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Rassemblement contre l’isolement et la précarité étudiante

posté le 18/02/21 par USE
lieu : ULB Solbosch
adresse : Avenue Roosevelt 50, Ixelles
Mots-clés  économie  logement / squats / urbanisme  luttes sociales 

« Nous, étudiants, étudiantes, sommes à bout.

Près d’un an après le début de cette crise sanitaire, il est désormais impossible de nier la détresse psychologique et la précarité rampante parmi les étudiant‧e‧s. Nous dénonçons le manque de moyens nous concernant mis en place depuis le début de la pandémie, ainsi que l’insuffisance des nouvelles mesures annoncées et la non concertation du gouvernement et des universités avec nous, étudiant‧e‧s, vis-à-vis des décisions prises.

L’augmentation du taux de dépression chez les étudiant.es, les suicides et les décrochages scolaires massifs, nous montrent à quel point la gestion politique de la crise a favorisé l’isolement des étudiant‧e‧s et ses conséquences destructrices (1). En effet, près de 60% des étudiant‧e‧s sont en décrochage scolaire, et 80% d’entre elleux se sentent fragilisé.es psychologiquement en raison de l’isolement social et de leurs conditions d’étude (lieu non-adapté, baisse flagrante de la qualité de l’enseignement, etc) (2).

En plus de l’isolement, la précarité étudiante tue aussi. Celle-ci qui, déjà présente avant la crise n’a fait que s’accroitre. En effet, énormément (plus d’un quart) d’étudiant‧e‧s ont perdu leurs jobs, et cela impact grandement leurs conditions de vie (difficulté à payer le loyer, les frais alimentaires, scolaires et médicaux) qui dépendent bien souvent de ce revenu (3). Etant donné le statut précaire de leurs jobs, dû à la non-reconnaissance du statut des étudiant‧e‧s comme adultes et travailleur‧euse‧s en formation, ils et elles n’ont pas droit au chômage temporaire. Ce qui fait que les différentes aides disponibles actuellement ne sont pas suffisantes ou tout bonnement absentes pour répondre aux besoins de toutes et tous. Des alternatives sont pourtant possibles. Au Danemark par exemple, chaque étudiant‧e reçoit un revenu mensuel (une sorte de salaire étudiant) pendant six ans et l’enseignement supérieur y est gratuit (4). A cela s’ajoute la fracture numérique (soit l’inégalité d’accès aux outils technologiques), qui creuse les inégalités socio-économiques entre les étudiant‧e‧s et empêche un accès égal à l’enseignement en distanciel (5).

Il est aberrant de voir que pratiquement aucune aide financière n’a été mise en place pour les étudiant‧e‧s (tandis que plusieurs milliards d’euros ont été alloués pour aider les entreprises et les indépendants) (6).

Le manque de considération, d’écoute, de moyens, d’aide, que nous subissons en tant qu’étudiant‧e.s ne sont pas des problématiques nouvelles, elles préexistaient déjà à la crise. Et il en est de même pour le sous-financement des secteurs publics tel que l’enseignement supérieur ou bien celui de l’hôpital publique (7). Ce sous-financement de l’enseignement supérieur s’opère par ailleurs en même temps que le nombre d’étudiant·e·s augmente, ce qui rend d’autant plus nécessaire une amélioration des infrastructures pour les accueillir, et l’embauche de personnel pour les accompagner (8).

Nous finirons par dénoncer la violence et le mépris avec lesquels le gouvernement a laissé des jeunes dans la misère, et comment il a brisé, via le confinement, l’un de leurs besoins les plus fondamentaux : les relations sociales et affectives, tout en leur faisant porter la responsabilité et la culpabilité de la propagation du virus - lorsque certain‧es d’entre elles et eux, à bout, ne respectent pas les mesures alors même qu’ils et elles souffrent d’isolement (9).

Nous appelons tou‧te‧s les étudiant‧e‧s à venir se rassembler le lundi 22 février 14h à l’ULB Solbosch, contre l’isolement et la précarité étudiante !

NOS REVENDICATIONS :

Nous, étudiantes, étudiants, refusons de subir les conséquences de cette gestion désastreuse de la crise, nous ne serons pas cette "génération sacrifiée". Il aurait pu en être autrement, si les priorités n’avaient pas été les mêmes. Mais il est encore temps de sauver ce qui peut être sauvé.

C’est pourquoi nous revendiquons :

1) Une ré-ouverture progressive des universités et hautes écoles, avec des cours en présentiel tout en respectant les mesures sanitaires ainsi que des cours également enregistrés pour que les personnes à risque puissent ne pas se présenter (mesures hybrides).
Nous pensons qu’une ré-ouverture progressive et partielle des universités ainsi que des hautes écoles, est possible, et que compte tenu de la détresse psychologique des étudiant‧e‧s, elle se révèle même être indispensable. Il suffirait que des moyens suffisants soient mis en place : le respect des gestes barrière et le port du masque, des méthodes hybrides d’enseignement, une ventilation adéquate dans les salles de classe, de la prévention et des testing rapides. L’université de Brown aux États-Unis a d’ailleurs maintenu depuis avril un taux de positivité très faible sur son campus grâce à ces mesures (10).

2) Cependant, ces mesures hybrides doivent être mises en place sans augmenter la charge de travail des enseignant‧e‧s, du personnel administratif et du personnel d’entretien. C’est pourquoi nous revendiquons également une hausse des moyens financiers et humains (recrutement, formations, fonds supplémentaires…).

3) Par ré-ouverture des universités, nous entendons par là également la reprise (avec précaution toujours), des activités culturelles et sportives au sein du campus, car ces activités font partie intégrante de notre vie universitaire. Nous estimons en effet qu’une reprise des cours en présentiel uniquement ne suffira pas à soulager le mal-être qu’engendre l’isolement.

4) Un allègement de la matière évaluée pour les étudiant.es. Par exemple, en privilégiant un modèle d’évaluation continue : qui évaluerait la même masse de matière que le modèle actuel, mais sur un temps plus allongé au fil de plusieurs évaluations - moins dures qu’un examen car moins conséquentes. Cela éviterait la surcharge de matière durant le blocus en plein confinement (comme ces deux derniers quadrilles) et pourrait réduire le décrochage scolaire, en favorisant un travail plus régulier et des sessions de fait plus accessibles.
Une autre possibilité peut être de garder le modèle actuel mais en réduisant la matière individuelle des différents cours.

5) Une prise de décision démocratique entre les professeur‧e‧s, assistant‧e‧s et les étudiant‧e‧s quant à ces modalités d’apprentissage et d’évaluation.

6) Une semaine de vacances avant la semaine tampon pour permettre aux étudiant.es en détresse psychologique de souffler. Nous estimons en effet que la semaine post blocus n’a pas été suffisante pour nous permettre de véritablement relâcher la pression que nous vivons.

7) Des bourses spéciales covid pour aider financièrement celles et ceux qui en ont besoin maintenant, ainsi que l’extension du chômage temporaire aux étudiant.es jobistes. A long terme nous revendiquons un salaire étudiant car les étudiant·e·s, par leurs nombreuses activités actuellement sous-payées ou exercées à titre gratuit, participent à la production de richesse et ce notamment via les stages. La garantie d’un revenu durant les études permettrait de lutter contre la précarité étudiante.

8) Un accès à un soutien psychologique gratuit et une réelle information sur ce sujet.

9) Toutes ces mesures ne seront possibles que via un refinancement du secteur de l’enseignement supérieur.

10) Une réelle prise en compte par le gouvernement des besoins actuels de tout‧e‧s les étudiant‧e‧s, que ce soit en tant que jobiste, stagiaire, étudiant·e ou apprenti·e. Plus généralement, nous revendiquons une concertation des étudiant.e.s quant aux décisions gouvernementales prises dans le cadre de la gestion de la crise.

Nous sommes bien entendus solidaires à tous les oubliés de la crise sanitaire, que ce soit le personnel soignants, les personnes sans-papiers, les personnes sans abri, les personnes précarisées, les personnes âgées, les personnes détenues (11), les femmes (12), les travailleur·se·s surexposé.e.s (en grande partie des femmes, mais pas uniquement (13)), le secteur culturel et l’horeca. »

Si tu rejoins nos revendications, ou que tu en as d’autres à faire porter, si tu es aussi en détresse ou en colère que nous, rejoins-nous le 22 février sur le campus du Solbosch à l’ULB !!

A lundi !

Signé : des étudiant.e.s en détresse, soutenu.e.s par l’USE* (Union Syndicale Etudiante).
*L’Union syndicale étudiante est est un syndicat étudiant qui milite contre les injustices dans l’enseignement supérieur et pour un enseignement, public, gratuit, de qualité et accessible à tous.tes.


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