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COVID 19 : Stratégie du choc ?

posté le 05/06/20 par Bruxelles Dévie Mots-clés  répression / contrôle social 

Il n’est plus possible d’en douter, le choc est là : pandémie mondiale, crashs financiers, pénuries alimentaires (des émeutes de la faim secouent notamment certaines villes chiliennes (1), … Qui dit “choc”, sous le néolibéralisme, invoque immédiatement son corollaire : la stratégie du choc (2). Pour faire simple, la stratégie du choc consiste à prendre des mesures profitables aux plus puissant·e·s en période de “choc” et à les conserver par la suite, une fois que la population s’y est habituée. Simple exemple : la peur du terrorisme nous a fait accepter une présence militaire dans les rues, qui n’a été questionnée par la suite que pour des raisons économiques.

La crise sanitaire actuelle a transformé toute la Belgique en un laboratoire pour la répression. La police a utilisé des drones pour ordonner aux gens de se disperser, des applications de traçages ont été mises sur pieds (bien qu’elles ne soient pas obligatoires, il s’agit-là d’une dangereuse première), les métadonnées des téléphones portables ont été surutilisées… Tout cela combiné à une police encore plus agressive et autoritaire que d’habitude. Il est important de se demander ce qui va rester de cela, mais aussi de savoir que tout ce qui ne persiste pas dans les démarches quotidiennes de la police peut maintenant refaire surface au moindre “problème”.

Ensuite, la crise sanitaire (et la crise financière qui s’annonce) va servir à légitimer les attaques à la sécurité sociale, et à faire passer pour inévitables des mesures qui nous paraissaient jusqu’alors impossibles. A ce sujet, on sent déjà venir la droite qui tentera de privatiser l’hôpital public parce qu’ils n’a pas été assez efficace en tant de crise (ce à quoi nous lui répondrons que les gouvernements responsables de coupes budgétaires dans la santé ont du sang sur les mains). Plus globalement, les crises financières sont souvent synonyme d’austérité, qui ne contribue qu’à sauver (et enrichir) les plus riches.

Enfin, Klimis, philosophe, rappelait il y a peu dans le soir que “la Constitution belge interdit la suspension des droits fondamentaux en temps de paix. L’état d’exception que nous vivons de facto est donc anticonstitutionnel, car aucune disposition légale ne l’a prévu a priori” (3). La question est donc : le choc sanitaire va-t-il déboucher sur une révision de la constitution en ce sens ? Une révision pareille constituerait une clé pour un dirigeant a tendance autoritaire…
Une chose est sûre : il va falloir être vigilant·e·s pour conserver nos acquis et fort·e·s pour en obtenir de nouveaux.


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