Appel anarchiste à la solidarité avec le prisonnier Marcelo Villaroel (Chili)

L’urgence de ce texte surgit de la nécessité de rompre avec la sensation de normalité et d’immobilité qui se propage face au scenario juridique qu’affronte en l’occurrence le compagnon Marcelo Villarroel.

Il semblerait que l’énergie et la vitalité dans les batailles pour faire sortir nos compagnon-ne-s soient marquées par les rythmes judiciaires, particulièrement avant que le pouvoir judiciaire décide de leur vie. Mais lorsque les condamnations s’imposent, il arrive fréquemment que les pratiques de solidarité se limitent à tenter de subvenir aux besoins des compagnon-ne-s en prison, abandonnant peu à peu la perspective insurrectionnelle et la vitalité nécessaire pour continuer à mener le combat tant contre la prison que contre la société qui la nécessite, ouvrant de réelles possibilités de réduire à néant les années de peine à purger.

Mais nous savons qu’aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des murs, des compagnon-ne-s cherchent
à continuer à contribuer à la lutte, construisant des complicités sans se résigner d’aucune manière aux peines imposées, qu’elles soient de quelques années ou de longues décennies, prononcées par des lois ou des tribunaux communs ou spéciaux.

Ce texte vise à alimenter une perspective de combat permanente - où que nous nous trouvions - affrontant
les diverses adversités existantes, construisant des chemins de négation, nous éloignant du victimisme ou
de la personnalisation. Nous souhaitons contribuer à une réflexion urgente, ainsi qu’à un appel de praxis solidaire avec la situation du compagnon Marcelo Villarroel. D’où cette petite brochure destinée, avec
ces brèves réflexions à dépasser le simple fait informatif pour contribuer à renforcer des positions anarchistes de lutte face à l’une des diverses dimensions de l’engrenage judiciaire et carcéral.

Nous n’oublions pas que les compagnon-ne-s à l’intérieur ne sont pas des figures intouchables ou indiscutables, mais simplement des personnes qui nous manquent dans la rue, ce qui nous permet de participer -des deux côtés du mur- avec des réflexions, des expériences et des pratiques, à la lutte contre la domination. C’est justement dans ce sens que ceux qui ignorent les prisonnier-e-s, en les reléguant sur le terrain de l’amnésie, finissent par oublier la guerre elle-même.

Les prisonniere-s dans la rue !
Les rues pour l’insurrection !


publié le 9 décembre 2018

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