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Fake news, la fachosphère à la manœuvre

posté le 07/09/18 Mots-clés  antifa  médias 

Le FN adèpte du bidonnage

Il semble que le FN n’ait pas besoin de cours pour appliquer ce genre de méthodes : tout était bidonné de bout en bout par le Front national, explique Buzzfeed. Le « journaliste » en question est en fait Christophe Boucher, l’un des principaux prestataires du parti d’extrême droite pour le web, « chargé de réaliser les vidéos de campagne » et proche de l’ancien du GUD Frédéric Chatillon. « Ce sont Damien Philippot et Philippe Vardon (ex-leader identitaire niçois-ndlr) qui ont monté ça », affirme à BuzzFeed un ancien permanent du Front national, qui officiait durant la présidentielle. Selon une enquête de Médiapart publiée en début de semaine, les deux hommes, bien que ne figurant pas sur l’organigramme officiel de la campagne de Marine Le Pen, ont exercé une grande influence. Le premier, débauché de l’Ifop, a rédigé la note de « posture » de Marine Le Pen pour son débat d’entre deux tours avec Emmanuel Macron, lui expliquant que « l’objectif (n’était) pas de gagner en crédibilité » mais « tout le temps, tout le temps, être dans l’offensive ». D’un certain point de vue, c’est gagné.

Ce n’est pas la première fois que le Front national use de ces procédés. Début mai, dans ce fameux débat avec le candidat Macron, Marine Le Pen elle-même avait lancé : « J’espère que l’on n’apprendra pas que vous avez un compte offshore aux Bahamas ! ». Hypothèse démentie rapidement par l’intéressé, mais qui n’avait pour but que de le déstabiliser… « L’affaire » de l’oreillette prétendument fichée dans l’oreille de Macron durant le débat était de la même eau. Mais bien avant cela, des fausses informations plus graves ont circulé, relayées par des cadres du FN. Par exemple cette capture d’écran d’un SMS que la section de Reims d’En marche ! aurait envoyé à ses militants pour venir perturber le déplacement de Marine Le Pen, le 5 mai. Un faux grossier, même si une manifestation bien réelle a obligé la candidate à sortir de la cathédrale de Reims par une porte dérobée. Ce travail de sape ne faisait que poursuivre l’explosion de rumeurs contre son adversaire, lancées depuis les sites les plus à droite de la Toile. En avril, Emmanuel Macron avait été attaqué sur le financement supposé de sa campagne par le régime saoudien. Le 25 avril, sur TF1, Marine Le Pen avait évoqué « ces candidats » qui « sont entre les mains des communautaristes, notamment des plus dangereux, comme l’UOIF ». Elle ne faisait que relayer des « fake news » issues de Riposte laïque (« Macron se prostitue aux islamistes ») ou Résistance républicaine (« Macron trouve que le ‘’radicalisé’’ Mohamed Saou est un type très bien »)… Quand il s’agit d’attaquer ses adversaires, à l’extrême droite on sait d’ailleurs mettre ses différences de côté. Le 2 mars, Marion Maréchal-Le Pen partageait ainsi sur Twitter un article attribué au quotidien belge Le Soir, selon lequel la campagne du candidat Macron aurait été financée à 30% par l’Arabie saoudite. L’article a le vernis de la vérité, citant l’AFP, ainsi qu’un député belge. Fdesouche le reprendra sans commentaires, comme Marion Maréchal.

Cibler l’ensemble de l’internet quand la pollution de l’information provient dans son immense majorité d’une seule famille de pensée, l’extrême droite ? Dans les milieux progressistes, on craint un tour de vis sur la liberté de circulation de l’information, comme Google l’a fait aux Etats-Unis en créant, sous couvert d’une campagne de lutte contre les « fake news », une liste noire sur laquelle le géant du net a inscrit des sites de gauche et progressistes. Ce qui mettrait fin à la neutralité du net, mais collerait bien à la stratégie macronienne d’étouffement à bas bruit des médias, dont on peut se dire que le tri des journalistes qui suivent les déplacements présidentiels n’était que la première étape.


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