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Dessine-moi une cage

posté le 05/09/13 par Hors Service Mots-clés  luttes sociales  ZAD du Keelbeek 

Se battre contre les constructeurs des nouvelles prisons

Plusieurs nouvelles prisons sont en construction. Une maxi-prison est ainsi prévue à Haren, au nord de Bruxelles. L’État compte de cette manière renforcer son arsenal répressif et faire peser l’ombre de la taule sur toujours plus de personnes. Toute prison respire la souffrance, toute prison est un puit où l’on cherche à cacher la misère de cette société aux yeux du bon citoyen. Plutôt que « résoudre » les problèmes, la prison les met à l’écart, et ce n’est qu’une question de temps avant que la balle maintenue sous l’eau ressurgisse pleine de force.

Nous sommes contre la prison, parce que nous pensons que le seul remède aux maux de la société, c’est la liberté, et donc la destruction de toute oppression et exploitation. Nous nous opposons donc à la construction des nouvelles prisons qui ne tombent pas toutes faites du ciel, mais nécessitent de la main d’œuvre des entreprises et des architectes. Aucune prison ne saurait être construite sans le concours de ces vautours de la misère humaine. Celui qui dessine des cages sait qu’il collabore à l’édification d’un lieu où souffrance rimera avec torture, isolement avec suicide, pleurs avec rage. Celui qui construit des cages sait qu’il s’expose à la poésie armée de ceux qui se battent pour la liberté. Celui qui étudie les meilleures façons architecturales pour désorienter les détenus, briser la personnalité du prisonnier et mater la révolte, sait qu’il sera traité en ennemi par ceux qui ne sont pas prêts à rejoindre les rangs des exploités muets et résignés.

Actuellement, la construction de nouvelles prisons se caractérise aussi par une nouvelle donne : les entreprises appelées à construire les prisons resteront en même temps propriétaires des bâtiments. De son côté, l’État louera les cellules. Ce n’est pas dur de comprendre que les entreprises auront tout intérêt à ce que les nouvelles prisons soient remplies au plus vite. L’État enferme pour se protéger, et les entreprises pour réaliser des profits. Argent et pouvoir marchent toujours main dans la main.

S’opposer aux nouvelles prisons passe logiquement par s’opposer à ceux qui les dessinent, les construisent, les financent, les entretiennent et les gèrent. Chaque coup porté contre les collaborateurs de l’œuvre répressive de l’État est une façon de saboter les chantiers des prisons. Ils ne pourront jamais protéger tous les véhicules, engins, bureaux, petits chantiers, matériels, intérêts, filiales des constructeurs des prisons. Faire fondre le tissu économique autour de la construction des prisons se révèle donc un angle d’attaque intéressant, et à portée de tous, pour mettre son grain de sable contre la machine à enfermer.

En ce qui concerne la future maxi-prison d’Haren, la Régie des Bâtiments, commanditaire de cette horreur carcérale, vient de choisir son partenaire économique. Il s’agit du consortium Cafasso, comprenant les sociétés suivantes : FCC Construction et Denys (construction) ; Buro II & Archi+I et EGM (architectes) ; Derveaux (Ingénieurs) ; Marcq & Roba, Aracadis Aqumen, Ares et MOOcon (adviseurs et promoteurs). Qu’ils ne dorment pas tranquilles, comme les prisonniers qu’ils comptent enterrer.

Extrait de Hors Service, n° 39, 9 août 2013


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