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Les identitaires de gauche, généalogie d’une dérive
posté le 10/08/18 par Germinal Pinalie Mots-clés  antifa 

Je publie ici un projet de livre intitulé Le paradigme identitaire, en cours de rédaction, qui a été retenu par le Centre National du Livre à la fin de l’année 2014. Un premier extrait consacré aux écrits de Christophe Guilluy sera publié ici séparément.

Des identitaires de gauche ?

Pour qu’une idée ou une expression devienne communément admissible, il faut qu’elle soit reprise par des individus ou des groupes qui s’affirment de gauche. Cette thèse provocatrice correspond à de nombreux exemples, particulièrement dans les discours sur l’économie libérale, mais aussi à propos de termes ou de logiques concernant la définition de ce qui est étranger : François Mitterrand a ainsi validé à la fin des années 1980 la notion de « seuil de tolérance » d’une substance toxique par un organisme pour parler de la proportion d’immigrés dans l’Hexagone. Michel Rocard a de son côté légitimé la fermeture des frontières en affirmant que la France ne pouvait pas « héberger toute la misère du monde »[1]. Depuis les années 2000, la notion d’identité a peu à peu intégré le champ de la réflexion politique et théorique, jusqu’à devenir aujourd’hui un élément central du débat sur la société française. La toute récente agitation sur le redécoupage des Régions a même donné lieu à des échanges sur l’identité de telle ou telle entité issue du découpage des années 1950. L’identité, au sens ethnique, culturel, national, religieux ou racial du terme est devenue une évidence, une réalité quasi-palpable, et surtout « proche », propre à la description d’enjeux « français », voire « régionaux »

On peut poser comme hypothèse qu’avant les années 2000, l’utilisation du terme d’identité dans le langage courant renvoyait d’abord à des éléments extérieurs à l’Hexagone, ou plutôt extérieurs ou antérieurs à l’entité nationale « France » dans sa forme moderne et républicaine. Durant cette période, la République était pensée ou « rêvée » comme un projet rassemblant des individus dont l’identité était comme refondue par l’égalité formelle, et on parlait d’identité pour désigner ce qui préexistait à la République, ou ce qui lui résistait, comme les langues régionales ou les identités basque et corse. L’expression « identité française » renvoyait dans le sens commun dominant à ce projet intégratif, ou bien désignait une notion anti-républicaine, ou pré-républicaine, classée explicitement à droite voire à l’extrême-droite, renvoyant à la terre, aux traditions culturelles et religieuses, à l’Ancien régime et finalement à la race, principalement à travers l’image des Gaulois. Tout ceci fait débat et chacun de ces éléments demanderait une étude approfondie ; il est par contre indiscutable que la notion d’identité française a radicalement changé de fonction, et que ce qui était avant les années 2000 un emploi « d’extrême-droite » de ces mots, qui classait celui qui le prononçait pour en appeler aux « racines de la France » contre la République, est aujourd’hui de plus en plus le sens commun de l’expression. Le débat lancé en novembre 2009 par Éric Besson à la tête du Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement, créé en 2007 par Nicolas Sarkozy comme il l’avait annoncé durant sa campagne, a sanctionné cette évolution : l’identité nationale française en tant qu’elle serait possiblement autre chose que la matrice républicaine est désormais une réalité officielle. Les termes réels du débat étaient clairs comme l’intitulé du ministère : l’immigration peut-elle ou non faire partie de l’identité nationale à travers l’intégration ? Poser la question, c’était déjà répondre que l’évidence de la matrice républicaine était remise en cause, et le fait que le « grand débat »[2] n’a jamais vraiment eu lieu importe au fond assez peu, on aurait pu tout autant l’appeler la « grande remise en question officielle », ou encore le « grand dynamitage ».

Mais les charges qui ont explosé sous la présidence de Nicolas Sarkozy avaient été placées et connectées des années auparavant, dans un bâtiment en partie à l’abandon ouvert à tous les courants d’air. La déflagration est en fait assez ancienne, comme le son du tonnerre est parfois très en retard sur l’éclair. La thématique identitaire est une véritable bombe à retardement, comme l’écrit Jean-Claude Kaufmann[3]. En filant la métaphore on pourrait même dire qu’il s’agit d’une cluster-bomb, une bombe à sous-munitions qui a disposé une myriade de mines dans le débat politique et sociétal. Et en poussant encore un peu plus loin, on pourrait ajouter que comme dans les divers champs de mines de la planète, l’origine géographique et historique du matériel explosif varie considérablement et réserve parfois de grandes surprises. Les bombes à retardement identitaires qui explosent sous nos yeux ne sont pas que des traces du passé, au sens où elles ne seraient que des mouvements réactionnaires de la société. Ce serait trop simple. Et d’ailleurs cela ne marcherait vraisemblablement pas. Car effectivement s’il y a un retour des thématiques identitaires c’est bien qu’elles avaient reculé, ou peut-être même disparu, et que quelque chose avait, à tort ou à raison, pris leur place, ou bien leur avait enlevé leur puissance, les avait délégitimées.

Ce n’est pas le seul retour idéologique de la droite ou surtout de l’extrême-droite qui explique la remontée des thématiques identitaires culturelles, nationales, religieuses, ethniques et raciales, cette remontée s’explique aussi par la défaite politique provisoire de la gauche et de l’extrême-gauche, ce qui est un diagnostic courant, mais également par la confusion provoquée par certaines de leurs prises de position. Et on touche ici à l’essentiel : une partie de ce qui fonde la thématique identitaire contemporaine vient de l’intérieur de l’histoire intellectuelle et politique de la gauche. Non pas au sens où il y aurait une continuité théorique unique de la gauche, et qu’en plus celle-ci serait complice de l’identitarisme, ce qui serait absurde, mais au sens où plusieurs tendances ou courants historiques de la politique d’émancipation ont, à divers moments historiques, validé des thématiques identitaires culturelles, nationales, religieuses, ethniques ou raciales. Les déclarations de François Mitterrand et Michel Rocard en décembre 1989 ne sont qu’un exemple caricatural de ces conjonctures où la gauche valide des contenus théoriques ou politiques qui viennent de la droite voire de l’extrême-droite. Il y en a eu d’autres depuis la fondation de la gauche, et si l’on reprend l’histoire de ce que l’on appelle communément le marxisme sous cet angle critique, on peut alors envisager une continuité paradoxale, où les apports théoriques de théoriciens notables semblent jouer contre la gauche et l’émancipation, en même temps qu’ils fournissent un cadre théorique au nationalisme ou au racisme. Sur cette question de l’identité, principalement autour des notions de nation et de race, l’étude de plusieurs de ces conjonctions pourrait donner à comprendre le mécanisme logique qui finit par fournir une onction progressiste à ce qui est en fait une puissante structure de pouvoir du capitalisme.

La forme de cette démonstration sera celle de la mise au jour d’un paradigme identitaire. Précisément parce que les individus ou entités politiques engagés dans ces débats sont parfois radicalement opposés, et en tout cas à première vue fort différents dans leurs revendications et leurs analyses, la tâche sera de dévoiler ce qu’ils ont en commun, alors même qu’ils ne se citent pas les uns les autres. Cet élément commun, c’est ce paradigme, un ensemble de fonctionnements logiques qui organisent un espace théorico-politique dans lequel les arguments des uns et des autres, même s’ils sont parfaitement opposés, coïncident dans la mesure où ils parlent de la même chose, utilisent parfois les mêmes mots, et les mêmes chaînes de raisonnement. Le paradigme identitaire est une machine de sens où circulent dans toutes les directions des énoncés contradictoires qui ont cependant tous en commun de « prendre au sérieux » la matière identitaire.

Marx, peut-être précisément parce qu’on ne l’attendait pas dans le débat sur ces questions, servira d’appui dans l’analyse de ce paradigme. Il a envisagé très tôt les enjeux d’identité nationale, religieuse ou raciale comme des constructions historiques bien réelles, appuyées sur des pratiques et des institutions matérielles très concrètes, des États, des églises, des institutions comme l’esclavage, mais c’était précisément pour les inscrire immédiatement dans des rapports de pouvoir, de légitimation et d’organisation matérielle directement connectés à la lutte des classes. Pour Marx, la société capitaliste englobe, récupère et métabolise tous ces statuts, utilise ceux qui lui sont utiles, parfois en invente de nouveaux, et éradique ceux dont elle n’a pas besoin. Ce faisant, elle donne surtout à voir que tous ne sont que des dispositifs de pouvoir qui ne sont réels que pour autant qu’ils servent à une force dominante. Marx avait parachevé l’œuvre de l’universalisme en montrant par la critique de la société capitaliste comment et pourquoi les préjugés nationaux, de race ou de religion n’étaient que des formes, des rites, des jeux sans autre réalité que leurs terribles effets de confusion mentale sur des humains ainsi manipulés pour le compte, sonnant et trébuchant, des dominants. Marx a ainsi fondé par l’analyse matérielle la nécessité révolutionnaire de l’égalité : c’est parce que les identités nationales, religieuses ou raciales ne servent qu’à l’exploitation des humains par quelques-uns qu’elles doivent être dénoncées et abolies dans l’abolition de l’exploitation elle-même. La lutte pour l’égalité économique n’est pas séparable de la lutte contre les nationalismes, les racismes et les illusions religieuses, il ne peut y avoir d’égalité réelle sans que soient dissoutes les institutions et les pratiques qui produisent en permanence les identités nationales, raciales et religieuses. Si les « produits » que sont ces identités ne sont pas les seuls points d’appui de la domination capitaliste, ils n’en sont pas moins des éléments essentiels. Les prolétaires n’ont pas de patrie, les races n’existent que pour les racistes, et la religion est l’opium du peuple. Il n’y a qu’une seule humanité, et aucun dieu. Le pouvoir de certains humains sur les autres se mesure dans le renversement continu de ces évidences.

Autochtones vs indigènes

Les identitaires de gauche ont en commun avec la droite et l’extrême-droite ce paradigme qui confère aux réalités que Marx avait désignées comme des constructions historiques le statut de caractéristiques intrinsèques, de véritables essences des individus.

Pour des raisons à chaque fois différentes qu’il faudra analyser, ils prennent pour argent comptant ce dont Marx a expliqué la valeur très relative. Afin d’ancrer cette analyse dans le réel le plus directement accessible, la première approche du paradigme portera sur les discours d’identitaires de gauche hexagonaux et contemporains, la « Gauche populaire » et les « Indigènes de la République », deux mouvements nés à Paris dans la deuxième moitié des années 2000 et réunissant des chercheurs et des militants issus de partis de gauche.

Ces deux groupes sont à la fois très peu nombreux et particulièrement visibles médiatiquement. S’exprimant essentiellement à travers des livres et des tribunes dans la presse, ils ont développé deux discours en apparence très différents, mais qui, nous allons le montrer, fonctionnent en miroir dans le cadre du paradigme identitaire. Christophe Guilluy, géographe issu du chevènementisme et associé à la Gauche Populaire, a développé au cours des années 2000 un argumentaire à l’appui d’un appel au Parti Socialiste à se reconnecter avec les classes populaires « blanches » (c’est lui qui parle en termes de race) déclassées par la mondialisation en adoptant un discours et une pratique ferme vis-à-vis de l’immigration, sous peine de les voir reporter leurs voix sur le Front National. Le PS devrait donc selon lui s’adresser aux « autochtones » (c’est l’expression qu’il utilise) en tant que tels, et tenter de capter leur vote identitaire. Sadri Khiari, universitaire d’origine tunisienne et ancien militant trotskiste, a conçu autour de la création du mouvement (aujourd’hui « parti ») des Indigènes de la République un tout autre argumentaire qui s’adresse lui aux « non-blancs » en tant qu’ils sont placés en France dans un rapport colonial où ils ont le même statut « d’indigènes » que leurs parents dans les colonies. Le PIR entend donc organiser ces « indigènes » dans un cadre débarrassé de la tutelle de la « gauche blanche ». Apparemment totalement opposées politiquement, ces deux tendances ont en fait tout un langage commun, des logiques d’assignation de statuts et de rôles exactement semblables qui déterminent leurs prises de position de façon symétrique. Les mots « autochtones » et « indigènes », par ailleurs parfaitement synonymes, sont les signes les plus visibles de l’existence du paradigme identitaire.

- Une deuxième approche du paradigme identitaire tentera de remonter le fil de cette connexion entre identité et lutte politique d’émancipation.

Parce qu’il est abondamment cité par les intellectuels qui se réclament des « indigènes », Frantz Fanon se place clairement dans cette histoire. Martiniquais membre des Forces françaises libres, ayant quitté l’île dominée par Vichy au péril de sa vie pour libérer la France de l’occupation nazie, il rejoindra plus tard le FLN pendant la guerre d’Algérie, abandonnant son poste de psychiatre dans le système de santé colonial. Antimarxiste convaincu, ses écrits sur la négritude de Césaire puis sur la « culture nationale » des peuples du Tiers-monde sont repris par les « marxistes » qui veulent justifier leur soutien aux nationalismes des bourgeois « noirs » et aux luttes raciales contre le capitalisme. Son apport au paradigme identitaire de gauche sera analysé en partant de la déconstruction de son personnage social de petit-bourgeois mulâtre foyalais sexiste et homophobe des années 1930. Une autre approche parallèle essaiera de comprendre comment deux universitaires se définissant comme « blancs », Theodore W. Allen et Noel Ignatiev, ont fondé une organisation ouvrière « noire » qui dénonçait le « privilège blanc » et la « gauche blanche », et inventé la théorie raciale critique (« critical race theory ») qui a depuis fait florès dans le monde anglo-saxon, et qui permet de légitimer la constitution de groupes politiques « progressistes » excluant la présence de « blancs ».

En remontant encore la généalogie du paradigme identitaire, la figure de Otto Bauer fera l’objet d’une attention toute particulière. Petit-bourgeois juif viennois né à la fin du 19ème siècle dans l’Empire austro-hongrois, il est, durant ses études de droit, membre de cercles pangermanistes qui veulent « l’unité de tous les Allemands » aux côtés d’antisémites déclarés. Devenu socialiste en 1900, il développe avec Karl Renner ce qui est peut-être la première formulation articulée du paradigme identitaire au sein de la gauche. Son livre de 1907, La sociale-démocratie et la question des nationalités, expose le concept « d’autonomie nationale personnelle » qui lie la notion d’identité à celle de démocratie. Il développe ainsi une conception posée comme « marxiste » et « progressiste » de l’auto-détermination de l’essence nationale individuelle par la déclaration et le suffrage. Il s’agira de montrer comment cette suture a produit le cadre conceptuel qui permet de penser ensemble le pangermanisme des socialistes autrichiens en 1918, les revendications « démocratiques » de Hitler sur les Sudètes en 1938, les institutions ethniques de la Yougoslavie de Tito où les postes étaient officiellement répartis selon les « nationalités », ou encore le système électoral en vigueur dans la région de Bruxelles aujourd’hui. Pour qu’une idée ou une expression devienne communément admissible, il faut qu’elle soit reprise par des personnages qui s’affirment de gauche. En établissant au début du 20ème siècle le droit démocratique des nationalistes à disposer des peuples, Otto Bauer a ouvert la boîte de Pandore du référendum identitaire. Les référendums en Croatie et en Bosnie qui ont immédiatement précédé les massacres et la purification ethnique en 1991-92 sont parfaitement conformes à ces principes, tout comme ceux qui sont organisés dans les provinces séparatistes de l’est de l’Ukraine au début de l’année 2014, tout comme le sont ceux qui ont été organisés ailleurs sous l’égide de l’ONU.

Appuyée à la fois sur la lecture des œuvres de Marx et d’autres « marxistes » non-identitaires, et donc sur l’analyse des rapports de classes, y compris évidemment à l’intérieur des « races » et des « nations », ainsi que sur la critique anthropologique de l’identité et de son histoire, cette étude tentera de faire apparaître le paradigme identitaire de gauche pour ce qu’il est. C’est à dire une connexion accidentelle et mortifère entre une structure de domination du capitalisme et la théorisation politique de la critique du capitalisme, une sorte de brainchild monstrueux dont l’ADN répliquerait à la fois celui de la démocratie et de l’émancipation, et celui du racisme et du nationalisme. Une des lignes de force de l’analyse de la question de l’identité raciale et nationale sera celle de la position irréductible du métis, qui est un des points aveugles des théories des identitaires de gauche.

[1] Émissions de télévision des 10 et 3 décembre 1989 respectivement (INA).

[2] Éric Besson au Grand jury RTL du 26 octobre 2010.

[3] Identités, la bombe à retardement, Textuel, 2014.


posté le 10 août 2018  par Germinal Pinalie  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article

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