RSS articles
Français  | 
Dupont-Moretti face au procureur Demorand posté le 19/11/17 - On the web - 9 commentaires
Historique : La radio de la CNT-FAI - 1936 posté le 17/11/17 - On the web - 17 commentaires
Utopie akbar ! posté le 16/11/17 - On the web - 27 commentaires
La face cachée de Tarik Ramadan posté le 16/11/17 - On the web - 29 commentaires

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | ... | 203

L’indigne Caroline Fourest
posté le 14/11/17 Mots-clés  médias  luttes sociales  antifa 

Caroline Fourest balance enfin son "porc"...enfin le "porc" de ses confidentes. La parole est vraiment libérée.

Ce lundi 30 octobre 2017, sur les ondes de RTL, Yves Calvi a cru devoir inviter sa consoeur Caroline Fourest afin d’éclairer au mieux ses auditeurs sur le personnage Tariq Ramadan, lequel est accusé de viol par deux femmes dont une certaine Henda Ayari.

Qu’a t- on appris ?

Hé bien, que Caroline Fourest savait depuis 2009 !….. Elle l’a dit ce matin sur RTL, elle l’a écrit dans un papier à Marianne, elle l’a réécrit sur son blog, où d’ailleurs on peut lire : « Juste avant mon duel annoncé face à lui sur France 3, des victimes ont commencé à me contacter. Je les ai rencontrées. Elles m’ont montré des photos explicites et raconté des horreurs, impossible à révéler sans preuves et sans plaintes. »

Notre féministe a retrouvé sa langue.

Des « victimes » ont donc contacté Caroline Fourest. Ne reste plus à la police que d’arrêter et de coffrer cet énième musulman. A quoi bon encore juger Tariq Ramadan….Caroline Fourest savait !

Qu’attendaient ces « victimes » de Caroline Fourest ? Son courage ou son silence ? Fallait-il juste informer la petite Caroline, et attendre sagement le « bon moment » ?

La journaliste a vu des « photos explicites », elle a entendu des « horreurs » et elle s’est quand même tenue à carreaux. Comment peut-on supporter dans le silence de tels soupçons « d’horreur » en s’affichant chaque matin avec l’étiquette féministe ?

Si elle, en bonne féministe de son état, ex amoureuse de la « courageuse » Inna Shevchenko, femen emprisonnée, torturée puis libérée dans la forêt, n’a pu dire ce qu’elle savait , alors à quoi bon le féminisme-là ?

Huit ans de silence, et ça ose crier maintenant sur tous les toits : je le savais depuis 2009…..Et Yves Calvi qui trouve qu’il y a de quoi inviter cette dame, un matin d’automne, pour parler d’une « personnalité » dont elle ne sait absolument rien. Son livre sur les frères musulmans n’est pas une confession intimiste de Tariq ramadan. Elle ne peut donc rien dire sur sa personnalité avec une légitimité qui forcerait le respect.

Raisons d’un silence

Caroline Fourest s’est gentiment cloué le bec pendant huit ans au sujet de ces viols. La bonne dame explique qu’il ne suffit pas de savoir pour dire. Et même, qu’elle a essayé d’alerter de toutes ses forces sur la dangerosité de Tariq Ramadan : voilà ce qu’on appelle jeter le bébé avec l’eau du bain.

Effectivement, personne ne peut dire que ces deux-là pouvaient se blairer. Tariq avait même aggravé son cas lorsqu’il avait copieusement ridiculisé Caroline Fourest dans un débat sur le plateau de Taddéi.

Inviter donc Caroline Fourest pour parler de Tariq Ramadan relève donc, ni plus ni moins, de l’obscène. Qu’Yves Calvi ait également cherché à inviter Tariq Ramadan relève, pour sa part, de l’hypocrisie. Au nom de quoi Monsieur Ramadan va-t-il venir s’expliquer des allégations de la féministe Fourest ? Si affaire il y a, elle concerne Tariq Ramadan, ses accusatrices, et les avocats des deux parties. Que vient faire Caroline Fourest dans cette histoire ? Pourquoi l’exhumer du tombeau dans lequel l’avait jeté Ramadan ?

Amalgame de Caroline Fourest

Ce qu’on a appris dans cette interview, se résume en quelques points farfelus :

- Tariq Ramadan hait les femmes

- Une haine qui correspond à sa vision de la société

- Son comportement est en phase avec ses idées

- Pour comprendre son comportement, il faut connaître ses idées

En gros, ce que la petite Caroline peine à dire convenablement, c’est que sa violence envers les femmes trouve ses origines dans l’Islam.

Tariq Ramadan peut être coupable ou non, et, on n’a pas besoin d’aller chercher quelques raisons dans sa prétendue vision de la société. Car DSK, Weinstein, et consort ne sont guère musulmans, ils ne partagent pas la même vision de la société que T.Ramadan, et pourtant, DSK, Weinstein sont de redoutables prédateurs sexuels. La violence faite aux femmes n’est pas fonction de la religion. A moins que, la Caroline nous apprenne également que les viols de monsieur Tariq sont plus graves que les viols d’un autre individu. Rappelons au passage à cette Fourest, que le seigneur Cantat a tué sa femme sans réciter la moindre sourate. Pourquoi ne cherche t-on pas dans son acte une quelconque vision de la société ?

Caroline Fourest aurait du rester dans son silence. Elle l’a su avant tout le monde…elle a fermé sa bouche. Maintenant, que tout le monde semble savoir, qu’elle ne se la ramène pas avec ses grandes théories, ses grandes explications, ses grandes évidences… Qu’elle persiste dans son mutisme. Ce n’est pas aujourd’hui que les preuves tomberont ! L’objectif est, du reste atteint : pur revenge porn.

Et ma théorie, dans tout ça, est que Caroline Fourest fantasme sur Tariq Ramadan dans un plan à 3.

https://blogs.mediapart.fr/charles-tsimi/blog/301017/lindigne-caroline-fourest


posté le 14 novembre 2017 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • 15 novembre 02:23


    « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique.

    A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.

    En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical.

    Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages.

    La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains.

    La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

      • Jordi Vidal -Résistance au chaos-2002
  • 15 novembre 02:24

    Trollage, trollage d’article de blog publié ailleurs, publié on the web

  • Charlie et l’islamophobie, suite et fin. Je suis tombé sur l’édito de Riss dans le dernier Charlie, et j’en suis demeuré, bien entendu, consterné. Petit commentaire de texte donc, sous forme de lettre ouverte à monsieur Riss, qui n’a sans doute pas que ça à faire que de lire les écrits d’un rigolo comme moi, mais c’est histoire de dire.

    Épilogue à l’article précédent : j’en étais là de mon papier, le laissant faire son petit bonhomme de chemin, quand je suis tombé, dans les blogs de Mediapart, sur un courageux citoyen ayant décidé de prendre la défense de Charlie. Je ne m’attarderai pas sur ses arguments, d’une naïveté troublante, voire touchante -le pauvre homme reste semble-t-il persuadé que la une en question ne crée AUCUN, mais alors aucun, grands dieux, amalgame entre islam et terrorisme, voyons donc, comment allez-vous penser des choses pareilles, mais représente bien une saine et salutaire façon de lancer un débat sur les rapports entretenus entre les deux. Non, ce qui est surtout intéressant, dans cette note, est la longue citation du papier de Riss, contenu à l’intérieur du Charlie incriminé. Je ne l’avais pas lu. Il vaut son pesant de Banania. Extraits, brièvement commentés -parfois avec hardiesse, mais il peut m’arriver à moi aussi d’être bête et méchant.

    « Quelque chose a changé depuis le 7 janvier 2015. Les débats et les interrogations sur le rôle de la religion, et plus particulièrement de l’Islam, dans ces attentats ont complètement disparu".

    On voit bien que Riss n’est pas un lecteur attentif de la presse en général, et de la presse universitaire en particulier, n’est pas familier des écrits d’Alain Gresh, par exemple, et n’a pas lu les travaux de David Thomson -couronné du prix Albert Londres-, de Jean-Pierre Luizard ou encore de Farhad Khosrokhavar. Le rapport entre djihad et islam, ou les complexités et les problématiques de l’islam politique -voir le très bon bouquin publié aux éditions de la Découverte-, les intellectuels en parlent, monsieur Riss, longuement, ardemment -cependant, peut-être pas là où vous laissez traîner vos oreilles et vos yeux, à savoir chez les Grosses têtes. Votre inculture dans le domaine ne vous honorant pas, vous seriez bien inspiré de ne pas trop en faire étalage dans vos éditos, c’est gênant autant pour vous que pour nous.

    "L’attaque contre Charlie Hebdo avait contraint les médias et les intellectuels à aborder cette question puisque c’était la publication des caricatures de Mahomet qui avait motivé les deux tueurs. (…) Depuis, un travail de propagande est parvenu à distraire nos esprits et à dissocier ces attentats de toute question religieuse. Aujourd’hui, plus personne ne s’interroge sur le rôle de l’islam dans l’idéologie de Daech. Le bourrage de crâne a réussi à nous faire admettre que le « fait religieux » ne doit pas être discuté. Il s’impose à nous, et ceux qui osent le remettre en question sont traités d’anticléricaux primaires d’un autre âge. (…)"

    On se questionne, encore une fois, sur le degré d’inculture d’un homme -un dessinateur humoristique certes, pas un penseur, mais tout de même- capable d’aligner avec autant d’aplomb une telle succession de contre-vérités. Mais, monsieur Riss, depuis longtemps, bien avant les attentats, et plus encore après, l’islam est PERPÉTUELLEMENT questionné comme étant la matrice logique du fanatisme terroriste ! De quelle minorité opprimées prétendez-vous faire partie, vous qui pensez dans les clous, pèle-mêle, de Marianne, Atlantico, Valeurs Actuelles, Le Point, L’Express, j’en passe et des plus "anti-systèmes" ? Soyez raisonnable, voyons : ce que vous exprimez, n’importe quel éditocrate raisonnablement crétin, de Barbier à FOG, l’a écrit avant vous. Les résistants, ce ne sont pas eux, pas vous ; ce sont ceux qui, justement, font ce que, selon vous, tout le monde fait : appliquer au phénomène terroriste une grille d’explication géo-politique, sociologique, historique, géographique, la seule valable, bref, faire un vrai travail de recherche sérieux et documenté, pour comprendre, je dis bien comprendre, pas excuser, ces actes qui ensanglantent le monde, de Barcelone à Bagdad. Là se trouve le véritable courage et la véritable subversion, aucun des deux ne pouvant se passer d’un minimum d’intelligence critique.

    "On oppose souvent islam et islamisme. Comme si ces deux conceptions religieuses étaient deux planètes étrangères l’une à l’autre. Pour épargner aux musulmans modérés l’affront de relier leur foi à la violence djihadiste, on a méthodiquement dissocié islam et islamisme".

    Encore une fois, c’est faux. La une de Charlie fait exactement le contraire, de même que la plupart des journaux français depuis une décennie. Partout, on nous serine sur le thème : "islam et terrorisme, c’est kif-kif-bourricot", comme ont dit chez les fondamentalistes polygames assistés psychopathes arriérés en djellaba.

    "Pourtant, l’islamisme fait partie de l’islam. Lorsque l’on critique l’Inquisition et ses crimes, on ne détache pas cette mouvance fanatique du reste de l’Eglise catholique. Même si beaucoup de chrétiens dénonçaient l’Inquisition, elle est un élément de l’histoire du christianisme et de l’Eglise. C’est pour cela que des siècles après, en l’an 2000, le pape Jean-Paul II s’est senti obligé de faire repentance des crimes commis au nom de l’Inquisition. Au nom du christianisme".

    Mais, monsieur Riss, vous qui prétendez faire votre malin en sortant de votre botte l’argument historique bateau, niveau brevet des collèges, quand on revient, avec une légitime consternation, sur les excès de l’Église catholique médiévale (Inquisition, génocide des amérindiens...), on prend toujours soin, quand on est un intellectuel digne de ce nom (ce que vous n’êtes en aucun cas, certes) de ne pas attribuer ces horreurs à un vice qui serait propre au catholicisme en lui-même : rien, dans la Bible, ne permettait en effet de cautionner ça -il a tout de même fallu sérieusement triturer les textes. On étudie donc comment -souvent pour des raisons politiques- une certaine lecture du christianisme a pu s’imposer au détriment d’une autre, par exemple celle de saint-François d’Assise, ou de Rabelais. C’est ça, penser, monsieur Riss. Savez-vous que vous pouvez assister à des cours à l’université, en auditeur libre ? Cela vous ferait le plus grand bien (pardon pour le relatif mépris qui se dégage de cette remarque, mais vous nous prenez tellement de haut qu’on ne peut s’empêcher de vouloir vous rendre la pareille). Et je vous signale, en passant, que nombreux sont les dignitaires et institutions musulmanes -par exemple, les mosquées de Paris et du Caire, cette dernière étant l’une des plus influentes- qui se sont clairement et rapidement désolidarisés des fondamentalistes. Poursuivons.

    "Curieusement, à chaque fois que les intégristes musulmans commettent des crimes, on dresse autour d’eux un cordon sanitaire pour les exfiltrer de l’islam afin d’épargner à la religion de Mahomet la moindre critique".

    Nous ne devons décidément pas vivre dans le même pays, ni sur la même planète. J’espère, en tous les cas, qu’il fait beau sur Pluton. J’avais plutôt l’impression, de mon côté, que le problème, à l’inverse, était que les médias précisent systématiquement la religion et les origines d’un terroriste estampillé "islamiste", mais ne le font pas quand le suspect est catholique ou autre -dans ce cas-là, c’est juste un cinglé, comme Breivik, comme au lycée de Grasse, ou comme cet homme qui a foncé sur une mosquée avec une voiture, à Créteil.

    "Il est tellement plus confortable de parler de Bush, de Trump ou d’Obama que de mettre le nez dans les problèmes qui déchirent l’islam depuis maintenant plusieurs décennies. Le confort intellectuel passe avant tout. (…)"

    Et vous, monsieur Riss, à quel moment avez-vous réellement mis votre nez dans ces questions, pointues et complexes ? Excusez-moi, mais à vous entendre fulminer contre le "confort intellectuel", vous qui en êtes l’incarnation même, je ne peux me retenir de rire, quoiqu’une telle déclaration soit plus dramatique qu’hilarante. Que connaissez-vous de l’islam ? Quels livres avez-vous lus ? Quelles personnes avez-vous rencontrées, pour parler de ces sujets, avec curiosité, et d’égal à égal ? Sur quelle bibliographie basez-vous la superbe de votre mépris ?

    " Pour notre confort, évitons de réfléchir à toutes ces questions pénibles qui gâchent nos vies. N’y pensons pas trop. D’autres, avec leur voiture-bélier et leur ceinture d’explosifs, le font à notre place »

    Et voilà donc votre conclusion partielle, qui arrive aussi subtilement que Manuel Valls avec un tractopelle dans un camps Rom, ou Robert Ménard en costume bavarois dans un restaurant Kabyle de Barbès. Méfiez-vous, monsieur Riss : c’est quand la parole est confisquée -à vos détracteurs, par exemple- qu’il ne reste à certains que le choix des bombes. Et ceci est un drame pour tout le monde.

    Bref. Monsieur Riss, vous avez souffert du fanatisme dans votre chair, vous avez perdu des proches, et ceci mérite, bien entendu, le respect. Mais ce que vous dites à longueur d’édito est abject, et mérite d’être critiqué avec force et documentation.

    Sans rancune, monsieur Riss. J’espère de tout mon coeur que votre vie sera encore longue, et vous avez tout le temps de changer d’avis. Pour terminer sur une note optimiste, je conclurai sur cette parole (dans un entretien avec l’Obs) du poète Palestinien Mahmoud Darwich, à propos du conflit israélo-palestinien : "Je suis sûr - contrairement à ce qu’on dit - qu’entre les Juifs et les Palestiniens il n’y a pas d’insurmontables difficultés. Les vrais musulmans savent que l’islam est le prolongement du judaïsme et du christianisme. Nous nous abreuvons tous à la même source. Si la guerre actuelle prend une forme religieuse si détestable, les raisons en sont avant tout politiques et découlent de la longue occupation de la Palestine et du cours chaotique de l’Histoire. Quelques fanatiques musulmans me reprochent d’évoquer parfois Jésus dans mes poèmes parce qu’ils refusent névrotiquement la proximité des religions de la région. Je ne suis pas croyant, et ma relation à la Bible n’est pas religieuse. Elle est littéraire. Ceux qui me détestent ici disent que mes références à la Bible sont une trahison et une complaisance vis-à-vis de l’autre, l’ennemi. C’est fou. Mais il est difficile, c’est vrai, d’imaginer que celui qui est encerclé, bombardé, emmuré en Palestine puisse goûter aux beautés du Cantique des Cantiques".

    Puisse la sagesse de ce grand homme vous inspirer un peu de mansuétude, et relisons ensemble ce magnifique poème Sur cette terre : « Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre : / les hésitations d’avril, / l’odeur du pain à l’aube, / les opinions d’une femme sur les hommes, / les écrits d’Eschyle, / les débuts d’un amour, / de l’herbe sur des pierres, / des mères se tenant debout sur la ligne d’une flûte, / et la peur qu’éprouvent les conquérants du souvenir. / Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre : / la fin de septembre, / une dame qui franchit la quarantaine avec tous ses fruits, / l’heure de la promenade au soleil en prison, / un nuage mimant une nuée de créatures, / les ovations d’un peuple pour ceux qui montent à la mort souriants, / et la peur qu’ont les tyrans des chansons ».

    https://blogs.mediapart.fr/macko-dragan/blog/250817/charlie-suite-et-fin-lettre-riss

  • Voilà Mediapart et quelques autres précipités sur le bûcher au nom d’une « complicité » supposée avec l’intellectuel musulman Tariq Ramadan. Pire même, peut-être aurions-nous délibérément ignoré les actes d’un homme aujourd’hui accusé de viols et d’agressions sexuelles. Cette campagne ignominieuse à la Donald Trump, emmenée par Manuel Valls, porte un projet politique où se rejoignent une partie d’une gauche en ruines et la droite identitaire.

    Edgar Morin, l’un des plus grands intellectuels français, serait donc le complice d’un criminel sexuel. Son tort ? Avoir publié en 2014 et début octobre 2017 deux livres de dialogue (nous avons rendu compte du deuxième ici) avec l’intellectuel musulman Tariq Ramadan, depuis accusé de viols et d’agressions sexuelles. Mesure-t-on l’inanité comme l’abjection d’un tel amalgame ? C’est pourtant ce que Mediapart, son président Edwy Plenel, d’autres médias (Les Inrockuptibles, le Bondy Blog), journalistes (Frédéric Taddéi) et intellectuels (Pascal Boniface) doivent subir depuis plusieurs jours.

    Nous voilà la cible d’une campagne nauséabonde où se retrouvent la « fachosphère », quelques journalistes chroniqueurs et éditocrates, des responsables politiques d’une partie de la gauche socialiste en ruines et de l’extrême droite. Tout ce joli monde est emmené par Manuel Valls, qui s’est livré dimanche 5 novembre à d’indignes déclarations. Nous ne nous y trompons pas : au-delà d’une campagne imbécile et diffamatoire qui vise à nous faire les complices de toujours d’un présumé criminel sexuel, c’est bien un projet politique qui tente de se remettre en selle.

    Sous couvert de défense de la laïcité, de lutte contre le terrorisme et aujourd’hui de défense des femmes, les croisés de la discrimination, de la stigmatisation des musulmans, les enragés de la réaction relancent leur chasse aux sorcières. Donald Trump a franchi l’Atlantique. Sur son modèle, voici les incendiaires qui chassent en meute, avec leurs journalistes à la Fox News, leurs amalgames, leurs « fake news », leurs tweets injurieux.

    Et au moment où les dispositions de l’état d’urgence entrent dans la loi ordinaire (lire notre article ici), ces nouveaux maccarthystes, qui ont troqué l’anticommunisme contre l’islamophobie, veulent créer un nouveau délit. Un délit d’opinion, celui de « complicité » intellectuelle, selon Manuel Valls. Celui d’être des complices ou « idiots utiles du ramadanisme », selon Renaud Dély, directeur de la rédaction de Marianne, qui a fait de la vulgarité anti-musulmane son fonds de commerce.

    https://www.anti-k.org/2017/11/07/affaire-ramadan-croisade-imbeciles/

  • Nous assistons ces dernières semaines à une offensive sans précédent visant celles et ceux qui défendent les droits, le respect et la dignité de leurs concitoyens musulmans. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. Il s’agit d’une nouvelle vague d’islamophobie qui prend prétexte des accusations de viol portées contre Tariq Ramadan, détournées au plus grand mépris des plaignantes pour attaquer celles et ceux qui préfèrent faire émerger du commun et s’opposer au climat de fascisme qui vient.

    C’est ainsi que sont violemment interpellés Edwy Plenel, Edgar Morin et Pascal Boniface, sans parler de la véritable chasse aux sorcières qui vise le PIR et sa porte-parole Houria Bouteldja tout en s’en prenant à la députée de la France Insoumise Danièle Obono. Cette fois-ci encore plus qu’à l’accoutumée, la fachosphère peut compter sur le zèle d’une pseudo-gauche identitaro-laïcarde menée par un Manuel Valls en quête d’existence politique et la mobilisation sans faille de la presse du grand patronat. Que leurs cibles soient d’ailleurs de farouches opposant-e-s au détricotage du droit du travail et à la constitutionnalisation de l’état d’urgence ne relève certainement pas du hasard. Autant faire d’une pierre deux coups.

    Deux déclarations attirent particulièrement notre attention, par ce qu’elles ajoutent d’ignoble et de mortifère à cette dérive. Celle tout d’abord de Michel Onfray : « Concrètement, [les collabos d’aujourd’hui] sont les islamo-gauchistes qu’on trouve ici ou là au NPA, dans la France Insoumise, dans l’aile gauche du PS, au PCF, ou à EELV. Il y en a également dans l’aile gauche des Républicains - chez les juppéistes par exemple. [1] » qui vient ajouter de l’huile sur le feu de l’offensive tout en faisant parler de lui à peu de frais. En assimilant les « islamo-gauchistes » à des « collabos », il fait de l’islam le nouveau nazisme et de ses fidèles des nazis. Avec l’assurance d’un nanti se sachant en pleine conformité avec l’esprit de son temps, Michel Onfray rejoint avec enthousiasme la chasse aux sorcières que livre une certaine classe politico-médiatique contre celles et ceux qu’elle accuse de complaisance avec leur vision fantasmée de l’islam radical ou « l’islamosphère » (sic).

    Et celle, plus récente, de Karl Lagerfeld : « On ne peut pas, même s’il y a des décennies entre, tuer des millions de Juifs pour faire venir des millions de leurs pires ennemis après », a-t-il déclaré. « Je connais quelqu’un en Allemagne qui a pris un jeune Syrien, qui parlait un peu anglais. Au bout de quatre jours, vous savez ce qu’il a dit à la dame ? "La meilleure invention de l’Allemagne, c’est l’Holocauste." Il était dans la rue la minute qui suit, je vous le dis tout de suite [2]. » Et là c’est l’inconscient qui parle. Ce que nous dit Lagerfeld dans sa première phrase, c’est que l’Europe ne s’est pas débarrassée de tous ses Juifs pour les remplacer par des Arabes ou des Musulmans. La seconde rachète le crime nazi sur le dos des migrants musulmans, désignés comme les « pires » ennemis des Juifs. Ce que contient potentiellement cette déclaration, c’est à la fois la possibilité d’un autre génocide – cette fois contre les nouveaux « intrus » - et l’idée que le grand remplacement serait celui des Juifs par les Musulmans. Et la « solution » est connue.

    Certes Lagerfeld n’a pas la stature d’« intellectuel » de Onfray, mais ce qu’il exprime participe du même air du temps irrespirable. Et il le dit au moment même où 60 000 néonazis, avec des représentants de toute l’extrême droite européenne et américaine, défilent tranquillement dans Varsovie aux cris de « Pologne pure ! » et « Pologne Blanche ! » Juifs et Musulmans ne peuvent que frémir devant l’avenir que ces déclarations et campagnes médiatiques dessinent pour une Europe qui cherche à construire son unité autour du racisme. La bonne nouvelle, c’est que comme les suprémacistes blancs aux Etats-Unis ont réussi par leur racisme tous azimuts à créer les conditions du rapprochement des communautés juives et afro-américaines. Juifs et Musulmans français feraient bien, eux aussi, de saisir leur intérêt commun face à la résurgence des extrêmes-droites européennes.

    En ces temps de brouillage idéologique et de recomposition politique, nous nous devons de faire preuve de la plus grande clarté : l’UJFP sera toujours du côté de celles et ceux qui exigent l’égalité, la justice sociale et le respect des libertés civiles, au côté de nos concitoyens stigmatisés au nom de leur appartenance religieuse réelle ou supposée, ou de leur couleur.

    Le Bureau national de l’UJFP le 14-11-2017

  • Si Reiser et Gébé voyaient tout ça... Dans un article publié en janvier 2016 dans Télérama, Vuillemin déclarait : "Il y a de très bons dessins dans Charlie, mais il y en a aussi des moins bons, qui manquent de l’esprit marrant et sympa qu’il y avait dans les années 1980. Je chiais sur Charlie avant de les rejoindre (...) je pourrais toujours le faire aujourd’hui". L’occasion me semble bonne....

    Dans un article publié le 29 janvier 2016 dans Télérama et portant sur la nouvelle équipe de Charlie, l’excellent dessinateur Vuillemin déclarait : « Maintenant que Charlie a une audience internationale, le moindre pet qu’il fait prend des proportions énormes. Autant vérifier que la qualité soit correcte (…) Il y a de très bons dessins dans Charlie, mais il y en a aussi des moins bons, qui manquent de l’esprit marrant et sympa qu’il y avait dans les années 1980. Je chiais sur Charlie avant de les rejoindre, parce que je déteste Val, je pourrais toujours chier sur le journal aujourd’hui pour dire que certains dessins sont mauvais ! » Et de conclure : « Quitte à mourir pour un dessin, autant qu’il soit bon. Sinon, ça m’emmerderait. »

    Et, hier, passant devant un kiosque à journaux, comme une grande partie de la France, consternée par autant de bêtise satisfaite étalée ainsi sur tous les murs, qu’ai-je pu voir (je ne reproduis pas le dessin, on l’a assez vu) ? Deux petits enfants écrasés sur la route, avec cette mention, vouée à resplendir quelques temps dans une vitrine du musée de la connerie avant d’être rapidement bazardée, j’espère du moins pour son auteur, dans le vide-ordure d’un oubli bien mérité : « l’islam, religion de paix… éternelle ».

    Donc, bon, voilà, nous y sommes. Je ne sais pas ce qui a bien pu se passer dans la tête de monsieur Juin, l’auteur de ce chef-d’œuvre que Robert Ménard lui-même, connu pour son bon goût et sa connaissance subtile et profonde de la religion musulmane, a beaucoup apprécié. Tout ce que je peux voir, c’est ce que tout le monde a vu, sauf la presse mainstream, qui a généralement, comme d’habitude, fait comme si de rien n’était et regardé dans le vide cosmique pour voir un peu ce que devenait Jupiter : ce dessin est con, raciste, et pas drôle. Ça, et rien de plus. Il n’est la preuve d’aucun courage, simplement la marque d’une dramatique carence d’empathie, de sens critique et d’intelligence.

    Car que penser de cette insulte, quand, au même moment, à Barcelone (ville extraordinaire, où j’ai eu la chance de vivre un an), ainsi que l’a rapporté Florence Aubenas, les manifestants rassemblés sur les Ramblas lors des hommages aux victimes ont jeté dehors les skins venus vomir leur xénophobie sur les charniers de l’attentat, et ont ensuite défilé en criant : « Les fachos dehors » et « Ni terrorisme, ni islamophobie » ? Je dois donc comprendre que monsieur Juin n’aurait pas été le bienvenu… J’espère qu’en voyant ces images d’un peuple refusant fièrement de sombrer dans la haine que leur opposent les fanatiques, ce dessinateur, duquel j’espère qu’il n’est pas aussi abruti que ce dessin peut le laisser le supposer, s’est pissé dessus de honte, et qu’il reviendra vers nous dans de meilleures dispositions. Je lui suggère de lire un peu, ça ne fait jamais de mal. Et de préférence, autre chose que les œuvres complètes d’Eric Zemmour ou l’intégrale du Crapouillot ; pourquoi pas Le Bazar Renaissance, de l’historien Jerry Brotton, qui montre que l’Europe est sortie de l’ère médiévale et de son relatif obscurantisme grâce aux apports de l’Orient et de l’islam ? Ou un recueil de quatrains d’Omar Khayam ? Ou quoi que ce soit qui lui permettra de hisser sa réflexion au-dessus de celle d’un Hanouna qui tenterait laborieusement d’élaborer une pensée théologique...

    Et jeter un oeil à la presse ne serait pas un luxe non plus. Car faut-il rappeler à monsieur Juin que la plupart des victimes du terrorisme, sur cette planète, sont de confession musulmane ? Que les fanatiques assassinent avant tout au Moyen-Orient ? Que les Musulmans sont les premiers à pâtir de l’instrumentalisation de leur croyance par une poignée ultra-minoritaire de cinglés sans foi ni loi, et ignorants du fait que le Coran interdit formellement de répandre le sang de qui que ce soit ?

    Mais je réalise un oubli de ma part. J’ai écrit, plus haut, que la presse maintream était restée de marbre face à ce pitoyable gribouilli xénophobe. Toute la presse ? Que non ! Il aurait été étonnant que Marianne, organe officiel de la dénonciation hystérique de la cinquième colonne islamo-gauchiste, passe à côté d’une si belle occasion de monter sur ses grands chevaux (pur-sang Percherons ou ce que vous voulez, mais surtout pas Arabes), afin de rajouter une pelletée d’ordure à celles déjà versées par Charlie sur les dépouilles des victimes de Barcelone, et de s’exclamer, sous la plume acerbe d’un certain Dion, directeur adjoint de publication, dont la pertinence et la puissance de l’analyse n’a visiblement rien à envier à celle de la chanteuse québécoise homonyme : « Caricatural ? Evidemment. Malvenu ? Ça se discute. Mais de là à lapider Charlie à coups de pierres verbales sous prétexte d’amalgame déplacé, d’injure aux musulmans ou de crime de lèse-religion, il y a un pas qu’il serait dangereux de franchir. C’est pourtant l’exercice auquel se sont livrés quelques hommes politiques ou commentateurs à l’esprit embrumé par le soleil du mois d’août. Pour un journal inspiré de la tradition bête et méchante, il n’y a forcément aucune limite, si ce n’est le respect de la loi. Pour le reste, l’excès est de rigueur, ou alors il faut changer de métier. Un caricaturiste qui ne peut pas caricaturer est un dessinateur au chômage, ou (auto)censuré. On laissera ce genre de pratique aux pays où les Dieux et les puissants sont intouchables, qui sont plus nombreux qu’on ne le croit (les pays, pas les Dieux) » Il n’y a pas grand-chose à ajouter à des propos qui témoignent d’une sorte de cristallisation de la connerie à un état chimiquement pur, de peur d’en briser le fragile équilibre si brillamment obtenu par notre alchimiste ; je dirai simplement, à propos de cette phrase-là : « Pour un journal inspiré de la tradition bête et méchante, il n’y a forcément aucune limite, si ce n’est le respect de la loi », que, pour autant que je m’en souvienne, l’appel à la haine raciale est condamnable, dans le droit français… à bon entendeur. Quand Minute titrera à nouveau : "Taubira retrouve la banane", quelle liberté de ton, quelle dérision, j’espère que notre vibrant apologiste de l’humour sans limites nous régalera de sa verve pour donner renfort à ces hérauts méconnus de l’esprit "bête et méchant". Après tout, pourquoi les dessinateurs de Charlie seraient les seuls à pouvoir goûter aux joies de la vanne raciste décomplexée ?

    Bref. Pour conclure, je vais me permettre de reprendre une partie du papier que j’avais pondu, il y a quelques temps, sur la laïcité et « l’esprit Charlie » : « Le 8 janvier, sur un plateau de France 5, le peu sympathique Richard Malka s’exclame : « ça fait des années qu’on souffre, à Charlie Hebdo, vous savez, de la petite lâcheté du ‘mais’. La liberté d’expression et de caricature, c’est bien mais, mais il ‘faut pas me provoquer, il ne faut pas parler de ça, mettre de l’huile sur le feu, mais vous allez trop loin. La laïcité c’est bien, mais attention, ce sont, c’est vous les intégristes de la laïcité ». Et de conclure : « C’est pas nous les intégristes ». Vraiment ? Le 30 mars 2016 le tout aussi peu sympathique Riss, dans un édito improbable de connerie satisfaite et haineuse mettant en scène un boulanger bien-de-chez-nous remplacé par un autre, Arabe, chez qui on ne vend plus de sandwichs au jambon (une scène de la vie quotidienne sur Pluton, je suppose), écrit quant à lui : « Depuis la boulangerie qui vous interdit de manger ce que vous aimiez jusqu’à cette femme qui vous interdit de lui dire que vous la préfériez sans voile, on se sent coupable d’avoir ces pensées. Dès cet instant, le terrorisme commence son travail de sape. La voie est alors tracée pour ce qui arrivera ensuite. » Donc : le silence coupable entretenu devant le grand remplacement islamo-gauchiste est ce qui fait le lit du fondamentalisme musulman actuellement occupé à saper les bases de notre société -et du jambon-beurre, victime expiatoire.

    Que cette saillie (je précise que tout le papier est du même tonneau, voire pire, associant allégremment Tarik Ramadan, un boulanger Arabe, une femme voilée, bref tous les musulmans, au terrorisme) soit essentialiste et raciste, c’est indéniable. Qu’elle vienne d’un homme ayant souffert dans sa chair de l’extrémisme religieux ne change rien à l’affaire, j’en suis désolé –une connerie raciste est une connerie raciste, point à la ligne, on peut, et on doit, bien entendu, la comprendre, voire l’excuser, mais il est important de la reconnaitre pour ce qu’elle est. Mais le moins que l’on puisse dire est que cette honteuse logorrhée de fin de soirée au bar PMU d’Hénin-Beaumont n’a guère suscité (quelques encarts ici ou là, et un article outré d’Acrimed mis à part) la vague d’indignation à laquelle on aurait pu s’attendre. Et ce, pour des raisons très simples. Cela fait bien longtemps, depuis Philippe Val en fait, que l’islamophobie notoire de Charlie (pour ceux qui en douteraient encore, je renvoie aux excellents papiers de deux anciens de l’hebdomadaire, Olivier Cyran : Pas raciste, Charlie Hebdo ? Si vous le dites, publié par Article 11 ; et Mona Chollet : L’Obscurantisme beauf, publié sur Périphérie) est passée sous silence et/ou accueillie par beaucoup avec une bienveillance bonhomme. Les attentats (ignobles et injustifiables, est-il utile de le préciser) n’ont rien arrangé à l’affaire. Pire : même après que fut passé un temps de crispation, somme toute logique, caractérisé par un assentiment quasi-obligatoire à la Sainte-Parole laïque de Charlie, plus de deux ans après, on ne peut pas dire que la pression soit retombée. « L’esprit Charlie », cette vaste arnaque nationale qui a vu les élites gouvernementales et intellectuelles instrumentaliser sans scrupule une émotion collective sincère afin d’en faire une fabrique du consentement à rythme industriel, fait toujours référence. Encore et toujours, les dessinateurs actuels de Charlie, sachant que les plus modérés ont claqué la porte suite au conflit qui a eu lieu au sein de la rédaction à propos de la répartition des sommes folles engrangées par les évènements, sont tenus pour les héros de notre modèle républicain de laïcité et de liberté d’expression. Alors que ce sont ceux-là même qui, en roue libre, se permettent tous les excès dans un contexte de vive hostilité –savamment entretenue par les incendiaires du « on peut plus rien dire »- de la société civile vis-à-vis d’un islam devenu aujourd’hui, plus que jamais, un bouc émissaire idéal.

    Quand une nation laisse à une poignée de xénophobes (terme plus approprié ici que le terme « raciste ») le soin d’incarner, à eux seuls, le concept de laïcité, dont la définition duquel ils deviennent en quelque sorte les garants, distribuant satisfécits et bons points au grès de leur humeur, ça, c’est laïque, ça, c’est la France Républicaine, ça, ça ne l’est pas, bref, en gros, ça (Caroline Fourest), c’est un défenseur des nos valeurs sacrées, et ça (Emmanuel Todd) c’est un odieux islamo-gauchiste, il y a un problème, que bon nombre de nos intellectuels seraient bien inspirés de commencer à considérer un peu sérieusement. Faute de quoi, tout ceci finira par réellement nous sauter à la gueule.

    Car la laïcité à la Charlie, qu’est-ce donc ? Tout simplement : l’impossibilité du dialogue. Malka, le lendemain des attentats, l’a bien dit : il ne veut plus entendre de « mais ». Plus de « Charlie, d’accord, mais ». Plus de « la laicité, d’accord, mais ». Déclaration hallucinante, que la seule douleur ne suffit pas à expliquer. Car ce refus du « mais », soit l’une des locutions les plus fondamentales du débat démocratique, porte en lui tous les germes d’une radicalisation tout azimut, en ce qu’il tient pour évident a priori que certains débats ne valent même pas la peine d’être tenus ; l’idée de cette forme bien particulière de laïcité, qu’on est en droit de juger totalitaire, serait donc la suivante : « soit avec moi, soit contre moi ». Soit Charlie, soit non-Charlie –donc : hors du spectre démocratique compris entre Bat ye’or et Bernard-Henri Levy. Une position pour le moins maladroite, alors même que jamais le principe de laïcité ne s’est fait plus excluant, et qui est susceptible –c’est d’ailleurs ce qui arrive- de jeter certains croyants peu désireux de trancher aussi facilement entre leur Foi et la laïcité dans les bras du communautarisme, quel qu’il soit. Et qui pourrait leur en vouloir ? Personnellement, mes opinions anarchistes, par exemple, valent plus pour moi que les lois de cette république très imparfaite ; si l’on me demande de choisir, ce sera vite vu. Pour un croyant, de même, la foi, donc la conscience, est quelque chose d’intime, de structurant : demander de prendre parti entre ça, et une laïcité perçue à juste titre comme inique et oppressante, c’est se vouer sans trop de chance de se tromper à toutes les désillusions.

    Ma laïcité, ainsi, ce n’est pas celle d’une bande de mâles dominants ravis de se gondoler en griffonnant des Petits Mickeys offensants –et, surtout, bien souvent, pas drôles- injuriant une culture minoritaire. Ce n’est pas celle du refus du dialogue avec toutes les religions, et en premier lieu avec l’Islam, au prétexte de la mise au rencard de ces vieilleries « moyenâgeuses » hors de l’espace public. En tant qu’athée respectueux et spirituellement curieux, les blagues sur les religions peuvent me faire rire, jusqu’à un certain degré, mais le muslim-bashing et le fait de tenir tous les croyants pour des crétins néanderthaliens trop demeurés pour avoir perçu la sainte lumière de l’athéisme, très peu pour moi ».

    Aujourd’hui, hélas, je ne peux que persister et signer. En précisant que, bien entendu, la liberté d’expression, c’est aussi de permettre à Minute d’exister, et de s’assurer que personne ne s’en prenne physiquement à eux à cause de leurs idées rassies. Mais hors de question pour moi de tenir des cons racistes pour des héros.

    https://blogs.mediapart.fr/macko-dragan/blog/250817/charlie-betes-et-mechants-ou-juste-cons-racistes-et-pas-droles

  • Tariq Ramadan avant pendant après, par Edgar Morin

    Le philosophe et sociologue Edgar Morin s’exprime pour la première fois sur l’affaire Tariq Ramadan. Pour avoir publié deux livres de discussion intellectuelle avec ce dernier, il fait l’objet d’une campagne de calomnie visant son refus de toute diabolisation de la religion musulmane.

    https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/071117/tariq-ramadan-avant-pendant-apres-par-edgar-morin

  • 15 novembre 13:07

    argument ridicule

      • la parole se libère quand elle veut !

    Si Fourest avait parlé avant, on lui aurait reproché aussi

    On s’en Balek !

  • 15 novembre 13:09

    « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique.

    A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.

    En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical.

    Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages.

    La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains.

    La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. »

      • Jordi Vidal -Résistance au chaos-2002
  • 15 novembre 14:00

    Le journaliste Fabrice Nicolino a demandé à prendre la plume, et son article est bien plus long que prévu. Gravement blessé lors de l’attaque meurtrière des frères Kouachi contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, ce pilier de l’hebdomadaire satirique a réclamé deux pleines pages pour dresser, dans le numéro du mercredi 15 novembre, le portrait du patron du site Mediapart, Edwy Plenel.

      • Il surplombe une fresque illustrant la longue marche professionnelle et militante de l’intéressé, suite de pelotons d’exécution, de ruines (l’immeuble du Monde) et d’assemblées serviles, adoratrices de Staline ou de Che Guevara. Juste à côté, l’éditorial au vitriol de Riss, le patron de Charlie, accuse gravement ce même Plenel de les avoir « condamnés à mort une deuxième fois ».
    • Il y a quelques années, les querelles idéologiques que se livrent la bande d’anars de l’hebdomadaire et les fidèles d’Edwy Plenel seraient restées confinées aux franges de la gauche et n’auraient sans doute pas connu tel écho. La mort de Cabu, Charb, Wolinski, Tignous, Honoré, Bernard Maris, Elsa Cayat et du correcteur Mustapha Ourrad, ainsi que de Frédéric Boisseau, Michel Renaud et des policiers Franck Brinsolara et Ahmed Merabet, voici bientôt trois ans, a tout changé. Depuis ce mercredi fatal où deux terroristes islamistes, les frères Kouachi, ont surgi dans ses locaux, Charlie appartient désormais au patrimoine national ; chaque combat mené par ou contre lui devient un peu celui des Français.
      • Le dernier a commencé le 8 novembre, lorsque l’hebdomadaire a monté en « une » sa caricature d’Edwy Plenel, longue moustache s’étirant pour couvrir bouche, yeux et oreilles et le rendre sourd, muet et aveugle. Au milieu, cette légende : « Affaire Ramadan, Mediapart révèle : “on ne savait pas” », allusion limpide aux accusations de viols touchant le prédicateur musulman.

    http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2017/11/15/entre-charlie-et-mediapart-l-histoire-d-une-haine_5214942_3236.html

  • Alors que Fabrice Thomas, ex-chauffeur et amant d’Yves Saint-Laurent, lance des accusations gravissimes contre Pierre Bergé, l’accusant notamment de viols, d’avoir des "esclaves sexuels", et d’être pire encore que DSK et Harvey Weinstein, on a du mal à trouver le moindre article sur cette affaire dans la presse française (MàJ 4/11/2017 : quelques médias nationaux commencent à en parler). A comparer avec la couverture gigantesque de l’affaire Tariq Ramadan (plusieurs dizaines d’articles), également accusé de viols répétés.

    Puisque Marianne titre cette semaine sur "les complices du tartufe islamiste [Tariq Ramadan]", avec un long article de Caroline Fourest, épanchons-nous rapidement sur qui seraient les "complices de Pierre Bergé" (qui rappelons-le reste pour l’instant comme Tariq Ramadan présumé innocent).

    Car cette même Caroline Fourest a récemment rendu hommage à Pierre Bergé, qu’elle décrit comme "un grand militant et un grand mécène".

    Bien sûr aucun article dans Marianne sur les accusations de viol contre Pierre Bergé, ni sur les "complices de Pierre Bergé".

    Pierre Bergé soutenait financièrement entre autres SOS Racisme.

    Dominique Sopo, Cindy Leoni et Mohamed Sifaoui (qui en fait des tonnes sur l’affaire Tariq Ramadan, et qui apparemment voulait absolument figurer sur la vidéo ci-dessous - voir vers la fin), lui ont témoigné toute l’admiration qu’ils avaient pour lui :

    https://www.youtube.com/watch?v=i_tCKetay6M&feature=youtu.be

    http://cinquiemecolonne.canalblog.com/archives/2017/11/03/35831264.html

      • Larvée, la guerre que se mènent deux courants de la gauche est devenue ouverte depuis la parution, mercredi 8 novembre, d’un numéro de Charlie Hebdo dont la « une » met en cause le directeur de la rédaction de Mediapart, Edwy Plenel. Professeur à l’université d’Oxford, spécialiste de la France des XIXe et XXe siècles, Sudhir Hazareesingh analyse ces déchirements français.


    Peut-on parler d’une « guerre des deux gauches » ?

    Même si la gauche en France a toujours été plurielle, l’expression résume bien le moment actuel et elle témoigne de la tendance très française à condenser les grands débats dans une opposition binaire. Car cette discussion est un peu consternante : elle soulève des questions très complexes sur lesquelles on est sommé de choisir son camp. On est soit la « gauche Charlie » soit la « gauche Mediapart ». Or on parle implicitement de sujets qui, certes, ont des liens entre eux, car ils ont trait à la place des musulmans dans la société française, mais qui sont différents : la question sociologique (les banlieues) ; la question idéologique (la laïcité) ; la question culturelle (qu’est-ce qu’être français ?), avec en arrière-plan la question coloniale ; sans oublier la question du terrorisme (quelle lutte efficace ?). Or, sur toutes ces questions, le penchant français à l’abstraction conduit à une regrettable schématisation.

    « Quand on met Tariq Ramadan en face de Caroline Fourest, on peut prédire qu’il y aura des étincelles »

    Cette affaire témoigne aussi d’une certaine montée de la violence verbale dans le discours public. Ce n’est pas neuf : dans les grands moments de la pensée française au XXe siècle, les gens se traitaient de tous les noms, pourtant il y avait de véritables confrontations d’idées. Mais, depuis un certain temps, nous sommes submergés par l’effet « On n’est pas couché » : la violence verbale devient un spectacle.

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/11/15/charlie-contre-mediapart-vu-du-royaume-uni-une-discussion-consternante_5215163_3232.html

  • 15 novembre 17:27

    « taper sur ramadan c’est easy et nécessaire

    taper sur ses compas ah non ca divise »

    À propos du viol collectif qui a eu lieu à Parme, au siège de la RAF (Réseau Antifasciste de Parme)
    https://paris-luttes.info/a-propos-du-viol-collectif-qui-a-8797

  • 15 novembre 17:42

    Diversion

     :

    taper sur les allié-e-s islamo-fascistes, ça non c’est être islamophobe ou féminationamiste

  • 15 novembre 23:38

    Il fut pourtant un temps, pas si lointain, où Charlie et Mediapart s’entendaient bien. En 2008, Caroline Fourest faisait son apparition sur le site, lors d’Etats généraux de la presse,

    « au temps où les deux médias défendaient les mêmes valeurs »

    , se souvient l’essayiste. En septembre 2012, le magistrat Jean-Yves Monfort, spécialiste reconnu du droit de la presse, assiste à un colloque organisé au Havre pour le quarantième anniversaire de la loi Pleven contre le racisme. Avec lui, la chroniqueuse de France Inter Sophia Aram et Fabrice Arfi ainsi que Charb, celui que les frères Kouachi voulaient tuer en priorité. Le retour s’était fait à quatre. « Je garde un merveilleux souvenir de ce voyage où le train s’arrêtait à toutes les stations, comme les diligences de Maupassant, raconte Monfort. Nous venions tous les quatre d’horizons différents, mais en refaisant le monde, on réalisait qu’on partageait pas mal de vues. »

    Sur les murs des locaux de Mediapart, des dessins joliment encadrés de Charb et de Tignous, deux des victimes de l’attentat de 2015, attestent aussi de la bonne entente passée. Sur l’un d’eux, un type, seul chez lui, devant son ordinateur. Sa femme passe une tête : « Tu fais quoi chéri ? » « Euh… je m’informe sur Mediapart. » Sur un autre, un Nicolas Sarkozy discourant doctement de « la France qui se lève tôt ». Une figure commode, Sarkozy, un bouc émissaire idéal pour tenir les morceaux de deux gauches déjà en bisbille : l’une (Charlie) tenante d’une laïcité ultra-stricte, l’autre (Mediapart) allant jusqu’à parler de « racisme d’Etat » en France. Le temps d’un quinquennat, le schisme qui menace la gauche est mis sous le boisseau.

    « Tout a pourtant commencé il y a dix ans, après le meurtre d’Ilan Halimi »

    , analyse le sociologue Philippe Corcuff, un ancien de Charlie, quoiqu’il tienne maintenant un blog sur Mediapart. « Lors des attentats contre la rue Copernic – quatre morts devant une synagogue parisienne en 1980 –, la gauche entière avait défilé, poursuit-il. Après ce meurtre, la Ligue communiste révolutionnaire a choisi de ne pas manifester ; c’était le premier coup de boutoir porté à l’antiracisme légendaire. Rien non plus dans la gauche radicale après le massacre de Mohamed Merah dans une école juive de Toulouse. On assiste depuis à une guerre sourde entre anti-islamophobie et antisémitisme, comme s’il y avait concurrence, conclut l’universitaire. Cette bagarre atomique entre Mediapart et Charlie en est aussi le reflet déformé. »

  • Marwan Muhammad répond à Caroline Fourest

    Caroline Fourest est définitivement impayable (littéralement).

    Après avoir été virée du Monde pour ses mensonges et erreurs factuelles d’une incompétence proportionnelle à la surface médiatique qu’elle occupe,

    Après avoir été la honte du journalisme pour ses bidonnages répétés, dont le démontage constitue désormais une discipline à part entière, en première année de psychiatrie,

    Après s’être dégonflée comme une baudruche lors d’un débat avec moi sur Europe 1 où, soudainement saisie de vertiges à la dernière minute, elle s’est faite remplacer par son sous-fifre Mohamed Sifaoui, répétant ses slogans bien appris,

    Après avoir menti devant des millions de Français, puis avoir été définitivement bannie de plusieurs émissions, dont ONPC, pour les libertés qu’elle prend avec la vérité,

    Après avoir été la risée du monde universitaire suite à ses délires selon lesquels l’islamophobie a été inventée par les mollahs d’Iran,

    Après avoir découvert **attention au choc** qu’il existe un "racisme anti-musulmans" alors qu’elle a été l’une des principales animatrices de leur stigmatisation pendant les dix dernières années,

    Voici qu’elle espère "m’incriminer" en m’associant à l’imam Rachid Abou Houdeyfa, apparemment devenu le diable symbolique des deux dernières semaines d’hystérie collective.

    Donc que cette chère et si divertissante madame Fourest sache que :

    1) Je ne tremble ni ne renonce à mes valeurs devant personne, même lorsque quelques chefaillons sans la moindre stature politique décrètent la chasse au sorcières, avec des barbes à la place des balais...

    2) Je donne des conférences dans toutes les mosquées, les églises, les synagogues, les universités, les ministères, les mairies, les écoles où je suis invité. Je dialogue avec toutes les personnes de bonne volonté, même quand j’ai des désaccords avec eux. Je l’ai fait avec Charlie Hebdo, avec des catholiques intégristes, avec des politiques, avec des islamophobes et j’ai même accepté de le faire avec Caroline Fourest (c’est dire si je ne crains pas la contagion par l’extrêmisme et la bêtise humaine...).

    Je ne vois donc pas la moindre raison de refuser d’intervenir aux côtés de Rachid Abou Houdeyfa, sans nécéssairement apporter une validation à tout ce qu’il peut dire ou penser par ailleurs.

    3) J’invite tout le monde à visionner la conférence en question dans son intégralité, pour voir exactement quel type de discours est tenu dans ces mosquées et par ces imams qu’on jette à la vindicte populaire pour mieux se rassurer de nos échecs.

    4) Aujourd’hui diplomate pour une organisation internationale, j’intéragis avec des gouvernements, parfois même autoritaires, ainsi qu’avec toutes les communautés et associations, en Europe, en Asie Centrale et en Amérique, pour faire avancer la cause des Droits Humains. Si on appliquait les logiques de disqualification manichéenne de Mme Fourest à tous ces problèmes, plus personne ne se parlerait. Ne resteraient que la tension et la violence qui permettent à Caroline Fourest d’exister, comme un pur produit commercial synthétisant nos angoisses et nos frustrations. On a parfois les "intellectuels" qu’on mérite.

    5) Je reste disponible et ouvert pour en débattre avec elle si elle l’ose. Mais cette fois, je lui suggère de venir préparée et armée d’arguments plutôt que des crottes de nez qui semblent meubler sa boite cranienne. Ca lui fera une cible moins facile que les musulmans dont elle confisque la parole et piétine la dignité à longueur d’année.

    D’ici là, il peut lui être utile de continuer à frapper sur des briques.

    Car comme disait un philosophe dont j’aurais chéri que Mme Fourest fasse la connaissance plus tôt :

    Les briques, ça ne rend jamais les coups...

    http://cinquiemecolonne.canalblog.com/archives/2015/11/29/32996164.html

  • Catalogue et « sémantique » de quelques lobbyistes du néo conservatisme français déguisés en acteurs antiracistes
    16 novembre 00:19
    1 – Caroline Fourest en guerre contre « l’Arabia »

    Dans une tribune intitulée « War on Arabia » – « en guerre contre l’Arabia » – publiée en 2005 dans le Wall Street Journal, Caroline Fourest estimait que les immigrants arabes, incapables de s’intégrer, représentaient une menace pour la démocratie car ce manque d’intégration pouvait les conduire à rejoindre des cellules terroristes islamistes. Que Caroline Fourest ignore que les peuples arabes sont minoritaires en Islam et peu source de terrorisme serait navrant mais anecdotique.
    Ce qui est à retenir est son adhésion au concept d’ « Eurabia », terme symptomatique des promoteurs du choc des civilisations de source néoconservatrice. Soit à l’exact opposé de la gauche engagée dont Fourest se réclame, les néoconservateurs sont depuis leur création sur l’extrême droite de l’échiquier politique. (Se rapporter à notre organigramme et les sites comme Dreuz.info et les déclarations de W. Kristol et N. Podhoretz.) En utilisant sciemment un terme d’extrême-droite, Fourest dévoile ses motivations profondes et ses accointances avec les milieux nauséabonds qu’elle dénonce pour partie lorsqu’il ne s’agit pas de ses amis…

    2 – Bernard-Henri Lévy et le « fascislamisme »

    Bernard-Henri Lévy, quant à lui, prétend sauver les musulmans du « fascislamisme » et se joint à Robert Misrahi en 2002 dans sa chronique sur Charlie Hebdo pour soutenir Oriana Fallaci. La journaliste affirmait entre autres que « Les hommes arabes, qui dégoûtent les femmes de bon goût » ou encore que « les mosquées grouillent jusqu’à la nausée de terroristes ou aspirants terroristes » et pour finir, épousant la théorie raciste et complotiste de l’Eurabia, elle déclare que les Arabes sous couvert de migrations envahissent l’Europe pour propager l’Islam et elle conclut en affirmant que les musulmans « se multiplient comme des rats » . BHL a les amis qu’il mérite…

    3 – Mohammed Sifaoui, le champion toutes catégories du Point Godwin et du confusionnisme

    mohamed-sifaouiPrompt à qualifier son adversaire politique du jour de « confusionniste », on comprend rapidement pourquoi Mohammed Sifaoui connaît bien cet adjectif. Pour ne pas se contenter de répondre « c’est celui qui le dit qui l’est », observons son déguisement de progressiste, dont la veste semble avoir plusieurs revers.

    Opportuniste, comme bon nombre de ses amis, Sifaoui a la faculté de se débiner quand l’affaire dans laquelle il est engagé tourne à son désavantage. Ainsi, en 2011, il reprend un billet d’SOS racisme : En raison de ses discours xénophobes, SOS Racisme appelle à faire barrage à Nicolas Sarkozy.

    Et pourtant, dans un entretien accordé en 2008 au Middle East Quarterly, dirigé par Daniel Pipes, Sifaoui estimait que « près de 20% des musulmans de la planète doivent être totalement rééduqués mais aussi combattus politiquement, idéologiquement et militairement ». L’islamisme serait selon lui comparable au fascisme et au nazisme, mais cela serait réductible aussi à l’Islam en général, en adéquation avec les théories néoconservatrices développées autour de 2005.

    Lgeert-wilders-005-geert-wilders-en-fitna-de-filma même année, il publie sur son blog « Fitna et Obsession », film du député d’extrême droite néerlandais Geert Wilders qui juxtapose des images d’attaques terroristes avec des versets du Coran. Cette production délibérément raciste fût initialement présentée par Sifaoui avec la mention « à voir et à revoir » comme le prouve cette archive du site. A présent le ton est différent « Obsession ». Vos avis ?

    Contributeur hyperactif pour Charlie Hebdo et la revue Prochoix de Caroline Fourest, Sifaoui a participé à la revue néoconservatrice Le meilleur des mondes. Ce magazine est le porte-voix du Cercle de l’Oratoire, groupe de réflexion néoconservateur français proche du PNAC (Project for a New American Century), le think tank néoconservateur américain dont étaient issus les principaux membres de l’administration Bush. Sifaoui a également fait la promotion de l’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient, MEMRI, qui le lui rend bien.

    En effet, le lien entre des médias français qui se disent de gauche et des officines néoconservatrices dites « d’information » qui diffusent ces théories est mis en évidence par le MEMRI, ses thèses, ses fondateurs et financeurs, et ses relais dans les médias français.

    https://anticons.wordpress.com/2013/12/01/de-bhl-a-charlie-hebdo-la-propagande-neoconservatrice-deguisee-en-gauche-progressiste/

  • 16 novembre 01:30

    Il fut pourtant un temps, pas si lointain, où Charlie et Mediapart s’entendaient bien. En 2008, Caroline Fourest faisait son apparition sur le site, lors d’Etats généraux de la presse, « au temps où les deux médias défendaient les mêmes valeurs », se souvient l’essayiste. En septembre 2012, le magistrat Jean-Yves Monfort, spécialiste reconnu du droit de la presse, assiste à un colloque organisé au Havre pour le quarantième anniversaire de la loi Pleven contre le racisme. Avec lui, la chroniqueuse de France Inter Sophia Aram et Fabrice Arfi ainsi que Charb, celui que les frères Kouachi voulaient tuer en priorité. Le retour s’était fait à quatre.

    « Je garde un merveilleux souvenir de ce voyage où le train s’arrêtait à toutes les stations, comme les diligences de Maupassant, raconte Monfort. Nous venions tous les quatre d’horizons différents, mais en refaisant le monde, on réalisait qu’on partageait pas mal de vues. »

    Sur les murs des locaux de Mediapart, des dessins joliment encadrés de Charb et de Tignous, deux des victimes de l’attentat de 2015, attestent aussi de la bonne entente passée. Sur l’un d’eux, un type, seul chez lui, devant son ordinateur. Sa femme passe une tête : « Tu fais quoi chéri ? » « Euh… je m’informe sur Mediapart. » Sur un autre, un Nicolas Sarkozy discourant doctement de « la France qui se lève tôt ». Une figure commode, Sarkozy, un bouc émissaire idéal pour tenir les morceaux de deux gauches déjà en bisbille : l’une (Charlie) tenante d’une laïcité ultra-stricte, l’autre (Mediapart) allant jusqu’à parler de « racisme d’Etat » en France. Le temps d’un quinquennat, le schisme qui menace la gauche est mis sous le boisseau.

    « Tout a pourtant commencé il y a dix ans, après le meurtre d’Ilan Halimi »

    , analyse le sociologue Philippe Corcuff, un ancien de Charlie, quoiqu’il tienne maintenant un blog sur Mediapart.

    « Lors des attentats contre la rue Copernic – quatre morts devant une synagogue parisienne en 1980 –, la gauche entière avait défilé, poursuit-il. Après ce meurtre, la Ligue communiste révolutionnaire a choisi de ne pas manifester ; c’était le premier coup de boutoir porté à l’antiracisme légendaire. Rien non plus dans la gauche radicale après le massacre de Mohamed Merah dans une école juive de Toulouse.

    On assiste depuis à une guerre sourde entre anti-islamophobie et antisémitisme, comme s’il y avait concurrence, Cette bagarre atomique entre Mediapart et Charlie en est aussi le reflet déformé. »

    conclut l’universitaire.

  • 16 novembre 19:17

    Les témoignages s’accumulent contre Tariq Ramadan. Certaines femmes l’accusent de viols et de harcèlement, d’autres d’avoir profité de son statut pour exercer sur elles une « emprise » mentale. Comment le silence a-t-il perduré pendant des années ? Grâce à une mécanique de contrôle et de menaces, d’après des éléments et témoignages recueillis par Mediapart. De son côté, l’islamologue dénonce une « campagne de calomnie ».

    C’est la chute d’un prédicateur médiatique, mondialement connu et longtemps influent dans une partie de la communauté musulmane. Depuis la première plainte pour viol à son encontre, il y a un mois, Tariq Ramadan est visé par plusieurs témoignages accablants de femmes. Les unes l’accusent de viols et de harcèlement – des faits pénalement répréhensibles –, d’autres évoquent des relations extra-conjugales consenties, à mille lieues de son discours rigoriste. Mais toutes racontent « l’emprise » mentale qu’aurait exercée l’islamologue suisse sur elles, profitant de son statut d’intellectuel célèbre.

Avertissement commentaires

Les commentaires ont pour objectif de compléter l’information donnée dans l’article, argumenter, apporter une interrogation ou un questionnement par rapport au sujet de la contribution. Les avis personnels qui n’apportent rien de plus à l’article pourront être considérés comme discussion de forum ne répondant pas aux objectifs pré-cités.Tout commentaire ne répondant pas à ces objectifs, ou étant contraire aux règles éditoriales sera supprimé définitivement du site.

Lien vers la politique éditoriale du collectif


Saisissez votre commentaire

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

www.indymedia.org
africa
Ambazonia Canarias estrecho / madiaq Kenya Nigeria South Africa
canada
London, Ontario Maritimes Montreal Ontario Ottawa Quebec Thunder Bay Vancouver Victoria Windsor
east asia
burma Jakarta Japan Korea Manila QC Saint-Petersburg
europe
Abruzzo Alacant Andorra Antwerpen Armenia Athens Austria Barcelona Belarus Belgium belgrade Bristol Brussels Bulgaria Calabria Croatia Cyprus emilia-romagna estrecho / madiaq Euskal Herria Galiza Germany grenoble Hungary Ireland Istanbul Italy La Plana Liege liguria Lille linksunten lombardia London Madrid Malta Marseille Nantes Napoli Netherlands Nice Northern England Norway Nottingham Oost-Vlaanderen Paris/Île-de-France Patras Piemonte Poland Portugal Roma Romania Russia Sardegna Scotland Sverige Switzerland Torun Toscana Toulouse Ukraine United Kingdom Valencia
latin america
Argentina Bolivia Chiapas Chile Chile Sur CMI Brasil CMI Sucre Colombia Ecuador Mexico Peru Puerto Rico Qollasuyu Rosario santiago Tijuana Uruguay Valparaiso Venezuela
oceania
Aotearoa Brisbane burma darwin Jakarta Manila Melbourne Perth QC Sydney
south asia
India Mumbai
united states
Arizona Arkansas Asheville Atlanta Austin Austin Indymedia Baltimore Big Muddy Binghamton Boston Buffalo Charlottesville Chicago Cleveland Colorado Columbus DC Hawaii Houston Hudson Mohawk Kansas City LA Madison Maine Miami Michigan Milwaukee Minneapolis/St. Paul New Hampshire New Jersey New Mexico New Orleans North Carolina North Texas NYC Oklahoma Philadelphia Pittsburgh Portland Richmond Rochester Rogue Valley Saint Louis San Diego San Francisco San Francisco Bay Area Santa Barbara Santa Cruz, CA Sarasota Seattle Tampa Bay Tennessee Urbana-Champaign Vermont Western Mass Worcester
west asia
Armenia Beirut Israel Palestine
process
FBI/Legal Updates Mailing Lists Process & IMC Docs Tech Volunteer
projects
Print Radio Satellite TV Video
regions
United States
topics
Biotech

copyleft Copyleft Indymédia (Independent Média Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.

RSS articlesRSS articles |  Site réalisé avec spip 3.1.3 [23214]
Top