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En Suisse, un dossier à hauts risques pour le violeur bourgeois Tariq Ramadan

posté le 01/10/18 par https://www.liberation.fr/france/2018/09/17/en-suisse-un-dossier-a-hauts-risques-pour-tariq-ramadan_1679375 Mots-clés  antifa  féminisme  genre / sexualité 

L’ouverture à Genève d’une instruction pénale pour viols et contrainte sexuelle à l’encontre de Tariq Ramadan (l’équivalent à quelques nuances près d’une mise en examen en droit français) a des incidences très lourdes, y compris en France. Le premier effet devrait être une prolongation de son placement en détention provisoire, à l’hôpital pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne). Selon des sources proches du dossier, le procureur suisse en charge de l’affaire devrait, dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, venir y auditionner le théologien en octobre. Il paraît en effet peu vraisemblable que la justice française, qui a toujours craint que Tariq Ramadan ne prenne la fuite à l’étranger, décide de le « prêter » à la Suisse.

Entraide internationale

Dans l’entourage du théologien, on espérait pourtant que celui-ci puisse être remis en liberté après la confrontation prévue ce mardi avec l’une des plaignantes françaises, Christelle. Cela semble de moins en moins d’actualité même si l’état de santé de Tariq Ramadan s’est sérieusement dégradé, selon plusieurs sources.

Le prédicateur de nationalité suisse, au cas où il aurait envisagé d’échapper aux poursuites dans l’Hexagone, ne peut plus espérer trouver refuge dans son pays. Désormais, il y est sous le coup de charges aussi graves qu’en France. Dans les semaines à venir, les justices française et suisse devraient mettre en place ce que l’on appelle une entraide internationale, c’est-à-dire une coopération dans cette affaire complexe et politiquement explosive. Selon des sources proches du dossier, des contacts ont d’ores et déjà été établis entre magistrats. En clair, cela signifie que les juges français et suisse pourraient avoir accès à leurs dossiers réciproques.

A l’avenir, des pièces pourraient même être versées d’une instruction à l’autre. « Cela alourdirait évidemment les charges qui pèsent contre Tariq Ramadan », analyse Me Robert Assaël, l’un des deux avocats de la plaignante suisse à l’origine de la mise en examen du prédicateur.

Exemple d’échanges d’informations possibles : une enquête administrative est en cours à Genève sur d’éventuels abus sexuels qui auraient eu lieu dans des établissements scolaires de la ville, sachant que Tariq Ramadan a été pendant une vingtaine d’années professeur de français dans deux écoles genevoises. Or, en novembre, le quotidien la Tribune de Genève avait publié des témoignages accablants d’anciennes élèves du théologien qui l’accusaient de harcèlement et de violences sexuelles. Si cette enquête mettait au jour le nom du prédicateur, elle pourrait alors être transmise à la justice française.

Petit village

Ces derniers mois, les proches de Tariq Ramadan, y compris sa famille, manifestaient une grande nervosité concernant les développements suisses de l’affaire. Elle présente de fait d’importants enjeux religieux, policiers et financiers. Ville internationale, Genève est aussi un petit village. La famille Ramadan s’y est installée au milieu des années 50, fuyant la répression du régime nassérien contre les Frères musulmans en Egypte. Elle y est très connue, gère notamment le centre islamique, rue des Eaux-Vives à proximité du lac Léman. Le frère aîné de Tariq Ramadan, Aymen, y est aussi un neurochirurgien réputé. Juste avant l’annonce de l’ouverture de l’instruction pénale, les membres du clan familial, notamment son frère Bilal, ont multiplié les prises de position sur les réseaux sociaux et dans la presse suisse pour le défendre.


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