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Situation sociale en France : Gouvernement et syndicats unis contre la classe ouvrière
posté le 27/02/13  par Un sympathisant du CCI Mots-clés  répression / contrôle social 

Depuis le retour de la crise ouverte en 2007, partout dans le monde, la classe ouvrière est frappée de plein fouet par une brutale dégradation de ses conditions de vie. Il n’y a bien sûr en ce domaine aucune “exception culturelle française”  : depuis 2009, 1087 usines ont fermé ([1])  ; et tous les secteurs sont touchés, de l’automobile à la pharmacie, des manufactures aux imprimeries. Selon les Echos, “le délitement du tissu industriel français s’est de nouveau accéléré en 2012, avec une augmentation du rythme des fermetures de sites de 42 %”. Et 2013 sera bien pire encore  : pas un jour ne passe sans qu’une énième charrette de licenciements ou qu’une nouvelle fermeture de site ne soit annoncée. Les grandes catastrophes industrielles de ces derniers mois chez Goodyear, PSA, ArcelorMittal, Pétroplus, Electrolux, Sanofi, etc., ne sont que la pointe émergée de l’iceberg. Dans l’anonymat le plus complet, disparaissent chaque jour des centaines d’emplois, en particulier dans les petites entreprises ([2]). Inexorablement, le chômage ne cesse de croître  : en 2012, malgré les purges administratives, la restriction des droits, les tricheries statistiques en tous genres, le nombre de demandeurs d’emploi a bondi de 10,8%.

Le travail de sape des syndicats

Face à cette situation insupportable qui touche toutes les familles ouvrières, que font les syndicats  ? Ils “mobilisent les ouvriers” en orchestrant la division, l’isolement et l’impuissance. Combien d’entreprises sont en train de fermer au moment où nous écrivons ces lignes  ? Des dizaines  ! Et c’est autant de luttes planifiées et commandées par les syndicats, sans aucun lien entre elles, sans aucune discussion entre les travailleurs, sans aucune assemblée générale commune. Il n’y a pas meilleur moyen d’aller à la défaite, les uns après les autres. Le “diviser pour mieux régner”, grand classique syndical, frôle désormais la caricature  : le 31 janvier, par exemple, avait lieu, d’un côté, une série de rassemblements de fonctionnaires protestant contre leur paupérisation et, de l’autre, l’annonce de milliers de licenciements dans l’usine Goodyear à Amiens. Quelques jours après, le 12 février, bis repetita  : tandis que les syndicats appelaient les salariés de l’école primaire et les parents d’élèves à manifester contre la réforme du rythme scolaire, ils organisaient parallèlement un simulacre de solidarité entre les ouvriers de Goodyear et de PSA. Cela, alors que la cause immédiate de la dégradation des conditions de vie des salariés du public comme du privé est identique  : l’exploitation et la crise historique du capitalisme. Telle est la chaîne d’acier qui unit tous les exploités. C’est ensemble qu’ils doivent marcher dans la lutte. Mais les syndicats ont préféré exprimer leur “immense colère” en parlant de “pneus” à Amiens et de “grille indiciaire” ou d’“horaires d’ouverture d’écoles” dans cent petits défilés de fonctionnaires aux différents coins de l’hexagone.

Il ne s’agit nullement d’une erreur de stratégie des syndicats, ni même d’incompétence. Au contraire, ils accomplissent au mieux leur mission véritable, celle de désarmer les ouvriers face au Capital, par un travail de sape pour encadrer les luttes, en les éparpillant et les isolant les unes des autres. Pire encore, les syndicats poursuivent le sabotage jusqu’à pousser les prolétaires dans la gueule du loup, notamment quand ils “critiquent” le gouvernement pour son “manque de conviction et de courage face au patronat”, quand ils encourageant les salariés à “faire pression sur le Président et ses ministres” pour qu’ils prennent enfin “leurs responsabilités” et conduisent une “véritable politique de gauche”.

De qui se moquent-ils  ? L’État, qu’il soit dirigé par la main droite ou la main gauche de la bourgeoisie, demeure toujours le pire des patrons. C’est lui qui organise les fermetures des sites industriels, en recevant les grands patrons dans ses bureaux dorés pour leur dicter la marche à suivre afin d’étrangler les remous sociaux. C’est lui qui étouffe les fonctionnaires et exploite des milliers de contractuels sous-payés et corvéables à merci. C’est lui qui orchestre les “grandes réformes” qui ne sont rien d’autre que des attaques massives contre les conditions de vie de toute la classe ouvrière. Ainsi, l’arrivée de la gauche au pouvoir n’a rien changé à cette dynamique dévastatrice  ; le discours est peut-être moins provocateur mais la réalité est sans aucun doute encore plus âpre. Avec “Lui, Président”, qui se targue de “relancer l’économie en faisant des économies”, les salaires ont déjà commencé à dégringoler sous le poids des taxes et des impôts en tout genre. Avec “Lui, Président”, et avec la complicité des centrales syndicales, c’est “un accord historique” qui a été signé à la mi-janvier pour flexibiliser le marché du travail et accroître la compétitivité des entreprises. Cet accord prévoit plus d’heures travaillées, plus de précarité, une diminution des salaires et la mobilité forcée. Voilà pourquoi François Hollande se réjouissait du “succès du dialogue social” entre les syndicats, le patronat et le gouvernement, qui se sont effectivement “concertés” pour mieux taper sur la tête des ouvriers. Et cet accord n’est qu’une mise en bouche. Fin 2013, viendront les nouvelles réformes de la sécurité sociale et des retraites qui promettent d’être particulièrement corsées. Le gouvernement a déjà annoncé une baisse importante des pensions des retraités (suppression de l’abattement fiscal de 10 % des pensions, augmentation du taux de CSG au niveau de celui des salariés, etc.), l’augmentation du nombre d’annuités de cotisation, la réduction drastique des prestations familiales (telles que les allocations, les aides pour les crèches ou les gardes d’enfant), la diminution de la couverture sociale étudiante, l’augmentation de la TVA, etc.

Le prolétariat a-t-il la force de développer ses propres luttes  ?

Face à toutes ces attaques, la classe ouvrière ne semble pas pour l’heure en mesure de réagir, d’exprimer sa combativité en dehors de l’encadrement syndical. Il faut dire que, face à l’aggravation prévisible de la crise, la bourgeoisie a particulièrement bien préparé le terrain sur le plan des luttes sociales. D’un côté, les syndicats occupent activement le terrain, lançant eux-mêmes les grèves et les manifestations afin d’enfermer, comme on l’a vu, chaque lutte dans “son” secteur, dans “son” entreprise et de prévenir toute tentative d’extension. Il s’agit ni plus ni moins d’une manière d’épuiser les ouvriers les plus combatifs dans des luttes stériles. D’un autre côté, en polarisant l’attention sur la fermeture de telle ou telle usine, la bourgeoisie a su instiller l’idée que les problèmes sont particuliers à tel ou tel secteur, que tel ou tel patron est mal-intentionné, que le gouvernement “fait ce qu’il peut pour défendre les emplois”. “C’est la faute à la famille Mittal  !”, “C’est la faute à tel ou tel patron véreux ou/et incompétent”, proclament-ils en chœur. Quelle que soit l’explication avancée, l’important est d’épargner le capitalisme comme un tout. Les partis de gauche et d’extrême gauche se sont d’ailleurs consciencieusement relayés dans les usines médiatisées pour “apporter leur soutien” aux travailleurs avec leurs mots d’ordre démobilisateurs et leur culte de “l’État sauveur”.

Se battre en dehors de l’encadrement syndical fait encore peur à beaucoup. Prendre la parole en public, organiser une assemblée générale, décider collectivement de la marche à suivre, rédiger des tracts, exprimer sa solidarité à d’autres travailleurs, tout cela est difficile, surtout lorsqu’on a le sentiment d’être isolé, d’être “incompétent” et “illégitime” par rapport à ces “professionnels de la lutte”. Il s’agit pourtant de la seule manière de développer un combat de classe. Le prolétariat possède, en effet, la force de prendre en main ses luttes. Même si les manœuvres de la bourgeoisie retardent le développement de mouvements conséquents, nul doute que la multiplication des attaques, liées à l’aggravation de la crise, constitue un terreau fertile pour l’émergence future de mouvements massifs qui pourront se cristalliser autour d’attaques emblématiques. Ceci est d’autant plus vrai que, comme lors de la dernière vague de luttes en France contre la réforme des retraites en 2003, celles des Indignés en Espagne il y a deux ans, des Occupy aux États-Unis, des mouvements sociaux en Grèce, au Portugal, etc., des minorités surgiront probablement pour impulser la lutte et pousser à la réflexion sur les enjeux de la période et les moyens de lutter de manière autonome.

La classe dominante est parfaitement consciente du danger d’explosion des luttes, comme elle sait que ses syndicats ne suffiront pas à canaliser la colère. C’est pour cette raison que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a récemment réorganisé les services de renseignement de la police (ex-RG) en créant une “cellule d’observation” pour “suivre “au plus près” les entreprises en difficulté afin d’anticiper une éventuelle “radicalisation” de mouvements sociaux” ([3]), c’est-à-dire de déployer des flics en civil autour des entreprises en grève et des rassemblements pour mater les troubles à “l’ordre public” et semer la terreur parmi les ouvriers en lutte.

La seule réponse que nous pouvons opposer aux “préparatifs” de l’État, c’est le développement de notre conscience politique. Seuls la réflexion et le débat sur nos moyens de lutte nous permettront de ne pas tomber dans le piège des affrontements stériles avec les flics. Seuls la réflexion et le débat sur les enjeux de la période et la nature du capitalisme nous permettrons de lutter contre les campagnes idéologiques que la bourgeoisie met en place pour nous désorienter et nous diviser.

Aussi, la priorité des éléments les plus conscients et les plus combatifs n’est pas, aujourd’hui, de se lancer dans des luttes isolées, mais de créer des espaces de discussion pour préparer un terrain plus fertile pour les luttes massives de demain.

Courant Communiste International - http://fr.internationalism.org

[1]) “La France a perdu plus d’un millier d’usines depuis 2009” (les Echos).

[2]) Les sites qui ont fermé depuis quatre ans, employaient en moyenne entre onze et soixante salariés.

[3]) AFP, 4 février 2013.


posté le 27 février 2013  par Un sympathisant du CCI 
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