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Manifestation BLM à Bruxelles : Nous ne condamnerons pas ces violences

posté le 13/06/20 par Bruxelles dévie Mots-clés  luttes sociales 

Ce dimanche 7 juin, on a vu près de 20 000 personnes se rassembler devant le Palais de Justice de Bruxelles pour s’opposer au racisme et aux violences policières d’ici et d’ailleurs. Alors que ce rassemblement a été une grande réussite, nombreux·ses sont celles et ceux qui ont accusé les personnes considérées comme violentes de discréditer le mouvement et ont décidé de dénoncer les heurts qui se sont déroulés en marge de la mobilisation.

En ce qui concerne les violences, nous considérons, comme le dit Hélder Câmara, qu’il existe 3 types de violences. La première est la violence institutionnelle, qui légalise, produit et reproduit les dominations, les oppressions et les exploitations. Le fait que les méfaits des forces de l’ordre soit presque systématiquement dirigés vers les populations précaires et/ou racisées est une des expressions de cette première violence, au même titre que la pauvreté, la faim, et le fait qu’on ne fasse rien pour remédier structurellement à ces problèmes qui tuent quotidiennement. Le deuxième type de violence, la violence de révolte, naît en réaction à la première violence, dans un but, parfois désordonné, de l’abolir. Ceci engendre le dernier type : la violence répressive, qui tente d’étouffer la deuxième. Dès lors, il est assez hypocrite de dénoncer systématiquement la deuxième violence sans la contextualiser ni chercher à comprendre d’où elle provient. Une phrase marquante, entendue pendant la manifestation de dimanche, donne une (très légère) ébauche de contextualisation : “Quoi, ils tuent nos frères tous les jours et aujourd’hui on devrait encore rester calme ?”

Par ailleurs, nous avons ressenti beaucoup moins de jugement et de distanciation par rapport aux pillages et commissariats brûlés aux USA. Est-ce parce que les images choquantes de la mort de Georges Floyd aidaient à “comprendre” momentanément ces révoltes ? Est-ce parce que cela se passait loin de chez nous ? Quelque soit la raison, le fait que la mobilisation ait lieu à Bruxelles poussent de nombreuses personnes à exiger que les revendications, émotions et colères s’expriment gentillement et pacifiquement. Comme si, ici, le racisme n’était pas assez violent que pour qu’on comprenne que certain·e·s expriment leur ras-le-bol autrement.
Quant aux pillages de magasins de luxes qui ont eu lieu, il nous semble intéressant de se poser la question des inégalités et des conditions dans lesquelles certain·e·s vivent pour qu’ils ou elles soit amené·e·s à piller des magasins pour obtenir ce que d’autres peuvent s’acheter si facilement.

Enfin, le fait que beaucoup condamnent les débordements parce qu’ils nuiraient à la cause ou occulteraient le message est perturbant. Cela sous-entend qu’il faudrait que le message “stop au racisme” soit exprimé de manière exemplaire pour être entendu. Et, rien que ça, c’est violent. Il n’est demandé à personne de cautionner, de participer, ni même de se sentir complètement à l’aise avec les débordements. Mais entre cela et le fait de sentir la nécessité de s’en dissocier publiquement, il y a un pas. Et ce pas s’appelle : accepter que toutes les personnes ne s’expriment pas de la même manière et que, pourtant, elles se retrouvent derrière un même message : mettons fin au racisme et aux violences policières.


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