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Fascisme noir
posté le 01/12/18 Mots-clés  antifa  Peuples indigènes 

Paul Gilroy : Black Fascism (Fascisme noir)

En 1938, C.L.R. James écrivait : « Tout ce en quoi Hitler devait exceller ultérieurement, Marcus Garvey le pratiquait déjà au début des années 1920. Il organisait des bataillons de choc qui défilaient en uniforme et faisaient régner l’ordre dans ses meetings, auxquels ils donnaient une tonalité particulière ». Plus tard, James abandonna cette analyse d’avant-guerre, mais son propos n’en évoque pas moins les controverses suscitées à l’époque par le mouvement de Garvey, l’Universal Negro Improvement Association (UNIA). Est-ce que son idéologie en matière de conscience raciale oriente Garvey vers le fascisme ? Ou bien la sympathie qu’il exprimait en faveur des dictateurs européens se fondait-elle sur leurs réalisations pratiques, à l’instar de son enthousiasme pour Napoléon ? Enfin, le leadership militariste de Garvey s’apparentait-il aux techniques des dirigeants fascistes développées en Italie et en Allemagne ?

Il n’est pas dans mon intention d’amoindrir les réalisations extraordinaires de l’UNIA, ni d’ignorer le racisme bien réel des fascistes européens à l’égard des noirs. Je considère néanmoins qu’il existe des affinités entre Garvey et les fascistes et que celles-ci découlent d’un style politique commun. En fait, Garvey lui-même aurait pu souscrire à cette analyse. ... http://mondialisme.org/IMG/pdf/gilroy_fascisme_noir_definitf.pdf


posté le 1er décembre 2018 Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • Monsieur Coleman prépare ses étoiles jaunes pour l’UJFP
    Citations de notre implacable censeur : "Rappelons que l’Union juive française pour la paix n’organise pas seulement des Juifs, comme le précisent d’ailleurs ses statuts. Il aurait été cependant plus honnête de choisir, par exemple, une appellation comme l’Union française pour la paix en Palestine. Cette ambiguïté délibérée permet aux militants non juifs de l’UJFP de se faire passer (ce qui est très rémunérateur symboliquement) pour des descendants des victimes du judéocide ou, encore mieux, des militants du Bund assassinés par les nazis." [2].

    "... l’UJFP (...) prétend regrouper des juifs partisans de la paix

    (d’après son sigle) alors qu’une partie de ses membres ne sont ni Juifs ni juifs !" [30].

    "... l’UJFP, cette curieuse organisation qui se dit « juive » tout en n’expliquant pas vraiment en quoi elle tient à cette étiquette si infamante dans le camp « antisioniste »...." [26].

    C’est sûrement une coïncidence, mais cette exigence de pureté ethnique nous a déjà été adressée régulièrement par des sionistes. Monsieur Coleman semble très préoccupé par ce sujet et sait sûrement que nous ne sommes pas précisément des "haredim" (juifs ultra-orthodoxes). En tant que tout nouvel expert ès-"Halakha" (la Loi juive), a-t-il prévu des tests de sélection en manifestation pour trier les Juives et Juifs certifié-e-s par ses soins des "goyim" (non-juifs) infiltré-e-s parmi nous ?

    Quant à la notion d’"étiquette si infamante" d’une "organisation qui se dit « juive »", elle a un fumet, comment dire ? Pas précisément "philosémite", même au sens de "forme sournoise d’antisémitisme" [1]. Ces trois phrases mises bout à bout donnent la nausée.

    Est-ce que Monsieur Coleman a la moindre idée de l’abjection de ses propos, lancés à la face de militant-e-s de l’UJFP dont l’histoire familiale regorge de l’attention toute particulière que l’Europe chrétienne a réservée à leurs parents et ancêtres ? L’autodérision, l’humour noir et féroce dont certain-e-s d’entre nous sont heureusement doté-e-s nous procurent une catharsis permanente d’un passé trop lourd qui en a fait sombrer plus d’un-e parmi nous.

    Nous accusons donc réception de l’assurance complète de son absence de solidarité.

    Jean-Marc Capellero-Rabinovitz

    http://www.reperes-antiracistes.org/search/coleman/

  • 1er décembre 2018 23:58

    "Bannis sans sommation". A la France insoumise, les procédures d’exclusion sont aussi brutales que nébuleuses. C’est ce qu’ont pu constater les militants du groupe d’appui "JR Hébert", basé dans le 18e arrondissement de Paris. Comme le révolutionnaire "enragé" Jacques-René Hébert, auquel leur nom fait référence et qui fut guillotiné sur ordre de Robespierre en 1794, ces Insoumis déterminés ont vu le couperet leur tomber sur la tête : à la suite de l’organisation d’un débat sur le communautarisme, leur groupe a disparu de la plateforme numérique de la France insoumise. En d’autres termes, ils ne sont plus reconnus comme des militants par le mouvement dont ils continuent à se réclamer. Une exclusion qui pose question, alors que LFI paraît divisée en interne sur le sujet de la laïcité.

    Intimidations externes… et internes à LFI

    Tout part d’une affiche tonitruante, placardée dans le 18e par les militants du groupe "JR Hébert" début novembre. Celle-ci annonce l’organisation d’une "soirée-débat en musique sur le thème : entrisme islamiste dans le mouvement syndical", le 9 novembre dans un café de la rue de l’Olive. Gérald Briant, adjoint communiste à la mairie d’arrondissement, tombe sur la pancarte et la publie sur Twitter, assortie du commentaire : "Vu dans le 18e. Hallucinant."

    Le ménage a été fait. Bien. pic.twitter.com/7J9Vk0llVX
    — Gérald Briant (@gerald_briant) October 30, 2018

    La réunion fait beaucoup parler à gauche. Et le groupe "JR Hébert" indique à Marianne avoir reçu de nombreuses pressions en amont : "Notre première affiche a été arrachée et couverte par des pancartes de la Confédération nationale du travail (un syndicat anarchiste révolutionnaire, ndlr)", témoigne Youcef Hadbi, une des figures du groupe. Les militants décident alors de faire la publicité de l’événement sur le site de la France insoumise. Mais à la suite du tweet de Gérald Briant, les interpellations se multiplient. Elles viennent d’abord de l’extérieur : la Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI), une association concurrente du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et jugée plus radicale, passe des coups de fil décrits par Youcef Hadbi comme relevant "de l’intimidation". Fabien Marcot, militant de la gauche radicale actif dans le 18e, voit dans l’organisation de la soirée une "nouvelle preuve de la dangereuse dérive" de la France insoumise, et interpelle directement sur Twitter les Insoumis Eric Coquerel, Alexis Corbière, Manuel Bompard et Danièle Obono.

    À Paris, un "groupe d’action" de la @FranceInsoumise organise une soirée sur "l’entrisme islamique dans le mouvement syndical". Nouvelle preuve de la dangereuse dérive de ce mouvement. Une réaction @ericcoquerel @alexiscorbiere @mbompard @Deputee_Obono ? pic.twitter.com/YV5rodKx90
    — Fabien Marcot (@fabienmarcot) October 30, 2018

    Décidé à calmer le jeu mais déterminé à ne pas céder, le groupe se réunit et décide de "changer le nom de la réunion pour le rendre moins polémique" : "l’entrisme islamiste dans le milieu syndical" cède alors la place au "communautarisme en milieu syndical". Rien n’y fait : la remise en cause atteint désormais les cercles de la France insoumise. Sans explication, l’événement disparaît de la plateforme numérique. Les militants de "JR Hébert" reçoivent alors, par le biais d’intermédiaires, des "conseils" émanant du directeur des campagnes de LFI, Manuel Bompard, décrit comme le "patron" du mouvement : "Abandonnez la réunion et rentrez dans le rang". Une mise en garde vaine : les militants maintiennent la tenue de leur débat. La sanction est immédiate : le groupe "JR Hébert" est effacé des radars de LFI, sans explication. "Le ménage a été fait", se félicite Gérald Briant.

    Le ménage a été fait. Bien. pic.twitter.com/7J9Vk0llVX
    — Gérald Briant (@gerald_briant) October 30, 2018

    Le 18e gangrené par le communautarisme islamiste ?

    L’évolution du groupe, depuis sa fondation en même temps que la France insoumise en 2016 jusqu’à son exclusion de novembre, est emblématique des tiraillements que connaît le mouvement de Jean-Luc Mélenchon sur le sujet de la laïcité… dont pâtissent les défenseurs les plus acharnés. Les militants de "JR Hébert" sont de ceux-là : atypique, le groupe est "multiculturel, multinational, multiconfessionnel", se félicite l’un de ses tauliers, Dejan Kuzmanovic (le père de l’orateur national de LFI Djordje Kuzmanovic), immigré de Yougoslavie.

    Une bonne part de ses membres sont d’origine algérienne, à l’instar de Youcef Hadbi, et ont vécu la montée de l’islamisme lors des années de plomb en Algérie dans les années 1990. D’autres sont des vétérans de la gauche radicale. Tous, marqués par leurs diverses expériences, en ont tiré un farouche attachement à la "République laïque et sociale". Dejan Kuzmanovic résume : "Ce qui nous a réunis, c’est l’engagement pour lutter contre toute forme de communautarisme, et l’utilisation politique de la religion." Les militants de "JR Hébert" ne cessent de se réclamer du programme des Insoumis, l’Avenir en commun, et en particulier de son passage sur la laïcité, où figure la phrase "Combattre tous les communautarismes et l’usage politique des religions". Eux s’y emploient à leur manière, pour le moins énergique.

    "Le laxisme et l’abandon ont profité à la mouvance islamiste qui a pu travailler le quartier"

    Rencontrés par Marianne, les activistes s’alarment de l’implantation du "communautarisme islamiste" dans le 18e arrondissement de Paris. Ils nous décrivent un changement très rapide, apparu au grand jour après le printemps arabe, et engendré par l’installation dans le quartier de "drôles d’oiseaux prêcheurs" adeptes d’un islam radical, séparé du reste de la société. Les militants multiplient les anecdotes. Dejan Kuzmanovic évoque sa voisine de palier, qui "depuis son mariage avec un défenseur résolu de la cause salafiste n’a plus quitté son niqab noir" ; Youcef Hadbi raconte avoir vu des "barbus" s’arrêter en pleine rue pour sermonner deux jeunes Maghrébins qui prenaient une bière à la terrasse d’un café ; il témoigne également de l’infiltration d’un foyer malien "par des prêcheurs qui ont installé à l’intérieur une salle de prière, très vite devenue le rendez-vous de toute la proche banlieue venue écouter la bonne parole salafiste" ; on cite également le cas de Khamzat Azimov, jeune Français d’origine tchétchène ayant commis un attentat au couteau rue de l’Opéra en mai, et qui a effectué ses préparatifs dans un hôtel rue de Pajol, au cœur du 18e.

    Tous s’accordent sur les méthodes de cet "islam politique : encerclement et visibilité". Mouh Dehmous, originaire d’Algérie, témoigne : "Je vis ici depuis 1957. Quand l’islamisme s’est installé en Algérie, je l’ai également vu se déployer dans le 18e arrondissement, qui a servi de base de repli au mouvement. Les conditions d’accueil n’étant pas nécessairement celles qui permettent d’élever des enfants dans des bonnes conditions, le laxisme et l’abandon ont profité à la mouvance islamiste qui a pu travailler le quartier". Contacté, l’adjoint au maire PCF, Gérald Briant, défend lui une autre vision de son arrondissement : "Il faut être très vigilant sur le phénomène salafiste mais ne pas tomber dans le fantasme, juge l’élu. Moi j’ai besoin qu’on me présente des cas avérés ; or aucune information ne me remonte en ce sens, il n’y a pas eu à ma connaissance de gardes à vue, d’opérations de police ou de justice liées à l’islamisme dans le 18e. C’est un arrondissement à la fois très populaire et très riche, où énormément de nationalités ont l’habitude de vivre ensemble. Il ne faut pas avoir de naïveté mais ne pas non plus entretenir des choses qui n’existent pas".

    Bataille contre Danièle Obono

    Réel ou fantasmé, ce phénomène d’islamisation a profondément heurté les membres du groupe "JR Hébert", habitués à un arrondissement où "les populations vivaient ensemble de façon laïque, en ayant une religion mais en la pratiquant dans le cadre privé sans imposer leurs croyances aux autres". Il s’est greffé à un autre événement, beaucoup plus politique celui-là : le choix de la candidate aux législatives de la France insoumise dans le 18e arrondissement. En février 2017, alors que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon distribue ses investitures, la 17e circonscription de Paris (qui inclut le 18e arrondissement) est attribuée lors d’une assemblée générale à Danièle Obono… pourtant inconnue de deux des principaux groupes d’appui du coin, le groupe "Hébert" et "CAR 18".

    "Plein de gens qu’on n’avait jamais vus sont venus à l’AG et nous ont imposé Obono comme titulaire aux législatives. On savait qu’elle était imposée par les caciques d’Ensemble et du Parti de gauche, donc on avait dit OK pour sa candidature", relate, un peu dépité, Dejan Kuzmanovic. "Il fallait vite désigner la candidate pour passer aux présidentielles, on l’a donc choisie", abonde Youcef Hadbi. Dans une AG commune, les groupes "JR Hébert" et "CAR 18" dénoncent alors les "méthodes anti-démocratiques" du processus de désignation, mais indiquent qu’ils continueront à soutenir LFI. Danièle Obono remporte la circonscription le 18 juin avec près de 300 voix d’avance sur son adversaire macroniste. Le plus gros des membres du groupe Hébert fait défection pour en créer un nouveau, "JR Hébert", accusant certains militants issus du Parti de gauche d’avoir "phagocyté le groupe Hébert" dans l’intérêt de Danièle Obono.

    Après le scrutin législatif, la bataille s’ouvre franchement entre la députée Insoumise et les militants laïques de "JR Hébert". "On a compris après son élection qu’Obono avait publié des écrits avec le Parti des indigènes de la République (PIR), affirme Youcef Hadbi. L’amitié qu’elle a manifestée à Houria Bouteldja était un autre indice. Et quand on essayait d’organiser des choses sur la laïcité, elle nous mettait des entraves." Entre la militante politique issue du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et de l’extrême gauche décoloniale et les activistes attachés à une République laïque, un peu "bouffeurs de curés" (et d’imams !) sur les bords, le fossé politique est béant. Et l’hostilité ne tarde pas à s’installer. "Obono a fait de l’ostracisme avec nous, se plaint Hadbi. Elle sait qu’on n’est pas sur le même créneau politique du tout, qu’on la combat." Les communications sont coupées ; en mai dernier, "JR Hébert" écrit à la députée Obono pour lui proposer une rencontre avec l’association Brigade des mères, qui lutte contre la radicalisation religieuse dans les quartiers populaires. L’élue ne donne pas suite.

    Contactée, Danièle Obono nous répond qu’elle n’avait "pas de relation particulière" avec le groupe "JR Hébert", indiquant que ces militants n’avaient "plus rien fait" jusqu’à l’organisation de la réunion du 9 novembre. Il s’agissait pourtant du quatrième débat organisé par le groupe d’appui. Concernant la rencontre avec la Brigade des mères, la députée LFI indique n’y avoir "pas donné suite car après nous être renseignés sur l’association, nous avons eu des échos contradictoires" à son sujet. Concernant l’islamisation du 18e arrondissement, elle ne partage pas l’inquiétude de "JR Hébert" : "Je ne sais pas sur quoi se basent ces affirmations, répond-elle à Marianne. Ça ne correspond pas à ce que j’entends des très nombreux et nombreuses habitantes, des collectifs et associations que je rencontre depuis plus d’un an et qui sont avant tout préoccupés par des problèmes de cherté des logements, de fermetures de classes dans les écoles, de chômage, de lutte contre les trafics, de recul des services publics, etc". Enfin, concernant l’exclusion du groupe, tout en affirmant ne pas en avoir été informée, elle confie "respecter la décision prise" par la direction de la France insoumise. Sur la laïcité, la députée de Paris euphémise : "La lecture du groupe ’JR Hébert’ n’est ni la mienne ni celle du mouvement".

    Ce conflit politique interne à la France insoumise, couplé à la progression de l’islamisme dans les quartiers populaires, a poussé les militants du groupe laïque à agir… d’autant qu’en parallèle, plusieurs membres affirment avoir reçu plusieurs témoignages relatant l’entrisme d’islamistes dans divers syndicats. "Quand on a vu ça, on a décidé d’appuyer, et de dire les choses comme elles le sont sur la laïcité, livre Youcef Hadbi. C’est fini, débattre entre gens convaincus. Nous on veut avoir le courage de discuter en public de ces questions". D’où l’idée de cette soirée-débat polémique le 9 novembre, maintenue malgré le bannissement de "JR Hébert" de la France insoumise.

    Les accusations de racisme sont absurdes et sans fondement. Les groupuscules et personnes qui les ont formulées ignoraient manifestement tout du contenu de l’événement.

    élu municipal LFI présent au débat organisé par le groupe "JR Hébert".

    Le jour J, la trentaine de personnes venue au débat rue de l’Olive a eu droit à un comité spécial à l’entrée du café. Une dizaine de militants de gauche radicale, pour partie issus du collectif "Rosa Parks" (un groupe de la mouvance décoloniale se réclamant de l’antiracisme politique), a accueilli le groupe "JR Hébert" à coups de slogans hostiles : "A bas les fachos !", "A bas les racistes !", distribuant des tracts appelant à une manifestation initiée par le collectif Rosa Parks. Ce groupe, décrit par Youcef Hadbi comme une bande de "perturbateurs endoctrinés", était mené par le militant Fabien Marcot. Interrogé par Marianne, il livre sa version : considérant que le groupe "JR Hébert" se "focalise sur les questions de laïcité avec vraisemblablement une obsession pour l’islam", et que "l’entrisme islamiste dans les syndicats est réellement un non-sujet et une provocation de plus de la part de militants qui trouveraient sur ce thème plus de soutiens à droite ou à l’extrême qu’à gauche", l’activiste affirme avoir protesté contre la réunion afin de montrer aux "habitants qu’il y a plus de militants anti-racistes que de militants islamophobes dans ce quartier".

    Fabien Nony, un élu insoumis du 20e arrondissement, estime quant à lui qu’il s’agissait d’une "tentative d’intimidation" et que "les accusations de racisme ne manquent pas de sel quand on pense que beaucoup de membres du groupe ’JR Hébert’ sont originaires d’Afrique du Nord…". Il ajoute que les militants venus protester, constatant l’inefficacité de leur action, "ont rapidement plié bagage en ignorant les appels des organisateurs à venir dialoguer à l’intérieur". Fabien Marcot nie de son côté avoir été invité à participer à la réunion, mais précise : "Nous aurions évidemment refusé de donner du crédit, par notre participation, à ce débat nauséabond".

    La réunion n’avait pourtant rien d’un rassemblement cryptofasciste. Après une brève introduction du militant Claude Sauton fustigeant la tentation d’une partie de la gauche "de s’allier avec des officines de l’islam politique, du moins de les caresser dans le sens du poil pour renforcer leurs effectifs et leur poids politique", plusieurs interventions se sont succédé : un syndicaliste de la RATP, un ancien de Sud-Education 93, un ancien de la CGT et un professeur de lycée (passé par plusieurs syndicats) ont tous décrit la manière dont la mouvance communautariste cherchait à faire avancer ses revendications en utilisant les codes du syndicalisme traditionnel. Une offensive d’entrisme illustrée par l’organisation d’un stage en non-mixité raciale par Sud-Education 93. Les accusations de racisme ? L’élu Fabien Nony les juge "absurdes et sans fondement. Les groupuscules et personnes qui les ont formulées ignoraient manifestement tout du contenu de l’évènement".

    Fracture laïque chez les Insoumis

    Aussi injustifiées soient-elles, ces critiques ont en tout cas justifié l’excommunication de "JR Hébert" de la France insoumise. Aux yeux des militants pro-laïcité du groupe, elles illustrent une querelle politique fondamentale qui traverse le mouvement : la fracture entre des partisans d’une ligne républicaine, universaliste et intransigeante envers les revendications religieuses, et une autre gauche qui cèderait elle aux sirènes du communautarisme, allant même jusqu’à être influencée par les thèses du Parti des indigènes de la République (PIR). Alarmés par les signaux contradictoires envoyés par les cadres de LFI à ce sujet, les membres de "JR Hébert" dénoncent une faute morale doublée d’une erreur stratégique : "Mélenchon considère qu’il y a plus à gagner en fermant les yeux sur l’avènement de l’islamisme dans la phase de conquête du pouvoir, regrette Mouh Dehmous. Cela n’a pas de sens : tous les musulmans à qui je parle ne voteront pas Mélenchon s’il fait de l’indigénisme". Pour Dejan Kuzmanovic, "les musulmans normaux sont bien plus nombreux que les islamistes", et se détourneront de LFI si le mouvement se laisse aller à des ambiguïtés avec l’islam radical. Ces considérations, le groupe les développe dans un courrier de protestation contre l’exclusion du groupe envoyé à Manuel Bompard et Jean-Luc Mélenchon. Dans cette lettre, que nous avons pu consulter, il est notamment écrit : "(...) Nous ne comprenons pas la complaisance de la direction de la FI avec [des] groupes islamistes qui ne représentent pas la volonté et l’expression majoritaire des populations issues de l’immigration de ce pays".

    Les militants de "JR Hébert" n’ont reçu aucune réponse de la part de la direction de LFI à ce stade. Sollicité par Marianne, Manuel Bompard n’a pas donné suite. La disparition subite de ce groupe d’appui confirme en tout cas que la laïcité est source de fortes tensions en interne chez les insoumis. Djordje Kuzmanovic, orateur national de LFI et représentant convaincu de la ligne "républicaine", a été le seul cadre à s’exprimer publiquement sur le sujet. Dans un post Facebook, il a clamé son "appui total au groupe d’appui Hébert du 18e arrondissement de Paris", décrivant une "radiation injuste (...) sans aucune discussion. C’est en soi gravement problématique et révélateur des dérives autoritaires de certains". Kuzmanovic développe, décrivant une profonde cassure interne dans le mouvement de Jean-Luc Mélenchon : "Cela illustre la dérive idéologique de certains à la FI, incapables, de peur de froisser Mediapart et quelques gauchistes, de combattre cette forme spécifique de fascisme. Quel dommage !" Ce mardi 27 novembre, Djordje Kuzmanovic, déjà fragilisé, a justement été éjecté de la liste des européennes par le comité électoral de la France insoumise, avant d’annoncer dans une tribune à Marianne qu’il quittait LFI. Pas de quoi rassurer les laïques du groupe "JR Hébert".

  • les racialistes et trolls nationalistes et religieux N’ont RIEN à foutre sur indymedia

  • Depuis plus d’un an une campagne politique acharnée et réactionnaire est menée par les « anti-racialisateurs ». Diffusion de textes, brochures, émission de radio, collage, perturbations.
    Ielles ont la prétention (et le culot) de se présenter en fins connaisseurs des mouvements politiques qui luttent contre le racisme et comme si ces questions politiques leurs tenaient vraiment à cœur.

    S’autoproclamant comme les vrais révolutionnaires et les vrais anti-racistes, ielles sont parties en croisade pour défendre la pureté de l’idée révolutionnaire contre l’ « idéologie racialiste » (qu’ielles ont inventé de toute pièce), qui serait en train de s’infiltrer dans « les organisations et milieux politiques qui vont de l’extrême gauche jusqu’aux libertaires ».

    Cette prétendue « idéologie » n’apporterait que du confusionnisme et serait le symptôme de la perte de perspectives révolutionnaires. Elle ferait infiltrer dans ces milieux des idées racistes (camouflées en progressistes), à travers l’utilisation de mots et catégories qui viennent du pouvoir (« race ») ou de leurs dérivés (comme « racisé-e », etc), et qu’on devrait donc rejeter en bloc si on est des vrais.

    Ielles essaient de nous faire croire que toutes les personnes qui utilisent ces mots sont pareilles et défendent le même discours. Elles sont toutes racistes. Des ennemies à combattre et à éliminer des milieux qui se veulent révolutionnaires.
    Mais tout n’est pas perdu, vu qu’ielles sont arrivées pour sauver et pour défendre ces milieux !

    Alors vite, il faut faire comprendre à tout le monde qu’à cet endroit-là se situerait le point de rupture, autour duquel il y a urgence à se positionner, pour se donner la possibilité de rouvrir des vraies perspectives révolutionnaires.

    Sans blague ?! Merci de nous protéger de ce grand danger, tout en essayant de nous apprendre la vie et la révolution. Bien essayé, mais raté.

    S’ielles connaissaient vraiment les mouvements anti-racistes et décoloniaux et s’ielles s’intéressaient vraiment aux différents systèmes d’oppression, ielles sauraient sans doute que des débats et des questionnements existent déjà autour de l’utilisation de mots créés par le pouvoir pour parler du racisme structurel et pour analyser l’oppression qui va avec. Ielles sauraient aussi que des débats existent depuis des années dans certains milieux féministes sur l’équilibre à trouver entre la volonté de mettre fin aux oppressions et la volonté de nommer et d’analyser ces mêmes oppressions ; sur comment dépasser les catégories créés par le pouvoir (qui participent à entretenir les oppressions), tout en prenant en compte le fait que ces mêmes catégories permettent aussi de nommer et d’analyser ces oppressions. Parce que ça ne suffit pas de ne plus en vouloir et de ne plus les utiliser pour que ça fasse disparaître les effets et les conséquences concrètes qu’elles produisent dans la réalité.
    Alors pas la peine de faire les messies qui apporteraient la bonne parole pour éclairer les pensées.

    Personne vous a attendu-es pour réfléchir à ces questions. Et surtout, personne n’a besoin de votre avis ni de votre validation.
    Ceci dit, je crois qu’il y a une différence fondamentale entre complexifier ou critiquer certaines applications des grilles d’analyse des oppressions et dominations, tout en voyant et en comprenant l’importance et la valeur de leurs apports, et le faire, à l’inverse, avec l’objectif de s’attaquer à ces grilles d’analyse dans leur totalité, pour les rejeter en bloc. Et c’est justement là qui se trouve le cœur du problème.

    En effet, le problème politique le plus important par rapport aux « anti-racialisateurs » n’est pas leur ignorance autour de toutes ces questions, mais leurs intentions politiques.
    C’est certes très désagréable et malvenu quand, en connaissant très mal ce dont elles parlent, ces personnes se sentent légitime non seulement de pondre des pages et de pages, faire des émissions de radio, des affiches, ect. Et, en plus, de le faire d’une manière super arrogante et méprisante.

    Mais, qui plus est, ielles vont jusqu’à traiter de « racistes » toutes les personnes qui, pour lutter contre le racisme structurel, essaient d’analyser et de critiquer la « race » comme une construction sociale utilisée pour hiérarchiser les individues sur la base de marqueurs physiques/biologiques et/ou ethno-culturels.

    À grands coups d’amalgames absurdes, de déformations des discours des autres, de raccourcis réducteurs, les « anti-racialisateurs » mettent dans le même sac toutes les personnes qui utilisent le mot « race ». De l’extrême droite au PIR, de la gauche anti-raciste aux mouvements dé-coloniaux, c’est toutes les mêmes. Aucune différence dans les idées, les analyses, les discours portés, les perspectives. Face à autant de confusionnisme, de manipulations et de mauvaise fois, on ne peut pas ne pas comprendre que leurs intérêts et intentions politiques sont toutes autres que celles qu’ielles affichent.

    Il ne faut pas être dupes. Leurs crachats confusionnistes ne visent pas à s’attaquer au racisme, qu’ielles n’utilisent, en bon politicien, que pour redorer leur pilule. Ielles sont, en réalité, en train de s’attaquer à certaines visions politiques auxquelles ielles font parfois allusion mais qu’ielles ne nomment jamais explicitement.

    Ce que les « anti-racialisateurs » sont en train de faire, c’est s’attaquer aux visions et analyses politiques qui, depuis des décennies, essaient de politiser toutes les sphères de la vie et du quotidien pour montrer que les rapports d’oppression et de domination ne se réduisent pas au seul champ économique, ni sont seulement véhiculés par l’État. Ielles sont en train de s’attaquer aux analyses qui considèrent ces rapports d’oppression et de domination comme quelque chose qui traverse tout le monde, que certaines personnes subissent en même temps que d’autre en bénéficient.

    Par la même occasion, ils s’attaquent donc aussi aux implications politiques de ces analyses : comme le fait que les « ennemis » ne sont pas seulement les bourgeois, ni seulement « les autres », les caricatures du raciste ou du macho ; comme le fait que les milieux soi-disant révolutionnaires ne sont pas en dehors de la société mais qu’ils sont aussi traversés par tout ça ; comme l’idée que c’est aux opprimé-es, en tant que groupe social, de définir l’oppression qu’ielles subissent (et donc aussi décider de comment en parler) ; comme le fait que la non-mixité soit pensée comme un outil politique d’émancipation (sans oublier que ça relève tout simplement d’une logique autoritaire de se permettre de dire à d’autres comment ielles devraient s’organiser pour lutter).

    Ces analyses sont des apports des luttes de libération et d’émancipation menées par des opprimé-es, qui ont dû se battre depuis des décennies (et ça continue encore) au sein des milieux révolutionnaires pour que leurs réalités et leurs vécus d’oppressions soient pris en compte comme quelque chose qui existe, qui est politique et qui a autant d’importance que les effets du capitalisme et de l’État. Comme une condition pour pouvoir exister entièrement dans ces mouvements révolutionnaires.
    Ces luttes ont permis de prendre conscience et de mettre en lumière l’existence de ces oppressions, c’est à dire de voir l’oppression là où on ne la voyait pas avant, parce qu’on considérait l’état des choses comme normale, comme relevant de l’ordre naturel.

    L’offensive des « anti-racialisateurs » n’est dans le fond rien de nouveau ni de très original, vu qu’elle n’est rien d’autre qu’un mouvement de « réaction », dans le sens de conservateur et réactionnaire, à l’émergence, à l’existence et au renforcement de ces visions politiques et de leurs implications. Pour ne pas devoir voir ni prendre ses responsabilités dans ces autres systèmes de dominations. Ou, pour certain-es, pour pouvoir continuer à bénéficier de ses privilèges sans avoir à se remettre en question et sans qu’on les fasse chier.

    Alors non, ce qui est en train de se jouer n’est pas un débat, tout comme ce n’est pas une guerre de chapelle ou une bataille pour l’hégémonie. C’est insultant de voir les choses de cette manière.
    Parce que vouloir nier ces oppressions, leurs effets et leurs implications, ou remettre à nouveau en question leur portée politique, n’est pas juste une opinion, mais participe pleinement de l’oppression elle-même.

    C’est pour tout cela que je considère qu’il faut réagir à leur offensive et ne pas laisser de place aux idées réactionnaires qu’ielles essaient de diffuser.
    Depuis quand, pour les révolutionnaires, tout serait discutable et entendable ?
    Non, la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords n’était pas un débat, mais la dernière étape de leur campagne politique nauséabonde.
    Face à ces crachats insultants et méprisants qui véhiculent des idées à vomir et qui puent le moisi, ça me paraît donc tout à fait compréhensible et souhaitable que des gentes décident de ne pas laisser passer cet énième affront.

    C’est pour tout cela que je comprends très bien la colère des personnes racisé-es qui sont venues à Mille Bâbords pour empêcher que la soirée ait lieu. Comme celle des autres personnes (dont je fais partie) venues pour s’opposer à ce pseudo-débat ou qui essaient de différentes manières de leur barrer le chemin.

    C’est pour tout cela que je ne soutiendrai jamais les lieux et les espaces, physiques ou virtuels, qui permettent une existence et une visibilité à ces discours gerbants.
    Parce qu’en faisant cela, ielles cautionnent ces discours. Parce qu’en faisant cela, ielles deviennent une partie du problème et non de la solution.

    Plutôt que de jouer les victimes de violences incompréhensibles et de vous étonner naïvement que des conséquences vous tombent dessus, plutôt que jouer les défenseurs de la liberté d’expression et du débat démocratique et vous poser au dessus de tout le monde, plutôt que de vous cacher derrière vos chartes remplies de mots que vous videz de leur sens et de leur profondeur politique, prenez vos responsabilités et assumez les conséquences de vos choix.

    Plutôt que de pointer la violence visible des personnes qui ripostent à une oppression, regardez déjà la violence « invisible » que vous véhiculez et dont vous ne vous rendez même pas compte tellement elle fait partie de la normalité.

    Ce n’est pas possible de limiter les analyses de la conflictualité politique et de la violence au seul champ économique. Ni de les arrêter devant votre porte.

    On ne vous laissera pas nous renvoyer dans le placard ou parmi les oublié-es de la révolution !

    une personne blanche – novembre 2016

    ps : Je ne me suis pas attardé dans ce texte sur les faits qui se sont déroulés dans la soirée du 28 octobre à Mille Bâbords. Le communiqué concernant l’action menée contre la discussion prévue ce soir-là décrit déjà assez bien ce qu’il s’y est passé, contrairement aux autres textes remplis de victimisme, de mensonges et de mauvaise fois.

    > Modération

    Comment Publié : le vendredi 25 novembre 2016 à 22:50 par modo

    Article validé et commentaires cachés à priori pour éviter le trollage. Des commentaires (et donc leurs réponses) ont été cachés également pour le motif suivant :

    Les articles qui accusent de « racialistes » les personnes qui s’organisent en non-mixité/construisent collectivement des luttes autour de l’analyse de la société hiérarchisée en terme de race n’ont rien à faire sur indymedia nantes. Le site permet la publication d’articles venant de personnes et de groupes qui choisissent la non-mixité comme moyen d’auto-organisation, et c’est certainement pas aux personnes non concernées de venir publier des articles pour dire a quel point c’est contre-révolutionnaire. Une identité de lutte n’a rien a voir avec un mouvement identitaire.

    Pour rappel le racialisme c’est un mouvement scientifique du 19ème et qui a créé des catégories sociales, raciales, de genre... et qui justifiait les systèmes d’oppression, la colonisation, l’exploitation de races, de classes, des femmes,... On notera aussi que ces racialistes – en plus de n’’être que des blancs –, disposaient de canaux de communications larges et de positions de pouvoir comme par exemple être au gouvernement, dans les médias et facs réputées etc.

    https://nantes.indymedia.org/articles/36245

  • 2 décembre 2018 12:50

    Flower Bomb
    En fait, toutes les personnes « noires » n’ont pas de problème avec les dreadlocks de « blanc »
    Un petit journal sur le chaos et le nihilisme de race

    https://fr.theanarchistlibrary.org/library/flower-bomb-en-fait-toutes-les-personnes-noires-n-ont-pas-de-probleme-avec-les-dreadlocks-de-bl

  • Prendre un exemple caricatural et anecdotique comme les dreadlocks, et ne pas même mentionner le suprémacisme blanc, qui est le vrai problème, c’est être complice des racistes.

    https://paris-luttes.info/a-nos-ami-e-s-blanc-hes-10048

    […]

    "Nous nous faisons les allié·es du racisme d’État et d’une hiérarchisation des luttes lorsque nous favorisons systématiquement les mobilisations blanches ou parisiano-centrées, quand nous préférons les manifs des cheminot·es ou les 11h Nation aux rendez-vous antiracistes. Le 13 avril, les militant·es et collectifs autonomes ont préféré appeler à la manifestation cheminote en désertant le rassemblement devant la préfecture de Bobigny qui devait permettre à 150 exilé·es de construire un rapport de force pour l’obtention de papiers, favorisant une fois de plus le grand frisson du cortège de tête au rôle de personnes solidaires de second plan.

    Nous nous faisons les allié·es de l’exotisation des luttes antiracistes lorsque nous nous déplaçons en banlieue uniquement pour des mobilisations contre les violences policières : là encore, il s’agit de rassemblement dans lesquels nous attendons l’étincelle et l’émeute et fantasmons un sujet révolutionnaire qui serait le jeune racisé de banlieue. Nous exotisons les luttes antiracistes quand nous nous rendons aux manifestations pour Théo et pas à celle des exilé·es et des collectifs de sans papiers, car ce qui nous intéresse au final c’est le fantasme d’une haine partagée de la police, et que nous ne nous investissons pas dans la charge politique difficile et longue des luttes antiracistes autres.

    Nous nous faisons les allié·es du racisme d’État quand nous parlons d’expulsion de la ZAD et des universités, et jamais des expulsions des exilé·es ; quand nous parlons des militant·es incarcéré·es, et pas des Centres de Rétention Administrative ou des milliers de personnes non-blanches de nationalité française qui représentent la majorité de la population carcérale ; quand nos tracts actuels parlent de convergence des luttes avec les cheminot·es ou les postier·es sans évoquer la lutte contre la loi Asile et Immigration. Quand quelqu’un s’exclame, à Tolbiac, que la mort d’Adama Traoré « n’est pas une question raciale mais une question sociale », il ne fait pas que révéler son ignorance de l’existence du racisme d’État : il étouffe (même inconsciemment) toute revendication antiraciste pour lui imposer son analyse de classe qu’il considère comme absolue." […]

  • 2 décembre 2018 15:30

    15:01 écrit : "Prendre un exemple caricatural et anecdotique comme les dreadlocks, et ne pas même mentionner le suprémacisme blanc, qui est le vrai problème, c’est être complice des racistes."

    Que dit le texte de Flower Bomb ?

    "La « suprématie blanche », la « suprématie masculine » et cette société capitaliste dans son ensemble doivent être détruites."

    "Est-ce que le fait de connaître mes origines africaines me sauvera des attaques des milices « suprématistes blanches » armées ?"

    "La « suprématie blanche » et le nationalisme sont largement dénoncés et attaqués, mais depuis quand la « suprématie noire » et le nationalisme sont-ils acceptables ? Comprenez-moi bien, la « suprématie noire » et le « black power » ne sont pas soutenus par l’Etat, et ont émergé comme réponse légitime au pouvoir et au suprématisme blanc."

    "Vas-tu patrouiller autour des frontières de l’identité et me réduire à une simple « voix marginalisée » incapable de prendre la place contre le suprématisme blanc ?"
    https://fr.theanarchistlibrary.org/library/flower-bomb-en-fait-toutes-les-personnes-noires-n-ont-pas-de-probleme-avec-les-dreadlocks-de-bl

    Tout le monde aura compris que 15:01 est un menteur.

  • C’est du racisme, imbécile, sors toi la tête du cul !

    [Lorenzo Kom’boa Ervin est un ancien membre du Black Panther Party (BPP). Dès 12 ans, il milite au sein de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), puis devient activiste contre la guerre au Vietnam avant de rejoindre le BPP à la fin des années 1960. En 1969, il fait partie des Panthers qui détournent un avion pour Cuba afin de fuir une condamnation aux États-Unis, accusé du meurtre d’un dirigeant du Ku Klux Klan. Après un exil à Cuba et en Tchécoslovaquie, il est rattrapé par les autorités états-uniennes et passera près de 15 ans en prison. Militant de l’autonomie noire, il a notamment écrit Anarchism and the Black Revolution.]

    Réagissant à l’une de mes chroniques portant sur le contrôle au faciès et la police du Michigan, un blanc « radical » me reprocha de parler de cette forme de harcèlement policier comme d’un délit de « conduite en état d’être noir », étant donné que lui, un blanc, avait déjà été arrêté à cause de ses « cheveux longs ». Il en vint aussi à me dire qu’il faudrait que je me recentre sur les « questions de classe » plutôt que sur les « simples enjeux liés à la race ». Étant donné que je ne voulais pas lui répondre par une lettre personnelle, et que je n’avais franchement aucune envie d’entamer une fois encore une discussion avec un radical blanc de classe moyenne arrogant, je décidai de le faire dans ma chronique.

    Je pense que beaucoup de blancs ne comprennent tout simplement pas à quel point cette question est importante, de la même façon qu’ils ne comprennent pas l’impact réel qu’a le racisme sur la vie des Noirs dans leur relation avec les autorités et l’État. Des Noirs ont été abattus à cause du profilage racial et d’autres formes de harcèlement raciste. Ils sont emprisonnés en grand nombre à cause de conditions de vie médiocres et du manque d’emploi dans ce pays. Des nourrissons noirs sont frappés par la mortalité infantile dans des proportions semblables à celles du tiers-monde faute d’une alimentation appropriée. De plus, les Noirs sont obligés de vivre dans des ghettos raciaux et économiques dans lesquels beaucoup meurent de maladies curables ou en souffrent pendant des années. Leurs communautés sont appauvries et sous-développées à cause du refus délibéré du gouvernement de financer les programmes de développement local [community development]. En d’autres termes il s’agit d’un peuple opprimé et non de simples individus harcelés pour leur façon de s’habiller, de marcher ou de se tenir, même s’il ne fait aucun doute que cela peut avoir un rôle dans des cas particuliers.

    Mais le racisme et les violences policières vont au-delà de l’apparence extérieure des Noirs. Le fait que ce soit le gouvernement lui-même qui protège ces policiers racistes, même quand ils commettent les plus horrifiants des meurtres, devrait nous faire comprendre à tous cela, ainsi que le fait que ce soit un nombre disproportionné de Noirs qui sont tués et pas des blancs portant la barbe, une queue de cheval ou vêtus de tee-shirts bariolés. Ce n’est tout simplement pas la même chose mon ami ! Nous ne sommes pas en train de parler des préjugés personnels d’un stupide blanc qui « n’aime » pas les Noirs, mais d’un racisme d’État structurel, d’une oppression nationale comme certains sociologues l’appellent, ou encore d’un « colonialisme intérieur ». Et le policier lui-même n’agit pas comme un individu mais bien plus comme un agent de l’État, « un tueur à gages ». Aujourd’hui, tout le monde prétend comprendre cela intellectuellement, mais les Noirs subissent la violence dans le monde réel, pas en théorie.

    Dans toute discussion sur les questions de classe aux États-Unis, l’analyse de la suprématie blanche et celle des inégalités économiques doivent aller de pair. La plupart des radicaux blancs veulent soigneusement classer les questions de race dans une catégorie à part, puis les questions de classe dans une autre catégorie. Nous appellerons cela du « radicalisme vulgaire », car il est totalement déconnecté d’une quelconque compréhension sociale ou politique du problème. La classe ouvrière états-unienne n’a jamais été monolithique. Il y a toujours eu un double niveau économique : des travailleurs opprimés, pauvres et de couleur en bas, et des blancs mieux payés et mieux traités en haut, profitant de la misère des premiers. Et je ne parle pas seulement des patrons, comme tant de soi-disant « radicaux » aiment à le dire quand ils invoquent le mythe d’une prétendue « aristocratie du travail ».

    Dans un pays dont l’histoire est faite de génocide racial, d’esclavage racial et d’autres formes d’oppression raciale, c’est du chauvinisme et de l’opportunisme politique de la pire espèce que de demander aux gens de couleur de suivre aveuglement quelques mouvements sociaux ou politiques dominés par des blancs pour se libérer. Ceci a été un problème depuis des décennies pour les syndicalistes, les socialistes, les anarchistes et autres mouvements radicaux. Ils ont une compréhension blanche, de classe moyenne, de cette oppression de race et de classe qu’ils réduisent à de simples préjugés. Pour eux, le problème consiste à montrer « à ces Noirs » qu’ils n’ont qu’à « nous suivre ». La figure du « héros blanc de la classe ouvrière » est une idée véritablement dangereuse, déconnectée de la réalité et glissant elle-même vers le racisme.

    En considérant l’épidémie de crimes policiers, et le fait que le système carcéral est désormais utilisé pour enfermer massivement les Noirs et les non-blancs pauvres, refuser d’admettre que cela se produit à cause de l’héritage raciste des États-Unis et parce que ce système capitaliste politique et économique est sur le déclin est une trahison et une fuite face à la réalité. Il est amusant de constater à quel point, aux États-Unis, la plupart des blancs ont une conscience amenuisée quand il s’agit de racisme. Ils le voient comme un complément de quelque chose d’autre, qu’il s’agisse d’une théorie économique ou d’un dogme religieux. La question des rapports de pouvoir interne (dont le racisme fait partie) sont uniquement focalisés sur un groupe de maîtres de l’économie à Wall Street ou de grands industriels par lesquels nous sommes tous exploités de la même façon. Encore une fois, aucune analyse économique ne saurait être basée sur la seule expérience blanche et européenne, pas plus que sur celle des États-Unis d’Amérique en tant qu’État-nation. Pour moi, ça explique en partie pourquoi et comment ils se trompent toujours... en se servant d’une analyse mécanique pour tout expliquer. Ça ne prend pas avec moi, les policiers n’arrêtent pas les voitures des Noirs tout simplement parce qu’ils oppressent « tout le monde de la même façon ».

    https://iaata.info/C-est-du-racisme-imbecile-248

  • 2 décembre 2018 20:56

    "le vrai problème" + "complice" = troll ou taré-e de la hiérarchisation autoritaires DES lutteS

  • les racialistes et trolls nationalistes et religieux N’ont RIEN à foutre sur indymedia

  • Nous ne souhaitons pas nous adresser aux « antiracialisateurs ». Nous nous adressons plutôt ici à toutes les personnes qui ont participé à la diffusion de leurs idées, et à celles qui n’ont pas été choquées par leurs publications sur des sites d’info et d’organisation politique. Nous ne pouvons que constater que ces personnes sont à notre connaissance toutes blanches et que cela n’est pas anodin, même si, bien sûr, loin de nous l’idée de déduire leur position de leur couleur de peau.

    L’arrogance avec laquelle la « polémique » a été écrite, dite, publiée est impressionnante : sans prendre le temps de se taire, d’essayer de comprendre, d’écouter ce que les personnes concernées ont à dire de l’oppression qu’elles vivent.

    Il nous semblait nécessaire, en tant que blanches, féministes et dans une perspective révolutionnaire, de nous désolidariser de ce milieu politique qui n’a pas su intégrer dans ses luttes les analyses post-coloniales (et parfois aussi féministes). D’expliquer, une fois de plus, que ces « antiracialisateurs » et ceux qui diffusent leurs idées ne peuvent pas être nos camarades.

    Le contenu de ce texte est sans prétention, il redit de manière succincte des choses beaucoup mieux développées par des personnes directement concernées par le racisme et qui ont passé beaucoup plus de temps à analyser cette domination, à lutter contre.

    DE L’USAGE DU TERME « RACE » ET DE PRIVILÈGE

    Il semblerait que le refus systématique d’utiliser les termes de race/ racisé.es soit dû à un malentendu tenace, à un manque de curiosité intellectuelle, ou bien encore à une mauvaise foi impressionnante et exaspérante. On a lu quelque part que les personnes racisées se racisent ELLES-MÊMES. Ouaaaah !

    Alors récapitulons :

    La racisation est un processus que des personnes subissent. C’est le processus par lequel elles se voient attribuer une supposée race en fonction de certains critères physiques et/ou culturels. Dire que les personnes se racisent elles- même est le comble du contre-sens !

    Ce processus de racisation est un pivot important dans un système raciste, et nous vient de notre histoire esclavagiste et coloniale, de nos missions humanitaires etc... c’est le système de pensée « blanc » qui racise les gens, qui leur attribue des étiquettes, des particularités, et ce sont nous, les blanc.he.s, qui gardons le pouvoir de classiffier et de hiérarchiser2. On ne nous a jamais appris qu’on était blanc.he.s, on nous a dit qu’on était des Hommes, plus précisément l’Homme drapé.

    Des personnes se disant antiracialisatrices et antiracistes remettent en cause l’utilisation des termes de race et racisé.e. Le hic quand ces personnes parlent de race, c’est qu’elles font référence à la race qui essentialise3, la race que les scientifiques ont essayé d’inventer puis qui est tombée. De là viendrait le contre-sens...

    Sans déconner ! Nous avons trop d’estime pour les capacités intellectuelles des militant.es concerné.es pour le croire. Si ça bloque, c’est pas pour préserver LA révolution en évitant que la lutte ne soit morcelée. C’est que c’est trop difficile d’accepter de voir qu’on jouit du privilège blanc, qu’on jouit d’une place de privilégié.es dans les « mouvements révolutionnaires » et dans la société en général.

    Le privilège blanc, dans un contexte de luttes, c’est par exemple, prendre de la place en réunion sans se faire couper la parole, être écouté.e avec intérêt (et non comme faire-valoir), ne pas être renvoyé.e à ses supposées origines par ses camarades. C’est aussi moins risquer de se faire arrêter, de subir des violences policières, moins risquer devant les juges.

    Le terme de privilège décale la « normalité » de ce que vivent les personnes en position de force, qu’on appelle ici les dominant.e.s, sans pour autant que ces personnes s’inscrivent dans des rapports de force explicites ou conscients ou actifs. Malgré ce qu’on voudrait croire, être écouté.e dans une réunion n’est pas « normal », c’est le résultat de multiples facteurs (variables selon les contextes) : l’expérience, le genre, le capital culturel... et aussi la race.

  • 3 décembre 2018 10:56, par https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/juliette-race.pdf

    La race comme si vous y étiez !

    Une soirée de printemps chez les racialistes

    Par Les amis de Juliette et du printemps

    Livre sorti en novembre 2016.

    240 p. – format 11 × 16,5 cm

    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/juliette-race.pdf

    Cet ouvrage s’inscrit dans une perspective simple : contrer la tentative de réimplantation et de promotion des logiques raciales, philoreligieuses, communautaristes et identitaires avançant sous pavillon antiraciste et déblayer le terrain pour enfin ouvrir des possibilités de perspectives subversives et révolutionnaires.

    Dans une période de recul des luttes ...d’atomisation et de confusionnisme diffus, alors que les thèses complotistes et antisémites de Soral et Dieudonné colonisent les imaginaires "décoloniaux", le Parti des Indigènes de la République (PIR) s’invite sur les plateaux télé pour imposer un « nouvel antiracisme » qui ressuscite le concept de « race ».

    Par le biais d’un chantage moral à la culpabilité « blanche » et collective, la non-mixité « racisée » est imposée comme une évidence dans le débat public tandis que prospèrent leurs grilles de lecture et leurs pratiques ségrégationnistes jusque dans les conflits sociaux. Alors que ces positions essentialistes issues de cénacles universitaires ne se donnent même pas la peine d’avancer masquées, une tétanie semble s’être emparée des milieux contestataires, et c’est un tapis rouge qui finit par être déroulé devant les tenants de la guerre de tous contre tous. Face à la publication d’un pamphlet ouvertement raciste comme Les Blancs, les Juifs et nous (Houria Bouteldja, éditions La fabrique) qui voudrait tracer les grandes lignes du projet de la gauche gouvernementale comme radicale tout en lançant des appels du pied aux dieudonnistes, les réactions sont d’une rareté et d’une timidité étonnantes. De fait, ce bréviaire de la « lutte des races » qui prône la soumission des femmes et l’ostracisation des homosexuels dans les communautés, la haine viscérale du juif, « chouchou de la République » et l’hypothèse négationniste comme finalité stratégique ne choque déjà plus grand monde.

    Cet ouvrage s’inscrit dans une perspective simple : contrer la tentative de réimplantation et de promotion des logiques raciales, philoreligieuses, communautaristes et identitaires avançant sous pavillon antiraciste et déblayer le terrain pour enfin ouvrir des possibilités de perspectives subversives et révolutionnaires.

    Sommaire
    Avant-propos

    • Une question de mots ?

    Introduction

    • Fusiller Hazan ?

    Une Soirée de printemps chez les racialistes

    • La race, comme si vous y étiez !

    Intersections

    1 • Le libre choix de la race
    2 • « Eux » les juifs, « chouchous de la République »
    3 • Être l’homo du PIR, ou ne pas être – Un ultimatum
    4 • Appellistes et racialistes : mariage blanc, mariage de raison ou mariage d’amour ?
    5 • Le messie sera-t-il racisé.e ? Un Segré bien gardé
    6 • Être ou ne pas être « décolonial » ?
    7 • Non-blancs, racisés, décoloniaux… Et Nous, les Algériens

    Se frayer un chemin dans l’ignominie

    • « Les Blancs, les Juifs et nous », un parcours de lecture

    Postface

    • A propos de tous ceux qui considèrent qu’ils n’ont rien à voir avec le PIR mais s’appliquent à en utiliser les catégories et la novlangue

    Annexe

    • Jusqu’ici tout va bien ?

    https://www.fichier-pdf.fr/2017/07/01/juliette-race/juliette-race.pdf

  • Si pendant près de dix ans, l’extrême-gauche, les anarchistes et les autonomes ont évolué en parallèle du développement de l’antiracisme politique, nous observons que des cultures politiques différentes se sont rencontrées récemment dans le cadre de la dénonciation de l’état d’urgence et de l’islamophobie, et que les convergences sont maintenant fréquentes dans la lutte contre les crimes policiers.

    C’est en parallèle de ces rapprochements, et probablement en réaction, qu’une poignée de militants a mis en place une campagne de dénigrement de l’antiracisme politique, sur fond de négation du racisme structurel. Ainsi, nous avons pu, ces derniers mois, voir circuler à Rennes un pamphlet intitulé La race comme si vous y étiez ! signé des « amis de Juliette et du Printemps ». La cible de cet ouvrage n’est autre que l’antiracisme politique, ici renommé « racialisme ». Aussi surprenant que cela puisse paraître, la thèse centrale de l’ouvrage consiste à affirmer que l’antiracisme serait « racialiste » quand il ne se limite pas à l’affirmation que « les races n’existent pas » mais qu’il prend en compte les effets du racisme, la racialisation des rapports sociaux et les différentes assignations qui en découlent.

    Si le Parti des Indigènes de la République (PIR) et Houria Bouteldja, sa porte-parole, sont les principales cibles du livre, ses rédacteurs ne cachent pas leur opposition à tous ceux qui « considèrent qu’ils n’ont rien à voir avec le PIR mais s’appliquent à en utiliser les catégories et la novlangue » (page 216). Comme le disent eux-mêmes les rédacteurs de La race comme si vous y étiez, « au delà des outrances de l’égérie du PIR, c’est bien aussi à l’ensemble de ces milieux qui lui servent de près ou de loin de caisse de résonance que ce livre entend s’opposer » (pages 218-219), le principal reproche fait à « ces milieux » étant la reprise du concept de « race » pour penser les rapports sociaux liés au racisme structurel et au continuum colonial en France.

    Dans la même dynamique, dans le contexte de l’appel à la marche du 19 mars pour la justice et la dignité, une publication de 4 pages intitulée « Contre le racisme, contre l’État, sa police et sa justice » fut diffusée à Rennes dans un rassemblement de soutien à cette manifestation, et utilisée à l’université Rennes 2 pour recouvrir les affiches de la marche pour la justice et la dignité. Si le titre de ce texte proclame la nécessité de lutter « contre le racisme », nous observons que le seul propos de ses auteurs, qui signent « Communistes tant qu’il le faudra, pour la fédération des comités « la vérité ? ?! : la justice nique sa mère » » consiste en un dénigrement des collectifs « Vérité et Justice », et de l’antiracisme politique. Selon ces quelques militants, que l’on a connus mieux inspirés à une époque pas si lointaine, l’antiracisme politique serait à combattre, puisqu’il serait « racialiste » d’analyser les rapports sociaux liés au racisme. Par ailleurs, pour ces personnes que nous avions considérées comme des camarades de lutte, toute prise en compte de l’expérience du racisme dans la constitution des subjectivités devrait être dénoncée comme « ethno-différentialiste ».

    Si beaucoup de personnes investies dans les luttes à Rennes, dont nous, ont jusqu’alors opté pour un silence méprisant à propos de ces campagnes de dénigrement qui masquent mal une ignorance réelle de ce que sont les rapports sociaux liés au racisme, le caractère de plus en plus public de ces discours nous pousse à exposer le plus précisément possible les ressorts argumentatifs utilisés par ceux se définissant comme « antiracialistes » ou « antiracialisateurs », en espérant mettre un point final à leurs élucubrations.

    Si les discussions stratégiques ou les débats relatifs à telle ou telle position d’un collectif antiraciste sont légitimes, nous verrons, en relisant les écrits et en analysant les arguments développés par les pourfendeurs de l’antiracisme, que la lutte contre un soi-disant « racialisme » découle d’une sous-estimation des effets du racisme et du colonialisme. Aussi, nous verrons en quoi la diabolisation de l’antiracisme politique et la référence à une vision fantasmée du marxisme (réduit à la seule lutte de classe, laquelle serait menée par une classe ouvrière qui risquerait d’être « divisée » pour peu qu’on en souligne l’hétérogénéité) masque mal une absence d’analyse de stratégie.

    I – S’opposer au concept de « race » et ignorer le caractère structurel du racisme.

    Dans La race comme si vous y étiez !, le principal argument contre l’antiracisme politique, présent en de multiples endroits de l’ouvrage, est qu’une majorité des militants qui s’en réclament utilisent le mot « race », ce qui reviendrait à valider le racisme. L’usage du mot « race » en sciences sociales ou dans un contexte militant est notamment disqualifié, selon les « amis de Juliette et du Printemps » qui ont commis cet ouvrage, par le fait que les races n’existent pas en biologie (pages 8-9), avant que l’on nous explique que la seule « racialisation concrète » est l’existence des races animales (page 9).

    Ainsi, les « racialistes » seraient « ceux qui reconnaissent l’existence des races ou qui font la promotion de leur usage conceptuel », cette définition permettant d’affirmer que les antiracistes utilisant le mot « race » pour dénoncer des discriminations sont en réalité « précisément les agents du racisme » (page 11). Ainsi, les « amis de Juliette et du Printemps » affirment sans rire que « les racialistes d’extrême-gauche (…) sont plus bien plus proches des idéologies racistes stricto sensu, de Gobineau à Hitler, que le raciste du coin qui « n’aime pas les bougnoules qui profitent des allocations familiales et les youpins qui gouvernent la finance mondiale » mais qui ne fait pas pour autant de la théorie des races un axe conceptuel, une grille de lecture ou un « prisme » ».

    Ce développement mérite qu’on s’y attarde, car ce que ne semblent pas comprendre ici les « amis de Juliette et du printemps », en amalgamant racistes et antiracistes, voire en considérant que les personnes utilisant les mots « bougnoules » et « youpins » seraient moins racistes que celles qui utilisent le mot « race » dans leur dénonciation des inégalités, est que le racisme est un ensemble de rapports sociaux, et n’est pas réductible à l’usage d’un mot ni même à un ensemble de préjugés. Par exemple, nous pouvons remarquer que le discours associant les juifs à « la finance mondiale » a connu son essor lors des pogroms européens du début du XXème siècle, puis au cours du génocide nazi, quand ceux associant les noirs et les arabes à la paresse et à la fraude aux allocations se sont développés dans un contexte de chômage de masse, de contrôle social et de discriminations dans l’accès au travail salarié. Une personne mentionnant des rapports sociaux de race pour penser la lutte contre les inégalités peut donc être antiraciste, alors que ceux qui propageaient le mythe des juifs banquiers et manipulateurs étaient coresponsables de la persécution qui a mené à leur extermination.

    Les « amis de Juliette et du printemps » réduisent, selon les endroits du livre, le racisme aux discours, aux préjugés, voire à l’usage du mot « race », avant d’affirmer que « quand le racisme devient autre chose que des propos de comptoir » il ne serait qu’« une idéologie » (page 10), et non un ensemble d’assignations et de rapports de pouvoir. Pourtant, il ne suffit pas de déclarer « la race n’existe pas » pour faire disparaître les hiérarchies sociales liées au rapports sociaux de race. C’est pourquoi, en sciences sociales comme dans l’antiracisme politique, le terme « race » est utilisé pour désigner les rapports sociaux liés au racisme et à la manière dont le pouvoir répartit des positions en discriminant, que ce soit dans les lycées lors des choix d’orientations, lors des entretiens d’embauche, dans l’accès au logement, ou dans le rapport à la ville avec notamment les contrôles au faciès.

    L’analyse de ces processus est ignorée dans La race comme si vous y étiez !, et le discours portant sur les rapports sociaux de race est considéré comme « importé de la plus mauvaise sociologie américaine » dans la publication de 4 pages distribuée récemment. Ainsi, si les diatribes contre l’antiracisme sont le plus souvent couplées à une dénonciation du mot « race », les discriminations et le racisme d’État ne sont jamais analysés. Pourtant, nous devons rappeler que si le mot « race » a été supprimé de la constitution, le fait que François Hollande affirme que « dans la République, il n’y a pas de place pour la race » n’a pas fait disparaître le racisme d’État.

    En réalité, le seul effet du procès d’intention lié à l’usage du mot « race » est de diaboliser ceux qui nomment des catégories sociales et des rapports de pouvoir pour penser les luttes en vue d’une émancipation. Comme l’expliquait récemment Norman Ajari, philosophe spécialiste de Frantz Fanon et membre du Parti des Indigènes de la République, dans l’émission Paroles d’honneur : « Une erreur dans laquelle tombent très souvent bon nombre de militants qui peuvent se prétendre antiracistes, c’est qu’ils pensent que la priorité ce n’est pas de combattre le racisme, mais de combattre la race. Or, combattre la race dans les circonstances de politique décoloniale dont nous parlons, c’est avant tout combattre les racisés. L’important n’est pas de lutter contre des catégories, mais de lutter contre des systèmes de pouvoir, des systèmes d’oppression, et le nom de ces systèmes de pouvoir et d’oppression ce n’est pas la race. C’est le racisme. »

    En outre, amalgamer au racialisme - théorie développée au 19ème siècle pour légitimer la domination coloniale, affirmant que l’humanité était divisée en races biologiques inégales, - l’usage contemporain et politique du mot « race » dans l’antiracisme relève de l’escroquerie intellectuelle. Comme l’écrivait le rédacteur du blog Mignon chaton dans l’article intitulé « Utiliser le mot race ? », considérer que l’usage de termes comme « race », « racialisation » ou « personnes racisées » valide le racisme « est donc à peu près aussi absurde que si on affirmait que parler de prolétariat pour critiquer l’exploitation reviendrait en fait à contribuer idéologiquement au capitalisme en acceptant de nous reconnaître comme des prolétaires. Ou encore qu’il ne faudrait pas utiliser le mot racisme parce que ce terme contient le mot race, donc valide le racisme. Il ne s’agit pas d’une question de mot mais d’analyse à laquelle ce mot renvoie et dans le contexte de laquelle il est employé. Pour lutter contre notre situation nous avons besoin de la nommer et de l’analyser parce que les catégories qui nous assignent sont déjà existantes. Nous ne choisissons pas de nous identifier à notre catégorie sociale, celle-ci s’impose à nous, de façon d’ailleurs assez violente, se reconnaître comme racisé ce n’est pas proclamer fièrement une identité, c’est simplement reconnaître que nous sommes la cible d’un dispositif d’assignation sociale spécifique, dispositif socialement construit que nous cherchons à analyser et contre lequel nous voulons lutter. »

    Enfin, si nous n’avons rien contre le fait que des militants choisissent un autre mot que « race » pour désigner les catégories créées par le racisme, nous considérons qu’avoir pour seul argument contre le racisme la non-validité scientifique de la division de l’espèce humaine en races biologiques relève de l’aveuglement éthique, et du peu de cas fait à la lutte pour la construction de l’égalité sociale. Dans l’émission Paroles d’honneur précédemment mentionnée, Tristan Garcia, philosophe et écrivain, expliquait que sa conscience de l’existence des rapports sociaux liés au racisme le poussait à accepter un usage stratégique de la catégorie « race », tout en considérant comme important de rappeler que la « race » est en soi une « catégorie fausse ». Norman Ajari lui répondait que l’antiracisme ne doit être ni scientifique ni moral, mais lié à l’éthique et à la construction de l’égalité : « Certes, la race est une catégorie infondée par nature mais prendre ça pour point de départ me pose toujours problème. Non pas parce que je penserais qu’elle est au contraire fondée, mais parce que je pense que c’est un mauvais préalable à la lutte. Quelqu’un comme Shlomo Sand nous a beaucoup parlé de la manière dont, en Israël, certains chercheurs essaient de refonder cette catégorie, essaient de recréer un racisme biologique pour des raisons que, j’imagine, on n’a pas besoin d’aller chercher loin pour comprendre. .. Le risque existe qu’un jour, ces catégories de races soient refondées. (…) Je pense que nous avons besoin d’un antiracisme qui tiendra le coup le jour où, peut-être, tel chercheur, raciste évidemment, mais peut-être de bonne foi, reconstruira des catégories de races qui pourront être admises par la communauté scientifique. Quand bien même ces catégories seraient, au bout du compte, vraies, est-ce que, éthiquement, notre antiracisme pourra tenir ou bien est-ce que, d’un seul coup, le racisme sera légitimé parce que la science a prouvé que les catégories étaient vraies ? Je pense que nous avons besoin d’un antiracisme qui peut tenir ce choc-là. ».

    II – Nier l’existence de rapports sociaux liés au racisme pour diaboliser ceux qui s’organisent en conséquence.

    Si le refus de l’usage du mot « race » est le plus souvent uniquement argumenté par le fait que sa simple prononciation relèverait du racisme, ceux qui refusent l’usage de ce terme montrent pourtant, de manière assez fréquente, leur refus de prendre en compte les effets du racisme institutionnel et structurel. Ainsi, dans « Contre le racisme, contre l’État, sa police et sa justice », publication de quatre pages distribuées à Rennes contre l’appel à la marche du 19 mars, il est affirmé que « n’en déplaise aux tenanciers de l’ethno-différencialisme politique, de Patrick Buisson à Houria Bouteldja, la grande révolte de novembre 2005 n’était ni « décoloniale » ni « raciale » ». Si nous notons là aussi la supercherie consistant à reprendre un terme élaboré par l’extrême-droite (l’ethno-différencialisme étant un concept théorisé par la Nouvelle droite pour justifier son racisme) pour amalgamer racistes et militants de l’antiracisme politique, nous souhaitons surtout nous attarder sur l’affirmation selon laquelle « la grande révolte de novembre 2005 n’était ni « décoloniale » ni « raciale » ».

    Nous nous demandons en effet ce qui permet aux rédacteurs de ce texte d’affirmer que la question raciale (c’est à dire les races sociales produites par les différences de traitement dans une société raciste) n’est pas l’une des origines d’une révolte menée par des personnes majoritairement aux prises avec le racisme de la société française, révolte déclenchée par la mort de deux jeunes qui tentaient de fuir un contrôle au faciès. Pour les auteurs de ce texte, il ne faudrait pas considérer qu’avoir la peau blanche ou noire puisse conduire à des expériences différentes vis-à-vis de la police, puisque la police s’en prendrait indistinctement à tous « ceux qui doivent rester de la chair à usine moderne ». Pourtant, pour peu qu’on s’intéresse un minimum à la parole des émeutiers de 2005, nous sommes obligés de constater que certains d’entre eux établissent un lien direct entre leur expérience du racisme et le fait de s’en prendre aux institutions qui en ont été les vectrices.

    Ainsi, dans le livre Quand les banlieues brûlent coordonné par les sociologues Véronique Le Goaziou et Laurent Mucchielli, et plus précisément dans le chapitre intitulé « Les émeutes de novembre 2005 : les raisons de la colère », un des émeutiers de 2005 s’exprime en ces termes : « Franchement dans les émeutes y avait de tout. Il y avait les mecs qui avaient la rage contre les keufs, d’autres qui avaient la rage contre l’école parce qu’ils ont plus d’école, d’autres parce qu’ils ont pas de taf, d’autres pour s’affirmer dans le quartier. Tous les mecs qui avaient une rage contre quelque chose ils ont profité des émeutes pour tout niquer.. Mais la majorité des mecs, c’est la haine contre les keufs parce qu’ils se la racontent beaucoup, y en a plein ils sont racistes et ils nous traitent comme de la merde. »

    Il serait bien sûr prétentieux, pour ne pas dire grotesque, de prétendre pouvoir lister les causes objectives du déclenchement d’une révolte. De plus, nous savons que dans des banlieues majoritairement blanches (notamment à Lille et Saint-Étienne) les jeunes arrêtés par la police pendant les émeutes avaient majoritairement la peau blanche. Cependant, plusieurs des témoignages recopiés dans cet ouvrage nous donnent des exemples concrets de la manière dont l’expérience du racisme peut structurer une subjectivité. En voici un autre : « Moi aussi, j’ai participé aux émeutes et j’en suis fier, c’était pour tout retourner et enculer les keufs, ces sales bâtards qui se la racontent trop. Je suis dégoûté parce que je voulais aussi qu’on brûle ce lycée de merde avec ces profs racistes. Je te jure, je mitonne pas, si j’ai réussi à avoir mon bac c’est pas grâce à ces chiens de profs. (...) Maintenant, je sais très bien que personne ne va me croire quand je dis que certains profs sont racistes. Mais moi, je sais de quoi je parle. Je l’ai vécu en direct. »

    https://nantes.indymedia.org/articles/37534


    > ARTICLE VALIDE

    Comment Publié : le dimanche 30 avril 2017 à 20:53 par modo

    Pour rappel la dernière position collective de indymedia nantes sur le sujet :

    "Les articles qui accusent de « racialistes » les personnes qui s’organisent en non-mixité et/ou construisent collectivement des luttes autour de l’analyse de la société hiérarchisée en terme de race n’ont rien à faire sur indymedia nantes.

    Le site permet la publication d’articles venant de personnes et de groupes qui choisissent la non-mixité comme moyen d’auto-organisation, et c’est certainement pas aux personnes non concernées de venir publier des articles pour dire a quel point c’est contre-révolutionnaire.

    *- Une identité de lutte n’a rien a voir avec un mouvement identitaire. -*

    Pour rappel le racialisme c’est un mouvement scientifique du 19ème et qui a créé des catégories sociales, raciales, de genre... et qui justifiait les systèmes d’oppression, la colonisation, l’exploitation de races, de classes, des femmes,...
    On notera aussi que ces racialistes – en plus de n’être que des blancs –, disposaient de canaux de communications larges et de positions de pouvoir comme par exemple être au gouvernement, dans les médias et facs réputées etc.

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