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Ne plus faire d’enfant pour le climat : le mouvement "Childfree" est-il la solution ?

posté le 18/06/20 Mots-clés  luttes environnementales  féminisme  luttes sociales 

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Le mouvement "Childfree" prend de l’ampleur chez nous. Ces belges ne veulent pas avoir d’enfants parce qu’ils ont l’impression que la Terre va de plus en plus mal. Leur principe : si tu aimes les enfants, n’en mets pas au monde.

Plus d’un Belge sur 10 âgé entre 25 et 35 ans ne veut pas d’enfant. C’est le résultat d’une étude qu’avait menée la VUB en 2018. Les chercheurs avaient interrogé 1.951 Belges âgés entre 25 et 35 ans pour parvenir à tirer leurs conclusions. Selon celles-ci, 13% de cette catégorie de la population ne veut pas d’enfant. Pour des questions d’économie ou pour privilégié sa carrière, les raisons sont multiples. Conchi Munoz Gonzalez, une témoin de RTL INFO ayant fait le choix de ne pas avoir d’enfant explique : "Certaines personnes nous disent que c’est une forme d’égoïsme et quelque part je leur donne raison. J’ai cette chance de faire des choses que pour moi et pour mon mari."

Ne pas mettre au monde un enfant qui en souffrira

Mais de plus en plus, un autre argument émerge. Certains ne souhaitent pas faire d’enfant dans le monde tel qu’il est actuellement. Soumis à la pollution, la surpopulation, les incertitudes politique et climatique. Ils refusent d’ajouter un individu supplémentaire sur une planète qui en compte déjà beaucoup, et qui en souffrira.

Le mouvement “Childfree” prend de l’ampleur dans notre pays, certains se regroupent en association, d’autres ont pris la décision seul.

Invité sur le plateau de C’est pas tous les jours dimanche, Théophile de Giraud est un théoricien de l’antinatalisme (thèse soutenant que la population devrait s’abstenir de procréer pour des raisons morales). Il avoue avoir toujours estimé que "la vie était très pénible et donc c’était s’abstenir d’en faire cadeau à l’enfant qui ne sera peut-être pas heureux d’être né." Cette théorie trouvent également ses arguments dans le fait de lutter contre le dérèglement climatique. "On est trop nombreux sur Terre et donc le mieux c’est de faire le moins d’enfants possible et idéalement pas du tout", assure Théophile de Giraud.

Ce dernier défend son point de vue en citant un rapport de 2017 signé par 15.000 scientifiques. Selon ce texte publié par la revue scientifique BioScience : "Nous compromettons notre avenir en ne freinant pas notre consommation effrénée de ressources, et en persistant à ne pas comprendre que la croissance démographique continuelle est le premier facteur de bon nombre de menaces écologiques et sociétales."

"Un discours catastrophiste"

Selon Damien Ernst, professeur en électromécanique à l’université de Liège, ne plus faire d’enfant n’est pas la solution. "C’est clair qu’il y a une crise écologique, il y a des problèmes, accorde-t-il. Mais on en discute que de ce problème on n’a qu’un discours catastrophiste beaucoup relayé par certains médias sans analyse critique et on ne présente jamais les solutions."

Damien Ernst soutient que la solution réside dans les progrès technologiques. "Prenons par exemple l’alimentation. Il y a une toute nouvelle industrie qui est en train de se développer qui permet par exemple de fabriquer de la viande synthétique, soutient-il Donc vous réduisez fortement la surface de champs qu’il faut pour nourrir les gens. On ne discute jamais de toutes ces inventions scientifiques formidables qui permettent de changer le monde."

https://www.rtl.be/info/magazine/c-est-pas-tous-les-jours-dimanche/ne-plus-faire-d-enfant-pour-lutter-contre-les-problemes-environnementaux-le-mouvement-childfree-est-il-la-solution--1179765.aspx


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Commentaires
  • "La solution", certainement pas. Aucun engagement n’est "la solution". Le vrai problème ça n’est pas tant la croissance démographique (en légère baisse en occident), mais l’extension du capitalisme tout azimut. On peut vivre à beaucoup sur cette planète, mais pas sous un régime capitaliste.

    Faire des enfants aujourd’hui dans ce contexte-ci en occident, c’est accepter de les voir devenir demain des parias, de la chair à profit ou les rares membres privilégiés de l’élite exploitante. Sombre tableau.

    J’ai l’impression que beaucoup de personnes font des enfants pour elleux-mêmes, pour donner un sens ou une direction à une vie pleine d’incertitudes, pour créer un lien de tendresse qu’on n’obtient pas autrement, mais aussi par "obligation culturelle" (il est extrêmement dur, surtout pour une personne assignée femme, de soutenir publiquement son refus de parentalité,on se heurte à la famille, aux idées d"horloge biologique", à la peur de le regretter plus tard, de finir ses vieux jours seul.e, ...")

    Ne pas devenir parent, à mon sens, c’est plutôt aujourd’hui un geste à l’opposer de l’égoïsme et un véritable engagement politique : accepter d’être sans cesse remis.e en question par la culture dominante, c’est placer les intérêts de sa (non) progéniture avant les siens. c’est refuser de sacrifier la chair de sa chair et d’offrir aux capitaliste leur plus précieuse ressource : de la force de travail pour continuer à perpétrer leur odieux système, et le combattre jusqu’à ce qu’il crève.

    Alors, et seulement alors, dans monde libéré de la marchandise, à l’air respirable et avec autre chose qu’un charnier à l’horizon, on pourra se dire que créer la vie est un acte merveilleux.

  • Capitalisme ou pas, l’homo sapiens reste l’espèce monopolisatrice de la prédation sur Terre. Ce n’est pas avec 9 milliards d’individus humains que cette tendance va s’inverser, que les autres espèces sentientes auront autant le "droit de vivre" que la notre. Ne pas se reproduire ou moins se reproduire est donc une nécessité pour une planète "non spéciste".

  • Oui... et non. Je suis pas très fan du discours essentialiste de l’humain mauvais par nature. (pas plus que de celui de l’humain bon par nature d’ailleurs)

    L’Homo sapiens n’est pas une espèce nuisible-prédatrice qui serait dotée d’un gène de la destruction et du mépris du vivant. Dans notre histoire, les premières destructions de masse de l’environnement datent seulement d’il y a 1000 ans, quand des rois mégalos (et non l’ensemble des représentant.e ;s de l’espèce) ont rasé des forêts pour faire des bateaux afin de s’approprier des terres par la guerre (sur une estimation de 300.000 ans de présence sur terre, 1000 c’est vraiment queud’). Aujourd’hui encore, c’est un nombre d’humains extrêmement réduit - dont nous faisons malheureusement partie, un peu moins en étant véganes - qui est à l’origine de l’écrasante majorité de la destruction des milieux et de la souffrance des animaux qu’ils soient sauvages (enfin le peu qu’il en reste) ou d’élevage. Dans sa grande majorité, Homo sapiens a très longtemps vécu (certains vivent encore) dans une relation symbiotique/neutre avec leur milieu.

    Je crois qu’on ne détruira pas le capitalisme sans réinventer notre rapport aux autres espèces, et que parallèlement, on ne changera pas ce rapport sans détruire le capitalisme, mais une chose est sure : on ne fera rien de tout cela si on continue à faire des gosses pour qu’en plus ils aient à boire demain l’eau dans laquelle on a chié aujourd’hui !

  • "la croissance démographique rapide et continue est l’un des principaux facteurs des menaces environnementales et même sociétales."

    - Le cri d’alarme de quinze mille scientifiques sur l’état de la planète.
    Manifeste signé par 15 364 scientifiques de 184 pays, paru le 13 novembre 2017 dans la revue « BioScience ».
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/le-cri-d-alarme-de-quinze-mille-scientifiques-sur-l-etat-de-la-planete_5214185_3244.html

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