RSS articles
Français  |  Nederlands
Unprecedented wave of repression in Tweebosbuurt, Rotterdam. posté le 28/01/20 - Appels internationaux
Appel pour Gaza : Allez à Gaza et criez « plus jamais ça » posté le 25/01/20 - Appels internationaux
SIGNÉ POUR LA LIBERTÉ DIGITALE posté le 21/01/20 - Appels internationaux

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | ... | 16

ZAD Arlon // Quelques notes sur la situation.


https://mot-lame.com/zad-quelques-notes-sur-la-situation.html
« Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ces ennemis plutôt que sur ces résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique. »

« Pour tout service de renseignements, sur ce point en accord avec la juste théorie clausewitzienne de la guerre, un savoir doit devenir un pouvoir. »

Guy Debord

I

On sait depuis le 29 novembre que le déploiement policier qui a mis la ville d’Arlon en état de siège était commandité par les fédéraux et non par Magnus. Ce dernier est devenu à l’occasion le sous-fifre de la raison d’État, qui lui a entre autres dicté l’ordonnance de police délirante qui prévalait ce jour là. On sait bien sûr que la Sûreté de l’État se cache derrière cette opération. C’est elle qui fournit les renseignements nécessaires à l’OCAM pour évaluer les « menaces en matière de terrorisme et d’extrémisme », dont on a fait l’objet afin de justifier une intervention de ce type. L’inventaire de nos méfaits dressé par la Sûreté de l’État et évalué par l’OCAM comme menace de niveau 2 a en effet été rendu public quelques jours plus tard par un accusateur assermenté du parlement.

II

La démesure du dispositif, dont le coût et le nombre d’effectifs ont été soigneusement passés sous silence, peut être interprétée comme une simple démonstration de force de l’État, ayant valeur de mise en garde. L’opération avait également pour but de ficher et d’évaluer les soutiens venus de l’extérieur. En témoignent les nombreux contrôles d’identité, quelques arrestations ainsi que le nombre important de voitures banalisées circulant aux alentours de la zone. On peut se demander si l’opération ne visait en outre à évaluer notre réponse à une possible expulsion, comme on peut se demander dans quelle mesure tout cela n’était qu’un beau coup dans l’eau.

III

La question de l’expulsion, imminente ou non, reste épineuse. Malgré l’ordonnance d’IDELUX qui est tombée, il est difficile de discerner quels intérêts ils pourraient retirer d’une expulsion à très court terme, risquant de cristalliser encore davantage l’opposition à leur encontre, alors que le projet n’en est qu’à ses prémisses. Ils connaissent les conséquences d’une expulsion par la force, mettant leur réputation en jeu en cas de bavure, falaise et autoroute à charge. Il est possible que l’expulsion ne soit agitée que comme menace dont l’exécution serait sans cesse reportée, nous forçant à répéter des appels au loup afin de nous user. Comme il est possible qu’elle soit mise rapidement à exécution, sous l’impulsion d’une pression nerveuse qu’on sait fragile de leur part, voire encore sous pression extérieur de l’État. Toujours est-il qu’une expulsion de cette ampleur serait chose inédite et nécessite un certain temps de préparation, ce qui laisse croire qu’elle n’aura pas lieu du jour au lendemain.

IV

Il reste également plusieurs zones d’ombres au niveau juridique. L’ordonnance d’expulsion s’étant faite au moyen de la loi anti-squat repose sur une base légale invalide puisque celle-ci ne concerne que l’occupation de bâtiments, mais tout recours est d’ores et déjà non-suspensif, en plus de s’élever à plus d’un millier d’euro. Se pose aussi la question de savoir si la portion de territoire gérée par le DNF appartiens réellement à la Région wallonne, comme un de leurs agents nous l’a signifié, et ce que cela a d’implications. Enfin, on a appris récemment dans la presse que les coûts de l’expulsion et du démantèlement seraient retenus à charge des occupants, ce qui serait une primeur.

V

Tout ceci indique que le contexte n’est pas celui d’une bataille purement locale. À l’évidence, il s’agit d’un prolongement de la guerre civile, entendue comme guerre livrée à quiconque s’organise en dehors du contrôle imposé par le gouvernement. Là est bien la mission de la Sûreté de l’État : neutraliser tout opposant politique au système, d’emblée qualifié d’extrémiste. Cela équivaut au rôle d’une police politique, signe évident de toute forme de totalitarisme. En ce sens, la démocratie que nous connaissons n’est rien d’autre qu’une élite au pouvoir qui s’est donnée des moyens militaires pour empêcher tout changement et maintenir un système inégalitaire et destructeur en place. Il importe donc d’en prendre acte et de réfléchir aux moyens à notre disposition pour y faire face.

VI

Reste donc à définir une stratégie en réponse à ces éléments. Comme cela s’est déjà vu ailleurs, annoncer publiquement la réoccupation de la zone en cas d’expulsion fait jouer la menace en notre faveur. En attendant, la réunion du mouvement en assemblée pour discuter de ces questions semble devenir pressante. De la stratégie que nous pourrons mettre en œuvre et du rapport de force que nous pouvons tenir dépendront notre capacité à faire Commune.

Photo d’en-tête : Elan sur Lans.


posté le 20 décembre 2019  par Anathème  Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Liste des documents liés à la contribution
safe_image.php-2(...).jpg

Commentaires
  • 20 décembre 2019 11:47, par Mocco

    Salut,

    Merci pour le partage d’informations sur la situation de la ZAD. Je m’interroge sur la nature de l’ordonnance d’expulsion qui est prononcée contre les zadistes :

    1) Quelles infos vous donnent à croire qu’il s’agit de la loi anti-squat ? Parce que effectivement il y a deux choses bizarres

    a) oui la loi anti-squat ne peut pas s’appliquer pour l’occupation d’un terrain
    b) normalement, le procureur doit entendre les deux parties avant de prononcer une ordonnance d’expulsion (sauf s’il est compliqué d’auditionner les occupant.es, ce qui peut être le cas ici)

    Donc ce serait important de bien être sûr de voir quelle loi est mobilisée contre les occupant.es. Parce que dans le cadre de la loi anti-squat, un recours (requête contradictoire) est suspensif du prononcé !

    En effet, l’évacuation n’est pas exécutoire tant qu’un juge de paix ne s’est pas prononcé. L’audience en revanche a lieu dans les 10 jours au plus tard qui suivent le dépôt de la requête.

    Donc sur ce dernier point, s’il s’agit bien de la loi anti-squat, ça peut être intéressant de déposer une requête, qui normalement devra casser l’ordonnance vu qu’elle ne peut s’appliquer sur un terrain...

    A voir selon les envies des occupant.es sur la (les) stratégies à déployer.

  • 21 décembre 2019 14:58, par Albertine

    Merci pour l’information complète et éclairante.
    Mocco a posé des questions interpellantes qui doivent certes être approfondies.
    Au-delà, ben oui, la sûreté nationale n’aime pas tout.e qui se positionne contre les inepties étatiques, quelle qu’elles soient ;
    que ce soit en matière défense de la nature, des êtres enfermés ou encore à l’encontre du capital ..

Avertissement

Les commentaires ont pour objectif de compléter l’information donnée dans l’article, argumenter, apporter une interrogation ou un questionnement par rapport au sujet de la contribution. Les avis personnels qui n’apportent rien de plus à l’article pourront être considérés comme discussion de forum ne répondant pas aux objectifs pré-cités.Tout commentaire ne répondant pas à ces objectifs, ou étant contraire aux règles éditoriales sera supprimé définitivement du site.

Lien vers la politique éditoriale du collectif

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)


copyleft Copyleft Indymédia (Independent Média Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.

RSS articlesRSS articles |  Site réalisé avec spip 3.2.5 [24404]
Top