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Jus détox et cardio-training, le nouvel esprit de la bourgeoisie

posté le 02/09/18 par https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/RAIM/58985 Mots-clés  alternatives  économie  luttes sociales  réflexion / analyse 

Transpirer, mais en bonne compagnie

Jus détox et cardio-training, le nouvel esprit de la bourgeoisie

    • Compétition ou solidarité, culte du résultat ou de l’effort, règne de l’individualisme ou apprentissage de l’esprit d’équipe ? Les forces politiques se disputent depuis longtemps les valeurs qu’elles associent à l’exercice physique. L’essor des clubs de sport haut de gamme suggère toutefois un regain d’engouement de la bourgeoisie pour le corps. Les performances et la bonne santé justifieraient désormais le statut social.

L’équilibre du corps et des beaux esprits » : telle est la promesse de ce que le magazine de mode Vanity Fair désigne comme « le club de sport le plus sexy de Paris ». Situé dans un hôtel particulier classé monument historique du 9e arrondissement de Paris, Blanche est le dernier-né de la famille Benzaquen, pionnière du fitness de luxe. Derrière la scintillante façade Art nouveau, un design ultracontemporain mêlant acier, béton et granit contraste élégamment avec les colonnes de marbre, miroirs convexes, fresques et autres ornements d’origine.

Comme au Klay, lancé par les Benzaquen en 2009 dans le quartier parisien de Montorgueil, un numerus clausus de 2 500 adhérents assure le confort de l’entre-soi et d’une salle jamais bondée. Mais les tarifs constituent un filtre encore plus efficace : 1 810 euros par an. Moins que les 4 400 euros à débourser pour une première inscription annuelle au Ken Club, fondé par la même famille en 1985 dans le 16e arrondissement de Paris. Mais davantage que les 800 euros d’une salle moyenne gamme du réseau CMG ou que les 120 euros de la formule « heures creuses » de Neoness. Derrière les murs de Blanche ou du Klay se construit un nouveau rapport au corps, enrôlé dans la légitimation des hiérarchies sociales.

Quand on interroge ceux qui fréquentent ces clubs haut de gamme, ils expliquent volontiers apprécier le « savoir-vivre » des membres : des gens « polis », qui « ne draguent pas trop ». Et puis, il y a la « beauté du cadre », aéré et lumineux. Un décor « de bon goût », travaillé avec soin : poutrelles métalliques, verrière immense, plafonds de brique à croisées d’ogives au Klay. « On était dans un univers industriel qui nous faisait penser à un mélange entre [les films] Fame et Rocky, d’où le choix du nom, d’après Cassius Clay, le nom originel de Mohamed Ali, explique M. Arthur Benzaquen.


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