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L’automne est là.

Jeudi 21 septembre 2017, l’Etat Belge fait son « coming-out » en matière de politique d’asile et de migration. Certains mass-médias tentent vainement de paraître surpris de découvrir le pot aux roses, bonne conscience petite-bourgeoise oblige. La plus cynique est encore leur audience, devenue accro à l’indignation à durée limitée, elle s’empresse de rédiger quelques mots dénonciateurs et de partager une pétition à son réseau social préféré.

Rappel des faits qui ont provoqué la crispation des braves journalistes et déclenché cette mini-tempête d’offuscation généralisée. Lundi 18 septembre : Alexis Deswaef, le président de la Ligue des Droits de l’Homme annonce avoir été contacté par un « lanceur d’alerte » travaillant au sein de l’appareil d’Etat. L’informateur dénonce une rafle de grande envergure prévue pour ce jeudi. Les managers de la flicaille ont vu grand, l’objectif est clair : atteindre un quota de 250 arrestations sur tout le territoire de la Région Bruxelles-Capital, le tout en une seule journée. Performance à évaluer en comparaison du modeste quota normal : 20 à 30 arrestations journalières aux abord du parc Maximilien et de la gare du Nord. Ce que dénonce la LDH c’est le caractère illégal de ces rafles à objectifs prévisionnels et la brutalité avec laquelle les agents de l’appareil de répression de l’État effectuent leur sale besogne.

Mais ce n’est pas tout. Mercredi 20 septembre, veille de la rafle, le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Théo Francken, annonce sur sa page Facebook, photo à l’appui, que la Belgique accueille une délégation d’agents Soudanais ayant pour objectif l’identification des migrants originaires de ce pays. Ainsi, l’État Belge collabore fièrement avec le régime dictatorial, et ouvre à ses agents les portes des centres fermés du territoire afin que s’opère un screening des détenus. Pour rappel : le chef d’Etat du Soudan, le dictateur Omar el-Béchir, est sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la Cour pénal internationale pour génocide et crimes contre l’humanité.

Voici la cause du spasme de conscience trimestriel de cette fraction du corps social Belge qui écoute la radio, lit les journaux, mange bio et cligne de l’œil. Évidemment elle est emmerdée ; elle aurait préféré qu’on la laisse profiter de la rentrée académique en écoutant la conférence que le ministre N-VA Geert Bourgeois donnait le mercredi à l’UCL. Maintenant elle doit rappeler à son esprit ankylosé qu’un « camarade » du « prof d’un jour » est au manettes d’une politique d’Asile et de Migration d’extrême droite, et que quand même « c’est pas bien ». Alors elle grince des dents et attend avec impatience les prochaines élections pour agir conséquemment.

En face d’elle se dresse son alter-égo actif. Une faction de la population qui s’organise, tisse des liens, dénonce l’action de l’État, vient en aide aux sans-papiers ; bref, qui construit le parti. Ses actions vont du tag bien senti, à l’émission de radio dont la production prend place dans les locaux du MR, tout en passant par la caricature de Théo Franken prouvant que médias et politiques sont manipulables à l’envi [6]. Notons également que s’organise des structures qui permettent à tous d’accueillir chez soi quelques personnes sans-papiers, pour une nuit ou plus, afin de leur permettre de se reposer, de se laver et d’échapper pour quelques heures, à la police fédérale. Créativité, solidarité et organisation, telle est la ligne qui émerge mois après mois à Bruxelles.

Concluons sur ceci : que l’on utilise Francken pour personnifier la manière dont l’État bourgeois gouverne en matière d’Asile et de Migration ; qu’on l’utilise comme un outil, comme un pantin à agiter à la tête des médias et des demi-conscients, ne doit pas faire perdre de vue qu’il n’est que le symptôme et non la cause des modalités de gouvernement. Changer de sous-secrétaire d’État, le remplacer par un Nicolas Hulot en puissance, ne changera rien à la structure du capitalisme et a la nature de l’État bourgeois, donc aux horreurs qu’il peut.


posté le Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • 11 octobre 2017 16:36, par wtf

    l’état belge fait son comming out ?? Mais c’est quoi cette metaphore de MERDE , un coming out ce n’est pas comparable avec un acte criminel de plus du notre gouvernement.

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