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Appel à la résistance à Calais samedi 12 juillet 2014

posté le 06/07/14 Mots-clés  répression / contrôle social  No Border  sans-papiers  solidarité 

Samedi 12 juillet
Manifestation Anti-rafles en solidarité avec les migrants de Calais
Rendez vous 14h place d’Armes à Calais

et Samedi 12 - Dimanche 13 autres actions de solidarité prévues et à inventer.
venez nombreux avec votre énergie et votre créativité !!!!!!
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48 heures à Calais

Arrivée à 18 heures, heure de la distribution aux migrants de l’unique repas de la journée. Nous allons à l’habituelle distribution, appelée par les migrants « Salam » : Zone sinistrée, tentes , ordures, éparpillée sur tout le terrain bettonné. Les migrants ont été expulsés de ce lieu ce matin à 6 heures. 600 ont été arrêtés violemment et amenés dans des commissariats et des centres de détentions. Vidéo. https://www.youtube.com/watch?v=qAWrhMe9ePQ

Nous sommes interdit d’entrée et mis dehors par un homme de la « sécurité »et renvoyé vers un bâtiment appelé BCMO ou la distribution aura lieu ce jour. L’homme nous dit que le terrain sera gardé par des patrouille canines cette nuit pour empêcher les migrants de revenir. Sur le chemin nous croisons encore deux gros bus pleins de migrants escortés par des camionnettes de CRS et de gros camions de la garde mobile.
A la distribution une centaine de migrants rescapés, ils ont tout perdus, ne savent pas ou aller dormir. MDM distribuent des sacs de couchage et des tentes., tout cela sous la bonne garde de CRS qui va et qui vient et tient tout ce petit monde bien à l’œil.

Pendant la distribution alerte : Les CRS ont débarqués chez L à son domicile par ce qu’ il hébergerait des migrants (oh le méchant). On y court : Laurent a été embarqué, sa maison et ses voisins gazés. Les premiers activistes arrivés gazés. J’y suis arrivée plus tard car moins rapide. On sentait les gaz jusqu’à cent mètres de la maison de L ; Tout le monde avait les yeux rouges et pleuraient. Retour à la distribution.
Une demie heure plus tard nouvelle alerte : la copine de L aussi embarqué et sa voiture mis à la fourrière ! Il semble que L est accusé d’ état d’ébriété sur la voie publique ( l’accusation de loger des migrants n’ayant pas de sens) et son amie d’avoir attenter à la vie de CRS en essayant de les écraser lors de l’arrestation de L, l’arme utilisée étant sa voiture ! Nous décidons d’aller au commissariat réclamer leur libération. Cris et slogan devant le commissariat : Pierre par pierre, mur par mur.....

Jeudi 6 heures du matin  : Tournée de Calais et de ses environs : on essaie de localiser les migrants et les allées et venues des CRS. On aperçoit plusieurs dizaines de migrants , dont plusieurs groupes de femmes,le long de la route qui mènent au port. Ils ,Elles essaient de monter dans les camions qui ralentissent avant de rentrer dans le port.
Petit café à la gare. On y rencontrent et discutent avec des migrants libérés dans la nuit de différentes ville du nord de la France et qui reviennent à Calais. Petite sieste.
18 heures : distribution de repas. On cherche : le terrain habituel est toujours fermés et sous bonne garde. Le BCMO : quelques migrants dorment sur le pas de la porte mais pas de distrib. La distribution a lieu sur le quai de la Moselle,100 mètres plus loin, endroit ou avait lieu jusque 2009 cette distribution. Beaucoup de migrants sont revenus, ils doivent être plus de 300.
Après la distribution récoltes de témoignages sur l’expulsion : les activistes et les médias avaient été violemment écartés de la zone et personnes n’a rien vu. Les témoignages récoltés font état d’ irrégularités graves et de l’armes préférées utilisées par les gendarmes : le pepperspray .. Le soir réunion d’activistes. Nous étions nombreux. Cela fait plaisir. Et puis L et son amie réapparaissent : ils sont libérés après 24 heures de Garde à Vue. L’enquête continue.

Vendredi : réunion inter associatif : Depuis plusieurs mois les associations de terrain partagent les informations de terrain et organisent des rassemblements/manifestations. On fait un bilan du nombre de migrants en détention ( 200 sur les 600 arrêtés), de la situation sur le terrain ( 400 revenus sur Calais), des besoins logistiques (énormes). On parle aussi du régime d’apartheid qui règne à Calais. Beaucoup de cafés et commerces refusent de servir les migrants, de leur propre initiative ou sous les pressions de la mairie. Au Lidl à l’entrée deux files : une file de blancs , une file de migrants qui peuvent deux par deux faire leurs courses.
http://www.nordlittoral.fr/fait-divers-justice/les-refugies-entrent-au-compte-gouttes-ia0b0n122453


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Commentaires
  • ET PENDANT CE TEMPS LA

    La COUR EUROPEENNE DES DROITS DE L’HOMME ne demande pas l’application de mesures provisoires pour des migrants faisant l’objet d’une mesure d’évacuation d’un campement à Calais, estimant satisfaisantes les garanties fournies par les autorités françaises

    CEDH 195 (2014)
    02.07.2014
    Abdelslam et autres c. France (requête n° 47522/14)

    La Cour européenne des droits de l’homme a été saisie le 1er juillet 2014 par six requérants d’une demande d’application de mesures provisoires dans le cadre de l’opération d’évacuation du campement du terre-plein DARQUER à Calais, zone de distribution de repas qu’ils occupaient depuis fin mai avec plusieurs centaines d’autres migrants, dans des conditions insalubres. La mesure d’expulsion avait été ordonnée par le tribunal administratif de Lille le 27 juin 2014.

    La question suivante a été posée aux autorités françaises par la Cour : « Quelles sont les mesures prises pour assurer le relogement des requérants en cas d’expulsion du terrain qu’ils occupent, eu égard au plan d’urgence annoncé par les autorités le 18 juin 2014 ? ».

    En réponse, la Cour a obtenu des autorités une série d’informations quant au déroulement des opérations et s’est assurée des garanties fournies aux requérants et aux personnes évacuées. D’une part, depuis plusieurs mois, un dispositif d’urgence a été mis en place, avec notamment un plan d’information, pour permettre à tous les migrants qui le souhaitaient de faire valoir leurs droits sur le territoire français. Les mesures liées à ce "plan d’hébergement d’urgence-Calais" ont permis à tous les migrants qui le souhaitaient de bénéficier de mesures d’accueil sur le territoire. D’autre part, des dispositions ont été prises quant à la prise en charge des migrants lors de l’évacuation, en particulier concernant leur hébergement d’urgence.

    Ayant estimé que ces garanties, prévues par les autorités préalablement à la saisine de la Cour, étaient conformes aux principes et à l’esprit de sa jurisprudence, notamment quant à la protection des personnes les plus vulnérables, la Cour a décidé de ne pas appliquer l’article 39 de son règlement.

    La Cour peut, en vertu de l’article 39 de son règlement, indiquer des mesures provisoires à tout État partie à la Convention. Les mesures provisoires sont des mesures d’urgence qui, selon la pratique constante de la Cour, ne s’appliquent que lorsqu’il y a un risque imminent de dommage irréparable.
    (sic)

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