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Les mythes de la propagande israélienne

Malgré les bases légales qui en font un État membre des Nations unies à part entière depuis 1949, Israël n’a jamais réussi son intégration régionale ou même simplement sa normalisation avec ses voisins.

Du fait des conditions de sa création – forcée par des puissances coloniales étrangères sur des populations arabes dont on confisqua les terres ancestrales afin d’en faire un nouvel État et une colonie de peuplement pour les populations juives d’Europe et d’ailleurs, chose qu’aucune population occidentale ou autre n’aurait acceptée sur son propre territoire – mais aussi du fait de la violence souvent génocidaire et aveugle d’Israël contre quiconque, hommes, femmes ou enfants, s’oppose à son suprématisme colonialiste, la majorités des populations arabes de la région ne reconnaissent pas la légitimité de cet État.

De même, 70 ans après sa création, 36 États – une partie significative de la communauté internationale dont 18 des 21 pays des Nations unies membres de la Ligue Arabe –continuent à ne pas reconnaître Israël.

Intimidation, propagande et lobbying systématique

Face à cette difficile réalité, Israël et ses soutiens divers et nombreux accusent en général leurs opposants d’antisémitisme – une arme d’intimidation désormais bien émoussée et peu efficace, même si elle a récemment trouvé des nouveaux relais dans des pays comme la France, où l’on entend ses propagandistes bien connus mais aussi des hommes politiques comme Manuel Valls et des intellectuels comme Pierre-André Taguieff déclarer tout de go que tout antisionisme est un antisémitisme. Récemment, même le nouveau président Emmanuel Macron y est allé de ce refrain, suscitant une verte réplique de l’historien israélien post-sioniste Shlomo Sand.

Apparemment, personne avant Sand n’avait expliqué à Valls, Taguieff, Macron et consorts que les antisionistes les plus virulents sont souvent… des juifs ultra-orthodoxes, dont des milliers de rabbins qui ne se privent pas de manifester régulièrement en masse afin de réclamer ni plus ni moins le démantèlement pur et simple d’Israël (dans leur cas, sur des bases essentiellement théologiques). Cette simple réalité suffit déjà à mesurer l’absurdité ou, plus probablement, la malhonnêteté consistant à faire de l’antisionisme un synonyme d’antisémitisme en espérant faire taire les critiques, comme cela devient assez courant en France, y compris au plus haut niveau de l’État.

Mis à part ces mesquines tentatives d’intimidation et de chantage, qui vont cependant souvent jusqu’aux menaces de mort (cf. le message téléphonique laissé sur la boîte vocale de la journaliste britannique Alison Weir), pour compenser ce déficit de légitimité dont il a bien conscience, Israël se livre à un lobbying absolument massif, poussé à son plus haut degré d’efficacité par des groupes d’influence puissants comme AIPAC.

Ce lobbying est excessivement nuisible à nos intérêts nationaux (français, européens, américains, etc.), comme l’ont démontré avec brio Stephen Walt de l’Université d’Harvard et John Mearsheimer de l’Université de Chicago, deux professeurs en sciences politiques et relations internationales parmi les plus réputés au monde, dans leur best-seller, Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine.

Sans doute en désespoir de cause, le gouvernement israélien en est même dernièrement venu à former des « cybersquads » pour écumer les médias et à recruter des étudiants dont ils paient les études en échange de messages de propagande favorables à Israël sur les réseaux sociaux et la presse en ligne. Entreprise assez pitoyable et au final peu efficace, la raison fondamentale de cet échec étant la « dissonance cognitive », ici de la taille d’un gouffre, entre ces efforts de relations publiques et la réalité de cet État-voyou prédateur (manifeste lors de ses massacres de populations sans défense ou dans la colonisation – ultra-violente, militarisée, barbare – de terres, ressources et populations qui ne lui appartiennent aucunement).

Tout cela ne cadre évidemment pas avec ce que l’on ne cesse de nous marteler jour et nuit sur Israël, « petit-État-démocratique-si-fragile-entouré-de-vilains-ennemis-arabes-qui-veulent-sa-destruction-comme-avant-eux-les-méchants-nazis », et les sempiternels « Rappelez-vous l’Holocauste », « Never Forget ! », etc.

En raison de ce gouffre infranchissable entre propagande et réalité, il n’est donc pas surprenant que malgré les fortunes astronomiques englouties pour redorer son image, Israël reste systématiquement perçu et jugé par les opinions publiques internationales comme un des pires pays au monde, y compris au sein des nations alliées qui lui sont le plus favorables.

Ainsi, sans même évoquer les pays arabes, les populations de l’Union européenne cataloguent elles aussi régulièrement Israël comme l’une des plus grandes menaces, voire la plus grande menace pour la paix dans le monde, tandis qu’au niveau de l’opinion publique mondiale, ce pays est systématiquement considéré comme l’un des pires, classé en 3e ou 4e place en bas de la liste (parmi les quelque 220 pays au monde), au même niveau que la Corée du Nord, le Pakistan ou encore l’Iran. Une performance.

Il va donc falloir en recruter, des étudiants et des cybersquads, pour polluer encore davantage nos médias via des campagnes et messages de propagande avouée ou anonyme.

Mythes de légitimation

À un autre niveau, y compris dans les universités, conférences et publications sérieuses, Israël s’efforce de propager un certain nombre de mythes sionistes mensongers, toujours les mêmes, une petite douzaine, répétés en boucle. Ceux-ci font même l’objet de manuels et « kits clés-en-main » à destination du parfait petit propagandiste qui n’aura plus qu’à les réciter pieusement lors de débats, interventions dans les médias ou présentations. (Voir ici en intégralité leur 2009 Global Language Dictionary, qui offre aux propagandistes, activistes ou simplement sympathisants sionistes tous les « éléments de langage » et arguments ou contre-arguments à utiliser contre les adversaires, critiques ou journalistes sur des sujets comme la colonisation de terres palestiniennes, les tueries de civils, et plus.)

Certains de ces mythes sont structurels et ont à voir avec la nature supposée de l’État et de la société israélienne. Ainsi, pour prendre un exemple, nos médias sont saturés en permanence de louanges dithyrambiques sur le « miracle économique israélien », ses entreprises high-tech, sa richesse, etc., mais quand avez-vous entendu dire que 22 % des Israéliens vivent en-dessous du seuil de pauvreté, dont un enfant sur trois, et qu’Israël occupe la dernière place dans le monde développé et les 34 pays de l’OCDE ? Même le Mexique fait souvent mieux ! (Réponse à la question rhétorique : probablement jamais, et demandez-vous alors pourquoi cette sélectivité des messages et informations).

À LIRE : Guide pour faire face aux trolls sionistes et à leurs « faits »

D’autres sont des mythes des origines, dont le plus fameux est celui de « la Palestine : terre sans peuple pour un peuple sans terre », dont on mesurera le caractère mensonger et révisionniste dans ce magnifique corpus photographique de la Palestine pre-1948 (ou encore ici, où l’on voit une Française implantée dans une colonie illégale mentir sans sourciller, comme une arracheuse de dents, malheureusement comme la plupart d’entre eux). D’autres mythes sont plus conjoncturels (« Gaza n’est plus occupé »).

Ces mythes de la propagande sioniste ont cependant une chose en commun : ils sont tous archi-faux, sans exception.

Certains de ces mythes sont structurels et ont à voir avec la nature supposée de l’État et de la société israélienne. Ainsi, pour prendre un exemple, nos médias sont saturés en permanence de louanges dithyrambiques sur le « miracle économique israélien », ses entreprises high-tech, sa richesse, etc., mais quand avez-vous entendu dire que 22 % des Israéliens vivent en-dessous du seuil de pauvreté, dont un enfant sur trois, et qu’Israël occupe la dernière place dans le monde développé et les 34 pays de l’OCDE ? Même le Mexique fait souvent mieux ! (Réponse à la question rhétorique : probablement jamais, et demandez-vous alors pourquoi cette sélectivité des messages et informations).

À LIRE : Guide pour faire face aux trolls sionistes et à leurs « faits »

D’autres sont des mythes des origines, dont le plus fameux est celui de « la Palestine : terre sans peuple pour un peuple sans terre », dont on mesurera le caractère mensonger et révisionniste dans ce magnifique corpus photographique de la Palestine pre-1948 (ou encore ici, où l’on voit une Française implantée dans une colonie illégale mentir sans sourciller, comme une arracheuse de dents, malheureusement comme la plupart d’entre eux). D’autres mythes sont plus conjoncturels (« Gaza n’est plus occupé »).

Ces mythes de la propagande sioniste ont cependant une chose en commun : ils sont tous archi-faux, sans exception.

En se basant sur ces archives auparavant inaccessibles mais aussi sur des témoignages directs, des journaux d’époque et plus, Ilan Pappé démontre ainsi dans son ouvrage capital Le Nettoyage ethnique de la Palestine que l’exode palestinien de 1948, les déplacements forcés de populations et les massacres de Palestiniens ne touchèrent pas moins de 750 000 Arabes sur les 900 000 qui vivaient depuis des générations sur ces terres, donc l’immense majorité ; que cette tragédie (la « Nakba », comme l’équivalent palestinien de l’Holocauste juif, toutes proportions gardées) constitue bien un nettoyage ethnique ; et que surtout, il s’agissait d’une politique concertée et intentionnelle, désirée par les leaders sionistes afin de garantir le caractère juif de leur futur État, et systématiquement mise en œuvre village après village et ville après ville dès fin 1947 par les groupes terroristes juifs comme l’Irgoun et la Hagannah (l’ancêtre de l’armée israélienne), souvent d’ailleurs fascisants tel le groupe Stern, ainsi que par les chefs du Yichouv.

Quoiqu’il ait plus récemment nuancé ses propos antérieurs et renié les Nouveaux Historiens dont il était le chef-de-file, Benny Morris parle lui aussi dans son ouvrage central, La Naissance du problème des réfugiés palestiniens 1947-1949, de nettoyage ethnique, tout en relativisant le caractère intentionnel et méthodique que lui confère Pappé. Il ne nie cependant pas qu’à la fin de cette première guerre, via un mélange d’expulsions forcées, de déplacements de populations, de massacres et d’exode de civils sans défense fuyant la guerre et le terrorisme juif, la majorité du pays avait bel et bien été vidée de ses populations arabes. Lui aussi documente les nombreuses atrocités et exactions commises sur des populations arabes sans défense, dont il ne fait guère de doute qu’elles constituaient autant d’actes de génocide.

D’autres travaux plus récents, comme ceux de Rosemarie Esber, sont venus confirmer ceux d’Ilan Pappé, cette fois-ci en se basant sur des archives britanniques récemment ouvertes, tandis que la célèbre trilogie de Shlomo Sand, professeur d’histoire à l’Université de Tel Aviv, s’est attaquée dans ses recherches sur « l’invention du peuple juif » aux mythes fondateurs et récits nationaux les plus centraux et essentiels au sionisme et à Israël, en montrant leur nature artificielle, construite et largement inventée. […]


posté le 18 janvier 2018 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
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