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Haidar Eid : « Les politiques israéliennes à Gaza sont génocidaires »
posté le 11/08/18 Mots-clés  antifa  Peuples indigènes 

C’est bien de génocide qu’il faut parler concernant la politique israélienne vis à vis des deux millions de Palestiniens de la bande de Gaza, analyse Haidar Eid, écrivain et professeur à l’université Al-Aqsa de Gaza.

La Convention de 1948 sur le Génocide établit clairement qu’un génocide se caractérise par « l’imposition délibérée de conditions de vie calculées en vue d’aboutir à la destruction physique en tout ou en partie d’un peuple ». N’entre pas en ligne de compte, le rythme qui lui est impulsé ; il y a génocide, que la mise à mort soit rapide ou lente. Une condamnation à mort en mode « étalé dans le temps », c’est précisément ce que subit la population de Gaza, depuis l’imposition du blocus israélien, et les massacres subséquents qui, au cours de trois guerres génocidaires successives, ont conduit à la mort de quatre mille Palestiniens.

Les Palestiniens gazaouis sont soumis à un blocus sans fin, illégal, qui, en brisant la vie dans tous ses aspects, la rend impossible. Cette politique mortifère a conduit l’ancien rapporteur officiel des Nations Unies, Richard FALK, à la qualifier de « prélude au génocide ».

En 2009, la mission des Nations Unies sur le conflit à Gaza avec à sa tête, le juge sud-africain, Richard Goldstone a estimé Israël coupable de crimes de guerre et, vraisemblablement de crimes contre l’humanité, rejoignant dans ce réquisitoire les organisations de droits de l’Homme de renommée internationale que sont Amnesty International et Human Rights Watch.

Le rapport Goldstone se conclut de la façon suivante : La guerre contre Gaza est conçue pour » punir, humilier, et terroriser toute sa population civile, affaiblir radicalement son économie, au niveau du marché de l’emploi comme de ses propres ressources alimentaires, condamnant ainsi, inexorablement, tous ses habitants à éprouver un sentiment de grande fragilité par une dépendance allant sans cesse croissant. »

Le même scénario se répéta en 2012, puis en 2014, avec un degré supplémentaire franchi dans l’horreur et les crimes de guerre, Israël se sentant sûr de son impunité.

Et voila que, dernièrement, Israël a décidé de resserrer le goulot d’étranglement de la population de Gaza, en fermant le seul et unique passage de transit commercial existant, sans omettre les attaques militaires consistant à cibler, délibérément, des manifestants pacifistes dont le seul tort est de revendiquer l’application des résolutions de l’ONU, et la levée de ce blocus mortifère et hermétique.

Au cours d’un déplacement sur place, la professeure Sara Roy, reconnue pour ses connaissances sur la bande de Gaza, a parlé d’une terre mutilée, lacérée et scarifiée de toutes parts, les vies de ses habitants étant complètement brisées. Croulant sous le poids toujours plus lourd d’une dévastation sans fin, Gaza est comme handicapée. La professeure Roy conclut ses observations en précisant que l’état de handicap dans lequel se trouve l’économie gazaouie, est le résultat, inéluctable, d’une politique d’État, méticuleusement pensée, planifiée, implacable dans son déroulement.

Tout comme l’anéantissement de Gaza qui est savamment orchestré, il en va de même s’agissant de toutes ces entraves soigneusement imposées en vue de prévenir une éventuelle reconstruction. Outre les assauts militaires quotidiens, les bombardements aériens, la population de Gaza souffre d’une eau qui, comme le sol et l’air, est contaminée. Ceci en raison des pannes récurrentes qui affectent le système de retraitement des eaux usées, suite aux nombreuses coupures de courant, les principaux générateurs souffrant du manque de fuel.

Par ailleurs, les blessures extrêmement graves que causent les balles « butterfly », en explosant à l’intérieur des membres touchés, interdites pour cela par le droit international, ne peuvent être soignées en raison même du blocus.

En plus de l’interdiction d’importation qui frappe les matériaux indispensables à sa reconstruction, Gaza se voit imposer une liste ubuesque de produits prohibés : ampoules, bougies, livres, réfrigérateurs, chaussures, vêtements, matelas, lits, couvertures, draps, thé, cafés, saucisses, fleurs, vaches, pâtes, cigarettes, fuel, stylos, crayons, papier etc… A Gaza, les gens se demandent désormais quand viendra le jour où le gouvernement israélien, l’un des plus fascistes dans l’histoire du pays, inscrira, dans cette liste prohibitive, l’oxygène.

Comme si tout cela ne suffisait pas, ne manquons pas de rappeler la mesure punitive prise par l’autorité palestinienne, les coupes drastiques dans le budget de l’UNRWA, sans oublier la fermeture constante du point de passage de Rafah, seule sortie possible vers le reste du monde, et vous avez le taux de chômage et de pauvreté le plus élevé de la planète.

Dans ce contexte, les Gazaouis ne se font aucune illusion, ayant compris depuis longtemps qu’Israël ne poursuit qu’un seul objectif, rayer Gaza de la carte. Et pourquoi se gêner, lorsque, par leur silence, les plus hautes instances internationales vous donne, par un mutisme et une passivité avérés, un véritable blanc seing. Le refus éhonté d’Israël de coopérer aux décisions internationales prises en vue de la reconstruction de Gaza, pour laquelle plusieurs millions de dollars furent promis au cours des négociations de Sharm el Sheikh, ne saurait être toléré. Les attaques militaires israéliennes ont endommagé de nombreux immeubles, quand elles ne les ont pas totalement détruits, et, selon l’Office Onusien de Coordination des Questions Humanitaires, plusieurs milliers de familles se trouvent à la rue, sans oublier toutes ces écoles et universités que les bombardements israéliens n’ont pas épargnées. Combien de Palestiniens contraints de passer hiver comme été sous des tentes et autres abris de fortune, se sont vu promettre, au moins la reconstruction des écoles pour leurs enfants, sans avoir, au bout du aperçu la moindre mesure permettant d’adoucir un tant soit peu leur quotidien ?

La pratique militaire consistant à abattre sans vergogne, avec une implacable et froide détermination, les uns à la suite des autres, des manifestants non violents, en bordure orientale de Gaza, ne constitue en rien un acte isolé. Ces tirs de snipers, sont au contraire partie intégrante d’une politique mise à jour pour que soient, sans interruption ni écueil, abattus jour après jour des Palestiniens de la bande de Gaza. Ceci dans un contexte global de déni généralisé aux droits les plus élémentaires, à une vie normale, telle la liberté d’aller et venir, de travailler, se soigner, étudier, se nourrir.

Mais tout cela nous conduit inévitablement à une réflexion sur la nature même du régime en place qui préside aux destinées de ce pays. A savoir un régime colonialiste de peuplement. L’historien israélien renommé, Ilan Pappé, nous donne un éclairage sur l’idéologie qui sous tend ces politiques génocidaires.

Par ESSENCE, le sionisme est un mouvement colonialiste de peuplement, visant à substituer une population par une autre et, pour ce faire, l’accaparement du plus de terres palestiniennes possible avec le moins de Palestiniens possible dessus, est indispensable. Comme nous l’explique le professeur Patrick Wolfe, la rencontre entre les colons et la population indigène, donne le coup d’envoi de la logique d’élimination des « natifs ».

En d’autres parties du globe, comme dans le continent nord américain, l’annihilation des natifs fut le résultat d’un indéniable génocide. En Palestine, l’élimination des ’natifs’ s’opère selon un mode un peu différent, à travers des vagues de nettoyage ethnique, des politiques d’enclavement ghettoïsantes, de ségrégation.

N’en déplaise aux laudateurs du prétendu retrait d’Israël de Gaza, unilatéral, la présence militaire israélienne est toujours effective, avec une occupation permanente des eaux territoriales, le contrôle des mouvements des Gazaouis, de l’entrée des biens, par voie terrienne ou maritime, avec des incursions militaires au sein même de la bande de Gaza, en tuant quiconque oserait mettre un pied dans cette zone tampon définie par Israël, côté gazaoui bien entendu.

Israël continue du reste de contrôler le recensement démographique de la population gazaouie. Ceci alors qu’Israël va criant sur tous les toits qu’il n’est plus du tout une puissance occupante, usant de ce fallacieux argument pour, notamment à la suite des résultats électoraux en 2006, resserrer son emprise sur toute la bande de Gaza, par un blocus sans faille, et des attaques mortelles répétées.

Maintenant, Israël décide de parfaire sa politique raciste, en promulguant une loi qui n’est, sans surprise, rien d’autre que raciste. La politique d’apartheid est désormais légalisée. Non sans difficultés, j’ai essayé de trouver, dans d’autres parties du globe, des lois, fondamentales ou pas, similaires à celle promulguée récemment pour un nouvel Israël, loi fondamentale qui a pour effet de donner rien moins qu’une base légale à l’établissement d’une véritable suprématie juive, au racisme antipalestinien, visant tout autant les habitants confinés dans ce qui est devenu la plus grande prison à ciel ouvert de par le monde. Hormis en Afrique du Sud du temps de l’apartheid, ou en Amérique durant l’esclavage et la ségrégation, je n’ai pu constater de telles similitudes.

Alors, que faire ?

Dans un article publié par MEE, Gidéon Levy interroge Israël en lui posant la question suivante :

Où est ton indignation face à une loi promulguant l’apartheid ?

Aujourd’hui, on ne peut guère attendre d’une population israélienne actrice d’une politique colonialiste de peuplement, qu’elle agisse contre son propre racisme. C’est donc au monde extérieur d’intervenir. Renforçons l’appel au boycott. Mais en Palestine, nous avons besoin de discuter très sérieusement autour d’un programme de transformation radicale de la politique en œuvre, aux effets désastreux, qu’elle soit de gauche comme de droite, en rejetant l’option raciste de la solution des deux Etats, et la remplaçant par le choix d’un programme inclusif garant de l’accès à l’égalité des droits pour tous les segments de la population. « 


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