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20 MARS Tribunal Noborder proces FR , ENGL (ANNULE)

posté le 18/03/13 Mots-clés  No Border 

L’audience a été annulée - The hearing is cancelled !!!

Résumé de l’audience du 8 février 2012

Le matin du 8 Février 2012, dans une des salles d’audience planquées dans les fin-fonds du Palais de Justice de Bruxelles, se déroule la plus récente scène de la pantomime qui dure maintenant depuis plus d’un an. En Septembre 2010 environ 1000 personnes se sont rassemblées à Tour et Taxis à Bruxelles pour une semaine de discussions, manifestations et actions contre les contrôles migratoires et pour la liberté de circulation pour tous. La police Bruxelloise a rassemblé tous ses moyens contre ce camp, arrêtant des centaines de personnes uniquement parce qu’ils se promenaient dans les rues autour du camp, distribuant à volonté des coups de matraques et des agressions sexuelles.

Un an et demi plus tard le temps est venu de débuter un premier procès contre les militants du camp. Un responsable doit être trouvé, un délit a du être commis pour justifier toutes ces arrestations administratives arbitraires et les hospitalisations. Où sont ces dangereux terroristes qui rôdent au sein de Bruxelles ? Bon, nous avons ces deux anglais qui se trouvaient à proximité de la cavalerie policière lors de la manifestation du 26 septembre aux alentours du centre fermé 127 bis au moment où un policier est tombé et a reçu un coup de son cheval. Le policier en question a même eu une incapacité de travail de plusieurs jours semble-t-’il. Nous ignorons si le cheval a été également traumatisé. A ce moment la, les deux anglais ont été tirés dans la boue par la police et l’un d’eux est tombé inconscient sous les coups. Mais ont ils utilisé des pouvoirs diaboliques pour inciter cette rébellion chevaline ?

C’est ce que la glorieuse Justice a eu comme mission de découvrir dans la salle d’audience ce matin. D’abord la mise en scène. Pour s’assurer que la Justice puisse faire sa magie, il faut tout d’abord sécuriser la pièce, une vingtaine de policiers montent la garde. La salle d’audience est bien trop petite pour accueillir tous les soutiens qui sont venus en solidarité aux inculpés No Border. Certains soutiens sont restés à l’extérieur du palais de justice avec des tambours et des banderoles, offrant un divertissement aux usagers du palais de justice et l’opportunité d’une session photo pour une troupe d’élèves en visite. D’autres attendent devant la salle d’audience. Deux sont arrêtés en possession de tambours dans l’enceinte du bâtiment. Quiconque voulant rentrer et voir la magie de la Justice sera fouillé, scanné, identifié, leurs noms notés.

A l’intérieur de la salle fermée hermétiquement, deux clowns jouent leurs rôles de protagonistes sur l’estrade. D’abord nous vous présentons le procureur du roi, du nom de Monsieur Lempereur. Monsieur l’Empereur a une belle coiffe ondulée et une barbe désinvolte. Assis au grand prêchoir de la Justice, s’incline majestueusement, sourcille, rêvasse avec un regard lointain. Quand les arguments de la défense le perturbent, il sursaute et frémit légèrement dans une petite rage d’indignation vertueuse. Ou il s’incline à nouveau et feint le sommeil. Quand il prend la parole, il se lève et bombe la poitrine, puis se lance dans une performance oratrice. Il fait la morale non seulement aux accusés et ses avocats mais aussi à toute l’audience, en longueur et à répétition, sur nos droits et nos devoirs, le respect de l’ordre, et la sainte nécessité de la hiérarchie. Monsieur l’Empereur est un petit coq dans sa basse-cour.

Ensuite, nous avons notre juge, Monsieur le Président. Bien que techniquement le maître suprème de la salle d’audience, Monsieur le Président a malgré tout moins de grandeur que Monsieur l’Empereur. Il est petit, rond, chauve, à lunettes, et fondamentalement grincheux. Son rôle revient à écouter sagement, ne croisant aucun regard pendant que Monsieur l’Empereur continue son discours sur les devoirs, élaborant de grandes analogies sur le maintien de l’ordre et l’enseignement (un des inculpé étant professeur), donnant son opinion sur la situation en Syrie, ou brandissant une citation de Churchill. Il interrompt par la suite la défense à chaque fois qu’elle tente de parler de l’agressivité des méthodes policières ou tout ce qui pourrait "dévier des faits immédiats".

Venons-en aux faits. Le bureau du procureur fournit deux longues vidéos montrant la manifestation filmée par les hélicoptères et sur le terrain. Les deux accusés sont visibles durant toute la séquence. A aucun instant dans la vidéo ils s’attaquent à la police, à la cavalerie, ou participent à d’autres formes d’agressions. Monsieur l’Empereur l’admet. "Mais la vidéo ne prouve rien", explique- t-il (ce qui pose la question de la pertinence de l’utilisation des vidéos comme preuve), "ils ont peut-être été violents hors caméras." Effectivement, il y aurait des témoignages de policiers qui révèlent d’une certaine violence. Ou plus précisément il y a un flic qui témoigne que les inculpés se sont comportés de manière agressive. Ceci contredit directement sa précédente déclaration.

"En fait," continue Monsieur l’Empereur, "la question n’est pas si les accusés ont frappé quelqu’un ou non ou s’ils se sont comportés de manière agressive. Il est évident qu’une personne a été frappée (par un sabot de cheval), c’est également évident que les accusés étaient dans les environs au même moment, que les manifestants autour d’eux, que se soient les accusés ou d’autres, qui aient troublé le cheval, menant ainsi au traumatisme. Donc, les accusés présents dans les parages auraient pu faire peur à la cavalerie qui aurait pu entraîner le coup reçu par le policier. Dans tous les cas, précise Monsieur l’Empereur, pourquoi étaient-t-ils là ? Et pourquoi n’ont ils pas simplement bougé plus rapidement lorsque qu’ils ont été repoussés par la cavalerie ? Le simple fait d’être présents, de ne pas avoir décamper plus vite, est en lui même un acte de rébellion. Les droits viennent avec des obligations. Quand un flic à cheval te pousse, tu as le devoir de déguerpir. On nomme cela le maintien de l’ordre. Lorsqu’un policier te commande de quitter une manifestation, tu obéis immédiatement. Sinon c’est le chaos général.

Tout est chaos. Les accusés ont été hospitalisés suite à des coups de la police. Mais ceci n’a rien à voir avec l’affaire. Les coups, les arrestations arbitraires, les fouilles au corps ou les menaces de viols de cette semaine de septembre sont hors sujets. Monsieur l’Empereur est outré par cette impertinence de la défense. La raison de la manifestation, le souvenir de l’assassinat de Semira Adamou, est bien sûr aussi hors propos. Cette impertinence va jusqu’à endormir Monsieur l’Empereur. La réalité quotidienne des agressions policières dans les quartiers d’immigrés autour du camp No Border........ la défense ne va pas tenter de montrer le rapport avec cela. Il y a des violences qui pèsent, qui ont de l’importance, et d’autres qui n’ont aucun lieu d’être cités dans le monde des droits et des devoirs de cette petite salle d’audience. "Alors envoyez un communiqué de presse" réplique Monsieur le Président, "car cela n’a rien a voir avec moi." Ici c’est ma salle d’audience, dit-il. Ce qui veut dire que ce sont mes 20 policiers dehors avec leurs pistolets. Ces policiers avec ces pistolets donnent à Monsieur l’Empereur et à moi-même le droit d’être deux petits coqs, et vous avez le devoir de la fermer et d’obéir. Maintenant sortez.

La peine demandée est un an de prison avec sursis. La décision sera prononcée le 7 Mars.

Rappel : au cours de la semaine du 26 septembre au 1 octobre 2010 s’était tenu un camp
No Border à Bruxelles dont les revendications étaient :
Personne n’est illégal
Ni frontières ni nations
Les mêmes droits pour toutes et tous
Liberté de circulation et d’installation
Contre les systèmes capitalistes et autoritaires qui entraînent exil forcé, guerres et misères
Mais ces revendications ne sont pas les bienvenues et les exprimer encore moins ! Donc l’État cherche un moyen de... faire taire et d’intimider ; il trouve deux militants et les charge envers et contre toute preuve probante (le verdict est hallucinant) !
Suite à leur condamnation en avril 2012 à un an et six mois de prison avec sursis (cinq ans !) dans le cadre d’un jugement aux allures de procès politique ils ont décidé d’aller en appel. Ces condamnations nous concernent toutes et tous !
Inacceptable la manière avec laquelle la "justice" a monté son accusation - plus besoin de preuves...
Leur combat est notre combat
SOYONS SOLIDAIRES ET EN NOMBRE LA PROCHAINE FOIS


Background : during the week of September 26 to October 1, 2010 was held a No Border camp in Brussels, the claims were
No one is illegal
Borders or nations
Equal rights for all
Freedom of movement and installation
Against the capitalist and authoritarian systems that cause forced exile, war and misery

But these claims are not welcome and expressing them even less ! Therefore the state is seeking a way to silence and intimidate activists and found two to be charged of rebellion even against any formal proof (the verdict is amazing).

Following their conviction in April 2012 respectively to one year and six months suspended sentence (five years !) during a political-like trial they decided to appeal that verdict. These convictions affect us all !
The way "justice" has mounted its charges is just unacceptable - no need even for evidence ...

Their fight is our fight
LET’S SHARE IN SOLIDRITY AND BE NUMBEROUS NEXT TIME

The morning of 8 February 2012, in one of the smaller courtrooms tucked away at the back of the Palais de Justice of Brussels, the latest scene of a pantomime that has been running now for more than a year. Back in September 2010 some 1000 people gathered at Tour et Taxis in Brussels for a week of discussions, demonstrations and actions against migration controls and in favour of free movement for all. The Brussels Police threw all its force at the gathering, arresting hundreds just for walking in the streets around the camp, dishing out beatings and sexual assaults. A year and a half later it’s time for the first court case against activists from the camp. Something has to be pinned on someone, to justify all those arbitrary administrative arrests and hospitalisations. Where are those dangerous terrorists who were rampaging around Brussels ? Well, we do have these two English who were somewhere near some police horses at the demonstration of 26 September outside the 127bis detention centre, when a cop fell and got a kick from a police horse. The cop even had to take a couple of days off work it seems. We don’t know whether the horse was similarly traumatised. The two English were being dragged through the mud by a snatch squad, one of them knocked unconscious, at the time. But did they use some diabolical horse-whispering powers to incite equine rebellion ?

This is what the power of Justice sets out to discover in the courtroom this morning. First, the scene must be set. To ensure that Justice can work her magic, the room must first be secured, with some 20 police guarding the door. The court-room is far too small to hold all the supporters who have come in solidarity with the No Borders accused. Some supporters stay in the cold outside the palace with samba drums and banners, where they provide entertainment and photo opps for a troupe of visiting schoolchildren. Others wait in the corridor outside the courtroom. Two are arrested for carrying drums inside the Palace. Anyone who wants to get in and see the magic of Justice at work must be searched, scanned, ID-checked, and have their name recorded.

Inside the sealed and guarded room, two clowns take centre stage today. First let us present the Procureur du Roi who is named, in all seriousness, Monsieur L’empereur. Monsieur L’Empereur has wavy well-coiffed hair and a rakish trimmed beard. Seated on the side of the great desk-altar of Justice, he reclines leonine, imperial indeed, raises an eyebrow, ponders with a gaze into the distance. When distressed by the arguments of the defence lawyers, he sits up and quivers in a miniature rage of righteous superior disapproval. Or lies back and feigns sleep. When he speaks, he stands and puffs out his chest, then launches into full-on old style oratory. He instructs not just the accused and those foolish defence lawyers but the whole courtroom, at length and with repetition, about our rights and duties, respect for order, and the sacred necessity of hierarchy. Monsieur L’Empereur is, in short, a big cock, in a little courtroom.

Then there is our judge, Monsieur le President. Though technically supreme ruler of the courtroom, Monsieur le President is somewhat less magnificent than Monsieur L’Empereur. He is short, round, bald, bespectacled, and fundamentally grumpy. His role is to sit quietly, meeting no one’s eye, as Monsieur Empereur orates on about duties, constructs elaborate analogies about policing and teaching (one of the defendants being a teacher), opines on the situation in Syria, or brandishes a quote from Churchill. Then to interrupt the defence lawyers whenever they try to speak about aggressive policing or anything else that "departs from the immediate facts".

So to the facts, then. The prosecution provides two long police videos which show the demo from the air and from the ground. The two defendants can be seen throughout. Nowhere in any of the film can they be seen attacking police, police horses, or otherwise aggressing. Monsieur Empereur has to admit it. "But the video proves nothing" he says, (begging the question of why the prosecution submitted it as evidence in the first place), "they may well have been violent when they weren’t on film." Indeed, there are supposed to be police testimonies to that effect. Well, to be exact, there is one cop who says one defendant was acting aggressively. Which directly contradicts his own earlier statement.

"But in fact," continues Monsieur Empereur, "the question is not whether or not the accused hit anyone, or acted aggressively, or did anything at all. It is clear that someone was hit (by a hoof), and it is clear that the accused were nearby, and that demonstrators around them, whether the accused themselves were directly involved or not, agitated the horses, and so can be said to have led to this injury." That is, the accused were somewhere around some people who might have scared the horses which might have led to a cop getting a light kick. In any case, says Monsieur Empereur, why were they on the demo anyway ? And why didn’t they just move quicker when getting pushed back by the cops on horses ? Just to be there, not to move faster, was itself an act of rebellion. Rights come with duties. When a cop on a horse pushes you, you have a duty to run. This is called order. When a cop tells you to leave a demonstration, obey immediately. Otherwise all is chaos.

All is chaos. The accused were both beaten and hospitalised by the cops. But this is not relevant to the facts of the case. The beatings, arbitrary arrests, strip searches, rape threats, of that week in September are not relevant. Monsieur L’Empereur is getting outraged at this irrelevancy. The reason for the demo, to remember the killing of detainee Semira Adamou, is certainly not relevant. This irrelevancy is sending Monsieur L’Empereur to sleep. The everyday reality of police aggression in the migrant neighbourhoods around the No Border Camp ... well, to tell the truth, the defence lawyers are not even going to try and present that as relevant. There is some violence that matters, and some that has no place even being mentioned in the world of rights and duties that concerns this small courtroom. "So send out a press release," says Monsieur le President, "this has nothing to do with me." This is my courtroom, he says. Meaning : those are my 20 policemen outside with their guns. Those policemen with those guns give me and Monsieur L’Empereur here the right to be a pair of cocks, and you the duty to shut up and do as we say. Now get out.

The penalty demanded is one year in prison, suspended for one year. The sentence will be pronounced on 7 March.


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