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Retour sur la manifestation Black Lives Matter à Bruxelles

posté le 10/06/20 par Bruxelles dévie Mots-clés  antiracisme  luttes décoloniales  luttes sociales  répression / contrôle social 

Ce dimanche 07 juin 2020, entre quinze et vingt mille manifestant·e·s se sont regroupé·e·s à la place Poelart à 15h pour protester contre le racisme et les violences policières. Plusieurs collectifs actifs sur ces sujets ont pris la parole pendant une heure et demi avant que les participant·e·s ne se dispersent, la police n’ayant “toléré” qu’un rassemblement statique jusqu’à 16h30.

Une partie des manifestant·e·s s’est alors dirigé vers la place Royale où une ligne de police, des chevaux de frise et un auto-pompe barrait le chemin du parc Royal. Les deux groupes sont restés l’un en face de l’autre pendant une bonne heure, on a notamment pu entendre des “à genoux” à l’égard des forces de l’ordre. La tension montant, la police à commencer lancer du lacrymogène et distribuer des coups de matraques. Frustrée de n’avoir pas pu passer, la foule s’est ensuite dirigée vers la porte de Namur, avant de se diviser en plusieurs groupes dont certains se sont dirigés vers le Matonge où des camionnettes de police ont été caillassées. D’autres groupe se sont dirigés vers la porte de Hall, saccageant quelques boutiques de luxe au passage. Une autre partie des manifestant·e·s s’est dirigé vers Trône, où se situe la statue de Léopold II, qui a été dégradée mais a été très vite protégé par les forces de l’ordre.

La police est intervenue avec force, en utilisant la cavalerie, les auto-pompes, et le gaz lacrymogène. Un peu moins de 250 manifestant·e·s ont été arrêté·e·s ; le bourgmestre Philippe Close a déclaré que le reste seraient poursuivi·e·s en justice par la Ville de Bruxelles.

Pour finir, plusieurs cas de violence policières ont été constatés. Notamment sur Mounaime, 19 ans, qui se rendait au Hector Chicken. Il s’est fait arrêter avant de se faire tabasser par plusieurs policiers cagoulés dans une camionnette, alors qu’il était inoffensif. Sa famille est allée le chercher à l’hôpital dans la soirée. Ou encore, des journalistes d’ODP News ont été matraqués et frappés par la police alors qu’ils couvraient la manifestation. On leur a aussi intimé d’arrêter de filmer à de multiples reprises. Plusieurs autres vidéos de manifestant·e·s se faisant passer à tabac par la police circulent sur internet.


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Commentaires
  • Merci aux pacifiques-bienpensants-black-bourgeois qui se sont crus légitimes de s’en prendre (violement) à d’autres quebla sous prétexte qu’"ils ne marchaient pas dans les clous."

    Vous êtes encore pire que les bobos blancs de la marche climat.
    Au cas où si vous idoles sont Lutherking et Gandhi plutôt que Malcomx ou les Black Panthers c’est parce que la bourgeoisie blanche avait envie que vous ressembliez plutôt à ceux là.

    PS : Que les stewards aillent signer directement pour travailler dans la police ca ira plus vite et tout sera clair tout de suite.

  • Discours de Bintou Touré à la manif Black lives matter de ce dimanche
    7 juin 2020 Place Poelaert

    Je suis Bintou Touré, Membre de la Coordination des sans-papiers, j’apporte ma voix ici pour dire que les violences policières sont une réalité partout dans le monde. Même dans les Etats qui se disent être Etat de droit, cette violence policière y est ancrée et enracinée. La Belgique n’échappe pas à ce constat. N’attendez pas que la police vous
    violente pour y croire. N’attendons pas que cela se produise ailleurs
    pour les dénoncer. Les étrangers en payent souvent le lourd tribut.
    Certains policiers dans leur excès zèle commettent ces violences,
    qu’ils appellent eux-mêmes bavures. Quel que soit la situation, ils
    se protègent les uns les autres. Là où le bât blesse est que la
    justice est toujours de leur côté.
    L’exemple le plus récent que nous avons connus à Bruxelles s’est
    produit à Bruxelles en plein confinement, un jeune migrant violenté
    gratuitement par un policier. Devant la justice, il prétend avoir eu un coup de sang.
    Le genou sur le cou de George Floyd et sa mort qui s’en est suivie
    nous réunis ici ce jour.
    Je vous prie d’avoir une pensée pour Sémira Adamu étouffée avec
    des coussins alors qu’on tentait de l’expulser, ayez une pensée
    pour Mawda une enfant de deux ans abattue par un policier à la
    gâchette facile, ayez une pensée à Adil, une adolescence volée en
    plein confinement par des policiers en manque de pédagogie.
    La police qui est sensés nous protéger, n’est jamais là,
    lorsqu’on a besoin d’elle. Je ne veux pas vous donner ici les
    statistiques des femmes qui ont appelé au secours à la police et que
    celle-ci n’a pas répondu, minimisant les réalités des femmes et
    surtout des femmes noires. En tant que femme sans-papiers quelque soit
    la situation, on ne se réfère pas elle, au risque de se retrouver dans
    un centre fermer.
    Les violences policières c’est l’expression pathétique du racisme
    dans les institutions.
    Les violences policières c’est le visage des politiques en
    incapacité de trouver des réponses aux problèmes de la société.
    Les violences policières devraient être requalifier en CRIMES
    POLICIERS. Tant que la situation restera en état, les policiers auteurs de ces violences continueront à s’en tirer tranquillement, car
    soutenus par la propagande de l’Etat.
    Il faut tout faire pour que les auteurs de ces violences répondent de
    leurs actes devant la justice et que le droit soit appliqué

    Soutenez la lutte des sans papiers le 12 et le 20 juin

    Je vous remercie

    Discours de Modou au rassemblement de ce dimanche : Black lives matter devant le palais de justice de Bruxelles

    Laissez nous respirer, Nous les sans papiers sommes habitués à
    manquer d’air, de droits et de justice depuis toujours !
    Nous prenons la parole au nom de la coordination des sans papiers de
    Belgique, je suis Modou, porte parole du collectif de la Voix des Sans Papiers de Bruxelles. Notre parole est également celle de plus de 150 000 sans papiers en Belgique, toutes victimes de nombreuses violences
    institutionnelles racistes et paternalistes dont les violences
    policières sont la queue du dragon.
    Au stade où nous en sommes, l’heure n’est plus qu’à la réprobation, ni juste à la dénonciation, même si je partage ma colère, plus besoin de recevoir des like, nous voulons une solution pérenne : la régularisation !
    Face à la crise sanitaire et l’ignorance totale des gouvernements
    successifs, aucune institution ne s’est manifestée pour nous
    soutenir, seules des personnes lambda sont à nos côtés. Pour nous, le
    manque de décisions nous concernant est un signe récurrent de la
    maltraitance de la Belgique. La Belgique est la petite sœur de la
    France coloniale et l’héritière de systèmes impérialistes
    européens qui poussent nos frères et nos sœurs hors de leurs terres,
    nous noyant dans les mers et nous tuant aux frontières. L’Agence Frontex, bras armé de l’Europe nous tue sous couvert de lois internationales votées aussi à Bruxelles.
    Nous, les sans papiers, sommes constamment sous la menace d’un
    contrôle policier dans la rue, dans les transports en commun, devant
    les écoles de nos enfants, sur les lieux de travail où nous sommes
    exploités, dans nos logements souvent précaires, dans les
    manifestations.
    En tant qu’occupants d’un squat de sans papiers, nous sommes
    régulièrement criminalisés par la police. Pas plus que le 27 mai
    dernier, notre occupation a été victime d’une intrusion de plus de
    100 policiers, qui ont bouclé le quartier et tenté de nous intimider
    pour une simple affaire de règlement intérieur au squat qui ne
    concernait que nous mêmes.
    Nous avons refusé de subir leur menace, du renfort a été appelé.
    Depuis, nous avons interpellé le bourgmestre d’Ixelles, qui est aussi
    chef de la police, nous attendons toujours une réponse.
    Nous devons sans cesse nous battre pour nos droits contre la
    maltraitance des services sociaux, juridiques, administratifs qui nous
    placent en dessous du dernier barreau de l’échelle sociale.
    Traités comme des sous êtres, les fondements historiques du
    capitalisme, qui ont créé l’esclavage et le colonialisme, prouvent
    à quel point nos corps et nos déterminismes sont assujettis. Nous
    sommes des êtres humains !!
    Aujourd’hui, nous appelons à la solidarité politique des diasporas
    organisées et visibles devant le palais de la justice qui tombe en
    ruines ! Battons nous ensemble pour la fermeture des prisons pour
    étrangers, dans lesquelles nous sommes torturés, puis déportés dans des conditions ignobles.
    C’est chaque fois la police qui escorte à l’aéroport, cassant ici
    des côtes, des doigts, des crânes, étouffant Semira Adamu sous un
    coussin ou tirant sur Mawda Shawri, niant la vie des personnes
    non-blanches !

    Nous citons Martin L King :
    Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier.

    Nous n’en pouvons plus
    Nous n’en voulons plus
    Justice pour tous !!!

    Soutenez la lutte des sans papiers le 12 et le 20 juin

  • c. > dit-il sur un site de bourgeois blancs ...

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