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Lettre au milieu militant
posté le 13/09/18 par harakiri Mots-clés  veiligheids / terrorisme 

Lettre au « milieu militant »

Je ne sais pas comment vous appeler, vous êtes ceux que je croise depuis longtemps pour certaines et moins longtemps pour d’autres, vous êtes celles qu’on retrouve dans les quelques événement estampillés « anars » à bruxelles, les proches et celles dont je connait à peine le nom, vous êtes ce qu’on appelle parfois « le milieu ». Quand j’avais 18 ans je suis arrivée à bruxelles et j’ai rencontré des gens qui pensaient comme moi , ça m’a sauvé la vie. Et de temps en temps quand ça devenait trop dur , c’est parmis vous que je me glissait pour sentir que je n’était pas seule et qu’il y avait plein de belles choses à inventer ensemble. Ca fait maintenant 15 ans et aujourd’hui je vous écrit parce que j’ai l’impression que quelque chose est en train de mourir, que la joie est partie.

L’année passée on s’en est pris plein la gueule de la part des flics mais on s’est aussi bien déchirés de l’interieur. Des groupes ont éclatés , tout le monde s’est mis a détester tout le monde. Des que quelqu’un prend une initiative, il se trouve des dizaines de gens pour lui cracher dessus Des gens qui par ailleurs n’on plus rien a proposer depuis longtemps a part un sentiment puissant d’être mieux que les autres. Et maintenant comme à paris, c’est devenu déplacé de se sourire. La personne « cool » fait la gueule, obligé. Elle vous claquera un regard froid même si vous la connaissez depuis des années, elle parlera dans votre dos, elle critiquera tout ce qui dépasse. Mais elle ne viendra jamais vous en parler à vous parce qu’elle n’a pas de meilleures solution a proposer ni d’autre but que de vous descendre pour se rassurer .

C’est quoi être anarchiste en fait ? En tout cas pas une idée qui nous rassemble on dirait. Plutôt un prétexte pour haïr , pour dénigrer. Qu’est ce qu’on fabrique encore de beau avec cette belle idée ? Des soirées dans une ambiance de merde. Pas que ce soit la faute aux organisateurs-trices ( cfr ce poste déprimant il y a qqs semaines sur indymedia » des vigiles au barlok » , un symptôme de plus de cette ambiance merdique), c’est juste qu’on dirait qu’on est passé de l’autre coté d’un truc. Le monde est devenu un facebook géant ou seule compte l’image. Tu souris au gens , t’es pas un winner, il faut les snober , avoir l’air occupé, important, détaché.

On n’est plus que des boules de mépris. Et moi je me demande ou on va trouver là dedans une vision politique, une voie pour construire coute que coute des alternatives à ce monde atroce. Et je me dis qu’on ne peut rien construire à partir du postulat que « le monde est remplit de cons et qu’on s’en tamponne on reste entre nous ( toi et tes trois potes) à critiquer tous le reste ». Pour moi être politisé c’est avoir en tête un idéal de société. Et pour ça il faut un minimum croire que les gens en général ne sont pas inférieurs à nous, des cons qui ne comprennent rien. Je lis beaucoup de textes qui disent » nous ne croyons pas a une amélioration de la société , nous n’en avons rien a foutre d’expliquer etc. « Je pense que cette position est tout simplement apolitique. Que les gens qui proclament ça en ont évidemment le droit mais que c’est une vision individualiste qui se rapproche bien plus des libertariens ( anarchistes de droite) que des libertaires. Et aussi que les gens qui pensent ça n’ont aucune idée de la position privilégiée qu’ielles occupent dans la société et qui leur a permit de devenir « des gens politisés ».

Ca sert a quoi de parler de violence et d’oppressions quand nous même on est pas capables d’avoir une attitude généralement bienveillante ? Des groupes qui se tatouent « sororité » mais ou la rivalité entre filles fait des ravages, des groupes qui demandent du soutien mais méprisent les gens qui viennent en soutien, des gens qui critiquent les manifs nassées parce que les gens sont fichés et que ce serait la faute des organisteurs-trices , j’en passe et des meilleures , bref de la merde everywhere.

Les mouvements de droite et d’extreme droite gagnent du terrain pendant que nous sommes là à nous déchirer , à nous déprimer. Certaines réunions , remplie de froid, de silences , de même gens qui parlent pendant que d’autres sont sur leur chaises a supporter les regards jugeants, sont tout simplement à se flinguer. Le petit regard supérieur de celles et ceux qui se croient « les vrais , les durs » , est d’un triste et d’un ridicule auquel j’ai bien peur qu’aucune joie révoltée ne puisse résister longtemps.

Peut être qu’il y a une colère , une haine qui viens de cette vie qu’on mène ici , une haine inspirée par la façon dont tourne cette société , mais j’ai l’impression qu’elle se manifeste bien plus envers nos propres rangs qu’en tentatives de changer ce monde degueulasse. Et aujourd’hui tenter quelque chose c’est s’exposer , s’exposer a la critique et aux vieilles rancoeurs, faut être prêt a encaisser. Et sérieux c’est tellement dur que ça dégoûte d’organiser quoi que ce soit. Parce qu’on est pas beaucoup à bruxelles et que quand la merde arrive du coté des rares gens qui pourraient te soutenir , c’est évidemment bien pire .

Vous , c’est très large comme notion. Que je vous ai croisés seulement quelques fois ou que vous soyez vraiment dans ma vie je ressent pour vous tous-tes une sorte d’amour parce que vous êtes celles et ceux qui m’aidez a garder l’espoir , qui luttent dans le même sens que moi, celles et ceux que je vais voir quand j’ai besoin de preuves qu’il existe encore autre chose que ce cloaque de société capitaliste et superficielle.
Et aujourd’hui j’ai peur qu’il n’en reste plus rien. Le 123 et le barlok vont disparaitre et tout est a reconstruire. J’espère qu’un jour je reviendrais a un événement « du milieu » et que je verrai des gens rires , s’encourager même s’ils ne partagent pas les meme modes d’action, des gens sourire généreusement à l’autre et qu’on pourra a nouveau se sentir un peu moins seul-es .
Au lieu de cet espèce de défilé des vanités punks.

Je me rend bien compte qu’en écrivant et en publiant ceci je m’expose à votre violence , et j’aurais trouvé plus courageux de ma part de signer ce texte. Mais je n’ai pas ce courage et je pense que celles et ceux qui me connaissent me reconnaitront et que pour les autres mon nom n’a pas d’interet.

Qu’importe votre avis sur ce texte , et tant mieux si ce n’est pas du tout ce que vous ressentez vous, moi j’avais envie de vous le dire avant de prendre mes distances, pas par méchanceté mais parce que « vous » ça a été tout pour moi , et que si « ça » disparait , il y a encore moins de chances que quoi que ce soit s’ameliore en ce bas monde.


posté le 13 septembre 2018  par harakiri  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • 13 septembre 21:49, par pistache

    pas mieux ! en effet la déprime me semble aussi prendre le pas sur la révolte, et la violence des rapports d’ego sur la beauté des rencontres simple et magique ! mais je pense quand même que les idéologues de nos milieux sont aussi violent que les rienafoutistes ! souvent à force d’être toujour dispo pour tout au quotidien avec le sourire peux mené à une grosse déprime quand personne n’est là pour prendre le relai lors de coups dur !pour ma part je prend des distances avec les personnes qui me font du mal et je n’attend plus rien des autres que je ne suis pas moi même capable de donné ! ils nous faut stoppé le nombrilisme et rompre avec la culture du bashing !

  • 13 septembre 22:48, par amour anarchie

    C’est drôle, au vu des dates j’imagine avoir partagé un jour quelque chose avec toi... J’ai envie de te dire de ne pas hésiter à chercher ailleurs les complicités, en dehors du "milieu" et de ses dogmes débiles. Il n’y a plus le choix, il faut créer de belles choses maintenant, sous toutes les formes. Les ami(e)sont potentiellement partout, et il y a des gens passionnés à créer du radicalement beau à chaque coin de rue, et en dehors du "m’as tu vu anarcho underground bruxellos centré". Se rencontrer, échanger, se faire confiance, prendre tous les risques ensemble pour que quelque chose se passe... Fais ce que tu aimes le plus, avec les gens qui partagent tes envies et tes rêves, lève toi tôt, couche toi tard, donne tout et amuses toi !

  • 14 septembre 09:58

    Wow, en voilà un texte qui fait du bien. Je n’aurais pas mieux posé les mots. Et c’est plaisant de voir qu’on est pas seul à faire le constat depuis longtemps. J’ai quitté "le milieu" pour ces mêmes raisons. Ca n’empêche pas de construire de belles choses avec de belles personnes ailleurs et de rester droit dans ses bottes. Que les initiatives se multiplient, qu’elles vivent, qu’elles grandissent, meurent et renaissent. Marre de la concurrence entre évènement/gens militant. laisser les autres libres, sourire et dire bonjour, c’est ça pour moi la base.
    Je ne te connais pas Harakiri,mais encore une fois te remercie.

  • 14 septembre 13:45, par 1312

    Très beau texte ! Merci !! <3

    Perso j’ai toujours vu le milieu anar machin comme un cercle de socialisation avec possibilité de lutte collective.. et heureusement ce n’est pas le seul qu’on peut trouver dans cette fin de civilisation.

    Et je fais peut être de la propagande campagnardoprovinciale mais je pense que la ville, spécialement à la capitale, y est pour beaucoup dans l’atomisation de nos relations.
    Le 123 et le Barlok vont fermer, une page se tourne.. Mais ce n’est pas les bâtiments vides qui manquent, et y’a une relève.. les 2000 sont trop chauds !
    Sinon je pense qu’on est bien plus qu’on ne le croit, qu’il y a plein de "milieux" qui s’entremêlent et dont on n’imagine même pas l’existence. Et ce n’est pas les projets de luttes qui manquent.. maxi prison, racisme, Bure, viriarcat.. Même si elle échoue la lutte fait trop plaizzz ! Et à termes d’autres prennent le relais :)

    Voilà j’ai encore été moralisateur et maladroit. Bref...

    Pour une opposition politique organisée à l’hydre autoritaire marchand, vamos à la playas de l’anarkhia totale Hihaaaaaaaaaaaaa :)

    Je vous aime ! 1312 Bisoux !

  • 14 septembre 15:17, par bendo-unikorn

    Ton texte me parle, beaucoup ! Je ressens pas mal de choses, même si ça ne fait pas aussi longtemps que je traîne dans "le milieu".
    Ce qui est dur c’est d’une part de voir le monde s’effondrer et devenir de plus en plus moche et de l’autre part essayer de garder le moral et la joie nécessaires pour bouger des choses.
    Pour ma part, je ne crois plus à un quelconque salut, je n’ai plus d’espoir ... je deviens ce que tu décris dans le texte, je n’ai plus rien à proposer comme idéal. Mais ça m’empeche pas de bouger quand même, comme si enfait il fallait agir jusqu’au bout, même dans le brouillard qui s’étend, même quand y’aura vraiment plus aucun espoirs ... Et c’est peut-être là qu’il y en aura le plus, quand on sera au pied du mur. Peut-être que c’est des cendres du chaos et des ténèbres que naitront nos petites utopies. Ou pas.
    Mais on devrait plus se soutenir, moins se juger, on est déjà si peu, on devrait pas voir dans le monde entier des ennemi.e.s :-/ facile à dire, moins à faire et j’comprend bien pourquoi.
    Bref ... Au moins essayons de créer de belles petites choses, des beaux moments, si ce n’est que ça que l’on peut avoir. T’sais des moments où tu te sens bien, sans être jugé.e.s parce que t’es comme ci ou comme ça (du moins se sentir jugé.e). Si on peut pas vraiment influer sur le naufrage en cours, on peut au moins tenter d’ouvrir des brèches, créer des poches où l’air est bon, trouver des sourires, des regards bienveillants.
    On porte en nous de beaux idéaux, moi aussi j’vous aime !

  • 15 septembre 00:11, par sérotoninomètre

    Proposition concrète, l’introduction du sérotoninomètre : si dans un réunion ou un événement le niveau minimal de sérotine collective n’est pas respecté, la réunion, l’événement ou l’action est annulé. Finie le dérive militant dépressive - misanthrope !!!!!

  • 15 septembre 00:12, par sérotoninomètre

    Proposition concrète, l’introduction du sérotoninomètre : si dans un réunion ou un événement le niveau minimal de sérotine collective n’est pas respecté, la réunion, l’événement ou l’action est annulé. Finie le dérive militant dépressive - misanthrope !!!!!

  • 15 septembre 10:00, par harakiri

    haaa merci "serotoninometre " pour ce commentaire qui illustre parfaitement ce texte. Quelques précisions donc pour toi : l’idée ce n’est pas que plus personne ne soit triste ou deprimé , le but c’est qu’on ne le soit pas encore plus apres avoir passé du temps dans des endroits "alternatifs"et que ce soit des endroits et des moments qui puissent encore renforcer nos mouvements au lieu de les demolir. Et en plus d’etre déprimantes , on s’emmerde grave dans ces ambiances. Mais franchement si c’est si important pour toi le droit à la misanthropie ( definition du dico : haine du genre humain) , pourquoi ressentir le besoin de le faire AVEC des gens en fait ? Je sais pas, faites des réunions specifiques , bon, entre vous, un par un ou limite à deux , et prevenez clairement" Aujourd’hui assemblée des esprits superieurs, sourires interdits, regards meprisants de rigueur , merci de laisser toute joie de vivre à la porte et de ne rien dire de peur qu’on vous meprise encore plus. Venez vous snobez avec nous , n’apportez rien on est pas là pour passer un moment agréable. Si vous êtes triste n’attendez rien de nous, on vous deteste meme si on vous connait pas parce qu’on en a besoin pour se sentir des gens valables et pour renforcer notre propre groupe" Là au moins ce serait clair. Et si c’est ce qui vous fais mouiller...chacun son truc j’ai envie de dire. Mais bizarremment y a des gens pour qui se persuader de sa supériorité c’est une activité peu interressante , on a pas le temps pour ces conneries en fait. A bas la dictature des cyniques !

  • 16 septembre 03:16, par sérotoninomètre

    Non mais en fait mon commentaire était une blague qui se voulait être d’accord avec ta lettre.

  • 16 septembre 03:22, par sérotoninomètre

    Et franchement Je croie de plus en plus que cette technologie (le sérotoninomètre) que n’est malheureusement pas encore existante pourrais régler pas mal de problèmes !

  • 19 septembre 12:04, par x

    Salut,

    Merci pour ce texte écrit « de l’intérieur » qui interpelle. Je suis arrivé à Bruxelles il a près de dix ans, un peu perdu, ne sachant pas que faire de ma vie qui jusque là étant orientée par des dynamiques collectives et politiques. Dans les premières années, j’ai rencontré certaines personnes du milieu anarchiste et ai réfléchi à rejoindre ces personnes dans les luttes qu’elles menaient (ayant des ami.e.s anarchistes dans d’autres pays d’Europe). Je ne l’ai pas fait, j’ai eu peur de la rigueur qui y était portée, l’impression que des principes étaient appliqués systématiquement dans des situations qui pouvaient être très différentes, une forme de recherche de la pureté de la position qui m’a mis mal à l’aise. Aussi et surtout, je ne me suis pas senti à l’aise par apport à une forme de mépris qui était porté à toutes celles et ceux qui pensent différemment, gens « normaux » ou autres militants.

    J’ai trouvé d’autres gens avec qui vivre et porter des choses ensemble. Peut-être qu’ils n’étaient pas aussi « impliqués politiquement » ou aussi radicaux que les anarchistes, mais nous avons vécu joyeusement et grâce à elles et eux, j’ai commencé à sentir que Bruxelles était aussi « ma » ville. Nous avons parfois rejoints des dynamiques qui se voulaient plus larges, où j’ai croisé plusieurs fois des anarchistes, et systématiquement, illes ont soit refusé de rejoindre ces groupes plus larges, soit, et c’était pire, ont passé un temps fou à exiger de tous les gens présents qu’illes s’engagent sur les mêmes principes qu’elles et eux. J’ai vu des des moments où des dizaines de personnes très différentes se retrouvaient avec une envie commune de créer quelque chose et j’ai vu ces moments purement et simplement sabotés par trois anarchistes qui monopolisaient la moitié du temps de parole pour imposer leur manière de voir et de faire (sous prétexte d’être sûr avant de s’engager). J’en suis arrivé à me dire que la manière dont l’anarchisme est porté à Bruxelles est néfaste. C’est triste d’en arriver là, quand on voit les idéaux de liberté et de fraternité que peut porter l’anarchisme.

    Tout comme c’est triste de comprendre en lisant ton texte que même à l’intérieur de ce milieu prédomine une course à l’apparence et une forme de compétition. Si ce n’était pas aussi tragique on pourrait franchement rire de cette ironie.

    Mais bref, vu l’état du milieu politique à Bruxelles, les divisions entre groupes et l’absence de transmission entre générations, j’espère que ton texte amènera des gens à réfléchir, à changer peut-être, que des lignes pourront bouger.

    Bon courage à toi.

  • 21 septembre 01:46, par ***

    Merci pour ce texte, qui tout en dressant un constat sombre sur son entourage, ne tombe pas dans le ressentiment. Ca aurait été le comble de critiquer le ressentiment permanent, la rancoeur et le bitching qui rôdent et se répandent dans "notre milieu" (comme ailleurs), mais ça n’aurait pas été surprenant. La plupart des textes qui s’y collent tombent généralement dans ce piège et se placent presque systématiquement en "je suis franchement mille fois mieux que vous tou-te-s bande de gros nazes". Alors bravo, et merci, et je partage beaucoup de ce que tu dis ici, même si perso je ne lâche pas le truc je suis toujours là-dedans. Mais c’est vrai que parfois c’est dur, qu’on reçoit des coups bas de tous les côtés, et que les coups de poignard dans le dos qu’on reçoit de "nos ami-e-s politiques" font beaucoup plus de mal qu’un tabassage en règle par une bande de flics dans le couloir sombre d’un comico. Parce que les flics, on n’en attend rien d’autre. Ils peuvent nous défoncer, ça ne changera rien à qui l’on est. Mais quand c’est des proches qui font des crasses inattendues, ça fait vraiment mal.

    Le seul point positif, c’est que ça fait tomber des illusions.

    S’afficher avec des étiquettes politiques radicales, quel que soit le degré de sincérité, ne suffit pas à faire des nous de bonnes personnes. D’autant que la définition de "bonnes personnes", qui la détient ? Disons plutôt que les ostracismes plus ou moins involontaires, les effets de bandes, les rapports de pouvoir au sein de groupes de potes politiques, les coups bas, les trahisons, les calomnies, les mensonges, les petites manipulations, tout ça est finalement monnaie courante chez un petit paquet de gens dans ce milieu. Et ça fait bizarre au final de se dire que c’était évident qu’il suffit pas de se dire anarchiste ou je ne sais quoi pour agir de manière réellement plus "éthique" que n’importe qui ailleurs. Les leaders-penseurs anarchistes individualistes ont leur propre lot de construction sociale aussi, c’est même possible que certains d’entre eux soient encore plus atteints que la moyenne... La vanité ne touche pas que le haut du panier de l’État et du capitalisme. Loin de là.

  • 22 septembre 18:42, par cassos de france

    Merci harakiri pour ce chouette texte qui je pense résume un ressenti que je sais partagé par pas mal de camarades.

    Juste un truc qui m’a chiffonné (mais pas tant que ça non plus) :
    "les gens qui pensent ça n’ont aucune idée de la position privilégiée qu’ielles occupent dans la société et qui leur a permis de devenir « des gens politisés »."

    Plus qu’une éventuelle "position privilégiée" je pense que c’est surtout une question d’opportunités (milieux familial, rencontres, tomber sur un bouquin par hasard, etc.) et s’en saisir ; en fait c’est peut être comme ça qu’il faut comprendre cette phrase, mais ça fait aussi un peu penser à "position sociale privilégiée’, alors que perso dans mon entourage militant on vient tous de milieux très "populaires" et on a juste eu la chance de pouvoir se saisir des perches que l’on a trouvé sur notre chemin pour s’extraire de la médiocrité voir la misère mentale à laquelle on était destiné ; c’est un peu ce qui est dit au début du texte : "j’ai rencontré des gens qui pensaient comme moi, ça m’a sauvé la vie."

    Tout ça pour dire que je trouve important de pouvoir servir de "perche" pour d’autres, à travers nos rencontres, nos activités, nos textes...
    Se faire la courte échelle plutôt que d’étaler son mépris et la condescendance quoi. De fait nous vivons dans une société dont l’organisation fait de chacun de nous une nuisance en puissance pour les autres (c’est le principe même de la compétition capitaliste) et il faut parfois (souvent) prendre sur soi pour faire en sorte de ne pas l’être, quitte à s’isoler parfois pour souffler.

    Et puis aussi peut-être arrêter de considérer que l’enjeux ce serait les milieux militants comme le font certains mais bien le monde entier...

    "Nostra patria è il mondo intero
    e nostra legge è la libertà
    ed un pensiero
    ribelle in cor ci sta"

    https://www.youtube.com/watch?v=8XtS59nwqzg

    Malgré l’adversité et le climat pourri, ne lâchons pas la lutte !

  • 26 septembre 07:36, par rodolphe

    osons la réappropriation de l’amour ...la formation des nouveaux et surtout cultivons la bienveillance.merci voisin

  • 27 septembre 16:37, par 4000

    Salut,

    Merci aussi pour ce texte. On peut en discuter en affinités, mais ça fait toujours du bien de l’entendre/le lire ailleurs !

    "On n’est plus que des boules de mépris.", tu trouves mieux les mots que moi.

    Je partage deux réflexions pour ce que ça vaut.

    La manière dont la ville est construite joue en effet beaucoup, et ça doit pas être facile du tout à Bruxelles (encore moins à Paris). Je suis d’une ville plus petite et ce problème se pose en partie autrement, plus facile.

    La bienveillance n’est pas un concept qui me parle, peut-être parce que trop utilisé pour neutraliser les conflits ou par les adeptes du "grand tout" ;). Ton témoignage ne va pas dans ce sens-là et c’est chouette. Des ruptures doivent avoir lieu et les oppositions doivent être claires, mais à moins qu’il ne s’agisse d’ennemiEs (et alors il faut le formuler et.. l’assumer) il n’y a pas de raison à mettre de l’énergie dans la destruction des autres initiatives - si ce n’est les raisons que tu as données, très tristes et très éloignées de principes anarchistes. Moi un des seuls trucs qui m’a permis de continuer à me sentir bien dans le "milieu" c’est ce besoin incontrôlable de ne pas surjuger les personnes qui ne font que commencer à le rencontrer et leur faire sentir qu’elles y ont a priori leur place. Oublier qu’on n’a pas toujours été aussi "pur" qu’aujourd’hui (ou que demain) est facile, s’en rappeler est agréable.

  • 8 octobre 14:49, par tmpli

    Texte repris en brochure, trouvable sur infokiosques.net.

  • 23 octobre 12:25, par extremenos

    Tout à fait d’accord avec les observations émises dans ce courier, la joie à dispâru chez les anarchistes, l’esprit de camaraderie, l’humilité, le respect s’efface parce que d’aucun veulent jouer aux responsable déontologique, devenant là pire que les bolchéviques

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