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Claude Guillon, le principal témoin à charge, ne s’est pas présenté au procès en appel de Jean-Marc Rouillan

posté le 22/04/17 par Frank Mots-clés  antifa  luttes sociales  médias  solidarité 

La « justice » ne lambine pas en France, surtout en période électorale et en pleine hystérie sécuritaire. Il convenait donc de faire un exemple avec Jean-Marc Rouillan, condamné en première instance à huit mois ferme pour apologie du terrorisme et à quelque 9000 euros de dédommagement des « victimes » de son « apologie du terrorisme ».

Mais ce n’était pas encore suffisant : dans le procès en appel organisé dans la précipitation par l’Etat pour que ça coïncide avec l’élection présidentielle et sa surenchère anti-terroriste, la justice aux ordres va encore plus loin en réclamant pas moins de deux ans de prison dont un an assorti d’un sursis avec mise à l’épreuve et portant la somme de sa « punition » à près de 40000 euros ! La liberté d’expression est un droit fondamental, Jean-Marc Rouillan Rouillan en a fait usage dans une interview. Ces propos ont été transformés en apologie d’un acte de terrorisme. La liberté d’expression ne peut être un droit à géométrie variable, réservé aux seuls gouvernants. Le contexte émotionnel fort qui conduit à engager des poursuites pour apologie d’un acte de terrorisme est précisément celui auquel la justice doit savoir se soustraire.

De quoi s’agissait-il ?

« Qui est renseigné sur les engagements passés et présents de Jean-Marc Rouillan ne peut penser un seul instant que ce dernier puisse défendre, de quelque façon que ce soit, ce que représentent Daesh et l’EI. À moins d’un soudain excès de folie. Et de folie il n’est pas question ici, l’écoute de l’entretien donné sur Radio-Grenouille ce 23 février confirme, si besoin est, de la lucidité du gars. Sur ce point-là déjà soyons rassurés, sa fidélité à son combat de militant communiste révolutionnaire contre toute forme d’impérialisme, contre toute forme de pouvoir étatique se construisant sur la contrainte des corps et des esprits, reste vive, déterminée, et joyeuse.

Ce qui donc mérite d’être étudié, sont les raisons de cette furie médiatique : comment se construit-elle (organisation des mensonges et des approximations), dans quel contexte, pourquoi...

Car si la phraséologie produite par les rouages communicationnels de la domination est vulgaire, et surprend par son obscénité, derrière chaque nouvelle poussée de l’obscène une intelligence est à l’œuvre contre notre liberté d’expression.

Lorsqu’on écoute cet entretien, on comprend très vite que le hiatus n’est pas, à proprement parler, sur ce qui se dit sur Daesh (grosso modo, interviewé et intervieweurs sont d’accord sur l’inacceptabilité de ce que propose cet « état » islamique et des moyens employés). Par contre, ce qui pose très vite problème, est le refus de Jean-Marc Rouillan d’accepter le cadre même de la discussion proposée (qu’être contre Daesh ne peut signifier qu’être du côté de ce contre quoi Daesh se mobilise, c’est-à-dire la France démocratique) et l’assignation qui, conséquemment, lui est faite : être un porte-parole de cette démocratie blessée. »

https://blogs.mediapart.fr/laurent-cauwet/blog/170316/qui-peur-de-rouillan

Voir aussi :

https://www.change.org/p/ministre-de-la-justice-soutien-à-jean-marc-rouillan

http://www.lesinrocks.com/2016/06/25/actualite/proces-de-jean-marc-rouillan-suis-contre-france-contre-daech-11849596/

http://www.revolutionpermanente.fr/Jean-Marc-Rouillan-condamne-a-8-mois-ferme

http://blogyy.net/2016/06/25/revolution-ou-terrorisme/

Déjà, le procès de notre camarade Jean-Marc Rouillan avait eu lieu sans que se soit manifesté son principal témoin à charge, l’ex-libertaire repenti Claude Guillon, qui avait pourtant épluché le dossier avant même la Justice et la mise en accusation de Jean-Marc et accumulé une quantité impressionnante de charges contre l’ancien militant d’Action directe. On attendait donc au moins sa présence au tribunal pour développer son réquisitoire aux côtés des parties civiles, de la proc et des juges. Un réquisitoire qui annonçait la couleur sans fioritures :

https://lignesdeforce.wordpress.com/2016/03/21/jean-marc-rouillan-doit-se-taire-non-parce-que-letat-le-lui-impose-mais-parce-que-les-enormites-qui-sortent-de-sa-bouche-nuisent-a-la-cause-quil-pretend-defendre-et-a-lui-meme-acc/

La sentence était tombée, suivant point par point les instructions de Claude Guillon, mais ce dernier n’était pas là pour savourer son triomphe. Pourtant, tous les arguments y étaient, avec en supplément un bonus spécialement adressé aux « révolutionnaires » au cas où l’appel du pied à la magistrature ne suffirait pas. On remarquera que la hargne de l’apprenti procureur ne s’adressait pas seulement à Jean-Marc, mais à l’ensemble des camarades qui ont eu l’outrecuidance de lui manifester une solidarité sans demander auparavant sa permission…

En appel, Claude Guillon s’est encore fait porter pâle, c’était pourtant l’occasion d’enfoncer le clou et d’essayer de nous convaincre de l’utilité de retourner sa veste. Peut-être sera-t-il là pour le verdict, le 16 mai ? Ce serait pour nous l’occasion de lui donner la réponse du berger à la bergère :

Quand Monsieur Guillon prétend que les propos de Jean-Marc « nuisent à la cause qu’il prétend défendre, et à lui-même accessoirement [sic] », en réalité, il veut dire des propos qui le dérangent lui, Claude Guillon, car en quoi la « cause » que défend Jean-Marc aurait quelque chose à voir avec la « cause » que défend Guillon ? Il faudrait que ce triste personnage arrête de parler de la « cause » des autres À LEUR PLACE ! Il y a longtemps que Guillon n’a plus rien à voir avec nous, il faudrait aussi qu’il cesse de se substituer au juge d’application des peines, qui est plus modéré que lui !

« Jean-Marc Rouillan, tu as besoin de murir longuement chaque phrase : allons tant mieux ! Tu es meilleur à l’écrit qu’à l’oral : ça tombe à merveille : tu écris des livres. Tu ne voudrais pas être contre-ténor à l’opéra, aussi ? Tu sais parfaitement ce qu’il faut penser des journalistes bourgeois : tiens t’en éloigné ! Tes problèmes identitaires — qui n’en a pas ! — fais-en des romans, ou réserve-les à un(e) psy : il n’y a pas de honte !

Bref, par pitié, pour toi et pour les autres : FER-ME-LA ! »

Pour paraphraser Guillon, on pourrait lui rétorquer :

« Par pitié, Guillon, au nom du respect pour les gens honnêtes, ne te crois l’avocat de personne ! Ne plaide aucune cause ! Laisse tomber la politique, tu n’as aucune disposition ! Tu es aussi mauvais à l’écrit qu’à l’oral, mais continue quand même à écrire des livres, comme on ne les lira pas ça ne nous portera pas préjudice. Mais, par pitié pour les autres, FER-ME-LA ! Ou mieux : SUICIDE-TOI, au lieu de donner le « Mode d’emploi » pour le suicide des autres. On se charge de l’épitaphe :

In memoriam Claude Guillon

Le spécialiste du suicide des AUTRES a fini par s’appliquer à lui-même cette méthode radicale. Le brillant intellectuel a voulu mettre fin à une vie faussement rebelle et au final totalement décevante, au point qu’il a fini par rejoindre ce qu’il y a de pire dans ce qu’il avait fait semblant de combattre quand il était « jeune », singeant avec quelques années de retard dans sa dérive populiste le parcours des Geismar, July, Cohn-Bendit, Goupil et autres Coleman.

Pour le soutien à Jean-Marc :

http://www.bboykonsian.com/Proces-en-appel-de-Jean-Marc-Rouillan-le-18-avril-2017-a-Paris_a3643.html


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