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[Calais] Photos d'aujourd'hui

gepost op 28/05/14 door Gustav Pursche, visual-rebellion Trefwoorden  actie  luttes sociales  répression / contrôle social  No Border  sans-papiers  Calais 
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Commentaren
  • 29 mei 2014 09:42

    Et la presse local

    [CALAIS]
    Évacués... Mais où?

    29/05/2014
    Hier, deux camps de migrants ont été rasés. L’opération, contestée par
    les associations, s’est terminée en fin d’après-midi. Sur décision préfectorale, les exilés, à la rue, bénéficient d’une nuit de répit pour trouver un nouvel endroit où s’installer.
    Un «retour à la jungle de 2009» pour certains...
    PAR DOMINIQUE SALOMEZ
    ET CHLOÉ TISSERAND
    PHOTO JEAN-PIERRE BRUNET

    [IMMIGRATION CLANDESTINE]
    À Calais, l’éternelle destruction des camps de migrants

    29/05/2014

    Les camps ont été démantelés hier matin, sous tensions mais sans violence de part et d’autre.
    07 heures
    C’est au petit matin que les forces de l’ordre ont débuté leur intervention, en investissant le camp dit «des Africains» le long du canal de Calais. Les exilés avaient quitté le camp dans la nuit de lundi à mardi pour occuper le lieu de distribution des repas. Des activistes ont tenté de barrer la route aux CRS avec des tentes. On note le bref passage de cinq militants d’extrême droite. Une demi-heure plus tard, des compagnies de gendarmerie arrivent en nombre sur le camp principal dit «des Syriens» où cohabitent de multiples nationalités. Elles ont encerclé le campement. Ici aussi, une partie des migrants ont déjà quitté les lieux. Deux cents hommes sont mobilisés du côté des forces de l’ordre.
    08heures
    Le préfet du Pas-de-Calais organise un premier point presse puis un second, devant un campement, deux heures plus tard. Parmi les priorités: inciter les migrants à se rendre sur le lieu de douches du Secours catholique pour bénéficier du dispositif sanitaire contre la gale. Des bus sont affrétés pour faciliter le déplacement. «Je m’y engage, il n’y aura aucun contrôle d’identité, aucune interpellation.» Le représentant de l’État assure qu’une solution d’hébergement d’urgence sera proposée à tous les migrants qui entameront des démarches administratives (demande d’asile, retour volontaire) auprès de l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration).
    09heures
    Les forces de l’ordre pénètrent dans le camp et inspectent l’intérieur des tentes. Mais tous les exilés ont trouvé refuge dans la zone de repli, le lieu de distribution des repas. Un endroit clos et grillagé. Des interprètes, parlant en arabe, utilisent un mégaphone pour inciter les migrants à prendre les bus. Il leur est rappelé que le camp sera démantelé dans la matinée.
    11heures
    Le bulldozer arrive et fait craquer le bois des tentes qu’il détruit et engloutit peu à peu sous les yeux des migrants. Les bénévoles et des Calaisiens sont écœurés. Yves, 79ans, s’indigne: «Ces gens fuient ceux que nous prétendons combattre nous-mêmes et on les traite comme s’ils n’étaient rien.» Migrants et associations font face à un cordon de CRS qui les empêchent d’entrer sur le camp par souci de sécurité. C’est la ligne de front. On entend le bip des marches arrière de l’engin de chantier. «Ma vie est une blague», désespère un Afghan en colère. Des larmes coulent. Des migrants craquent. L’un d’eux hurle pour rentrer dans le camp et récupérer ses affaires. La tension peut tourner à tout moment à l’affrontement. Des heurts éclatent sur le lieu de distribution au moment où des CRS tentent de pénétrer dans l’enceinte. Les exilés ont trouvé des poubelles dont ils se servent pour bloquer les issues du site. Ils scandent «Shame on you!» («Honte à vous») et leur barrent le passage.
    En fin de matinée, le directeur départemental de la cohésion sociale, Serge Szarzynski, entre sur le lieu de distribution, assisté par des interprètes. Il rencontre des représentants des exilés. Leur demande de quitter les lieux: s’ils prennent les bus, la police n’interviendra pas. Il ajoute que des solutions d’hébergement dans le département sont prévues. Mais les migrants lui rappellent qu’ils veulent rester à Calais et ne renonceront pas à leur rêve d’Angleterre. Les pourparlers entre groupes de même langue démarrent sous la pression d’une évacuation imminente. «Où allons-nous aller?», se demande, inquiet, un Africain.
    15heures
    Un compromis est trouvé. C’est le préfet qui l’annonce. Les migrants pourront rester sur le lieu de distribution pour la nuit. «Je fais confiance aux associations pour que les lieux soient libérés demain ou au plus tard après-demain. Cet endroit ne doit pas devenir un lieu d’hébergement», déclare Denis Robin. Le dispositif sanitaire a été moins fréquenté qu’espéré: seuls 56 migrants en ont bénéficié. Les opérations de déblaiement et de nettoyage ont pris fin. Il n’y a plus de trace des campements. Les zones ont été clôturées pour empêcher les retours.
    Lire aussi le «Temps fort» page 28.
    Hier à Calais, sur ordre de la préfecture, deux camps de migrants ont été rasés pour des raisons sanitaires et de sécurité. Environ cinq cents personnes vivaient dans ces campements de fortune. Hier, les événements avaient un air de déjà vu à Calais.
    PAR DOMINIQUE SALOMEZ ET CHLOÉ TISSERAND
    PHOTOS JEAN-PIERRE BRUNET

    «Improvisation» pour les associations

    29/05/2014

    L’opération a été vivement critiquée par les associations, qui affirment avoir perdu confiance dans les autorités.
    Les associations d’aide aux migrants sont en état de choc depuis l’annonce du préfet il y a une semaine de fermer les camps. Hier, elles dénonçaient «uneorganisation catastrophique de l’opération». «Sur 600 migrants, à peine 50 ont bénéficié d’un accès aux douches, 17 pour la proposition d’hébergement, c’est ridicule. Ce qu’on a vu est improvisé et c’est une solution inadaptée», souligne Maël Galisson, coordinateur de la plateforme de service aux migrants. Vincent De Coninck, du Secours catholique, a employé le terme de «maltraitance institutionnelle» pour qualifier l’opération. L’évêque d’Arras, Jean-Paul Jaeger, s’est demandé: «Jusqu’à quand se poursuivra sur nos rivages un déni d’humanité qu’une sournoise indifférence s’efforce de cacher?»
    Coup de force
    Cécile Bossy, coordinatrice de Médecins du Monde, soupire: «Il fallait effectuer un travail en amont pour trouver une solution alternative.» Comme elle, Christian Salomé, président de l’Auberge des migrants, estime que «le traitement de l’épidémie de gale est un échec». Une activiste s’indigne: «Il fallait voir comment ils ont proposé d’aller aux douches, il y avait 300 policiers. À quel moment voulez-vous qu’ils leur fassent confiance pour monter dans les bus?»
    «C’est une erreur lamentable d’avoir laissé les associations de côté, martèle Jean-Claude Lenoir, président de Salam.C’est dramatique, d’autant que c’est une opération très coûteuse quand on voit qu’un avion surveillait la zone. C’est dommage alors que depuis un an et demi, nous avions l’impression d’avoir un dialogue avec la préfecture. Rien n’a avancé et les gens sont à nouveau à la rue. L’opération a cassé la confiance du mouvement associatif dans les autorités.» Jean-Claude Lenoir regrette que ces dernières aient d’abord usé de la force avant d’entamer la négociation. «J’ai trouvé que c’était une journée particulièrement violente au niveau du lieu de distribution des repas», décrit Christian Salomé en évoquant une confrontation entre les exilés et policiers.
    «Vouloir passer par la force n’est pas une bonne solution», insiste Joël Deseigne du Secours catholique, qui souligne toutefois qu’en quinze ans de bénévolat «c’est la première fois qu’on laisse les migrants choisir un terrain (après le démantèlement) pour s’installer et qu’on fait reculer les pouvoirs publics». Habituellement, le démantèlement se termine par une simple évacuation. Là, c’est la négociation qui a primé. «Il y avait beaucoup de médias et les migrants étaient déterminés et unis», raconte Joël Deseigne. Jean-Claude Lenoir n’oublie pas de constater que «c’est parce qu’il y a eu des stades de préviolence latente pendant l’opération qu’ils en sont venus à la négociation».C. T.

    Du visible ...

    29/05/2014

    Du visible
    à l’invisible
    Le terrain, appartenant à la Région, et sur lequel s’était implanté le camp dit «des Syriens» était déjà le fruit d’une négociation. En octobre, les Syriens avaient manifesté au port pour revendiquer des conditions de vie plus dignes et un endroit où ils pouvaient s’installer. La place de l’Europe avait été choisie et «on leur avait dit qu’on les laisserait tranquilles», rappelle Philippe Wannesson, auteur du blog Passeurs d’hospitalités.
    Hier, le préfet a indiqué qu’il laissait un jour de répit aux exilés pour qu’ils trouvent avec les associations un nouveau terrain. «Il dit aux gens d’aller squatter!», résume Philippe Wannesson. «Les pouvoirs publics tournent en rond», analyse Joël Deseigne du Secours catholique. Aucun terrain n’a été proposé par les autorités. Le préfet fait confiance aux associations pour qu’elles le trouvent. «Il leur demande de trouver des endroits discrets hors du centre-ville de Calais», ajoute Christian Salomé. Le retour à l’invisibilité, c’est le «retour à la jungle de 2009», indique une bénévole. Et ignorer la prise en charge d’une migration à Calais devenu inévitable.C. T.

    [ZOOM]
    Dispositif sanitaire ...

    29/05/2014

    Dispositif sanitaire
    Le préfet du Pas-de-Calais Denis Robin l’avait annoncé la semaine dernière: les camps qui s’étaient formés illégalement près du port et du centre-ville de Calais allaient être démantelés pour des raisons sanitaires et de sécurité. «On sait que ces grands rassemblements de personnes sont dangereux pour les migrants eux-mêmes. Parce qu’il y a des risques d’insalubrité et de rixes», indique le préfet.
    Environ 550 personnes vivaient dans ces camps de fortune où une épidémie de gale était en passe de se développer. Un dispositif sanitaire d’urgence a été mis en place hier et les jours précédents. En tout, 226 migrants ont bénéficié d’un traitement.

    Après le démantèlement d’hier, la préfecture avait prévu 180 places en hébergement d’urgence dans le département pour les migrants qui souhaitaient entreprendre une démarche d’accompagnement avec l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration). Seules 25 personnes, dont deux mineurs, ont choisi cette voie en faisant une demande d’asile.

    [LE TEMPS FORT]
    Calais, le supplice de Tantale

    29/05/2014

    EN décembre prochain, on « fêtera» si l’on peut dire, les quatorze ans de la fermeture du centre pour réfugiés de Sangatte. Une décision menée au pas de charge par le nouveau ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, sous les applaudissements des élus socialistes locaux, parmi lesquels le député Jack Lang.
    Fermer le grand hangar hérité d’Eurotunnel, avec son minimum de confort et d’hygiène apportés par la Croix-Rouge, allait, disait-on, couper la pompe aspirante attirant vers Calais tous les immigrés clandestins à la recherche d’une vie meilleure et tous les vautours qui cherchent à les exploiter...
    On a vu le résultat. Depuis quatorze ans en effet le drame s’est déplacé de quelques kilomètres. On ne parle plus de Sangatte mais des « jungles » qui se sont aussitôt édifiées de bric et de broc à proximité du port.
    Campements indignes que les ministres de l’Intérieur successifs, hier de droite, aujourd’hui de gauche, viennent «raser» au bulldozer, cette fois pour une raison sanitaire, parce qu’il faut bien montrer à la population locale excédée que l’État agit! En 2014 comme en 2009, en attendant le prochain épisode. L’afflux continu des migrants de Calais, c’est le double symbole: celui de l’impuissance des États face à l’immigration clandestine et celui de l’égoïsme entre Européens, sanctionnés dimanche dernier à Calais par le score de Marine Le Pen. Voilà bientôt quinze ans que du haut de ses falaises de craie, la Perfide Albion peut regarder sans états d’âme les candidats à son eldorado s’échouer à Calais. Aux Français de se débrouiller avec les clandestins et de ne surtout pas les laisser embarquer! Calais terminus de Schengen, tout le monde descend...
    Les plages et les quais de Calais pour un homme qui a pris tous les risques pour fuir la guerre en Syrie ou en Érythrée, c’est le supplice de Tantale. Une vie meilleure idéalisée pendant des milliers de kilomètres, un rêve, à portée de vue par temps clair mais inaccessible, à moins de prendre tous les risques sous un camion ou sur un radeau de fortune...
    Dans la fiction bien pensée des textes européens, tous ces candidats à l’exil auraient dû déposer leur demande d’asile dans le premier pays européen traversé. Pour beaucoup l’Italie ou la Grèce. Mais ils n’ont qu’une destination en tête, la Grande-Bretagne.
    Pas plus que la fermeture de Sangatte en 2002, l’opération table rase d’hier ne les arrêtera. Une fois débarrassés de la gale, ils retrouveront leur galère quotidienne et la quête d’un nouvel abri de fortune. David Cameron peut dormir sur ses deux oreilles...

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