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Israël pratique une « torture systématique » à l’encontre des prisonniers palestiniens

posté le 24/10/18 Mots-clés  antifa 

Le groupe de défense des droits des prisonniers palestiniens, Addameer, a publié une déclaration ce lundi à l’occasion de la « Journée internationale de soutien aux victimes de la torture », soulignant l’utilisation par Israël de la « torture et des mauvais traitements » sur les détenus palestiniens, qui ont entraîné la mort de 73 prisonniers Palestiniens depuis 1967.
Selon Addameer, la pratique de la torture par les autorités israéliennes, menée de manière systématique, contrevient à de nombreuses lois et conventions internationales interdisant l’utilisation de la torture. Il faut noter que les autorités pénitentiaires israéliennes sont rarement tenues pour responsables des abus à l’encontre des prisonniers palestiniens.

Depuis 1967, après qu’Israël ait occupé de nouveaux territoires palestiniens dont la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza, 73 détenus palestiniens sont décédés dans les prisons israéliennes après avoir été torturés pendant les séances interrogatoires, a rapporté le groupe. Le dernier prisonnier mort sous la torture, Arafat Jaradat âgé de 30 ans, a été torturé à mort dans la prison de Megiddo en Israël [Palestine de 1948] en 2013.

Le ministère israélien de la Santé avait osé prétendre dans son autopsie qu’aucune contusion n’avait été trouvée sur le corps de Jaradat, à l’exception d’une côte fracturée mais après de sa mort, en raison des tentatives de réanimation effectuées par le Service pénitentiaire israélien (IPS)…

Cependant, Addameer avait relevé qu’un expert en médecine légale avait constaté que Arafat avait été « sévèrement battu » pendant sa détention et qu’il avait développé un syndrome de détresse respiratoire aiguë qui avait causé sa mort.

« Malgré cela, à jour, aucun responsable israélien n’a été tenu responsable pour la mort de Jaradat », a déclaré Addameer.

Comme Jaradat, de nombreux autres Palestiniens ont été soumis à des « tortures psychologiques et physiques » pendant les interrogatoires israéliens, a noté le groupe, car les interrogatoires peuvent durer jusqu’à 75 jours et les avocats peuvent se voir refuser l’accès aux détenus pendant les 60 premiers jours des interrogatoires.

Le groupe a souligné certaines techniques de torture utilisées par les autorités israéliennes sur les Palestiniens pendant les interrogatoires, dont (liste non exhaustive…) :

– l’isolement prolongé du monde extérieur
– des conditions inhumaines de détention
– un usage excessif de baillons et de menottes
– des gifles et coups de pied- la privation de sommeil ;
– le refus de nourriture et d’eau pendant de longues périodes
– le déni d’accès aux toilettes
– le déni d’accès aux douches ou de changer de vêtements pendant des jours ou des semaines
– l’exposition au froid ou à la chaleur extrêmes
– l’imposition de postures douloureuses
– les hurlement et exposition à des bruits forts
– les insultes et malédictions
– l’arrestation de membres de la famille ou menaces selon lesquelles des membres de la famille ont été arrêtés
– les abus sexuels
– les claques, coups de pied et coups de poing
– les secousses violentes.

Toute confession arrachée lors de ces épisodes de torture est jugée recevable dans les tribunaux israéliens, selon Addameer.

Le groupe a continué à souligner la pratique courante de la violence physique exercée par les forces israéliennes contre les Palestiniens durant les détentions, y compris lors des raids nocturnes effectués par les forces israéliennes d’occupation. Les soldats entrent souvent dans les maisons palestiniennes au cours de la nuit pour procéder aux détentions, tandis que les Palestiniens font trop souvent face à la violence aux barrages militaires et dans les rues.

« Alors que les temps et les lieux peuvent différer en ce qui concerne l’arrestation des détenus palestiniens, la politique des agressions physiques contre les détenus est systématique et pratiquée de manière répandue, quel que soit l’âge, le sexe ou les conditions de santé du prévenu », a déclaré le groupe.

Addameer a demandé à Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, de prendre des mesures pour que Israël respecte le droit international et permette aux agents de l’ONU de se rendre dans les prisons israéliennes afin de « surveiller et enquêter sur les conditions et les allégations de torture. »

Addameer a également exhorté l’ONU et d’autres parties à demander à la Cour pénale internationale (CPI) d’enquêter sur l’utilisation par Israël de la torture à l’encontre des Palestiniens.

Les détenus palestiniens, dont beaucoup sont des mineurs, ont souvent accusé Israël de pratiquer la torture. Plus tôt cette année, le Comité palestinien des prisonniers a détaillé la torture de deux adolescents palestiniens lors de leurs interrogatoires aux mains des autorités israéliennes.

Musab Muhammad Ghneimat, 17 ans, a expliqué comment il a été abattu avec des balles réelles en fuyant les soldats qui l’ont accusé d’avoir lancé une attaque au couteau. Une fois immobilisé, un soldat israélien a tiré deux balles au sol près de lui et un troisième sur son pied blessé, en tir direct.

De même, Ayad Amr, âgé de 16 ans, a déclaré qu’il a été détenu après que des soldats israéliens aient pénétré dans leur maison pendant un raid en début de nuit.

Il a déclaré qu’il avait été menotté, avec une cagoule sur les yeux, avant que les forces israéliennes ne l’aient « traîné » dans un camion militaire, les soldats l’injuriant en utilisant des « phrases immorales » avant d’être interrogé pendant des heures, tandis qu’un officier israélien lui hurlait au visage et le maudissait.

Selon Addameer, 6200 Palestiniens sont actuellement détenus dans des prisons israéliennes [chiffres du mois de mai], et la plupart d’entre eux « continuent de souffrir de tortures intentionnelles et systématiques, et de mauvais traitements ».


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