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Israel arme des néo-nazis en Ukraine
posté le 11/07/18 Mots-clés  antifa 

The Electronic Intifada a appris que des armes israéliennes sont envoyées à une milice néo-nazie lourdement armée en Ukraine.

La propagande en ligne du Bataillon Azov montre des fusils Tavor ayant une licence israélienne, dans les mains du groupe fasciste, tandis que des militants israéliens de défense des droits humains ont protesté contre les ventes d’armes à l’Ukraine au motif que les armes pourraient être introduites au sein de milices antisémites.

Dans une lettre « sur des licences pour l’Ukraine » obtenue par The Electronic Intifada, l’agence chargée de l’exportation des armes du ministère israélien de la défense dit qu’ils sont « précautionneux dans l’octroi de licences » à des exportateurs d’armes « en complète coordination avec le ministère des affaires étrangères et d’autres instances gouvernementales ».

La lettre du 26 juin a été envoyée en réponse à l’avocat israélien Eitay Mack qui avait formulé une requête détaillée exigeant la fin de toute aide militaire d’Israël à ce pays.

Le statut officiel d’Azov dans les forces armées ukrainiennes signifie qu’on ne peut pas vérifier que « les armes et l’entraînement israéliens » ne sont pas utilisés par des « soldats antisémites ou néo-nazis », ont écrit Mack et 35 autres militants des droits humains.

Ils avaient écrit que les forces armées ukrainiennes utilisent des fusils fabriqués en Israël « et sont entraînés par des Israéliens » selon des rapports émanant du pays.

Le chef de l’agence israélienne d’exportation d’armes a refusé de démentir le rapport, ou même de discuter de l’annulation des licences d’armes, au nom de questions de « sécurité ».

Mais Racheli Chen, la cheffe de l’agence, a confirmé à Mack qu’elle avait « lu soigneusement votre lettre », qui détaillait la nature fasciste d’Azov et les rapports sur les armes et les entraînements israéliens.

La lettre du ministère de la défense et la requête originelle de Mack sont accessibles dans leur version originale en hébreu.

Des fusils israéliens en Ukraine

Le fait que des armes israéliennes soient destinées à des néo-nazis ukrainiens est soutenu par la propre propagande en ligne d’Azov.

Sur son canal youtube, Azov a posté une « revue » vidéo de copies produites localement de deux fusils Tavor israéliens visibles ici :

Une photo sur le site internet d’Azov montre aussi un Tavor dans les mains d’un des officiers de la milice.

Les fusils sont fabriqués sous licence de Israel Weapons Industries (IWI), et en tant que tels, ont dû être autorisés par le gouvernement israélien.

IWI désigne le Tavor comme « l’arme première » des forces spéciales israéliennes.

Il a été utilisé dans les récents massacres de Palestiniens non armés prenant part aux manifestations de la Grande Marche du Retour à Gaza.

De plus, la société d’armement ukrainienne d’État qui produit les fusils sous licence, a une page sur le Tavor sur son site.

Le logo de Israel Weapons Industries apparaît aussi sur son site, y compris sur la page « Nos partenaires ».

Ayant commencé comme une bande de casseurs fascistes, le bataillon Azov est l’une des milices d’extrême droite qui a maintenant été intégrée comme unité de la Garde Nationale d’Ukraine.

Antirusse fervent, Azov a combattu la police des émeutes pendant les manifestations « Euromaidan » de 2013 à Kiev, la capitale, soutenues par les USA et l’UE.

Les manifestations et les émeutes ont ouvert la voie au coup d’état de 2014 qui a démis le président prorusse Viktor Yanoukovitch.

Quand a commencé la guerre civile dans l’Est de l’Ukraine contre les séparatistes appuyés par la Russie, le nouveau gouvernement appuyé par l’Ouest a commencé à armer Azov. La milice est rapidement passée sous la compétence du ministère de l’intérieur ukrainien et a vu quelques uns des plus intenses combats sur le front contre les séparatistes.

Le groupe est accusé dans les rapports des Nations Unies et de Human Rights Watch de commettre des crimes de guerre contre des séparatistes prorusses lors de la guerre civile dans la région orientale du Donbass, avec tortures, violences sexuelles et ciblages de maisons de civils.

Aujourd’hui, Azov est dirigé par Arsen Avakov, le ministre de l’intérieur ukrainien. Selon la BBC, il paie ses combattants et a embauché un de ses commandants militaires, Vadym Troyan, comme adjoint, avec mission de contrôle de la police.

Avakov a rencontré l’année dernière le ministre de l’intérieur d’Israël, Aryeh Deri pour discuter de « coopération fructueuse ».

Le jeune fondateur d’Azov qui fut son premier commandant militaire, Andriy Biletsky est aujourd’hui député au Parlement ukrainien.

Comme l’a expliqué le journaliste Max Blumenthal sur The real News en février, Biletsky a « argumenté pour la restauration de l’honneur de la race blanche et a proposé des lois interdisant le « métissage ».

Selon le Telegraph, Biletsky a écrit en 2014 que « la mission historique de notre nation dans ce moment critique est de conduire les races blanches du monde dans une croisade finale pour leur survie ». Une croisade contre les sous-hommes dirigés par les Sémites.

Dans un camp d’entraînement militaire pour enfants l’année dernière, le Guardian a remarqué que plusieurs instructeurs d’Azov avaient des tatouages nazis et autres tatouages racistes, dont une svastika, le symbole de squelette des SS et un tatouage « Fierté blanche ».

Un soldat de Azov a expliqué au Guardian qu’il se bat contre la Russie parce que « Poutine est juif ».

S’adressant au Telegraph, un autre a loué Adolf Hitler et dit que l’homosexualité était une « maladie mentale » et que l’ampleur de l’Holocauste « est une grande question ».

Un sergent instructeur d’Azov a dit un jour « en riant » à USA Today que « pas plus de la moitié de ses camarades sont des nazis ».

Un porte-parole d’Azov a minimisé cette estimation, prétendant que « seulement 10 à 20% » des membres du groupe sont des nazis.

Le sergent a néanmoins « promis que lorsque la guerre prendra fin, ses camarades et lui marcheront sur la capitale, Kiev, pour renverser un gouvernement qu’ils considèrent corrompu.

Après qu’Andriy BIletsky, le fondateur d’Azov, soit entré au Parlement, il a menacé de le dissoudre. « Croyez moi sur parole » a-t-il dit, « nous nous sommes rassemblés ici pour commencer la lutte pour le pouvoir ».

Ces promesses ont été faites en 2014, mais il y a des signes précurseurs qu’elles soient tenues aujourd’hui.

Cette année, le bataillon a fondé une nouvelle « Milice nationale » pour amener la guerre au pays. Ce gang bien organisé est à l’avant-garde d’une vague croissante de violence raciste et antisémite en Ukraine.

Conduite par ses vétérans de l’armée, elle se spécialise dans les pogromes et la mise en œuvre par la violence de son programme politique.

Au début de ce mois, revêtus de cagoules, avec des haches et des battes de baseball dans les mains, des membres du groupe ont détruit un camp rom à Kiev. Sur une vidéo, apparemment tournée par les voyous d’Azov eux-mêmes, la police est arrivée vers la fin de la destruction du camp.

Ils ont l’air de ne rien faire tandis que les voyous crient « Gloire à la Nation ! Mort aux ennemis ! ».

L’aide militaire d’Israël à l’Ukraine et à ses néo-nazis imite de semblables programmes menés par les États Unis et d’autres pays de l’OTAN dont le Royaume Uni et le Canada.

Ils sont tellement obsédés par l’idée de battre ce qu’ils perçoivent comme une menace de la part de la Russie, qu’ils semblent heureux d’aider des milices ouvertement racistes, du moment qu’elles combattent de leur côté.

C’est aussi un retour en arrière au début de la guerre froide, lorsque la CIA a soutenu des fascistes et des hitlériens pour s’infiltrer d’Autriche en Hongrie en 1956, où ils ont commencé à massacrer des Juifs communistes hongrois et des Juifs hongrois comme « communistes ».

Des posts récents sur les sites d’Azov donnent des informations sur une rencontre en juin avec l’attaché militaire canadien, le Colonel Brian Irwin.

Selon Azov, les Canadiens ont conclu l’échange en exprimant « leurs espoirs d’une coopération fructueuse à l’avenir ».

Irwin a accusé réception d’un mail de l’Electronic Intifada, mais n’a pas répondu aux questions sur sa rencontre avec la milice fasciste.

Un porte-parole du Département de la défense du Canada a envoyé ensuite une déclaration dans laquelle il avance que « leur entraînement des forces armées ukrainiennes dans l’opération Unifier comporte des éléments forts sur les droits humains ».

Ils ont dit que le Canada est « fortement opposé à la glorification du nazisme et de toutes les formes de racisme » mais que « chaque pays doit faire face aux périodes difficiles de son passé ».

Le porte-parole, qui n’a pas donné son nom, a écrit que l’entraînement canadien « comporte un dialogue permanent sur le développement d’une Ukraine diverse et inclusive ».

La déclaration n’a rien dit sur la façon dont la prétendue formation sur la diversité allait jusqu’au bataillon Azov.

Il faut dire aussi que participait à la réunion avec le colonel Irwin, le chef de l’académie de formation des officiers, une institution qui porte le nom de l’Ukrainien nationaliste de droite, Yevhen Konovalets.

Konovalets est une des idoles du groupe qui affiche fréquemment son portrait dans son iconographie militaire.

Konovalets était le fondateur de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) qui s’est ensuite alliée à l’Allemagne nazie lors de l’invasion de l’Union Soviétique.

OUN a participé au massacre notoire de Lvov en 1941, lorsque les Nazis ont envahi le territoire soviétique.

Pendant le pogrome, des milliers de Juifs furent massacrés dans ce qui est maintenant une ville ukrainienne.

L’aide des USA aux Nazis

Le Canada n’est bien sûr pas le seul « allié » de l’OTAN à envoyer des armes en Ukraine.

Comme l’a largement rapporté Max Blumenthal, des armes américaines, dont des engins lanceurs de grenades et de l’entraînement ont été fournis par Azov.

Sous la pression du Pentagone, une clause de la note de défense renouvelée chaque année, qui interdit que l’aide des USA n’aille au bataillon Azov, a été régulièrement effacée.

Cela a continué trois années durant avant que le parlementaire démocrate Ro Khanna et d’autres ne mettent la question au devant de la scène cette année.

Pour avoir jeté ce trouble, Khanna a été calomnié à Washington en tant que « vendu à la rue K »[1] qui « s’occupait du linge sale de Poutine ».

Malgré l’interdiction finalement votée, le statut d’Azov d’unité officielle des forces armées ukrainiennes ne permet pas de voir clairement comment l’aide américaine peut en être tenue à l’écart.

En 2014, les groupes de lobby israéliens ADL et le centre Simon Wiesenthal ont refusé d’appuyer une tentative précédente d’empêcher les USA d’aider des groupes néo-nazis en Ukraine.

L’ADL a argumenté que « le focus devrait être mis sur la Russie » tandis que le centre Wiesenthal à pointé du doigt le fait que d’autres leaders d’extrême droite s’étaient rencontrés à l’ambassade américaine en Ukraine, comme si quelque part cela les absolvait de leur points de vue antisémites.

Les tentatives de la part de certains membres du Congrès d’empêcher l’aide militaire américaine aux Nazis en Ukraine peut expliquer l’aide militaire israélienne.

La « coopération technico-militaire qui s’approfondit » d’Israël avec l’Ukraine et ses milices fascistes est susceptible de constituer un moyen d’aider son partenaire à la Maison Blanche et représente une autre facette de l’alliance sioniste-suprématiste blanche grandissante.

Israël a agi historiquement comme une voie utile par laquelle les présidents américains et la CIA peuvent contourner des restrictions du Congrès sur l’aide à divers groupes et gouvernements peu ragoûtants dans le monde.

Dans l’Amérique Latine des années 1980, ces pratiques ont concerné les Contras, qui menaient une guerre contre le gouvernement révolutionnaire de gauche au Nicaragua, comme aussi l’accueil d’autres brigades de mort fascistes latino-américaines et de dictatures militaires.

Il s’agit aussi du régime d’apartheid sud africain, que les gouvernements israéliens aussi bien de la « gauche sioniste » que du Likoud ont armé pendant des décennies.

Comme cité dans le livre d’Andrew et Leslie Cockburn, Liaison Dangereuse, un ancien membre du Parlement israélien, le Général Mattityahu Peled, l’a exprimé succinctement : « En Amérique centrale, Israël est le contractant du « sale boulot » pour l’administration américaine. Israël agit comme le bras complice des États Unis ».

Au sein d’une montée alarmante de l’antisémitisme et du néonazisme, Israël apparaît maintenant comme reprenant ce rôle en Europe de ‘Est.

Avec la traduction en hébreu de Dena Shunra

Asa Winstanley rédacteur associé de The Electronic Intifada.

Source : The Electronic Intifada

Traduction : SF pour l’Agence Média Palestine


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