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Solidarité avec le peuple algérien ! Bouteflika, dégage !
posté le 10/03/19 par Unité internationale des Travailleurs - (UIT-QI) Mots-clés  féminisme 

Dimanche 3 mars, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika a présenté sa candidature aux élections du 18 avril avec la promesse de ne pas terminer sa présidence, d’entreprendre des réformes politiques et d’organiser de nouvelles élections dans le délai d’un an. Telle a été la réponse du régime aux multiples manifestations qui ont eu lieu dans toute l’Algérie depuis le 22 février, mais cette réponse aggrave encore plus la crise du régime qui prolonge d’une année son agonie afin d’avoir le temps de trouver un candidat de l’oligarchie qui dirige le pays.

Bouteflika, 82 ans, est gravement malade et se trouve dans un hôpital suisse pour des raisons qui n’ont pas été expliquées. Il ne s’est pas présenté en public depuis 2014 et lors des précédentes élections en 2015, il n’a participé à aucun meeting en raison de son état de santé.

Bouteflika sera le candidat du Front de Libération Nationale, le parti qui a mené la guerre de libération et gouverné le pays depuis son indépendance en 1962 et il est le visage public de l’oligarchie bureaucratique qui dirige l’Algérie par la corruption et l’autoritarisme. Sous prétexte de la guerre civile que ce pays a vécue dans les années 90, au cours de laquelle entre 150.000 et 200.000 personnes ont perdu la vie, le régime algérien a maintenu un État autoritaire et paternaliste déguisé en libertés démocratiques limitées comme les élections et la légalisation des partis et dirigé par une oligarchie qui s’est enrichie de revenus pétroliers qui représentent 97 % des exportations. Cependant, avec la chute des prix du pétrole et la forte inflation, au cours des dernières années, il y a eu d’importantes mobilisations populaires contre la politique du gouvernement, mais c’est Bouteflika qui a annoncé le 10 février dernier qu’il se présentait pour un cinquième mandat, la goutte qui a fait déborder le vase.

Depuis le 22 février dernier, des centaines de milliers d’Algériens ont manifesté dans tout le pays à Tizi Ouzou, Bejaia, Oran, Annaba, Constantine et Sétif et surtout à Alger où les manifestations sont interdites depuis 2001. La semaine suivante, les manifestations se sont poursuivies, comme celles des avocats, des journalistes, des secteurs populaires et, en particulier, des jeunes et des étudiants, de telle sorte que le Premier ministre a déclaré que " les citoyens offrent des roses aux policiers, et c’est bien. Mais je me souviens que la Syrie a aussi commencé avec les roses ». Ces déclarations ont provoqué que les manifestations du vendredi 1er mars soient plus massives encore parce qu’elles ont rappelé que le printemps arabe a entraîné la chute de plusieurs régimes dictatoriaux tels que ceux de la Tunisie, de la Libye et d’Egypte et qu’elle tient en échec le régime soudanais. Les mobilisations, initialement spontanées, ont reçu le soutien de toute l’opposition mais l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens), dirigée par une bureaucratie syndicale liée au régime, continue d’apporter son plein appui à Bouteflika. Quand la confédération syndicale et les syndicats devraient déclencher une grève générale pour mettre fin à ce régime répressif.

Le régime sert à assurer l’hégémonie d’un clan qui a monopolisé toutes les richesses du pays et la cristallisation autorisée d’une bourgeoisie rentière soumise aux diktats de l’impérialisme et des multinationales, une bourgeoisie qui s’est enrichie grâce à la déprédation des revenus pétroliers et en exploitant les travailleurs. Les jeunes, avec un taux de chômage de 30 %, sont confrontés au dilemme de rester dans un pays sans travail pour eux ou de le laisser dans des pateras vers l’État espagnol. Ce clan parasite a été baptisé "oligarchie financière". C’est la base sociale du système Bouteflika et elle a financé toutes les campagnes précédentes.

Les protestations montrent l’énorme rejet du régime algérien, dont les principaux piliers sont l’armée et les forces de sécurité, et à l’obscurantisme de l’oligarchie qui domine le pays. Bien qu’il y ait officiellement des élections démocratiques et que les partis politiques soient légalisés, le Front de Libération Nationale est resté au pouvoir depuis 1962 sans interruption avec la restriction du droit d’expression et de manifestation et avec le contrôle étroit les médias publics et privés.
Les manifestants populaires ont non seulement rejeté le régime et sa soumission à l’impérialisme, mais ils ont aussi crié des slogans de justice sociale, de démocratie, de liberté et d’égalité. Les slogans les plus chantés ont été "Bouteflika, dégage", "Pouvoir assassin", "Le peuple veut la chute du régime", "On s’arrête pas. La réaction du gouvernement a été, d’une part, de menacer la population mais, d’autre part, il n’a pas osé réprimer massivement les mobilisations. Malgré les interdictions, les médias, la télévision et l’agence de presse officielle ont dû faire écho aux protestations contre le cinquième mandat de Bouteflika. Ces réactions montrent les doutes et les divisions au sein du régime. Mais une chose est sûre, il y aura un avant et un après de ces manifestations et mobilisations contre le 5e mandat.

Depuis l’Unité Internationale des Travailleurs - Quatrième Internationale (UIT-QI), nous saluons le chemin parcouru par le peuple algérien dans le sillage du printemps arabe et nous soutenons pleinement sa lutte et ses revendications démocratiques et sociales. Nous appelons à la solidarité internationale la plus large pour le triomphe de la mobilisation populaire pour chasser Bouteflikla et son régime, pour la pleine liberté du peuple, pour des élections libres et démocratiques, pour le droit à l’autodétermination de la région de la Kabylie et pour continuer la lutte pour que l’immense richesse du pays soit au service des travailleurs et du peuple.

Unité Internationale des Travailleurs - Quatrième Internationale (UIT-QI)

8 mars 2019


posté le 10 mars 2019  par Unité internationale des Travailleurs - (UIT-QI)  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • Le mirage patriotique

    C’est l’heure des « rectifications de tir »… Tous se proclament patriotes, aussi bien les arrière-petits-fils des volontaires de 93, que ceux des émigrés de Coblentz. Chaque parti, celui de Baudry d’Asson comme celui de J. Jaurès, affirme que seul il peut rendre la patrie forte et puissante et que cette haute préoccupation dirige toute son action. Et de même que les athées étaient rares au XVIIIe siècle, ils sont rares ceux qui, aujourd’hui, osent s’affirmer encore antipatriotes.

    C’est que des illusions et des mirages, savamment entretenus par les conducteurs du peuple et les divers exploiteurs ont de tout temps servi à berner les masses et à leur faire accepter toutes les servitudes et toutes les résignations !

    La fiction Dieu se dissipant, la patrie est la divinité nouvelle au nom de laquelle on exige la soumission, l’obéissance et le sacrifice de soi-même.

    Ecrire l’histoire de l’humanité, c’est écrire l’histoire de ses illusions. La religiosité sature les siècles passés, ils en sont imprégnés.

    Les humains d’aujourd’hui sont encore soumis à son caprice, elle se manifeste de mille manières, mais toujours elle consolide la puissance de l’autorité. Le fort a besoin du subtil pour étayer sa domination, la légitimer, et pour rendre les moutons bêlants solidaires du berger et de ses chiens.

    Le mirage des mots sonores, ronflants, indiscutés, voilà la base essentielle des grandes illusions humaines. Aussi, l’évocation de la « Patrie » provoque tous les enthousiasmes, entretient toutes les passivités, détermine tous les sacrifices. Devant ce mot, tous s’inclinent et se résignent. Hélas ! Ils voient en lui tout ce qu’on leur a appris à découvrir, excepté ce qu’il y a réellement. Ils en parlent comme les dévots parlent de Dieu. La fiction les soulève, les berce, les enthousiasme et les hallucine. De même que là-bas, dans le Sahara brûlant, la caravane donne son dernier effort, s’épuise en une dernière marche vers la fraîche oasis que le mirage trompeur présente devant elle, le peuple, abusé, donne, sans compter, ses efforts vers la fraîche oasis que le mirage trompeur présente devant elle, le peuple, abusé, donne, sans compter, ses efforts et sa vie… « Pour la Patrie ! »

    Pour qu’il se ressaisisse, il faut faire tomber définitivement les voiles, et révéler ce qu’est, réellement la patrie. Ce mot est un dérivé, une variante, une déformation du mot Pater, c’est-à-dire père, tout comme patriarche, patricien, patrice ou patron. Ces mots évoquent tous la même idée ; celle du père et de sa puissance. Celle-ci était plus étendue sous l’antiquité que de nos jours, puisqu’à Rome le chef de la famille avait droit de vie et de mort sur ses enfants. Il exigeait d’eux le respect, le dévouement, l’obéissance passive, ainsi qu’aujourd’hui, d’ailleurs, les lois religieuses et laïques tendaient à développer chez l’enfant ce sentiment de déférence et de passive soumission aux volontés parternelles.

    La coutume, la tradition consolidant cette obéissance passive aux ordres du père, pour tous ceux qui, dans le cours des temps s’arrogèrent le droit de diriger les masses : l’idéal à atteindre était d’avoir un peuple d’enfants soumis, respectueux et dévoués ! Se donner à eux comme des pères était le plus sûr moyen d’y parvenir.

    Ainsi, le patriarche se prétendit le père de la horde nomade qui subissait son autorité. Le patricien romain se dit le père de la République ! Le patrice s’affirma le père de la contrée qu’il gouvernait. Et le patron se targuait d’être un excellent père pour les pauvres diables « ses clients » qu’il protégeait et aidait de ses deniers.

    L’autorité spirituelle se servit, elle aussi, du rôle de Père pour obtenir l’obéissance ! Dieu devint le Père Eternel, son représentant s’intitula le Saint Père, ceux qui établirent et consolidèrent l’Eglise s’appelèrent les Pères de l’Eglise et tous les tonsurés s’intitulent Pères ! Le troupeau des fidèles leur doit obéissance tout comme le troupeau des Patriotes doit obéissance à l’empereur, au roi ou bien aux riches Patriciens nobles et bourgeois aux patrices militaires et civils ; aux patrons bienfaisants qui, en échange de beaucoup de travail, donnent un maigre salaire. En réunissant en un même bloc, patriarches, donneurs de conseils, patriciens insolents, patrices despotes, patrons avides — qu’ils aient ou non un monarque à leur tête — on a la Patrie. Car la Patrie, c’est le Maître, c’est-à-dire celui qui détient la Maîtrise, qui exerce l’autorité ! Or, je hais le Maître et sa suite de valets et de tortionnaires.

    Respecter la Patrie, c’est le respecter, se sacrifier pour elle, c’est se sacrifier pour lui ; elle s’identifie avec lui. Ennemi de l’autorité, voilà pourquoi je m’affirme antipatriote.

    Pierre Chardon

    l’anarchie N° 454 – Jeudi 25 décembre 1913

  • spam qui n’a rien à voir avec l’algérie

  • Je ne savais pas que les revendications des révolutionnaires étaient « démocratiques et sociales » ; aux dernières nouvelles, qui datent quand même d’un siècle, Lénine avait très bien expliqué dans ses Thèses sur la démocratie bourgeoise que la démocratie est un piège et un mensonge. Autrement dit : ça fait un siècle que les révolutionnaires savent que « les élections libres et démocratiques » sont un mensonge pur et simple de la bourgeoisie pour détourner la classe ouvrière de la révolution. Pour des Trotskystes, il ne peut pas s’agir d’un oubli…

    Les communistes - et je crois que la Quatrième Internationale se qualifie de « communiste »- n’ont jamais appelé à la « mobilisation populaire » mais à la grève de masse du prolétariat, ce qui n’a strictement rien à voir. Je crois aussi me souvenir que Marx a expliqué que dans le système capitaliste, la « liberté » ne peut être que celle des exploiteurs, et appeler à « la liberté du peuple » sans dire que 1) le peuple est un mensonge nationaliste et que 2) avant de parler de « liberté », il faut détruire le capitalisme, l’État, la loi de la valeur et les classe sociales, c’est un nouveau mensonge !

    Enfin, ça fait un siècle que les révolutionnaires ont posé la question de « l’autodétermination des peuples » et que Rosa Luxemburg a démontré qu’il n’est plus question que cela existe à l’époque de l’impérialisme généralisé. Toutes les nations sont impérialistes, petites ou grandes, et par conséquent « l’autodétermination des peuples » revient à livrer chaque prolétariat national au piège du nationalisme et à en faire la masse de manœuvre de sa propre bourgeoisie ; c’est donc encore un mensonge !

    Quant à « la lutte pour que l’immense richesse du pays soit au service des travailleurs et du peuple », c’est un mot d’ordre nationaliste qui ne vise en réalité qu’à défendre le Capital national contre les empiètements des autres bourgeoisies, dites « étrangères ». Le rôle de saboteur de la lutte prolétarienne, de chien de garde nationaliste du Capital et de falsificateurs politiques des Trotskystes de l’UIT est donc clairement établi.

    A bon entendeur…

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