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Bruxelles RéfugiéEs • Chez moi c’est chez toi

posté le 17/11/18 par http://www.kedistan.net/2017/09/29/bruxelles-refugies/ Mots-clés  sans-papiers 

Cela faisait un moment que je m’étais détachée de Facebook. J’en étais revenue, saturée, et surtout je ne voyais plus l’utilité sociale de ce média.

Mais quand même, c’est aussi un sacré outil de relais d’informations, tant que l’on n’est pas censuréE.

Depuis quelques jours, j’y reviens et chaque fois j’en sors touchée, car, en Belgique, un mouvement trouve et prend sa place.

En pleine crise migratoire, à Bruxelles, et plus précisément dans le quartier de l’Office des étrangerEs où les demandeurs d’asile, migrantEs, et réfugiéEs trouvent refuge, à la gare du nord et dans le parc voisin, le fameux parc Maximilien, un mouvement en réseau de citoyenNEs s’est créé.

Un mouvement de résistance. De résistance face à une politique belge dans laquelle nombre ne s’y reconnaissent plus, dont nombre d’entre nous sommes honteux.

Depuis quelques années, des réfugiés, principalement venus du Soudan, d’Erythrée et de Syrie, se posent dans des campements de fortune à la gare du nord ainsi qu’au parc Maximilien. Une étape. Objectif l’Angleterre.

Je n’ai pas besoin de vous décrire leur quotidien ainsi que leurs conditions de vie. Et dès que l’automne pointe le bout de son nez, avec ses torrents de pluie, alors ça devient juste l’enfer sur terre.

Sans aucune surprise, Théo Francken (N.VA), Secrétaire d’Etat à l’Asile et à l’Immigration ne le voit pas comme ça.

Il demande que le “nettoyage” (cfr. son compte Twitter) soit fait et ce, en ayant recours à des méthodes telles qu’utilisées sous les régimes fascistes. Tous les coups sont permis. Non ce n’est pas un film. C’est Bruxelles “ma belle“.

La police est alors chargée de traquer et d’organiser des rafles, de confisquer et de détruire ce qui leur reste de matériel dont leurs sacs de couchage qui sont coupés aux ciseaux, ainsi que ces petites choses qui sont tout ce qu’il vous reste de précieux.

Dernièrement ce même Théo Francken a fait appel au gouvernement Soudanais pour que celui-ci envoie des fonctionnaires afin d’identifier leurs ressortissants. On se souvient que le chef d’État du Soudan est poursuivi pour génocide et crime contre l’humanité par la Cour pénale internationale.

Alors, entre-temps, il y a la police qui fait très bien le “nettoyage”. Mais aussi des volontaires qui sont prêts à faire ce sale boulot. Humiliation et harcèlement sont les mots d’ordres à l’égard des réfugiéEs (mineurEs également), des associations, des volontaires et de toute personne qui ne veut pas fermer les yeux.

La politique du pire afin de dissuader ces personnes de s’exiler, de quitter leur pays où ils sont, ne l’oublions pas, en danger. La politique de la dispersion et donc de l’invisible. Coffrer ces réfugiés, c’est les cacher, c’est nettoyer comme si cela n’existait pas. L’hypocrisie européenne.
Tout comme la France, avec les campements de migrants Porte de la Chapelle. Même combat.

Aujourd’hui, je suis comme de nombreuses personnes le groupe Facebook Plateforme citoyenne de soutien aux personnes réfugiées Bruxelles et leur site www.bxlrefugees.be

Ce groupe est un espace d’informations et de coordination des actions et initiatives citoyennes de solidarité avec les demandeurs d’asile et les réfugiés à Bruxelles et en Belgique.

35 723 personnes suivent ce groupe.

“Hébergement plateforme citoyenne” est une des actions possibles et proposées. Cet espace permet à toutes personnes souhaitant accueillir une ou plusieurs personnes dans le besoin pour une nuit ou plusieurs, y trouvera toutes les infos nécessaires.

Hier soir, 122 personnes ont trouvé un lit, une douche, un peu de chaleur, un repas grâce à l’ouverture d’esprit de nombreux citoyens belges qui ont décidé d’agir.

* * * * * * * * *

I’d been off Facebook for a while. I’d had enough of it ; most of all, I didn’t find any social usefulness to this media.
And yet its a damned useful information relay, as long as censorship doesn’t cut us off.

I’ve come back to it in the past few days and, every time, I leave it moved because in Belgium, a movement has found its place there.

In Brussels in the midst of a full-blown migratory crisis and, more specifically in the neighborhood of the Aliens’ Office (Office des étrangers) where asylum seekers, migrants and refugees take shelter, at the Gare du nord and in the neighboring park, the famous parc Maximilien, a citizens’ network has taken shape.

A resistance movement. Resistance against a Belgian policy in which many no longer recognize themselves, a policy of which several of us are ashamed.

For the past few years, refugees, most of them from Sudan, Erythrea and Syria, set up makeshift encampments at the Gare du nord and in parc Maximilien. A stopover on their objective : England.

I don’t need to describe their daily life and their living conditions. And when fall comes along with its torrential rain, it turns into hell on earth.

Not surprisingly, Théo Francken (N.VA), Secretary of State responsible for Asylum and Immigration, does not see it this way.

He demands a « clean-up » (cf. his Twitter account) using methods applied under fascist regimes. Anything goes. No, this is not a movie. This is “Bruxelles ma belle“.

The police sees to organizing the roundups and the tracking, confiscating and destroying of what is left of their wordly goods including their sleeping bags which are cut up with scissors, along with those tiny little things that are all that’s left of what a person holds dear.

Recently, this same Théo Francken called on the Sudanese government to send over civil servants charged with identifying their nationals. Lest we forget : the Sudanese head of State is charged with genocide and crimes against humanity before the International Criminal Court.

In the meantime, the police does a thorough job of « cleanup ». But there are also volunteers ready to do the dirty work. Humiliation and harassment are the standing directives concerning refugees (minors included), associations, volunteers and anyone who refuses to look the other way.

The policy of the worst-case scenario is applied in order to discourage these persons of seeking exile and of leaving their country where, we mustn’t forget, their lives are in danger. The policy of dispersion and invisibility. Putting away these refugees means hiding them from view, cleaning up as if they didn’t exist. European hypocrisy.

Same as in France, with the migrant encampments at Porte de la Chapelle. Same struggle.

Now, like many others, I am part of the Facebook group Plateforme citoyenne de soutien aux personnes réfugiées Bruxelles and follow their website www.bxlrefugees.be.

This group functions as a space for information and coordination of citizen actions and initiatives of solidarity with asylum seekers and refugees in Brussels and Belgium overall.

35 723 people presently follow this group.

“Hébergement plateforme citoyenne” (Citizen Shelter Platform) is one of the possible actions suggested. In this space, anyone wishing to shelter one or several people in need for one night or several, will find the necessary information.

Last night, 122 persons found a bed, a shower, a bit of warmth, a meal, thanks to the open minds of several Belgian citizens who decided to act.

Text Sophia Yousri
Photos Mustafa Kılıç


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