai pour nous tous, Blancs ou Noirs. C’est là que se posera la question du grand NOUS. Le Nous de notre rencontre, le Nous du dépassement de la race et de son abolition, le Nous de la nouvelle identité politique que nous devrons inventer ensemble, le Nous de la majorité décoloniale. Le Nous de la diversité de nos croyances, de nos convictions et de nos identités, le Nous de leur complémentarité et de leur irréductibilité. Le Nous de cette paix que nous aurons mérité parce que payée le prix fort. Le Nous d’une politique de l’amour, qui ne sera jamais une politique du cœur. Car pour réaliser cet amour, nul besoin de s’aimer ou de s’apitoyer. Il suffira de se reconnaître et d’incarner ce moment « juste avant la haine » pour la repousser autant que faire se peut, et avec l’énergie du désespoir, conjurer le pire. Ce sera le Nous de l’amour révolutionnaire. » (page 139-140) Cette proposition est à mille lieues du sectarisme et du « racialisme » attribués à H*uria Boutelja par les « amis de Juliette », et invalide l’affirmation selon laquelle le PIR « ne veut ni des porteurs de valises, ni des Justes. » (page 152). Nous considérons qu’il n’est probablement pas fortuit que cette campagne de dénigrement, et ces discours sur le supposé rejet des blancs par le PIR, soient apparus entre les deux marches de la dignité et contre les appels à une politique d’alliance en vue de l’ « amour révolutionnaire ». […]

    https://nantes.indymedia.org/articles/37534

  • Onze réfutations aux agaçant-e-s racistes et racialistes structuralistes sociaux

    Quelques très mauvais arguments de ce texte : (dans l’ordre de lecture)

    * * Les anti-racialisatrices et anti-racistes seraient tous / toutes des blanc-he-s

    * * il est impossible, impensable de ne pas être ou penser "post-coloniales" (et de la seule et unique façon qui convienne ) + une allusion : voire les anti-racialisatrices et anti-racistes seraient peut être même parfois des anti-féministes !

    * * réalité sociale permet de dire "Race" mais ce n’est pas raciste - cependant ici en opposition à tout ce texte essentialiste ( relire argument n°1 ). Quelle dépassement d’identité est pensé par ce milieu "racialisateur" ? Aucun !

    * * des laïcard-e-s extrémistes républicain-e-s finkielkrautiens - insulte psy-socio-intello ? d’extrême droite alors que vous reprenez leur vocabulaire et concepts ?! Alors que les néo-nazis comme Boris Le Lay apprécient, que les cathos tradis intégristes de radio courtoisie kiffent votre race ?! Inversion ?

    * * "manque de curiosité intellectuelle " _ insulte psy etc ... ?

    * * Gros Scoop : "privilège blanc" est utilisé de manière essentialiste à l’inverse de ce que ce texte essaie de faire croire (ou de s’auto-persuader). Ainsi le "privilège blanc" concerne les flics racisé-e-s, les bourgeois-es racisé-e-s, les universitaires racisé-e-s etc ...

    ** **
    C’est vous les héritier-e-s et allié-e-s politiques du PCF (passée ou présent ). Ce reproche ne concerne pas le milieu que vous visez mais vous même et vos allié-e-s (par exemple : Big Up Alain Gresh, Françoise Vergès et les autres stal’ )

    * * Votre oubli et déni systématique des classes sociales ! Vous n’êtes pas intersectionnalistes ; vous imposez suivant vos mots d’ordres, vos stratégies etc ... des priorités et focalisations de luttes !

    * * Vous construisez socialement (notons que littéralement tout est construit socialement) une oppression militante majoritaire (dans un camp révolutionnaire minoritaire ) . Notons que vous psychologisez vos adversaires politiques (lire plus haut)

    * * * Alors changer la société ou changer de sociétés ?

    * * visibiliser ? les seul-e-s que vous visibiliser avec vos stratégies d’alliances sur base identitaires sont des personnes pour qui l’identité raciale (donc essentialisée ) constitue un préalable ou bien l’identité religieuse essentialisée comme les islamistes ou islamo-gauchistes ... pas terrible !

    Par exemple, pourquoi et comment les statuts et concepts : de métis, métisse, métissage se trouvent détestés de vous et/ou de vos allié-e-s ?

    Idem pour les musulman-e-s révolutionnaires ou progressistes ?

    Vous produisez de l’invisibilisation par vos positionnements, en êtes vous conscient-e-s ?

    Les assymétries que vous théorisez nous font fortement douté de votre positionnement dans le camp égalitariste qui est non-négociable pour beaucoup de révolutionnaires mais peut être est ce là votre utilité, votre combat : l’inégalité ?

    ** ** ** Des conseils de lecture non stal’ seraient mieux venus ! On vous conseille ’pour commencer en douceur ) Anne Archet ainsi que toute la littérature de dépassement des identités dont queer (même chez Judith Butler les analyses sont moins binaires / manichéennes ) !


    lutter pour la reconnaissance des refus ou pas ?!

    * * * * * Si vous pensez que seul-e-s les "blanc-he-s" sont racistes ou capable de racisme, vous faites encore de l’essentialisme qui est du racisme ! Toutes les personnes de toutes identités (qui sont socialement produites) peuvent le faire (même remarque pour le colonialisme que votre nationalisme tiers-mondiste aveugle et oriente).

    Les camarades de Tarnac sont d’après vous des :

    dominant-e-s

    jouissant-e-s de privilèges

     ?

    Votre application et compréhension de l’ intersectionnalité ( intersectionalisme ) s’arrête à mi chemin ...

  • V – « Vive la vie » et « unité spontanée entre tous les émeutiers » comme seules perspectives politiques.

    La négation du racisme par « les amis de Juliette et du printemps » semble avoir pour fonction de rejeter l’antiracisme politique et de cracher sur ceux qui s’organisent sur ces bases, et notamment contre les violences policières. Il en est de même dans le dépliant de quatre pages, où les collectifs « Vérité et Justice », fondés par les familles suite aux meurtres de leurs proches sont qualifiés « d’organisations fondées sur le principe directeur de la Victime innocente docile et impuissante ». Outre l’indécence de l’attaque, l’argument est d’une absurdité sans nom. En effet, dés lors qu’on s’organise collectivement, c’est qu’on refuse un état de fait jugé inacceptable et qu’on le combat ; et on cesse dès lors d’être une victime. Au contraire, ce sont les flics qui, par les violences et le harcèlement, cherchent à condamner à l’impuissance ceux sur qui ils exercent un pouvoir. Il est en outre difficile de reprocher aux collectifs de tenter de faire reconnaître le caractère gratuit des exactions policières, tant le rapport de forces entre les victimes et les bourreaux est inégal. Il semble tout aussi absurde d’affirmer comme le font les « amis de Juliette et du printemps » que « l’horizon indépassable de nos « indigènes » » serait la promotion de flics noirs « comme à Ferguson » (pages 13-14). Non seulement parce que des mouvements antiracistes aux États Unis partagent le mot d’ordre d’abolition de la police et sont à l’origine de réflexions et d’expériences communautaires autour d’une vie sans police ; mais aussi parce que les horizons ouverts par l’antiracisme politique ne sont pas négligeables.

    A travers la politique décoloniale, c’est toute une déconstruction des rapports de pouvoir, et pas seulement raciaux, qui est ouverte. Elle est une remise en cause profonde de la hiérarchie sociale, qui ouvre des perspectives d’alliances entre tous ceux qui subissent l’ordre existant. Il est affirmé dans les quatre pages distribuées à Rennes qu’il faudrait « faire taire les sirènes de la pacification, ces « sponsors du misérabilisme pro-immigrés », aujourd’hui associés aux entrepreneurs du différentialisme communautaire, qui, comme hier, et quelles que soient leurs gesticulations pseudo-radicales, récolteront la manne des subventions de la pacification sociale ou des postes dans les mairies de banlieues en gage de leur rôle d’accompagnement de la gestion du pouvoir ». S’il est difficile de savoir qui est ici désigné, ces propos semblent plutôt évoquer la récupération de l’antiracisme suite aux marches de 1983 et 1984, récupération effectuée par SOS Racisme, association proche du pouvoir mitterrandien. A l’inverse, au début des années 2000, pour l’antiracisme politique constitué en réponse à l’offensive islamophobe post-11 Septembre, il s’agissait à la fois de redonner une dimension politique à un combat dépolitisé et noyé dans des « politiques publiques contre les inégalités », et de faire en sorte que l’antiracisme ne dépende plus de la gestion étatique. Il s’agissait d’établir une force politique autonome capable de porter ses propres dynamiques, à mille lieues de ce que portent ceux qui se sont saisis a posteriori des mobilisations de 1983 et de 1984.

    L’argument de la lutte contre la pacification est le même que celui qui a été mobilisé récemment pour dire que les organisations signataires de l’appel à la marche du 19 mars appelaient au calme en 2005. Rappelons que la plupart de ces organisations n’existaient pas en 2005, et que, pour celles qui existaient à l’époque, la grande majorité étaient actives dans le mouvement pour l’amnistie des émeutiers. A propos des émeutes, Saïd Bouamama, marcheur en 1983 et 1984, Indigène de la République en 2005 et membre aujourd’hui du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) affirme par ailleurs dans une interview au site A contresens : « Les révoltes du type de celles que nous connaissons depuis près de deux décennies à un rythme régulier sont à la fois l’expression d’une forme de résistance et de la non disponibilité d’autres canaux d’expression de la colère légitime. Les analyser en amont et en aval et inclure dans l’analyse le regard critique sur les limites, les dérives, les dangers est une nécessité. En revanche dans l’espace-temps de la révolte, le moment n’est plus pour nous celui de l’ergotage et de la recherche d’excuses pour justifier une non solidarité. Il était ainsi pour moi scandaleux d’arguer de telle question de forme, ou de telle limite ou de telle dérive pour ne pas appeler à une mobilisation massive pour l’amnistie. Les dominés prennent les formes de révoltes qu’ils peuvent prendre. Nous sommes en conséquence collectivement responsables de l’absence d’autres canaux d’expressions d’une révolte légitime. Une fois une révolte de cette ampleur enclenchée et quels que soient les désaccords sur tel ou tel aspect ou forme, la seule réaction féconde pour l’avenir aurait dû être : une manifestation massive allant de Paris vers la Seine-Saint-Denis pour délimiter clairement les camps. » S’il est possible de ne pas partager l’analyse ou la proposition, nous devons convenir que nous avons connus des appels au calme plus tranchés...

    Pour justifier leur rejet de l’antiracisme tout en affirmant prendre au sérieux la situation présente, les rédacteurs de la publication de quatre pages affirment quant à eux qu’« aujourd’hui comme en 2005 ou dans les années 80, c’est le désordre de la rue, l’émergence incontrôlable de l’émeute qui y répond assurément de la manière la plus intéressante et opérante, faisant ressurgir, en force, au cœur de ces années d’hiver, du possible à potentialité subversive. ». Nous n’en saurons pas plus. Aussi, pour justifier leur non prise en compte des différences opérées par le pouvoir entre blancs et non-blancs et leur rejet de tout antiracisme politique, ils invoquent « l’unité spontanée entre tous les émeutiers lors des affrontements de Bobigny ». Cette référence au spontanéisme pour se justifier de dénigrer tous les collectifs qui s’organisent contre le racisme ou tentent d’œuvrer aux rapprochements entre des réalités qui se rencontrent peu est assez révélatrice, et dissimule très mal une absence totale de proposition. Si une émeute n’est pas toujours prévisible et si les rencontres au cœur des luttes ne sont pas déterminées à l’avance, tenter de faire croire que la constitution d’une force politique offensive, et plus encore d’une « unité entre tous les émeutiers » serait « spontanée » relève de l’escroquerie politique et de la tentative de masquer sa propre inconséquence.

    A titre d’exemple, rappelons que les conditions de l’irruption du cortège de tête à Paris lors du mouvement contre la loi travail résultent en partie des luttes menées les années précédentes. Voici ce qu’en disait récemment Valerio Starita, militant de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue. Ces propos ont été tenus lors d’une conférence organisée par la revue Période intitulée L’autonomie s’organise : « Une séquence fondatrice, entre la fin des années 2000 et 2010 a été le conflit entre les deux tribunes de foot du Parc des princes (…), conflit qui opposait une tribune qu’on peut définir comme blanche et nationaliste, et une tribune qui se définissait elle-même comme cosmopolite et fière. La radicalisation d’une partie des jeunes qui faisaient vivre ces tribunes autour de la question du racisme et de l’extrême-droite s’est faite en parallèle d’une politique de répression mise en place par le club, qui a débouché sur la dissolution et l’exclusion de l’ensemble des groupes ultras du PSG. (...) Et c’est ce phénomène qui a largement renouvelé le mouvement antifasciste parisien, en y développant un style et des façons de prendre la rue que l’on a retrouvés dans le cortège de tête. (…) Plutôt qu’un coup de tonnerre dans un ciel sans nuage, le cortège de tête apparaît comme le fruit d’un processus plus long. Pour une partie des participants, l’école du stade, les manifs antifascistes et pro-palestiniennes, les luttes contre les chasses aux migrants, contre les violences policières ou contre les logiques d’union sacrée antiterroriste ont forgé des expériences militantes collectives qui ont permis, entre autres, de trouver les voies d’une mobilisation conflictuelle de la jeunesse à l’heure de l’état d’urgence. »

    A l’inverse, comme preuve de leur suffisance, ceux qui invoquent l’« unité spontanée des émeutiers » préfèrent se contenter de conclure leur texte par « vive la vie, vive l’émeute », proposition sans doute plus sérieuse et plus précise que celles de l’antifascisme autonome, de l’antiracisme politique et des collectifs « Vérité et justice ». Pourtant, la convergence, y compris dans des zones où ont lieu des émeutes, n’est pas antinomique avec une pensée stratégique. Voici ce qu’en disait le camarade de l’Action Antifasciste, toujours dans la même conférence : « Aujourd’hui dans le bassin parisien, la perspective de lutte et d’autodéfense à partir du territoire, comme viennent de le rappeler les mobilisations récentes pour Adama et Théo, est impensable si on fait l’impasse sur le clivage entre centre et périphérie, qui est en grande partie un clivage raciste. Si on veut considérer les pratiques conflictuelles de blocage et de cortèges autonomes comme des choses qui visent à construire une grève sociale de la métropole parisienne, si on considère qu’au delà de la résistance à la répression, le but doit être de permettre aux travailleurs en grève, aux précaires urbains, etc., de mettre en crise le fonctionnement ordinaire de la métropole capitaliste, on est obligé de réfléchir à la composition du prolétariat social qui doit se mobiliser et faire irruption lors de ces journées d’action. (…) Dans les zones urbaines, en région parisienne, on voit que la capacité politique populaire se concentre avant tout dans les quartiers périphérisés, et dans les flux qui assurent l’articulation entre le centre et la périphérie. Aujourd’hui, en région parisienne, la grève sociale doit constituer avant tout à désarticuler les rapports institués entre centre et périphérie. Au delà de l’émeute, il faut travailler sur les formes d’actions et de résistances qui déconstruisent le zonage raciste et endo-colonial de la métropole parisienne. »

    Il est évident que cette analyse produite par des camarades parisiens œuvrant à construire des liens entre les quartiers de Paris et les villes de banlieue ne peut pas être transposée telle quelle à la ville de Rennes, dont la géographie et la sociologie sont nettement différentes. Nous devons donc, depuis Rennes, élaborer nos analyses et trouver nos réponses, en lien avec les collectifs qui s’organisent contre le racisme structurel et avec les camarades qui soutiennent la famille de Babacar Gueye, habitant de Maurepas tué par la police en décembre 2015.

    Dans son communiqué d’après manifestation, le comité organisateur de la marche qui s’est tenue à Paris le 19 mars définit cette expérience comme un « succès qui appelle des suites » et affirme qu’« il est possible de constituer une réponse à large échelle face à la vague raciste qui déferle en France ». En conclusion, disons que si nous ne prétendons pas avoir réponse à toutes les questions relatives aux suite à donner à cette expérience et aux manières d’œuvrer à la convergence, nous savons que celle-ci ne se fera pas dans la négation de ce que vivent les uns et les autres, ni dans le mépris des formes d’organisation déjà existantes.

  • 3 novembre 02:22, par Quelques rétifs au nouveau vieux monde , Caen, mai 2016

    Oui, contrairement à ce que veulent nous faire accepter certains et certaines « camarades », il nous apparaît à nous aussi légitime et même salutaire de questionner la lecture qu’ils et elles opèrent en ces termes. Et ce n’est pas intérioriser des réflexes racistes ou post-coloniaux que de réfuter cette analyse. Pourquoi est-il à notre avis légitime de refuser d’employer les termes « islamophobie » , « racisé-e » ou « race sociale » ?

    • 1. Parce que le racisme qui sévit en France et un peu partout en Europe, malgré son nouveau camouflage idéologique laïcard, n’en demeure pas moins un racisme qui touche l’ensemble des personnes qui sont renvoyées à cette identité religieuse. Et qu’il ne s’applique pas tant à une religion, l’islam, qu’à ceux et celles basané-e-s le plus souvent qui sont censé-e-s la pratiquer. Ce n’est pas parce que les thèses ethno-différentialistes attaquent verbalement l’intégration prétendument complexe des musulmans et des musulmanes qu’il n’en reste pas moins un racisme qui vise structurellement l’ensemble des immigré-e-s.
      • 2. Parce que de nombreuses personnes qui sont victimes de ce racisme refusent d’être assignées à une religion qu’ils ou elles ne pratiquent pas et à laquelle les racistes les assimilent déjà. Faut-il rappeler que certains et certaines immigré-e-s ont fui leur pays, pour fuir le poids de l’oppression religieuse et étatique qui s’y exerçait ? Que dans ces pays, les groupes intégristes musulmans se sont imposés comme réponse réactionnaire, étatique et policière aux soulèvements qui ont échoué quelques années plus tôt.
    • 3. Parce que l’approche en terme « d’islamophobie » renvoie non pas à un racisme qui toucherait les musulmans et les musulmanes mais à une phobie contre la religion elle-même. Ce qui délégitime et rend suspect de fait toute critique de l’islam ou toute entreprise blasphématoire. Le blasphème ou l’athéisme est immédiatement renvoyé à un phobie, une peur irrationnelle ou pire un racisme inconscient.
      • 4. Que certains des promoteurs et certaines des promotrices du concept visent ouvertement cette interdiction du blasphème. C’est le cas de l’Organisation de la coopération islamique [3], qui réunit plusieurs dizaines d’Etat dont une poignée théocratiques, et qui a réussi à imposer au niveau de nombreuses instances internationales ce concept. Des organisations comme le CCIF, les Frères musulmans, ou encore Participation ou spiritualité musulmane [4] défendent cette ligne idéologique. D’autres groupes de pression religieux emboîte le pas. C’est ainsi qu’observatoire de la christianophobie et autres riposte catholique fleurissent.
    • 5. Que tous ceux et toutes celles qui sont victimes de ce racisme n’emploient pas tous et toutes le terme islamophobie pour le qualifier. Spontanément, il est souvent question de racisme. Ce sont souvent ceux et celles qui s’autodéfinissent comme leurs représentants et représentantes qui imposent cette terminologie. C’est le cas des groupes et associations cités plus haut mais également de la MAFED (marche des femmes pour la dignité) et du Parti des 1ndigènes de la République (PIR), et de certains groupes militants d’extrême gauche, antifascistes ou libertaires. La MAFED et le PIR, qui ne regroupent que quelques dizaines de militants et militantes et qui n’ont de leur propre aveu qu’une implantation très relative dans les quartiers dits « populaires », ont par contre une réelle audience médiatique et universitaire : H*uria B*uteldja du PIR à Ce soir ou jamais chez Taddéi, Wiam Berhouma de la MAFED à Des paroles et des actes sur France 2 pour interrompre l’ineffable Finkelkraut et lui intimer de se taire—ce qui nous la rendrait presque sympathique— Siham Asbague et Nacira Guenif Souilamas toujours chez Pujadas. Ces mêmes groupes bénéficient également de réels relais en milieu universitaire en mal de révolution abstraite et théorique. Ces représentantes autoproclamées des damné-e-s de la terre sont pourtant loin de partager leurs conditions. Sociologues ou universitaires, elles ont la faculté d’incriminer les « privilèges », taux de mélanine ou sexe de leurs opposants et opposantes, mais de masquer les leurs.
      • 6. Parce que le Parti des indigènes de la république en faisant d’une lecture décoloniale et de la domination raciale l’axe principal et unique de sa lecture des rapport de domination en vient à essentialiser ces dernières. Les blancs et dans une moindre mesure les blanches deviennent par essence sociale des colons et des oppresseurs. Ce qui conduit H*urria B*uteldja et ses ami-e-s à défendre le concept de « races sociales ». Ainsi, celui ou celle qui a un vécu de blanc ou de blanche reproduirait de fait les rapports de domination coloniaux ou post-coloniaux, tandis que les « indigènes » subissant les rapports de domination seraient quant à eux et elles les nouveaux sujets révolutionnaires. Cette lecture essentialiste—comment définir un blanc, un noir, autrement que par sa couleur de peau ? - en vient à faire de notre taux de mélanine un critère de domination structurel. Les frères et sœurs indigènes peuvent quant à eux et elles reproduire les pires dominations, parce qu’ils et elles sont dominé-e-s. C’est ainsi qu’au moment où Valls a voulu interdire les spectacles de Dieudonné, le PIR a non seulement refusé de se ranger au côté de Valls et de l’Etat—ce qui est légitime—mais surtout a refusé de condamner le frère « indigène » Dieudonné, dont les positions antisémites sont réduites à des errements. Le communiqué se conclut de la sorte : « Pour conclure, nous ne participerons à aucune chasse à la quenelle décrétée par un ministre de l’intérieur islamophobe, philosémite de circonstance et « éternel » ami d’Israël. Ce triste sire n’est pas qualifié pour donner des leçons d’antiracisme à Dieudonné et ses aficionados. Nous ne nous soumettrons pas non plus à l’injonction de crucifier Dieudonné sur l’autel de la respectabilité au prétexte de son infréquentabilité. Nous sommes trop familiers de l’immoralité du pouvoir et d’une grande partie de l’opposition pour nous émouvoir de celle d’un clown. En revanche, Dieudonné qui est d’une part un frère de condition mais aussi un indigène doué d’un libre arbitre peut faire le choix de prolonger sa servitude ou s’en libérer radicalement. A l’instar d’un Malcolm X qui, après des débuts désastreux, a su trouver une voie juste et révolutionnaire pour devenir la légende politique que l’on sait, Dieudonné doit faire face à son destin en rompant avec tout le fatras idéologique blanc et renouer avec l’Afrique, le tiers-monde et nos aïeux les plus prestigieux. Une occasion historique s’offre à lui. Entre Faurisson et Fanon, il doit choisir. » [i] Dans ce cas précis, on voit bien que le concept de « race sociale » est très flou, puisqu’en s’alliant aux pires défenseurs du colonialisme, Dieudonné devrait être de fait un blanc… pourtant, il demeure un frère « indigène ». Dans son récent ouvrage, dont le titre est un programme à lui seul, Les blancs, les juifs et nous, H*uria B*uteldja écrit : « La critique radicale du patriarcat indigène est un luxe. Si un féminisme assumé devait voir le jour, il ne pourrait prendre que les voies sinueuses et escarpées d’un mouvement paradoxal qui passera obligatoirement par une allégeance communautaire. Du moins aussi longtemps que le racisme existera », et plus loin « En Europe, les prisons regorgent de Noirs et d’Arabes, les contrôles au faciès ne concernent pratiquement que les hommes et ils sont les principales cibles de la police. C’est à nos yeux qu’ils sont diminués. Et c’est bien nous qu’ils tentent désespérément de reconquérir, souvent par la violence. Dans une société castratrice, patriarcale et raciste (ou subissant l’impérialisme), exister, c’est exister virilement. « Les flics tuent les hommes et les hommes tuent les femmes. Je parle de viol, je parle de meurtre », dit Audre Lorde. Un féminisme décolonial ne peut pas ne pas prendre en compte ce « trouble dans le genre » masculin indigène car l’oppression des hommes rejaillit immédiatement sur nous. Oui, nous subissons de plein fouet l’humiliation qui leur est faite. La castration virile, conséquence du racisme, est une humiliation que les hommes nous font payer le prix fort. En d’autres termes, plus la pensée hégémonique dira que nos hommes sont barbares, plus ils seront frustrés, plus ils nous opprimeront. Ce sont les effets du patriarcat blanc et raciste qui exacerbent les rapports de genre en milieu indigène. C’est pourquoi un féminisme décolonial doit avoir comme impératif de refuser radicalement les discours et pratiques qui stigmatisent nos frères et qui dans le même mouvement innocente le patriarcat blanc ». D’où, toujours dans le même ouvrage : "Si une femme noire est violée par un noir, c’est compréhensible qu’elle ne porte pas plainte pour protéger la communauté noire." En clair, face au patriarcat qui sévit chez les « frères », il faut que les sœurs ferment leur gueule, comme jadis chez les staliniens et les staliniennes il fallait que les femmes de prolos refusent la contraception et l’avortement [5]. Outre que pour le PIR la lutte des « races sociales » se substitue à ce qu’était la lutte des classes pour les ouvriéristes, c’est-à-dire le conflit central de nos sociétés, c’est également une logique avant-gardiste reproduisant le pire léninisme qui s’exprime dans ses pratiques. C’est parce qu’elle se considérait comme la représentante des indigènes de banlieues qu’H*uria B*uteldja refuse, dans de nombreux communiqués, de dénoncer l’homophobie et le sexisme qui y sévit, comme dans bien des franges de la société. En substance, ça donne à peu près : les banlieusards et banlieusardes ne sont pas prêts pour ses positions, et comme je les représente, je dois mettre de côté ces positions… Bref, on est dans la plus pure tradition politicienne. C’est d’ailleurs avec les mêmes visées politiciennes qu’H*uria B*uteldja structure sa position sur Dieudonné. Dans un entretien pour la revue Ballast, notre porte parole autoproclamée peut ainsi nous dire : « Derrière la convergence, il y a un présupposé universaliste, lui-même fondé sur l’idée qu’il y aurait des oppressions universelles et qu’il faut donc s’en émanciper. » et de poursuivre « Il y a des priorités. Nous devons d’abord exister pour nous mêmes et construire notre propre espace. Notre choix premier est de toujours parler aux Indigènes, de ne pas perdre le fil avec nous-mêmes — en particulier quand nos alliés nous somment de condamner Dieudonné… Ce sont des positions très dures à tenir quand on pense aux deux pôles entre lesquels nous sommes pris : d’un côté, les Indigènes sociaux qui sont très sensibles, par exemple, aux questions relatives à Dieudonné, que certains voient comme un héros, un résistant ; de l’autre, nous avons construit un système d’alliances avec certains milieux de gauche pour qui Dieudonné est un fasciste. Quand nous devons sacrifier l’un de ces pôles, c’est celui des Blancs que nous sacrifions ». Au confusionnisme, cette vision ajoute la domination Politique, celle qui décide de parler au nom d’une classe, d’une race, d’un peuple, d’un genre.
  • 3 novembre 02:25, par Quelques rétifs au nouveau vieux monde , Caen, mai 2016
    • 7. Que l’utilisation de ce dénominateur commun d’islamophobie a amené certains radicaux et certaines radicales à côtoyer ces organisations. Dans les faits, l’usage du terme "islamophobie" produit déjà les pires alliances de circonstance. En quelques mois, de la marche pour la dignité et contre le racisme, à diverses meeting, les liens entre la gauche de périphérie— Parti de gauche, EELV, NPA, etc.—, diverses organisations comme le CCIF, le PIR, Tariq Ramadan ou PSM "Présence et Spiritualité Musulmane" évoquée plus haut, et certains militants et militantes antifascistes ou libertaires se raffermissent.
      • 8. Parce que la légitimation de l’identité religieuse comme identité dominée encourage le recours à la religion comme forme de résistance sans questionner les rapports de domination religieux et culturels que cela implique : patriarcat, condamnation de l’homosexualité, exaltation de la cellule familiale, etc. et que contrairement à ce que nous avaient annoncé certains philosophes et sociologues, le religieux est loin d’être une valeur en voie de disparition, voire reprend du poil de la bête chez bien des dominé-es. Et sur ce registre l’islam est loin d’être l’unique vecteur de ce retour du religieux. Les évangélistes, entre autres, ne cessent de faire des adeptes. L’un des combats de nombreux et nombreuses « décoloniaux » s’exprime non seulement légitimement dans la dénonciation du racisme que subissent les musulmans et les musulmanes, mais également, et là c’est plus problématique, dans la revendication d’une identité musulmane. Les « rencontres autour de la question des races », intitulées Paroles non blanches, organisées pendant le récent mouvement dit contre la loi travail au bâtiment C de l’université Paris 8 de St Denis, a ainsi tourné autour de ces thèmes. Nul étonnement donc d’y voir invité le rappeur converti et prosélyte Kery James. Nulle surprise de retrouver également dans le documentaire Un racisme à peine voilé diffusé à cette occasion, qui porte par ailleurs une critique fort juste sur l’interdiction du voile, H*uria B*uteldja, ou Pierre Tevanian qui tentent de réconcilier révolution et religion.
    • 9. Que le racisme qui vise les supposé-e-s musulmans et musulmanes n’est pas une phobie. La racisme d’hier ripoliné par l’ethno-différentialisme de la nouvelle droite, ou le racisme d’Etat qui vise à enfermer les classes dangereuses dans une identité qui puisse servir de bouc-émissaire, ne sont pas juste des peurs irrationnelles, « psychiatrisables », mais un appareillage idéologique pensé et structuré. Qu’il n’est pas juste un ensemble de peurs qui nous traverseraient tous et toutes de manière diffuse, mais qu’il s’incarne dans des institutions, des idéologies, des groupes.
      10. Parce qu’il n’existe pas de religion des dominés—les dominés ne peuvent être assignés à une religion -, mais des religions qui dominent et oppriment. Si des musulmans et des musulmanes sont opprimés, ça ne peut justifier, au nom des circonstances, le fait d’invisibiliser en quoi la religion opprime. Ca veut juste dire qu’il faut être clair dans le propos et refuser d’hurler avec les loups. Et rappeler que toutes les religions oppriment. Ce qui ne peut justifier d’opprimer les croyants et les croyantes.
    • 11. Parce que l’anti-religion n’est pas une religion. Dans de nombreuses prises de parole on entend parler de « bigots de l’anti-religion ». Comme sur bien d’autres domaines, la confusion règne ou est savamment entretenue par certains et certaines. Nous avons même droit aux fameuses oxymores orwelliennes. A « la guerre c’est la paix », « l’antiracisme c’est intolérant », « l’antisexisme est sexiste », s’ajoute donc aujourd’hui « l’anti religion est une religion ». La nouveauté c’est que ce sont des camarades qui entretiennent aujourd’hui une telle confusion. Non, la critique de la religion n’est pas une religion mais s’appuie sur une analyse qui refuse le dogme, que des vérités révélées et des lois divines quelles qu’elles soient régissent nos vies de manière hétéronome, que la religion joue son rôle de pacification sociale au nom des paradis futurs qu’aucune ne manque de promettre, qu’elle justifie au nom de textes sacrés les hiérarchies quotidiennes ou les hiérarchies ecclésiastiques, etc. Ni dieu, ni maître n’est pas qu’un slogan que quelques communistes, blanquistes et anarchistes psalmodient dans leurs locaux poussiéreux mais la critique radicale d’une soumission. Il ne faut pas confondre idéologies teintées d’éléments un brin sacralisés parfois mais qui envisagent leur remise en cause permanente, avec une vérité révélée et incontestable.
      • 12. Parce que refuser de parler d’islamophobie et d’en faire un axe de lutte ne veut pas dire que nous ne nous sentons pas solidaires de musulmans et musulmanes—et pas qu’eux et elles—qui vivent le racisme au quotidien. Ca ne veut pas plus dire que nous nous associons aux laïcards et laïcardes de tous poils ou aux culs bénis à la mode frontiste qui cachent derrière cette riposte laïque un racisme des plus éculés, pour demander l’interdiction du voile ou autres foutaises. Nous ne sommes ni l’Etat, ni l’Eglise.
    • 13. Non, être solidaire face à une oppression ne veut pas dire étouffer le feu de la critique envers celles et ceux qui la subissent, nous-mêmes compris. Être solidaire du prolétariat ne veut pas dire accepter sa dictature ; être solidaire des migrants et des migrantes ne veut pas dire accepter les discours autoritaires que certains et certaines peuvent porter ; être solidaire face à un aménagement urbain ou la construction d’un aéroport ou d’une centrale nucléaire ne veut pas dire se résigner à adopter des options d’alter-aménagement ; tisser des complicités avec des compagnons et des compagnonnes révolutionnaires ne veut pas dire taire nos divergences. A chaque fois, il s’agit d’embrasser une cause commune, contre l’oppression vécue ou comprise, et de tenter de se défaire du monde qui lui permet d’exister.
      • 14. Parce qu’il ne suffit pas d’être dominé pour détenir la vérité. L’identité « biologique » et sociale du locuteur ou de la locutrice n’est pas gage à elle seule de la pertinence du discours et des pratiques, ni même qu’ils visent l’émancipation. Combien de prolétaires justifient le salariat ? Combien de femmes se soumettent aux rôles que la société patriarcale cherche à leur assigner ? Combien de dominé-e-s acceptent de jouer le jeu de la séparation et de la domination Politique ?
    • 15. Que le contexte social et politique ne peut imposer de réduire la critique. Il n’y a pas de contexte où le maître est acceptable, il n’y a pas de contexte où dieu est acceptable. Comme hier, lorsque les citadelles assiégées du socialisme réel intimaient au nom de ce siège et des circonstances aux révolutionnaires de se taire, il est primordial de refuser cette dictature de l’histoire. Parce qu’elle forge le tombeau de toutes les libertés, celles que l’on remet aux lendemains, mais qui une fois disparues ne reviennent jamais à l’ordre du jour.
      • 16. Parce que la religion est bien un outil de pacification sociale. C’est dans cette optique qu’elle est encouragée en taule. C’est également dans les quartiers les plus « confessionnalisés » ou les plus dominés par l’économie souterraine que les émeutes de 2005 avaient le moins pris. D’ailleurs, en même temps qu’il stigmatise structurellement les musulmans et les musulmanes, qu’il traite de manière différenciée les différentes religions, l’Etat cherche dans la plus pure tradition coloniale à propager un islam de France, à dégager des interlocuteurs.
    • 17. Parce que même lorsque la religion sert un projet révolutionnaire, ce n’est pas un projet qui vise l’autonomie réelle des révoltés, mais qui suit des préceptes religieux, qui prescrit des rôles sociaux et politiques déterminés par les textes ou un rapport au divin. La théologie de la libération ou les hérésies qui se sont affrontés aux différents monothéismes ne font non seulement pas exception à la règle, mais restent de plus minoritaires, le plus souvent assiégées ou exterminées elles-mêmes par leurs hiérarchies religieuses. Ainsi, la théologie de la libération, même teintée de marxisme et d’indigénisme, reste une théologie avec ses obligations morales, ses normes imposées. Quant aux hérésies, si certaines ont pu porter des éléments d’émancipation sociale, est-ce réellement leur caractère religieux qui menait à cette émancipation ou au contraire l’émancipation qui contaminait les préceptes religieux ? Chez les bogomiles, hérésie religieuse née au Xème siècle qui influença les cathares, décrits notamment par Umberto Eco dans Le nom de la rose, on vit une vie ascétique, on récuse le mariage, on condamne l’église comme corrompue, comme œuvre terrestre du diable, on rejette toutes les autorités constituées, ce qui a participé à son engouement populaire et sa répression. Pour autant, on respecte l’autorité du dogme, celle des Parfaits, leurs guides spirituels. Il n’en demeure pas moins que dans le cas de la théologie de la libération comme dans celle du bogomilisme, les autorités religieuses, ici chrétiennes, vont les combattre. A travers les positions anticommunistes prises par le Vatican et son soutien aux politiques contre-insurrectionnelles menées dans de nombreux pays pour la première, à travers l’inquisition et l’expropriation des biens bogomiles pour la seconde. Ce que combattent alors les autorités religieuses, c’est la remise en cause de leurs propres privilèges et leur collaboration active aux régimes en place.
      • 18. Parce que si les destructions et les raffinements de la technique et de la science, de la rationalité instrumentale ont fini au XXème siècle de remettre en cause des principes issus du rationalisme des Lumières, il n’est pas pour autant question de réfuter la nécessité de recourir à une raison critique, de faire de la religion un rempart aux dégâts de la technique et de la science déchaînée, liées aux développements les plus avides, prédateurs et morbides du capitalisme et de l’Etat. Les ténèbres de la raison ne peuvent faire oublier celles de la religion.
    • 19. Parce que soutenir des personnes qui cherchent à se défaire de l’oppression religieuse, qu’elle soit politique comme au Kurdistan, en Tunisie et dans bien d’autres régions, ou plus quotidienne ici ou là-bas, ce n’est pas de l’impérialisme, mais bel et bien une solidarité élémentaire face à l’oppression. Elle n’est d’ailleurs pas liée qu’à l’islam loin s’en faut. Faut-il rappeler le rôle que jouent les institutions orthodoxes dans une Russie où le racisme et l’homophobie sont particulièrement forts ? Ou le rôle que jouent des groupes comme Civitas ou des institutions catholiques plus mainstream dans l’organisation des manifs pour tous, auxquelles au passage des organisations musulmanes ont accepté de s’associer.
      20. Non, ce n’est pas parce que l’on nous identifie comme « blanc » ou « blanche » et « français » que nous sommes responsables du colonialisme et que nous devrions nous taire comme « privilégié-e-s ». Non seulement nous ne sommes pas des colons parce que « blancs » ou « blanches », mais certains « blancs » et certaines « blanches » se sont depuis longue date engagé-e-s dans les luttes anticoloniales, ont dénoncé le rôle d’Areva ou Total en Afrique, etc. Définir notre vécu et notre positionnement en se rapportant à la seule couleur de notre peau, c’est non seulement réducteur mais ça implique de reconduire les catégories raciales, sous formes de « races sociales », des vieilles théories racialistes. Et s’il est évident que certains et certaines sont victimes de racisme, que ce racisme est non seulement un rapport interindividuel, mais également une rapport structurel, il n’en demeure pas moins que la « blancheur » de notre épiderme, notre vécu de non dominé-e-s ne fait pas de nous des dominant-e-s. L’absence d’un vécu de victime d’une oppression ne veut pas dire que nous ne sommes pas en mesure d’en comprendre l’essentiel : son refus.
    • 21. Parce que l’islam n’est pas au cœur du projet anticolonialiste. La montée de l’islamisme politique est d’ailleurs postérieur au combat décolonial. Jamais le FLN ne se réclamait d’une identité religieuse. Mais bel et bien d’une identité nationale et autoritaire qui conduira d’ailleurs là où l’on sait. L’islamisme algérien a d’ailleurs fertilisé son expansion sur la domination autoritaire du FLN et de l’Etat algérien.
  • 3 novembre 02:26, par Quelques rétifs au nouveau vieux monde , Caen, mai 2016
      • 22. Que les circonstances ou la situation sociale historique ne sont pas limitées au « racisme anti-musulmans et musulmanes » ici en France, mais qu’en parallèle cherche à s’imposer dans bien des régions du globe et ici même, un islamisme politique qui se veut être un nouvel universalisme conquérant. Cet islamisme qui vise une implantation politique et militaire nécessite que nous lui opposions une résistance toute aussi claire. En même temps que nous devons nous opposer au « racisme anti-musulmans et musulmanes », nous devons combattre avec la même vigueur les visées islamistes radicales de Daech et autres Al-Qaïda.
    • 23. Non, les caricaturistes de Charlie Hebdo n’ont pas été abattus parce qu’ils étaient islamophobes, et encore moins pour leur misogynie [6]. Ils et elles ont été assassinés parce qu’ils et elles avaient représenté le prophète. « Le commandement d’AQPA [Al-Qaïda dans la péninsule arabique] a dirigé l’opération et ils ont choisi leur cible avec attention pour venger l’honneur du Prophète. La cible était en France en particulier à cause de son rôle évident dans la guerre contre l’Islam et les nations opprimées. L’opération est le résultat de la menace du Cheikh Oussama, qui avait averti l’Occident des conséquences de la persistance du blasphème contre les valeurs sacrées des musulmans ». La tuerie de l’hyper casher de Vincennes attribuée à Daech visait des juifs. C’est un acte clairement antisémite. Les attentats de novembre, surenchère dans la stratégie concurrentielle des succursales du terrorisme [7] et acte de guerre [8], ne vise pas autre chose : « Et la France et ceux qui suivent sa voie doivent savoir qu’ils restent les principales cibles de l’Etat Islamique et qu’ils continueront à sentir l’odeur de la mort pour avoir pris la tête de la croisade, avoir insulté notre prophète, s’être vanté de combattre l’islam en France et frapper les musulmans en terre du Califat avec leurs avions qui ne les sert en rien dans les rues malodorantes de Paris. » [source communiqué de revendication de DAECH]
  • des ad hominem méprisants et pornophobes de "la race comme si vous étiez" :

    "Schaffauser est aussi connu sous son nom d’acteur porno « Zezetta star », mais aussi comme relais des mouvances racialistes et « antisionistes » borderline dont il diffuse régulièrement la propagande sur les réseaux sociaux (PIR, LMSI, BDS, CRAN, etc.), entrecoupées de pensées sur son pénis et de photographies de ses pectoraux. Le XXIe siècle est spirituel."

    "Elles aiment se retrouver régulièrement pour papoter, s’auto-applaudir et se bienveiller dans la communion sororitaire comme les alcooliques anonymes non-mixtes contre la cissobriété."

  • 3 novembre 03:30, par Quelques rétifs au nouveau vieux monde , Caen, mai 2016

    Paru dans le n°58 du journal nord-américain Anarchy : A Journal of Desire Armed, ce texte de Lawrence Jarach, l’un des principaux éditeurs de ce journal né en 1980, fut publié en 2004. Anarchy est un journal connu pour ses critiques du gauchisme et sa proposition d’une rupture totale entre l’anarchisme et la gauche au sens large sous la forme du « post-leftism ». On y retrouve depuis sa création des auteurs comme John Zerzan, Jason McQuinn ou Wolfi Landstreicher ainsi que d’intéressants débats sur le primitivisme et sa critique.

    Dans ce texte, l’auteur emploie le terme américain « Identity Politics », que nous avons traduit littéralement. Mais nous devons préciser que cette traduction littérale ne lui rend pas justice. En effet, le terme Identity Politics recouvre aux Etats-Unis toutes les tendances contestataires qui ont fait de leur point de départ une identité précise, qu’elle soit ethnique, de genre ou sexuelle. Le terme est employé depuis les années 70 dans les milieux activistes comme dans les milieux universitaires américains de gauche. Il est le plus souvent associé, jusqu’à en devenir synonyme, au terme gender politics. En France, si le terme n’existe pas, on en retrouve le contenu dans certaines parties du mouvement féministe radical, ainsi que dans des groupes identitaires et racialistes tels le mouvement des « Indigènes de la république » et son corollaire « Les mots sont importants ». Cependant, le danger que représente selon nous le discours identitaire se retrouve parfois en des endroits plus inattendus, et notamment chez des anti-autoritaires.

    Le problème n’est pas pour nous de reconnaître l’existence de catégories sociologiques plus ou moins distinctes, ni même d’en faire le point de départ d’une lutte, bien que nous soyons perplexes à ce sujet. Le problème est bien d’en faire le point d’arrivée, là où selon nous la perspective devrait être l’annihilation de ces catégories séparatistes et rôles sociaux. Car nous voulons une lutte contre l’existant dans laquelle les individus ne se sépareraient ni ne se regrouperaient selon des critères tels que leur genre, race ou sexualité, mais selon des affinités réelles et des perspectives communes, au-delà des catégories de la domination, qu’elles soient imaginaires ou non. Répétons-le donc encore une fois : nous ne sommes pas solidaires de la misère, ou d’une quelconque identité commune, mais de la vigueur avec laquelle elles sont combattues et dépassées.

    Novembre 2013,
    Ravage Editions.

    http://www.non-fides.fr/?L-essentialisme-et-le-probleme-des-politiques-d-identite

  • john zerzan est aussi cinglé qu’houria bouteldja

      • houria bouteldja a elle soutenu des candidat-e-s homophobes, sexistes, islamistes, réacs au élections de 2016
  • Surfer sur les vaguelettes de la beauferie nanarcho identitaire ?

    Depuis les attentats, on voit déferler un « retour » de la haine raciale la plus décomplexé caché sous les apparats de la beauferie et de la bonne morale : liberté d’expression, défense de la culture moderne, rejet de la barbarie. Depuis des années un virage intellectuel s’opérait. Riposte laïque incarne un paroxysme de cette nouvelle manière d’être un raciste respectable, un raciste qui rejette l’obscurantisme et le communautarisme des autres. PS, LR et FN défendent en effet la laïcité et les valeurs universelles contre les ténèbres. Mélenchon se déclare ouvertement « islamophobe ». Bref la mode est au racisme et on n’hésite plus à se mettre au goût du jour même dans des milieux ou jusque là c’était plutôt mal vu… Rien d’étonnant à ce que cette vague pénètre l’extrême-gauche et les milieux anarchistes et autonomes. Bien heureusement, cette vague reste presque anecdotique, même si le peu de surfers quel charrie restent tous assez affligeant

    Racisme anarcho gauchiste : panorama d’un micro-monde burlesque

    Au départ curiosité presque risible ce courant aussi étonnant que marginal tente aujourd’hui d’exister. Déjà des intellectuels de supermarché pseudo libertaires comme Onfray ou Michéa ont servi de caution nanar au racisme mainstream. Il y a bien sûr des franchouillards à la FA qui dès le « bal tragique cher Charlie » s’étaient mis du coté des tirailleurs xénophobes armés de crayon, au garde-à-vous, en vociférant à qui voulait l’entendre leur soutien sans faille. On voit aussi des groupes paillards de la CGA (le groupe Albert Camu, ca ne s’invente pas) qui prennent le même revers. Ils ont décidé de créer l’Organisation Anarchiste sans doute en référence à une organisation homonyme d’antan connu pour son antisémitisme et son rejet de la franc-maçonnerie. Autre époque, autre mœurs l’OA est désormais l’organisation officielle des nanarchistes islamophobes et qui s’assument comme tel. C’est donc dans cette atmosphère d’apéro saucisson pinard que nos explorateurs des théories farfelues entendent se lancer dans l’ultime croisade. Mais, bien que moins nombreux, les plus braillards et de loin les plus amusants, se sont les fantaisistes qui prétende émerger de « l’autonomie radicale » : non fides et discordia pour les anarcho identitaire et vostanite, garap et racialisateur go home (scission pro colonial du rca) pour les ultra rouge brun. Ravage édition, qui avait déjà affligé pour sa xénophobie, s’est fait virer d’infokiosque et leur sert de maison d’édition. Des ruines est leur journal. Même si ils multiplient les publications et les coquille vide pour se donner les apparats d’être autre chose qu’un microcosme groupusculaire, personne n’est dupe… ils sont 4 pelés à se ronger l’os nerveusement. Personne ne pourra nous accuser de jouer les « journaflic » pour avoir ouvertement dépeint ce micro monde tant leur inactivité (hors obsession raciste) désabuse jusque aux policiers les plus zélés.

    On pourrait évoquer les cautions intellectuel de la démarche tel que les dépouilles du situationnisme tendance réactionnaire chiant, le florilège de blog culturalo-libertaire ou autres « écrivains libertaire » à la réputation sulfureuse (pro pédophile et négationniste repentit), tous aime à se rouler dans la haine ethnocentriste dés qu’ils peuvent en avoir l’occasion.

    Il existe bien sur certaines divergences entre les micros sectes, et les gourous ne sont pas unanimes. Certains condamnent l’islam au nom de la défense du féminisme (comme il est convenu de le faire a la télé) certains, plus populistes encore, condamnent le féminisme. Il en est de même avec l’antisémitisme : les plus avisés feront ce qu’il est d’usage cher les colons bien pensant : utiliser la lutte contre l’antisémitisme pour développer l’islamophobie, les plus archaïques (mais plus conséquent dans leur logique) considéreront la notion d’antisémitisme comme « racialiste » (ils sont heureusement peu nombreux). Ces deux factions ont d’ailleurs déjà commencé à se taper entre eux (tant mieux !).

    Mais qu’est ce qu’il leur a pris ? Comment ces micro-sectes qui jusque la n’avait que la réputation d’apathiques asociaux ont pu dériver vers le populisme ? C est que l’anti anti-islamophobie, l’anti anti-fachisme, l’anti anti-impérialisme voir pour les plus illuminés l’anti-féminisme est devenu pour eux les ultimes apparats d’une posture propre aux errements d’une radicalité imaginaire et sans cause. La posture et la radicalité verbale leur servent de démarcation presque aristocratique. La misanthropie constituait le minimum de la panoplie des anarcho-tristes et autres gaucho-chiants (bien au delà de ce petit groupe malheureusement). Ce nouveau style verse maintenant dans le populisme crasse. On espère que la mode va tourner et qu’on verra les singes savants et leurs perroquets adopter de nouveau déguisements moins nauséabonds.

    Des arguments Massu : les arguments d Aussares ?

    Comment peuvent t’ils distorsionner une pensée anarchiste ou communiste plutôt connu pour son ouverture aux autres en une arme de xénophobie ? Il fallait en effets des argumentaire solide à leur saillis littéraire abondante.

    - Être contre l’islamophobie c’est soutenir l’Islam des ayatollahs des frères musulmans et du CCIF, la culturalisassions du débat politique, c’est faire le jeu du « retour du religieux » et de son obscurantisme, c’est encourager Daesh. C’est se faire l’ennemi des communistes et anarchistes ou autres critiques vis-à-vis de l’islam dans des pays de culture musulmane. C’est une hérésie a l’orthodoxie athéiste a la quelle il faut croire…
    - Entre contre le racisme c’est reconnaitre l’existence des races, c’est être « racialiste » c est soutenir le PIR, c’est abandonner la lutte de classe au profit d’une posture victimaire et acritique qui n’existe pas en vrai car les races n’existe pas… C’est être l’idiot utile de SOS racisme. C’est abandonner la critique de l’exploitation au profit de la critique intégrationniste de la discrimination, c’est sombrer dans l’essentialisme des heures les plus sombres.
    - Être contre l’impérialisme c’est soutenir les Khmer Rouge, Poutine et Bokassa c’est abandonner la lutte de classe au profit d’une posture victimaire et a critique du « colonisé » qui n’existe pas en vrai car l’impérialisme n’existe pas… la division internationale du travail non plus… C’est soutenir les états, les partis et les chefs de guerre du tiers monde.

    C’est donc fort de ces trois argument que nos identitaires se lance à l’assaut de leur ennemi imaginaire les « racialistes » et autres « religieux ».

    Que dire ? Il est évidant que ce qui est profondément nié, ce qui leur est impossible à accepter c’est de se voir comme des bouches nourries de l’impérialisme (comme nous tous ici, les migrants ne viennent ils pas ici pour prendre leur part du gâteaux que « nous » consommateurs moyens, nos états et son RSA, son SMIC, ses lois sociales et son armée, pillons chez eux ?), des privilégiés, des xénophobes ras du front (ca c’est pas tout le monde ici , c’est un choix qu’ ils ont fait), des évangélisateurs laiquards, des modernistes conquérants. Ce qui est étonnant c’est que la nature des fantasmes qu’ils projettent sur le milieu est similaire à celle que les pires théoriciens du grand remplacement ou de la menace djihadiste projettent sur les classes populaires. Leur source d’inspiration est somme toute assez vulgaire.

    Pour ce qui est de leur littérature abondante, souvent caustique, il faut le reconnaître. Ce qui est peut-être le plus tumultueux c est l’esthétique populo clouscardienne face à la « post modernité universitaire ». L’anti intellectualisme est toujours salutaire, nous savons pourtant qu’il faut le manier avec précaution. Enfin alors que le milieu radical a su éviter les illusions d une « post » modernité culturaliste et libéral à la sauce « cultural studdy » ou « Foucault markéting », leur velléité à toute attaque de la modernité ne reflète en réalité que leur propre « ethnocentrisme qui s’ignore » sous les apparats de « l’universalisme abstrait ». Ils défendent, en somme, l’identité européenne et universelle du progrès conquérant. Rien de bien nouveau sous le soleil de fRance, il suffit d allumer la télé pour regarder Luc Férry , Soral ou Zémour porté ce genre de sous analyse. Leur seule « critique », leur unique différence d’avec la pensée dominante ce serait que les frontières et catégories des états, cultures ou religions divisent la sacro-sainte humanité universelle. Des modernistes de gauche en somme. Ce qui est surprenant c’est que leur peur de « l’identité comme essentialisation » les rattache a cette post modernité qu’ils détestent tant… le paradoxe n’effraie pas les con.

    Nous autres, somme du coté du négatif, pas besoin d’idéologie du progrès pour attaquer l’ennemi. La haine qu’expriment les opprimé-e-s à l’encontre des profiteurs, des complices et des tièdes ne nous fait pas peur, elle nous stimule. Voila ce qui nous différencie à coup sûr de ces citoyennetés qui s’ignorent, comme qui dirait « Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux. »

    Les hauts faits d’arme des « chasseurs de racisé·e·s »

    Il faut rendre justice au courage de nos explorateurs de la radicalité fictive, ils pratiquent l’action directe.

    Ils ont osé se dissocier de la marche de la dignité. Ils ont eu le courage de dire « tout haut ce que tout le mode pence toux bas ». Ceux qui marchaient contre le racisme et les violences d’Etat serait du coté de la « lutte des races contre la lutte des classes ». Les chiens de garde insultent à grand renfort d’affiche a la con en papier glacé, heureusement arraché ou recouverte par des hommages à Zied et Bouna. Ils auraient pu aller au fond de leur propos et affirmer que la marche de la dignité était une marche de « raciste anti blanc » comme il est de bon ton de la définir un peu partout …

    Ils ont osé en plein mouvement (chacun ses priorités) s’attaquer (tags, intimidation, « blague » raciste) au groupe non-mixte de l’université P8 Saint Denis déjà décrié par la Licra, l’assemblée nationale et l’extrême-droite.

    WOUAW !!!

    Que peut-on dire de leur acte dans le concret ? On ne peut que constater leur rejet de l’auto organisation / autonomie des prolétaires immigrés qui devraient être, selon eux, encadré par des civilisateurs anarcho-gauchiste sans origine ni identité car universels.

    Pour beaucoup, il est très difficile de ne pas voir leur fait de guerre comme de simples « agressions » soft, d’analyser leur geste comme l’appendice libertaire d’un racisme larvé et somme toute banal.

    Paranoïa, calomnie et victimisation

    Le milieu « autonome » serait selon ses détracteurs identitaires, remplis de religieux, de post modernes et de racialistes. Il est évident que la nature obsessionnelle de l’accusation les pousse à combattre des fantômes qui n’existe que dans leur tète. Ils sont inquiets, font des scandales dans des squats, des réunions ou des fêtes, obséder par le moyen de provoquer un conflit, de dépister et de condamner… Ils font des procès en sorcellerie a toutes et tous. C est une inquisition sans les moyens de l’être…

    Pourtant, personne dans nos milieux ne prétend abandonner la lutte de classe au profil de la race, personne ne défend l’obscurantisme religieux… Ils se marginalisent donc tout seul en calomniant à tour de texte long ou se ridiculisent à coup de tractation malhabile.

    En s’attaquant à tout le milieu autonome, ils ne s’y sont pas fait des amis. Le fait est que tout le monde déteste ces anarcho-identitaires. Tout le milieu a mis, spontanément, un peu partout, comme un cordon sanitaire autour d’eux, ils sont ostracisé, ou essuient les railleries, les moqueries. On les voit se séparer peu à peu d’amis de longue date. Leurs coups d’éclats et leur comportement ne les ont pas aidés. Bien sur il y a eu quelque soutien en province, mais ceux qui ont fait allégeance, peut être par chantage affectif, souvent ne connaissent pas l’embrouille et beaucoup se repentent déjà de s’être mis à défendre des racistes.

    Personne ne sait qui a attaquer leur librairie a la con où personne ne va jamais, a part visiblement pour casser soit des vitrines, soit du sucre sur le dos des musulmans. Ce non lieu est une sorte de nouvelle Vielle Taupe (on retrouve dans ce micro monde pas mal d’ancien plus ou moins repentit) qui a troqué l’antisémitisme pour l’islamophobie. ils sont cramé et le resteront pour longtemps

    On comprendra toutefois que les réactions officielles doivent laisser place à une certaine solidarité de façade (sans mauvais jeux de mots) « on ne peut pas casser comme ca des vitrines d’une libraire anarcho-identitaire ». On remerciera toutefois les « mutus » de nous avoir épargné le flot de bassesses qui accompagne chacune de leur déclaration pour ne publier, discrètement, que ce que « la neutralité » impose : le strict minimum. Toutefois, s’il y a une critique à faire de ce cocasse bris de vitrine c’est qu’il a servis à faire un coup de pub. L’audience des ces zigotos a été démultiplié depuis qu’ils ont su s’adonner au racisme le plus immonde… il suffit de versé dans le populisme pour faire du buzz mais la posture de victime en plus … ca c’est tip top… Bien sur personne ne participe a leurs débats « ouvert », a leur tentative de « médiation » par peur d être assimilé a eux voir même d’apparaitre comme trop complaisant. En somme ils se brouillent tout les jours un peu plus avec le peu de gens qui les considèrent autrement que comme de simple raciste a éviter.

    Le plus amusant est aujourd’hui de les voir se diviser : même un des fondateur de la Discordia a quitter le groupe de quatre personne qui l’animaient, tant l’obsession de ses camarades lui semblait insupportable.

    Mais qu’est ce que on va faire avec ces vieux coqs et jeunes oies édifiantes ?

    L’heure n’est pas à une escalade de violence, ni à essayer de tuer les cadavres. A quoi servirais de renforcer un ostracisme déjà presque unanime ? On ne pourrait que les renvoyer à leurs propres obsessions. Non, il faut les aider !

    Oui, on a tous dans notre famille ou au travail des personnes qui dérivent, qui croient au illuminatis ou aux reptiliens. Et bien non, on ne pourra pas abandonner ces personnes à la merci de la haine raciste et du confusionnisme abscons. Comme qui dirait : « On vous aidera avec bienveillance, on ne vous laissera pas tout seul face à votre bêtise ». Avec le temps de l’eau passera sous les ponts peut être nous oublierons, peu être même nous pardonnerons…

    Des personnes sans couleurs car universelles, universitaires bourgeoises, hooliganisés, qui fantasment sur les banlieues et veulent se convertir a l’islam, car victimes de « la haine de soi » propre au post moderne illusionnés par une fausse critique compatible avec les idéologies de l’état du capital.

    PS : Nous somme des lâches anonymes, des loups solitaires en plein processus de radicalisation (appeler tout de suite Stop Djihadisme au 0 800 00 56 96 )

    https://grenoble.indymedia.org/2016-09-19-Surfer-sur-les-vaguelettes-de-la

  • Les faits

    au élections de 2016, houria bouteldja a soutenu des candidat-e-s :

    - homophobes,
    - sexistes,
    - islamistes,
    - réacs

  • "Schaffauser est aussi connu sous son nom d’acteur porno « Zezetta star », mais aussi comme relais des mouvances racialistes et « antisionistes » borderline dont il diffuse régulièrement la propagande sur les réseaux sociaux (PIR, LMSI, BDS, CRAN, etc.), entrecoupées de pensées sur son pénis et de photographies de ses pectoraux. Le XXIe siècle est spirituel."

    "Elles aiment se retrouver régulièrement pour papoter, s’auto-applaudir et se bienveiller dans la communion sororitaire comme les alcooliques anonymes non-mixtes contre la cissobriété."

  • Les faits

    aux élections fr de 2016, houria bouteldja a soutenu des candidat-e-s :

    - homophobes,
    - sexistes,
    - islamistes,
    - réacs

  • Schaffauser est un homme politique d EELV rallié au P.S et compagnie = dégage

  • « Les indigènes de la république sont nos amiEs », par Thierry Schaffauser

    Une nouvelle polémique éclate au sujet d’Houria Bouteldja, porte parole du Parti des Indigènes de la République, et de sa supposée homophobie. Le politologue Thomas Guénolé l’accuse [sur le plateau de l’émission Ce soir (ou jamais) sur France 2, ndlr] de différents racismes ainsi que d’homophobie en citant une phrase de son dernier livre Les Blancs, les Juifs, et nous*.

    Pour avoir lu le livre, il est évident que Monsieur Guénolé a cherché à tromper son audience en extrayant une citation de son contexte et en omettant les guillemets autour du mot « tarlouze ». En effet, en lisant Madame Bouteldja, on comprend aisément que ce passage est en réalité une dénonciation de l’homophobie et non une intention d’en faire sa promotion. Ce n’est pas l’auteure qui parle à travers ces mots, mais l’homophobe qu’elle dénonce, et c’est précisément pour cela qu’elle utilise l’insulte de « tarlouze » afin de mieux caractériser cette homophobie.

    Puisque nous en sommes à l’explication de texte, allons plus loin. Bouteldja nous met en garde sur la façon dont le féminisme et la lutte contre l’homophobie ou bien d’autres causes pour l’émancipation sont devenues des injonctions racistes à l’égard des sujets indigènes toujours réputés retardés sur le plan civilisationnel. Sa réponse est de refuser de répondre à ces injonctions en montrant qu’elles participent d’un système raciste qui vise à toujours désigner le sujet indigène comme le plus coupable, et le Blanc comme le plus innocent et le plus humaniste, pouvant protéger ainsi sa bonne conscience tout en bénéficiant en réalité des inégalités économiques et sociales qu’il ne veut pas voir.

    CONTINUITÉ HISTORIQUE
    Au lieu de désigner des individus déviants et coupables, comme si les discriminations n’étaient qu’une affaire de morale personnelle, de bons et de gentils, elle cherche à en démontrer les causes structurelles. Elle cherche à montrer que le racisme contemporain est le fruit d’une continuité historique datant de l’esclavage et de la colonisation, et que c’est surtout une affaire de rapports de dominations, de lois, de mémoires communes, et de pratiques sociales.

    Néanmoins, il serait trop simpliste de voir dans la posture de Bouteldja seulement l’affirmation du refus indigène de se justifier, voire une négation de ces problèmes. Car elle ne les nie pas. Au contraire, elle fait le job. Mais elle le fait à sa façon, sans céder aux injonctions du pouvoir.

    Oui, elle reconnait le sexisme et l’homophobie qui existent dans la communauté indigène (arabe en particulier), et non elle ne les excuse pas, ni ne les passe sous silence. Elle en fait une analyse politique.
    Elle explique par exemple que cette homophobie et ce sexisme sont également les produits du racisme et de la compétition entre le virilisme blanc et celui indigène.

    C’est la même analyse que font plein de théoriciennes féministes travaillant sur le genre qui cherchent à prendre en compte la classe et la race dans leurs travaux. Bouteldja part d’un point de vue décolonial plutôt que féministe mais le résultat est le même, car l’objectif est le même, à savoir analyser les rapports de pouvoir et de domination. Sa démarche est honnête car elle expose ses doutes et ses propres contradictions au regard de tous, notamment en prenant pour témoignage la difficulté d’une femme à vouloir résister au sexisme sans trahir les hommes de sa communauté avec qui elle veut conserver une solidarité de lutte contre l’oppression raciste. On le lit comme un déchirement et non pas, à moins de faire preuve de malhonnêteté, comme un appel à la soumission des femmes. Elle est l’inverse d’une femme soumise.

    Le reproche qu’on pourrait lui faire est de ne pas apporter de solutions. Mais en avons-nous plus qu’elle ? Elle nous propose cependant quelque chose, qu’elle nomme l’amour révolutionnaire. Pour cela, elle s’appuie entre autres sur de grandes figures de l’antiracisme, dont un blanc homosexuel : Jean Genet. Cet amour révolutionnaire nécessite des efforts de part et d’autre, des sacrifices pour renoncer à ses privilèges, et ce qu’elle appelle le fait de poser des conditions politiques pour nouer des alliances.

    A titre personnel, en tant que militant de la lutte contre l’homophobie, je souhaite que cette alliance entre les minorités sexuelles et de genre et les minorités indigènes et racisées soit possible. Elle doit l’être pour nos luttes, et surtout pour les queers de couleur qui sont toujours coincés aujourd’hui entre deux étaux, qui ne devraient pourtant pas avoir à choisir entre leurs différentes communautés. Ce sont elles et eux qui produisent les solutions politiques que nous avons été incapables de formuler. Ce sont elles et eux qui apporteront sans doute les meilleures conditions politiques pour cette alliance.

    Thierry Schaffauser

    *Ci-dessous, le passage du livre (page 81 de Les Blancs, les Juifs et nous, aux éditions La Fabrique) évoqué dans ce texte et lors du débat télévisuel retranscrit cette fois avec un peu plus de contexte :

    « Il faut arrêter de se raconter des histoires. Les Blancs, lorsqu’ils se réjouissent du coming out du mâle indigène, c’est à la fois par homophobie et par racisme. Comme chacun sait, « la tarlouze » n’est pas tout à fait « un homme », ainsi, l’Arabe qui perd sa puissance virile n’est plus un homme. Et ça c’est bien. C’est même vachement bien. Et puis, c’est tellement rassurant. Il va sans dire que le message sera capté cinq sur cinq de l’autre côté du périphérique aussi, on ne s’étonnera pas de la compétition viriliste et homophobe qui s’installera dans le camp d’en face et qui prendra un plaisir vicieux à surjouer une sexualité fabriquée par le regard colonial dans cette guerre sournoise que se livrent des forces antagonistes et irréductibles. »

    http://yagg.com/2016/03/21/les-indigenes-de-la-republique-sont-nos-amies-par-thierry-schaffauser/

  • Et parce que Schaffauser est un politicar et défend Bouteldja, cela justifie les attaques ad hominem à son encontre ? L’ad hominem comme argumentation c’est du niveau extrême droite ou Charlie Hebdo de la pensée.

  • § Les actions et les engagements politichiens de cet homme ne sont pas les bienvenues ici

    Schaffauser est un homme politique d EELV rallié au P.S et compagnie = dégage = le troll qui le défend = dégage

  • Les faits sont "têtus" ...

    Dégagez les politicien-ne-s et les partis de nos vies !

  • En écrivant cette tribune publiée dans Libération, Océanerosemarie le sait : prendre la défense d’Houria Bouteldja, militante antiraciste et porte-parole du Parti des Indigènes de la République (PIR), c’est prendre le risque de se mettre à dos pas mal de monde. Qu’à cela ne tienne, l’auteure et humoriste entend bien dire ce qu’elle pense, quitte à s’attirer les foudres (ce ne sera pas la première fois !) des « identitaires républicains en crise actuelle de psychose, obsédés par la soi-disant “islamisation de la France” ».

    Océanerosemarie tient surtout à rétablir certains faits : « Combien de fois m’a-t-on rappelé à l’ordre à son sujet « mais-enfin-elle-est-homophobe ça-va-pas-la-tête-lis-ça ! » Sauf que la phrase en question, une fois recontextualisée, racontait une lutte décoloniale et, qu’on soit d’accord ou pas avec son point de vue, ne pouvait en aucun cas être résumée à de l’homophobie. Il est très facile de discréditer un texte, surtout quand la pensée est complexe et formulée sous forme de paradoxes. Et, depuis la sortie du livre de Houria Bouteldja, c’est « #PassionRatonnade » : de Guénolé sur le plateau de Ce soir (ou jamais !), à Marianne ; et les flemmards se satisfont de ce massacre sans prendre la peine de la lire, répétant à tout va qu’elle est antisémite, sexiste, homophobe et raciste anti-Blancs… »

    Une tribune coup de poing (et coup de gueule !) qui, sans rentrer dans une nouvelle polémique autour d’Houria Bouteldja, vise surtout à mettre en lumière la dimension sociale du racisme en France.

    En mars dernier, c’est le militant LGBT Thierry Schaffauser qui proposait sur Yagg une analyse décryptant l’altercation entre le politologue Thomas Guénolé et Houria Bouteldja.

    http://yagg.com/2016/06/02/qui-a-peur-de-houria-bouteldja-par-oceanerosemarie-liberation/

  • Si c’est pour sortir tou-te-s les soutiens aux RACIALISTES

    Dégagez tou-te-s !

  • "Schaffauser est aussi connu sous son nom d’acteur porno « Zezetta star », mais aussi comme relais des mouvances racialistes et « antisionistes » borderline dont il diffuse régulièrement la propagande sur les réseaux sociaux (PIR, LMSI, BDS, CRAN, etc.), entrecoupées de pensées sur son pénis et de photographies de ses pectoraux. Le XXIe siècle est spirituel."

    "Elles aiment se retrouver régulièrement pour papoter, s’auto-applaudir et se bienveiller dans la communion sororitaire comme les alcooliques anonymes non-mixtes contre la cissobriété."

  • Les actions et les engagements politichiens de cet homme ne sont pas les bienvenues ici

      • Schaffauser est un homme politique d’ EELV

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    = le troll qui le défend = dégage aussi

  • Depuis plus d’un an une campagne politique acharnée et réactionnaire est menée par les « anti-racialisateurs ». Diffusion de textes, brochures, émission de radio, collage, perturbations.
    Ielles ont la prétention (et le culot) de se présenter en fins connaisseurs des mouvements politiques qui luttent contre le racisme et comme si ces questions politiques leurs tenaient vraiment à cœur.
    S’autoproclamant comme les vrais révolutionnaires et les vrais anti-racistes, ielles sont parties en croisade pour défendre la pureté de l’idée révolutionnaire contre l’ « idéologie racialiste » (qu’ielles ont inventé de toute pièce), qui serait en train de s’infiltrer dans « les organisations et milieux politiques qui vont de l’extrême gauche jusqu’aux libertaires ».

    Cette prétendue « idéologie » n’apporterait que du confusionnisme et serait le symptôme de la perte de perspectives révolutionnaires. Elle ferait infiltrer dans ces milieux des idées racistes (camouflées en progressistes), à travers l’utilisation de mots et catégories qui viennent du pouvoir (« race ») ou de leurs dérivés (comme « racisé-e », etc), et qu’on devrait donc rejeter en bloc si on est des vrais.
    Ielles essaient de nous faire croire que toutes les personnes qui utilisent ces mots sont pareilles et défendent le même discours. Elles sont toutes racistes. Des ennemies à combattre et à éliminer des milieux qui se veulent révolutionnaires.

    Mais tout n’est pas perdu, vu qu’ielles sont arrivées pour sauver et pour défendre ces milieux !
    Alors vite, il faut faire comprendre à tout le monde qu’à cet endroit-là se situerait le point de rupture, autour duquel il y a urgence à se positionner, pour se donner la possibilité de rouvrir des vraies perspectives révolutionnaires.

    Sans blague ?! Merci de nous protéger de ce grand danger, tout en essayant de nous apprendre la vie et la révolution. Bien essayé, mais raté.

    S’ielles connaissaient vraiment les mouvements anti-racistes et décoloniaux et s’ielles s’intéressaient vraiment aux différents systèmes d’oppression, ielles sauraient sans doute que des débats et des questionnements existent déjà autour de l’utilisation de mots créés par le pouvoir pour parler du racisme structurel et pour analyser l’oppression qui va avec. Ielles sauraient aussi que des débats existent depuis des années dans certains milieux féministes sur l’équilibre à trouver entre la volonté de mettre fin aux oppressions et la volonté de nommer et d’analyser ces mêmes oppressions ; sur comment dépasser les catégories créés par le pouvoir (qui participent à entretenir les oppressions), tout en prenant en compte le fait que ces mêmes catégories permettent aussi de nommer et d’analyser ces oppressions. Parce que ça ne suffit pas de ne plus en vouloir et de ne plus les utiliser pour que ça fasse disparaître les effets et les conséquences concrètes qu’elles produisent dans la réalité.

    Alors pas la peine de faire les messies qui apporteraient la bonne parole pour éclairer les pensées.
    Personne vous a attendu-es pour réfléchir à ces questions. Et surtout, personne n’a besoin de votre avis ni de votre validation.

    Ceci dit, je crois qu’il y a une différence fondamentale entre complexifier ou critiquer certaines applications des grilles d’analyse des oppressions et dominations, tout en voyant et en comprenant l’importance et la valeur de leurs apports, et le faire, à l’inverse, avec l’objectif de s’attaquer à ces grilles d’analyse dans leur totalité, pour les rejeter en bloc. Et c’est justement là qui se trouve le cœur du problème.

    En effet, le problème politique le plus important par rapport aux « anti-racialisateurs » n’est pas leur ignorance autour de toutes ces questions, mais leurs intentions politiques.
    C’est certes très désagréable et malvenu quand, en connaissant très mal ce dont elles parlent, ces personnes se sentent légitime non seulement de pondre des pages et de pages, faire des émissions de radio, des affiches, ect. Et, en plus, de le faire d’une manière super arrogante et méprisante.

    Mais, qui plus est, ielles vont jusqu’à traiter de « racistes » toutes les personnes qui, pour lutter contre le racisme structurel, essaient d’analyser et de critiquer la « race » comme une construction sociale utilisée pour hiérarchiser les individues sur la base de marqueurs physiques/biologiques et/ou ethno-culturels.
    À grands coups d’amalgames absurdes, de déformations des discours des autres, de raccourcis réducteurs, les « anti-racialisateurs » mettent dans le même sac toutes les personnes qui utilisent le mot « race ». De l’extrême droite au PIR, de la gauche anti-raciste aux mouvements dé-coloniaux, c’est toutes les mêmes. Aucune différence dans les idées, les analyses, les discours portés, les perspectives. Face à autant de confusionnisme, de manipulations et de mauvaise fois, on ne peut pas ne pas comprendre que leurs intérêts et intentions politiques sont toutes autres que celles qu’ielles affichent.

    Il ne faut pas être dupes. Leurs crachats confusionnistes ne visent pas à s’attaquer au racisme, qu’ielles n’utilisent, en bon politicien, que pour redorer leur pilule. Ielles sont, en réalité, en train de s’attaquer à certaines visions politiques auxquelles ielles font parfois allusion mais qu’ielles ne nomment jamais explicitement.

    Ce que les « anti-racialisateurs » sont en train de faire, c’est s’attaquer aux visions et analyses politiques qui, depuis des décennies, essaient de politiser toutes les sphères de la vie et du quotidien pour montrer que les rapports d’oppression et de domination ne se réduisent pas au seul champ économique, ni sont seulement véhiculés par l’État. Ielles sont en train de s’attaquer aux analyses qui considèrent ces rapports d’oppression et de domination comme quelque chose qui traverse tout le monde, que certaines personnes subissent en même temps que d’autre en bénéficient.

    Par la même occasion, ils s’attaquent donc aussi aux implications politiques de ces analyses : comme le fait que les « ennemis » ne sont pas seulement les bourgeois, ni seulement « les autres », les caricatures du raciste ou du macho ; comme le fait que les milieux soi-disant révolutionnaires ne sont pas en dehors de la société mais qu’ils sont aussi traversés par tout ça ; comme l’idée que c’est aux opprimé-es, en tant que groupe social, de définir l’oppression qu’ielles subissent (et donc aussi décider de comment en parler) ; comme le fait que la non-mixité soit pensée comme un outil politique d’émancipation (sans oublier que ça relève tout simplement d’une logique autoritaire de se permettre de dire à d’autres comment ielles devraient s’organiser pour lutter).

    Ces analyses sont des apports des luttes de libération et d’émancipation menées par des opprimé-es, qui ont dû se battre depuis des décennies (et ça continue encore) au sein des milieux révolutionnaires pour que leurs réalités et leurs vécus d’oppressions soient pris en compte comme quelque chose qui existe, qui est politique et qui a autant d’importance que les effets du capitalisme et de l’État. Comme une condition pour pouvoir exister entièrement dans ces mouvements révolutionnaires.
    Ces luttes ont permis de prendre conscience et de mettre en lumière l’existence de ces oppressions, c’est à dire de voir l’oppression là où on ne la voyait pas avant, parce qu’on considérait l’état des choses comme normale, comme relevant de l’ordre naturel.
    L’offensive des « anti-racialisateurs » n’est dans le fond rien de nouveau ni de très original, vu qu’elle n’est rien d’autre qu’un mouvement de « réaction », dans le sens de conservateur et réactionnaire, à l’émergence, à l’existence et au renforcement de ces visions politiques et de leurs implications. Pour ne pas devoir voir ni prendre ses responsabilités dans ces autres systèmes de dominations. Ou, pour certain-es, pour pouvoir continuer à bénéficier de ses privilèges sans avoir à se remettre en question et sans qu’on les fasse chier.

    Alors non, ce qui est en train de se jouer n’est pas un débat, tout comme ce n’est pas une guerre de chapelle ou une bataille pour l’hégémonie. C’est insultant de voir les choses de cette manière.
    Parce que vouloir nier ces oppressions, leurs effets et leurs implications, ou remettre à nouveau en question leur portée politique, n’est pas juste une opinion, mais participe pleinement de l’oppression elle-même.

    C’est pour tout cela que je considère qu’il faut réagir à leur offensive et ne pas laisser de place aux idées réactionnaires qu’ielles essaient de diffuser.
    Depuis quand, pour les révolutionnaires, tout serait discutable et entendable ?
    Non, la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords n’était pas un débat, mais la dernière étape de leur campagne politique nauséabonde.
    Face à ces crachats insultants et méprisants qui véhiculent des idées à vomir et qui puent le moisi, ça me paraît donc tout à fait compréhensible et souhaitable que des gentes décident de ne pas laisser passer cet énième affront.

    C’est pour tout cela que je comprends très bien la colère des personnes racisé-es qui sont venues à Mille Bâbords pour empêcher que la soirée ait lieu. Comme celle des autres personnes (dont je fais partie) venues pour s’opposer à ce pseudo-débat ou qui essaient de différentes manières de leur barrer le chemin.

    C’est pour tout cela que je ne soutiendrai jamais les lieux et les espaces, physiques ou virtuels, qui permettent une existence et une visibilité à ces discours gerbants.
    Parce qu’en faisant cela, ielles cautionnent ces discours. Parce qu’en faisant cela, ielles deviennent une partie du problème et non de la solution.

    Plutôt que de jouer les victimes de violences incompréhensibles et de vous étonner naïvement que des conséquences vous tombent dessus, plutôt que jouer les défenseurs de la liberté d’expression et du débat démocratique et vous poser au dessus de tout le monde, plutôt que de vous cacher derrière vos chartes remplies de mots que vous videz de leur sens et de leur profondeur politique, prenez vos responsabilités et assumez les conséquences de vos choix.
    Plutôt que de pointer la violence visible des personnes qui ripostent à une oppression, regardez déjà la violence « invisible » que vous véhiculez et dont vous ne vous rendez même pas compte tellement elle fait partie de la normalité.
    Ce n’est pas possible de limiter les analyses de la conflictualité politique et de la violence au seul champ économique. Ni de les arrêter devant votre porte.

    On ne vous laissera pas nous renvoyer dans le placard ou parmi les oublié-es de la révolution !

    une personne blanche – novembre 2016

    ps : Je ne me suis pas attardé dans ce texte sur les faits qui se sont déroulés dans la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords. Le communiqué concernant l’action menée contre la discussion prévue ce soir-là décrit déjà assez bien ce qu’il s’y est passé, contrairement aux autres textes remplis de victimisme, de mensonges et de mauvaise fois.

    https://nantes.indymedia.org/articles/36245

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  • « C’est une femme, elle a un maintien noble et fier, elle s’exprime avec tranchant, et en plus elle est arabe. C’est trop. »

    Dans Ce soir ou jamais, le 18 mars dernier, un certain Thomas Guénolé s’est livré à une attaque d’une rare violence contre Houria Bouteldja à propos de son livre, Les Blancs, les Juifs et nous. Il lisait ses notes, il avait bien répété. Houria était antisémite au point de vouloir envoyer les Juifs en camps de concentration, elle était misogyne et homophobe, communautaire et raciste, elle délivrait à qui voulait le permis de violer. On dira que peu importent ces élucubrations d’un folliculaire obscur – mais on aura tort : ces propos ont été repris de façon venimeuse par Marianne et par l’Express, et des extraits de l’émission circulent aujourd’hui sur quantité de sites qui, eux, sont vraiment racistes. Du coup, Houria, qui est depuis longtemps attaquée en paroles et en actes, si elle reçoit de toutes parts des encouragements d’antiracistes, écope aussi d’une foule de messages insultants et menaçants.

    Pourquoi Houria, qui n’est pas la seule à dénoncer le racisme « décomplexé » qui sévit actuellement en France, est elle une cible privilégiée ? La réponse me semble claire : c’est une femme, elle a un maintien noble et fier, elle s’exprime avec tranchant, et en plus elle est arabe. C’est trop. Elle ne se tient pas à la place qui lui revient, elle bouscule la hiérarchie des rapports sociaux, bref, elle exagère.
    L’équipe de la Fabrique, qui a édité le livre d’Houria, la soutient et la défendra contre les attaques de ceux qui sont tout autant nos ennemis que les siens. La libre expression en France ? Comme disait Paul-Louis Courier en 1820,

    « Sauriez-vous un pays où il n’y eût ni gendarmes, ni rats de cave, ni maire, ni procureur du roi, ni zèle, ni généraux, ni commandants, ni nobles, ni vilains qui pensent noblement ? Si vous savez un tel pays sur la mappemonde, montrez-le moi, et me procurez un passeport. »

    http://danactu-resistance.over-blog.com/2016/04/houria-bouteldja-une-haine-une-cible-par-eric-hazan.html

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  • Dans le supplément « Idées » daté samedi 10 juin, Jean Birnbaum consacre un article au « malaise croissant dans le mouvement social » face à « l’usage militant des notions comme la “race” ou l’“islamophobie” ». Il y rapporte des propos tenus ici ou là sur les Indigènes de la République et, au-delà, sur l’antiracisme décolonial et politique.

    Dans ces allusions, une nouvelle fois, Houria Bouteldja est la cible privilégiée des accusations les plus insensées, qui sont autant de calomnies : racisme, antisémitisme, homophobie… Il semble décidément que ses contempteurs n’aient pas lu son livre Les Blancs, les Juifs et nous [La Fabrique, 2016], se soient arrêtés à son titre sans le comprendre ou à quelques extraits cités à contre-emploi.

    La quantité de mélanine présente dans nos peaux, toute dérisoire et arbitraire qu’elle soit, nos origines, cultures, religions ou non, la longue histoire de la colonisation, créent des privilèges et des dominations, conscientes ou non.

    L’ouvrage de Pap Ndiaye, La Condition noire [Calmann-Lévy], paru en 2008, n’avait pas fait couler tant d’encre amère. Tout au contraire, il avait été érigé en force intellectuelle du moment. Il montrait que la couleur de peau constitue dans nos sociétés un facteur de différenciation, de disqualification sociale et de discrimination. Il contribuait par là à articuler classe et race, après des décennies marquées par l’illégitimité du sujet. L’accueil chaleureux réservé dans les médias à Pap Ndiaye pourrait-il s’expliquer parce qu’il parlait de Noirs ? Pourtant, s’il y a des Noirs, c’est nécessairement qu’il y a des Blancs. Les Blancs veulent rarement être nommés tels, n’entendent pas voir ce que renvoie ce miroir. Ce ne sont là que des constructions historiques et sociales, mais elles pèsent. Les ignorer empêche de les combattre. La quantité de mélanine présente dans nos peaux, toute dérisoire et arbitraire qu’elle soit, nos origines, cultures, religions ou non, la longue histoire de la colonisation, créent des privilèges et des dominations, conscientes ou non. Houria Bouteldja le décrit avec évidence : « A niveau social équivalent, il vaut toujours mieux être blanc ».

    Dans son livre important, complexe et tiraillé, Houria Bouteldja évoque ses propres déchirements comme indigène et Blanche ou, plus précisément, « blanchie » : des poètes et écrivains l’avaient dit aussi, Damas, Césaire, Fanon, tant d’autres. Elle évoque avec pudeur son sentiment d’humiliation devant ses parents qui « faisaient trop pauvres, trop immigrés » ; notre honte est que cette honte soit possible. Son attachement au Maghreb est relié aux juifs qui y vivaient, dont l’absence désormais crée un vide impossible à combler ; il laisse l’auteure « inconsolable ». Et cependant, ses détracteurs enchaînent les contresens comme des perles empoisonnées. Si nous ne nous retrouvons pas dans tous ses arguments ni dans toutes ses positions, ce déchaînement nous est insupportable.

    L’antiracisme politique ne se résume nullement à Houria Bouteldja ; ses représentant.e.s peuvent parfois être en désaccord avec tel ou tel de ses choix. Mais ce qui est visé à travers la violence des attaques qui la ciblent, c’est l’antiracisme politique dans son ensemble, c’est-à-dire toute tentative de s’organiser et de lutter pour en finir avec l’oppression. La haine qu’Houria Bouteldja suscite est à la mesure de son courage. Courage de secouer nos bonnes consciences quand nous préférons oublier ce qu’accorde le fait d’être Blancs, ici, en Occident. Courage d’évoquer le combat quotidien des femmes racisées et la lutte des féministes décoloniales. Refus résolu et pour jamais de verser dans l’essentialisme de « l’homme indigène », qui masque si opportunément les violences faites aux femmes partout dans nos sociétés.

    Dans le livre d’Houria Bouteldja, « Vers une politique de l’amour révolutionnaire » n’est pas un sous-titre de coquetterie ni une lubie d’éditeur : c’est un appel criant à quitter nos entre-soi, à déserter nos cloisonnements et nos endiguements

    Ce n’est certainement pas là une substitution de la question raciale à la question sociale : c’est un croisement, une intersection comme le disent les sciences sociales. Aucune lutte n’est secondaire : le front uni est nécessaire. Il passe par la reconnaissance de toutes les oppressions. Dans le livre d’Houria Bouteldja, « Vers une politique de l’amour révolutionnaire » n’est pas un sous-titre de coquetterie ni une lubie d’éditeur : c’est un appel criant à quitter nos entre-soi, à déserter nos cloisonnements et nos endiguements. Comment peut-on ne pas voir que c’est tout l’opposé d’une guerre ? L’auteure s’adresse aux prolétaires, aux paysans, aux chômeurs, aux laissés-pour-compte, aux « sacrifiés de l’Europe des marchés et de l’Etat ». Elle se tourne vers la gauche, en particulier cette gauche radicale qui aspire à un tout autre monde. Elle veut faire front commun. Elle en appelle enfin à une histoire dénationalisée et déracialisée ; comme l’écrivait C. L. R. James à propos de ses aïeux, lorsque lui aussi s’adressait aux Blancs : « Ils sont mes ancêtres, ils sont mon peuple. Ils peuvent être les vôtres si vous voulez bien d’eux. »

    Une telle pensée, qui travaille les catégories existantes pour mieux s’en échapper, est en avance sur son temps, décalée dans son époque. Elle dérange, choque, indigne qui veut lire trop vite et condamner sans procès. Ce ne sera pas la première fois qu’une telle discordance des temps est à l’œuvre : les révolutionnaires, les marxistes, les libertaires, les féministes l’ont toutes et tous éprouvée. Ce combat revient à se délester de nos catégories ; il commence par une prise de conscience. Notre émancipation est à ce prix.

    Par
    Ludivine Bantigny (historienne),
    Maxime Benatouil (co-président de l’Union juive française pour la paix),
    Judith Bernard (metteure en scène et journaliste),
    Déborah Cohen (historienne),
    Christine Delphy (sociologue et militante féministe),
    Annie Ernaux (écrivaine),
    Fabrice Flipo (philosophe),
    Isabelle Garo (philosophe),
    Eric Hazan (éditeur et écrivain),
    Stathis Kouvelakis (philosophe),
    Philippe Marlière (politiste),
    Dominique Natanson (co-président de l’Union juive française pour la paix),
    Olivier Neveux (universitaire),
    Ugo Palheta (sociologue),
    Geneviève Rail (universitaire, Simone de Beauvoir Institute and Womens Studies, Canada),
    Catherine Samary (économiste),
    Michèle Sibony (Union juive française pour la paix),
    Isabelle Stengers (philosophe),
    Julien Théry (historien),
    Rémy Toulouse (éditeur).

    http://www.ujfp.org/spip.php?article5710

  • Autant Bouteldja que les stals de Juliettes et du printemps (fleurs arctiques, Ravage éditions, archives Gettaway ... la multiplicité des identités ne les rend pas moins encombrants) sont des trolls qui n’ont rien à dire mais veulent que tout tourne autour de leurs gros nombrils ... et les trolls nourrissent d’autres trolls.

    Les accuser "d’attaques ad hominem" est bien gentil comme critique, eux qui n’hésitent pas à publier des photos des gens qu’ils n’aiment pas dans leurs brochures (le scandale qu’ils feraient si la même chose leur était faite ... heureusement qu’ils ont de trop sales gueules pour ça !), ou qui essayent d’imposer leurs idées à coup de poings, rabaissant le débat à la loi du plus fort.
    Quand on voit qu’ils ont recourt à des méthodes totalement misogynes dès qu’ils ont des conflits avec des femmes, y a pas de quoi s’étonner qu’ils tapent encore en dessous de la ceinture pour discréditer quelqu’un qui pourrait simplement être critiqué sur ses idées ... mais visiblement ils n’avaient pas grand chose à dire là-dessus alors comme une bande de sales gosses qui font du bullying ils sont allés dénicher des informations qu’ils considèrent comme matière à discrédit, des trucs qu’ils considèrent comme "sales", comme tout moraliste qu’ils sont ... un acteur porno ! Il n’y a aucun doute, en plus d’être autoritaires et malveillants ces gens sont frustrés sexuellement ... d’ailleurs tous les méchants sont des frustrés sexuels, non ? On leur souhaite d’apprendre à s’épanouir, à prendre un peu leur pied, afin qu’ils arrêtent de polluer les débats avec leurs textes compulsifs et leurs menaces et calomnies perpétuelles, comme si leurs vies se résumaient seulement à salir les "autres", à commenter la vie des autres, et à constamment essayer de pêcher et diffuser des informations intimes sur les gens, en bons Nechaiev qu’ils sont.

    Sans eux il y aurait aujourd’hui un vrai débat sur les politiques d’identité, et la tentative d’établir des réponses claires à ces mouvement identitaires ... mais ils ont tout saboté, étant intellectuelement incapables de contribuer à un tel débat trop complexe pour leur vision binaire, mais ne supportant pas que d’autres plus capables qu’eux puissent construire des réponses intelligentes.

  • "Les accuser "d’attaques ad hominem" est bien gentil comme critique, eux qui n’hésitent pas à publier des photos des gens qu’ils n’aiment pas dans leurs brochures"

    VAZY DES PREUVES ELLES SONT OU ? QUELLES BROCHURES ? CA INTERESSE TOUTE LA GALAXIE !!!!

  • Politiquement, à quoi servent les racismes ? Il est temps de demander des comptes aux responsables politiques. C’est poser les bases d’un antiracisme renouvelé, car repolitisé. Reprendre l’initiative contre les politiques de racialisation : ce combat sera mené avec nous toutes et tous qui rejetons le fantasme cauchemardesque d’une France blanche. Il est grand temps, mais il est encore temps de répondre à la racialisation par la politisation.


    Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly auraient-ils gagné, à titre posthume, la bataille des idées ? Depuis le 7 janvier, le débat public est organisé autour de fausses alternatives. Pour ou contre le terrorisme ? Bien sûr, tout le monde est contre (au point d’accepter l’extension progressive de sa définition). Pour ou contre la liberté d’expression ? Bien entendu, tout le monde est pour, ou presque (sauf à l’endroit des écoliers accusés de faire l’apologie du terrorisme). Résultat : six mois après la loi antiterroriste, voici la loi renseignement, qui attente aussi gravement à nos libertés. Et la litanie continue. Pour ou contre la République ? Tout le monde est pour, au nom d’un patriotisme opposé à ceux qui (selon Manuel Valls) « ne croient plus en la France ». La preuve ? L’UMP récupère le terme « Républicains », et le FN fait breveter celui de « Patriotes ». On attend avec impatience le nouveau nom du PS : pourquoi pas les « Laïcs » ? Car on nous interroge sans cesse : pour ou contre la laïcité ? Tout le monde est pour, ou presque…

    Pareil unanimisme provoque des réactions exaspérées : les belles paroles ne sauraient faire oublier la réalité. On peut donc critiquer « l’imposture » ; toutefois, s’opposer à « l’esprit du 11 janvier », n’est-ce pas encore participer au même « débat », dans des termes qui ne sont pas les nôtres ? Le Premier ministre ne s’y trompe pas, qui descend dans l’arène pour défendre l’union sacrée. Faisons plutôt le pari de reprendre l’initiative : non pas réagir, mais agir avec nos propres mots. Il faut refuser de se laisser enfermer dans de faux débats. L’heure n’est plus à répondre mais à imposer nos termes. Il est temps de parler d’autre chose. Ce qui menace la démocratie, c’est ce qui défait la société française. Ce n’est pas la (ni une) religion ; c’est le racisme, qui désigne comme des « autres » racisés certains d’entre nous –immigrés d’Afrique ou Rroms d’Europe, et aussi Français, héritiers de l’esclavage, de la colonisation et de l’immigration, noirs d’apparence ou maghrébins d’origine.

    Aujourd’hui, quand on brandit la laïcité, c’est rarement pour dénoncer le financement public d’écoles catholiques, le Concordat en Alsace-Moselle, ou les pressions des évêques contre le « mariage pour tous ». D’ordinaire, c’est pour s’inquiéter de l’islam. Or ce qui devrait nous alarmer, c’est l’islamophobie. Cessons de tourner autour du mot, et regardons la chose. Dans un pays où l’ancien président a pu nommer un « préfet musulman » et parler de « Français d’apparence musulmane », il s’agit moins de religion que d’une racialisation euphémisée. Marine Le Pen l’a parfaitement compris : son père s’attaquait aux Arabes ; elle s’en prend à l’islam. Sous l’antijudaïsme nous savons bien reconnaître l’antisémitisme, qui vise les juifs – indépendamment de leur religion. Il en va de même pour l’islam : pas besoin d’être musulman pour être victime d’islamophobie, voire pour finir par s’identifier comme tel, bon gré mal gré.

    Certes, nos gouvernants condamnent « le racisme et l’antisémitisme » (quitte à les opposer). Mais les combattent-ils vraiment ? Il est impératif de dépasser l’antiracisme moral, qui s’indigne d’un phénomène dont il ignore les causes – car s’il ne les voit pas, c’est qu’il ne veut pas les voir. Il est urgent de renouer avec un antiracisme politique. Dans les années 1980, on croyait que le racisme se réduit à une idéologie et à un parti. Dans les années 1990, on a compris que les discriminations systématiques et systémiques constituent un racisme structurel : raciste ou pas, on participe de logiques sociales dont les effets d’exclusion s’avèrent racistes. Les intellectuels, les politiques et les journalistes communient dans l’antiracisme ; pourtant, ils sont presque uniformément blancs. Le racisme se mesure moins aux intentions supposées de ceux qui s’en défendent d’ailleurs, mais davantage aux conséquences avérées pour ceux qui le subissent.

    Il y a plus. Depuis les années 2000, l’État apparaît de moins en moins comme un recours contre le racisme ; bien au contraire, il se révèle de plus en plus comme l’acteur principal d’un racisme institutionnel. Sans doute n’est-ce pas nouveau : en effet, de l’empire colonial à la France postcoloniale, des colonies à l’outremer et de l’outremer à la « métropole », de l’esclavage à la négrophobie, des Français musulmans d’Algérie hier aux musulmans de France aujourd’hui et de l’internement des « nomades » (entre 1940 et 1946) aux bidonvilles roms, nous sommes les héritiers d’une histoire. Il ne s’agit pourtant pas de repentance. Sans doute le passé est-il irréparable ; reste que la réparation s’impose d’autant plus qu’il continue de peser sur notre présent : comment comprendre autrement « l’inégalité raciste » ? Mais à nouveau, du débat sur l’identité nationale aux attaques contre les musulmans, sans oublier la chasse aux Rroms qui s’aggrave sous François Hollande, le rôle de l’État éclate au grand jour.

    D’abord, celui-ci crée les conditions objectives du racisme, soit la ségrégation et la relégation, par ses politiques de la ville, de l’habitat, du transport et de l’école, et par ses institutions comme la police et la justice. Ensuite, il y ajoute des conditions subjectives : il le légitime en assignant des « vocations » différentes à deux catégories d’êtres humains – « eux » et « nous ». « Eux », ce sont ceux qu’on laisse ou même qu’on fait mourir en Méditerranée, mais aussi à Mayotte, et ceux dont on rend la vie invivable, dans les bidonvilles rroms ou la « jungle » de Calais. La xénophobie nourrissant le racisme, ce sont aussi ces Françaises et Français qu’on trouve d’autant plus naturel de faire vivre indignement ou de laisser mourir impunément que, malgré notre commune nationalité, ils ne seraient pas comme « nous » ; et ce sont bien des compatriotes qu’on somme éternellement de s’intégrer, pour mieux leur signifier qu’ils ne seront jamais vraiment des nôtres…

    Être antiraciste aujourd’hui, ce n’est donc plus seulement lutter contre le Front national ; ce n’est pas uniquement récuser les stéréotypes raciaux qui aliment les discriminations systémiques. C’est aussi combattre les politiques qui racialisent la société française. Qu’on n’aille pas dire que cet antiracisme nous éloigne des problèmes de classe, comme si la « question raciale » occultait la « question sociale ». Les discriminations fondées sur l’origine ou l’apparence redoublent les inégalités socio-économiques. Surtout, les opposer, c’est tomber dans un piège. De même que l’Union européenne, c’est aussi « l’Europe forteresse », de même, les politiques néolibérales s’accompagnent en France et ailleurs d’un racisme d’État : on monte les uns contre les autres, les « classes populaires » contre les « racisés », comme si ceux-ci n’appartenaient pas, en majorité, à celles-là.

    C’est agiter le ressentiment pour détourner de son objet la colère que suscite l’injustice subie et par les uns et par les autres. Ceux qui font commerce politique de la xénophobie, de la rromophobie, de la négrophobie ou de l’islamophobie, comme d’autres en miroir de l’antisémitisme, participent d’une même logique. On joue les uns contre les autres, pour disqualifier ensuite ceux qui dénonceraient « deux poids, deux mesures », alors que perdure le « vieil antisémitisme » qui rejette « également les juifs et les Arabes » : la dernière enquête de la CNCDH le démontre, les racismes sont liés. Or la concurrence que certains cherchent à exacerber entre les ouvriers blancs et leurs voisins « d’origine étrangère », ou bien entre musulmans et juifs, tout en montant les uns et les autres contre les Rroms, fait obstacle aux questions qu’il faudrait poser de toute urgence. Ce n’est pas la faute des Rroms, ni des immigrés d’Afrique, ni des Noirs ou des musulmans, si les inégalités se creusent, pas plus que la faute n’incombe aux juifs si ces racisés en tous genres sont victimes de discriminations sociales et étatiques.

    Lutter contre les discriminations ou contre les inégalités économiques, contre l’islamophobie ou bien contre l’antisémitisme ? Ce sont encore de fausses alternatives qui empêchent toute coalition, qui divisent ceux et celles qui devraient s’unir et unissent celles et ceux qui devraient se diviser. Pour les combattre, il faut répondre à cette question : au-delà des intentions, réelles ou proclamées, politiquement, à quoi servent les racismes ? Il est temps de demander des comptes aux responsables politiques et de dire leur responsabilité. C’est poser les bases d’un antiracisme renouvelé, car repolitisé. Reprendre l’initiative contre les politiques de racialisation : le 9 mai 2015, au Forum de Gennevilliers, ce travail a été engagé. Il se poursuivra avec les premiers intéressés, femmes et hommes qui en paient le prix. Et ce combat sera mené aussi avec nous toutes et tous qui rejetons ce fantasme politique cauchemardesque d’une France blanche. Il est grand temps, mais il est encore temps de répondre à la racialisation par la politisation.

    Premiers signataires :

    Farid Bennaï, travailleur social, coordinateur du forum Reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation

    Saïd Bouamama, sociologue, porte-parole du Front uni des immigrations et des quartiers populaires

    Christine Delphy, sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS

    Rokhaya Diallo, journaliste et auteure

    Fatou Diome, écrivain

    Éric Fassin, sociologue, professeur à l’université Paris-8

    Nacira Guénif, sociologue, professeure à l’université Paris-8

    Serge Guichard, membre fondateur de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines roms (Asefrr)

    Almamy Kanouté, éducateur spécialisé, association REZUS

    Laurent Lévy, essayiste et militant politique

    Saimir Mile, président de la Voix des Rroms

    Marilyne Poulain, syndicaliste CGT - immigration

    Isabelle Saint-Saëns, membre du GISTI (groupe d’information et de soutien des immigré.e.s)

    Michèle Sibony, Union juive française pour la paix (UJFP)

    Louis-Georges Tin, président du CRAN

    https://grenoble.indymedia.org/2015-06-06-Manifeste-pour-un-antiracisme

  • 10 novembre 15:25

    l’antiracisme politique (il n’y en a que un ?) lave plus et mieux

    est il est meilleur que l’antiracisme qui n’était pas politique avant ?

      • Slogan et propaganda !
  • 10 novembre 15:31

    une pétition donne la gerbe

    une pétition avec des stal-racialistes ...

  • 10 novembre 15:51

    Une fois pour toutes, arrêtez de pleurnicher !

    Les « anarchistes(TM) » demandent du débat ! En gros : « Casser, c’est pas bien, surtout sans expliquer, il faut débattre. » Ça rappelle quelque chose...

    Toute cette bande de radicalistes qui en appelle maintenant à la solidarité, voire au « cordon sanitaire » : parce que débattre et discuter, même discordialement, c’est ce qu’on doit faire, dans « nos milieux », en bons révolutionnaires(TM+R) ; mais, là, attention, c’est allé trop loin, on pourrait presque dire que c’est... violent !
    Alors, ces vrais révolutionnaires (ça chôme ferme, là, depuis quelques siècles, non ?), sans concessions et tellement « subversifs(c) », veulent une union sacrée — proférant presque des menaces à l’encontre des « lâches (sic) » qui les entourent :

    « Ce qu’on aura laissé faire aujourd’hui à la Discordia, on le paiera très cher plus tard. »
    « D’ailleurs, à supposer que la lâcheté cesse de servir de boussole, chacun le sait très bien, en particulier tous ceux qui ne cessent d’affirmer comme une évidence, mais dans les couloirs, un refus intransigeant du racialisme, sans pour autant le faire exister, en parole ou en actes, d’une manière ou d’une autre, ouvertement. »

    Et ça cause comme un démocrate :

    « Manifestement les débats que ces attaques veulent empêcher doivent avoir lieu (...) »

    Comme un premier ministre ! :

    « Quelques ignorants, sans doute. Qui peut sérieusement assumer cette attaque, à part de quelconques hooligans perdus dans l’aire contestataire, la tête bourrée de la confusion en cours ? Soubresaut mécanique d’un muscle crispé par un réflexe pavlovien à la vue du verre ? »

    « Ces coups de marteaux, qui ne sont en eux-mêmes, qu’un geste à l’allure radicale (...) »

    On était habitué à un haut degré de contradiction et d’absence de pertinence mais, là, c’en est consternant.

    Soit. Malgré les quelques manifestations un peu poussives, voire forcées, de solidarité (« Ce n’est pas bien et ça ne doit plus arriver. »), et le véritable racket opéré sur les termes « anarchistes » et « révolutionnaires » à longueur de temps, chacun aura constaté l’inoffensivité de cette petite entreprise, aussi radicale que névrosée, et aura peut-être pensé passer, un jour, dans ce haut lieu (temple ?) de la subversion, pour voir s’il était possible d’y trouver, dans une brochure ou l’autre, un truc un peu vif sur l’époque. Ou pas.

    Pour se détendre, rions un peu :

    « Récit du premier mai 2016 à Paris : Des anarchistes profanent le cortège libertaire.
    1er mai 2016. Comme chaque dimanche c’est le marché de la Place des Fêtes. Comme chaque 1er mai c’est le super-marché des organisations libertaires. Toujours la même routine, les mêmes mines résignées, les mêmes slogans tristes, les mêmes banderoles mythomanes ("Kill capitalisme", "Grêve, pillage, sabotage") »

    Alors, ça riposte avec des slogans qui déchirent et pas-du-tout-toujours-les-mêmes et très-pas-mythomanes :

    "Ni Dieu ni maître", "A bas toutes les religions", "L’argent pourrit nos vies, mort au capitalisme", "Tant qu’il y aura de l’argent il n’y en aura jamais assez pour tout le monde"..., "Travaillons à détruire le monde du travail".

    « nous, anarchistes, sommes et resterons contre toute autorité. »
    Suivi d’un petit guide du bon « casseur ».

    Si vous voulez vraiment vous infliger tout le bazar :
    http://www.non-fides.fr/?Recit-du-premier-mai-2016-a-Paris-Des-anarchistes-profanent-le-cortege

    Sinon, d’autres étaient déjà passés par ici :

    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article10895&lang=fr#forum4676
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article10895&lang=fr#forum4686
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article11003&lang=fr#forum5005
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article11010&lang=fr#forum5117

    Sincères condoléances.

    https://nantes.indymedia.org/other_medias/34713

  • 10 novembre 22:01

    [Ce communiqué n’a volontairement pas été envoyé à Marseille Infos Autonomes. En effet, les mots nous manquent pour exprimer notre dégoût face à la non-prise de position pacifiante et anti violence concernant la soirée du 28 octobre à 1000 babords et plus généralement, sur la question des antiracialisateurs. Ne « pas prendre position » dans un débat est en soi une prise de position ; participer à la diffusion d’idées racistes et prétendre construire ainsi « le débat » relève d’une hypocrisie particulièrement prononcée. La peur du conflit dans nos milieux et dans ce silence généralisé nous étouffe. La guerre n’est pas prête de se finir, soyons meilleur à être en conflit. ]
    Il y a quelques temps, un autre texte nauséabond de nos comiques préférés, les « antiracialisateurs », est sorti en format bouquin sous le titre « La race comme si vous y étiez ! », signé les amis de Juliette et du Printemps, avec une jolie page internet intitulé « colorblind is beautiful » (on se souvient de leur première blague, déjà, via le titre de leur site « racialisateur go home »).

    Très serviables, les potes de Juliette nous y fournissent une liste des lieux où se les procurer ; ça nous démangeait trop, quelques chose à mi-chemin entre la tendance clepto et une forte envie de bégère à la lecture passée de leurs autres textes nous a poussé à en rafler toutes les copies dispo sur marseille, rentrant chez nous le sac-à-dos bien rempli.

    Les textes de Juliette et ses potes nous font rire ; pas juste à cause de leur stupidité, mais parce qu’à travers le bourbier raciste que sont leurs textes geignards et misérables, c’est une peur qui dépasse leur contrôle que l’on peut lire. Elle les fait trembler et balbutier des pensées désarticulées qui les ridiculisent. Ils ont peur de leur ombre en pensant voir la notre dans des ruelles étroites, ils ont peur du sourire kabyle, ils ont peur des fantômes d’un passé qu’ils voudraient enterrer et oublier bien trop vite. L’odeur âcre de cette peur nous est parvenu et on s’en pourlèche.

    Avis à Juliette, non-fides, la discordia et toute leur clique de petits blancs geignards : vous avez raison d’avoir peur.

    À trop vouloir jouer les malins, vous vous êtes crée de mauvais ennemi-e-s, celleux qui n’oublient pas, et qui en ont franchement rien à foutre d’ouvrir un dialogue avec vous. À votre prochaine visite, on cassera vos gueules en plus des vitrines.
    Fascistes, autoritaires, censeurs... On se fiche pas mal des noms que vous nous donnerez suite à ce communiqué. Vos notions démocratiques de droit à l’expression libre nous font grimacer de dégoût : vous pouvez bien l’avoir et nous n’allons pas jouer un quelconque rôle de police de la censure. En revanche, en réponse à l’expression libre de votre parole, attendez-vous à l’expression libre de notre violence. Vos attaques verbales rencontreront à présent nos attaques physiques. Œil pour œil, dent pour dent.

    Khamsa fi 3aynkoum

    https://www.infolibertaire.net/khamsa-fi-3aynkoum/

  • Tiens, ça glisse…
    ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)
    https://racialisateursgohome.noblogs.org/post/2015/09/26/comment-a-trop-sapprocher-de-la-race-on-finit-par-tomber-dedans-et-son-materialisme-avec/

    Être l’homo du PIR, ou ne pas l’être - Un ultimatum
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14702

    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Le messie sera-t-il racisé.e ? Un Segré bien gardé...
    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/

  • Article refusé par les modérateurs
    Raison du refus :
    troll

    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article15874&lang=fr

    Article refusé par les modérateurs
    Raison du refus :
    troll

    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article15877&lang=fr

    Article refusé par les modérateurs
    Raison du refus :
    troll

    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article15879&lang=fr

    Article refusé.

    Publié : le samedi 28 octobre 2017 à 13:52 par modo

    Refuser comme le précédent, pour les mêmes raisons : encore une fois, Fourest n’est pas la bienvenue ici.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38966

    Article refusé.

    Publié : le samedi 28 octobre 2017 à 18:03 par modo

    Toujours pour les mêmes raisons.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38967

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 29 octobre 2017 à 22:58 par modo

    trollage / spammage / harcèlement.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38980

    Article refusé.
    Publié : le lundi 30 octobre 2017 à 10:58 par modo

    harcèlement de troll

    https://nantes.indymedia.org/articles/38983

    Article refusé.

    Publié : le mardi 31 octobre 2017 à 11:55 par modo

    SPAM

    https://nantes.indymedia.org/articles/38995

    Article refusé.

    Publié : le mardi 31 octobre 2017 à 20:39 par modo

    assurément une belle tentative de troller

    https://nantes.indymedia.org/articles/38998

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 1 novembre 2017 à 02:38 par modo

    trollage

    https://nantes.indymedia.org/articles/39000

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 8 novembre 2015 à 15:40 par modo

    Ouaip, poubelle.
    Coleman dénonce que " LES « sionistes » cela n’existe pas", mais dénonce aussi les antisionistes, qui semblent se limiter à Stambul, voire l’UFJP.
    A Indy Nantes on soutient la lutte palestinienne, et cet article est trop malhonnète pour alimenter un débat compliqué.

    https://nantes.indymedia.org/articles/32335

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 10 juin 2016 à 14:38 par modo

    Mettre dans le même panier un ensemble de gens qui veulent combattre le racisme, en focalisant sur la position d’une des composantes (le PIR) est assez malhonnète. Reconnaître l’existence du concept de "race" chez une partie de la population qui l’emploi dans un but de domination et d’exploitation ne veut pas forcément dire qu’on valide l’existence ce concept. L’argument de l’interclassisme est une des grands classiques lorsqu’on parle des tentatives d’organisation en non-mixité, les féministes l’ont déjà bien entendu de la part des parternalistes. Enfin, parler de "colonisation" des représentations, c’est plutôt dégueulasse.

    https://nantes.indymedia.org/about/Racisme?page=5

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 27 mai 2016 à 16:10 par modo

    Merci au Remouleur d’être intervenu, je me doutais vaguement d’un truc comme ça à la lecture de l’intro et surtout la certitude d’un énième import de conflit avec l’avalenche de commentaires, sauf que vraiment pas le temps de chercher plus loin.
    Du coup comme on a pour principe de pas modifier les textes, je le refuse.
    Pour infos aux personnes qui s’amusent à troller indymedia nantes on va prendre de moins en moins de gants et d’attention histoire de retirer un maximum de votre nouriture.

    https://nantes.indymedia.org/articles/34746

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 14 septembre 2017 à 15:31 par modo

    Les articles sur l’antiracisme sont les bienvenus sur Indymedia Nantes.
    Cela dit, étant donné que les "débats" sur cette question sont rendus impossibles ces derniers temps, le collectif a décidé de refuser tout article qui se baserait sur les mots "racialisme" ou "anti-racialisme".
    Comme nous l’avons déjà exprimé lors d’un autre commentaire collectif, nous ne pouvons cautionner l’usage de ces mots, d’origine raciste et utilisés actuellement à contre-sens.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38448

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 6 septembre 2017 à 10:18 par modo

    Troll
    Les articles sur l’antiracisme sont les bienvenus sur Indymedia Nantes.
    Cela dit, étant donné que les "débats" sur cette question sont rendus impossibles ces derniers temps, le collectif a décidé de refuser tout article qui se baserait sur les mots "racialisme" ou "anti-racialisme".
    Comme nous l’avons déjà exprimé lors d’un autre commentaire collectif, nous ne pouvons cautionner l’usage de ces mots, d’origine raciste et utilisés actuellement à contre-sens.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38494

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 26 juillet 2017 à 17:42 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    Ceci n’est pas un article...

    https://nantes.indymedia.org/articles/38258

    Article refusé.

    Publié : le mardi 3 novembre 2015 à 13:46 par modo

    Article refusé. Critiquer c’est bien, mais se baser sur des amalgammes et des propos mensonger pour les mélanger avec des faits réels et ainsi faire du confusionisme, c’est non.

    https://nantes.indymedia.org/articles/32296

    Article refusé.

    Publié : le lundi 30 novembre 2015 à 15:29 par modo

    Article refusé et commentaires invisibilisés.
    Tant que Yves Colleman, mondialisme.org, non fides entretiendront une polémique stérile sur le mode confusionisme en orientant toutes leurs publications sur les "vilain-e-s faux anarchistes libertaires qui ne condamnent pas le PIR et les vilain-e-s PIR qui ne représentent personne, ne sont personne mais font exister le pire risque de la terre de l’univers : le racisme anti-blanc" (et encore je fais court), ils ne seront plus les bienvenus sur indymedia nantes pour ce qui me concerne.

    https://nantes.indymedia.org/articles/32523#comment-274475

    Article refusé.

    Publié : le mardi 25 juillet 2017 à 23:03 par modo

    Ceci n’est pas un article... et sans doute un trollage.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38255

    Article refusé.

    Publié : le mardi 25 juillet 2017 à 22:53 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38254

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:37 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38190

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:39 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38189

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:41 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38188

    Article refusé.

    Publié : le samedi 15 juillet 2017 à 15:56 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38186

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:38 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38185

    Article refusé.

    Publié : le dimanche 16 juillet 2017 à 15:39 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38182

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 13 juillet 2017 à 23:01 par modo

    SPAMMAGE / TROLLAGE

    https://nantes.indymedia.org/articles/38172

    Article refusé.

    Publié : le mardi 11 juillet 2017 à 21:01 par modo

    TROLLAGE RELOU.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 7 juillet 2017 à 15:21 par modo

    spam de trollage....

    https://nantes.indymedia.org/articles/38140

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:13 par modo

    trollage..................

    https://nantes.indymedia.org/articles/38135

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:06 par modo

    trollage. les explications ont été données à chaque fois. Les "anti-racialistes" et les trolls n’ont pas leur place sur indymedia.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38133

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 6 juillet 2017 à 23:05 par modo

    trollage. les commentaires qui nourrissent le(s) troll(s) ont été viré aussi.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38132

    Article refusé.

    Publié : le mardi 4 juillet 2017 à 15:37 par modo

    spam trollesque....

    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Article refusé.

    Publié : le mardi 4 juillet 2017 à 16:53 par modo

    trollage

    https://nantes.indymedia.org/articles/38117

    Article refusé.

    Publié : le samedi 1 juillet 2017 à 21:51 par modo

    spam.

    pour rappel : " sauf à dénoncer PLUSIEURS types de courants politiques et/ou types de courants religieux oposés à l’émancipation, en l’état un tel article n’est qu’un trollage islamophobe de plus.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38115

    Article refusé.

    Publié : le samedi 1 juillet 2017 à 21:53 par modo

    Enième trollage.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 30 juin 2017 à 19:27 par modo

    ce compte-rendu technique de quelques partis trop bien choisis n’a pas de rapport avec indymedia nantes. sauf à dénoncer plusieurs types de courants politiques et types de courants religieux oposés à l’émancipation, en l’état un tel article n’est qu’un trollage islamophobe de plus.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38109

    Article refusé.

    Publié : le mercredi 28 juin 2017 à 22:33 par modo

    Trollage confusioniste.

    Les amis de Juliette et du printemps semblent avoir du temps à perdre à faire passer pour "identitaires" "racistes" toute personne personne qui diffuse des textes qui ne lui reviennent pas
    nous on a autre chose à faire que faire des enquêtes de purisme des auteurs de la Fabrique qui publie bien ce qu’elle veut. et faire un raccourci "PIR, LMSI, BDS, CRAN" est assez puant.
    Pour faire court, les "anti-racialistes" ne sont pas les bienvenus sur indymedia nantes.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38096

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 22 juin 2017 à 20:12 par modo

    HAAAAAAAAA les joies du trollage... mais allez jouer ailleurs au lieu de semez vos gerbes anti palestinien-ne-s ici.... On vire un commentaire du même troll pour le coup encore plus gerbant.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38053

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 16 juin 2017 à 07:08 par modo

    Trollage. Z’avez vraiment que ça à faire ?

    https://nantes.indymedia.org/articles/38009

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 15 juin 2017 à 12:32 par modo

    Vieux texte de Novembre 2016 posté ici manifestement dans le but de troller.
    Un commentaire pas tellement plus fin a également été caché.

    https://nantes.indymedia.org/articles/38002

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 16 juin 2017 à 17:51 par modo

    Les articles sur l’antiracisme sont les bienvenus sur Indymedia Nantes.
    Cela dit, étant donné que les "débats" sur cette question sont rendus impossibles ces derniers temps, le collectif a décidé de refuser tout article qui se baserait sur les mots "racialisme" ou "anti-racialisme". Comme nous l’avons déjà exprimé lors d’un autre commentaire collectif, nous ne pouvons cautionner l’usage de ces mots, d’origine raciste et utilisés actuellement à contre-sens.

    https://nantes.indymedia.org/articles/37999

    Article refusé

    Publié : le dimanche 11 juin 2017 à 17:09 par modo

    Nouvel extrait du brulot "la race comme si vous y étiez", dont plusieurs extraits confusionistes sur la racisme ont déjà été refusés. De plus ces publications servent visiblement de défouloir en comentaires à une / des personnes de Paris qui se comportent en trolls et feraient mieux de régler une fois pour toutes leurs problème sirectement plutôt que troller partout...
    Un autre commentaire sur notre position comme collectiif quand à la lutte des personnes racisées sera ajouté bientôt.

    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Article refusé.

    Publié : le jeudi 8 juin 2017 à 21:27 par modo

    en fait c’est un copié-collé d’un vieil article uniquement là pour troller et nous faire astturer sur le sujet, donc hop, refusé !

    https://nantes.indymedia.org/articles/37951

    Article refusé.

    Publié : le vendredi 20 novembre 2015 à 12:43 par modo

    Encore un texte en provenance de Non Fides qui, sous couvert de critiquer la religion, ne s’en prend qu’à une partie très ciblée des "religieux". En poussant un tout petit peu plus loin la rétorique simpliste, pourquoi ne pas dire que tous les humains, avec tous leurs types de croyances qui ne sont pas que religieuses, sont compromis dans les attentats terroristes ? La boucle serait bouclée autour du nombril et Non fides commencerait peut-être à pratiquer un peu d’auto-critique pour, qui sait, enfin abandonner l’élitisme crasse du statut d’élus de la seule vraie pensée pour lesquels ils tentent désespérément de se faire passer.

    En attendant ce type de texte assimilant, par la monomanie et la confusion, exclusivement tous les musulmans pour de potentiels terroristes, est bien évidemment refusé.

    https://nantes.indymedia.org/articles/32428

    Cet article est refusé :

    Rappel des [principes de publication sur Indymedia Grenoble->

    Sont refusées, mais restent consultables sur le site, les contributions :
    défendant des thèses conspirationnistes/complotistes/confusionnistes.

    « Cette idéologie séparatiste insufflée par le NPA et le Qatar »

    C’est moi, ou ça pue le confusionnisme ? ou, à tout le moins, un certain manque de contextualisation et d’argumentation qui peut faire passer l’article comme tel ?

    Par ailleurs, Indymedia en général et Indymedia Grenoble en particulier ne me semblent en général pas particulièrement être un endroit où se défendent les « principes républicains ».

    En plus la page Facebook donne plus l’impression d’être une vaste blague qui cherche à se moquer des anti-racialisateur sur le mode du Gorafi, mais… en fait il semble qu’il s’agisse vraiment de gens sérieux (et si c’est en effet le cas, ils sont vraiment cons). Ça fait un peu peur.

    https://grenoble.indymedia.org/2017-07-06-Defendre-la-liberte-d-expression

    Cet article est refusé :

    Article copié/collé depuis Indymedia Bruxelles et Indymedia Nantes, par ailleurs classé dans aucune catégorie.

    Indymedia Grenoble n’est pas un réceptacle à articles copiés-collés, ni mediaslibre.org, ni rezo.net. Merci d’avance de prendre ceci en compte !

    Nous voulons vraiment re-privilégier fortement la production d’une information locale et d’articles originaux.

    Nous tenons à rappeler que la masse de contenus non-appropriés à modérer est l’une des raisons pour laquelle l’équipe précédente a fini par abandonner le site l’année dernière, avant de passer la main.

    Il serait courtois de la part des « contributeurs » d’en prendre compte.

    Merci d’avance.

    https://grenoble.indymedia.org/2017-06-29-Les-positions-bourgeoises-de-l

  • Tiens, ça glisse…
    ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)
    https://racialisateursgohome.noblogs.org/post/2015/09/26/comment-a-trop-sapprocher-de-la-race-on-finit-par-tomber-dedans-et-son-materialisme-avec/

    Être l’homo du PIR, ou ne pas l’être - Un ultimatum
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14702

    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Le messie sera-t-il racisé.e ? Un Segré bien gardé...
    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/

    Tiens, ça glisse…
    ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)
    https://racialisateursgohome.noblogs.org/post/2015/09/26/comment-a-trop-sapprocher-de-la-race-on-finit-par-tomber-dedans-et-son-materialisme-avec/

    Être l’homo du PIR, ou ne pas l’être - Un ultimatum
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14702

    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Le messie sera-t-il racisé.e ? Un Segré bien gardé...
    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/

    Tiens, ça glisse…
    ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)
    https://racialisateursgohome.noblogs.org/post/2015/09/26/comment-a-trop-sapprocher-de-la-race-on-finit-par-tomber-dedans-et-son-materialisme-avec/

    Être l’homo du PIR, ou ne pas l’être - Un ultimatum
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14702

    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Le messie sera-t-il racisé.e ? Un Segré bien gardé...
    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/

  • 14 novembre 00:02

    Dont’ feed the troll - not sure if trolling or just stupid

    https://img15.hostingpics.net/pics/257793Unknown1.jpg

    https://img15.hostingpics.net/pics/181058Unknown4.jpg

    https://img4.hostingpics.net/pics/784756images.jpg

    Pour ne pas mourir idiot(e) :

    Non, l’antiracisme politique n’est pas "racialiste" !
    https://nantes.indymedia.org/articles/37534

    Pourquoi les « anti-racialisateurs » (et aussi celleux qui les soutiennent) font partie du problème... et non de la solution
    https://nantes.indymedia.org/articles/36245

    Le racisme de gauche, c’est…
    https://www.facebook.com/hashtag/leracismedegauchecest?source=feed_text&story_id=1809370132621029

    Auto défense anti raciste que commence a trembler la gauche blanche
    https://nantes.indymedia.org/articles/36072

    Sur l’idéologie anti-islamophobe
    https://nantes.indymedia.org/articles/34746

    Surfer sur les vaguelettes de la beauferie anarcho identitaire ?
    https://grenoble.indymedia.org/2016-09-19-Surfer-sur-les-vaguelettes-de-la

    Auto défense anti raciste que commence a trembler la gauche blanche
    https://nantes.indymedia.org/articles/36072

    La Décence, Chèr-E-S Blanc-He-S…
    http://lechodessorcieres.net/la-decence-cher-e-s-blanc-he-s-1ere-partie/

    https://nantes.indymedia.org/articles/36746

    Nique sa race, la Discordia !
    https://nantes.indymedia.org/other_medias/34713

    https://iaata.info/Utiliser-le-mot-race-1512.html

    http://iaata.info/La-non-mixite-gros-978.html

    Pour en finir avec le terme « racialisateur »
    https://mars-infos.org/pour-en-finir-avec-le-terme-1709

    You won’t Gettaway with this !
    https://nantes.indymedia.org/articles/36030

  • Tiens, ça glisse…
    ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)
    https://racialisateursgohome.noblogs.org/post/2015/09/26/comment-a-trop-sapprocher-de-la-race-on-finit-par-tomber-dedans-et-son-materialisme-avec/

    Être l’homo du PIR, ou ne pas l’être - Un ultimatum
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14702

    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Le messie sera-t-il racisé.e ? Un Segré bien gardé...
    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/

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    https://racialisateursgohome.noblogs.org/post/2015/09/26/comment-a-trop-sapprocher-de-la-race-on-finit-par-tomber-dedans-et-son-materialisme-avec/

    Être l’homo du PIR, ou ne pas l’être - Un ultimatum
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14702

    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

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    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/

    Tiens, ça glisse…
    ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)
    https://racialisateursgohome.noblogs.org/post/2015/09/26/comment-a-trop-sapprocher-de-la-race-on-finit-par-tomber-dedans-et-son-materialisme-avec/

    Être l’homo du PIR, ou ne pas l’être - Un ultimatum
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14702

    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

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    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/

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    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
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    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14702

    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

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    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
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    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
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    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/

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    ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)
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    Être l’homo du PIR, ou ne pas l’être - Un ultimatum
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14702

    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Le messie sera-t-il racisé.e ? Un Segré bien gardé...
    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/

    Tiens, ça glisse…
    ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)
    https://racialisateursgohome.noblogs.org/post/2015/09/26/comment-a-trop-sapprocher-de-la-race-on-finit-par-tomber-dedans-et-son-materialisme-avec/

    Être l’homo du PIR, ou ne pas l’être - Un ultimatum
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14702

    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Le messie sera-t-il racisé.e ? Un Segré bien gardé...
    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/

    Tiens, ça glisse…
    ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)
    https://racialisateursgohome.noblogs.org/post/2015/09/26/comment-a-trop-sapprocher-de-la-race-on-finit-par-tomber-dedans-et-son-materialisme-avec/

    Être l’homo du PIR, ou ne pas l’être - Un ultimatum
    https://bxl.indymedia.org/spip.php?article14702

    Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    https://nantes.indymedia.org/articles/37976

    Le messie sera-t-il racisé.e ? Un Segré bien gardé...
    https://nantes.indymedia.org/articles/38114

    Non-blancs, racisés, décoloniaux... Et Nous, les Algériens
    https://nantes.indymedia.org/articles/38123

    Se frayer un chemin dans l’ignominie. « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38158

    Les amis de Juliette et du printemps
    La race comme si vous y étiez !
    Une Soirée de printemps chez les racialistes
    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/

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