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Note critique sur la manif du 21 mars

Compte rendu de la manif ; Un toit pour toutes et tous.

Rappelons qu’il y a à Bruxelles plus de 15.000 logements vides pour
5.000 SDF . En Wallonie, la situation n’est guère meilleure, il y
aurait plus de 30.000 logements vides pour 8.000 SDF. Pourtant, chaque
année, des gens meurent de froid dans la rue. Des milliers d’autres
gens vivent dans des taudis minuscules aux loyers élevés. Nombre de
locataires consacrent la plus grande partie de leurs revenus à leur
loyer, d’autres n’ont tout simplement plus la possibilité de le payer
et se retrouvent face à des menaces d’expulsion ne pouvant faire
qu’empirer leur situation.

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On était une centaine ce lundi 21 mars à s’être rassemblé-e-s Porte
de Namur (Bruxelles) pour manifester contre les expulsions et contre la
gentrification.
Pas mal de trucs avaient été organisés ; banderoles et pancartes, des tracts avec des chants sans oublier la samba qui mettait l’ambiance entre les slogans gueulés.
La manif est partie motivée au rythme de la samba, de chants et de slogans :
<< Brique par brique, murs par murs, démurons toutes les
maisons ! - Solidarité avec les expulsé-e-s avec ou sans papiers....>>.
L’ambiance était plutôt détendue et festive probablement due à
l’absence de flics.
Arrivé-e-s devant la cabinet de la ministre du logement, rue Capitaine
Crespel, nous avons pu lui gueuler notre rage, une belle porsche
blanche garée devant s’est vue redécorée de peinture.
De nombreux tags ont fleuri dans la joie et la bonne humeur.
La manif a ensuite continué sa route en direction de la place Flagey
où il y a eu des prises de paroles avant la dispersion des manifestant-e-s

Même si il n’y a pas eu d’arrestation (en tous les cas pas à notre connaissance ), nous
pensons qu’il est important d’aborder les quelques points fâcheux que
nous avons pu remarquer dans la manifestation, non pas pour les
condamner sans but, mais plutôt pour en discuter collectivement et
essayer à l’avenir d’y faire plus attention.

Notamment :

- Devant le cabinet rue Capitaine C, deux flics en civil se sont
incrustés dans la manif, menaçant directement l’ensemble des
manifestant-e-s d’arrêter de foutre le bordel sous peine d’arrêter
tout le monde.
Nous pensons qu’il aurait fallu les dégager, tout simplement en les
encerclant collectivement en leur disant qu’ils n’étaient pas les
bienvenus parmi nous.
- La présence d’appareils photos et de caméras a dérangé plus d’une
personne dans le cortège, nous pourrions peut être à l’avenir penser à une façon de relier des images qui ne risquent pas de mettre en péril l’identité de certain.e.s participant.es.
- Alors que plusieurs poubelles, parcmètres ont été incendiés, des
gen(s)-tes présent(e)s dans le cortège ont cru bon de s’improviser
flic/pompier et de les éteindre. Si ces gen(s)-tes nous lisent, sachez
qu’on a pas besoin de pacificateur-ice-s.
- Pour conclure, nous avons pu constater à plusieurs reprises
l’inattention collective.
C-à-d : nous pensons qu’en manif, il est important de faire attention
les uns aux autres contre la répression, veiller les un.e.s sur les autres comme par exemple lorsqu’un.e ami.e est occupé.e, l’attendre pour être sur qu’il ou elle ne soit pas isolée et donc, vulnérable.

Que la Justice soit à la botte des riches et des puissant-e-s, que la
justice institue la loi de la jungle, que l’état nous jette à la rue
en pleine période de grand froid, que le gouvernement nous envoie ses
chiens de garde pour nous tabasser démocratiquement, rien de cela ne
nous étonne.
Marre de chialer auprès de ceux/celles qui nous pourrissent la vie,
marre de demander des miettes à ceux/celles qui nous enferment, nous
expulsent et nous en mettent plein la gueule.

Nous n’aurons que ce que nous prendrons.


posté le  par Des gentes   Alerter le collectif de modération à propos de la publication de cet article. Imprimer l'article
Commentaires
  • 26 mars 2016 21:57, par Charles Michel

    Ça fait plaisir de voir qu’Indymedia puisse aussi être un espace voué à la critique interne et au débat constructif. Pour ça je salue l’initiative des aut(eurs/trices) de l’article et rajoute mon point de vue perso suite à des discussions avec d’autres participant.e.s.

    CONSTAT

    Tout d’abord, prendre la rue sans encadrement policier ni autorisation n’avait plus été possible à Bruxelles depuis belle lurette. Une répression "préventive" s’abattait systématiquement sur quiconque sortait le bout du nez du maigre espace de contestation toléré par la loi. D’autant plus sur des thématiques et des mots d’ordres remettant radicalement en question l’ordre capitaliste, son État et sa police (comme ici le squat, la résistance et le soutient face aux expulsions, la solidarité de toutes et tous face à la répression). S’agirait-il d’une exception ? Les priorité et stratégies policières ont-elles changés ? La répression prendrait-elle un tournant plus subtil que la violence directe et frontale ?

    C’est clair, si cette manifestation a été une franche réussite qui nous a toutes et tous donné de l’énergie, des idées et la conviction que des choses sont possibles, il faut aussi réfléchir du pourquoi on nous laisse subitement un espace auparavant verrouillé à tout prix derrière des boucliers et des matraques.

    Peut-être avons-nous été assez nombreu.se.s et déterminé, peut-être les autorités ont-elles décidé de laisser pisser pour éviter que ça fasse du bruit, peut-être le but est-il de laisser s’exprimer les plus téméraires pour mieux leur tomber dessus judiciairement par la suite. En fin de compte on en sait rien mais je pense que derrière l’enthousiasme, il y a aussi sérieuse piste à réflexion.

    DIVERSITE & POTENTIEL

    Ensuite, la diversité des gen.te.s présen.e.s avait quelque chose d’encourageant : des personnes avec papiers, d’autres sans, des jeunes, des moins jeunes, des enfants, des personnes vivant à la rue, dans des logements légaux ou pas, issu.e.s de mouvements contestataires et/ou associatifs ou pas et venu.e.s en tant qu’individu.e.s derrière la seule bannière de la lutte pour le logement et de la nécessité d’occuper et de s’organiser aussi entre-elleux. Franchement je n’avais jamais vu ça chez nous, et c’est peut-être le signe d’une réelle nécessité de faire bouger les choses à Bruxelles sur cette thématique dans un contexte de précarité qui se généralise.

    Bien sur, ça a aussi été un peu brouillon. On est beaucoup, on ne se connaît pas tou.te.s. On ose pas forcément prendre la parole où on peut s’embrouiller dans ce qu’on dit. Comme dit plus haut on vient souvent d’univers différents. Y’en a qui voulaient chanter, d’autres dont qui trouvent ça gnagnan. Des qui ne se retrouvaient peut-être pas derrière certains slogans. Des qui aiment à repeindre les murs de la ville et se réchauffer autour d’un bon feu de parcmètre, d’autres que ça fout mal à l’aise et qui n’en voient pas le but... Pis un peu de flottement parfois, parce qu’il reste des nouveaux slogans, des nouveaux mots et un imaginaire à explorer parce quand même, on est pas habituer à manifester sur ces thèmes.

    STRATEGIE & ESPACE SAFE

    Enfin, par rapport à des points qui ont été relevés par les personnes qui ont écrit l’article plus haut, je pense que la solidarité qui pourrait être bâtie entre ce petit monde assez varié et la force potentielle qui sommeille en elle amène aussi des considérations stratégiques pour ne pas cristalliser cette lutte autour d’une idéologie ou d’un mode d’action particulier qui serait définit comme "bon", alors que les autres sont jugés mauvais, parce que "pas assez radicaux", (ou « trop radicaux » hein, ça marche dans les deux sens !)

    Par exemple, je trouve les termes "flic" et "pacifica(teur/trice)" un peu gratuits dans la critique précédente. Genre ya que deux cases : les gentils révolutionnaires et les citoyens-flics collabos. Je pense qu’il faut accepter que le logement et le squat sont des luttes qui dépassent de loin les squatteur.euse.s anarchistes majoritairement blanc.he.s et de classe moyenne. Je crois en la diversité des tactiques et en la convergence des luttes et je ne sauterai jamais sur un.e compagnon.e pour protéger la propriété de la bourgeoisie ou de l’Etat, mais il est clair qu’il yaura toujours dans des manifs des personnes qui ne se sentirons pas à l’aise/en sécurité en se retrouvant mêlé.e.s à des incendies/ bris de vitres / sabotage de voiture, ... Des personnes sans papiers, par exemple, qui sont venues malgré leur crainte de finir en centre fermé si la manifestation se retrouvait interdite et attaquée ; mais aussi des parents avec enfant ou juste des personnes qui n’ont pas choisis les modes d’actions musclés, que ça peut mettre super mal et qui vont peut-être s’auto-exclure ou rester isolées d’une lutte qui les concerne autant si pas plus.

    Aussi j’applaudis l’idée citée plus haut de faire attention les un.e.s aux autres et de faire de nos manifs des espaces aussi safe que possible du point de vue de la répression (camarades isolé.e.s à l’arrière, flics en civil, caméras et photos, personnes sans papiers ou avec un sursis judiciaire en cours) mais aussi au niveau des limites de sensibilité de chacun.e.s. Si des personnes sont mal à l’aise avec des bris de vitres, des parcmètres qui crament ou des voitures de hauts fonctionnaires sabotées ils/elles ont le droit de ne pas se retrouver exclues de la manif parce qu’un autre groupe de personne décide de ne pas prendre leur sensibilité en compte.

    Je pense qu’un équilibre peut et doit-être réfléchi et que les modes d’actions de nature à choquer / heurter / mettre en danger certain.e.s peuvent aussi être faits dans des contextes plus afinitaires ou lors de grandes manifestations là où les personnes que ça peut mettre mal à l’aise et/ou potentiellement en danger peuvent prendre leurs distance et ne pas s’y retrouver mêlé.e.s tout en ne se retrouvant pas exclu de facto de la lutte plus globale. Je pense aussi qu’il est beaucoup moins risqué d’aller faire ce genre d’actions en petits commandos à l’improviste que lors d’une manif où les flics en civil ont les yeux biens rivés sur les plus énervé.e.s et ont plus facile à aller les cueillir en fin de manif voir plusieurs semaines après chez elleux.

    J’ai l’impression qu’il y a un temps pour tout et que si on veut être efficaces il y a quelques questions à se poser pour adapter la stratégie en fonction de la situation, et qu’il faut qu’on fasse gaffe les un.e.s aux autres dans nos manifs pour créer une lutte inclusive qui laisse sa place à tous et à toutes.

    LIENS

    Je joins quelques brochures pour alimenter la réflexion

    La forme d’abord
    Squatter, c’est lutter
    Après avoir tout brûlé

  • 28 mars 2016 11:57, par tortue géniale

    Chouette article sur indymedia bxl ! Il peut y avoir de très bon post, tout dépend de nous et de ce que nous faisons de cet outil. :)

  • 28 mars 2016 16:00, par klemperer

    Pourquoi ne pas utiliser des personnes plutôt que "des gentes" qui est plutôt incompréhensible comme signature ?

    Une remarque qui peut sembler secondaire au regard d’un texte qui raconte une manif sauvage, mais qui est pleine de sens étymologique (et politique). Si gens renvoie au clan, à la famille, voire à la race ou à l’espèce, personne renvoie à persona, le masque de l’acteur de théâtre qui est aussi un porte-voix et deviendra par la suite le visage, la face, puis le rôle [au théâtre], le caractère, le personnage ; la personnalité, la personne, l’individu.

  • 30 mars 2016 14:26, par Montaje !! je jee ! ejè ! lo vè ??
  • 2 avril 2016 16:12, par ;)

    Toi pour toutes les personnes...

    Quelle est notre position avec les "plus marginaux" ?
    SDF ?
    Clochard ?

    Y a-til des principes au niveau de l’acceptation des gens ??
    Anarchiste ? Squateuse ?
    Squat lutte politique ? Squat d’habitations ? D’activités ?

    Jusqu’où la révolte et l’organisation ?
    Ou et quand s’arrêteront-elles ?
    S’arrêteront-elles ?

    https://soundcloud.com/lakartouche

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