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Récentes sorties de nos gouvernant·e·s : austérité et expulsion

posté le 29/11/20 par Bruxelles dévie Mots-clés  réflexion / analyse 

1)Sammy Mahdi, secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration (Open VLD) : pour une politique anti-migrants.
Le politicien a récemment donné une interview au journal “Le Soir”. Dans celle-ci, il explique les bases de sa politique anti-migrants : réduction du temps des procédures de demande d’asile pour pouvoir expulser les arrivant·e·s le plus vite possible ; création de nouveaux centres fermés ; “rentabilisation” des places en centres fermés ; … Sammy Mahdi a souligné “votre politique de migration solidaire et humaine, vous pouvez la prendre et la mettre à la poubelle, il n’y en aura plus dans les trente prochaines années”.
Il a aussi exposé qu’il refuserait tout processus de régularisation collective (donner des papiers à une partie de la population sans-papiers, comme on l’avait vu en 2009, pour 28000 concerné·e·s). Pour ce qui est de l’UE, Mahdi a expliqué que la Belgique prenait ses responsabilités : “A Lesbos, par exemple, on a envoyé un architecte, fait un effort financier”. Le Secrétaire d’Etat a aussi décidé que la Belgique accueillerait 150 personnes issues de Lesbos. Pour rappel, le camp Moria, sur l’île de Lesbos, a succombé à des incendies il y a deux mois, laissant 12000 migrant·e·s dans des conditions dramatiques (ni eau, ni toit, ni nourriture).

2)Franck Vandenbroucke, Ministre des Affaires sociales (SP.A) : le mépris des chômeurs.
Le “socialiste” flamand a expliqué vouloir se battre pour “remettre au travail les malades de longue durée”. Pour cela, il veut améliorer la réintégration sur le marché de l’emploi. Sa note d’intention parle aussi de “moderniser et améliorer l’évaluation médicale de l’incapacité de travail”. Pour motiver le reste des personnes sans-emploi à travailler, Vandenbroucke pense aussi à mettre en place un calculateur en ligne du bénéfice monétaire que le citoyen tirerait de sa mise à l’emploi.
Outre le fait que le Ministre ne jure que par le travail, on retrouve dans son discours une rhétorique très connue chez les politiques : celle du chômeur qui ne fait rien pour travailler. Or, le problème est d’une autre nature : il y a de moins en moins d’emplois avec des conditions décentes sur le marché du travail, et, en plus, il y a de plus en plus de gens pour qui les salaires proposés ne suffisent pas à vivre décemment. Le pseudo-socialiste est bien loin de leurs réalités.

3)Mathieu Michel, secrétaire d’Etat à la digitalisation (MR) : contre la politique sur les réseaux sociaux.
Le frère de Charles Michel a déclaré : “Aujourd’hui, les citoyens utilisent les réseaux sociaux pour parler de politique. Je pense que les réseaux sociaux ne sont pas faits pour ça”. On sent pointer le mépris dans le discours du Secrétaire d’Etat. On se demande aussi où sont les lieux prévus pour que la population échange sur les sujets politiques. Nous palions simplement à un manque : celui de la place, dans le discours public, pour certains avis, en particulier ceux des minorités.

4)Vincent Van Quickenborne, Ministre de la Justice (Open VLD) : en défense des policier·ère·s
Le Ministre de la Justice a certifié que, à partir de maintenant, les violences à l’encontre des policier·ère·s ne pourront plus être classées sans suite (ce qui signifie que la justice sera obligée d’entamer des poursuites). Malheureusement, les habitudes de la justice, à ce sujet-là, sont bien connues : la parole du policier à presque toujours plus d’importance que celle de l’accusé. On sait aussi que les forces de l’ordre ont tendance à accuser les concerné·e·s après avoir commis une bavure, pour masquer les agressions qu’elles commettent.
Par ailleurs, après un soulèvement mondial contre les violences policières, après les morts récentes d’Adil et d’Akram, on aurait pu s’attendre à ce que le monde politique se pose des questions quant aux agissements des policier·ère·s. Il n’en est rien : l’idée est de les protéger toujours plus, sans interroger réellement les causes des violences, qu’elles soient à l’encontre des jeunes où à l’encontre des agents. Pourtant, on sait bien qu’un problème existe, et qu’il faut le prendre à la racine pour le combattre réellement.

Sources :
https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_les-violences-a-l-encontre-des-policiers-ne-pourront-plus-etre-classees-sans-suite?id=10635563
https://plus.lesoir.be/338345/article/2020-11-17/remettre-au-travail-les-malades-de-longue-duree-une-des-priorites-de-frank
https://plus.lesoir.be/337934/article/2020-11-16/sammy-mahdi-au-soir-sans-expulsions-pas-de-solidarite-possible
https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/dans-un-neerlandais-approximatif-mathieu-michel-assure-que-les-reseaux-sociaux-ne-sont-pas-un-lieu-approprie-pour-parler-de-politique-5fb552b39978e20e7059d916


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