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Actions multiples pour vider les centres : nouveaux témoignages des détenu·e·s

posté le 31/03/20 par getting the voice out Mots-clés  répression / contrôle social  sans-papiers 

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30/03/2020·

À l’heure où en France certains centres de rétention sont vidés à cause du Coronavirus et alors que d’autres centres fermés brûlent en Italie, les centres fermés en Belgique sont toujours bien remplis. Remplis de détenu·e·s à qui aucune ou très peu d’informations ne sont communiquées. Nous recevons énormément d’appels de prisonnier·e·s extrêmement stressé·e·s par la situation.

Dans plusieurs centres, les détenu·e·s essaient de résister et font entendre leurs voix en organisant des réunions, des actions collectives, des manifestations, des rencontres avec les directions des centres, des grèves de la faim, et parfois des actions moins pacifistes. Leurs protestations sont souvent réprimées, notamment par des mises au cachot pour représailles.Article de Knack :https://www.knack.be/nieuws/belgie/asielzoekers-opgesloten-maar-niet-beschermd-tegen-corona/article-longread-1582095.html

La semaine dernière, quelques personnes enfermées dans l’aile L du centre 127bis, à bout de nerfs, ont “pété un cable” et exprimé leur colère en protestant. “It was real war” nous indiquait un témoin. Leur révolte a néanmoins été réprimée et plusieurs ont été mis au cachot.

Des libérations spontanées de 200 à 300 personnes ont eu lieu sur les 700 personnes enfermées au début du mois de mars, uniquement les personnes “malades et vulnérables” selon l’Office des Étrangers. Ces libérations se font néanmoins au compte-goutte et de façon aléatoire à l’appréciation de l’Office des Étrangers qui aurait peur de ne pas donner une “bonne image” en libérant tout le monde d’un coup.

Des mises en demeure et des recours devant les tribunaux en réponse au caractère illégal de la détention en période de Coronavirus permettent de libérer des détenu·e·s, mais les centres fermés détiennent toujours un certain nombre de personnes. Il est scandaleux que des détenu·e·s ne soient libéré·e·s que par l’intervention de tiers du fait du caractère illégal de ces détentions. Certains assistants sociaux tentent même de dissuader les détenu·e·s d’entreprendre des démarches, car “prendre un avocat empêchera leur libération”.

À l’intérieur des centres fermés, le stress causé par la situation est très élevé. La plupart des détenu·e·s n’obtiennent des informations que par la télévision. Les détenu·e·s vivent avec la peur que le virus pénètre dans le centre fermé à travers le personnel qui y travaille et continue de faire des allées et venues depuis l’extérieur.

“A la prison à côté a Turnhout, il y a eu un cas testé positif coronavirus, je suis inquiet, j’ai vu ça dans les informations. A la prison de Forest aussi. Tout le monde ici est inquiet parce que ici c’est sûr qu’il y a aussi des malades. C’est 60 personnes qui travaillent tous les jours ici dans le centre. La situation est vraiment dangereuse. On n’a pas d’informations, on ne nous dit rien . On libère certaines personnes parce qu’ils doivent réduire et puis d’autres restent ici, on ne sait pas pourquoi, alors qu’on n’a rien fait de mal.” nous partage un détenu de Merksplas.

Les détenu·e·s se rendent bien compte du décalage entre leur sort et ce qui se passe à l’extérieur. Les conditions d’hygiène sont très critiques et dangereuses. Les détenu·e·s continuent de vivre à plusieurs dans des chambres, dans les espaces communs comme les réfectoires, les sanitaires, etc. Très peu de mesures sont prises, il n’y a quasiment pas de masques, de gants, ni de gel désinfectant pour le staff ou les détenu·e·s.

Au centre fermé de Merksplas : “Nous sommes trois dans chaque chambre à utiliser les mêmes toilettes et la même douche et 20 personnes partent près les unes des autres dans ce bloc. Rien n’est fait pour nous protéger du virus, nous mangeons et jouons ensemble, nous touchons les mêmes portes et nous fumons dans la même pièce. Il y a beaucoup de gens qui travaillent dans ce bloc, qui entrent et sortent. Personne ne porte de masque ici et il n’y a pas de machine pour contrôler le virus.Nous avons vu à la télévision que deux prisonniers de la prison de Merksplas ont été touchés. Si tout le monde tombe malade, que vont-ils faire ? Ils doivent vider et fermer le centre pour que tout le monde puisse rester en bonne santé !”

Dans les centres fermés de Bruges et de Holsbeek, “les médicaments sont donnés de la main à la main, sans gants ni masque.”

Par ailleurs, une visite parlementaire a même été refusée au centre fermé de Vottem (Liège). Aucun contrôle extérieur n’est possible pour le moment. https://www.todayinliege.be/lacces-au-centre-ferme-de-vottem-refuse-a-la-deputee-sarah-schlitz-une-violation-flagrante-de-larrete-royal/

Dans les centres, certain·e·s sont enfermé·e·s depuis plusieurs mois. L’un d’entre eux attend depuis 8 mois son expulsion vers le Bangladesh. Certains sont sous l’application de la dite double peine. Il s’agit de situations dans lesquelles des personnes ont été condamnées à des peines pour troubles à l’ordre public, ont accompli leurs peines puis, à la sortie de prison, sont directement amenées en centre fermé pour être expulsées. Certains d’entre eux ont des parents, des femmes et des enfants ici en Belgique.https://www.revuenouvelle.be/Le-retour-de-la-double-peine

Nous demandons la libération immédiate de tou·te·s les détenu·e·s des centres fermés. Les maintenir derrière ces murs alors que la Belgique entière se confine est inadmissible. Nous demandons la fermeture définitive de tous les centres, des camps et des hotspots ainsi que la régularisation de toutes les personnes sans-papiers.

LIBERTÉ pour tous et toutes avec ou sans papiers.

en

30/03/2020

At the time when, to confront the Coronavirus, several retention cetres are emptied in France, others are burning in Italy, the closed centres of Belgium are still quite full. Full of retainees who have no or very few information. We get loads of phone calls by retainees who are extremely stressed out by the situation.

In several centres, the retainees try to resist and make themselves heard by organising meetings, collective actions, demonstrations, gatherings with the management of the centres, hunger strikes and sometimes also less pacifist actions. Their protests are often repressed, notably with stays in confinement cells as retaliatory measures. Article by Knack :https://www.knack.be/nieuws/belgie/asielzoekers-opgesloten-maar-niet-beschermd-tegen-corona/article-longread-1582095.html

Last week, a few people retained in wing L of the 127bis closed centre who were totally exasperated “got nuts” and expressed their anger by protesting. “It was real war”, told us one witness. Their rebellion was punished and several were placed in confinement cells.
Beginning of March, among the 700 people retained, from 200 to 300 were spontaneously released, only the ‘sick and vulnerable’ ones, according to the Foreigners Office. Nevertheless, these releases happen very slowly and randomly, at the discretion of the Foreigners Office who would fear not to convey a ‘good image’ if they released everybody in one go.

Formal notices and appeals to courts against the illegality of retentions during the Coronavirus crisis enable the release of several retainees, but the closed centres still retain a certain number of persons. It is outrageous that retainees are only released thanks to the intervention of third parties because of the illegal nature of these retentions. Several social assistants even try to dissuade retainees to follow their steps because “if they take a lawyer it will prevent their release”.

Inside the closed centres, the stress caused by the situation is extremely high. Most of the retainees only get information through television. They live with thefear that the virus enters the closed centre through the staff who work there and continue to go back and forth from inside to outside.
“In the prison next door, in Turnhout, one person was positively tested to the coronavirus, I am worried, I saw that on TV. In the prison of Forest too. Everybody here is worried because for sure there are people infected here. 60 people are working every day here in the centre. The situation is really dangerous. We don’t get any information, they do not tell us anything. They release certain people because they have to reduce the numbers, but others remain here, we don’t know why, although we didn’t do nothing wrong”, tells us a retainee in Merksplas.

The retainees are well aware of the difference there is between their fate and what is happening outside. The hygiene conditions are very bad and dangerous. The retainees are still several in their rooms, in the common spaces like the refectories, the bathrooms, etc. Very few measures are being taken, there are almost no masks, gloves, disinfectant gel for the staff or the retainees.

In the Merksplas closed centre : “We are three per room and we use the same toilets and shower, and 20 people are very close to each other in this block. Nothing is done to protect us from the virus, we are eating and playing together, we are touching the same doors and we are smoking in the same room. Many people are working in this block, who come and go. Nobody wears a mask here and there is no machine to control the virus. We saw on TV that two retainees of Merksplas are infected. If everybody falls sick, what will they do ? They should empty and close the centre so that everybody may remain in good health !”

In Bruges and Holsbeek closed centres, “medication is given from hand to hand, withouth gloves nor masks”.

Besides, a parliamentary visit was even refused at the closed centre in Vottem (Liege). No control from the outside is possible for the moment. https://www.todayinliege.be/lacces-au-centre-ferme-de-vottem-refuse-a-la-deputee-sarah-schlitz-une-violation-flagrante-de-larrete-royal/

In the centres, some have been retained for several months. One of them has been expecting his deportation to Bengladesh for 8 months. Others are under the so-called double penalty, i.e situations where people were convicted to sentences for public disorder, served their sentences, and once out of jail are directly transferred to a closed centre to be deported. Some of them have parents, wives and children here in Belgium. https://www.revuenouvelle.be/Le-retour-de-la-double-peine

We call for the immediate release of all the retainees in closed centres. It is unacceptable that they are kept retained behind these walls whilst all of Belgium is under confinement. We call for the definitive closure of all the centres, camps, hotspots, as well as for the regularisation of all the undocumented.

FREEDOM FOR ALL, with or without documents.


nl

30/03/2020

Op het moment dat, om de bestrijding van het Coronavirus tegen te gaan, verschillende retentiecentra in Frankrijk worden leeggehaald, terwijl anderen in Italië in brand staan, zijn de gesloten centra van België nog steeds behoorlijk vol. Vol met mensen die geen of zeer weinig informatie hebben. We krijgen veel telefoontjes van mensen die extreem gestrest zijn door de situatie.

In verschillende centra proberen de gedetineerden weerstand te bieden en zich te laten horen door het organiseren van vergaderingen, collectieve acties, demonstraties, bijeenkomsten met de directie van de centra, hongerstakingen en soms ook minder pacifistische acties. Hun protesten worden vaak onderdrukt, met name door opsluiting in isolatiecellen uit wraak.
Artikel door Knack :https://www.knack.be/nieuws/belgie/asielzoekers-opgesloten-maar-niet-beschermd-tegen-corona/article-longread-1582095.html

Enkele mensen die in vleugel L van het 127bis gesloten centrum vastgehouden worden, werden
vorige week helemaal geïrriteerd en “gek” en uitten hun woede door te protesteren. “Het was echt oorlog”, vertelde een getuige. Hun opstand werd gestraft en een aantal van hen werden in isolatie (cachot) geplaatst.

Begin maart werden 200 tot 300 personen van de 700 mensen die werden vastgehouden spontaan vrijgelaten, alleen de ‘zieke en kwetsbare’ mensen, aldus de Dienst Vreemdelingenzaken. Toch gebeurden deze vrijlatingen heel langzaam en willekeurig, naar goeddunken van de Dienst Vreemdelingenzaken, die vreesden om geen ‘goed beeld’ te geven als ze iedereen in één keer vrijlaten.

Door middel van formele mededelingen en beroepen naar de raadkamers tegen de onwettigheid van de retenties tijdens de Coronaviruscrisis konden meerdere mensen worden vrijgelaten, desondanks houden de gesloten centra nog steeds een bepaald aantal personen vast. Het is schandalig dat gedetineerden alleen worden vrijgelaten dankzij de tussenkomst van derden vanwege het illegale karakter van deze retenties. Verschillende sociale assistenten proberen zelfs de gevangenen te ontmoedigen om stappen te ondernemen, en ze zeiden dat “als ze een advocaat nemen, dat hun vrijlating zal verhinderen”.

Binnen de gesloten centra is de stress die door de situatie wordt veroorzaakt extreem hoog. De meesten krijgen alleen informatie via de televisie. Ze leven met de angst dat het virus het gesloten centrum binnenkomt via het personeel dat er werkt en blijven heen en weer gaan van binnen naar buiten.

Een man opgesloten in Merksplas vertelt : “In de gevangenis ernaast, in Turnhout, werd één persoon positief getest op het coronavirus, ik maak me zorgen, ik heb dit op tv gezien“ Ook in de gevangenis van Vorst maakt iedereen zich zorgen, want er zijn hier zeker ook besmette mensen. 60 mensen werken hier elke dag in het centrum. De situatie is echt gevaarlijk. We krijgen geen informatie, ze vertellen ons niets. Ze laten bepaalde mensen vrij omdat ze de aantallen moeten verminderen, maar anderen blijven hier, we weten niet waarom, hoewel we niets verkeerds hebben gedaan”.

De opgeslotenen zijn zich bewust van het verschil tussen hun lot en wat er buiten gebeurt. De hygiënische omstandigheden zijn erg slecht en gevaarlijk. Ze zijn nog steeds met meerderen in hun kamers, in de gemeenschappelijke ruimtes zoals de eetzalen, de badkamers, enz. Er worden zeer weinig maatregelen genomen, er zijn bijna geen maskers, handschoenen, desinfecterende gel voor het personeel of voor de opgeslotenen.

In het gesloten centrum van Merksplas : “We zijn met z’n drieën per kamer en we gebruiken dezelfde toiletten en douche, en 20 mensen zitten heel dicht bij elkaar in dit blok. Er wordt niets gedaan om ons te beschermen tegen het virus, we eten en spelen samen, we raken dezelfde deuren aan en we roken in dezelfde kamer. Er werken veel mensen in dit blok, zij komen en gaan. Niemand draagt hier een masker en er is geen machine om het virus onder controle te houden.
We zagen op TV dat twee opgeslotenen van Merksplas besmet zijn. Als iedereen ziek wordt, wat doen ze dan ? Ze moeten het centrum leegmaken en sluiten, zodat iedereen in goede gezondheid kan blijven !”

In de gesloten centra van Brugge en Holsbeek wordt “medicatie van hand tot hand gegeven, zonder handschoenen of mondmaskers”.

Bovendien werd in het gesloten centrum in Vottem (Luik) zelfs een parlementair bezoek geweigerd. Er is momenteel geen controle van buitenaf mogelijk. https://www.todayinliege.be/lacces-au-centre-ferme-de-vottem-refuse-a-la-deputee-sarah-schlitz-une-violation-flagrante-de-larrete-royal/

In de centra zijn er mensen die al enkele maanden vastzitten. Eén van hen wacht sinds 8 maanden op zijn deportatie naar Bangladesh. Anderen staan onder de zogenaamde dubbele straf, d.w.z. situaties waarin mensen veroordeeld zijn tot straffen omwille van openbare ordeverstoring, zij hun straf hebben uitgezeten en éénmaal uit de gevangenis rechtstreeks naar een gesloten centrum worden overgebracht om te worden gedeporteerd. Sommigen van hen hebben ouders, vrouwen en kinderen hier in België.
https://www.revuenouvelle.be/Le-retour-de-la-double-peine

We roepen op tot de onmiddellijke vrijlating van allen in gesloten centra. Het is onaanvaardbaar dat zij achter deze muren worden vastgehouden terwijl heel België thuis zit. Wij roepen op tot de definitieve sluiting van alle centra, kampen, hotspots en de regularisatie van alle zonder papieren.

VRIJHEID VOOR ALLEN, met of zonder papieren !


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