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Eviter l'extradition de Bahar Kimyongür

posté le 18/06/13 par Evita Mots-clés  répression / contrôle social 

TOUT FAIRE POUR QUE BAHAR KIMYONGÜR NE SOIT PAS EXTRADÉ…

COMMUNIQUÉ DU CLEA - Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association

Bahar Kimyongür est à nouveau emprisonné.

Alors qu’il passait quelques jours de congé en Andalousie –en compagnie de son épouse Deniz, et de leurs deux bambins–, Bahar a été arrêté par la police espagnole. Le lundi 17 juin vers 15 heures, des policiers en civil l’ont en effet appréhendé alors qu’il visitait la cathédrale de Cordoue.

Selon les autorités judiciaires de Cordoba, Bahar faisait l’objet d’un mandat d’amener international lancé par la Turquie à la fin du mois de mai…

La justice espagnole ayant 72 heures pour justifier une prolongation de sa détention, B. Kimyongür a été transféré hier après-midi à Madrid. Ce mercredi, il passera devant l’Audience nationale, une juridiction spéciale dont les juges sont directement nommés par le pouvoir politique.

Tant que ne seront pas exactement connues les allégations contenues dans le mandat d’arrêt délivré par Ankara, le défenseur de Bahar –l’avocat madrilène Gonzalo Boye (spécialisé dans les problèmes d’extradition)– ne pourra préciser les éléments de droit fondant une demande de libération immédiate pour notre camarade. D’autant que cette première audience, devant l’Audience nationale, n’aura aucun caractère délibératif : elle sera essentiellement consacrée à des problèmes de pure forme.

Bahar Kimyongür va donc devoir rester en prison, pendant plusieurs semaines, avant qu’une éventuelle procédure soit engagée sur le fond. Un véritable scandale.

On s’en souvient. Le même piège avait déjà été utilisé, avec la complicité active des autorités belges, lesquelles s’étaient empressées de donner bonne suite à un mandat d’arrêt lancé par la Turquie en 2006. Le 28 avril de cette année-là, Bahar avait été littéralement kidnappé par la police hollandaise et détenu en prison 66 jours durant. Après deux grèves de la faim pour protester contre son arrestation illégale et les fouilles à nu dont il était systématiquement victime, Kimyongür avait finalement été innocenté par la Chambre d’extradition de La Haye –celle-ci ayant littéralement pulvérisé les motivations infondées et mensongères avancées par la justice turque.

Coïncidences ? Ce n’est sans doute pas le simple fait du hasard. Le nouveau mandat d’amener, qui a permis l’arrestation de Bahar en Espagne, a été délivré le 28 mai 2013.

Cinq jours auparavant, la ministre de l’Intérieure Joëlle Milquet se trouvait à Ankara pour « renforcer la collaboration en matière de lutte contre le terrorisme ». Y a-t-il un lien entre ces deux événements ? Il ne faut pas forcément être un progressiste des plus radical pour oser se poser la question. Car nul n’était sans savoir que, depuis des mois, le citoyen belge Bahar Kimyongür tentait d’éclairer l’opinion –à contre-courant des grands médias– sur la réalité du conflit en Syrie, un conflit largement instrumentalisé par le gouvernement Erdogan lequel apporte un appui politique, logistique et militaire aux forces combattantes islamistes les plus hystériques.

Sans parler de la manière dont le gouvernement AKP entend régler son compte à la contestation démocratique qui traverse présentement la société turque, il serait ignoble –de la part des autorités belges– de ne rien entreprendre et d’avaliser l’extradition de Bahar Kimyongür vers les prisons ottomanes. Où on peut imaginer le sort qui l’y attendrait.

C’est pourquoi, le Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association s’adresse à tout un chacun.

Dès ce mercredi 19 juin, à 16 heures 30, donnons-nous rendez-vous devant le ministère des Affaires Etrangères (rue des Petits Carmes, entre la Porte de Namur et le Sablon).

Et exigeons « la libération immédiate de Bahar ! »…


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Commentaires
  • 20 juin 2013 09:54, par suivi

    pour plus d’infos : http://leclea.be/

  • BAHAR KIMYONGÜR SOUS LA MENACE...
     
    Bahar Kimyongür ne sera pas de retour à Bruxelles avant samedi.
    Mercredi matin, il avait comparu devant l’Audience nationale, un haut tribunal madrilène réservé pour les cas d’importance nationale ou internationale (tels les délits de terrorisme).
    Cette première audience devant L’Audiencia Nacional devait permettre de préciser les conditions dans lesquelles B. Kimyongür (sous le coup d’un mandat d’arrêt lancé par la Turquie le 28 mai dernier) allait être obligé d’attendre les suites données à la demande d’extradition formulée par Ankara.
    Dès le début de l’audience, l’avocat de Bahar (Gonzalo Boye) a donc expressément demandé la libération sous caution de son client, une demande acceptée par le juge. Contre une caution de 10.000 euros, B. Kimyongür est autorisé à rejoindre la Belgique. Dans quel délai ? Aussitôt la somme réunie par la famille et versée sur un compte bloqué. Ce qui a eu lieu ce jeudi matin. Mais avant de rentrer au pays, Bahar restera encore à Madrid le temps d’une entrevue avec son avocat madrilène.
     
    Bahar rendu à la liberté... Une liberté provisoire puisque, de retour à Bruxelles, il devra y attendre un éventuel procès devant la justice espagnole : celle-ci a 45 jours pour arrêter sa décision : un « non-lieu » ou un procès…
    Nous devrons donc rester sur le qui-vive.
    POURQUOI ? Nous savons tous pourquoi les faits se sont ainsi déroulés. Nous le savons pertinemment.
    Bahar a été, une nouvelle fois, jeté en prison…
    Pour un crime ? Bahar n’a commis aucun crime. Pour un délit ? Bahar n’a commis aucun délit. Pour une infraction pénale ? Bahar n’a commis aucune infraction.
    Sauf à considérer la vérité comme une infraction. Sauf à considérer que prononcer une vérité trop « vraie » est un délit. Sauf à considérer qu’énoncer une vérité dans sa radicalité est un crime.
    C’est ce que considèrent, sans nul doute, les autorités d’Ankara.
    Parce que Bahar n’a jamais cessé de dénoncer les conditions de détention effroyables dans les prisons turques, Kimyongür doit être –pour Ankara– définitivement bâillonné.
    Parce que Bahar n’a jamais cessé de dénoncer les hauts responsables de l’armée et le régime de terreur qu’ils avaient imposé par le sang dès les années 80, Kimyongür doit –pour Ankara– être définitivement bâillonné.
    Parce que Bahar n’a jamais cessé de dénoncer l’impunité dont les généraux turcs ont toujours bénéficié malgré leurs crimes de masse, Kimyongür doit –pour Ankara– être définitivement bâillonné.
    Parce que Bahar n’a jamais cessé de dénoncer les protections entourant les groupes d’extrême droite responsables du massacre, sur la Place Taksim, de 36 militants de gauche le 1er mai 1977, Kimyongür doit –pour Ankara– être définitivement bâillonné.
    Parce que Bahar n’a jamais cessé de dénoncer les assassinats de syndicalistes soucieux de défendre le peuple ouvrier, Kimyongür doit –pour Ankara– être définitivement bâillonné.
    Parce que Bahar n’a jamais cessé de dénoncer les atteintes au droit de la presse et l’incarcération de centaines de journalistes décidément trop honnêtes, Kimyongür doit –pour Ankara– être définitivement bâillonné.
    Parce que Bahar n’a jamais cessé de dénoncer l’intrication de la maffia et des plus hauts organes d’Etat, Kimyongür doit –pour Ankara– être définitivement bâillonné.
    Parce que Bahar n’a jamais cessé de dénoncer les opérations-commando dévolues à des nervis fascistes en vue d’exécuter extraterritorialement des militants révolutionnaires exilés à l’étranger, Kimyongür doit –pour Ankara– être définitivement bâillonné.
    Parce que Bahar n’a jamais cessé de dénoncer la sale guerre menée contre le peuple kurde, Kimyongür doit –pour Ankara– être définitivement bâillonné.
    Parce que Bahar n’a jamais cessé de dénoncer la collusion entre les gouvernements turcs et les Etats-Unis, leur collaboration parfaite dans les nouvelles croisades impérialistes, Kimyongür doit –pour Ankara– être définitivement bâillonné.
    Sans parler du courage dont Bahar aura fait preuve quand –à contre-courant des grands médias–, il persévérait à éclairer l’opinion progressiste sur la réalité du conflit en Syrie, un conflit largement instrumentalisé par le gouvernement Erdogan lequel apporte un appui politique, logistique et militaire aux forces combattantes islamistes les plus hystériques. 
     
    Chers amis,
    Nous savons tous pourquoi les choses se sont ainsi passées.
    Et pourquoi, dès demain et les jours d’après, nous allons continuer à nous mobiliser pour Bahar.
    En nous battant pour sa liberté à lui, nous nous battons (en fait) pour nos libertés à tous.

    Jean FLINKER
    membre du Comité
    pour la Liberté d’Expression et d’Association

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