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Appel concernant la situation en Grèce

posté le 06/03/20 Mots-clés  solidarité  sans-papiers 

Comme vous le savez, la situation en Grèce est plus qu’alarmante. Elle est infâme par nombre d’aspects tandis que des fièvres collectives saisissent les personnes : on voit la police grecque tirer sur les réfugiés de guerre syrien, les bandes fascistes s’organiser en vue d’attaques, des « ligues citoyennes » ratisser les environs afin de dénoncer les réfugiés de guerre aux flics. Pendant ce temps les éditocrates font leur beurre sur « une crise migratoire » (sic) tandis que le Soir titre « No Pasaran. L’Europe renforce son bouclier grec » assumant par là un langage de guerre. Les eurocrates et politiciens nationaux sortent de l’argent de tous les fonds de tiroir pour continuer d’enclaver ces personnes dans les camps de Grèce et ils se sont dépêchés de s’envoler vers Ankara afin de renégocier le maintien de l’externalisation et de la répression aux frontières de l’Europe. Les bateaux des ONG sont maintenus, par la force et par la loi, à quai pendant que la nécropole européenne continue sa production volontaire de morts, d’esclavage et de viols.

Dans ce brouillard se déroule la mise à mort, avec ses lots de gazage et de bombardement, des mouvements contestataires et des populations civiles opposées, ou non, au régime de El-Assad et de ses alliés dont la Russie. Erdogan lui continue sa guerre interne et externe, négociant avec les USA et mirant toujours le Kurdistan, aujourd’hui en alliance, contre la Turquie, avec le régime syrien. C’est un galimatias des impérialismes et des résistances se déroulant sur les corps des populations et dans un silence si assourdissant.

On pourrait retracer cette funeste trajectoire, dire que tout cela a commencé depuis bien longtemps, essayer de coller des responsabilités à untel ou un autre, et bien que j’espère qu’un jour toute la lumière sera portée sur ces grandes hontes de notre siècle, mon propos ne se trouve pas ici. Je pense que je n’ai pas le temps pour me sentir honteux ou être rempli d’indignation, face à l’horreur seule l’action compte. C’est pourquoi la question qui me hante est : « Que faire ? »

Toutes les générations ont cette sensation que leur période est importante, je n’ai jamais eu cette sensation de manière si cruellement vive. Bien qu’il soit impossible de déterminer un moment « t », le point nodal à partir duquel tout peut basculer, ce qui se déroule, dans son lot d’horreur, d’hypocrisie et de misère humanitaire, est bien une corde raide, pire un abysse. Sans vouloir jouer les Cassandre, la manière dont on va engager, ou continuer notre engagement, dans cette bataille va être déterminante, que ce soit pour la vie des personnes directement, mais également pour une reconquête d’une dignité en sortant de l’impuissance qui nous est distillée. Car, perdre cette bataille, outre la continuité des guerres, des morts et de la misère, signifie la victoire rouge sang des fascistes, des racistes, des va-t-en-guerre. Les rafles que commettent les flics, les camps de misère sur les airs d’autoroute, dans les parcs, les agressions racistes et violences xénophobes dans les rues, les attaques, physiques et judiciaires, contre toutes celles qui refusent cet état de fait, sans compter tout le reste que l’on pourrait encore égrener, se retrouveront bien plus exacerbées, instituées, massifiées.

C’est pourquoi il nous faut impérativement gagner cette bataille, un premier pas serait déjà forcer le parlement européen à respecter le droit international comme l’enjoint « Action pour la Syrie » (lien fb) ou encore récemment l’ASF. Si déjà un premier rendez-vous est donné ce 15 mars à Bruxelles, il va nous falloir agir à partir de notre échelle tout en créant les réseaux permettant de se concerter afin de frapper ensemble pour que les effets fassent chaîne de conséquence.

Créons les espaces et moments nécessaires afin de nous organiser mais aussi afin de travailler à la mobilisation des autres espaces et secteurs de la société, faisons pression sur nos villes et villages, relançons des convois solidaires vers la Grèce, exproprions, de force ou de droit, tout ce qui peut servir d’espace d’accueil, de transit ou de reconstruction, manifestons dans les rues, rencontrons-nous, et par tous les moyens nécessaires, nous devrons vaincre.


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